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    Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, 

    demande la Légion-d'Honneur...

     

     

                

    « La Légion d'Honneur? A partir d'un certain âge, il faut disposer d'un sacré piston pour ne pas l'avoir. »  Frédéric Dard (1921-2000) 

     

     

    Monsieur Deligron....Est-ce sous l'effet de la canicule ou par maladresse, que ce 20 août 1825, Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, près de Saumur, entreprend une telle démarche auprès du Préfet de Maine-et-Loire ?

    Il demande tout simplement que pour les services qu'il a rendus dans la première guerre de Vendée, en tant que capitaine, il envisagerait comme récompense la Légion d'Honneur. Il profite même de l'occasion pour prier Monsieur le Préfet d'aller rendre visite à ses enfants au collège pour leur dire de vive voix s'il a l'espoir de recevoir cette décoration qu'il estime avoir méritée...  ''Il faut en avoir'' pour donner des ordres à Monsieur Le Préfet !

     

    A priori, Monsieur Deligron n'a pas reçu cette récompense tant convoitée... et pour cause...

    En effet, je n'ai pas trouvé son dossier dans la base LEONORE aux archives de la Légion d'Honneur.

    Voici la demande dans son intégralité :

     

    « Monsieur le Préfet,

     

    Il y a environ trois mois j'ai eu l'honneur de vous présenter une pétition consernant les services que j'ai fait pour le Roi en qualité de capitaine dans la première guerre de Vendée. 

    La demande que j'ai fait à sa M. pour récompenser mes services des pertes et malheurs que j'ai éprouvé serait la décoration de la Légion d'Honneur ; je profite de l'occasion de mes deux enfants qui se trouvent au collège pour vous prier, Monsieur le Préfet de leurs dire de vive voix si j'ai un peu d'espoir à cette récompense que j'ai mérité d'après les titres que j'ai joins à la pétition. 

    Agréez le respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur. 

    Le percepteur de Vivy – A Vivy le 20 août 1825. signé : Deligron. » 

     

    Monsieur Deligron....

     

    J'ignore la réaction de Monsieur le Préfet à la lecture de cette demande... il a certainement dû s'étrangler... Pourquoi la Légion d'Honneur ? Pourquoi pas l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis ? Il a dû penser, comme Jules Renard (1864-1910) :

     

    « Qu'en France, le deuil de ses convictions se portait en rouge et à la boutonnière ».

     

    Après un sondage dans les registres d'état civil de Vivy, je n'ai pas découvert de Monsieur Deligron. Opérant un ''carottage'' dans ceux de la ville de Saumur, j'ai trouvé l'acte de naissance de Henri Ogeron-Deligron, né le 27 messidor de l'an 13 à Saumur, fils de Henri-Joseph Ogeron Deligron de la commune de VIVI. (Vivy), et de Adélaïde Cordier. (vue n°44/130). En mention marginale de cet acte :

     

    « Par jugement rendu par le tribunal civil de Saumur le 23 août mil huit cent soixante ; l'acte de naissance ci-contre a été certifié en ce sens que le nom de Ligron doit être écrit en deux mots avec la particule de séparée du nom Ligron. À Saumur le 23 août 1860. » 

     

    Henry-Joseph Ogeron de Ligron est né le 7 avril 1771 en la paroisse de Saint Médard de Thouars (vue n°34/131). Il est le fils de Henry-Michel-Christophe Ogeron, bourgeois, dit aussi Seigneur de Ligron, et de Dame Suzanne Lamoureux, fille d'un receveur des Tailles.

    Il se marie à Saumur le 24 Floréal de l'an 12 (14 mai 1804), propriétaire à Sainte Radegonde canton de Ligron ; il épouse Adélaïde Cordier, née à Saumur le 1er novembre1771 en la paroisse Saint Pierre, fille de François Cordier et de Anne Gasnier (mariage : vue n°65/180).

     

    De cette union sont issus :

     

    1° Henri Ogeron de Ligron, né le 16 juillet 1805 à Saumur, qui sera magistrat à Conlie, dans la Sarthe, et qui obtiendra la Légion d'Honneur. Il épousera à Poitiers Marie-Victorine-Caroline Girard de Pindray. (vue n°15/132 - mariages Poitiers- année 1845).

    2° Joseph Ogeron de Ligron, né le 17 août 1807 à Saumur. (Chanoine).

    3° Adélaïde Ogeron de Ligron, née le 5 juillet 1810 à Saumur (vue n°83/106),décédée à Loudun le 23 novembre 1871 (vue n°78/116 – décès Loudun), qui épousera René Frédéric de Béchillon, Receveur entreposeur des contributions indirectes à Loudun, domicilié porte de Mirebeau.

     

    En ce qui concerne les faits d'armes de Henry-Joseph Ogeron de Ligron en Vendée, nous savons qu'il a servi dans l'Armée Vendéenne de l'Ouest dans la Division de Cerizay. Qu'il a été sous les armes de 1793 jusqu'en 1795, seulement trois ans, et enregistré sous les prénoms de Henry-Jacques au lieu de Henry-Joseph (Archives Départementales de la Vendée -SHD XU 16-23 – tableau de 742 officiers – vue n°36/137).

       

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Deligron - dossier 1M9/139. Copie de la demande. Archives de la ville de Saumur. 

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. 

    Archives départementales des Deux-Sèvres tous droits réservés. Communes de Thouars et Saint Radegonde. 

    Archives départementales de la Vienne, tous droits réservés – villes de Poitiers et Loudun. 

    Photo : Légion d'Honneur de la Restauration extraite de : "Noblesse et Royautés du 15 octobre 2015.

     

                                                          

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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     Monsieur de Beaufort demande une pension...

     

                

    Monsieur de Beaufort demande une pension....Dans certaines circonstances, il m'arrive de citer Montesquieu, (Mes pensées) :

     

    « Quand il s'agit d'obtenir les honneurs, on rame avec le mérite personnel et on vogue à pleine voiles avec la naissance. » 

     

    En effet, certaines demandes de pensions sont assez surprenantes, elles proviennent d'émigrés arrivés en Vendée ''à la fumée des cierges'', ayant servi ''in-extremis'' en 1815 et obtenu immédiatement une pension de 600 francs... et dès 1819 redemandant un autre secours...

    Ces demandes n'ont-elles été déposées, que pour pallier à des revers de fortunes ? On peut se poser la question.

    En général, ces émigrés demandeurs ne sont pas des personnages aux corps criblés de blessures, devenus infirmes par les privations et les durs combats menés dans les chemins creux du bocage vendéen... Non, ils sont tout simplement désargentés. Le capitaine de paroisse est aussi sans le sou,  il vit dans sa métairie en ruine avec le souvenir de sa famille massacrée ; comme le soldat, il ne touchera rien ou pas grand chose, seulement un bout de papier lui rappelant ses hauts faits d'armes !

     

    « Nos cicatrices ont le mérite de nous rappeler que le passé n'a pas été un rêve.» 

     

    L'adage : ''A chacun selon son mérite'' n'est pas toujours vrai, la fuite et l'exil sont parfois mieux récompensés que le combat...

     

    Voici la demande de pension :

     

    « Ministère de la maison du Roi, 

    Paris, le 23 juillet 1819. 

     

    Le conseiller d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de secours ou pensions sur la liste civile.    

    A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire. 

    Monsieur le Préfet, 

    Mr le Chevalier de Beaufort, capitaine de la légion de la Dordogne (1) en garnison à Angers demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose qu'il a émigré et n'est rentré en France qu'en 1815, époque à laquelle il a servi dans la Vendée  : qu'il avait obtenu une pension de 600 francs (2) sur la liste civile mais qu'il l'a perdue lorsqu'il a été placé dans la légion de la Dordogne, que ses pères et mères fixés à Périgueux ont également émigrés, qu'ils ont perdu toute leur fortune, qu'il ne peut rien espérer d'eux : qu'il reste marié et que sa femme, qu'on croit être Anglaise est également sans fortune. Il ne dit point s'il a des enfants. 

    Mr de Beaufort ne donnant aucun détail qui puissent m'éclairer sur sa fratrie et la fortune de sa femme et si elle est étrangère, il n'y aurait qu'une attestation vérifiée et visée par Mr l'ambassadeur de France qui put fixer le Ministre du Roi. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée. 

    Monsieur le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    signé Rochefort. »

     

    (1) Unité d'Infanterie équivalente à un régiment sous la Restauration (22ème légion) 13 régiment d'infanterie de ligne en 1820. 

    (2) Il ne précise pas qu'il a servi dans l'Armée des émigrés, ce qui pourrait expliquer la pension de 600 francs, mais simplement en 1815 en Vendée. 

     

    Le 30 août 1819, réponse du Préfet :

     

    « Angers, le 30 août 1819, à Monsieur le secrétaire d'Etat chargé des demandes de pensions sur la liste civile. 

     

    Monsieur le Comte, 

     

    Par votre lettre du 23 juillet dernier, vous me demandez des renseignements sur Monsieur le Chevalier de Beaufort, lequel demande une pension sur la liste civile : 

    Cet officier n'est pas en ce moment à Angers mais bien à Périgueux où il a dit rester comme commandant d'une des compagnies du dépôt de la légion de la Dordogne, mais j'ai quelque connaissance de sa position : 

    Ce qu'il avance de l'émigration et du peu de faculté de ses père et mère est vrai, lui-même en est réduit à ses seuls appointements et a du même contracter des dettes pour son premier équipement. Sa femme est effectivement Anglaise ; et sans nulle fortune. Le dénuement était tel qu'en 1816 lorsque la légion de la Dordogne fait tenir garnison à Angers, que cette femme qui est très délicate entreprit le voyage à pied et le continua ainsi malgré des pluies qui survinrent, jusqu'à ce que le colonel de ce corps la voyant dans un état de détresse absolu la fit monter pour quelques journées dans sa voiture. 

    Depuis elle a vécu ici dans une retraite absolue jusqu'au moment de son départ en 1817 ou 1818 pour Périgueux. 

    Je puis donc vous assurer que Mr le Chevalier de Beaufort a réellement besoin des bienfaits de sa Majesté.   

      Avec ma respectueuse considération …. signé illisible. » 

     

    De Jay de Beaufort Claude-Henry-Raymond est né le 20 février 1778 à Périgueux, il est le fils d'un maréchal de Camp : Jacques de Jay de Beaufort et de Béatrix de Paty. Il émigre avec ses parents, son père est décédé à Périgueux le 7 novembre 1824.

    En 1802 on le rencontre à Londres en Angleterre où il se marie le 20 septembre à Saint Pancras avec une Anglaise, Elisabeth-Guillelmine-Rosalie Greigh Archdeacon. De cette union sont issus :

     

    1° de Jai de Beaufort Henry-Michel, né à Londres le 16 mai 1809.

     « Baptême : de l'ancienne chapelle française de London Street, déposés à la chapelle royale de France King Street Portman Square Londres, fils de Messire Claude Henry Raymond de Jai de Beaufort, natif de la paroisse de Saint Front ville et diocèse de Périgueux et de Dame Elizabeth Guillelmine Rosalie Greigh Archeacon, native de la paroisse de Saint Folien ville d'Aix la Chapelle diocèse de Liège. Marraine : Rosalie Malvinghen, grand mère maternelle de l'enfant... » 

     

    2° de Jai de Beaufort Elisabeth née en 1814.

     

    Claude-Henry-Raymond de Jai de Beaufort est décédé à Dax le 12 octobre 1845 (vue n°141/145 décès Dax année 1845).

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Beaufort de - dossier 1M9/41.  

    Base LEONORE – Dossier Légion d'Honneur – cote LH/154/67. Henry-Michel de Jai de Beaufort, né le 16 mai 1809 à Londres. 

    Généanet : famille de Jai de Beaufort. 

    Photo: crédit photo MPF. 

     

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre-Etienne Lethon, de la Poitevinière, 

    lardé de 12 coups de baïonnettes au combat de Piedeau, 

    le vendredi 26 Pluviôse de l'an II... Ordre du Lys...

     

                

       
         Pierre-Etienne Lethon....Quand flambait le bocage... quand flambait le bocage !... Février 1794, la Grande Armée Catholique et Royale n'existe plus, exterminée à Savenay. Il ne reste plus que quelques milliers d'hommes éparpillés sur tout le territoire de la Vendée Militaire qui étrillent les Colonnes Infernales.

    Ce sont de petites armées d'irréductibles, des hommes de fer, n'ayant plus rien à perdre et qui résisteront jusqu'à la mort héroïque de leurs derniers généraux.

     

    Le mardi 11 février 1794 (23 Pluviôse de l'an 2), l'armée Bleue de Cordellier est à Vihiers avec 800 hommes...

     

    « Mais n'y rencontrant aucun ennemi, il partit le lendemain pour Chemillé. N'y trouvant point Stofflet, il y mit le feu et se dirigea ensuite sur Jallais. Stofflet, dans le moment, revenait de Montrevault vers le Fief-Sauvin pour livrer bataille aux Républicains sur les coteaux de l'Evre. Les avant-postes des deux petites armées se rencontrèrent, le 14, et commencèrent le feu près du château de Piedeau (Pieddouault), vers neuf heures du matin.

    Le 74ème de ligne, composé en grande partie de Mayençais, refoule les Royalistes jusqu'au parc de Beaupréau et pénètre dans la ville, quand Stofflet avec son aile droite qui n'a pas donné, arrive par la Chapelle-du-Genêt, et attaque en flanc les soldats de Cordellier. Une vive fusillade s'engage des deux côté ; elle se prolonge pendant plusieurs heures, et laisse la victoire indécise. Enfin, les Mayençais par une mesure qui fait honneur à Cordellier se cachent derrière les haies et s'éparpillent en tirailleurs. Cette manœuvre trompe les Vendéens qui croyant nombreuse l'armée des Bleus ne donnent que faiblement et se retirent bientôt sur les bords de l'Evre. Plusieurs paysans s'y noient en voulant la franchir ; les autres sont poursuivis avec acharnement jusqu'à la Chaussaire où quelques uns encore perdent la vie dans les eaux de la Sanguèse. »

     

    (Abbé Deniau – Tome IV p264 – Histoire de la Guerre de la Vendée.) 

     

    C'est dans cette affaire que Pierre-Etienne Lethon est laissé pour mort sur le champ de bataille près du château de Piedeau, avec un coup de sabre à la tête, lui occasionnant une large blessure à l'os frontal, un autre coup de sabre au poignet gauche et le corps lardé de ''10 à 12 coups de baïonnettes dans les reins et les cuisses''. Heureusement pour lui, le moulin de Deureux* qu'il exploite, se trouve à proximité du château...

     

    *Le moulin Deureux se situe sur le ruisseau du Rez Profond, proche du pont Piedeau, séparant les communes de Jallais et de la Poitevinière. 

     

      Pierre-Etienne est un soldat intrépide, se portant toujours en avant, en entraînant ses camarades au combat. Il passe la Loire en Octobre 1793 et fait partie des rares survivants d'Outre-Loire. Ayant une grande expérience du combat, le Roi le décore de l'Ordre du Lys et lui fait présent d'une lettre d'honneur le 17 mars 1821. 

     

    Depuis un certain temps, les Colonnes de Turreau prennent ''plumées sur plumées'' et c'est avec un grand soulagement, que ce criminel de guerre se réjouit de cette petite victoire en écrivant au Représentant du Peuple Francastel...

    Voici l'extrait d'une lettre de Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest : au Citoyen Francastel représentant du Peuple (Les Affiches d'Angers – Février 1794 n°26 du décadi – 30 Pluviôse de l'an 2 – vue n°18/30).

     

    Citoyen Représentant,

     

    « Les ordres que j'ai donnés aux divers chefs de Colonnes : chargés de poursuivre sans relâche le reste des brigands, s'exécutent chaque jour avec plus d'activité : près de quinze cents de ces scélérats viennent de tomber sous les coups de la brave division commandée par le général Cordelier il les a fait repentir d'avoir attaqué Beaupréau où il étoit alors, comme il l'a fait d'être, entrés dans Cholet. 

    A peine les avant-postes du général Cordelier furent-ils attaqués, que bientôt tous les soldats de sa division se répandant en tirailleurs dans la campagne voisine, mirent ces brigands dans la plus complète déroute ; ils jettoient leur armes afin de mieux battre en retraite ; tu dois concevoir combien on en a tué pendant une fusillade qui a duré sans discontinuer depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures après midi ; les brigands étoient tellement serrés que plus de cent cinquante ont tombé dans la rivière l'Evre, et une grande quantité dans celle de la Sanguaise . 

    Cordelier ne s'est point borné à cette victoire, le tiers de la division qui s'étoit porté du côté de la Poitevinière, a tué plus de sept cents rebelles. 

    Le 26 du mois, ces coquins ont voulu encore se mesurer avec lui, mais il es a si bien frottés que le corps qu'il avoit à combattre, se trouve réduit à près de 500 hommes mal armés. 

    On ne saurait donner trop d'éloges à l'intrépidité des soldats du soixante quatorzième régiment ; il mérite le titre de Républicain, c'est tout dire. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon-Leton est né et a été baptisé le 16 juin 1772 à la Poitevinière, il est le fils de Pierre Lethon, meunier au moulin Deureux et de Marie Viau.

    Il épouse Renée Rousse, née le 5 décembre 1775 à St Quentin, et décédée le 20 janvier 1824, de cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1°Marie Lethon, née le 9 vendémiaire an 9. 1er octobre 1800. la Poitevinière.

    2°Pierre-Etienne Lethon, né le 14 vendémiaire an 10 – idem.

    3°Jean Lethon, né le 2 Messidor an 12, idem.

    4°Renée Perrine Lethon, née le 1er août 1806, idem.

    5°Pierre Lethon, né le 8 juillet 1808, idem.

    6°Augustin Lethon, né le 8 juillet 1818, idem.

    7°Joseph Lethon, né le 14 janvier 1811, idem

     

    Devenu veuf, il épouse le 8 février 1825 à Jallais Jeanne Godineau, née le 7 juin 1787 à Jallais ; d'où :

    8°Jeanne Lethon, née le 12 mai 1826 à la Poitevinière.

     

    Le 25 mars 1824, à la Poitevinière, il dépose une demande de secours.

     

    « Lethon Pierre-Etienne, indigent, soldat de l' Armée Vendéenne demeurant à la Poitevinière, 

    A son Excellence le Ministre de la Guerre. 

    Monseigneur, 

    J'ai l'honneur de vous exposer que j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône aussitôt que la guerre à commencé en 1793. 

    J'ai constamment servi avec bravoure et honneur. J'ai été cruellement blessé : à une des affaires, qui ont eut lieu à Piedeau en la commune de Jallais en 1794. 

    J'éprouve par mes blessures de grandes douleurs, mes forces sont tellement épuisées, je ne puis plus rien faire qu'avec beaucoup de peine. Je suis dans l'indigence et père de cinq enfants. 

    J'ai le plus grand besoin des secours accordés par l'Ordonnance du Roi, du trois décembre 1823, auxquels j'ai les droits les mieux fondés en raison de mes blessures dans les armées royales de mes blessures et de ma misère. 

    J'ose vous prier Monseigneur de vouloir bien proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.   

    Je suis avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon est décédé à la Poitevinière le 29 janvier 1837. 

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Lethon-Leton Pierre-Etienne - dossier 1M9/-243. Certificat de services, vue n°3/9. 

    Les Affiches d'Angers n°26 – du décadi 30 pluviôse de l'an 2 – vue n° 18/30. 

    Registres d'état civil de la Poitevinière, Jallais. 

    Histoire de la guerre de la Vendée – Abbé Deniau – Tome IV – p264.  

    Photo: de l'auteur 

     

     

                                        X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre Achard de la paroisse de Cossé, 

    tue trois hussards à la bataille de Fontenay – Ordre du Lys. 

        

                

       


    Pierre Achard.... C'est incroyable le nombre de hussards qui perdirent la vie en Vendée. Il est vrai que leur armement et leur harnachement faisaient d'eux une cible de choix.

      En effet, au moment de la Révolution, le hussard est équipé du mousqueton modèle 1767 et 1786, petite arme très maniable pour un cavalier, d'une paire de pistolets modèle 1763 et du superbe sabre modèle 1777-1783-1786, qui sera modifié en l'an IV. 

    Sur le document joint, vous apercevrez une tenue complète d'un cavalier du 1er escadron du 7ème régiment de hussards. Ces pièces exceptionnelles sont actuellement conservées au château de l'Empéri.

    Le 7ème régiment de hussards a combattu en Vendée et s'est signalé par ses exactions.

     

    Pierre Achard....

    Les états de services de Pierre Achard sont élogieux :

    - Blessé à la main droite d'un coup de sabre à l'affaire de Fontenay, y a tué trois hussards.

    - Blessé au village de Champ d'une balle à la jambe gauche.

    - Avec 30 hommes, fait 400 prisonniers à Vihiers.

    - Au Bois Grolleau, deux cents prisonniers.

    - Contribue à la prise de Chalonnes et à la déroute de l'ennemi à Chaudron.

     

    Il est présent sur les champs de bataille de Coron – Vezins – Cholet – Beaupréau – St Pierre de Chemillé – Vihiers – Thouars – Parthenay – La Chataigneraie – Fontenay – Doué – Montreuil – Saumur – Châtillon -  Chantonnay – Bressuire – Torfou – Moulin aux Chèvres - Cholet. En 1794 : Gesté – Saint-Florent – Jallais – les Aubiers et autres.... et la "campagne de 1814".

    Il a été breveté pour marque de son dévouement de la décoration du Lys. 

    ''Il s'est constamment montré à la tête des colonnes royalistes, que ses blessures sont honorables'' 

     

    Pierre Achard....

    Le 29 juin 1825, il dépose une demande de pension :

     

    «  A Messieurs les Membres composant la Commission Royale. 

     

    Messieurs,

     

    A l'honneur de vous exposer Achard Pierre cultivateur, demeurant commune de Cossé, canton de Chemillé, arrondissement de Beaupréau département de Maine et Loire : que depuis 1793, en may, il n'a cessé de se montrer à la tête des colonnes royalistes Vendéennes ; que ses blessures et les sacrifices tant pécuniaires que personnels ne lui ont rien coûté faisant avec résignation, tout ce qui pouvait contribuer au soutien de la cause sacrée du trône, comme il n'a jamais fait de réclamations pour ses longs et pénibles services, il prend la liberté de vous mettre aujourd'hui sous les yeux sa première demande, convaincu que d'après votre justice vous daignerez le compter au nombre de ceux à qui l'ordonnance de sa Majesté promet une récompense proportionnée à leur zèle et à leurs travaux, ce à quoi accédant, vous comblerez les vœux d'un brave et fidèle Vendéen qui n'a vécu que pour exposer sa vie et sa fortune pour son Dieu et pour son Roi. 

    À Cossé le 29 juin 1825. 

    signé P Achard. » 

     

    Pierre Achard, est né et a été baptisé le 3 décembre 1769 au Voide. Il est le

    fils de Pierre Achard, métayer à la Jourie et de Marie Houet. Il se marie le 11 septembre 1798 (25 fructidor de l'an 6) à Cossé (vue n°32/60 mariages Cossé),

    avec Jeanne Moreau, née le 1er janvier 1770 à Cossé, fille de Charles Moreau et de Jeanne Michelet. De cette union sont issus :

     

    1- Charles Achard, né le 5 pluviôse an 7 à Cossé.

    2- Jeanne Achard, née le 3 vendémiaire an 10 à Cossé.

    3- Joséphine Achard, née le 12 juin 1808, idem

    4- Marie Achard, née le 12 juin 1808, idem.

    5- Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    6- Charles-Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    7- Louise Achard, née le 24 septembre 1810, idem.

    8- Joséphine-Jeanne Achard, née le 14 mai 1812, idem.

     

    Pierre Achard est décédé le 31 décembre 1851 à Cossé.

    Jeanne moreau est décédée 8 décembre 1820 à Cossé.

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Achard Pierre - dossier 1M9/22. Certificat de services, vue n°1/3. 

    Registres d'état civil de Cossé et du Voide. 

    Photo: de l'auteur et crédit photo de la Gazette des Armes – n°80 -de mars 1980 - page 25. 

                                                        

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jean-Antoine Thouvenin de Toul, officier de Gendarmerie, 

    guillotiné à Nancy le 13 mai 1794. 

               

       

    Jean-Antoine Thouvenin....Jean-Antoine Thouvenin, lieutenant de Gendarmerie est guillotiné à Nancy le 13 mai 1794 (24 Floréal an 2).

    Jean-Antoine Thouvenin est né le 4 février 1759 à Toul. Il est le fils d'Antoine Thouvenin, Conseiller du Roi de la paroisse de Saint-Amand et de Marie-Josèphe Fangeot, fille du Sieur Jean Fangeot, ancien capitaine du corps des volontaires royaux reformé à la suite de cette place et de Dame Marie-Anne de Fockembert (Mariage vue n°464/961, 25 avril 1758).

     

    De 1792 à 1794 il est le commandant de la lieutenance de Toul et a épousé Marguerite Gérard.

    Il sera le seul Toulois victime de la Terreur et perdra sa tête sur la place de la Liberté (actuellement place Carnot) à Nancy, pour le crime ''d'embauche''.

     Jean-Antoine Thouvenin....

    Jean-Antoine Thouvenin....

    Son fils, Jean-Baptiste-Antoine Thouvenin, sous-lieutenant à l'Ecole de Cavalerie de Saumur, dépose une demande de pension en 1819. A cette époque, il est âgé de 27 ans et est officier au régiment des Chasseurs à cheval de l'Oise (15ème régiment de Chasseurs).

     

    «  Ministère de la Maison du Roi 

    Paris le 4 septembre 1819. 

    Le conseil d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de pensions sur la liste civile. 

    A Monsieur le Préfet de Maine et loire, 

     

    Monsieur le préfet,

     

    Monsieur Thouvenin Jean, Baptiste, Antoine, né à Toul, âgé de 27 ans, sous-lieutenant des Chasseurs de l'Oise demeurant à l'Ecole Royale et Militaire de Saumur (Maine et Loire) demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose que son père, officier de gendarmerie ayant perdu la vie sur l'échaffaud en 1793, tout son modique patrimoine a été confisqué ; qu'il est sous-lieutenant depuis 1813 et n'a pour exister que ses appointements, et qu'il lui est impossible de venir au secours de sa mère qui est aussi dans le besoin. 

    Je vous serai obligé, Monsieur, de me dire si le fait avancé par le réclamant quant au genre de mort et à la confiscation des biens de son père est exact : si ma mère est sans fortune, s'il a des frères et des sœurs : afin de m'éclairer sur sa position, les besoins qu'il peut avoir et sa conduite morale et politique. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée. 

    Monsieur le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    signé Rochefort. » 

     

    Jean-Antoine Thouvenin....

     

    Le 20 septembre 1819 au S.P de Saumur. 

    Mr le S.P, 

    Mr le Conseiller d'Etat chargé d'instruire les demandes de secours et pensions sur la liste civile m'a invité à lui transmettre des renseignements concernant Mr Thouvenin (Jean Baptiste Antoine) né à Toul lieutenant des chasseurs de l'Oise à l'Ecole d'Instruction des troupes à cheval de Saumur. Comme mes informations doivent particulièrement porter sur la situation actuelle de la famille de cet officier, je vous serai obligé de savoir de lui et de me faire connaître si elle habite dans le département, et, dans le cas contraire le lieu de la résidence. 

    Vous voudrez bien joindre à ce renseignement quelques notes sur sa conduite morale et politique de Mr Thouvenin depuis qu'il est à Saumur.

     signé illisible. » 

     

     

    En décembre 1819, le Général commandant l'école donne les renseignements les plus favorables sur la conduite morale et politique de cet officier élève, et le cite comme étant l'un des élèves lui ayant donné le plus de satisfaction sous tous les rapports.

     

    Le 4 décembre 1819, 

    Mr le Conseiller d'état, 

     

    Par votre lettre du 4 septembre dernier, vous m'avez prié de vous donner des renseignements sur Mr Thouvenin Jean-Baptiste-Antoine,né à Toul, lieutenant des Chasseurs de l'Oise et élève à l'école royale de cavalerie de Saumur, ainsi que sur la résidence de sa famille. 

    Lorsque j'écrivis à Mr le Préfet de Saumur à ce sujet, le 20 septembre dernier ; cet officier venait de quitter l'école pour rejoindre son régiment*. Mr le général Cdt l'école, n'a pu fournir aucun détail sur la résidence et la situation de la famille de Mr Thouvenin ; il a seulement donné l'assurance qu'elle ne résidait pas dans le Maine et Loire. Mr le général a donné d'ailleurs les renseignements les plus favorables sur la conduite morale et politique de Mr Thouvenin, il le cite comme l'un des élèves qui lui a donné le plus de satisfaction sous tous les rapports. 

    Je regrette Mr le Conseiller d'Etat de ne pouvoir vous donner tous les détails que vous désirez obtenir.   

    J'ai l'honneur... signé illisible. » 

     

    * Il semblerait que la garnison du 15ème Chasseurs à Cheval soit Neuf-Brisach. 

     

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Thouvenin Jean-Baptiste-Antoine - dossier 1M9/339. 

    Archives Départementales de la Meurthe-et-Moselle tous droits réservés - Paroisse St Amand de Toul. Signature de Jean-Antoine Thouvenin – Toul BMS 1737-1792, acte n°89, vue n°346/516, mariage de Marie-Josèphe Thouvenin.

    Journal des guillotinés – Thouvenin Jean-Antoine.

    Photos : guillotine aux enchères à Nantes – Le Parisien du 25 mars 2014. Pistolet modèle 1770, corrigé an IX de gendarmerie ayant appartenu à un gendarme du département de la Loire (Forez) sous le Consulat – daté AN XI-RF – boutons 1ère République. Miniature, capitaine du 15ème régiment de Chasseurs à Cheval de Therminiatures.com.

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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