•  

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie…

     

     

            2ème partie ici.

     

    Nous avions laissé Boucret quelque part entre la Petite-Boissière et Saint-Amand-sur-Sèvre. A voir le nombre de ruines sur le cadastre du bourg de la Petite-Boissière en 1812, on ne peut guère douter que la colonne de Boucret y passa. Maurice Poignat (1) nous indique que le presbytère et plusieurs maisons du bourg furent incendiés. Dix-huit ans plus tard, on retrouve le presbytère reconstruit, l’église peut-être également. Boucret, s’il est peut-être passé par la grande route que l’on a vu sur la carte de Cassini dans l'articles précédent a sans doute envoyé des hommes directement par la route de Châtillon à la Petite-Boissière que l’on voit ici matérialisée en orange sur la carte d’état-major de Géoportail.

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    Il apparaît clairement que le moulin de la Grande Métairie (aujourd’hui Piançon) et la Grande Métairie sont incendiés. De même pour le Bas et le Haut-Forgineau, puis enfin le bourg de la Petite-Boissière. On ne peut que s’étonner du peu de précisions recensées dans les correspondances mises au jour par Savary, surtout lorsqu’il avoue lui-même que Turreau est très avide des « détails d’incendie ».

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    Au Nord-Ouest du bourg de la Petite-Boissière, c’est le village des Roussières qui est la proie des flammes.

    Sur le chemin menant de la Petite-Boissière à Saint-Amand-sur-Sèvre, on ne trouve curieusement pas de traces de destructions. La Bleure-Rambault semble intacte. De même pour la Barangerie et sa petite chapelle en bordure de route. En revanche la Porcherie et la Maison-Neuve sont intégralement incendiées. Aucun bâtiment n’y reste debout. Ici, le cadastre de 1812 des AD79 (3 P 237/9) :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    Parallèlement et plus au Sud, aux limites de la commune de Montravers, ce sont les Ecorcins, la Poitière, la Doutière, le Rochais et la Courolière qui semblent avoir souffert. Est-ce bien l’œuvre de Boucret ou celle de Grignon, brûlant Montravers et filant vers la Pommeraie-sur-Sèvre non sans avoir massacré trois paysans à la Goderandière, puis avoir incendié l’Ouvrardière ? Boucret s’était promis dans sa correspondance de faire sa jonction avec Grignon, ce rapprochement semble s'être confirmé. 

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....  

    En tout cas, les incendies semblent remonter vers le bourg de Saint-Amand. Sur les cartes, les incendies que j’attribue à Boucret matérialisés par des flammes oranges, ceux de Grignon, par des flammes rouges. Les crânes indiquent le nombre de morts dont on a la certitude. Ceci étant bien entendu ma théorie personnelle, sans preuve historique absolue. C’est ainsi qu’on arrive par le Sud au bourg de Saint-Amand. Le logis et la ferme de la Guierche est incendiés. AD79 (3 P 237/9) :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

     Le bourg bien entendu n’y échappe pas. Ici les ruines en jaune sur le cadastre de 1812 (AD79, 3 P 237/10). Attention à la désorientation du plan, le Nord étant sur votre gauche :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    Bourcret est donc arrivé à Saint-Amand-sur-Sèvre et très laconique, il écrit à Turreau le 25 janvier :

     « J’ai donné des ordres pour qu’il soit chargé deux voitures de linge trouvé dans une cave. J’ai laissé sur mes derrières quantité de grains, mais j’ai pris le nom de toutes les métairies, et j’espère que tu m’enverras des voitures pour les faire enlever. Je n’ai rien de nouveau sur la position des brigands. »

    Le Souvenir Vendéen a fait édifier une croix à Saint-Amand-sur-Sèvre sur la route de Treize-vents, rappelant qu’en ce lieu un certain nombre de personnes furent massacrées.

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

     

    De là, Mallièvre est incendié le 26, ainsi que l’indique le journal du gendarme Graviche, mais aussi suivant un extrait d’une lettre du commandant de la place de Cholet à Turreau écrite le lendemain :

    « Je t’envoie général, un citoyen dont le patriotisme est reconnu, il est maire du bourg de Mallièvre. Son village s’est conservé patriote au milieu des brigands.

    Le général *** (Boucret), à son passage, a brûlé et incendié toutes les maisons de Mallièvre, à l’exception de celle de la municipalité et de la sienne. Elles sont maintenant le refuge de trois cents individus, dont cinquante hommes.

    Vingt-cinq jeunes gens de première réquisition sont disposés à partir pour la défense de la république, au premier ordre que tu leur en donneras.

    Ce bon citoyen va se présenter à toi, général, pour te faire part de sa sollicitude pour ces malheureux individus, qui, à la lueur des flammes de leurs maison, criaient vive la république. Il va te demander une solution à ses inquiétudes. Où se réfugieront ces malheureux individus ? Resteront-ils dans leur village incendié ? Ils le préfèrent. Donne-leur, général, une autorisation pour y rester. D’ailleurs, le maire répond sur sa tête du patriotisme de tous. Il te dira aussi que sa maison est l’entrepôt d’une grande quantité de grains ; il ne leur manque que des charrettes pour les faire parvenir à Chollet. »

    Nous arrêtons ici de suivre le parcours de Boucret, celui-ci étant passé en Vendée où le cadastre est beaucoup plus tardif qu’en Deux-Sèvres, et ne permet plus de suivre le fil des maisons ruinées. Néanmoins, on peut voir quelques ruines sur le plan de Mallièvre de 1839 (AD85, 3 P 134/2) :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    La rue principale de Mallièvre, par où est arrivée la colonne de Boucret :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

    Une maison de Mallièvre :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 3ème partie....

     

    Boucret est donc aux Epesses au soir du 26 janvier :

    « Je suis arrivé aux Epesses, à cinq heures du soir. J’ai fait assembler les officiers municipaux pour me faire donner des renseignemens sur la position des brigands ; ils ne la savent pas positivement, mais ils ont dit qu’ils les croyaient aux Herbiers. J’ai requis la municipalité de me faire cuire du pain ; nous avons quantité de farine et point de voitures. Je n’ai besoin de rien pour la nourriture, mais les soldats sont nus et sans souliers. »

     

    A suivre...

    Articles connexes ici, ici et ici.

    RL

    Juin 2019

     

    Notes :

    (1)  « Le Pays du Bocage », Editions du Terroir, Niort, 1984, p. 219.

    (2)  Caffin qui se plaignait plus haut que tous les meuniers et boulangers étaient en fuite. Mais qu’en aurait-il fait s’il en avait rencontrés ? La réponse semble être dans la phrase à laquelle renvoie cette note…

     

     

     


    1 commentaire
  •               

    Condamné à mort pour avoir crié 480 fois ''Vive le Roi !''        

       

     

     

    "Vive le Roi", 480 fois....Moins de 500 fois ? Péché véniel, ça a le mérite d'être précis, la république a le souci de la rigueur, c'est un comptage encore plus scrupuleux que le radar tourelle racketteur...

     

    « Département de Maine et Loire. Première Commission Militaire, séante à Angers. 

    Le 5 Pluviôse : 

     

    . François Martin, dit Lebreton, maréchal à la Guiberdière, près de Mortagne. 

    . Joseph Goubeau, surnommé Leblond, tisserand et barbier à la Séguinière, district de Cholet. 

    . Pierre Baranger, tisserand à Cholet; 

    . Joseph Roger, natif de Torfou et aubergiste à Tiffauges, district de Cholet; 

    . Pierre Ruillier, aubergiste à Cholet; 

    . Marie Poirier, femme Dabin, native de Cholet ; 

    Tous les six atteints & convaincus : 

    1° d'avoir eu des intelligences avec les brigands de la Vendée; 

    2° d'avoir (François Martin, dit Lebreton) porté les armes contre les armées de la république, & s'être trouvé à différents combats qui se sont livrés entr'elle & les brigands;

    3° d'avoir accomodé les affûts de canons de ces révoltés, ferré leurs chevaux, & fabriqué plusieurs piques pour eux & contre sa patrie ; 

    4° d'avoir crié vive le roi, lorsque le drapeau blanc flottait sur le clocher de Mortagne, & appeloit tous les fanatiques & les partisants de la tyrannie à la révolte la plus insultante à la république française ; 

    5° d'avoir (Joseph Goubeau, surnommé Leblond) arboré la cocarde blanche pendant l'espace de trois mois consécutifs ; 

    d'avoir crié vive le roi & d'avoir répété ce cri infâme, insolent & contre-révolutionnaire au premier chef, 480 fois ; 

    7° d'avoir dit à Cambon, maire de Cholet, qui fuyoit les brigands : ''Gueux, ton frère a voté la mort du roi, tu vas payer pour lui'' ; 

    8° d'avoir (Pierre Baranger) servi en qualité de caporal dans le rassemblement contre-révolutionnaire des brigands ; 

    9° d'avoir déterré un fusil caché chez lui, pour s'en servir contre les armées de la république ; 

    10° d'avoir monté la garde, pour empêcher les prisonniers patriotes de s'échapper. 

    11° d'avoir fabriqué, pendant 15 jours, des cartouches à l'usage des scélérats de la Vendée; 

    12° d'avoir (Joseph Roger), servi en qualité de cavalier dans le rassemblement des brigands, armé d'un sabre et d'un pistolet à deux coups, qu'un patriote avoit caché chez lui; 

    13° d'avoir (Pierre Ruillé) servi dans le rassemblement contre-révolutionnaire des brigands, tant en qualité de caporal, qu'en celle de sergent; 

    14° d'avoir monté la garde au ci-devant château de Cholet, lorsque les brigands fusillèrent le républicain Ballard,& coupèrent l'arbre de la liberté qui étoit planté devant le ci-devant château ; 

    15° d'avoir (Marie Poirier femme Dabin) engagé les brigands à ne plus faire de prisonniers patriotes, & à tuer tous les bleus. 

    16° d'avoir manifesté l'intention d'empoisonner la troupe des prisonniers défenseurs de la patrie, si elle leur en portoit; 

    17° d'avoir apprêté, avec le plus grand soin, la nourriture que prenoient les scélérats de la Vendée, qui demeuroient chez elle; 

    18° Enfin d'avoir tous les six provoqué au rétablissement de la royauté & à l'anéantissement de la souveraineté du peuple français; ont été condamnés A LA PEINE DE MORT. » 

     

    Le 6 Pluviôse : 

     

    . Charles Hernault, dit Montiron; & 

    . Mélanie Louet, femme d'Antoine-Hercule Lehainaut, dit de Saint Sauveur, ci-devant nobles, atteints & convaincus; 

    1° d'avoir eu (Hernault dit Montiron) des intelligences avec les brigands de la Vendée ; 

    2° d'avoir servi les projets contre-révolutionnaires de ces mêmes brigands, par des liaisons étroites avec le ci-devant & prétendu évêque d'Agra ; 

    3° d'avoir arboré la cocarde blanche tant à Saumur qu'à Angers, & avec ce signe de rébellion, avoir maintenu & propagé la contre-révolution qui a éclaté dans le département de la Vendée, sous l'étendard de la tyrannie & du fanatisme ; 

    4° d'avoir eu (Mélanie Louet) des correspondances intimes avec les brigands de la Vendée; 

    5° d'avoir favorisé les projets liberticides des brigands, par ses écrits, conseils, actions, ou facultés pécuniaires ; & passé la loire avec eux; 

    6° d'avoir été trouvée nantie de plusieurs passe-ports au nom d'un prétendu Louis XVII, dont l'un d'eux est ainsi conçu : 

    « Laissez passer librement Madame de Saint-Sauveur, son petit fils, deux conducteurs & trois chevaux, pour aller rejoindre Madame d'Autichamp à Fougères, le 6 octobre 1793. signé Lepron de la Pétouline, commandant des Armées Catholiques.» ; 

    7° Enfin d'avoir tous deux, provoqué au rétablissement de la royauté, à la destruction de légalité, de la liberté & conspiré contre la souveraineté du peuple; ont été condamnés A LA PEINE DE MORT. » 

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire, tous droits réservés – Extrait des affiches d'Angers - numéro 16, du 10 pluviöse de l'an 2 - vue n° 32/36.

    . Photos : Guillotine.- Révolution - Pierre Chenu professeur à la Sorbonne.- ''Les heures les plus claires''. 

     

                                                                  

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


    votre commentaire
  •  

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie…

     

    1ère partie ici.

     

    Le 23 janvier 1794, Caffin écrit à Turreau depuis Maulévrier :

    « Depuis deux jours, il est parti environ deux cents charretées de grains, sans compter les fourrages. Personne ne pourrait croire la quantité de grains qui se trouvent dans les environs ; on en découvre partout et j’ose t’assurer que six cents charrettes ne serviraient qu’à éclaircir le pays.

    Je t’observe que Maulévrier, Isernay et quelques villages à un quart de lieue l’un de l’autre, composent plus de quinze cents maisons, sans y comprendre les métairies. Lorsque tout sera évacué, je ne veux pas qu’il en reste un vestige, et le pays sera purgé par le fer et le feu. Il ne m’échappera pas un brigand. Ce matin, je fais fusiller quatorze femmes et filles. »

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

     

    Le même jour, Boucret écrit à Turreau depuis Châtillon :

     

    « J’ai étendu ma chaîne depuis Moulins jusqu’à Châtillon. J’ai laissé à la Tessouale deux cents hommes, jusqu’à l’arrivée du général *** (Caffin), je ne partirai de Châtillon que le 25. Je me diviserai en deux colonnes, l’une partant de Châtillon pour se rendre au Temple, l’autre de Châtillon à la Boissière, qui correspondra avec celle de *** (Grignon) qui devra se trouver à la Pommeraie.

    Je serai le 27 aux Epesses où j’attendrai de nouveaux ordres. Toute la partie que j’ai parcourue a été exactement fouillée ; il ne reste rien à désirer. J’ai deux fois fait en petit ce que nous faisons en grand ; rien n’a échappé à ma surveillance. Je ne sais pas ce que c’est que d’écrire laconiquement (1). Sois sûr général, que je ferai toujours mon possible pour mériter ta confiance. »

     

    Boucret n’aura pas grand travail à faire pour brûler Châtillon si on en croit la description qu’en fait Lucas de la Championnière à la mi-décembre 1793. La ville ne s’est visiblement pas remise des combats du mois d’octobre précédent (2) :

    « On continua la route sans incident jusqu’à Maulévrier : nous trouvâmes à Châtillon les traces encore récentes du combat qui y avait eu lieu ; la ville était entièrement incendiée, quelques petites maisons encore debout étaient remplies de femmes ; pas un homme dans tout le pays. Outre les fosses immenses qu’on voyait à l’entour de la ville, des cadavres à demi-rongés couvraient encore le grand chemin de Bressuire ; le carnage d’après ces indices avait dû être affreux. »

    Châtillon-sur-Sèvre (Mauléon), en 1812 sur le cadastre des AD79 (3 P 59/2). Les bâtiments colorisés en jaune indiquent un état de ruine. Il me semble inutile d’ajouter des commentaires.

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

     

    Le détachement de Boucret, parti vers le Temple, brûle ce bourg, ce qui ne fait guère de doute, mais semble avoir épargné l’église, qui à l’époque n’est autre que la chapelle de l’ancienne commanderie déjà évoquée ici. De là, on peut supposer que ce détachement va incendier le bourg de la Chapelle-Largeau. On ne trouve que peu de traces de maisons ruinées sur la commune, si ce n’est quelques unes dans le bourg comme on peut le voir sur le cadastre de 1812 (AD79, 3 P 124/4). L’église ne semble pas avoir été touchée, ou alors reconstruite entre temps :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

     

    Le lendemain 24 janvier, Caffin écrit de Maulévrier :

    « J’ai perdu hier une journée entière faute de charrettes. Aujourd’hui j’en fais charger soixante-cinq au bourg des Echaubrognes, je doute encore si elles suffiront pour enlever toutes les subsistances, et si je pourrai l’allumer (3). S’il ne me restait que les brigands, je partirais de suite, car je les ai bien éclaircis, et si je n’en avais pas besoin pour conduire les charrettes, je ferais tuer le reste.

    Donne tes ordres, je t’en prie, général, pour faire filer des charrettes de ce côté-ci. Je crains d’être forcé de partir avant que toutes les subsistances ne soient enlevées, et par conséquent de ne pouvoir incendier, voulant suivre tes ordres strictement. »

    Pour rappel, les parcours approximatifs des colonnes Boucret et Caffin établis par Nicolas Delahaye (4). Cette carte est à mémoriser et va nous aider à comprendre la suite des opérations, y compris dans les articles à venir :  

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

     

    Parrallèlement et à la même date, Boucret écrit depuis Châtillon :

    « Je t’envoie trente-deux pièces d’église, dont sept trouvées par deux volontaires, et vingt-cinq trouvées par moi dans un caveau. Il me manque des voitures, je laisse quantité de grains sur mes derrières. J’ai fait pousser des patrouilles de cavalerie sur toutes les routes et issues : on n’a rien trouvé. Je n’ai point de nouvelles sur la position des brigands. Je partirai de Châtillon demain 25. »

    Le 25 janvier, Caffin écrit depuis Maulévrier :

    « Aujourd’hui je vais commencer à évacuer Isernay. J’y envoie toutes les charrettes, elles ne suffiront pas ; mais on peut faire deux tours à Maulévrier où j’établis un dépôt, d’après l’approbation que tu as donnée à la proposition de Beaudesson. Le magasin de grains est établi dans l’église et celui des fourrages sous les halles, cela ne m’empêche pas d’incendier, vu qu’il n’y a pas de grandes communications.

    Pour le bien de la République, les Echaubrognes ne sont plus, il n’y reste pas une seule maison. On y a trouvé six volontaires assassinés et des fusils de munition. Rien n’a échappé à la vengeance nationale. Au moment où je t’écris, je fais fusiller quatorze femmes qui m’ont été dénoncées (5).

    Je te préviens que je n’ai ni meuniers ni boulangers pour les subsistances de la troupe ; ils sont tous en fuite. Le pain sera dû demain, et il n’y en a pas ici. »

    Etats des bourgs de Saint-Pierre et Saint-Hilaire-desEchaubrognes en 1812 (cadastre des AD79, 3 P 287/4 et 3 P 287/11) :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

    Il s’agit bien ci-dessous de Saint-Hilaire contrairement à l’annotation du plan :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

    La colonne de Boucret s’est divisée en deux. L’un de ses détachements est parti vers le Temple comme nous venons de le voir, l’autre vers Saint-Amand-sur-Sèvre, en passant par la Petite-Boissière. Ce détachement est-il passé par le grand chemin de Châtillon à Fontenay, visible sur la carte de Cassini et totalement disparu de nos jours ?

    Ici sur la carte de Cassini de Géoportail :

    La colonne infernale Boucret/Caffin, 2ème partie....

    C’est ce que nous allons essayer d’étudier dans le prochain article.

    A suivre…

    RL

    Juin 2019

     

     

    Notes :

    (1)  Note de Savary : « Turreau lui reprochait d’être trop laconique dans sa correspondance ; il voulait que l’on entrât dans tous les détails d’incendie, etc, que *** (Boucret) semblait ne pas oser avouer. »

    (2)  Mémoires de Lucas de la Championnière, p. 65.

    (3)  Souligné par Savary.

    (4)  « Les 12 Colonnes Infernales de Turreau », Pays & Terroirs, 1995, p. 113.

    (5)  C’est la seconde fois en deux jours que Caffin annonce avoir fait fusiller 14 femmes.

     

     


    votre commentaire
  •  

    La folie meurtrière des Conventionnels... 

       

     

     

    Extermination des Chouans....Extermination, anéantissement, génocide ???

    Après la liquidation des Vendéens, c'est au tour des Chouans de disparaître.

     

    L'avocat Jacobin, régicide et Conventionnel, Jacques Garnier de Saintes est un personnage d'une extrême violence, animé d'une haine sans borne envers les insurgés de l'Ouest. Nommé Représentant auprès de l'Armée des Côtes de Brest, il ''se lâche'' dans une lettre écrite à la Convention le 15 nivôse de l'an II.

     

    « Lettre du Représentant Garnier, de Saintes à la Convention, le 15 Nivôse : 

       

    L'ex prince de Talmont vient dêtre arrêté auprès de Fougère. Ce capet des brigands, souverain du Maine & de Normandie, mérite bien de figurer sur le même théatre que son défunt confrère. J'ai écrit à mon collègue Lavallée, pour le faire transférer à Paris ; avec ce grand prince on a arrêté le buzotique Bugon, ex-procureur-général-syndic du département du Calvados. C'étoit le chancelier de Talmont. Il auroit été à souhaiter qu'il eût assisté à la cérémonie, pour apposer le sceau du couronnement de son maître, mais mis hors la loi, Lavallée le fera exécuter. 

    Les brigands exterminés, nous allons nous occuper de l'entier anéantissement des chouans ; cette nouvelle horde de rebelles se grossit de tous les débris de l'armée anéantie des Vendéens. Le même sort les attend, & je ne pense pas, parmi les malveillants qui nous restent encore, qu'il s'en trouve d'assez insensés pour faire à l'avenir un pareil métier. » 

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire, tous droits réservés – Extrait des Affiches d'Angers - vue n° 14/36 - Janvier 1794. - 15 nivôse an 2.

    . Photos: Cachet de l' armée Royaliste de Bretagne - Wikipédia. 

                                                                

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


    votre commentaire
  •  

    Des fusils anglais... 

       

     

     

    Des fusils anglais....J.R Clergeau, en parlant des armes anglaises dans les guerres de Vendée, nous dit :

    «Il faut détruire la légende tenace des ''fusils anglais'' qui auraient armé de nombreux contingents vendéens. Ceux-ci, en effet, ne reçoivent pas d'armes britanniques, si ce n'est tardivement, et semble t-il une seule fois, en 1795 lors de l'apparition fugitive du duc d'Artois (le futur Charles X) à l'île d'Yeu. Un débarquement assez important d'armes, munitions et équipements à lieu à Saint-Jean-de-Monts... Les fusils livrés ne sont pas pour la plupart d'excellents ''Brown Bess'' de l'armée britannique, mais bien souvent des armes de traite réquisitionnés dans les magasins de la compagnie des Indes... » 

     

    On peut donc présenter comme arme vendéenne, le fameux ''Brown Bess'' anglais livré en 1795, il fait partie des guerres de l'Ouest et est présent chez les royalistes du Marais.

    A Chalans, le 6 Frimaire an IV (27 novembre 1795), le chef de brigade Duboy, nous parle de 300 fusils anglais aux mains des Maraîchins.

     

    « Chalans, le 6 Frimaire an IV de la République. 

     

    Duboy, chef de brigade, au général en chef. 

     

    Le désarmement général surpasse mes espérances ; déjà j'ai obtenu du marais 300 fusils, pour la majeure partie anglais et de munitions ; ils seront portés demain à Nantes. 

    Je vous fais passer l'état des communes qui les ont fournis ; ce n'est qu'un à-compte et j'espère avant peu vous faire un nouvel envoi. 

    La violence n'a point arraché ces armes des mains des habitants, presque tous les ont rendues volontairement ; à votre voix, ils se sont rassemblés et les royalistes comme les patriotes oubliant leurs ressentiments, ont juré d'être soumis aux lois et de vivre en bonne intelligence.  

    Je vous fait passer une proclamation de Pajot chef de division des rebelles, aux habitants du Bois-de-Céné, pour les empêcher de remettre leurs armes. Vous y verrez le langage du brigand le plus farouche et le plus sanguinaire ; mais ses menaces seront impuissantes ; ici, comme dans les autres communes ; les cultivateurs sentent que la paix seule peut leur procurer le bonheur. 

    J'y joint l'original d'une circulaire de Charette, en date du 22 mars 1795, environ un mois après la pacification, par laquelle il defend de laisser sortir de son armée aucuns vivres et bestiaux.  

    Que les royalistes viennent nous parler de la bonne-foi de ce brigand qui déchirait, pour ainsi dire, d'une main, le serment qu'il signait de l'autre. » 

    signé : Dubois. 

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire, tous droits réservés – Extrait des affiches d'Angers – vue n°19/35 – Frimaire an IV.

    . La Gazette des Armes n°134 octobre 1984 – Les armes de la Vendée- pages 11 et 12 de J.R Clergeau. 

       . Photos : Extraite du blog ''Tortuga Trading'' – platine du fusil Brown-Bess. 

     

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires