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    Sur les chemins de Galerne... 

    Un chouan assassiné à Genneteil en 1815 

     

     

     

     

    Dans son recueil des traditions et légendes du Baugeois, Baptiste-Camille Fraysse nous livre une drôle d’histoire qui se racontait le soir à la veillée, auprès du feu, dans les chaumières isolées…

     

      « Baptiste, dit Camille Fraysse est né à Gramat dans le Lot en 1866. Il suit son père employé dans les chemins de fer. Il fait de solides études au lycée de Vendôme et est reçu premier au concours d’entrée à l’Ecole des Arts et Métiers. Mais il ne devient pas ingénieur et ne réalisa pas le rêve de ses parents. Il s’engage dans les Zouaves et part en Algérie. A son retour il retrouve ses parents à Baugé et épouse Magdelaine Montprofit, de vieille famille bourgeoise. D’abord clerc d’avoué, puis secrétaire à la sous-préfecture de Baugé, il obtint un poste de percepteur.

    B.C Fraysse fut nommé percepteur d’abord dans le Noyantais, au poste de Chigné, puis à Jarzé jusqu’à la guerre de 1914-1918 ; il terminera sa carrière à Beaufort-en-Vallée où il prit sa retraite et devînt l’adjoint du maire de Beaufort. 

    Si son caractère pouvait paraître parfois rigide, on admirait en lui droiture, intégrité morale et désintéressement. 

    N’ayant jamais pris un jour de vacances au cours de sa carrière, B.C Fraysse profita de ses multiples contacts professionnels ou amicaux, pour s’informer, noter, comparer. Les fruits de ce travail méthodique et patient furent communiqués aux chercheurs des Arts et Traditions Populaires, puis assemblées dans un livre qui, publié en 1906, valut à son auteur les Palmes académiques. » 

     

    Auverse – En 1798-1830, des bandes de malfaiteurs, sous la conduite de l’un d’eux qui s’intitulait leur chef, parcouraient dit-on les campagnes, terrorisant la population, pillant et maltraitant les fermiers, dont il violaient le domicile la nuit. En certains endroits on appelait ces bandits des « Brûleurs de pieds », et dans d’autres des « Chouans ». Le chef de la bande, qui opérait dans la partie orientale du Baugeois, était natif d’Auverse et portait le nom de Bruno ou Bruneau. Il fut tué sur le territoire de la commune de Genneteil, auprès de la ferme de Malvoisine, par le maire de la localité, un nommé Violette. » 

    En souvenir de ce fait, les habitants d’Auverse portent depuis le nom de « Chouans ». 

     

    Un Chouan tué à Genneteil.... 

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Ce fait divers a dû laisser des traces dans les registres d’état civil de Genneteil, d’Auverse ou de Noyant… Il devient alors très intéressant de connaître la vérité, sur ce qui est devenu une légende, où les Royalistes sont présentés par les républicains sous un très mauvais jour. Nous verrons que les assassins ne sont pas ceux que l’on croit.

    Le général Henry-René Bernard de la Frégeolière nous dit que l’un de ses officiers, un capitaine, nommé Bruneau de Noyant (et non pas d’Auverse) a été assassiné pendant les Cent Jours à Genneteil. Nous obtenons ainsi le nom de l’assassin, qui a priori, ne fera l’objet d’aucune poursuite.

    Violette, qui n’était pas maire de Genneteil, seulement un tisserand du bourg, mais s’agit-il de Violette ?

     

    Voici ce que raconte le général Bernard de la Frégeolière dans ses Mémoires à la page 237 :

     

    « Des officiers de M. de la Noüe durent se cacher, un capitaine fut arrêté, un autre, nommé Bruneau, assassiné dans les circonstances suivantes : 

    Irrité de voir les chefs royalistes échapper à ses colonnes, le sous-préfet Lofficial* eut recours à la corruption pour assouvir sa rage et gagna deux jeunes gens : il les envoya offrir leurs services au capitaine Bruneau, qui les reçut sans défiance. Ces jeunes gens se montraient très zélés et remplis d’égards pour leur chef. Huit jour après leur arrivée, en passant dans la commune de Genneteil, l’un d’eux, voyant le moment favorable, dit à Bruneau : 

    « Mon capitaine, vous avez l’air fatigué, donnez-moi votre carabine, je vais la porter. » 

    Le capitaine le remercie et ne lui donne son arme qu’après les plus vives instances ; le scélérat fait une centaine de pas, toujours à côté de lui, s’arrête, et le tire dans le dos à bout portant ! Le malheureux capitaine tombe mort. Le camarade de l’assassin s’empare de ses pistolets, et, après avoir retourné le cadavre, les décharge sur sa poitrine ; tous deux le lardent de coups de baïonnette, le laissent sur place, et vont recevoir des mains du sous-préfet le salaire promis. Celui-ci ne se contenta point de leur déclaration et voulu voir le mort : il les renvoya donc, accompagnés de la garde nationale, chercher la victime. Ils la chargèrent dans une charrette, sur le dos, la tête pendante, toutes ses blessures à découvert, et c’est dans cette position qu’il fut conduit chez le sous-préfet. 

    Une fois rassasié de la vue du cadavre, M. Lofficial voulut que la ville de Baugé le contemplât à son tour. Ces cannibales le promenèrent dans les grandes et petites rues aux cris « de Vive l’Empereur ! Mort aux Chouans ! » et lorsqu’ils en furent ennuyés, ils le prirent par les quatre membres et le jetèrent dans le cimetière par-dessus le mur. 

    Je dois dire à la louange des habitants, qu’ils eurent horreur d’un tel spectacle, que loin de partager la joie de Lofficial et de ses adhérents, ils s’enfermaient dans leurs maisons, maudissant l’auteur d’une pareille cruauté. Je dois dire encore que les deux assassins étaient domestiques chez M. Quincé, prêtre constitutionnel, qui avait autour de lui quatre enfants, fruits de ses débauches, et que c’est de ce renégat que s’est servi le sous-préfet pour faire commettre ce crime épouvantable. » 

     

    * Juge à Baugé sous le premier Empire, ce fougueux Bonapartiste fut décoré par le Gouvernement de Juillet. (Journal de Maine-et-Loire, 28 janvier 1835). 

     

    Le capitaine Louis-Joseph-Antoine Bruneau est né en 1776 à Noyant (registre manquant). Il est le fils d’un notaire royal, Louis Bruneau et de dame Anne-Louise Claveau. Célibataire, âgé de 39 ans, il fut tué près de la métairie de Malvoisine à Genneteil, sur le chemin de La Flèche à Noyant, le 12 juin 1815 à 11 heures du matin.

    Le maire de la commune s’est bien gardé de relater les causes de la mort de cet officier royaliste, ayant certainement reçu des ordres du sous-préfet Lofficial…

     

      « acte de décès n°5 – décès de Louis Joseph Antoine Bruneau. »

    « Le treizième jour de juin mil huit cent quinze sur les huit heures du matin.

    Par devant nous Joseph Baudry, maire et officier de l’état civil de la commune de Geneteil au deuxième arrondissement de Maine et Loire soussigné - 

    Sont comparus les Sieurs Julien Le Bouc, propriétaire, adjoint au maire et Guillaume Pierre Cullerier, cultivateur, non parents du défunt demeurant commune de Geneteil, lesquels nous ont déclarés que le jour d’hier sur les onze heures du matin dans cette commune est décédé le Sieur Louis Joseph Antoine Bruneau, garçon, né à Noyant, âgé d’environ trente neuf ans, fils de défunt Louis Bruneau et de Dame……… Claveau sa femme ; le défunt était domicilié de la commune de Noyant, et ont les déclarants avec nous signé le présent acte, après que lecture leur en a été faite. 

    Signé : Le Bouc – Cullerier – Baudry. » 

     

    C’est quand même un peu bref pour un assassinat, non ?

     

    Maintenant attardons-nous sur le prêtre constitutionnel Quincé et ses deux domestiques devenus assassins...

    Dans le secteur de Baugé, en 1815, il n’existe qu’un seul prêtre constitutionnel, il s’agit d’Urbain Quincé, domicilié rue Saint-Jacques à La Flèche, s’agit-il du débauché dont nous parle Bernard de la Frégeolière ? Peut-être ? Mes recherches n’ont apporté aucune preuve de sa culpabilité.

     

    Urbain Quincé est né à Clefs près de Baugé, le 29 juin 1754, d’un père meunier, Urbain Quincé, et de Marguerite Chevreux. Voici ce que nous disent les archives Diocésaines sur ce prêtre renégat.

    « - Vicaire de Parçay sous Rillé du 19 mai 1781 au 18 octobre 1784. 

    - Vicaire de Gizeux du 9 mars 1785 au 26 mai 1786. 

    - Chapelain à Gizeux où il était titulaire des chapelles St Martin et St René. 

    - Vicaire à Seiches le 29 juin 1790. 

    - Sermenté le 30 janvier 1791 et eut des démêlés avec son curé, ce qui força ce 

      dernier P.R Lhéritier à prêter serment. 

    - Nommé curé constitutionnel de Tiercé, il signe son premier acte le 3 avril 

      1791. 

    - Le 25 octobre 1792, il fut élu officier public de Tiercé. Il exerça cette fonction 

      jusqu’au 6 Frimaire an III. 26 novembre 1794. 

    - Abdiqua ses fonctions de prêtre (Arch nationales F19 875). 

    - En juin 1795 à la Flèche où il n’exerce pas le culte. 

    - Le 4 Ventôse an V – 22 février 1797, il demeurait rue de la République à la Flèche, et il déclare un décès.

    - A la Flèche avec une pension de curé en 1817. 

    - Enquête : Sarthe 1802 – La Flèche - Quincé, instituteur volontaire, des talents, sage, de bonne meurs – on ignore s’il est dans l’intention de reprendre du service. » 

     

    « Sage et de bonnes mœurs », ce n’est pas l’écho que nous en avons de Bernard de la Frégéolière, qui nous parle d’un luxurieux, père de quatre enfants fruits de ses débauches.

    Urbain Quincé décède à La Flèche le 29 novembre 1836 (vue n°164/411) dans sa 83ème année, il est dit propriétaire. Son héritière fut sa « domestique », Marie Duffay, Defay ou Buffay (Table des successions et absences).

     

    Nous n’avons pu identifier ses deux domestiques de 1815, les recensements ayant été détruits conformément à la loi de l’époque.

     

    « Acte de décès n°148 -décès de Urbain Quincé âgé de 83 ans. » 

    « L’an 1836, le 9 novembre à une heure de l’après midi. Par devant nous Joseph Papigny, premier adjoint au maire, remplissant les fonctions d’officier de l’état civil de la commune de la Flèche, département de la Sarthe. Ont comparus les Sieurs François Aubinet, perruquier, âgé de cinquante deux ans et Victor Jus, rentier, âgé de soixante six ans, tous deux domiciliés à la Flèche. Lesquels nous ont déclaré que Urbain Quincé, propriétaire, domicilié en cette ville, né à Clefs (Maine et Loire) âgé de quatre vingt trois ans, fils de feus Urbain Quincé et de Marguerite Chevreux son épouse, est décédé ce jourd’hui à huit heures du matin en sa maison sise rue Saint Jacques. Et ont les comparants après lecture, signé le présent acte avec nous.  

    Signé : Papigny, Auvinet, Jus. » 

     

    Nous allions oublier Violette : Charles Vigor-Violette-de-Boisroger est né à Genneteil le 4 avril 1767, il se marie le 7 janvier 1794 avec Marie Baulin et exerce la profession de tisserand au bourg de Genneteil. Il n’a jamais été maire et décède dans cette même commune le 15 janvier 1843.  

    En 1815 il est donc marié, âgé de 48 ans, et père de famille, il n’est pas domestique chez le prêtre constitutionnel M. Quincé. Mis hors de cause par le témoignage du général Bernard de la Frégeolière, qui désigne les deux jeunes domestiques de Quincé.

    Les légendes ne livrent pas toujours le vrai nom des assassins.

     

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

     

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

    Un Chouan tué à Genneteil....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de Genneteil, Noyant, Auverse.

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Cadastre Napoléonien  de 1837 - 3P4/156/16 Genneteil D2 de Parnay et tableau d’assemblage 3P4/156/1 Genneteil. La métairie de Malvoisine. 

    . Archives Départementales de la Sarthe, tous droits réservés - Registres d’état civil de La Flèche - table des succession et absences vue 122/150. 

    . Archives Diocésaines – Diocèse d’Angers. 

    . C.Fraysse - LE FOLK-LORE du Baugeois -Recueil de Légendes, Traditions, Croyances et Superstitions Populaires. - Imprimerie Baugeoise R.Dangin – 14 bis rue Lofficial, Baugé (M-et L)- 1906. page 66. 

    . Mémoires du Général Bernard de la Frégeolière – Emigration Chouannerie – Librairie des Bibliophiles, Rue Saint Honoré PARIS – M DCCC LXXXI- pages 127, pages 237, 238, 239, pour les circonstances de l’assassinat.   

    . Photo de l’auteur: Eglise Saint-Martin-de-Tours de Genneteil XIIe siècle – la métairie de Malvoisine, les lieux de l’assassinat. 

                                         

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    René Allory de Saint-Martin-d’Arcé 

     

       

     

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....Le 13 juin 1825, Henry-René Bernard de la Frégeolière délivre un certificat de service à Réné Allory en ces termes :

     

    « 2ème Division – Armée Royale de la rive droite de la Loire.  

     

     

    Certificat de Service.  

     

    Nous Henry-René Bernard de la Frégéolière, ancien commandant en chef de la 2ème Division sous les ordres de Monsieur le Général d’Andigné, certifions que le nommé René Allory, cavalier, a servi le Roi avec distinction, qu’il a fait la campagne de 1815. Certifions en outre que dès la plus tendre jeunesse, il a constamment servi le parti royaliste, comme porteur de correspondance ou transport de munitions de guerre, et que dans toutes les circonstances il nous a donné des preuves de bravoure et de fidélité au Roi, en foi de quoi, pour preuve de notre satisfaction nous lui avons délivré le présent certificat que nous avons signé et scellé aux Armes de france. 

     

    A Baugé le 13 Juin 1825.  

     

    Signé : Bernard de la Frégeolière Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur.

    - Delanoüe, Chevalier de Saint-Louis, commandant la cavalerie de la 2ème Division, sous les ordres de Monsieur Bernard de la Fregeolière - 

    - Maugourd, capitaine. 

     

    René Allory est né le 1er mai 1785 à Montigné-lès-Rairies, il est le fils de René Allory, cultivateur et de Louise Tendron, fileuse. Il se marie le 25 septembre 1810 à Vaulandry avec Jeanne Pinot, née le 11 juillet 1786 à Thorée-les-Pins, fille de Pierre Pinot, cultivateur et de Jeanne Filaleau, décédée à Saint-Martin-d’Arcé le 30 août 1831. De cette union sont issus :

     

    1° Marie Allory, née le 10 octobre 1812 à Thorée.

    2° René Allory, né le 27 décembre 1815 à Thorée au village des Cartes.

     

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....

    En 1815, René Allory est Gendarme à Thorée-les-Pins.

     

    Devenue veuf en 1831, il épouse le 3 mai 1832 à Saint-Martin-d’Arcé, en secondes noces, Joséphine-Magdeleine Salé, domestique, âgée de 22 ans, née le 21 avril 1810 à Beauvau, fille de François Salé, cultivateur et de Marie Sauli. A cette époque, il n’est plus gendarme, mais cultivateur à la Chalopinière. De cette union sont issus :

     

    1° Auguste-Louis Allory, né le 29 juillet 1832 à Saint-Martin-d’Arcé, la

        Chalopinière. 

    2° Victor Allory, né le 22 mars 1834 à Saint-Martin-d’Arcé, la Chalopinière.

     

    Le maire de la commune de Saint-Martin-d’Arcé rédige un bulletin au sujet de la situation sociale de René Allory :

     

    « Je soussigné, maire de la commune de Saint Martin d’Arcé, arrondissement de Baugé, Maine et Loire certifie à qui il appartiendra, que René Allory,habitant de ma commune, ne jouit d’aucun traitement du Gouvernement, qu’il est père de trois enfants, dont l’aîné est âgé de douze ans, qu’il n’a aucun moyen d’existence, que son travail et est rangé dans la classe des indigens, en foi de quoi lui ai délivré le présent pour servir et valoir ce que de raison, donné à St Martin d’Arcé le six juin mil huit cent vingt cinq. 

     

    signé : Bachelier. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de la paroisse de Montigné-lès-Rairies et de Baugé/ Saint-Martin-d’Arcé, Vaulandry. 

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Dossiers Vendéens – class 1M9/25 - dossier Allory René. 

    . Archives Départementales de la Sarthe - Thorée-les-Pins, tous droits réservés-  

    . Photo de l’auteur : Pistolets de carrosse et de Maréchaussée de France vers 

     1780. 

     . Photos du Castel de Montigné-les-Rairies, tirées de Gîtes et locations, manoir du XVe – Anjou-Cultivons l’émotion.  

    https://www.locasun.fr/808114-Location-Maison-Montigne-les-Rairies.htm#/

                                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets


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    Nicolas-François de Lanoüe 

     

     

     

    Nicolas-François de LanoüeNicolas-François de Lanoüe est né le 2 juin 1758 au Vieil-Baugé en Anjou. Il est le fils de Charles-Nicolas Delanoüe, seigneur du Cornillé, ancien capitaine au régiment du Limousin-Infanterie, lieutenant du Roy à Baugé et de Dame Marie-Anne Léon, mariés le 15 janvier 1748 dans la collégiale Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans, dans le Haut-Maine.

    Officier dans Commissaire Général Cavalerie, il épouse le 20 janvier 1789 à Saint-Maurille d’Angers, Marie-Jeanne Bonneau des Varennes, fille de Mr René-Marie Bonneau des Varennes, Lieutenant des Gardes du Gouvernement d’Anjou, Seigneur de la terre des Buhards et autres lieux et de Dame Marie-Jacquine Joubert des Veaux, née le 21 août 1763 au Lion-d’Angers et décédée le 26 novembre 1808 au château des Buhards à la Jumellière.

     

    De cette union est issue une seule fille :

    1° Marie-Aimée de Lanoüe, née le 6 novembre 1789 au Vieil-Baugé , mariée le 3 décembre 1810 au Vieil-Baugé avec Albert-Joseph Legouz du Plessis.

     

    En 1791 il émigre aux Pays-Bas autrichien et Hollande en 1793-1794 avec ses compatriotes, Sapinaud de Boishuguet, Bucher de Chauvigné, Dumesnil-Dupineau, de la Frégéolière et de Sainte-Marie, embarqué à Anvers aux Pays-Bas Autrichiens et débarqué à Berg-op-Zoom, puis Rottterdam et la Haye. Il est vivandier pendant la campagne de Hollande au service de l’ armée anglaise.

    Il est de retour en France avant le 16 thermidor de l’an XII, puisqu’il est présent au mariage de Pierre-François Péron, officier de marine, au Vieil-Baugé, à cette date.

    En 1815, il est dit colonel chouan.

    En 1816-1817, il est répertorié dans la liste des 713 officiers postulants pour la retraite.

    « N° d’enregistrement 1427 et n° d’ordre 45 De Lanoue Nicolas-François – lieu de domicile – Baugé - » 

    « Seize ans de service avant la Révolution, et douze ans six mois de service, y compris trois campagnes dans les Armées Royales de l’Intérieur. Total : vingt huit ans six mois de service y compris trois campagnes. » 

    « né le 2 juin 1758 au Vieil Baugé. » 

    « Demande le grade auquel il a droit. » 

    « Proposé pour le brevet de lieutenant-colonel et pour la retraite de ce grade. » 

    « Delanoüe Nicolas-François, chef de bataillon, officier en 1778 dans Commissaire Cavalerie, a servi en émigration et dans le Maine jusqu’à la fin. 

     Gentilhomme. » 

     

    A été fait chevalier de Saint-Louis le 31 janvier 1816 et anobli par lettres patentes du 26 janvier 1828 : « D’azur au Lion d’Or accompagné de dix étoiles d’argent rangées en orle. »

    Nicolas-François de Lanoüe

    Nicolas-François de Lanoüe a été maire du Vieil-Baugé de 1814 à 1830, il signe son dernier acte d’état civil le 4 août 1830.

    Le 26 juillet 1838 il est témoin au mariage de Victor Legris à Corzé et est qualifié de « Colonel en retraite, âgé de 79 ans et Chevalier de Saint-Louis. »

    Nous perdons sa trace à partir de 1838 et n’avons pas découvert son lieu de décès.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux de la paroisse Saint-Maurille d’Angers, du Vieil-Baugé. Vue n°112/348 année 1758, 1789, 1810 le Vieil-Baugé. Etat civil de Corzé 1838. La Jumellière 1808. 

    . Archives Départementales de la Sarthe, tous droits réservés - registres paroissiaux, le Mans 1732-1775 vue 202/708, année 1748. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. Class SHD XU65 –  13 avril 1816 – 1 février 1817 - demande de retraite de 713 anciens officiers des armées de l’Ouest. - vue 50/155. SHDXU 29-25 - Etat nominatif de 108 officiers des Armées Royales de l’Ouest proposés pour la croix de Saint-Louis, classés par corps d’Armée : Armée de Bourmont et de Malartie -Le Maine – vue n°1/1. Sans date. 

    . Photo de l’auteur : Croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. 

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

                                                           


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    René Leseigneur de Bocé. 

     

     

     

    René Leseigneur, de Bocé....René Leseigneur cultivateur à Bocé, près de Baugé, sert sous les ordres de Bernard de la Frégéolière, il est présent à la bataille de Foulletourte en 1800 et nous dit « qu’il a fait toutes les guerres de la Vendée, mais que ses chefs étant morts, il n’en connaît plus pour certifier ses services et a été blessé. »

    René Leseigneur est né le 4 mai 1775 à Brion, il est le fils de René Leseigneur bêcheur et de Marie Le Roi. Il épouse Françoise Trudelle, fille de Jean Trudelle et de Louise Marchand d’Echemiré. De cette union sont issus au moins deux fils :

     

    1° René Leseigneur, sabotier au bourg de Bocé.

    2° Jean Leseigneur, né le 9 avril 1809 à Echemiré.

     

    Ce brave chouan décède le 15 novembre 1857 à la Boivinière, près de la forêt de Chandelais, véritable coupe gorge pour tout patriote isolé... son épouse étant décédée le 10 octobre 1845 à la Brosse à Echemiré.

    René Leseigneur, de Bocé....

    Le 8 juin 1825, un certificat de service lui est délivré par Henry-René Bernard de la Frégéolière :

     

    « 13ème Légion – Armée Royale de la rive droite de la Loire - certificat de service. 

     Nous Henry, René Bernard de la Frégéolière, ancien commandant en chef, 13ème Légion sous les ordres de Monsieur le comte de Bourmont. 

    Certifions que le nommé Seigneur, domicilié de la commune de Bocé, département de Maine et Loire a servi le Roi avec distinction, que sous nos ordres il a fait la campagne de 1799 et a assisté à la bataille de Foulletourte en 1800, certifions en outre que ce brave militaire déclare avoir fait toutes les guerres de la Vendée, mais que ses chefs étant morts, il n’en connaît plus pour certifier ses services et déclare en outre y avoir été blessé et en fait preuve par l’attestation de deux officiers de santé. En foi de quoi pour preuve de notre satisfaction nous lui avons délivré le présent certificat que nous avons signé et scellé aux armes de France. 

    A Baugé le 8 juin 1825. 

    signé : Bernard de la Frégéolière, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur.» 

     

    Les blessures :

     

    « Nous soussigné Alexandre Guérin du Grand Launai, docteur en médecine et Jean-Louis Cochon, officier de santé soussignés et demeurant tous les deux ville de Baugé, département de Maine et Loire certifions avoir visité le sieur René Leseigneur âgé de cinquante et un ans, lequel porte à la nuque une tumeur stéatomateuse du volume d’un œuf qu’il nous a dit être le fruit d’un coup de crosse de fusil reçu sur cette partie en combattant dans les armées royales de la Vendée et qu’un flexion accompagnée d’ankylose que nous avons remarqué au doigt indicateur de la main droite était aussi la suite d’une blessure reçue dans le même temps sur le doigt.

    Baugé, le 6 juin 1825. 

    Signatures des deux praticiens. » 

     

    Un mot sur l’église de Bocé : L’église Saint Martin de Vertou a été construite dans les dernières année du XIe. On remarque quatre retables de la fin du XVIIe : Annonciation, Saint François, le Couronnement de la Vierge et la Vierge et Saint Jean. Nous remarquons aussi une Sainte Anne et l’Enfant et diverses statues anciennes.

    Dans le bourg, le Prieuré, est un corps de logis couvert d’un toit d’ardoises avec une tourelle d’escalier hexagonale présentant des baies surmontées d’arc en accolade et des crochets sculptés (XVIe).

     

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

     

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

    René Leseigneur, de Bocé....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de Bocé, vue 178/221 décès et d’Echemiré, décès, vue 168/206. 

    . Dossiers Vendéens, archives Départementales du Maine et Loire, tous droits réservés. Dossier René Leseigneur 1M9/243. 

    . Dictionnaire historique ; géographique et biographique de Maine-et-Loire – Célestin Port – page 388. 

    . Carte de Cassini lexilogos 1744 – Bocé. 

    . Photo de l’auteur. Petit reportage photos à Bocé. 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Sur les chemins de Galerne... 

    Nicolas Reine de Lasse 

     

     

     

    Nicolas Reine, de Lasse....Les Chouans du Baugeois sont commandés par trois officiers supérieurs se partageant le territoire au niveau du recrutement : Sachant que Bernard de la  Frégeolière et de la Noüe chouannent de concert.

    La poursuite du général Royrand, mort de ses blessures à Baugé pendant la Virée de Galerne, et mes sorties détection de cet été m’ont fait découvrir un secteur de l’Anjou assez sauvage. Un pays couvert, coupé de haies et de forêts denses se prêtant aux coups de mains, de jolis villages, des églises romanes, des manoirs et très peu étudié au sujet de la chouannerie. Je n’ai pas trouvé grand-chose sur le sujet si ce n’est les Mémoires de Bernard de la Frégeolière. Il me semble utile, par devoir de mémoire, de faire ressurgir ces chouans hirsutes oubliés par l’histoire.

    Je vais certainement ennuyer les inconditionnels de la Vendée, mais  n’oublions pas que certains Vendéens de Galerne ont été sauvés par ces rudes hommes de guerre qui, pour certains, ont chouanné de 1793 à 1815.

     

    Henri-René Bernard de la Frégeolière, né à la Sionnière à Montigné-les-Rairies, émigré, rescapé de Quiberon, en 1799-1800 il est colonel de la 13ème Légion du Comte de Bourmont. Il sera fait Maréchal de Camp sous la Restauration, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et Chevalier de la Légion d’Honneur.

     

    François-Nicolas de la Noüe, né le 2 juin 1758 au Vieil-Baugé, fils d’un ancien capitaine au Régiment de Limousin, lieutenant du Roi de la ville de Baugé. Il est sous-lieutenant au Régiment Commissaire Général Cavalerie, écuyer, seigneur du Cornillé en Vieil-Baugé. Capitaine de cavalerie, il émigre en 1791. En 1815 il est colonel de la 2ème Légion, sous les Ordres de Bernard de la Frégeolière. Il est maire du Vieil-Baugé en 1814, 1815 jusqu’en 1830 et Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Ce personnage fera prochainement l’objet d’un billet.

     

    Jean Châtelain dit le Général Tranquille, est originaire de Cholet où il est né le 30 septembre 1765 et décède à Echemiré près de Baugé, le 11 juin 1848.

      Lors du soulèvement de 1793, il est tisserand à Cholet et traverse la Loire en octobre, s’échappe du Mans et prend le commandement des chouans de la région de la Flèche dans la Sarthe. Il recrute dans les communes du Baugeois, à Fougeré, Clefs, Vaulandry, Il sert sous les ordres de Scépeaux, puis de Bourmont. Il mène des attaques surprises contre les gendarmes et les diligences. Sous la Restauration il est anobli, fait Maréchal de Camp et reçoit la croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

     

    Nicolas Reine ou Raine est né le 24 février 1770 à Lasse. Il est le fils de Nicolas Reine, laboureur-closier et de Madeleine Guion ou Dion. Il est dit cultivateur-jardinier et est domicilié, tantôt à Lasse, tantôt à Pontigné.

    Nicolas Reine, de Lasse....

    Il épouse à Lasse, le 11 juillet 1803, Marie Dessas, née à Lublé le 15 avril 1775, fille de Jean Dessas et de Françoise Ribacain. De cette union sont issus de nombreux enfants, nés à Pontigné et Lasse. A son décès, le 31 octobre 1825, il est l’adjoint du Maire de Lasse.

    Nicolas Reine est sous-lieutenant de la compagnie Saint-Louis, sous les ordres de Bernard de la Frégeolière. Il reçoit deux blessures graves au combat de Foulletourte en 1800 et est évacué sur le cheval appartenant au chef commandant la Division et déposé en lieu sûr.

    Un certificat de service lui est délivré par Bernard de la Frégeolière le 30 septembre 1815 :

     

    « Nous Henri-René Bernard de la Frégeolière, commandant en chef la deuxième division militaire de l’Armée Royale de la rive droite de la Loire, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur, certifions, que le sieur Nicolas Reine sous-lieutenant de la compagnie Saint-Louis a servi le Roi avec distinction, qu’il est porteur de deux blessures reçues à l’affaire de Foulletourte constatées par l’officier de santé et que toujours il s’est comporté de manière à mériter notre estime et l’amitié de ses camarades...  

    Signé Bernard de la Frégéolière. » 

     

    Nicolas Reine, de Lasse....

     

    Les blessures :

     

    « Il porte à la partie antérieure de l’épaule gauche une large cicatrice, qu’une autre cicatrice se fait remarquer à la partie moyenne et interne du bras du même côté, lesquelles paraissent être le résultat d’un coup de feu, et qu’il paraîtrait que la balle qui les a occasionnées, a traversé une partie des muscles de l’épaule tel que le deltoïde et ceux du bras, comme le brachial, le biceps et les ravages qu’elle a dû y occasionner par l’abondante suppuration qui a dû en être la suite ont nécessairement diminué de beaucoup la force de ce membre et empêche cet homme de se livrer avec toute son activité aux travaux de la campagne. C’est pourquoi, j’ai délivré le présent. A Baugé le 5 janvier 1824.  

    Signé Cochon – officier de santé. » 

     

    Pour clôturer, quelques photos de l’église Saint Pierre  de Lasse, au nord de la nef, devant l’autel de la Vierge, une belle pierre tombale d’Isabeau de la Plesse, dame du Bouchet † en 1327, représentée avec un chevalier, son mari dont l’épitaphe est peu lisible. Cette paroisse  rendait un culte à Saint Méen et à Saint Férréol, qui avaient autel et reliquaire dans l’église.

     

    Nicolas Reine, de Lasse....

    Nicolas Reine, de Lasse....

    Nicolas Reine, de Lasse....

     

    Nicolas Reine, de Lasse....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés – Dossiers Vendéen – Nicolas Reine 1M9/308. Copie du certificat de service : vue n°5/11. 

    . Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés -Registres paroissiaux et d’état civil de Lasse et Pontigné. Mariage Lasse : Vue 275/302. 

    Décès Pontigné : vue 376/379. 

    . Célestin Port – Dictionnaire Historique, géographique et biographique de Maine et Loire Tome II pages 338,339. 

    . Carte de Cassini 1744 – Lasse. 

    . Photos de l’auteur :  Lasse- Eglise de Lasse. 

                                     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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