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    Les quatre cimetières de Cerizay…

     

     

    Nous voici à nouveau à Cerizay pour de nouvelles énigmes. Je dis bien énigmes car, dans cette petite ville que je pense pourtant connaître sur le bout des doigts, le passé lointain a laissé un grand nombre de mystères. Pour ce volet, je vous propose de nous intéresser aux différents cimetières qui ont pu exister sur le territoire de la paroisse. La petite cité de Cerizay existait dès l’époque mérovingienne et peut-être même dès l’époque gallo-romaine. On la trouve nommée « Seresiacum » en 1172 sur le cartulaire de l’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, dont la paroisse dépendait, puis « Cerezyum » en 1236, « Ceresey » en 1292, puis « Serizay » en 1716, avec toutefois une appellation plus habituelle de « Cerisay » en 1487, par le Roi de France lui-même, comme nous l’avons vu ici.

    L’église primitive de Cerizay fut sans doute la chapelle de son château, agrandie au XV° siècle, avec son clocher court et posé sur le milieu de l’édifice. Orientée à l’Est, en direction de l’actuel cabinet des dentistes et du magasin « Carrefour Contact », nous n’avons d’autre représentation d’elle que son dessin sur le cadastre de 1809 et une photo datée d’avant 1890, sur laquelle figure l’abbé Charruyer.

    Sur le cadastre de 1809 des AD79 (3 P 51/6) :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Datée probablement du début du XII° siècle pour le gros de l’ouvrage, il fallait curieusement descendre quelques marches pour pénétrer dans le sanctuaire dont la décoration assez pauvre consistait en des chapiteaux ornés de modillons grimaçants et autres bestiaires infernaux typiques du début des années 1200. On retrouve d’ailleurs ces mêmes têtes sur l’église de Beauchêne, pour une construction de même époque.

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Le malheur voulut que pour construire l’église actuelle en 1890, on démolit ce petit joyau médiéval et on sait quels furent les débats de l’époque entre ceux qui voulaient que le chevet fut classé et la commission départementale des monuments historique qui refusa, sous prétexte que la municipalité souhaitait la création d’une rue latérale (celle qui rejoint la Poste actuellement) et que cela entraînerait le paiement d’une indemnité à l’entreprise de construction qui devait utiliser les pierres de l’ancien édifice pour la construction du nouveau. Cependant à l’occasion de la démolition de la pauvre église romane, on eut quelques surprises. Si l’on ne trouva point le cœur de l’un des membres de la maison Maillé-Brezé, mort à la bataille de Coutras le 20 octobre 1587 et qui était censé reposer quelque part dans le chœur, on découvrit néanmoins derrière l’autel, un petit trésor en monnaies à l’effigie des Rois Louis XIII et Louis XIV. Ce fut aussi la découverte de plusieurs sarcophages en pierre coquillière, cette roche faite de fossiles et plus facile à travailler que le granit de notre bon vieux Bocage, et qu’on allait chercher dans le pays de Doué-la-Fontaine à l’époque mérovingienne. Parallèlement, plusieurs autres sépultures de cette époque avaient déjà été découvertes sur la commune et notamment dans le bourg. On trouva même dans l’une de ces sépultures, plusieurs cabochons de pierres précieuses et une plaque portant quatre poissons dont les têtes étaient réunies autour d’une croix. Quelque chose frappa les archéologues lors de leur découverte à Cerizay : les sarcophages semblaient avoir été réutilisés et on en trouva un qui contenait des ossements repoussés vers le pied tandis que l’on avait placé un autre corps vers la tête. Une séparation en mortier de chaux et de sable, séparait les deux corps ne laissant qu’environ 35 cms pour les ossements entassés du premier défunt (1). Il faut dire que la pierre coquillière avait un important pouvoir de dessiccation, soit le fait de dessécher d’elle-même ainsi que les corps qu’elle contenait. Une fois qu’il ne restait plus que les os, on pouvait ainsi réutiliser le sarcophage à peu de frais. Le tout était recouvert, dans le cas de Cerizay (et aussi de Loudun, notamment), d’un couvercle en calcaire « falunier » (2).

    Venons-en à présent au premier cimetière de la paroisse. Possiblement établi à l’Ouest de l’ancienne église, soit dans la grande cour du presbytère actuel, il semble difficile qu’il le fut du côté Nord, en direction du château, ou si vous préférez de la Poste et de l’actuelle « Place de la Forge ». La logique, en pareil cas, nous enseigne qu’il a probablement existé au Sud de l’ancienne église, soit sur la grande place actuelle, menant au parvis de l’église moderne sur laquelle, un incessant ballet de voitures vient de nos jours, se stationner.

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     

    Ce cimetière ne suffisant probablement plus, on en établit un nouveau, en face de ce qui fut le relais de poste au XVIII° siècle et que nous voyons ici sur le cadastre de 1809 (même cote que la feuille précédente) :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    On notera le soin d’un fonctionnaire de l’Empire, à représenter le cimetière sur le cadastre avec une certaine dose d’originalité...

    Pour ceux qui ont du mal à le situer, je dirai qu’il était entre la rue actuelle de Montemor O Velho, soit en face du cinéma et courait jusqu’aux jardins de l’hôtel du Cheval Blanc, débordant sur la pente de la rue du Pas des Pierres et la rue des Voûtes. Lorsque vous entrez dans le pressing qui fut autrefois la boulangerie Rondeau, vous êtes en plein dedans. Un ami, ayant habité une maison de la rue Montemor O Velho, m’a signalé un jour que dans son enfance, le lieu avait subi des problèmes de « fantômes » et des choses inexpliquées dans la maison. Dans les années 60, les gens qui cultivaient les jardins de ce quartier, avaient quelquefois de drôles de surprises en labourant ; quelques tibias et morceaux de crânes voisinant allègrement sous les rangs de carottes…

     

    Ce cimetière fut à nouveau désaffecté en 1922 et je me permets de vous raconter une anecdote que vous relirez sûrement avec plaisir avant d’aller vous coucher. En effet, mon grand-père participa au démantèlement de ce cimetière. Il tomba un moment donné sur un cercueil en bon état. Il l’ouvrit et y trouva le corps momifié d’un jeune homme décédé plusieurs décennies auparavant. Le but de son travail étant de ramasser les ossements, il se trouva bien embêté devant ce cadavre. Après quelques secondes de réflexion, il donna un grand coup de pioche dans le corps et tout le visage du défunt tomba en poussière. Il put donc reprendre sa tâche de collecte des ossements afin de les transférer dans le nouveau cimetière.

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    Illustration : les catacombes du couvent des capucins de Palerme. Blog « Maman raconte ».

     

    Voici donc dans les grandes lignes, l’histoire des trois cimetières de Cerizay, sauf que je vous en annonçais quatre dans le titre de l’article…

    Ca suit là-bas dans le fond ?

    Eh oui, quatre, car nous avons oublié Beauchêne. Si l’on en croit Dom Victor Bonneau dans son « Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Beauchêne au Bocage Vendéen », non dépourvue d’erreurs, la tradition locale aurait été unanime sur la présence d’un cimetière à Beauchêne, en partant de la chapelle, vers le village du Petit-Parthenet, juste à droite de l’angle du chemin qui monte vers la Bernelière. C'est-à-dire, juste en face du chevet de la petite chapelle de la Petite-Eglise (3). Cette affirmation pencherait pour la thèse d’une paroisse indépendante à Beauchêne dans des temps anciens. Ce cimetière se situait sur la parcelle N° 262 du cadastre de 1809 (3 P 51/4).

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     Une maison a été construite sur son emplacement depuis bien longtemps, et celle-ci possède une cave… Ceux qui l’ont bâtie, avaient-ils découvert des choses inattendues ?

    L'emplacement supposé du cimetière de Beauchêne, tout près de la chapelle de la Petite-Eglise :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     

    Peut-être dans ce jardin...

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Pour finir, abordons le mystère d’une sépulture dont l’emplacement ne fut jamais clairement établi.

    Catherine-Henriette de Lambert serait peut-être née au Change, en Périgord en 1691 (pas de registre pour cette année). Elle est la fille de Henri de Lambert lieutenant au Roi de la citadelle de Saintes. Alors qu’elle n’a que 21 ans, elle épouse en 1712, un homme de 49 ans son aîné : Etienne de la Taste. Comme il fallait s’y attendre en pareil cas, la jeune femme se retrouve veuve très rapidement, si rapidement que le drame survient le 13 mai 1714. Se complaisant alors dans une vie entreprenante, elle deviendra une femme puissante et respectée (4). A noter que l’Armorial Général de France, la dit mariée le 1er septembre 1703, soit à l’âge de 12 ans, ce qui me paraît assez peu crédible (5). Son mari, Etienne de la Taste avait été aide-major des quatre compagnies du Roi (6), maréchal de camp en 1702.

    Le 10 avril 1758 depuis le château de Vezins, en Anjou (7), notre Catherine-Henriette de Lambert, veuve de La Taste, fait graver une plaque de marbre noir pour fondation de messes dans la chapelle de Beauchêne en Cerizay, conjointement avec Anne des Granges de Surgères de Puiguion, veuve de Pierre de la Court de Fonteniou et Henriette-Elisabeth des Granges de Surgères, cette dernière veuve du marquis de Lescure, grand-père du général vendéen (8). Cette plaque, d’abord cachée sous les boiseries du chœur est de nouveau visible à notre époque, à droite en entrant dans la chapelle. Trois années plus tôt, Catherine-Henriette avait fait fonder des messes à Paris, le 28 juillet 1755, à l’étude de maître Martel, notaire.

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Le 8 novembre 1763 (9), Catherine-Henriette décède en la paroisse de Cerizay, diocèse de la Rochelle (10). On ne sait aujourd’hui où elle fut inhumée exactement. L’auteur de la généalogie de la maison de La Taste émet l’idée qu’elle put être enterrée sous la première église de Cerizay, ou dans le cimetière, c’est-à-dire, le second que nous avons vu plus haut, démantelé en 1922, auquel cas, ses derniers restes reposeraient sous la croix hosannière du troisième cimetière, celui d’aujourd’hui.

    Les quatre cimetières de Cerizay.... 

     

     

     

    Peut-être aussi au château de Puy-Guyon, mais où ? Au fond du sinistre « trou de la guillotine », ou plus près des anciens jardins à la française, en direction du bourg, vers l’Est, débouchant sur l’Allée des Tilleuls ? En 1903, il existait encore trois petites pièces du château de Puy-Guyon où elle aurait demeuré. La dernière tour de Puy-Guyon s’est écroulée en 1914, dans l’indifférence générale… Ce même auteur cité plus haut signale qu’elle aurait tout aussi bien être inhumée dans la chapelle de Beauchêne. Celle-ci possède des cavités, à n’en point douter, notamment devant le tabernacle, où l’on s’agenouille, mais aussi, plus en retrait, quelque part non loin de la statue de Sainte-Thérèse…

    Le cimetière de Beauchêne, qui n’apparaît plus sur le cadastre de 1809 était situé sur une parcelle ayant appartenu à la maison de Puy-Guyon. Serait-il possible qu’il ait pu accueillir le corps de Catherine-Henriette ou était-il déjà disparu depuis longtemps ?

    A suivre…

    RL

    Avril 2018

     

     

     

     

    Notes :

    (1)  Louis Charbonneau-Lassay (1871-1946), in Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1913, 3ème série, tome 2, p 500. 

    (2)  De falun, dépôt sédimentaire marin du Cénozoïque. 

    (3)  Dom Victor Bonneau, « Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Beauchêne au Bocage Vendéen », 1893, p.26.

    (4)  « Le Pavillon de l’Octroi à Moricq ». Nos Trois Branches, site Internet de l’association de généalogie des Maupillier. Lien ici. 

    (5)  « Armorial Général de France », volume 4, registre second, seconde partie, « de Lambert »,  Paris, Prault, 1742. p. 9. 

    (6)  « Chamlay, le Stratège secret de Louis XIV », Jean-Philippe Cénat, 2011. 

    (7)  Bulletin de la Société Historique de la Saintonge (source provenant de ma femme qui avait d’autres chats à fouetter ce soir-là). 

    (8)  « La Famille de La Taste, son origine, ses branches et leurs alliances », extrait de la lettre généalogique de M. de la Taste à ses enfants, Grande imprimerie de Blois, Emmanuel Rivière, ingénieur des arts et manufactures,1903. A noter que Catherine-Henriette avait acheté à Louis Puichaud, marchand, et sa femme, une maison à Beauchêne, ainsi que les borderies de la Chèvrie et de l'Héronnière (ce dernier lieu inconnu) les 18 et 29 juillet 1763. Offre de retrait lignager de la part de Jehanne-Louise Belhoir et de ses frères, Pierre et Jean-François. AD85, justices inférieures d'Ancien Régime, B 248.

    (9)  Absence de registre à Cerizay pour cette période aux AD79. 

    (10)         On sait qu’après Maillezais, Cerizay dépendit de l’évêché de La Rochelle à partir de 1648. 

     

     


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    Etablissement des foires et marchés de la Flocellière, Cerisay et Saint-Paul, en 1487…

     

     

    Le texte qui va suivre est un peu inhabituel et s’avère le prélude à une petite étude sur l’histoire ancienne de Cerizay. Lorsque l’on habite un endroit depuis l’âge de 2 ans, autant en connaître au maximum l’histoire et Dieu sait si la petite cité a encore de beaux mystères à faire connaître, outre ses deux célèbres légendes de Beauchêne et de la Gourre d’Or, qui lui valurent son surnom de « Ville aux deux légendes ». Nous ne savons quasiment rien du Cerizay médiéval, village regroupé autour de son château et de son église romane, ni des caves et souterrains qui sillonnaient le sous-sol des quartiers de la Jetterie et du Prieuré ou de la rue des Voûtes. La ville eut beaucoup à souffrir des guerres et incendies au cours des siècles et si curieusement (peut-être pas si étrange que cela...), Grignon refusa de la brûler le 25 janvier 1794, ce sont les Allemands qui s’en chargeront le 25 août 1944 avec un incendie général visible de très loin et  qui entraina des chutes de cendres à plus de 20 kms alentour (témoignage entre autres, en 1988, de M. M. Bouillaud †, de la Ronde, près de Moncoutant).

    Nous verrons tout cela en temps et en heure et pour l’instant, je vous propose ce texte de Louis de la Boutetière (1829-1881) qui intéressera probablement les habitants de la Flocellière et de Saint-Paul-en-Pareds, car c’est aussi à eux que s’adresse cet article (1).

     

    A suivre…

     

    RL

    Vendredi Saint, 2018

     

     

            Le château de Cerizay en 1856 (gravure de Thomas Drake) :

    Cerizay, 1487....

      

     

    « La Flocellière a eu longtemps pour seigneurs les membres de la vieille famille de Surgères. Mre Louis Vialart, prêtre, prieur de Montournais, a publié en 1717, une histoire généalogique de cette maison, avec pièces justificatives, extraites en partie des Archives de la Flocellière. Mais cet auteur, exclusivement préoccupé du point de vue généalogique, laissa de côté bien des pièces du riche trésor qu’il avait a sa disposition. Heureusement, le savant bénédictin Dom Fonteneau vint au milieu du siècle dernier, corrigea, sur un exemplaire que possède la Bibliothèque de Poitiers, les fautes de lecture ou d’impression très nombreuses dans l’ouvrage de Vialart, et ne manqua pas de copier les pièces intéressantes dont celui-ci n’avait pas usé, de telle sorte que l’on pourrait, chose rare aujourd’hui, reconstituer à peu près complètement les Archives de la Flocellière. Nous empruntons aux copies de Dom Fonteneau les lettres-patentes en vertu desquelles des foires et marchés furent établis, en 1487, dans ce bourg et dans ceux de Cerisay et Saint-Paul (Dom Fonteneau, t. VIII, p.239).

    Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, savoir faisons à tous présens et à venir, Nous avoir receue l’humble supplication de notre amé et feal chevalier Jacques de Surgières, seigneur de la Flocellière, de Cerizay et de Saint Paoul, contenant que ès-dits lieux de la Flocellière, Cerizay et de Saint Paoul qui sont assis en notre pays de Poictou il a de beaulx chasteaulx forts et asses bonnes grosses bourgades où il a tous drois de justice, haute, moyenne et basse, lesquels lieux sont situés en grans passages, en bons pays et fertiles, y conservent et frequentent plusieurs marchands ; mais à l’occasion des guerres, qui par cy devant ont eu cours en notre royaume, ils ont été et sont grandement depopulés et desgastés. Et à cette cause le suppliant, desirant faire valloir et augmenter les dits lieux, terres et seigneuries, pour le bien de ses sujets et de toute la chose publique du pays, Nous a humblement supplié et requiz que notre plaisir fut y créer foires et marchés et sur ce lui impartir nostre grâce et liberalité. Pourquoi Nous, ces choses considérées, inclinans liberallement à la supplication et requeste du dit chevalier suppliant, pour les causes et consideracions à ce Nous mouvans, avons ès-dits lieux de la Flocellière, Cerisay et Saint Paoul et en chacun d’eux créé, estably et ordonné de notre grâce espécial, plaine puissance et autorité royal, les marchés et foires en la manière qui sensuit. C’est à savoir au dit lieu de la Flocellière un marché chaque sepmaine au jour du jeudi et deux foires par chacun an, la première le 29 d’aoust et l’autre le 23 janvier, et au dit lieu de Cerizay marché le mercredi et foires le 17 janvier et le 22 d’aoust, et au dit lieu de Saint Paoul le marché le mardi et foires le 25 janvier et le jour des Octaves Notre Dame mi-aoust, pour y est redores en avant perpetuellement tenus, entretenus et continués, en iceux estre vendu, trocqué, acheté, delivré et distribué toute manière de denrées et marchandises licites et honnestes, à telz et semblables droiz, preeminences, privilleges, franchises et libertez que ès autres marchés et foires du pays d’environ.

    Si donnons en mandement, etc... (le reste du protocole. V. au Recueil des Ordonnances).

    Donné aux Montils-lès-Tours (2), au mois de mars l’an de grâce 1487 et de notre regne le 5e. »

     

    Cerizay, 1487....

     

    Notes :

    (1)  Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, 1875, 2ème série, volume 5, p. 31 à 33. Document consultable sur le site des AD85 en cote BIB PC 16/10 (il faut chercher un petit peu, je sais…).

     

    (2)  Ancien nom du château du Plessis-les-Tours.


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    Cinq prisonnières à Cerizay…

     

     

    Sur mes 48 ans d’existence, en voilà 46 que je vis à Cerizay. Je pensais tout savoir de la petite ville « aux deux légendes ». Eh bien non, j’en apprends encore. Et puis je dois vous avouer que ce soir, je vais prendre du plaisir à vous parler de chez moi, une nouvelle fois. Pas d’inquiétude, je n’oublie pas les autres régions de Vendée Militaire et le tour de la vôtre viendra. Au hasard des correspondances conservées aux archives militaires de Vincennes, je suis retombé il y a déjà plusieurs jours sur cette correspondance du général Vimeux du jeudi 7 août 1794 (1) qui fut par ailleurs exploitée par La Maraîchine normande ici :

     

    « Au Quartier général de Fontenay le Peuple le 20 thermidor l’an 2ème de la République française une et indivisible.

     

    VIMEUX, Général en chef,

    Aux citoyens composans le Comité de Salut public de la Convention nationalle.

    Citoyens représentans,

    Je m’empresse de vous faire passer l’interrogatoire que le Comité de surveillance de cette commune a reçu de cinq femmes qui étoient restées prisonnières chez les brigands et qui se sont rendües à la suite d’une colonne commandée par le général Beaupuy que j’avois chargé d’une expédition sur Cérizay où les brigans formoient un rassemblement. Comme il est possible que les déclarations de ces femmes ayent quelque connexité avec la conspiration dont la liberté a été menacée et que vous avez si heureusement déjouée, je ne balance pas à vous donner connaissance directement du procès verbal auquel elles ont donné lieu, et qui vient de me parvenir dans l’instant.

    Comptez, je vous prie, citoyens représentans, sur mon zèle et mon dévouement entier aux intérês de la République.

     

    Salut et Fraternité

    Vimeux »

     

    ***

     

    « Aujourd’huy dix huit thermidor l’an 2ème de la république francaise une et indivisible (5 août 1794), les citoyennes Gautreneau femme Payneau, Payneau femme Belliard juge de paix de Cerizay, la Charrier femme Baudry boullanger de Cerizay, Marie Metayer femme Chasserieau de Cerizay, Rose Carteau femme de Louche, maçon, et Marie Neveu veuve Robin aussy de Cerizay touttes prisonnières des brigands dans le bourg de Cerizay, et délivré par la force armée le 16 de ce mois (3 août 1794) ont déclarés avoir entendus dire plusieurs fois aux chefs des brigands qui sont les nommés Richard de Cirières, Beaurepaire le jeune, le nommé Tessier de Courlay, Stophelet, Charrette, Sapinneau de la Gaubretière qui leur donnoit pour la dernière fois le conseil de faire rentrer leurs maris qui étoient réfugiés parmi les patriottes, car sous quinze jours la convention et la république entière n’extisteroient plus ; les susdittes ont déclarées que les brigands connaissaient par des émissaires touttes les forces et démarches de nos troupes, quelles ont pour exemple le dernier mouvement qu’on à fait sur Cerizay le 16. La veille le comité des rebelles reçût une lettre qui annonçaient l’arrivée de nos troupes, et de suitte les brigands se mirent en devoir d’évacquer ce qu’ils avoient de plus précieux : demande faitte aux déclarante si les brigands étoient en force, elles ont estimées qu’il pouvoient être neuf à dix mille hommes au total, divisés dans ce moment sur divers points : demandé ou il faisoient leur rassemblement pour venir attaquer la Chataigneraye, ont déclarés qu’ils le faisoient le plus souvent à Cerizay :

    Interrogé si les brigands avoient moissonnés, ont déclarés qu’ils avoient ramassés le plus de bariques qu’il avoient pûs, les avoient remplis de grains pour les cacher dans leurs souterains. Leurs répaires en hyver sont dans les champs de genet, et la, sans crainte d’être aperçûs, ils sçavent quand la troupe passe, et échappent ainsy à la poursuite.

    Que les répaires sont

    1° La Patellière commune de Combrand à trois quarts de lieu de Cerizay dans les bois, et les *** (illisible).

    2° La Marminière, commune de Mêmin environnés de Bois à trois quart de lieues, entre Cerizay, Memin (Saint-Mesmin, qui porta aussi le nom de Beauvallon-sur-Sèvre, NDLR) et Montravers.

    3° Dans les bois de la Grande Boissière à deux lieues de Cerizay, trois quarts de lieues de Chatillon.

    4° La Brunnière commune de la Pommeraye à deux lieues de Cerizay entre Cerizay et Pouzauges.

    5° enfin dans les bois qui environnent Cerizay.

    Lecture faite de la présente déclaration on dit contenir vérité et y persister ce ont signées, hors ceux qui ont déclarées ne le sçavoir. Signées au registre, Gautronneau Madelaine, Charrier, *** (illisible), Payneau, Marie Métayer.

    Pour copie conforme ./.

    Guery aîné Contantin »

     

     

    La date du 3 août 1794 est celle du combat de Noirlieu et les Vendéens sont en bien mauvaise posture.

    Le 4 (août), Bonnaire, écrit à Vimeux depuis La Châtaigneraie (2) :

    « Les deux colonnes du camp de Fontenay, aux ordres de l’adjudant-général Travot, et du pont Charon, aux ordres de l’adjudant-général Saint-Sauveur, ont exécuté hier le mouvement qui leur était ordonné sur Pouzauge et Cerizais. L’ennemi réuni en grand nombre a été attaqué à Cerizais, et à perdu près de quinze cents hommes. Le général Beaupuy, qui a dirigé l’attaque en personne, peut rendre un compte satisfaisant de la troupe. »

    A la même date, on trouve dans le « 5° tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest »  (3)

    « Grignon lui mande (à Vimeux) qu’il a battu complètement les brigands hier à Noirlieu, tué environ 200 hommes et pris beaucoup de bestiaux – projet de se concerter avec lui pour se porter sur La Fougereuse. » (4)

    Toujours le même jour (5) :

    « Au général divisionnaire Grignon

    Du 17 thermidor (4 août 1794)

    J’ai reçu mon camarade ta lettre du 17 du courant, qui m’annonce tes succès sur Noirlieu. Je t’observe que l’adjudant général Bernardel n’avoit pas suivi l’indication que tu as faite au général Legros et qu’il se fut porté ainsi qu’il en avoit d’ordre du chef de l’état-major sur Chanteloup et Courlay et que de ton côté tu eusses attaqué Noirlieu . Les brigands se seroient réfugiés sur Cerizay ou une colonne les attendoit, ce qui auroit rendu nos succès plus complets. Partout tu vois combien il est essentiel de ne point changer les dispositions générales qui sont arrêtées. Cependant j’aplaudis à ta marche qui a été parfaitement conduite. L’adjudant général Bardon réclame d’être employé dans cette qualité, tu vérifiras s’il a été nomé adjudant général et alors il n’y a point de difficulté, et tu dois l’employer et le reconnaître en cet égard.

    Salut et fraternité signé Vimeux. »

     

    ***

     

    Du lendemain :

    « Au citoyen Bo représentant du peuple à Nantes et près l’armée.

    Citoyen représentant tu étois informé que deux colonnes partaient de la Chateigneraye et du camp de Chiché devoient se porter sur Cerizay où il avoit un rassemblement de brigands. Cette expédition en ce lieu eu effet. Les brigands attaqués sur plusieurs points ont fui partout en abandonnant une quantité de bestiaux qu’l on porte à 600 têtes et 900 moutons avec mulets et chevaux, le général Beaupuy qui commandoit une colonne a ramené 400 têtes de bétail épars. Les brigands ont perdu dans cette sortie et sur tous les points environ 900 hommes. Ainsi tu vois que cette expédition n’est pas sans fruit. Vive la république, il a été pris un drapeau sur les scélérats.

    Salut et fraternité et fraternité signé Vimeux. »

     

    Quelques notes sur les femmes « libérées » par les républicains :

    L’une d’elles est l’épouse de François-Louis Béliard, juge de paix et farouche républicain qui décèdera à Cerizay le 8 mars 1806. Magdelaine Charrier, est la femme de Pierre-Gabriel Baudry. Elle décèdera au bourg de Cerizay le 3 décembre 1821, âgée de 66 ans. Rose Carteau est la femme de Joseph Delouche, maçon, décédé au bourg de Cerizay à l’âge de 65 ans, le 20 septembre 1820. Je n’ai pas cherché une éventuelle parenté avec Adrien-Joseph Delouche, maire de Bressuire et qui sera pris dans les événements de 1792.

    Abordons pour terminer, les lieux cités (hormis les bois – tout le monde sachant à quoi ressemble un bois).

    La Pastelière de Combrand : ce magnifique petit château du XVI° siècle a servi d’hôpital pour les Vendéens. Il sera épargné par les destructions et la colonne infernale de Grignon n’y passa pas.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    Les Marmenières de Saint-Mesmin, tout près de la Sèvre. On sait que M. Garnier des Marmenières avait été fusillé par les républicains à Bressuire en février 1794. Son épouse disparaîtra dans les prisons de Thouars :

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    La Brunière de La Pommeraie-sur-Sèvre :

    Ce manoir était l’habitation d’un officier de l’Armée du Centre, Sicard de la Brunière, inspecteur général de la division de Pouzauges dont " La Maraîchine normande" nous raconte la curieuse histoire ici.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

     L’histoire de Cerizay est encore loin d’être terminée. A suivre…

     

    RL

    Novembre 2017

     

     

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/10-12, v. 1 à 4.

    (2)  Savary, tome IV, p. 65.

    (3)  SHD B 5/10-1, v. 19/26.

    (4)  On sait que Grignon arrive par la droite avec 800 hommes.

    (5)  SHD B 5/81 v. 55/129. 


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    Cerizay, la Roche,

    des Guerry aux Leschalier de Lisle…

     

     

    Extraits de l’allocution de Pierre, lors de la sortie à Cerizay des « Amis du Pont-Paillat le 4 décembre 2016 :

     

    Richard m’a demandé de faire un papier sur mes ancêtres cerizéens. J’ai accepté avec plaisir car ils se mêlent à plus de 150 ans de l’histoire de la Commune. Deux noms surgissent : Guerry et Leschallier de Lisle.

    La famille Guerry tout d’abord, de très modeste extraction. Ils sont originaires de Saint-Mesmin, commune voisine, et exercent la profession de journaliers. Du mariage de Pierre Guerry et de Marie Barbier nait vers 1783 Pierre Guerry, ancêtre à la destinée étonnante.

     Un excellent article du blog Chemins secrets nous apprend que ce Pierre Guerry aurait vu toute sa famille massacrée par les colonnes infernales dans la Douée de la vieille cour. Portant peu dans son cœur les principes républicains, il se bat en Vendée et devient un temps maire de Cerizay en 1816.

    Cet homme d’origine modeste épouse une demoiselle d’ancienne noblesse, Elisabeth de Buzelet. C’est par ce mariage que la Roche rentre dans la famille. Elle tenait la Roche de son père, Dominique de Buzelet, mort misérablement à Cerizay après son retour d’exil. Sa veuve, née Bodet de la Fenestre, vieille famille de Chanteloup, à proximité d’ici, restée seule à la Roche, a dû fuir lors du passage des colonnes infernales qui ne laissèrent pas pierre sur pierre du Château.  Madame de Buzelet revient plus tard avec ses deux filles, dont Elisabeth, vivre dans une dépendance.  Vint l’Empire et la Vendée fut encore malmenée par Bonaparte. La signature du Concordat mit le feu aux poudres à Cerizay ; ce fut l’origine de la Petite Eglise et les dames de Buzelet se mirent à comploter. Terriblement inquiétées par la Police, un ordre d’expulsion fut même donné à la mère qui tergiversa pour y échapper. Seule la mort la sauva d’un nouvel exil. Restées seules à la Roche, les deux filles tinrent bon. Elles hébergèrent de nombreux prêtres recherchés par la Police.

    C’est durant cette période qu’Elisabeth de Buzelet rencontra Pierre Guerry, recherché un moment pour ses activités anti gouvernementales. Ils  se marièrent.

     Pierre Guerry meurt en 1857 riche propriétaire terrien, emportant dans la tombe les cris de sa famille noyée par les bleus. Ils ont eut une fille, Léontine. C’est par elle que les Leschallier de Lisle arrivent à Cerizay. Le plus ancien ancêtre de la famille de Lisle vivait à Saint Fulgent, ou il était notaire et sergent royal de la châtellenie de Saint Fulgent. On soupçonne une origine plus ancienne Lavalloise, mais non établie à ce jour.

    En effet, Léontine épouse  le 27 octobre 1840 Julien de Lisle, né à Sainte Florence.

    De ce mariage est issu :

    Jules-Henri, dont on retrouve une courte biographie ici, sur le blog de Nadine.

    Henri Leschallier de Lisle, maire de Cerizay de 1871 à 1907, conseiller général des Deux-Sèvres, avait épousé Marie Joséphine Giraud, d’une famille bourgeoise originaire de Maillezais, fille d’un député de la Vendée, Alfred, auteur entre autres d’un recueil de poésies intitulé les Vendéennes. Catholique et Royaliste, il fut inquiété pendant la période des inventaires. C’est à lui que nous devons la construction de la Roche telle qu’elle subsiste de nos jours. Il meurt en 1907. Il eut de son mariage Alfred de Lisle, né en 1881 et mort en 1942. Celui-ci fut également Maire de Cerizay et conseiller général des Deux-Sèvres.

    Alfred de Lisle épouse Madeleine d’Aboville, vieille famille normande implantée en Morbihan. Pour la petite histoire, le château des d’Aboville, Kerantré, situé à Crac’h, servit de refuge à Cadoudal pendant la chouannerie et l’on y voit encore une petite table que le géant breton brisa de son poing. C’est mon arrière grand-père. Il eut plusieurs enfants, dont Henri, également maire de Cerizay durant les tristes évènements de 1944 et jusqu’en 1959, et Xavier, mon grand père, qui passa toute sa jeunesse à la Roche.

    Je cite un passage du livre de Constant Vaillant, historien de Cerizay : « La paroisse et la commune, tout comme les déshérités, doivent beaucoup à cette famille, qui savait accueillir charitablement au château les plus pauvres, leur donnant gîte et couvert. Large fut leur participation à la construction de l’église et maintes œuvres sociales. Quand aux catholiques, ils ne sauraient oublier l’œuvre maîtresse : la construction de l’école Saint-Joseph, au Raffou à la fin du siècle dernier, au lendemain de la laïcisation des écoles ».

    Dévolue par succession à Henri, La Roche est vendue en 1980 et les de Lisle quittent Cerizay….De cette période subsistent une rue Leschallier de Lisle,  un nom sur le monument aux morts (René, frère de mon grand père, mort des suites de la campagne de 1940), des tombes dans le cimetière et quelques photos en noir et blanc, jaunies par le temps….Ainsi passe la gloire du monde…Je vous remercie pour votre attention.

     

    Pierre Couëtoux du Tertre pour Chemins secrets

    Décembre 2016

     

        La « Vieille Roche », qui a connu les événements de la Vendée :

    Cerizay, la Roche....

     

        Les lieux sur le cadastre de 1809 :

    Cerizay, la Roche....

     

     

        Le château actuel, construit à la fin du XIX° siècle :

    Cerizay, la Roche....


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  • Charette à Cerizay…

     

      Il est un peu surprenant de trouver Charette dans cette localité des Deux-Sèvres mais pourtant il y est bien passé, précisément dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 décembre 1793 à une époque ou la Grande Armée était Outre-Loire, entre le carnage du Mans et sa terrible fin de Savenay. Charette pensait pouvoir recruter de ce côté en l'absence de l'Armée Catholique et Royale et apprend la présence d'un détachement de républicains dans la petite ville.

    Après avoir fait halte à la Petite-Boissière, il repart à la nuit tombée en direction de Cerizay. Comme le lecteur s'en doutera, Charette et ses 4 000 hommes ne sont pas passés par la grande route actuelle qui n'existait pas. Nous allons donc essayer de reconstituer ce parcours sur la route qui existait entre Châtillon (Mauléon) et Cerizay en 1793. Ce parcours aurait demandé un trop grand nombre de cartes et de matrices cadastrales et le lecteur pourra suivre ce cheminement sur l'IGN de Géoportail et sur le cadastre en ligne des AD79 pour les communes de la Petite-Boissière, Combrand et Cerizay.

     Il est probable que partant de La Petite-Boissière, la petite armée bas-poitevine aura pris la direction de l'Etry (orthographiée « Laiterie » en 1812), puis sera passée non loin de Bois-Vert où Henri de la Rochejaquelein séjournera une semaine plus tard. Son parcours probable rejoint ainsi la route de Cerizay par La Vergnaie-l'Abbé, La Carotte, passant un peu à l'Est de la Garnaudière, filant entre le château de la Girardière (où Marigny fut tué le 10 juillet 1794) et Pelouaille pour arriver finalement devant le « Château aux Sept Tours », dont le donjon en ruine dominait Cerizay et sa vieille église romane.

     La route que Charette a probablement empruntée. Ici au départ de la Vergnaie-l’Abbé » :

    Charette à Cerizay....

     Ici sur le plan de 1809. Attention à celui-ci qui est désorienté. Le Nord se retrouve sur la gauche de l’image :

     Charette à Cerizay....

     La route se poursuit en direction de la Carotte…

    Charette à Cerizay....

    Charette à Cerizay....

     Après la Carotte, longeant la Garnaudière, en direction de la Girardière et de Pelouaille…

     Charette à Cerizay....

     

    Une partie du parcours de Charette et de ses hommes, en rouge sur la carte IGN :

     Charette à Cerizay....

     

     On sait qu'une fois dans le bourg de Cerizay , les gars de Charette vont tomber sur un poste républicain de 200 hommes qui seront quasiment tous égorgés dans la nuit noire. Leur commandant, qui tentait de les rallier succomba à deux coups de sabre (Savary, tome II, p. 479, repris par Bittard des Portes, p. 259).Ce qui va suivre n'est qu'une supposition personnelle mais quel était le meilleur endroit pour stationner une troupe à Cerizay ? Il y avait certes le château de la Roche, mais on voit mal les républicains se tenir aussi loin du bourg et Charette n'aurait sans doute pas eu l'idée de pousser au Sud de la ville. En revanche il existait un relais de Poste, construit en 1752 et qui possédait de grandes écuries, le tout à proximité du cimetière, soit à peu près à l'emplacement de l'actuel cinéma. On peut donc imaginer que c'est tout près de cet endroit que les 200 républicains se sont fait écharper. (1) Le Roi de la Vendée repartira ensuite en direction de Saint-Michel-Mont-Mercure.

     Le relais de Poste aujourd'hui, ancien siège d'une agence du Crédit Lyonnais.

     Charette à Cerizay....

     Il n'y a à notre connaissance aucune autre trace de passage de Charette dans la "ville aux deux légendes" et les bas-bocains et maraîchins ont eu bien du mérite de faire toute cette route dans cette partie du Bocage inconnue pour eux.

     RL

    Avril 2016

     Note :

     (1) Peut-être est-ce d'ailleurs à ce même endroit que l'adjudant-général Becker sera "conduit mystérieusement" pour y rencontrer Stofflet le 26 mars 1795, en vue de pourparlers de paix.

     


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