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    Saint-Germain-l’Aiguiller…

     

     

    Pour faire suite à l’article sur le martyre du curé Gaudon, déjà vu ici, je pense qu’il est utile de rappeler où ce malheureux prêtre exerçait son ministère au moment de la Terreur. Saint-Germain-l’Aiguiller, situé tout près de Mouilleron-en-Pareds n’a pas marqué l’historiographie de la Vendée Militaire. On notera toutefois qu’un habitant,  Jean Boissonneau fut exécuté à Nantes le 3 janvier 1794 (1). Le toponyme « l’Aiguiller » viendrait d’une forme de camp retranché entre le IV° et le IX° siècle. Selon l’étude de Cavoleau, Saint-Germain-l’Aiguiller comptait 309 habitants en 1844 (environ 500 en 1793, 238 en 1800 et seulement 176 en 1806). La commune était très boisée et possédait, 62 maisons et aucun moulin (2).

     

    L’église où officiait le curé Gaudon a totalement disparu mais nous pouvons retrouver son emplacement sur le terrain. Pillée et détruite une première fois par les protestants, comme bon nombre d’édifices religieux durant les Guerres de Religion, elle avait été réparée avant d’être à nouveau ruinée, et fut vendue nationalement sous la révolution avant d’être finalement détruite totalement. Léon Audé nous apprend qu’elle « n’était qu’une simple chapelle surmontée d’une fenêtre à arcade pour recevoir la cloche » (3). Par un décret daté du 25 janvier 1807 du camp de Varsovie, Napoléon avait autorisé le préfet de la Vendée à mettre à disposition du Consistoire de l’Eglise Réformée les églises supprimées de Saint-Prouant et de Saint-Germain, à la charge des protestants des frais d’entretien et de réparations. Ils n’acceptèrent que celle de Saint-Prouant.

     

    RL

    Janvier 2017

     

    Situation de l’église sur le cadastre de 1834. Le cimetière se trouvait sur la parcelle N° 21. Le bâtiment colorisé en jaune indique un état de ruine. Seule la partie en rose indique quelque chose de resté à peu près entier :

     

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

     

    Sur la vue aérienne Géoportail, marquée d’une croix rouge:

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

     

    De nos jours, la butte au Sud de l'emplacement de l'église sur laquelle se dresse une monumentale statue de la Vierge :

     

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

     

    Quelques vestiges lapidaires :

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

    Saint-Germain-L'Aiguiller....

      

     

    Notes :

    (1) Henri Bourgeois, Calendrier Martyrologe de la Vendée Militaire, Luçon, 1906, tome 1er, p 47.

    (2)  Jean-Alexandre Cavoleau, Armand Désiré de la Fontenelle de Vaudoré : « Statistique ou description générale du département de la Vendée », Dumoulin, 1844, p. 764.

    (3)  Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, 1856, 1ère série, vol. 2, AD85, BIB PC 16/1.

      

     


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  • Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 12…

     


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    René Mérand, dit ''le balafré'' de la paroisse de Roussay, 

    - Mutilé à coups de sabres - 

    Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.

     

     

     

     

    René Mérand....René Mérand est né et a été baptisé le 3 juin 1769 à Montigné-sur-Moine. Il est le fils de Mathurin Mérand, laboureur et de Jacquette Barraud ; mariés le 19 mai 1761 à Torfou et domicilié à Montigné. Le parrain a été René Fonteneau et la marraine Mathurine Guittet.

    Il se marie le 29 septembre 1819 à Roussay avec Jeanne Drouet, née le 22 juillet 1795 à Vallet, fille de Michel Drouet et de  Perrine Bondu. De cette union sont issus :

     

    1° Henri Mérand, né le 25 juillet 1820 à Roussay.

    2° Jean, René Mérand, né le 26 septembre 1822 à Roussay.

    3° François, Auguste Mérand, né le 5 décembre 1827 à Roussay.

    4° Eugène Mérand, né le 20 juillet 1831 à Roussay.

    5° Jeanne, Henriette Mérand, née le 20 décembre 1833 † le 1er septembre 1837 à Roussay.

     

    Son père, Mathurin Mérand a été massacré à Montigné par les Républicains en 1793 ou 1794 ainsi qu'un de ses frères...

    Le 14 mai 1825 il exerce la profession de journalier et dépose une demande de pension à la Mairie de Roussay.

     

     

    A Roussay le 14 mai 1825.

     

    « René Mérand, journallier au bourg de Roussay, à Messieurs les Commissaires de la distribution des bienfaits de sa Majesté par son ordonnance du 29 décembre 1824 ;

     

    Messieurs,

    La position a laquelle je me trouve me force a vous la mettre devant vos yeux, ainsi que les évènemens pendant la durée de la guerre. Dès les premiers jours de la Révolution, je fus un des premiers à me montrez, toujours guidez par l'amour de mon Roy. Je ne craignais ny feux ny flamme; j'ai marché, je peut le dire a la connaissance de tous; en brave, fait marcher bien d'autres; toujours en tête de l'armée, rien ne m'épouvantoit, marchant à l'ennemy a pas de géant; je n'entre pas dans les détails des grands événements, ny des grandes affaires où je me suis trouvé; je craindrais d'être ennuyeux a vos yeux; Messieurs, je vais vous parlez de l'événement le plus dur qui m'a arrivé; au moment où cette armée de mayence arrivoit sur notre commune; je me décide comme à l'ordinaire à regroupez cet ennemy autant que possible avec plusieurs autres; nous pouvons nous flatter en avoir salué un grand nombre comme il faut à coup de fusil ; enfin je tombe malheureusement en leurs mains, c'est là qu'il a fallu payer bien cher ce que je leur avait avancé.

    Je reste sur la place, me croyant mort dans un désert inconnu; le corps couppé, la tête tranchée; je reste dans cette position pendant quatre jours, sans que personne n'en eût connaissance au bout des quatre jours ; je fus trouvé, nageant dans mon sang, sans mouvement ny connaissance. 

    Enfin me voilà après tous les soins, revenus, il faut vous déclarez que j'en ai bien tirez vengeance depuis, car au lieu de m'avoir ralenty  a la haine contre cet ennemy, cela n'a faît que redoubler mon courage ; car depuis je n'ai pas manquez une affaire ny une campagne.

    Dans le passage ce ne fut pas tour mon malheur, à la première connaissance, ce fut le massacre de mon pauvre père, un de mes frères, braves comme moi qu'on m'aprit; notre métairie que nous tenions à ferme toute incendiée, tout nos bestiaux et moutons emmenez et brûlez tout notre pauvre mobilier en cendre.

    Dans ma pauvre situation resté bien désolé de voir tout cela, mais enfin après tout me voilà encore en vie et debout, avec le corps et la tête bien marqué de coups de sabre, aussi on m'appelle souvent ''Goulle de sabre''.

    Pour tous ces sacrifices, je suis au droit d'une pension de 80frs ; d'un secours de 50frs, voilà toutes mes ressources sans autres revenus ny moyens, ayant tant reçu de coups sur mon pauvre corps.

    Vous devez bien vous pénétrez Messieurs que c'est bien pour m'empêchez de travaillez, n'ayant aucun état pour y gagner ma vie à la tête de deux enfants en bas âge ; je me trouve dans la plus grande indigence ; Soyez attentifs à mon humble demande, rendez moi participant des bienfaits de notre auguste monarque, vous obligerez votre tout dévoué serviteur».

     

     Signé : René Mérand.

    René Mérand....

     

    Donc René Mérand ''a été mutilé le 14 octobre 1793 par l'armée républicaine qui venait assiéger Cholet''.

    Voici un extrait du certificat des chirurgiens Houdet de Montfaucon-sur-Moine :

     

    ''Ces blessures ont été faites à coups d'armes à feu, d'armes blanches et coups de bayonnettes'' (vue n°5 – datée du 24 mai 1825)

    « Trois cicatrices à  la tête : Dont une à la figure, transversale, et une à la gorge.

    Au bras droit quatre cicatrices.

    La cuisse droite fracturée complètement; une cicatrice à la même partie antérieure, la balle se fait sentir à la partie postérieure.

    Au bras gauche deux fortes cicatrices, à l'abdomen deux cicatrices... »

     

    René Mérand a été nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur le 30 octobre 1829 et son brevet a été signé à Paris le 27 mars 1830. 

    René Mérand....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    René Mérand est dit closier, il s'est éteint le 25 avril 1855 au bourg de Roussay à l'âge de 85 ans, époux de Jeanne Drouet, fileuse.

     

     

    Sources:  Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: René Mérand n°2 dossier 1M9/262 - Registres d'Etat civil de la commune de Montigné-sur-Moine et Roussay – Archives Nationales base Leonor – Dossier de la Légion d'Honneur – Dossier LH/1829/55 -  Photo de l'auteur.

     

     

    Xavier. Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    A la mémoire du curé Gaudon…

     

     

    Le martyre de l’abbé Gaudon, curé de Saint-Germain-l’Aiguiller, a été raconté ici par La Maraîchine normande. Nous savions que son assassinat avait eu lieu non loin du manoir de Bois-Rousseau, en Saint-Paul-en-Pareds. Restait à définir l’endroit exact, ou du moins le plus proche possible de ce qui fut aussi sa première sépulture.

    Jean-Michel-Augustin (?) Gaudon fut massacré à l’automne 1793 selon les uns, à la fin janvier 1794 selon les autres, peut-être le même jour que celui du massacre de Saint-Paul-en-Pareds. L’hypothèse de la culpabilité de la garde nationale de la Châtaigneraie se rendant aux Herbiers est plausible mais ne perdons pas de vue que le 31 janvier 1794 Grignon incendie les bois de la Bonnelière, à peu de distance de Bois-Rousseau, et prendra justement la direction de Saint-Paul, où il fera massacrer 72 personnes près du château.

     

     

    A la mémoire du curé Gaudon...

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    Le Manoir du Bois-Rousseau, lieu de cachette du curé Gaudon, tout autant que le village voisin de la Proutière :

    Le Bois-Rousseau et le souvenir d’un prêtre…. 

    Le Bois-Rousseau et le souvenir d’un prêtre….

    Le Bois-Rousseau et le souvenir d’un prêtre…. 

     

    Selon une version, le curé Gaudon aurait été tué d’une balle dans la tempe par un paysan de l’Haumondière du Boupère, sans que Houdet Dugravier, ancien vicaire apostat des Herbiers, n’intervienne en sa faveur alors qu’il l’aurait reconnu pour avoir été à l’école avec lui. Cette version paraît pour le moins fantaisiste, Dugravier étant né en 1757, aurait difficilement pu être un ancien camarade d’école du curé Gaudon, d’au moins 40 ans son aîné. Je préfère donc la version la plus complète, qui le voit mourir sous les coups de sabre, et les oreilles coupées et portées en cocarde. Cette version a au moins le mérite d’indiquer un lieu précis : à la barrière du « Champ du Cormier ». Ce champ, parcelle N° 2 du cadastre de 1838, se retrouve dénommé dans la table des propriétaires de la même année (vue N° 52/225).

     

    Emplacement présumé, à quelques mètres près du lieu du drame, marqué d’une croix rouge :

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

     

    Le même lieu aujourd’hui. La parcelle est toujours la même sur le cadastre actuel, mais de champ, est devenu un bois :

     

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    Sur place :

    A la mémoire du curé Gaudon...

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    C’est ici que le curé Gaudon fut enterré aussitôt le meurtre commis :

    A la mémoire du curé Gaudon...

    A la mémoire du curé Gaudon...

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    Non loin de ce lieu, se dresse une croix à un carrefour. La mention "1838" qui figure sur son socle n'apporte aucun renseignement sur son origine comme on pourra le lire ici

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    L'abbé Gaudon sera plus tard exhumé et sa dépouille mise au cimetière de Saint-Paul-en-Pareds. Sur le cadastre, on voit deux cimetières existants en 1838. Il est probable qu’il s’agisse du plus ancien, près de l’église…

    A la mémoire du curé Gaudon...

    …Transformé aujourd’hui en pelouse et en parking, là où se dresse le monument aux morts :

    A la mémoire du curé Gaudon...

     

    Lors de la prise de ces dernières photos, le 8 janvier dernier, il régnait un profond silence hivernal sur l’ancien champ du Cormier, à peine perturbé par les cris, de loin en loin, de quelques oiseaux charognards…

     

    RL

    Janvier 2017

     


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    Vincent Bousseau, capitaine de cavalerie de l'armée du Centre, 

    proposé pour un sabre de récompense.

     

     

             

     Vincent Bousseau.... Vincent Bousseau est né et a été baptisé à la Gaubretière le 14 janvier 1768. Il est le fils de Vincent Bousseau, farinier au Drillais et de Jeanne Goineau. Le parrain a été Jean Goineau et la marraine Catherine Loiseau.

     

     

    Vincent Bousseau....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En 1793 il rejoint l'armée du Centre comme cavalier et participe aux campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 en qualité de capitaine de cavalerie. Le 21 octobre 1794 il épouse à la Gaubretière, Magdeleine Migné, fille de Pierre Migné et de Marie Evelin, mariés le 28 janvier 1772 paroisse de l'Herbergement. De cette union sont issus :

     

    1° François Bousseau, né en 1798 ou 1799 aux Landes-Génusson.

    2° Pierre Bousseau, né en 1801 ou 1802, Les Landes Génusson ?, Le Longeron  ?

    3° Alexis, Constant Bousseau, né le 26 Pluviose an 12 (16.2.1804), Le Longeron.

    4° Clément, Marie, François Bousseau, né le 14 août 1806 Le Longeron.

    5° Jean, Baptiste Bousseau, né le 6 février 1809 Le Longeron.

    6° Magdeleine Bousseau,née le 7 janvier 1812, Le Longeron.

    7° Baptiste, Donatien Bousseau, né le 8 juin 1815 Le Longeron.

    8° Marie Bousseau, née le 5 octobre 1818, Le Longeron.

     

      Le 21 avril 1824, Vincent Bousseau dépose une demande de pension à la mairie du Longeron.

     

    « A son Excellence le ministre de la Guerre à son Hôtel a Paris.

    Monseigneur,

      Le Sieur Vincent Bousseau, journallier domicilié en cette commune, à l'honneur de vous exposer, qu'il a eu l'honneur de faire partie de l'armée Royalle du Centre, et parconséquant, il a fait les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 ; et ce en qualité de capitaine de cavallerie, qu'étant né sans fortune, il est réduit a une affreuse misère, n'ayant pour tout bien que sept enfants avec la profession de journaillier ; cette position critique Monseigneur, qui attendrira autant votre Excellence que les campagnes glorieuses d'un serviteur fidelle au Trône des lis lui fait espérer que vous voudrez bien lui accorder sur les fonds disponible une pension qui puisse le tirer de l'indigence en la quelle il se trouve réduit.

      En cette attente, il a l'honneur d'être Monseigneur, de votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur .

      L'exposant a déclaré ne savoir signer. »

    Vincent Bousseau....

     

      Le 21 janvier 1824, se présentent à la mairie du Longeron devant Monsieur le maire de la Gaubretière, Jacques, André Duchesne :

     

    1° René Brin, âgé de soixante neuf ans, laboureur.

    2° Joseph Poirier, voiturier, âgé de soixante ans, de la Gaubretière.

    3°Jacques Groleau, âgé de soixante ans, laboureur des Landes-Génusson qui déclarent :

     

      « Vincent Bousseau, né en cette commune le 14 janvier 1768 et demeurant commune du Longeron a fait en qualité de capitaine de cavalerie les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 dans l'armée du Centre et s'est toujours conduit avec la plus grande bravoure et un dévouement sans bornes pour la cause du Trône et de l'Autel ». (vue n°4)

     

      Le 24 février 1824 il fait valider ses services devant le Juge de Paix Charles Clémot Lahaye du canton de Montfaucon en présentant les témoins suivants :

     

    1° Charles Soulard, marchand.

    2° Jacques Simonneau, sabotier.

    3° Mathurin Poirier, marchand du Longeron. (vue n°5).

     

    Vincent Bousseau est décédé le 16 juin 1837 au Longeron.

    Proposition pour un sabre d'honneur :

    Vincent Bousseau....

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés - Dossiers Vendéens:  Vincent Bousseau 1M9/79 - vue n° 2/8 - Registres d'état civil de la commune du Longeron- Le moulin du Drillais cadastre de 1839 La Gaubretière, vue n°1/1- Proposition pour un sabre de récompense SHD XU.16-21, vue n°8 Archives de Vincennes via Archives de la Vendée tous droits réservés. Archives de la commune de l'Herbergement - Photos de l'auteur. 

                                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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