•                     

                                    

    Un arrêté bien républicain… 

                                                                                    

     

     

    Francastel et les têtes coupées....Le psychopathe Marie-Pierre-Adrien Francastel, Représentant du Peuple en Mission à Angers avec son regard de fou s'écriait :

    « La guerre ne sera complètement terminée que quand il n'y aura plus un habitant dans la Vendée. » 

     

    Le 6 décembre 1793, ce dément, après le siège d'Angers, pris avec ses amis Conventionnels un arrêté sorti de l'Enfer. En effet, l'attaque infructueuse d'Angers avait coûté à l'Armée Vendéenne plusieurs centaines de morts abandonnés sur le champ de bataille. Ils devaient servir de trophées aux républicains ; et en conséquence les Conventionnels présents prirent un arrêté ainsi conçu :

     

    «  Toutes les têtes de Brigands, tués pendant le combat des deux jours seront coupées et disséquées dans les salles de la maison commune pour être exposées ensuite au bout des piques.  » 

     

    Cet arrêté barbare, qui souleva l'enthousiasme de tous les patriotes, ne fut heureusement qu'en partie exécuté : plus humains que les Proconsuls, les médecins chargés de disséquer firent traîner l'opération en longueur, de telle sorte qu'on dut se contenter d'exposer quelques têtes parées à point.

      Les autres furent enfouies dans les fossés des murs d'enceinte. » (1)

     

     

    Sources :   

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – La Vendée Historique, histoire, littérature, page 221 – vue n°223 Gallica. 

    Gravure : Forum de Marie-Antoinette.

     

    (1)  Il me semble avoir lu quelque part que le médecin chargé de l’opération avait demandé au bout de quelques jours, ce qu’il devait faire de toutes ces têtes qui « sentaient très mauvais ». NDLR. 

     

                                               

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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  • Communiqué de la Durbelière....

     


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                     René Papin, capitaine de dragons, de la Séguinière,  

                                  blessé à Châtillon en octobre 1793. 

                   

                                     

        

    René Papin...René Papin est né le 28 novembre 1775 à St Melaine de Cholet. Il est le fils de René Papin et de Jeanne Chouteau. Il épouse le 23 mai 1804 à la Séguinière Jeanne-Louise Allard, née le 25 septembre 1775 à Moulinard, (moulin sur la Moine), paroisse de la Séguinière ; fille d'Etienne Allard et de Marguerite Manceau. A cette époque il exerce la profession de laboureur-voiturier. De cette union sont issus :

     

    1° René-André Papin, né le 22 juin 1806 à Moulinard, la Séguinière.

    2° Jeanne-Marie Papin, née le 7 juin 1810 à Moulinard, la Séguinière.

    3° Louis Papin, né le 6 février 1812 à Moulinard , la Séguinière.

    4° Marie Papin, née le 25 février 1816, la Séguinière (le bourg).

    5° Eugène Papin, né le 30 décembre 1817, la Séguinière (le bourg).

    René Papin est décédé le 8 janvier 1847 à la Séguinière.

    Jeanne-Louise Allard est décédée le 13 août 1845 à la Séguinière.

     

    Le 8 avril 1824 il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « René Papin, voiturier, demeurant à la Séguinière,

     

    A son Excellence le Ministre de la Guerre,

     

    Monseigneur,

     

    J'ai l'honneur de vous exposer que dès le commencement de la guerre de la Vendée, j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône, le 23 juin 1794, j'ai été fait lieutenant de cavalerie. J'ai combattu dans toutes les occasions avec un dévouement absolu pour la cause royale.

    Au mois d'octobre 1793, j'ai été blessé d'un coup de feu qui m'a traversé la cuisse gauche et blessé, en outre, à la cuisse droite. Cette blessure me fait beaucoup souffrir et m'empêche de vaquer à mes affaires pour gagner ma vie.

    J'ai cinq enfants dont quatre en bas âge, je suis dans l'indigence, et personne n'a plus besoin de secours que moi dans cette fâcheuse situation. J'ose m'adresser à votre excellence et vous prier de proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.

    Je joins à la présente un certificat constatant mes services, mon brevet de capitaine, et un acte de notoriété du Juge de Paix probatif de ma blessure, un certificat d'officiers de santé sur l'état de cette blessure, un certificat d'indigence et mon acte de naissance.

    Je suis avec respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.  

    signé René Papin. »

     

    Certificat des officiers :

     

    «  Armée Vendéenne d'Anjou,

    Nous soussignés anciens officiers Vendéens, certifions que le Sieur René Papin demeurant à Cholet a fait toutes les guerres de la Vendée, depuis 1793 ; Que le général Stofflet, par brevet daté du 23 juin 1794, le nomma sous-lieutenant de cavalerie ; grade dans lequel il a servi jusqu'à la campagne de 1815 ; que le général d'Autichamp l'a nommé capitaine de cavalerie ; et qu'il s'est toujours bien comporté.

     

    En foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir.

     

    A Montfaucon le 14 mai 1816.

    signé  : Amédée de Béjarry, ancien officier de l'Armée Vendéenne.

    Lhuillier, chevalier de St Louis cdt de la division de Beaupréau.

    Le comdt de la division de Montfaucon Mis de la Bretesche.

    Legeay, ancien colonel cdt de la division de Montfaucon.

    Coulon, chevalier de St Louis. »

     

    René Papin...

    Certificat du chirurgien :

     

    « Nous Claude Guérin chirurgien et Denis Hilaire Hocbocq médecin de l'hospice de Cholet.

    Certifions que le nommé René Papin, voiturier, domicilié à la Séguinière canton de Cholet a été blessé par une balle à la partie moyenne externe et antérieure de la cuisse gauche, qui sortie à deux doigts d'intervalle à la pârtie moyenne interne a frappé la cuisse droite à sa partie aussi moyenne antérieure et interne.

    Blessure dans lesquelles le susdit assure ressentir souvent de la douleur. »

    A Cholet, 26 mars 1824.

    signé Hocbocq et Guérin.

     

     

    Sources:  

    1-Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés - Dossiers Vendéens – Papin René n°4 - 1M9/280. 

    2-Registres état civil de la commune de Cholet et la Séguinière. 

    3-Photo: de l'auteur. 

                                                     

     

     X.Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les abominations de Saint-Laurent-sur-Sèvre…

     

     

    Ce qui suit est raconté par Madame de Sapinaud dans son second manuscrit pour la date du 28 mars 1794, probablement au moment de la jonction des colonnes de Grignon et de Crouzat. Liste d’horreurs non-exhaustive mais suffisamment marquante.

    RL

    Mai 2018

     

     

    « Ils entrèrent donc à Saint-Laurent tout à leur aise et, sans difficultés, ils tuèrent, massacrèrent, brûlèrent, violèrent. Il n’y a point de crimes qu’ils ne commirent ce jour-là. Ils achevèrent les pauvres blessés. Comme ils étaient dans un haut, ils en jetèrent beaucoup par les fenêtres, des jeunes sœurs de l’hôpital qu’on trouva mortes sans aucune blessure, toutes nues comme la main. Chez ces pauvres demoiselles Vexiau, ils les avaient massacrées, et leurs deux servantes. Ils avaient guéié (cardé) leur corps comme on guéie (carde) du lin (1). Des lambeaux de chair étaient tout autour de la chambre, le long des murs. La pauvre Mme de Marmande était dans la rue (entre le lit et le mur) : elle avait un coup de pistolet dans la tête. La Baudry, ils l’avaient faite brûler dans son lit, dans une petite chambre auprès d’un jardin où j’avais été pendant quelques jours. Il y avait deux pauvres filles qui avaient des maux aux jambes et une bonne femme de tante qui les gouvernait : ils les avaient coupées par morceaux. Les ruisseaux de sang couraient dans la chambre. On n’a jamais pu effacer les marques de sang empreintes sur les carreaux. Ils furent à la Barbinière, ils y tuèrent huit personnes dans la première cour. Ils firent cette journée-là un vacarme terrible dans toute cette paroisse. »

     

    Note :

     

    (1)  Opérations de cardage qui se font avec le genre d’outil ci-dessous qui est une sorte de peigne de fer.

    Les abominations de Saint-Laurent-sur-Sèvre....


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    Beaudesson, témoin des colonnes infernales

    Détails d’horreur…

     

     

    Jean-Baptiste Beaudesson est né le 14 avril 1761 à Metz. Il deviendra Inspecteur général des subsistances des trois armées de l’Ouest. Il sera fait chevalier de la légion d’honneur et décèdera à Scy le 12 juin 1836. Il est inhumé au cimetière de Châtillon-sur-Seine.

    Il n’est guère apprécié dans les armées républicaines et soupçonné en 1795 de s’être enrichi dans ses fonctions, voire accusé d’avoir été avant la révolution « dissipateur, banqueroutier » et d’être un « joueur déterminé » (1). Mal aimé, Beaudesson dressera pourtant un très long et intéressant rapport sur les vivres des armées, à Faye, agent en chef des vivres à l’Armée de l’Ouest le 27 août 1795 (2). A vrai dire, peu importe ses soucis financiers, je m’attacherai plutôt à ce qu’il dit avoir vu avec la lettre qui suit. (3)

     

    « Janvier-février 1794. Témoignage de Jean-Baptiste Beaudesson :

    Beaudesson, agent en chef des subsistances militaires à l’armée de la Loire… après avoir prêté serment de dire la vérité entière, de parler sans haine ni crainte, (a) déclaré ce qui suit.

    Le quartier général ayant été porté à Doué le 29 nivôse (18 janvier 1794), il y fut convenu que l’armée se diviserait en douze colonnes, qui partiraient le même jour pour se rendre à une hauteur déterminée, avec ordre, sans doute, de brûler généralement tout ce qui pourrait se trouver sur leur passage. Les subsistances de toute espèce furent néanmoins exceptées de l’incendie par un arrêté du représentant du peuple Laplanche qui dès lors, mit à ma disposition tous les moyens de transport…

    Chaque colonne, arrivée à la destination qui lui avait été désignée, fit son mouvement sur les divers points de la Vendée. J’avais attaché à chacune d’elle des préposés actifs et zélés, qui devaient ramasser toutes les subsistances du pays. Mais je ne sais par quelle fatalité, on en détacha des pelotons composés les uns de 60 à 80, les autres de 100 à 200 hommes (sous prétexte d’éclairer et de reconnaître la position de l’ennemi), qui se permirent les plus cruels désordres et le pillage le plus effréné. Le fer et la flamme furent successivement employés, et bientôt l’atmosphère fut couverte des nuages épais d’une fumée dévastatrice.

    Doit-on attribuer tous ces excès de rage et de frénésie à l’indignation des soldats contre les révoltés, et l’horreur que leur inspirait la conduite des brigands envers leurs frères ? Je l’ignore. Tout ce que je puis assurer, c’est que le feu, gagnant de proche en proche, ravagea en peu de temps la majeure partie des granges, qui renfermaient d’immenses richesses en grains et fourrages, et que je ne pus en soustraire que peu de choses et avec des peines et des difficultés incroyables. .../...

    J’eus souvent l’occasion de me trouver à l’état-major séant à Cholet, tant pour délibérer avec les généraux sur les mesures de prudence que nécessitait la rentrée des denrées de première nécessité, que pour celles du service occasionné par la marche des colonnes. J’y ai été témoin plusieurs fois de l’arrivée de nombre d’individus vendéens. Là commençait leur interrogatoire sur le parti qu’ils avaient embrassé.

    J’ai remarqué que les uns, intimidés à l’aspect de leurs juges, convenaient qu’ils avaient porté les armes contre la mère-patrie, par la seule raison, disaient-ils, qu’ils y avaient été forcés. Les autres déclaraient ingénuement, et dans l’espoir d’un pardon généreux promis, qu’égarés et menacés par leurs chefs, ils s’étaient rendus de leur côté, mais sans aucun dessein criminel. Les femmes de tout âge semblaient surtout, par l’attitude de la douleur, implorer la clémence des patriotes, en ajoutant à leur erreur momentanée, pour sauver leurs maris et leurs enfants, la déclaration de fautes qu’elles s’attribuaient et dont on entrevoyait facilement qu’elles n’étaient pas coupables.

    C’était d’après ces seuls interrogatoires incompétents, qu’on ordonnait, de l’œil, de fusiller les prévenus. On avait encore la barbare compassion de leur taire leur sort. On les sortait du lieu des séances, qui ordinairement avaient lieu après dîner, pour les conduire, leur assurait-on, soit à l’hôpital, soit à l’ambulance ou derrière la haie. Le mot de maximum était, comme les précédents, l’indice certain de leur mort prochaine. Aussi, chaque jour voyait-il de nouveaux forfaits en ce genre. Je n’ai pas la plus légère notion d’où pouvaient provenir ces ordres sanguinaires, qui n’étaient exécutés que sur ceux, verbaux, de l’état-major…

     Je tire le rideau sur tous les propos sanguinaires que j’ai entendus et sur les horreurs dont j’ai été le témoin le long de la route de Cholet à Vihiers, qui était jonchée de cadavres, les uns morts depuis trois à quatre jours, et les autres venant d’expirer. Les yeux ne se portaient partout que sur des images sanglantes. Partout, les champs voisins du grand chemin étaient couverts de victimes égorgées. Voulant connaître et m’assurer par moi-même s’il restait encore des subsistances à enlever des maisons éparses ça et là et à moitié brûlées, je me transportai dans quelques-unes. Mais qu’y trouvai-je ? Des pères, des mères, des enfants de tout âge et de tout sexe, baignés dans leur sang, nus, et dans des postures que l’âme la plus féroce ne pourrait envisager sans frémissement. L’esprit se trouble même en y pensant.

    Pendant mon séjour à Nantes, où des affaires de service m’appelaient, le représentant Carrier ne s’y est point trouvé. Je n’ai appris les fusillades et noyades qui y ont eu lieu, que par des voies indirectes et étrangères. J’ignore absolument d’où provenaient ces ordres d’atrocité et de barbarie. »

    On ne s’étonnera guère de ce témoignage lorsque l’on connaît celui de Madame Sapinaud qui écrivait à propos de massacres de la forêt de Vezins :

    « Nous retournâmes à la Chapelle-Largeau. Les Bleus firent semblant de se retirer un peu plus loin. Tout le monde croyait qu’ils étaient retournés à Doué, où ils avaient un camp, et chacun retournait déjà dans ses maisons. Trois jours se passèrent de même, mais le quatrième ils repassèrent du côté de Coron. Voilà encore tout le monde à fuir. M. Stofflet était rentré dans sa forêt et Marigny était à Cerizay. Toutes les femmes prirent le chemin de la forêt qui s’appelait le Fief des Houillères. Les coquins de Bleus avaient envoyé un détachement à l’entrée de la forêt et les autres étaient restés en arrière, de sorte que toutes ces pauvres femmes et enfants, au nombre de plus de 300, comme elles abordaient la forêt, ces Bleus leur crièrent : « Venez vite, les Bleus ne sont pas loin de vous ! Entrez vite. »

    Elles crurent que c’était des brigands. Elles ne furent pas plus tôt auprès d’eux, qu’ils les massacrèrent toutes, excepté quatre jeunes filles grandes et bien fortes qui coururent si bien qu’ils ne purent les attraper. Il y en avait une qu’on appelait la cavalière : elle suivait presque toujours les brigands à cheval. Mais ce jour-là, elle était à pied. Comme elle avait des camarades qui n’avaient point de chevaux, elles étaient ensemble. Ils firent un massacre et des cruautés desquelles on n’aurait jamais cru aucun homme capable. Il y avait des pauvres petits enfants auxquels ils avaient arraché la langue, les yeux, des femmes auxquelles ils avaient coupé le bas-ventre, et leurs entrailles à côté d’elles. C’est l’un de mes amis, qui passa par là lendemain, qui vit tout cet affreux spectacle : il en pâlissait en me le racontant. »

     

    RL

    Mai 2018

     

     

    Notes :

    (1)  Les habitués des archives pourront retrouver la lettre du général Beauregard au Comité de Salut Public du 30 mai 1795 où il est question de Beaudesson au SHD en cote B 5/11-56, v. 3/6. La missive vaut le coup…

    (2)  SHD B 5/12-25.

    (3)  Alain Gérard, « Les Archives de l’extermination », p. 337 à 339. D’après le dossier du procès de Turreau conservé aux Archives Nationales (et malheureusement non numérisé à ce jour), AN W 22, dossier 1, pièce 29. Déclaration reçue le 6 octobre 1794 par Antoine Mandard, officier de police et de sûreté général à l’armée de l’Ouest.

     

     

    Illustration : vitrail de l'église de Montilliers.

    Beaudesson, témoin des colonnes infernales....


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