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    Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 23…

     


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    Une nouvelle association pour la Durbelière…

     

     

    Le projet mijotait depuis juillet 2016, issu de la volonté de M. Yves Chouteau, maire délégué de Saint-Aubin-de-Baubigné et de Laurent Marolleau, nouveau et dynamique président de cette association qui est officiellement née aujourd’hui, après plusieurs réunions et débats. Forte de 25 membres pour l’instant, l’association aura pour buts l’entretien, la sauvegarde et la mise en valeur du célèbre château de la Durbelière. Plusieurs personnalités locales ont apporté leur soutien à ce projet, tels M. Robin, vice-président de l’Agglo2b. Une première animation sur le site aura lieu le 29 août 2017 et dont le programme ne tardera pas à être dévoilé. Les journées du patrimoine verront également proposer diverses visites et activités.

    Le tarif de l’adhésion est fixé à 10 € par an et les bulletins sont à renvoyer à la mairie : Mairie de Saint-Aubin-de-Baubigné, Place de la Roche, 79700 SAINT-AUBIN-DE-BAUBIGNE. On peut également contacter M. Marolleau, le président au 06 74 85 62 58.

     

    RL

    Avril 2017

     

    Une nouvelle association pour la Durbelière....

     

     

     


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    Le curé de la Godière…

     

     

    Voici une petite anecdote concernant la Petite-Eglise et un personnage tout aussi méconnu que le lieu que j’aborde ce soir.

    Le 6 janvier 1832, Joseph Texier meurt à Courlay en ayant refusé la religion bonapartiste. Il devient de plus en plus compliqué pour les fidèles courlitais de trouver des prêtres ayant conservé les principes d’avant la révolution. L’abbé Lebreton est mort à Cirières en 1830, l’abbé Fossey meurt aux Aubiers en 1834 et le tout dernier, l’abbé Osouf rendra son âme à Dieu en 1847 toujours aux Aubiers. A partir de 1834 arrive à Courlay un prêtre du diocèse de Lyon, nommé Maisonneuve. Ce dernier aurait été ordonné en 1791 par un évêque constitutionnel, qui l’aurait interdit par la suite pour « mauvaises mœurs » (1). Nous avons là un prêtre constitutionnel, nommé par un évêque constitutionnel se disant réfractaire et qui plus est de « la Petite-Eglise » ce qui aurait été plausible étant donné son origine lyonnaise si son inconduite manifeste ne lui avait valu quelques ennuis avec les locaux. Si l’abbé Maisonneuve vient dire la messe à la Plainelière de Courlay, il s’est néanmoins installé à la Godière de Clazay, non loin d’ici. La famille Texier ainsi que le marquis de La Rochejaquelein intervinrent pour le faire chasser et lui substituer l’abbé de Mérinville qui acheva de jeter l’interdit sur le prêtre-aventurier qui cessa ses fonctions en 1836. Une méchante chanson à son encontre avait même été composée :

     

    « Le curé de la Godère

    Est en grande colère

    Contre Mossieu Texier

    Qu’a voulu le chasser. »

     

    Le pauvre curé Maisonneuve décéda à la Godière, oublié de tous.

     

    Le curé oublié, oui, mais pas sa cloche… En effet, l’abbé Maisonneuve avait fait construire une hutte à la Godière qui lui servait de chapelle et qui possédait par on ne sait par quel prodige une cloche. Cette cloche finit par atterrir (peut-être un jour de Pâques !) à Pugny où les cloches du village avaient été volées par le gente révolutionnaire dans le but de les fondre pour l’artillerie de cette armée parisienne en guerre contre l’Europe entière. La pauvre cloche de l’abbé Maisonneuve avait une voix bien trop frêle pour l’église de Pugny et fut fondue pour en faire une nouvelle qui eut comme marraine mademoiselle Bouilleau, de La Châtaigneraie et pour parrain monsieur Puichaud, tous deux propriétaires à Pugny (2). On adjoint à cette cloche une seconde, plus petite et les deux furent bénites par monsieur Texier en 1887.

    Il n’y a évidemment plus de souvenirs de la hutte de l’abbé Maisonneuve à la Godière mais peut-être son fantôme rôde y rôde-t-il encore les nuits d’hiver…

     

    RL

    Avril 2017

    Notes :

    (1)  Bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 1968. Pierre Dane « Les Dissidents du Bocage… », 2004. Guy Coutant de Saisseval « Une survivance de la Guerre de Vendée… 1991, Hérault Editions.

     

    (2)  Etienne Mulon, « Pugny en Poitou revit son passé », 1980. L’auteur de cet ouvrage attribue au curé Guillon de Pugny, décédé en 1811, l’obtention de la cloche de la Goderie alors que le curé Maisonneuve officia entre 1834 et 1836…

     

     

     

     

    Le curé de la Godière....

     

    Le curé de la Godière....

     

     


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    "Virée de Galerne'', Clefs... le vendredi 7 décembre 1793... 

          

     

      

     

    La Virée de Galerne, Clefs....«L'armée vendéenne passe la journée du 6 décembre à Baugé, pour se remettre de ses fatigues. Le Vendredi 7 décembre (17 frimaire de l'an II), elle quitte Baugé de grand matin et prend la route de la Flèche, par Montpollin et Clefs. N'ayant pas de vivres, les Vendéens sont forcés de se livrer à la maraude, et de courir les plus grands dangers, car les Patriotes les accueillent ordinairement à coup de fusil.

      Avant d'arriver à Clefs, trois ''Patriotes'' font les malins et tentent de résister, ils sont abattus ; l'un au lieu-dit  les Puits Neufs, l'autre dans les terres de Chalou,  et le dernier, domestique de l'auberge de la Croix Blanche dans le bourg de Clefs est également tué. Au sortir du village, les Vendéens livrent bataille dans les Landes de Clefs avant d'arriver à la Flèche.

      Voici les actes de décès :

     

      Décès de Pierre Coudret.

     

    « Le neuf (rayé), Le quatorze décembre mil sept cent quatre vingt treize, l'an second de la république Française à cinq heures du soir par devant moi Joseph-Marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs, élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destinés à constater la naissance, les mariages, le décès des citoyens sont comparus en la maison commune, Jean Anjard, closier, âgé de soixante ans et Urbain Chalumeau, journalier, âgé de soixante ans, domiciliés dans cette municipalité, lesquels m'ont déclarés ; que Pierre Coudret, veuf de …........... âgé de quarante six ans, domestique du citoyen Louis Dry, aubergiste, demeurant dans cette municipalité a été tué le sept du courant à onze heure du matin à la porte du domicile dudit Louis Dry à la Croix Blanche dudit Clefs, par les brigands ; d'après cette déclaration je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès dudit Pierre Coudret et j'en ai dressé le présent acte. Jean Anjard et Urbain Chalumeau ont déclaré ne savoir signer. Fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour, mois et an susdits. »

     

    Signé J.M Drouyneau, officier public.

     

     

      S'agit-il de Pierre Coudret, marié le  13 juillet 1779 à Fougeré avec Anne Meffray, veuf et remarié le 8 octobre 1782 à Fougeré avec Anne Allory et de nouveau veuf ??

     

      Décès de Julien Chauvelier.

     

      « Le neuf (rayé), Le quatorze décembre mil sept cent quatre vingt treize, l'an second de la république Française à cinq heures du soir par devant moi Joseph-Marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs, élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destinés à constater la naissance, les mariages, le décès des citoyens sont comparus en la maison commune, Jean Anjard, closier, âgé de soixante ans et Julien Lusson âgé de soixante trois ans, closiers, domiciliés en cette municipalité, lesquels m'ont déclarés ; que Julien Chauvelier, époux de Marie Freslon, âgé de cinquante ans, demeurant dans cette municipalité a été tué le sept du courant à une heure du soir à la porte de son domicile aux Puits Neufs dudit Clefs, dans la poursuite des brigands ; d'après cette déclaration je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès dudit Julien Chauvelier et j'en ai dressé le présent acte. Jean Anjard et Julien Lusson ont déclaré ne savoir signer. Fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour, mois et an susdits. »

     

    Signé J.M Drouyneau, officier public.

    La Virée de Galerne, Clefs....

     

     

      Il s'agit de Julien Chauvelier, maçon, fils de Julien Chauvelier et de Marie Sanceau qui a épousé le 15 novembre 1768 à Saint-Quentin-les-Beaurepaire, Marie Freslon.

     

      Décès de René Courau.

     

     « Le neuf (rayé), Le quatorze décembre mil sept cent quatre vingt treize, l'an second de la république Française à cinq heures du soir par devant moi Joseph-Marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs, élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destinés à constater la naissance, les mariages, le décès des citoyens sont comparus en la maison commune, Julien Lusson, closier, âgé de soixante trois ans et Urbain Chalumeau, journalier, âgé de soixante ans, domiciliés en cette municipalité, lesquels m'ont déclarés ; que René Courau, époux de Toussainte Sanceau, âgé de trente ans demeurant dans cette municipalité a été tué le sept du courant à deux heures du soir sur les terres des Challoux dans la commune susdite de Clefs, dans la poursuite des brigands; d'après cette déclaration je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès dudit René Courau et j'en ai dressé le présent acte, Julien Lusson et Urbain Chalumeau ont déclaré ne savoir signer. Fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour, mois et an susdits. »

     

    Signé J.M Drouyneau, officier public.

    La Virée de Galerne, Clefs....

     

     

      Il s'agit de René Courault, né le 9 août 1762 à Clefs, closier, marié le 26 juin 1787 à Clefs avec Toussainte Sanceau, née le 11 avril 1759 à Fougeré. Toussainte Sanceau se remarie le 26 février 1794 à Clefs avec Pierre Brault.

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée- Abbé Deniau - Tome III, pages 325 à 327. Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés- Registres d'état civil de la commune de Clefs, décembre 1793 vue 246/384, décès.- Cadastre de Clefs 1836 - Photo de l'auteur. 

                                                              

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le curé de Faye-l’Abbesse…

     

     

    Tiré de « La Vendée historique », 1899, N° 55, 5 avril.

     

     On les avait arrêtés, pourquoi ? En leur âme et conscience ils l'ignoraient. L'un n'était qu'un simple charpentier, venu on se sait d'où, peut-être de Bressuire la ville voisine. Il s'était établi à Faye-l'Abbesse, afin d'y gagner sa vie. Il avait voulu profiter de la pacification de la Vendée, et s'en était reposé sur les promesses des conquérants. La politique lui était fort étrangère : son métier le préoccupait davantage. Il n'en fut pas moins saisi comme réfractaire.

    Tant on avait peur encore de cette Vendée que l'on proclamait partout anéantie ! On la disait sur les dents. On lui avait, criait-on brisé les reins. Et les moindres secousses de ce cadavre faisaient trembler d'effroi les farouches vainqueurs.

    Hoche, toujours prudent, et surtout habile, conseillait les voies de la douceur. Mais le Directoire, s'imaginant que l'on pouvait, impunément désormais, persécuter la Vendée, ne reculait pas devant les moyens de rigueur. Et parce que son administration louche et injuste mécontentait les populations, parce que mécontentement se traduisait vivement et menaçait de dégénérer en sédition, on crut bon d'en faire retomber le poids sur les prêtres, et on les choisit comme victimes.

    Ils étaient d'autant plus faciles à saisir que croyant, eux aussi, à la pacification annoncée avec tant de fracas, ils reprenaient peu à peu leur ministère dans leurs anciennes paroisses. Et voilà pourquoi le compagnon charpentier, Picard, marchait, en ce jour, aux côtés du vieux et bon curé de Faye-l'Abbesse.

    Pour achever de terroriser le pays, on avait établi, en grand, la délation, et l'on arrêtait, sur un simple soupçon, quiconque gênait. L'arrestation c'était la dure prison, c'était souvent le dernier supplice. Ils appelaient ça : pacifier.

     

    ***

     

    La côte était rude à monter. La pluie, tombée la veille et les jours précédents, avait détrempé la poussière du chemin, et l'on glissait sur cette boue légère. Harassés déjà par une longue marche, les deux prisonniers se soutenaient à peine. A chaque pas, leur corps défaillait et menaçait de cheoir. Leur âme était forte, mais ne faiblirait-elle pas, elle aussi ?

    La côte était rude à monter. Ce matin-là, le ciel, d'un coup de vent, s'était débarassé des nuages, et l'ardent soleil dardait ses premiers chauds rayons sur les prisonniers. Les Hautes moissons souriaient à l'astre bienfaisant ; et de chaque côté de la route, inconscients du drame lugubre qui allait se jouer, les oiseaux concertaient à l'envi dans les arbres voisins.

    La côte était rude à monter. Ce n'était pas la beauté de la Nature qui pouvait en adoucir la pente aux malheureux prisonniers. Le prêtre, calme et résigné, priait. Le compagnon charpentier commençait à trembler : il était jeune, lui et plus que jamais il aimait à vivre. C'est quand la vie va s'enfuir, qu'on en sent toute la douceur.

    La côte était rude à monter sous les injures des soldats de la République. L'occasion était trop belle pour eux ; ils ne la manquaient pas. Aussi, les propos insultants, les plaisanteries grosses, les blasphèmes pleuvaient sur le prêtre surtout, lequel ne répondait que par la patience et la résignation.

    Ne triomphez pas, ô Bleus ! Voyez les blés sont hauts, et peut-être que la faux de la mort vous aura coupés avant eux. Les blés sont haut. Bleus, prenez garde, il n'y a pas que des cailles et des perdrix dans les sillons profonds.

     

    ***

     

    Le vieux curé a dressé la tête : un souffle d'espoir vient de passer et son âme en est toute rafraichie. Son regard, sans rien laisser soupçonner, se fixe au loin, de côté, sur l'extrémité du champ de seigle dont les premiers sillons se déroulent à la gauche du triste cortège. La tête de tiges ondule légèrement, d'un mouvement lent qui se prolonge dans la direction de la route. Il faut l'oeil exercé d'un homme du pays pour deviner la manoeuvre qui s'accomplit là-bas : on se glisse en rampant, à travers les blés. Est-ce la délivrance qui approche ? Un imprudence peut tout perdre. Heureusement le compagnon charpentier ne se doute de rien, les soldats républicains non plus. Méfiez-vous, ô Bleus, de la hauteur des blés.

    Tout est perdu : l'un d'eux s'arrête : il a entendu un bruit suspect. Il regarde là, tout près maintenant, puis il se retourne menaçant vers les prisonniers.

    Il va parler : il n'en a pas le temps : une terrible détonation retentit : et les Bleus sont couchés, avant les blés, dans le sillon. Seuls d'eux d'entre eux restent debout, les deux qui conduisaient les prisonniers. La balle qu'on leur eût destinée, eût pu s'égarer sur leurs victimes. Mais ils n'ont pas le temps de respirer : les sabres les abattent.

    Les Blancs avaient bien travaillé : chacun d'eux, ayant choisi son homme, ne l'avait pas manqué. Et dans l'exubérance de leur joie, coupant les liens des prisonniers, ils riaient, criaient, sautaient, puis embrassant à pleine bouche et à plein coeur leur bon curé qu'ils avaient arraché à la mort, ils répétaient bruyamment : "Oh ! M. le Curé, c'était bien temps ! "

     

     

    Adolphe Durtaille.

     

     

    L’histoire que nous venons de publier es sujette à caution. En effet, de quel curé de Faye-l’Abbesse s’agit-il ? Hyacinthe Jollivet sera guillotiné le 22 janvier 1794 à Niort. Le blog de « La Maraîchine normande » en a raconté l’exécution ici, reprenant un ouvrage de votre serviteur. Dans son acte de condamnation daté du 1er janvier, on le dit âgé de 40 ans. Il n’a donc pu connaître, ni la vieillesse ni la pacification. Son vicaire se nommait Auriault et exerça d’août 1790 à décembre 1792. On perd sa trace ensuite. Il y a peu de chances que ce vicaire  se soit trouvé âgé à la Pacification. Quant au curé Dézanneau, ancien vicaire du célèbre curé Barbarin de Nueil, il ne desservira Faye-l’Abbesse qu’à partir de 1801, après son retour d’exil en Guyanne…

     

    Quant au charpentier Picard, il a bien existé et s’appelait Auguste. Il déclare la naissance d’un fils à Faye-l’Abbesse le 8 prairial an V de la république (samedi 27 mai 1797). Le fils est prénommé Pierre, Augustin, Julien. Sa femme est Marie Courgeault et le parrain Pierre-Henry Chevalier (parent du notaire de Faye-l’Abbesse ?) et la marraine Henriette-Julie Bonin. En l’an V (1797) Picard est âgé de 31 ans, ce qui est compatible avec la jeunesse décrite dans le récit. En revanche, on le trouve agent municipal à la même époque, en même temps que charpentier, ce qui réduit les chances de l’avoir vu fait prisonnier par les bleus deux ans auparavant. Il savait écrire et nous avons sa signature ci-dessous.

     

    Le curé de Faye-l'Abbesse....

     

    L’article reste donc en suspens jusqu’à de plus amples informations.

     

    RL

    Avril 2017

     

    Le curé de Faye-l'Abbesse....

     


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