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    Un témoignage glaçant sur le deuxième cimetière de Cerizay...

     

     

    Nous avons vu ici l’histoire des trois principaux cimetières de Cerizay et d’un probable quatrième lieu de sépulture à Beauchêne. On sait grâce à Constant Vaillant (1) de quelle manière fut démantelé le premier cimetière entourant l’église et datant de l’époque mérovingienne. Des squelettes au demeurant bien conservés dans des sarcophages de pierre coquillière, empilés jusqu’à une profondeur de trois mètres ; des centaines de sépultures, portant encore pour certaines des glaives et des boucles de métal, parmi d’autres restes enterrés à même la terre. Les moyens d’aujourd’hui n’auraient probablement pas permis le véritable gâchis archéologique qui se produisit en ces années 1889 et 1890 mais hélas, le mal est fait et l’on ne sait ce que sont devenus ces trésors historiques.

    Sans doute le deuxième cimetière établi entre le Moyen Age et l’année de son démantèlement en 1923 présentait moins d’intérêt mais j’ai pu recueillir il y a quelque temps le témoignage d’une ancienne habitante de Cerizay qui raconte ceci :

     

    J’ai habité la maison qui se trouve dans l’angle de la rue des Voûtes et de la rue de Pas des Pierres. J’ai vu cette maison se construire vers 1956... Quand ils ont creusé les fondations, beaucoup d’ossements de chapelets ont été déterrés et regroupés dans un grand coffre en bois qui se trouvait dans le grand hangar face à la maison de mon père. Ô comble de l’horreur ! Mon frère et moi prenions les perles de chapelets pour en faire des colliers... Pire, on a joué aux boules avec les têtes de morts. Je me souviens d’une tête qui avait encore de la peau sèche avec de longs cheveux blancs. Un soir que nous étions entrain de dîner, j’ai expliqué qu’on avait trouvé des boules très pratiques car elles avaient des trous pour mettre nos doigts (les orbites).

    Je devais avoir trois ou quatre ans mais je me souviens très bien de l’air horrifié de ma mère.

    Nous avons eu droit à « la bassine ». A l’époque nous n’avions pas de baignoire.

     

    Décidément, l’histoire des cimetières de Cerizay s’avère particulièrement passionnante et nous n’en avons sûrement pas terminé avec ce thème...

    RL

    Février 2021

     

    Illustration (pour faire joli) tirée du site internet du photographe Bruno de Hogues. Exhumations dans un cimetière des Hauts-de-Seine en 1981.

    Un témoignage glaçant sur le deuxième cimetière de Cerizay....

     

    Note :

    (1) « Cerizay Ville Historique et Martyre », 1981, tome 2, p. 94 et s.

     

     

     

     


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    Des marchands de Cerizay rançonnés en 1441...

     

     

    À partir de 1439, plusieurs grands vassaux du Royaume de France sont en révolte contre le roi Charles VII dont ils sont mécontents des réformes militaires. Le dauphin, futur Louis XI, se retrouve lui-même entraîné contre son père. Suite à la réunion des États-généraux d’Orléans, le roi souhaitait en effet mettre fin aux divagations des « Écorcheurs » dits aussi « Routiers », militaires laissés sans soldes qui offraient leurs services en tant que mercenaires et dévastaient les campagnes au profit du seigneur le plus offrant.

    Des marchands de Cerizay rançonnés en 1441....

    C’est ainsi que le dimanche 22 octobre 1441, Benoist Ussault, Anthoine Bonnet, Colas Guillebaut et Pierre Rivière, tous les quatre marchands à Beauchêne se font détrousser de six draps, trois juments et un cheval par une équipe de brigands. Leur chef, dénommé Roulant (Roland) Raulete, originaire de Bretagne et au service du bâtard de Beaumanoir, tenant garnison au château d’Airvault, est arrêté puis emprisonné, bien loin d’ici, à Blois. Ses biens sont saisis malgré qu’il ait restitué entre-temps les animaux et objets volés aux marchands cerizéens. Il fait donc une « humble supplication » auprès du roi qui à cette époque commence une longue série de grâces et de libéralités envers ses ennemis afin de calmer les esprits et ainsi affermir son pouvoir.

    Des marchands de Cerizay rançonnés en 1441....

    Dans le cas de notre détrousseur de grands chemins, le roi estime que les marchands ont été dédommagés et il lui reconnaît ses services contre « nos anciens ennemis et adversaires les Anglois » et que « face au temps à venir » il préfère « miséricorde à rigueur de justice ».

    Tout est donc bien qui finit bien et bientôt, il ne sera plus question de trouver d’Ecorcheurs sur les chemins de France.

    Sources : Actes royaux du Poitou, Corpus de l’Ecole des chartes, Archives Nationales, Archives historiques du Poitou.

    Le document original est ici.

    Merci à l’ami Jacques Chauvet pour cette source

    RL

    Janvier 2021

    Article transmis au Courrier de l’Ouest

     

     


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  • Cerizay. La commune compte encore sept lavoirs sur son territoire

    Certains lavoirs sont plus visibles que d’autres, plus connus aussi. Et leur état de conservation varie. Petite revue de détail de ce patrimoine.

    Ils sont sept à être encore visibles sur le territoire de la commune, mais à force de passer devant, il n’est pas sûr que les Cerizéens les connaissent tous.

    Les deux lavoirs les plus en vue sont certainement ceux de la place du Saint-Père et son voisin de la Cressonnière. Cette étrange proximité s’explique peut-être par le fait que la Cressonnière fut dans les années 1830 une caserne de militaires et de gendarmes avant d’être l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) que nous connaissons aujourd’hui. Les lessives de ces messieurs ne pouvaient probablement pas se mêler à celles du reste de la population du quartier.

     

    En plus ou moins bon état

     

    Le lavoir de la rue du Bono, est quant à lui bien visible également, tandis que celui de la rue du Raffou demeure un peu à l’écart, oublié des passants et ayant malheureusement perdu son toit depuis plusieurs décennies. Et si celui de Beauchêne est en parfait état, il n’en est pas de même à l’autre bout de la ville, avec celui du Plessis dont il ne reste hélas pas grand-chose. Le dernier lavoir de notre liste était à l’origine privé et était installé au château de la Roche. Sa charpente de bois fut déplacée par la ville et est installée aujourd’hui sur la place de la République. En consultant le cadastre napoléonien de 1809 des Archives départementales, on retrouve nos lavoirs du Saint-Père, de la Cressonnière et du Raffou mais pas celui du Bono.

     

    Des lavoirs disparus

     

    En revanche, à cette époque où l’avenue du Général Marigny n’existait pas et où il n’y avait là que des jardins et un ruisseau longeant le quartier de la Jetterie, il apparaît un lavoir dont toute trace a évidemment disparu de nos jours, puis un autre qui aurait été près de la rue des Voûtes actuelle. Celui du Plessis est également présent, tandis que celui de Beauchêne n’existe pas encore. Saurez-vous retrouver tous les lavoirs de Cerizay ?

     

    RL

    Novembre 2020

    Article transmis au Courrier de l’Ouest

     

         Le Plessis : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay.... 

         Le Bono : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay....

         La Cressonnière : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay....

         Le Saint-Père : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay.... 

         Le Raffou : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay....

         La Roche, déplacé place de la République : 

    Les 7 lavoirs de Cerizay.... 

         Beauchêne :

    Les 7 lavoirs de Cerizay....

     

     

     

     


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    Un véritable carton pour la page Facebook « Cerizay autrefois »...

     

    Lorsqu’un ami, lui même créateur de la page « Mauléon autrefois » m’avait conseillé d’en ouvrir une pour Cerizay, j’étais à cent lieues de me douter d’un tel engouement pour ma petite cité.

    Le Courrier de l’Ouest s’en est fait écho le 6 décembre dernier avec l’article qui suit.

    RL

    Décembre 2020

     

     

     

     

     

     

    Quand Richard Lueil a créé la page Facebook Cerizay Autrefois, en septembre, il ne s’attendait pas à un tel succès. En moins de quatre mois, près de 2 100 personnes se sont inscrites. Et ce que lui apporte le groupe va bien au-delà de ses espérances.

    Comment vous êtes-vous décidé à monter cette page ? 

    Richard Lueil : « J’ai vu la page Facebook Mauléon Autrefois se lancer. J’ai vu celle de Bressuire aussi, avec ses 3 900 membres. Ça m’intéressait, mais je n’avais pas envie de m’impliquer parce que je ne connais pas assez ces communes. Moi, je suis un passionné d’histoire et de l’histoire de ma commune, Cerizay. Toujours est-il qu’il y a quelques mois, j’étais à un salon du livre. Et c’est l’administrateur de la page Mauléon Autrefois qui m’a suggéré de lancer celle de Cerizay. J’étais assez méfiant de Facebook, mais je me suis finalement laissé convaincre. »

    Et ça a immédiatement marché ? 

    « Au départ, j’avais invité douze amis. La première semaine, il ne s’est pas passé grand-chose. Et puis c’est monté très vite. Peut-être en partie l’effet confinement. Il ne s’agit pas de faire une course avec les autres communes du Nord Deux-Sèvres, mais je reconnais que 2 100 personnes, c’est considérable et je n’aurais pas soupçonné ce phénomène. »

    Qu’attendiez-vous de Cerizay Autrefois ? 

    « J’espérais juste glaner quelques informations, mais rien de plus. Je n’étais pas surpris de voir du monde sur la page Mauléon ou Bressuire Autrefois, mais en lançant Cerizay, les gens étaient contents, beaucoup m’ont remercié, c’était inattendu. »

    Que vous apporte cette page, finalement ? 

    « Souvent, les gens viennent sur les réseaux sociaux pour des choses futiles, pour donner leur avis sur tout et rien. Sur Cerizay Autrefois, les gens sont sincèrement intéressés. La majorité des contenus postés concernent les années 50 à nos jours et moi, j’apprends une foultitude de choses. Je connaissais le cadastre napoléonien, des choses anciennes. Je me croyais un peu seul mais j’ai découvert des gens qui en connaissent au moins autant, sinon plus que moi. Il y a des témoignages incroyables, très importants. Des histoires qui n’existent pas dans les livres ni dans des archives des journaux. Je suis vraiment étonné par la quantité de gens qui s’intéressent à leur patrimoine, à l’histoire locale. »

    C’est gratifiant pour vous… 

    « C’est gratifiant, mais je ne vais pas attraper la grosse tête avec ça ! 95 % des abonnés à la page ne connaissent pas mon nom, le but n’est pas de briller. Et je reste assez méfiant sur Facebook. D’ailleurs, dès que nous avons passé la barre des 1 000 abonnés, j’ai nommé des administrateurs et des modérateurs pour m’aider. Je ne suis pas tout seul à gérer ce compte. Bien sûr, je donne des éléments, mais j’apprends tellement. On apprend toute la vie les uns des autres, c’est ça qui est plaisant. »

    Savez-vous qui sont les abonnés de la page ? Combien sont spectateurs, combien sont contributeurs ? 

    « Je dirais qu’il y a une bonne quinzaine de contributeurs réguliers et une cinquantaine de membres très actifs. Des gens qui sont capables d’aller dénicher une photo, repérer des choses dans les publications des autres, qui ont une très, très bonne connaissance de l’histoire plus récente de Cerizay. Pour ce qui est des abonnés à la page, en général, c’est très hétéroclite. Il y a des jeunes et des moins jeunes, trentenaires comme septuagénaires, certains vivent toujours à Cerizay, d’autres pas. C’est vraiment super. Encore une fois, je suis très étonné. Sur ce coup-là, merci Facebook ! »

    Y a-t-il un effet « c’était mieux avant » ? 

    « Oui, clairement. Mais l’effet « c’était mieux avant » existe depuis toujours. On le disait déjà en 1780 ! Il y a une certaine nostalgie, c’est sûr. Peut-être que les gens se complaisent dans le cocon des souvenirs, des choses qu’on a connues et qui vont nous rassembler. Et tout se fait toujours avec beaucoup de bienveillance, de tendresse. »

    Comment imaginez-vous l’avenir de cette page, l’évolution de cette communauté ? 

    « Je vais essayer de faire sortir du bois les gens les plus pointus en proposant des questionnaires, des devinettes, des jeux… Quelqu’un a déjà un peu lancé le principe, en postant un morceau d’une photo. Le but étant de retrouver de quoi il s’agit, à quel endroit, etc. Ça marche bien, il y a tout de suite plusieurs dizaines de commentaires. Je pense qu’on peut apprendre beaucoup comme ça, tout en faisant en sorte que les gens s’amusent. Et pourquoi pas, bientôt, proposer des sorties dans Cerizay pour apprendre à se connaître physiquement. »

    À l’échelle du Bocage, il existe des pages Facebook Autrefois pour BressuireMauléonNueil-les-AubiersCerizay et Rorthais.

    Camille Ferronnière

     

     

     

     


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    Cerizay : La Gourre d’Or, entre légende et réalité...

     

    S’il est une bien un lieu qui a fait fantasmer des générations de Cerizéens c’est bien la Gourre d’Or, effrayant trou d’eau non loin de l’avenue de la Promenade. Une excavation en forme de cône renversé creusé par la main de l’homme avec sûrement grand’ peine.

    La légende raconte qu’à une époque reculée, peut-être au temps des Romains, une bergère laissa tomber son fuseau et en le ramassant, découvrit un petit morceau de métal jaune. Elle courut alerter son maître qui découvrit un filon de la taille d’une cuisse humaine. Des hommes venus de partout se relayèrent jour et nuit pour tenter d’extraire le précieux métal. Celui-ci montré à des chimistes, on découvrit que c’était de l’or faux. Des bagarres éclatèrent, les mineurs s’entretuèrent, puis une trombe d’eau jaillit des entrailles de la terre emportant tout sur son passage, condamnant les hommes à une mort atroce au fond des galeries. L’endroit fut réputé maudit, on dénomma plus tard la ferme voisine du nom de « L’Orfosse », nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Un paysan y disparut avec sa charrette et quatre boeufs. Personne ne les retrouva jamais. Des disparitions inquiétantes y eurent lieu, des hommes attirés par la soif de l’or, des jeunes filles parties pour d’obscurs rendez-vous secrets ne revinrent jamais et la réputation du lieu était faite dans tout le pays. Il était impossible de faire baisser le niveau de l’eau et l’endroit n’avait pas de fond. D’autres versions de cette légende existent mais la plus fiable est probablement celle qui raconte que Jean Moreau dit « Goutte d’Or » racheta sa seigneurie à Guillaume Chabot, seigneur de Puy-Guyon et fit creuser une mine d’or après la découverte d’un filon entre 1275 et 1285. Il aurait ainsi échangé son or contre leurs châteaux avec les seigneurs en partance pour les croisades. Petit bémol à cette histoire : il n’y avait plus de croisades en 1275. Saint-Louis mena l’avant-dernière en 1270 et Edouard d’Angleterre terminera l’ultime dans les deux années qui suivirent. Reste l’origine du creusement de la mine qui est très probablement du Moyen-Age, ce fait pouvant être appuyé par le terme « Gourre » employé à l’époque et provenant de l’occitan « Gour » et qui signifiait gouffre, mare ou autre cuvette d’eau géologique. Le site se présente comme une cuvette dont les parois, plus ou moins en terrasses, sont bordées d’arbres séculaires. Le sous-sol du site présente une étonnante couleur jaune, sans doute à l’origine de la recherche du précieux métal. La Gourre d’Or fut classée dans les « sites et monuments naturels à caractère artistique » par un arrêté du ministre de l’Instruction Publique et des Beaux Arts le 8 juin 1909. Le site était alors la propriété de Madame Marolleau. Il a donné son nom à une rue et un quartier de Cerizay dont les anciennes barres de HLM ont récemment été rasées et remplacées par des petits pavillons pour un meilleur confort de vie des habitants. Dernièrement, après la mise en vente du site, la ville de Cerizay a usé de son droit de préemption dans le but d’un rachat par la collectivité. La Gourre d’Or pourrait ainsi devenir un lieu de promenade ouvert au public. C’est donc une excellente nouvelle !

    RL

    Août/septembre 2020

    (article également transmis au Courrier de l’Ouest)

     

    La Gourre d’Or sur le cadastre napoléonien de 1809, avec son ruisseau alimentant également l’étang du château de la Roche (AD79, 3P51/4) :

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

    Ici en vue aérienne Géoportail :

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

    Photos sur place :

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité.... 

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

    Le ruisseau, aujourd'hui canalisé et menant à l'étang de la Roche :

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

       

       La Gourre d'Or en 1869, tableau du peintre Charles Leroux, ancien maire de Cerizay, conservé au musée d'art de Nantes : 

    La Gourre d'Or, entre légende et réalité....

        Attestation de classement de la Gourre d'Or, datée de 1907 : 

     

     

     


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