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    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine…

     

    La sortie de notre groupe nous conduisait cette fois-ci en Deux-Sèvres, autour de Pugny, Largeasse et Chanteloup. Une veillée chez Marie-Laure clôturait la journée.

    Commencée à 13 h 30 sous une météo glaciale et humide, nous nous sommes retrouvés dans l’église de Pugny, sous la conduite de Jean-Philippe, érudit local, membre des Amis du Pont-Paillat, autant que de la très dynamique association du Château de Pugny. Pascal Paineau, l’historien de Chanteloup, nous avait rejoint et ce fut là, un florilège de débats constructifs sur l’histoire de ce petit territoire de la Gâtine des Deux-Sèvres. Jean-Philippe nous dressa l’historique complet de la paroisse de Pugny, à grand renforts de notes généalogiques entre le Moyen-Age et notre époque, nous racontant certains aspects méconnus du protestantisme, allant même jusqu’à démontrer que certains soldats vendéens avaient des racines protestantes. Ce qui, au final, n’est guère surprenant, lorsque l’on sait que les célèbres Texier de Courlay, fondateurs de la Petite-Eglise, étaient eux-mêmes, tout comme les Béjarry pour la Vendée départementale, d’anciens huguenots convertis. De là, Jean-Philippe nous raconta l’histoire du curé réfractaire Guillon, qui après moult aventures, finit par se faire arrêter à Saint-Pierre-du-Chemin en 1807, pour refus de concordat.

    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

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    Eric Bonneau, le très sympathique propriétaire du château de Pugny était là, et suivant l’horaire prévu, nous filâmes vers ledit château, haut-lieu d’importance pour les événements d’août 1792. Eric fut très prolixe sur l’histoire du lieu et les participants ont eu le privilège de visiter des endroits secrets et souterrains du site, ordinairement interdits au public. Les torches des téléphones portables ont joué plein pot dans la visite des fondations de certaines tours. Nous en apprîmes beaucoup sur l’histoire de la famille de Mauroy et sur certains secrets macabres entourant l’histoire du château à des époques reculées. J’en ai encore froid dans le dos à l’heure où j’écris ces lignes. La visite des cuisines et la vue de la cheminée de style Renaissance italienne, aujourd’hui sous terre, fut particulièrement impressionnante.

    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

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    Il était temps de rejoindre l’ancien camp républicain de Largeasse, sous une pluie glaciale. Quatre articles sur ce blog racontent l’histoire de ce camp intermédiaire entre ceux de Chiché et de la Châtaigneraie. J’y exposai l’emplacement des redoutes, dont une reste encore bien visible, sous un vent particulièrement piquant, amenant son cortège de pluies hivernales.

    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

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     De là, nous nous rendîmes sur la place de l’église de Chanteloup où Pascal Paineau nous rappela sa découverte de la « Croix des Chouans », il y a plus de trente ans, avant de nous laisser, pris par d’autres obligations. Notre petit groupe prit donc le chemin de ce lieu, marqué par le combat du 10 juillet 1794 que j’ai déjà raconté dans les pages de ce blog. Le vent, la pluie, la boue dans le chemin, les ronces qui firent chuter notre ami François nous rappelèrent les conditions de vie de nos ancêtres qui s’étaient battus dans ces mêmes chemins, contre la Nomenklatura parisienne d’il y a 220 ans. Il faisait « gros noir » lorsque nous quittâmes la croix. En queue de cortège, je ne pus m’empêcher de jeter un œil derrière nous : nous laissions bien des fantômes en ce lieu…

    La journée n’était pas terminée pour autant et Marie-Laure nous avait préparé une veillée particulièrement réussie à son domicile. Apéritif, buffet, Marie-Laure avait vu grand. Les premières histoires furent racontées par Jacques Chauvet, le célèbre chroniqueur vendéen, qui avait daigné nous rejoindre depuis son logis de « Castelchauvignac » pour nous narrer les anecdotes les plus marquantes du Bocage avec le brio qu’on lui connaît. Ma préférée restera pour longtemps celle des squelettes de « Saint-Michâ », renfloués à grand coup de godets de pelleteuse ; histoire vraie, et qui pourtant sera maintenue dans le secret des « initiés » du Pont-Paillat.

    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

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    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

     

    Puis c’était au tour de Marc, ancien archéologue, devenu conteur, de nous parler un peu. Son ton calme et mesuré nous invitait à l’évasion et à la rêverie. La patience et l’esprit de Marc, devraient être des exemples pour nous tous, devant cet homme aux cheveux couleur de neige qui nous invite à chaque fois à rêver et réfléchir sur la condition humaine.

    Les Amis du Pont-Paillat en Gâtine....

    Je terminai la veillée avec, encore une fois, les anecdotes de ma grand-mère qui aimait tant les chemins creux. J’en ai même oublié une histoire de tombe hantée dans un cimetière, que je vous promets de raconter, un soir, quelque part dans notre grande et éternelle Vendée…

     

    RL

    Décembre 2018

     

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    Cantonnements du 29ème régiment d'Infanterie en Vendée 

    de février 1794 à 1796.

     

     

     

    Le 29° RI en Vendée....Le 29ème régiment d'infanterie de Ligne : 37 officiers – 429 hommes.

    Il fait partie de la Colonne Infernale de Cordellier à l'époque des grands massacres, du 2 février au 13 mai 1794. La terreur ne s'atténuera sur le terrain qu'à partir de l'été 1794. Ce régiment sillonne la Vendée Militaire pendant toute cette période et participe aux massacres des Lucs-sur-Boulogne, du Pays du Loroux etc...

    Le 29 Juillet 1794 (11 thermidor an 2), il est stationné aux Ponts Libres (Ponts de Cé) Maine-et-Loire (SHD B5/120-1 -vue n4/7° - Archives Vendée).

     

    Le 18 août 1794 – (12 Fructidor an 2), stationné au camp du Pont-Charron (Vendée) avec le Bataillon de formation d'Orléans, le Bataillon de Blois et le 1er Bataillon de la Réserve. (SHD B5/120/2. -vue 4/5). Il y restera jusqu'au 29 avril 1795, sous les ordres du Général Bonnaire.

    Le 5 novembre 1794 (SHD B5/120-8 Vue 3/9) - 41 officiers, 1277 hommes – camp de la Châtaigneraye.

    Le 29 avril 1795 (10 Floréal an 3), stationné à Cerizay et la Pommeraye (Deux-Sèvres) avec le 3ème bataillon d'Orléans, sous les ordres de Bonnaire – 2ème division du centre.

    Le 7 mai 1795 – Division Lapierre, le 1er et deuxième Bataillon du 29ème régiment à Cerizay et le 3ème Bataillon de la Division d'Orléans à la Pommeraye.

    Le 29 mai 1795 – Le 1er et deuxième bataillon du 29ème et le 3ème Bataillon de formation d'Orléans à Pouzauges.

    Le 28 juin 1795, le 29ème Régiment d'Infanterie de Ligne quitte Pouzauges – un dépôt de ce régiment est ouvert à La Châtaigneraye - 3 officiers et 168 hommes.

    Le 31 décembre 1795, le 1er bataillon est à Challans et le deuxième à Beaulieu.

    Le 15 ventôse an 4 (5 mars 1796) le 2ème Bataillon est à Montaigu, 390 hommes dont 257 sous les armes, sous les ordres du général Meyer (SHDB5/133-14 vue n°6/15).

    Le 1er Bataillon est à Machecoul et la Garnache, présents sous les armes: 385 hommes pour un total de 826. Sous les ordres du général Desroque, commandant la Grande Division du Sud (vue n°3/15).

    En 1796, le 29ème Régiment d'Infanterie de Ligne fait partie de l'Armée d'Italie, mais il est dissous en mars 1796 car les hommes refusent de marcher, n'ayant pas reçu leur solde. Les hommes sont versés dans d'autres régiments de l'armée.

     

    Sources :

      

    Archives Militaires de Vincennes, via les Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. SHD B5. 

    Photo : Bouton d'uniforme du 29ème régiment d'infanterie, ancienne monarchie, catalogue de Bertrand Malvaux - antiquaire expert. 

     

                                                               

     

     X.Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1794, quand la peau d'un Vendéen ne valait RIEN !

     

     

     

    Quand la peau d'un Vendéen ne valait rien....Le récit d'un Républicain de l'an V (1797), occulté jusqu'à présent est un document exceptionnel.*

     

    « L'ouvrage dont nous extrayons ce témoignage a en effet été saisi par la police du Directoire au lendemain de sa sortie des presses. Seuls quelques exemplaires distribués dans l'intervalle ont pu échapper à la disparition  ». 

     

    Voici un exemple du comportement de ''militaires'' en maraude, du côté des Moutiers-sur-le Lay, tiré de cet ouvrage.

     

    « Trois soldats de la même armée entrèrent un jour dans la cour du château de la Bridurière (Bredurière) (1), commune de Moutiers sur le Lay. Ils demandèrent des chevaux. On leur répondit qu'il n'y en avait pas. Ils veulent de l'argent ; même réponse. Ils se mettaient en devoir de massacrer, lorsque le jardinier les invite à passer à la métairie, en assurant qu'il en emprunterait pour les satisfaire. A peine y sont-ils arrivés qu'un des volontaires propose de mettre le feu à la maison, et déjà on commençait à incendier un lit où était couchée une vieille femme. On les appaisa à force d'assignats ; et sur leur invitation, trois domestiques s'offrent de les conduire à Moutiers. Chemin faisant, un volontaire lâche un coup de fusil dans le dos de l'un de ses guides, et le renverse roide mort ; les autres ne durent leur salut qu'aux fusils qui manquèrent. 

    Quatre de ces soldats se transportent dans une autre métairie, où ils forcent les propriétaires à leur donner de l'argent pour se préserver de l'incendie : cependant cette maison est livrée aux flammes. Ils n'épargnent pas les femmes après les avoir indignement violées. 

    Le citoyen Loyau (2), étant à la caille au passage de l'armée révolutionnaire, fut couché en joue par un cavalier, qui brûla sur lui deux amorces. Sa femme et sa nièce, qui étaient dans la cour, sont apperçues par quelques uns de ces pillards ; aussitôt ils se précipitent sur elles le pistolet à la main, et leur demande leur porte-feuille. Un deux arrache aussitôt à Loyau sa montre et ses assignats, et le reste de la maison est livrée au pillage. Les détachements de cette armée, qui avaient saisis dans les environs plusieurs habitants, les fusillèrent. Vingt sept subirent ce supplice dans la cour du citoyen Loyau. » 

     

    Voilà la belle Armée de la République, ces Volontaires de l'an II, sur lesquels on n'arrête pas de magnifier l'élan patriotique...

    Pour la curiosité : Les laboureurs de la métairie de la Brédurière, qui sont-ils ? L'auteur du récit n'a livré aucun nom et aucune date concernant ces événements. Nous pourrions les dater de fin 1793 et non pas de 1794 par la Colonne de Grignon, comme le suggère l'auteur.

    Le citoyen Loyau (2) aurait été exécuté comme ''Blanc'' à la Rochelle le 31 octobre 1793.

     

    (1) Jean Crespeau est laboureur à la métairie de la Bredurière, il décède en ce lieu, « le 31 décembre 1789 à l'âge de 39 ans, » (en réalité 43 ans) sont présents à la sépulture : Joseph Crespeau son frère et Pierre Crespeau son fils (vue n°156/166 décès 1775-1791- Moutier/Lay). Il est l'époux de Jeanne Martin, qu'il a épousé à Thorigny le 25 juin 1771.

    Jeanne-Martin décède à la Bredurière le 6 Ventôse de l'an 2 (24 février 1794).

    C'est peut-être la femme malade, que les Bleus voulaient faire brûler dans son lit ; à cette époque, à 48 ans on faisait déjà âgé. Nous ne saurons rien sur le domestique qui s'est fait abattre d'une balle dans le dos, je n'ai pas retrouvé d'acte de décès faisant état de ce crime.

     

    (2) Quant à Monsieur Loyau, « Sieur de l'Anjouière qui chasse la caille au passage de l'armée républicaine, il est né le 6 octobre 1737 à Bournezeau à l'Anjouière, il est avocat au Parlement, Sénéchal de la Pouzaire. Il fut exécuté comme ''Blanc'' à la Rochelle, le 31 octobre 1793. Il avait épousé à Moutiers/Lay le 16 octobre 1766, Marie-Anne-Jeanne-Thérèse Aulneau Dame de l'Oucherie, née à Bournezeau le 18 décembre 1739 et décédée en cette commune le 28 décembre 1818. »

     

    Je ne suis pas persuadé que ce personnage soit royaliste car deux de ses fils, sont des ''Bleus''.

    Jean-Baptiste Loyau, né le 14 juin 1768 à Bournezeau est Commissaire du Pouvoir Exécutif, puis chef de la Division de la Préfecture en 1811.

    Jérôme-Guillaume, son aîné « s'est engagé dans les armées de la république à l'âge de 17 ans. Les actes de bravoure et de sang froid dont il fit preuve pendant les tristes guerres qui désolèrent notre sol vendéen, sont passés depuis longtemps à l'état légendaire dans le pays qui l'a vu naître ».

     

    Quand la peau d'un Vendéen ne valait rien....

     

    Sources:   

     

    * Louis-Marie Prudhomme, "Histoire générale et impartiale des Erreurs, des Fautes et des Crimes commis pendant la Révolution Française" – Convention Nationales- Tome 2 à Paris – rue des Marais, n°20, Faubourg Germain An V de la République Française. FAC Editions – 30 rue Madame – 75006 Paris.- pages 58,59,60. 

     

    . Archives Départementales de La Vendée tous droits réservés. Registres détat civil de Bournezeau, Moutiers/Lay.

    . Familles de Vendée – la famille Loyau.

    . Photos : Le château de la Bredurière (extrait de Chambres d'Hôtes) -Peau de Vendéen tannée du blogue ''Vendéens et Chouans''. 

     

                                                                  

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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