•  

    Jacques Bretaud, de la paroisse des Essarts, 

    tué par une colonne républicaine, le Dimanche 29 septembre 17  ?

     

     

     

    Jacques Bretaud....Les écrits de l'époque nous ont laissé deux versions sur les circonstances de la mort de Jacques Bretaud.

    La première, issue de la demande de pension de sa veuve Marie Papaillon, nous signale qu'il « A été tué en fuyant les Colonnes et les armes à la Main, dans la Commune des Essarts, le 29 septembre 1795.  »

    La seconde, enregistrée le 31 mars 1818, lors de la reconstitution des actes de décès de la commune des Essarts (vue n°10, naissances-décès de 1792 à 1800)  nous apporte beaucoup plus de précisions en ce qui concerne le lieu, la date étant différente seulement au niveau de l'année.

     

    Jacques Bretaud «  A été pris dans sa vigne des Terres-Mortes près le village de Launay* (L'Aunay), commune de Saint-Florence, le 29 septembre 1793 par un détachement de l'armée républicaine ; et a passé généralement pour avoir été tué aussitôt après sa capture, n'ayant point reparu depuis cette époque. »

     

    * L'aunay est un village situé sur la commune de Sainte-Cécile, la vigne des Terres-Mortes se situant sur la commune de Sainte-Florence. 

    Jacques Bretaud....

    Jacques Bretaud....

    Jacques Bretaud....

     

    Jacques Bretaud est né le 20 février 1738 à la Merlatière. Il est le fils de Jean Bretaud et de Jeanne You. Domestique, il épouse le 14 février 1776 à Sainte-Florence, Marie Papaillon, née le 1er mars 1756 à Saint-Florence, fille de Jacques Papaillon et de Marie Maunereau (vue n°31/184). En 1793, il est domicilié à la Rabretière, commune des Essarts.

     Jacques Bretaud....

    De cette union sont issus :

     

    1° Louise Bretaud, née le 21 novembre 1781, aux Essarts.

    2° Jacques Bretaud, né le 22 août 1785, aux Essarts.

    3° Marie Bretaud, née le 31 octobre 1787 à St Martin des Noyers. le 25

    janvier 1789 à la Merlatière.

    4° Marie Bretaud, née le 8 novembre 1793 aux Essarts.

     

    Le registre des pensions établi le 15 février 1817 fait apparaître la demande de pension suivante :

     

    Le 27 mars 1820 – supplément du cahier du 15.2.1817.

     

    « N°691 – Papaillon Marie – née le 1er mars 1756 à Sainte-Florence – veuve de Bretaud Jacques – soldat des Armées Vendéennes – tué en fuyant les colonnes et les armes à la main dans la commune des Essarts, le 29 septembre 1795. - sans profession – indigente – domiciliée aux Essarts – deux enfants – proposée pour une pension de 40 francs le 18 janvier 1815.  »

     

    Jacques Bretaud....

    Jacques Bretaud....

     

    Marie Papaillon est décédée le 6 décembre 1824 à Grissay, commune des Essarts.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Les Noms de Vendée - Dossiers de pensions, SHD XU 39-8 du 27 mars 1820 – vue n°2/7 - Registres d'état civil de la commune de la Merlatière – Ste-Florence- les Essarts- St Martin-des-Noyers - Cadastre, tableau assemblage 1825 les Essarts la Rabretière – Cadastre de Ste-Cécile l'Aunay - Cadastre de Sainte-Florence – Photo de l'auteur. 

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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    Coblence, le 16 octobre 1793 à cinq heures du matin... 

    «  Avez-vous bien dormi Monsieur le Marquis ? » 

    «- Oui ! Dommage que nous soyons en émigration mon cher... »

     

                 

    16 octobre 1793....« A cette même heure, des conjurés se dirigent vers la rue Saint-Honoré où doit passer la suppliciée. En se rendant à leur poste ils sont pleins d'espoir : Ils seront cinq cents tout à l'heure – quinze cents même, pensent certains ! - et bondiront sur la charrette.

     

    Quels sont ces ultimes défenseurs de Marie-Antoinette qui vont perdre leur vie pour sauver celle de la Reine ?

    D'anciens gardes du corps ? D'anciens officiers de la Maison de la Reine ? D'anciens amis de Trianon, qui, autrefois, pour baiser le bout des doigts roses de leur Souveraine, se seraient fait tuer ? 

    NON !

     

    A la tête de la conspiration se trouve une ancienne ouvrière qui a perdu la vue en faisant de la dentelle : c'est une Auvergnate bossue, nommée Catherine Urgon, femme Fournier. Son état-major est composé de son fils, un décrotteur de quatorze ans et de deux perruquiers : Guillaume Lemille et Jean-Baptiste Basset. Ce dernier, âgé de dix huit ans et demi, a réussi, à lui tout seul, à réunir quatre cent soixante hommes. Leur quartier général se tient chez un marchand de vin de la rue de la Vannerie, à l'enseigne de la Cave des Charbonniers. Leurs principaux lieutenants ? Deux serruriers, trois pâtissiers, deux marchands de vin, deux épiciers, deux charcutiers, deux convoyeurs, deux maçons, un rémouleur, un peintre en bâtiment, un jardinier, un fripier, un limonadier... et quatre perruquiers ! Et tous demeurent dans la Section des Incorruptibles, autrement dit la Section des Arcis qui s'étend au nord de la place de Grève, à deux pas de la conciergerie. Ils ont comme signe de ralliement une petite carte ronde portant à son centre un cœur et sur son pourtour ces mots : Vive louis XVII roi de France.

     

    Leurs principales « forces » ont été recrutées parmi les Volontaires casernés à Vanves et à Courbevoie. On parle de quinze cent hommes et la dentellière bossue et aveugle sait leur parler !

    Il ne nous faut pas des gens à paroles ! Il faut des braves, des gens qui sachent frapper ! Enfin tous des « Charlotte Corday » !

    Au début du mois, ils avaient tout d'abord voulu se ruer sur la Conciergerie.

      Il faut agir tout de suite, s'était écrié l'un des perruquiers, sans cela cette malheureuse périra !

    Leurs armes ? Quinze cent pistolets ! Leur plan ? Il était ingénieux et dû au jeune Basset : allumer de jour, tous les réverbères du quartier, de façon que, faute d'huile, ils s'éteignent au milieu de la nuit. Profitant de l'obscurité, on se serait alors porté en masse à la Conciergerie.

    Mais six bas policiers ont eu vent du projet. En se faisant passer pour ardents royalistes, ils ont réussi à capter la confiance des perruquiers et à faire différer l'attaque de la prison... à la faire tellement retarder que le procès avait commencé.

    La bossue manifesta alors « un désespoir affreux ».

    Il n'y a pas un instant à perdre pour sauver la pauvre Reine. Il faut absolument que l'on donne des ordres pour faire un rassemblement et enlever la condamnée au cours du trajet !

    Et ordre est donné aux conjurés de se porter rue Saint-Honoré...

     

    Le temps s'est un peu réchauffé -10 degrés à onze heures – il fait beau, une légère brume, cet indéfinissable brouillard parisien, estompe les lointains... La charrette s'ébranle avec fracas... elle passe rue Saint-Honoré : « elle saute sur le pavé et on l'entend craquer comme si elle allait se rompre ». Un cri poussé par une femme soufflette la Reine :

    - A mort l'Autrichienne !

    Elle regarde avec une « expression de mépris » qui s'efface aussitôt : elle a reconnu une ancienne femme de chambre du château. Devine-t-elle aussi, à l'angle d'une rue, un groupe « d'honnêtes gens », simplement mis ; ce sont nos perruquiers anéantis... Ils sont à peine quatre vingt : une trentaine de petits commerçants et d'ouvriers du quartier des Arcis et cinquante deux volontaires venus de Vanves. Les mouchards ont agi. La police a fait son devoir et noyauté le mouvement. Désespéré, le petit décrotteur a eu beau crier :

    - Il faut se porter chez les gros marchands qui ne demandent pas mieux que de la soustraire aux bourreaux !

    Les perruquiers se sont bien rendu compte que tout était fini.

    La charrette a passé.

    Ils restent là, plantés, hagards, attendant que la police vienne les cueillir...

     

    Midi sonne...   » (Marie-Antoinette d'André Castelot, pages 549,555,556) 

     

     

    Coblence, en ce 16 octobre 1793, Second Service...

     

    « - Reprendrez-vous de notre plat de rôt ? ''Des petits Poulets à la Reine'', Monsieur le Marquis. »

     

    Sources : Marie-Antoinette d'André Castelot de l'Académie française -Librairie Académique française, 1962 – Achevé d'imprimer en juillet 1993 sur les presses de l'imprimerie Hérissey à Evreux (Eure) n° éditeur 26091 : Dépôt légal : 1962 – N° imprimeur 62126. Gravure: Awakening-Beauty. The crowther oblak. Collection of Victorian-Art. 

     

                                                           

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    L’incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre…

     

     

    L’historique du château de la Forêt-sur-Sèvre est connu et il serait superflu d’y revenir (1). On notera toutefois quelques anecdotes curieuses durant la période révolutionnaire et de l’insurrection vendéenne. En premier lieu on sait que le château de la Forêt fut le lieu de résidence du « pape des huguenots », Philippe de Mornay, dit « du Plessis Mornay » (1549 - †1623 au château qui nous intéresse). Cet homme, farouche protestant et donc peu suspect de catholicisme, mais pourtant partisan de la paix religieuse et mort depuis déjà 150 ans, a dû subir un procès posthume de la part des révolutionnaires. Faute d’avoir son corps, pourtant enterré près du château, on se contentera de brandir son portrait en hurlant à la mode de ce temps-là : « Eh bien ! du Plessis qu’avez-vous à répondre ? »

    Le château servit de prison alternativement pour les Républicains et les Vendéens mais c’est le témoignage du comte de la Bouëre qui nous donne le plus de détails  (2) :

    "J'avais été laissé au château de la Forêt-sur-Sèvre pendant la seconde attaque de Fontenay, on m'en avait donné le commandement pour tenir ce château fort en état, et pour servir de retraite au cas où cette affaire ne réussirait pas mieux que la première Je devais aussi attendre les réponses faites aux démarches de deux émigrés envoyés, l'un en Espagne, l'autre en Angleterre, pour demander des secours à ces deux puissances. Ces missions ont été sans résultat. L'un d'eux fut arrêté, je crois, à Saint-Gilles, l'autre n'aura pu probablement parvenir non plus à s'embarquer.

    J'ai oublié le nom des deux personnes qui avaient été chargées de ces deux missions par M. d'Elbée. J'ai toujours cru que M. Bureau de la Batardière en était une, sans pourtant l'assurer.

    J'avais donc approvisionné ma forteresse et j'avais mis une assez bonne garnison, corps de réserve, pendant la seconde attaque de Fontenay ; elle fut heureuse. On m'envoya alors plus de trois mille prisonniers. Mais peu à peu, nos soldats, qui ne pouvaient rester à rien faire longtemps hors de chez eux, y retournèrent, et bientôt j'allais me trouver seul à garder ces hommes turbulents (il ne me restait plus que huit Vendéens). Je ne pus leur imposer et les contenir, car ils avaient fait le projet de s'évader, qu'en faisant braquer sur eux deux canons chargés à mitrailles et mèches allumées.

    Je mandai aux chefs ma position. Ces prisonniers étaient presque tous Marseillais, vainqueurs de la Bastille, vrais bandits. Ils m'écrivaient tous les jours de belles lettres pour me prouver leur bonne conduite et demander leur liberté, disant qu'ils avaient été enrôlés de force, et que c'était contre leur gré qu'ils étaient venus combattre les Vendéens."

    Il fut décidé que les prisonniers seraient évacués sur Châtillon et autres postes militaires. M. de la Bouëre donna des ordres pour faire un rassemblement dans les paroisses environnantes et opéra le transfèrement de ses prisonniers entre deux haies de paysans armés. Sans doute qu'il s'en échappa quelques-uns en route, puisqu'ils étaient libres de leurs personnes, et que les Vendéens n'étaient pas trop disposés à les maltraiter hors des combats (Précisions de la Comtesse).

     

    Le château sera incendié le 7 octobre 1793 et ce sont encore une fois les archives militaires qui nous en apportent la preuve :

     

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

     

    « A Bressuire le 8 8bre (octobre) 1793, l’an 2 de la répub. une et indivisible.

    Les représentans du peuple près l’Armée de L’ouest, réunis au quartier général à Bressuire aux représentants du peuple membres du comité de salut public.

    Citoyens collègues

    Les armées de la république viennent d’entrer dans Bressuire où s’est effectuée la jonction des armées de Niort et de Saumur conformément au plan ce campagne arrêté dans le dernier conseil de guerre tenu à Saumur.

    L’armée de Niort partie de la Chataigneraye a rencontré quelques brigands aux environs du château de la Forest ; elle les a mis en fuite après en avoir tué plusieurs. Le château a été incendié.

    L’armée de Saumur composée des divisions de Doué et de Thouars a aussi rencontré quelques partis de brigands a Argenton et Coulonges (Thouarsais) ; ils ont été également mis en fuite après avoir laissé plusieurs des leurs sur la place. Les châteaux qui se sont trouvés sur la route ont été incendiés comme celui de la Forest.

    Nous avons donné des ordres pour enlever et porter sur les derrières les bestiaux et les subistances. Nous y envoyons aussi les femmes et les enfants. En enlevant ainsi aux brigands leurs dernières ressources, nous espérons qu’enfin nous terminerons cette guerre désastreuse.

    Nous partons demain pour attaquer Chatillon et enlever s’il se peut le fameux conseil supérieur. La bonne volonté et le courage que manifestent les troupes de la république nous présagent d’heureux succès.

    Nous espérons que cette diversion facilitera les opérations de l’armée de mayence et que nous parviendrons enfin a faire notre jonction sous les murs de Mortagne.

    Nous attendons avec bien de l’impatience le moment ou nous pourrons vous annoncer que l’arbre de la liberté a été planté dans les derniers repaires des brigands.

    Salut et fraternité      Bellegarde

    Notre collègue Fayau est resté

    a la division de Luçon

    Pierre Choudieu »

     

    Le château en ruine sur le cadastre de 1809 :

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    Sur quelques cartes postales anciennes :

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    De nos jours :

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

    L'incendie du château de la Forêt-sur-Sèvre....

     

    Monsieur de la Maquillé entreprendra de le reconstruire en 1819 puis le vendit au marquis de La Rochejaquelein en 1855 avant que le comte de Rohan-Chabot ne termine la restauration. Restauration qui ne sera que partielle comme on peut le constater en comparant le cadastre la vue aérienne ci-dessus.

    RL

    Octobre 2017

     

    Notes :

    (1)  « Les Archives de Guy de Raignac » De châteaux en logis, itinéraires des familles de la Vendée. Bonnefonds, Aizenay, 1998, Tome IX, op. cit. P 10 et sq. « Châteaux, manoirs et logis des Deux-Sèvres », 1998, op. cit. P 40. Constant Vaillant, « Cerizay, Ville Historique et Martyre, Tome 1er, Hérault, Maulévrier, 1980, p. 38 et sq. « Un éloge de du Plessis-Mornay et un projet de monument à sa gloire », note lue à l’assemblée générale de l’histoire du protestantisme français, le 10 mai 1870. Liste des sources non exhaustive, bien entendu ! A prendre toutefois avec précautions les récits de Constant Vaillant, souvent truffés d’erreurs à force de recopiages d’autres ouvrages, pas toujours eux-mêmes très fiables. C’était ainsi que les historiens locaux travaillaient au début des années 80, par faute d’accès direct aux sources. Cela n’ôte rien au talent de l’écrivain mais Dieu merci les choses ont évoluées depuis.

    (2)  « Souvenirs de la comtesse de la Bouëre », p. 48 & 49.

     

    (3)  SHD B 5/7-8, v. 9 & 10.


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    Pierre Bossard de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, 

    tué au combat du château de la Preuille. 

     

     

     

    Pierre Bossard....La septième Colonne Infernale est en quelque sorte la garde personnelle de Turreau et l'accompagne dans ses déplacements. N'ayant pas de compte à rendre, les actions de Turreau sont peu connues. Nous savons que le 1er février il est Montaigu et que le 9 du même mois, il approche de Nantes. L'itinéraire suivi est le suivant : Montaigu, Saint-Hilaire-de-Loulay, Remouillé, Aigrefeuille et Nantes.

    Saint-Hilaire-de-Loulay est brûlé par les Colonnes Infernales...

     

    Pierre Bossard est laboureur à la Mongie, métairie proche du château de la Preuille* où il est tué.

    Pierre Bossard....

    Pierre Bossard....

     

    * En mai 1832, la Duchesse de Berry se rend à Nantes et fait escale au château de la Preuille. Elle y est reçue par le comte Dominique de Nacquard et repart déguisée en paysan... 

     

    Pierre Bossard....

     

    Pierre Bossard est né le 16 mars 1745 à Saint-Hilaire-de-Loulay. Il est le fils de Jean Bossard et de Marie Blain, veuf de Perrine Jannière ; il épouse le 30 avril 1782 à Saint-Hilaire-de-Loulay, Perrine Douillard, fille de Pierre Douillard et de Marie Bonnet de la paroisse de Remouillé (vue n°223/356). En 1787, il est métayer à la Mongie. De cette union sont issues :

     

    1° Marie Bossard, née le 13 août 1783 à la Mongie, St Hillaire-de-Loulay.

    2° Catherine Bossard, née le 24 avril 1787 à la Mongie.

     

    Le registre des pensions établi le 15 février 1817 fait apparaître la demande de pension suivante :

     

    « N°140 - Douillard Perrine – née à Remouillé en 1756 - veuve de Pierre Bossard - soldat des Armées Vendéennestué au combat du château de la ? - aucun moyen d'existence – domiciliée à Saint-Hilaire-de-Loulay – 1 enfant – proposée pour une pension de 40 francs. »

    Pierre Bossard....

    Pierre Bossard....

     

    Perrine Douillard, née le 9 juillet 1758 à Remouillé, est décédée le 1er avril 1842 au Jeune Tréhan, commune des Brouzils.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Les Noms de Vendée - Dossiers de pensions, SHD XU 39-5 du 15 février 1817– vue n°11/41 - Registres d'état civil de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay. - Cadastre, tableau assemblage 1818, la Mongie-château de la Preuille, St Hilaire-de-Loulays. Etat civil des Brouzils. - Photo de l'auteur et crédit photo ''Chassons un art de vivre'' le Château de la Preuille et lithographie ''Les vendanges au château de la Preuille'' de Raphaël Toussaint.               

                                                     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Westermann et la Guerre de Vendée…

     

     

     

    Ces observations de Westermann s’avèreront d’un piètre intérêt stratégique mais on peut y observer les prémices de la politique de terre brûlée qui sera mise en œuvre quelques mois plus tard par Turreau. D’autre part, on aura une idée de l’opinion que le « Boucher de la Vendée » se faisait des bataillons parisiens.

     

    Source : SHD B 5/6-5.

     

    RL

    Octobre 2017

     

    Westermann et la Guerre de Vendée....

     

     

    OBSERVATIONS SUR LA GUERRE DE VENDÉE PAR LE GÉNÉRAL WESTERMANN

     

    3 août 1793 an Ier (Date de réception)

     

    Les ennemis de la Vendée sont un amas de déserteurs de toutes les puissances de l'Europe, parmi lesquels se trouvent beaucoup de déserteurs français, des prêtres émigrés, gardes-chasses, braconniers, contrebandiers et employés ci-devant dans la gabelle, tous bien déterminés et se battant avec beaucoup de courage. Les restes de cette espèce de gens peut se monter à 10.000 hommes bien armés, des gentilshommes mécontents sont les chefs et conduisent la troupe, ils connaissent parfaitement bien le pays qui n'ont que rochers, forêts et chemins couverts. Au moment où ils forment le projet d'une grande attaque, le tocsin sonne partout, et par ordre du Conseil Supérieur du Roi Louis 17 qui s'est formé à Châtillon, tous les habitans, sans distinction d'âge, sont obligés de marcher, armés de faux, de piques, de fourches et de batons, ceu qui ne veullent pas aller de bon gré, y [sont] contraints à coups de batons, le paysan est obligé de porter chaque foi avec lui ses vivres pour quatre jours, et tout est commandé au nom du Roi ; les prêtres ont mis tout en oeuvre pour égarer le peuple absolument fanatic, le sistème des rebeles [rebelles]  est de rétablir l'ancien régime qu'ils mettent en vigeur (vigueur) dans le pays qu'ils occupent.

    Le plan du Général Biron était de cerner l'armée contrerévolutionnaire et de marcher en ligne pour la pousser dans la mort, rien de mieux combiné dans la supposition qu'il eut une armée de soldats aguerris, qui scussent résister à toute attaque, allors ce plan pourrait s'exécuter avec succès, mais avec les troupes actuellement dans la Vendée, presque toutes de nouvelle levée non organisée, dont une grande partie ne s'est vendue qu'à prix d'argent, et ramassées au coin des rues de Paris, qui en partie sont des domestiques d'émigrés et de grandes maisons ne respirant qu'après l'ancien régime, tous ces personnages, au lieu de deffendre la cause de la République, ne cherchant que l'occasion de se faire prendre par l'ennemy pour retrouver leurs maîtres, ou pour se faire tondre, et être renvoyés tranquillement chez eux, en gardant les sommes qu'ils ont extorqués.

    Il faut encore observer que contradictoirement à la loi, tous les bataillons partis de Paris qui devaient être formés et encadrés qu'à Orléans, se sont organisés à Paris, ont nommé leurs chefs et leurs officiers, parmi ceux qui s'étaient aussi vendus à prix d'argent ; aucun de ces officiers n'a servi, ne conçoit ny commandement, ny discipline, tous donnent aux soldats l'exemple de l'ignorance, de l'insubordination et de la lâcheté ; je dis donc qu'avec une pareille troupe le plan du Général Biron, non seulement ne peut s'exécuter avec succès, mais il est certain que nous serions battus par échelons ; l'ennemy nous attaquerait par un point et serait sûr de nous vaincre, il se porterait ensuite sur un autre point et nous batterait encore et dans peu notre armée serait écrasée.

    Dans cette position, il faut donc renoncer au plan de cerner et de marcher en lignes, il faut au contraire réunir toute la force et marcher en masse sur l'ennemy ; cette marche a un double avantage ; elle en impose à l'ennemy et elle est encourageante pour les poltrons qui se voyant réunis beaucoup ensemble, prendront courage et suivront les braves ; elle est encore imposante pour les paysans de la Vendée qui voyant une grande armée réunie, ne se rengerait plus sous le drapeau blanc, ils verront que leur perte serait certaine et ils ne craindront plus les menaces des chefs des rebelles.

    L'élite de l'armée comprendra l'avant-garde qui ne sera éloignée du corps de l'armée que deux demie lieue pour être soutenue au premier coup de canon ; beaucoup de tiralieurs [tirailleurs] précéderont les colonnes et borderont les deux côtés des chemins ; pour éclairer la marche, deux pièces de canon et un escadron de Cavallerie suivant chaque colonnes, l'artillerie aura ordre de tirer sur les fuyards, et la Cavallerie de les charger, ces dispositions seront publiques et seront mises à l'ordre.

    Comme le paysan de la Vendée est égaré, il faut le ramener et le faire retirer dans ses foyers par des procédés, il faut deffendre le pillage sous peine de mort et de l'exécution à l'instant ; pour faire connaître aux habitans de la Vendée les intentions pures de la Convention, il faut faire afficher partout dans les villes et villages, hameaux et forêt des proclamations dans le sens de celles que j'ai faites à Châtillon et dont je joins un exemplaire.

    Dans chaque commune où l'armée de la République passera, elle prendra des otages avec notiffication que si aucun habitant de cette commune s'avisait de se ranger sous le drapeau des ennemis, les otages en répondront sur leur tête, et qu'à l'instant, la commune sera livrée au pillage et aux fers.

    Les généraux d'armée seront autorisés à donner les exemples de terreur au peuple rebelle qu'ils croiront  convenables pour dessiller les yeux du paysan, et le faire rentrer dans son devoir, soit en brullant le chef-lieu des rebelles, les possessions des chefs, soit en livrant à la mort les paysans les plus obstinés.

    En commençant la marche, le tocsin sonnera partout et chaque commune fournira un petit contingent, moitié armé, et moitié pour servir de pioniers. Dans chaque commune où les fonctions des corps administratifs auront cessées, ils seront réintégrés, ainsi que les ministres du culte.

    Il sera proclamé un manifeste au nom des soldats composants l'armée de la République par lequel il sera déclaré à l'armée prétendue Catholique et Royale, que ne pouvant les regarder que comme des brigands dévastateurs rebelles aux loix divines et civiles, ils ne feront grâce à quiconque sera prix les armes à la main, ou qui, sera convaincu d'avoir marché contre l'armée de la République ; qu'aucun prisonnier ne sera fait ; et qu'en revanche, ils n'accepteront (?) point grâce s'ils avaient le malheur de tomber entre leurs mains.

    Comme cette guere ne peut être que de peu de durée, il sera annoncé d'avance que forcé par les circonstances, les fatigues du soldat seront incalculables, qu'il s'agit de brusquer la marche de l'armée que pour réussir dans l'exécution du plan d'attaque, il est essentiel que le soldat ne soit cantonné nulle part qu'il marche au contraire toujours en bivouaquant dans un pays où à chaque instant, il pourrait être surpris par l'ennemy dans les cantonnements.

     

    Le Général de Brigade

    Westermann.

     

     

     

    Westermann et la Guerre de Vendée....


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