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    Interrogatoires de deux soldats de Charette…

     

     

    Voici deux interrogatoires trouvés aux archives du Fort de Vincennes concernant deux pauvres gars de l’armée de Charette. Je me suis permis de modifier un peu l’orthographe des documents afin de les rendre plus compréhensibles mais j’en ai gardé l’essence, le style et surtout le contenu, avec ses erreurs, ses incohérences et quelquefois ses touches d’humour. J’avoue que « Moutiers des Moufflets » m’a beaucoup amusé (Moutiers-les-Mauxfaits avaient pris le nom de « Les Moutiers-Fidèles durant la Terreur», ce qui est étrange en regard du sens du mot moutier). Les documents sont consultables au « Service Historique de la Défense », depuis le site des AD85  (anciennement « SHAT », « Service Historique de l’Armée de Terre » sous la cote B 5/10-1). D’autres interrogatoires suivront prochainement et concernant les Mauges.

    RL

    Août 2017

     

     

     

    Lettre du 5 thermidor (23 juillet 1794) signée Huché :

     

    " Déclaration de Pierre Prudhomme arrivant de l’armée de Charette lequel s’est rendu le 26 messidor.

    Après lui avoir demandé quels étoient leurs chefs brigands il nous a répondu qu’ils étoient dernièrement rassemblés pour nommer un chef que toutes les voix avoient tombées sur Charette général en chef et sur les noms ci après détaillés.

    Charette général en chef, Stofflet, Marigné, Sovagne ( ?), Joly, Delaunay, Decomte commandant St Philbert, Lescon ( ?) commandant de la Copechanière, Cailleau à Ste Cécile, de St Pal commandant 1500 hommes à la Roche des Sables (sic), de la Roberie, Pageau, Quely (Bulkeley ?) commandant dans le marais de Soulans, Sapineau commandant de Beaupreau, Guérin commandant du Lay, Jean Fougeres nommé pour le remplacer, Debirse commandant quatre mille hommes qui après la déroute de Chalans s’en sont retournés dans le Poitou.

    Nous lui avons demandé s’il y avoit de la troupe de ligne avec les brigands, et s’ils étoient encore bien nombreux.

    Il nous a répondu qu’ils étoient au nombre de 1500 hommes de troupes de ligne, bien habillés et armés dans le château de Boulogne près la Châtaigneraie ( ?), que Charette n’a que deux cavaliers allemands et quatre mille hommes, deux cent cavaliers et vingt canoniers qui font journellement de la poudre et des cartouches ; et que Charette fait rétablir tous les moulins de la Berreherry ( ?) près leger où ils se tiennent actuellement et que quand tous les brigands sont rassemblés ils sont au nombre de trente mille et quinze cent cavaliers.

    Stofflet après la déroute de Chalans, promis à Charette qu’ils auroient Chalans morts ou vifs et qu’il s’en retournoit pour ces éffer (sic) dans le Poitou que d’après la mort d’Haxo, s’ils nous avoient pas attaqués on les auroient toujours laissés tranquille, sur ces propos nous lui avons demandé s’il avoit vu servir Haxo, il nous a répondu que non mais qu’il avoit entendu dire que Haxo avoit dit qu’il étoit bien malheureux de mourir de la main de la canaille et qu’il s’étoit brûlé la cervelle, que Charette avoit actuellement son cheval, et qu’avant de mourir il avoit dit à Charette ma mort levau (sic) 30 000 hommes, Charette dit que si Haxo avoit encore vécu quelque temps, il auroit détruit son armée, vu qu’il ne le laissoit point tranquille que Charette avoit sans cesse dispute avec Guérin, que celui-ci vouloit revenir dans le pays, et que Charette employoit tous les moyens pour l’en empêcher, disant que s’il y alloit il y périroit.

    Nous lui avons demandé si Charette avoit du canon, il nous a dit qui les avoit (sic) tous cachés en terre, et qu’il avoit laissé proche des Sables, une pièce de dix-huit cachée en terre.

    Signé Bouchard Capitaine du 4° Bataillon de la Sarthe.

    Pour copie conforme, l’adjudant général chef de brigade signé Maugen."

     

    *****

     

    "L’interrogatoire de Pierre Jofry, brigand pris à l’attaque de Chalans du 18 prairial.

    Le dit Pierre Joffry a dit, Charette n’est pas d’accord avec Joly, ce dernier à qui Charette a fait tuer 2 hommes hier, n’était pas pour l’attaque de Chalans aujourd’hui 18.

    Il y a dix mille hommes y compris 500 hommes de cavalerie moitié du tous armée de fusils, St Pal a 80 cavaliers bien armés. Arnault a été tué à l’affaire de Moutiers des Moufflets, il a été remplacé par Caillaud de la commune de St Florent où il demeurait. Cette troupe se tient au couvent des Cerisiers, il a 400 hommes d’infanterie, moitié piques, moitiés fusils, et 40 cavaliers bien ou mal armés et équipés.

    Caillaud s’est rassemblé avec Charette à Boulogne près St denis dimanche (8 Sre) se sont réunis à la Bésilière, près le bois Chevalier contre Leger, où ils jeunent, n’ayant ni pain ni, ni vin, mais de l’eau de vie et de la viande.

    Du côté de Nemy, les cerisiers, de la Chaize, laboissière il y a encore des moulins à eau et à vent et au Tablier également. Le poste de St Pal est à Nemy.

    Le dit Joffry, habitant du Noireau près le Bourg sous la Roche.

    Certifié le présent véritable

    L’adjudant général. Signé Chadau."

     

    Interrogatoires de deux soldats de Charette....

     


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    René Vigneron, de la paroisse des Epesses, 

    tué aux Epesses le 21 janvier 1794. 

              

     

                 

    René Vigneron....René Vigneron, soldat de l'Armée Vendéenne est dit « tué aux Epesses le 21 janvier 1794. » Que s'est-il passé en ce lieu pour cette période ?

      Le 21 janvier, c'est le départ des Colonnes Infernales, jour anniversaire de la mort du Roi Louis XVI....

    « La Colonne n°3 commandée par Boucret, se divise en deux colonnes d'environ 8.000 hommes chacune :

    - La colonne de Boucret (Cholet, Maulévrier et ses environs, Saint-Laurent-sur-Sèvre).

    - La colonne de Caffin (Cholet, La Tessoualle, Châtillon (Mauléon) Saint-Amand et Les Epesses.  »  

     

    La fameuse colonne de Boucret, «  part de Cholet, au centre de la Vendée. Le 21 janvier, Boucret campe à la Tessoualle qu'il pille. Sa seconde colonne, commandée par Caffin, va s'établir quelques jours à Maulévrier pour en razzier les alentours. Le lendemain Boucret abandonne la Tessoualle en feu, et se dirige vers Moulins dévastant toutes les métairies sur son chemin. Caffin ravage tout le pays maulévrais : Yzernay, Toutlemonde, les Echaubrognes, etc... Un détachement détruit toutes les métairies entre Maulévrier et Saint-Laurent-sur-Sèvre, massacrant les habitants. Boucret progresse vers Châtillon le 23 janvier, Saint-Amand le 25, les Epesses le 26. Le bourg est pillé, incendié, le château du Puy-du-Fou s'embrase. Pendant trois jours, la colonne va s'acharner sur ce pays... »

     

    « Le Dimanche 26 janvier 1794, la colonne de Boucret arrive aux Epesses à cinq heures du soir et rassemble les officiers municipaux pour obtenir des renseignements sur la position des Brigands. Ceux là les prétendent aux Herbiers. Boucret exige de la municipalité qu'on cuise du pain pour la troupe. » (page 111, Itinéraires de la Vendée Militaire).

    « Le mardi 28 janvier, Boucret campe toujours aux Epesses. Ses soldats ont découverts un prêtre insermenté, l'abbé Chapelain, caché dans un arbre creux. Il est immédiatement fusillé. Il envoie à Cholet deux voitures, l'une de grains et de fusils, l'autre de vases sacrés et de linge, escortées par quatre gendarmes. » (page 113, Itinéraires de la Vendée Militaire).

    Le 1er février, Boucret est à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Il fait sabrer et empaler deux religieuses de la Sagesse, trois frères coadjuteurs de la Compagnie de Marie et fait fusiller quinze hommes. Boucret est l'un des pires commandants des Colonnes Infernales républicaines. C'est le parfait criminel de guerre.

    C'est aussi aux Epesses que le criminel de guerre républicain Amey, dont le nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe, a fait jeter des femmes et des enfants dans des fours chauffés à blanc en mars 1794....

     

    C'est donc au cours de cette période que René Vigneron disparaît, son épouse, lors de la demande de pension, affirme qu'il a été tué le 21 janvier 1794, je pencherais pour la date du 26, mais....

     

    Un mot sur Jean-Baptiste Boucret, général républicain - criminel de guerre : 

     

    Jean-Baptiste Boucret a 30 ans en 1794. Il serait né à Paris le 21 mai 1764, il est le fils d'un maître tapissier, Jean-Baptiste Boucret et de Dame Anne-Charlotte Baugé. En 1782, il est soldat au régiment du Vivarais, en 1785 au régiment d'Orléans jusqu'en 1789, le 12 mai 1793 il est capitaine au 6ème bataillon des volontaires de Paris et général de brigade le 30 octobre de la même année. En 1794 il commande une Colonne Infernale, en 1795 il est à Belle-Ile-en-Mer et est réformé en 1797.

    Il épouse Marie-Françoise Conard (ça ne s'invente pas). En 1820 il est domicilié au n°127 faubourg Saint-Vincent à Orléans, où il est qualifié d'ancien général de division, et décède en ce lieu le 17 août 1820 à trois heures de l'après-midi. (Acte de décès n°908 année 1820, vue n°305/500 archives municipales de la ville d'Orléans.)

    René Vigneron....

     

    René Vigneron est né le 29 mai 1752 à Chambretaud. Il est le fils de Pierre Vigneron et de Marie Ayrault. Il épouse le 25 juin 1781 aux Epesses, Marie-Anne Pasquereau, (vue n°22/152 année 1781, Les Epesses), née le 8 mai 1766 aux Epesses  ; fille de Jean Pasquereau et de Marie Merlet. A cette époque il exerce la profession de serviteur-domestique.

    De cette union sont issus cinq enfants :

     

    1° René Vigneron, né le 14 février 1783 la Ganache Les Epesses, † le 20 février.

    2° Marie-Anne Vigneron, née le 24 mars 1785, Les Epesses.

    3° René Vigneron, né le 10 mars 17888, Les Epesses.

    4° Prudence Vigneron, née le 30 décembre 1791, Les Epesses.

    5° Jean Vigneron, né le 10 janvier 1794, Les Epesses.

     

    Le 20 mai 1820, Marie-Anne Pasquereau dépose une demande de pension  :       

     

    '' N°808– Pasquereau Marie-Anne, née le 8 mai 1766 aux Epesses veuve de René Vigneron, soldat de l' Armée Vendéenne, tué aux Epesses le 21 janvier 1794, exerçant la profession de fileuse, indigente, domiciliée aux Epesses, quatre enfants, proposée pour une pension de cinquante francs – décision du 18 janvier 1815 ''-.

    Marie-Anne Pasquereau est décédée à la Bretèche aux Epesses, le 4 juin 1830 (vue n°294/397 les Epesses année 1830).

    René Vigneron....

    René Vigneron....

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions, - vue n°4/10, SHD XU 39-9 du 20 mai 1820 – Registres d'état civil des communes de Chambretaud, Les Epesses, - Archives Municipales de la ville d'Orléans, tous droits réservés – Les 12 Colonnes Infernales de Turreau de Pierre-Marie Gaborit et de Nicolas Delahaye éditions Pays et Terroirs 1995 -  Itinéraires de la Vendée Militaire  Doré-Graslin éditions Garnier  1979 - Photo de l'auteur. 

                                                                    

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    La Chapelle-Seguin

     

     

     

    La chapelle-Seguin est une paroisse disparue qui fut transférée à l’Absie par une ordonnance du 14 juillet 1836. Par la même ordonnance, la « commune » devenait l’Absie.

     

    On sait par les archives de l’administration des Deux-Sèvres que la paroisse fut traversée plusieurs fois par des bandes de 30 à 50 royalistes notamment la journée du « 17 prairial an VII » ( jeudi 6 juin 1799). La paroisse subit la disparition tragique du chapelain de l’abbaye de l’Absie qui venait dire la messe de temps en temps dans l’ église abandonnée. Celle-ci était déjà déclarée en ruine à la veille des guerres de Vendée. La Statue de la Vierge de l’église fut d’ailleurs cachée au moment de ces tristes événements. L’église fut fermée par une ordonnance départementale du 22 mai 1797 malgré une pétition des habitants. Elle sera démolie en 1850 par le conseil municipal. Le RP Drochon fait construire en 1874 une nouvelle église gothique qui hélas ne sera pas entretenue. La statue de la Vierge ira donc à l’Absie…

     

    RL

    Avril 2011

     

      

     

    Un petit complément qui peut intéresser les amateurs de généalogie en ce qui concerne la période révolutionnaire.

     

    On retrouve trois noms pour la Chapelle-Seguin, dans l’ouvrage d’Antonin Proust, « La justice révolutionnaire à Niort ».

     

    Dans la « Liste des prisonniers exécutés à Niort, le 3 mars 1794 et dont les arrêts de mort n’émanent pas du tribunal criminel des Deux-Sèvres », on trouve :  « Sèvre (Jacques), âgé de 20 ans de la commune de la Chapelle-Seguin. »

     

    Dans  « L’état des détenus arrêtés comme suspects de crimes contre-révolutionnaires ou pour cause d’incivisme et qui sont dans la maison de Brémond l’ainé « , on trouve :  « Sersier (Marie-Louise), native de la commune de la Chapelle-Seguin, ci-devant servante de la Saumorière, ex-noble de la commune de Moncoutant, arrêtée sans armes, prévenue d’avoir tenu les propos les plus sanguinaires contre les patriotes. Une seule pièce. »

     

    Dans la « Liste des personnes arrêtées dans différentes communes, par la force armée ou autrement et sur le compte desquelles, il n’y a aucune pièce au tribunal criminel, 25 germinal an III » (14 avril 1795), on trouve :

     

    « Richard (Marie), femme de Jacques Michonneau, commune de la Chapelle-Seguin. »

     

              Dans Prudhomme ("Histoire Générale et Impartiale...") on trouve :

     

    JANIN Pierre, serrurier, domicilié à la Chapelle-Seguin, département des Deux-Sèvres, condamné à mort, le 29 frimaire, an 2, par la commission militaire séante à Saumur, comme brigand de la Vendée.

      

    RL

     

    Octobre 2012

      

     

    Un nouveau complément sur le blog de mon épouse, nous donne de précieuses et nombreuses indications sur la vie et le décès tragique du curé constitutionnel de la Chapelle-Seguin, ainsi que sur le chapelain de l’Absie cité plus haut. Nous y reviendrons prochainement.

      

     

    http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/01/16/26168959.html

     

     

     RL

    Janvier 2013

     

    Comme on l’a vu sur le blog de la Maraichine Normande, le curé Burnet-Merlin fut assassiné en avril 1794.

    http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/01/16/26168959.html

     

    Le fait d’avoir prêté le serment constitutionnel ne mettait les prêtres aucunement à l’abri de la mort, puisque l’idéologie dominante était justement basée sur l’anticléricalisme. Un vitrail représentant la scène de son assassinat existe dans la petite chapelle qui tient lieu d’église au village de la Chapelle-Seguin.

     

    Lieu approximatif de la mort du curé Burnet-Merlin.

     

    La Chapelle-Seguin...

     

    C’est tout au fond de ce paysage que le drame a eu lieu…

     

    La Chapelle-Seguin...

     

     Vitrail de la chapelle représentant la mort de l'abbé Burnet-Merlin. Crédit photo: François Hélie de la Harie, avec son aimable autorisation.

     

    La Chapelle-Seguin...

     

     

    RL

    Juin 2013

     

     

    Nouvelle mise à jour sur cet article après les précisions d’un lecteur, M. Aiguillon qui nous indique ceci :

    « Je suis né à la Baraudière de la Chapelle Seguin oû mon père fermier cultivait la ferme de la Bourdetterie (1ere ferme à droite en entrant dans le hameau de la Baraudière). Au sud de la ferme il y avait deux champs. "Le champ de l'aire" sans particularité et "le champ d'en haut" qui était tout plat et qui avait au sud à 20 mètres de la haie un grand chêne. Bien que gênant pour la culture mes parents m'ont toujours dit qu'il ne fallait pas le couper parce qu’un prêtre avait été assassiné à cet endroit.  Etait ce le curé Burnet Merlin ? Je ne sais pas. »

     

    M. Aiguillon m’a envoyé aujourd’hui un plan cadastral avec des annotations permettant de visualiser les lieux :

    La Chapelle-Seguin...

     

    Voici approximativement l’emplacement du grand chêne où aurait été assassiné le curé Burnet-Merlin et marqué d’une croix rouge :

    La Chapelle-Seguin...

     

     

    Comme on pouvait s’y attendre, l’arbre a disparu. Rendez-vous sur place d’ici quelque temps…

     

    RL

    Août 2017

     


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    Jean Chauveau, de la paroisse d'Ardelay, 

    tué au combat des Quatre-Chemins le 29 septembre 1793. 

                

                 

     

    Jean Chauveau....    Jean Chauveau est dit « tué au combat des Quatre-Chemins le 29 septembre 1793 ». Peut-être un accrochage aux Quatre-Chemins à cette date ?

    Aucun écrit ne parle de ce combat du 29 septembre. On ne parle seulement de ce lieu que le 16 août quand Tuncq s'y aventure. Le 23 les Bleus vont s'installer plus au Sud, au camp des Roches, ils en seront chassés le 5 septembre à la bataille dite de Chantonnay.

    On ne reparle des Quatre-Chemins que le 24 novembre 1793, quand une poignée d'insurgés passe à proximité pour aller déloger le poste républicain de Mouchamps

        

    Jean Chauveau est né vers 1757 à Vendrennes. Il est le fils de Louis Chauveau et de Marie Goineau de Vendrennes. Il épouse le 5 février 1782 à Vendrennes, Marie-Elisabeth* Pasquereau-Paquereau, (vue n° 63/119 année 1782), née le 15 juin 1759 à Ardelay ; fille de Jean-François Pasquereau et de Marie-Jeanne Morillon. A cette époque il exerce la profession de laboureur.

     

    * Marie-Anne ou Marie-Elisabeth, suivant les actes.

     

    De cette union sont issus trois enfants dont une fille survivante.

     

    1° Louise Chauveau, fille de confiance, née le 29 décembre 1786 à Vendrennes (vue n°17/108 année 1786). Mariée le 19 juin 1809 à Saint-Mars-la-Réorthe (vues n° 154,155/278 année 1809 – vue n°169/278, promesses de mariages).

      Seule héritière, (dossiers des successions 1813-1823, vue n°89/115) Héritiers : « Chauveau, sa fille à la Barillère. »

     

    Le 18 février 1820, Marie-Elisabeth Pasquereau dépose une demande de pension :       

     

    '' N°681– Pasquereau Marie-Elisabeth, née le 15 juin 1759 à Ardelay, veuve de Chauveau Jean**, tué au combat des Quatre-Chemins le 29 septembre 1793 – exerçant la profession de journalière – Trois enfants - touche une pension de quarante cinq francs par décision du 20 janvier 1815.''

     

    ** Il est dit tué au combat des Quatre-Chemins. Le 19 juin 1809 lors du mariage de sa fille Louise, l'Officier public, comme toujours, est très discret sur les causes de la mort de Jean Chauveau puisqu'il inscrit : ''Jean Chauveau, laboureur, décédé commune de Vendrennes le 29 septembre 1793''. Ce qui est faux.     

      Marie-Elisabeth Pasquereau est décédée le 3 juin 1820 à Ardelay (vue n°201/358, période 1817-1823), domiciliée à la Guilarderie à la Barillère.

    Jean Chauveau....

    Jean Chauveau....

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions, - vue n°6/6, SHD XU 39.7 du 18 février 1820 – Registres d'état civil de la commune d'Ardelay, de Saint-Mars-la-Réorthe, de Vendrennes - Photo de l'auteur. 

                                                                      

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets                                                           


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    La Renusière de Maulévrier…

     

     

    Extraits des notes de Louis-Abel Loiseau (1896-1958) sur la famille Loiseau. Documentation fournie par madame Christelle Blanchet-Dixneuf et publiée avec son aimable autorisation.

     

    RL

    Août 2017

     

     

    « Avant la révolution, mon arrière-grand-père Pierre Loiseau exploitait la ferme de la Renusière, commune de Maulévrier. Quel âge avait-il au moment des guerres de Vendée ? Était-il marié depuis longtemps ? Je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’au moment où les colonnes infernales ravageaient la Vendée, mes arrière-grands-parents avaient un bébé de quelques jours. On a beaucoup parlé à la fin de la guerre 39-45 des atrocités commises par les Boches surtout à Oradour où toute la population de la petite ville fut anéantie sauvagement. Hélas, les Boches n’avaient pas inventé la cruauté et la Vendée avait connu cela avant Oradour. Les colonnes infernales de la République française avaient beaucoup de ressemblance avec les S.S. d’Hitler avec cette aggravation qu’elles s’attaquaient à des Français qui défendaient surtout leurs croyances religieuses.

    Un jour de 1794, à la Renusière, les colonnes infernales sont signalées. « Allez-vous cacher ! » dit mon arrière-grand-mère Rose Gouin aux autres habitants de la ferme, « moi je reste car mon bébé, par ses cris, nous trahirait tous. » Elle reste, les Bleus arrivent ; ils sont deux qui se dirigent vers la pièce où mon arrière-grand-mère debout derrière la table, son bébé dans les bras, crânement les attend. Le premier soldat qui rentre met la Vendéenne en joue mais le deuxième se précipite en disant : « Fais pas ça malheureux ! » Au même moment, il pose la main sur le canon du fusil. Le coup part et foudroie le chien couché sous la table. Mon arrière-grand-père avait la vie sauve et la ferme ne fut même pas brûlée. Ils fouillèrent partout et ne trouvant rien, repartirent. Il existe encore chez mon frère aîné, à la Brarderie, une vieille armoire à une porte, qui porte encore les traces de deux coups de sabre donnés par les bleus. Le bébé qui était mon grand-oncle grandit et en 1830, étant resté vieux garçon, il suivit la duchesse de Berry dans sa tentative de soulèvement de la Vendée et fut tué dans les marais vendéens par les soldats de Louis-Philippe.

    Les habitants de la Renusière vécurent sans doute d’autres aventures pendant la grande guerre comme on disait, mais mon grand-père ne connaissait que cet épisode tragique d’ailleurs… »

     

    La Renusière sur le cadastre de 1810 :

     

    La Renusière de Maulévrier....

     


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