• Emission de RCF Vendée du 25/02/2020....

     


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    Une certaine lucidité sur les colonnes infernales…

     

    C’est le moins que l’on puisse dire de la lettre qu’envoie la Société Populaire de Tours le 25 août 1794 au Comité de Sûreté Générale (1). Bien que ce ne soient pas les seuls révolutionnaires à avoir compris la contre-productivité du plan de Turreau, cette missive mérite d’être lue pour la clairvoyance de ses propos.

    RL

    Février 2020

     

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

    « Tours le 8 fructidor l’an 2e de la République Françoise, une & indivisible.

    Au comité de sûreté général

    Citoyens représentants

    Ils sont bien coupables ceux la qui vous disent que depuis long-tems la vendée est finie. Nous vous invitons au nom de la République de porter votre attention sur cette guerre de crime.

    Lorsque les Brigands furent défaits, après le passage de la Loire, le général Toureau prit le commandement de l’armée de l’ouest, forte alors de quatre vingt mille hommes d’infanterie et dix mille hommes de cavalerie, les Brigands étoient en petit nombre alors et avec plus de campagne concerté et toute l’armée agissant de consert, on pouvoit finir la vendée en peu de tems ; mais au lieu de détruire ainsi les Brigands par des mesures sages et combinées, on a mis tout a feu et a sang indistinctement, sans aucun égard pour les communes patriotes, ce qui a beaucoup augmenté les Brigands, par un grand nombre de citoyens qui ne voyoient que la mort de tous côté.

    Les généraux abandonnés à eux-mêmes agissent à leur fantaisie, et si quelquefois ils attaquent les Brigands ils le font isolément, sans ensemble et sans ordre et comme une partie de chasse ; ne prénant aucune précaution, n’établissant jamais de seconde ligne et souvent point de voiture pour ramasser les blessés. Les convois toujours escortés par de foible détachement qui étoient souvent égorgé, et par se moyen on alimentoit les Brigands de munitions dont-il manqueroient depuis long-tems sans cette perfidie.

    A ne compter que les ordonnances employés imprudemment et pour le plaisir des généraux, il a périt plus d’hommes et de chevaux qu’il n’en couté pour conquérir la Belgique.

    Fait-on le récit de quelques combats à la Convention d’un nombre de huit cent à mille Brigands qui ont mordu la poussière, cela se réduit souvent a quelques vieillards, femmes et enfans qui n’ont pu se sauver, et qui ont été égorgés.

    La suite de ses prétenduës victoires est le pillage, non seulement toléré par les généraux mais dont plusieurs d’entre eux donne l’exemple, et se malheur n’a pas peu contribué a prolongé cette guerre : ensuitte vient tout ses espèces de crimes qui répugnent à la nature et a l’humanité, suitte de l’immoralité des généraux ; il n’est point d’armée dans la République où il y ait plus d’état major oisif et somptueux et plus de soldats dans l’inaction.

    Il n’y a point d’armée où il y ait plus de dépense et plus de dilapidations, aussi le peuple dans cette contrée manque de toutes les premières choses nécessaires à la vie.

    Demandéz aux représentant du peuple Hentz pourquoi en s’en revenant de la vendée, il déclara contre révolutionnaire quiconque diroit que la vendée n’étoit pas finie et de quel manière il s’est conduit avec les patriotes par tout ou il a passé, jamais les tyrans n’ont plus fait que lui.

    Entendez vous les masses des Républicains sacrifiés dans la vendée par l’ignorance, l’ivrognerie la trahison et l’immoralité en tout genre des généraux ; c’est a vous représentant a frapper les coupables, et de mettre a la tête de cette armée des généraux dont l’expérience et la valeur nous assurent la fin de cette malheureuse guerre, qui n’a été si long-tems prolongée que pour servir la faction que vous venez d’abattre.

    Quelques persécutions que nous ayon éprouvées pour vous avoir dit la vérité avant ce jour, nous continuerons jusqu’à la mort, et trop heureux si nous contribuons par notre fermeté à consolider l’honneur de la République. »

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

     

    Note :

     

    (1)  SHD B 5/10-35, v. 356 à 358/1061, BA compris.

     

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

     


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    Avril 1802, attaque de la diligence à Chantonnay ? 

     

      

    Chantonnay - projet d'attaque de diligence....En Ventôse de l’an 10, les gendarmes sont sur la brèche et les Vendéens sont particulièrement surveillés, à l’instar du citoyen Bréchellier-Bréchellière de Chavagnes-les-Redoux.

    Ce Vendéen est dénoncé comme ayant l’intention d’attaquer la diligence venant de Nantes, lors de son passage à Chantonnay. Il en parle au Citoyen Dubé de Monsireigne qui, par manque de discrétion, se fait repérer.

    Bréchellière est doté d’une force corporelle hors du commun et inspire la terreur dans tout le pays, c’est un véritable fléau d’après le Préfet Merlet.

    Nous ne saurons pas les mesures prises à l’encontre de Bréchellière et ce qu’il est devenu par la suite, car il manque un feuillet au courrier du Préfet :

    l’Arrêté. A-t-il été déporté dans les Colonies ?

     

     

    « A Fontenay, le 19 Gal an 10. » (9 avril 1802). 

    Le Préfet du Département de la Vendée.  

    Cabinet du Préfet.  

     

    « Vu le tableau à lui venir le 14 ventôse dernier, (5 mars 1802) par le commandant de la gendarmerie, de tous les gens sans aveu, sans état, qui par leur mauvaise conduite donnent des inquiétudes aux habitants des communes, et sont particulièrement surveillés, sur lequel tableau est notté n°4 le nommé Bréchellier de la commune de Chavaigne, 3e arrondissement, comme un homme qui ne travaille point, sans moyen d’existence, prévenus de plusieurs vols, d’être le fléau et la terreur du pays et d’avoir surtout proposé en dernier lieu à un autre mauvais sujet comme lui d’attaquer la diligence de Nantes à son passage à Chantonnay.

      Vu la lettre à lui écrite le 15 du même mois de Ventôse dernier par le maire de la commune de Chavaignes dans laquelle il signale le nommé Pierre Bréchelliere, âgé d’environ 34 ans, comme un homme qui est parvenu par sa force corporelle et par son audace, à inspirer la terreur à tous ses voisins qu’il ne cesse de piller et vexer : annonçant en outre que cet individu a toujours été désigné comme le chef des mauvais sujets et voleurs du canton ; qu’il inspire une telle crainte dans le pays que personne n’a voulu à ce jour se porter son dénonciateur ; qu’il ne cesse de fréquenter les cabarets et mauvais lieux, quoi qu’il ait d’autre moyen d’existence que le produit de ses rapines. 

    Que déjà il avait procédé contre lui à une instruction criminelle il y a plusieurs années ; mais qu’elle est demeurée sans effet par le résultat de l’amnistie accordée aux insurgés de l’Ouest, ce qui a fait suspendre les informations. 

    Que depuis deux mois ayant été trouver le nommé Dubé, métayer de la commune de Montsireigne il lui dit : « Je ne croyais pas que tu fusses assez imbécille de suer sang et eau pour gagner ta vie, tiens, si tu veux me suivre je garantis que ta fortune sera faite dans une nuit » : celui-ci ayant demandé l’explication de cette promesse, il s’agissait d’arrêter la diligence ; laquelle proposition a été dénoncée au dit maire de Chavaignes. 

    Vu la lettre du Ministre de la Guerre en date du 13 nivôse dernier, qui prescrit aux Préfets de la part du Gouvernement, d’éloigner de l’intérieur les gens sans aveu et les individus justement suspects de les faire conduire à un des dépôts établi pour le recrutement des troupes dans les Colonies. 

    Considérant qu’il est de notoriété publique que le nommé Pierre Bréchellière de la commune de Chavaignes, est sans moyen d’existence, qu’il est la terreur et le fléau du canton par ses rapines et ses courses nocturnes, qu’il manifeste les intentions les plus coupables en cherchant des complices qui puissent l’aider à arrêter les voitures publiques sur les routes ; 

     

    Arrête 1° le nommé Pierre Brechellière de la commune de Chavaignes….. » 

     

    Manque la suite.

     

    Un dernier courrier, le 23 Germinal de l’an 10 (13 avril 1802).

     

    «  N°701 - Cabinet du Préfet  

    A Fontenay, le 23 germinal de l’an 10  

    Le Préfet du Département de la Vendée.  

     

    A l’officier Commandant le dépôt établi à Rochefort.  

    Au capitaine Commandant la gendarmerie.  

    Au Commissaire des Gueres.  

     

      J’ai l’honneur de vous adresser cy-joint la copie de l’arrêté que j’ai pris le 19 de ce mois, contre le nommé Bréchellière : 

    Je vous invite à l’exécuter dans la partie qui vous concerne et à vouloir bien m’accuser réception de la présente. 

    J’ai l’honneur de vous saluer.  

    N – Il faudra affranchir le paquet adressé à l’officier commandant le dépôt. » 

     

    Il doit s’agir de Pierre Bréchellière, né le 2 janvier 1770 à Chavagnes-les-Redoux, fils de Pierre Bréchellière, tisserand et de Françoise Breton-Berthon.

    Il avait épousé le 7 février 1792 à St Gemmes-des-Bruyères, Marguerite Hériaud.

    Quant à « l’autre mauvais sujet » : il doit s’agir de Louis Dubé, métayer à la Potulière à Monsireigne, marié à Mouilleron, le 30 décembre 1798, à Renée Hériau-Eriau.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues n° 376, 377 et 385/583. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Registres d’état civil de Chavagnes-les-Redoux - vue n°78/161 BMS 1770. Registres d’état civil de Mouilleron, année 1798. 

    . Photo : Attaque de diligence d’Eugène Leliepvre. 

                                            

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    L’ex-Chevalier Voyneau et le curé Barbedette sont 

    considérés comme de dangereux et très mauvais sujets… 

     

      

    Voyneau et Barbedette, mauvais sujets....Le 2 Pluviôse de l’an XI (22 janvier 1803), le citoyen Merlet, Préfet de la Vendée, nous donne son avis sur l’ex-Chevalier Voyneau-Voineau et le curé Barbedette du Grand-Luc* (billet de la Maraîchine Normande). 

     

    N° 650 - Le 2 Pluviôse an XI.

     

      « Citoyen Grand Juge et Ministre,  

     

    Par votre lettre du 25 frimaire dernier, vous me chargez de prendre des renseignements sur la conduite de l’ex chevalier Voineau (1) et sur le prêtre Barbedette, qui vous ont été dénoncés comme très dangereux pour le pays qu’ils habitent. 

    J’ai fait prendre à leur égard par le sous-préfet de Montaigu et par la gendarmerie, toutes les informations les plus étendues : mais il n’est rien résulté de très positif de leurs recherches ; les réponses que j’ai reçues, sont vagues et ne caractérisent aucun fait nouveau de leur part : seulement il paraît qu’ils ont donné des inquiétudes aux bons citoyens à l’occasion de la levée des conscrits et comme dans le canton qu’ils habitent, il y a eu quelqu’opposition momentanée à l’exécution de la loi sur la conscription, opposition, au surplus qui n’existe plus : on l’a attribuée aux mauvaises dispositions et à l’influence des deux individus dénommés. 

      Quoique je n’ai pas acquis de renseignement suffisant pour motiver peut-être dans cette circonstance, des mesures de répression, je dois remonter à des époques antérieures et vous faire connaître les deux hommes. 

    Voyneau a eu un commandement parmi les insurgés lors de la reprise d’armes dans ce pays : quoiqu’avec peu de talent, il s’était fait une réputation, qui l’avait rendu redoutable aux patriotes de la contrée : à la dernière pacification, il choisit la ville de Nantes pour sa retraite, et il agit prudemment, car il s’était fait un grand nombre d’ennemis personnels dans le pays. 

    Il y a environ deux ans plusieurs de ses parents me demandèrent sa rentrée sur sa propriété : je leur manifestai que je ne le verrais revenir qu’avec une extrême répugnance et que je ferai surveiller ses actions, ses démarches avec tant de précaution et de rigueur, qu’il ne pourrait se promette aucun agrément dans son ancienne habitation : l’année dernière ont fit une seconde démarche auprès de moi, je persistai dans ma première réponse et lui fit dire par son frère de reste à Nantes, tant pour son repos, que pour celui de ses voisins. J’ignore s’il a paru secrètement dans le pays, mais je suis assuré qu’il n’y aura pas séjourné longtemps, parce que j’en eûsse été certainement averti, au surplus il n’a aucune influence dan son canton, qui puisse compromettre la tranquilité publique, tout au plus serait-il le sujet de quelque querelle particulière avec des ennemis personnels qu’il avait vexé pendant la guerre civile. » 

     

    (1) « de Voineau – chef de Division – Colonel – Armées Royales - 4ème Corps de la Vendée 1815 – Armée du Bas-Poitou en 1799 – Emigré rentré et compris dans le travail d’organisation de l’Armée de 1814. (vue n°492/634 SHD XV 16-40-25.6.1814). Peut-être s’agit-il de René Voyneau, Chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au Royal Infanterie.  

     

    « Il n’en est pas ainsi du prêtre Barbedette, c’est un mauvais sujet que j’ai toujours redouté et sur lequel j’ai eu constamment les yeux fixés : dès le commencement des troubles civils, il a joué un grand rôle – abusant de l’influence de son ministère ; il a porté toute sa paroisse à la révolte et l’a dirigée, pendant toute la guerre : on lui reproche d’avoir fait verser beaucoup de sang par sa prédication fanatique et incendiaire. 

    NDLA : A ce propos je vous renvoie aux massacres des Lucs-sur-Boulogne afin de bien préciser qui sont les assassins, les fanatiques et les incendiaires.

     

    Il est rentré à la pacification dans un village de la commune qui forme la limite des deux départements de la Loire-Inférieure et de la Vendée et il a conservé un tel crédit sur l’esprit des habitants du canton que ni le préfet de la Loire-Inférieure ni moi, n’avons jugé prudent de le faire arrêter, nous bornant à le faire surveiller en attendant que la paix fût parfaitement consolidée et qu’on pût le faire enlever sans secousse ni rumeur dans le pays : nous en avons plusieurs fois entretenu le Ministre de la Police. Barbedette est d’autant plus dangereux que c’est un homme très fin, qui ne se compromet jamais évidemment, qui mesure toutes ses démarches depuis sa rentrée et qu’il affiche d’ailleurs une sévérité de mœurs qui le fait regarder par les habitants de la campagne comme un saint : lorsqu’à mes yeux ce n’est qu’un adroit scélérat. 

    Le grand Vicaire chargé de l’organisation du clergé et moi ne l’avons point compris dans le projet des nominations parce que nous avons jugé qu’il était de la plus grande importance de l’éloigner du pays, mais le travail n’étant pas encore accepté par le gouvernement, nous l’avons toléré jusqu’à l’époque de l’organisation. 

      La levée de la conscription dans l’arrondissement de Montaigu étant une opération extrêmement délicate, j’ai pensé qu’il serait imprudent de tenter l’enlèvement de ce prêtre avant qu’elle fut finie ; mais les conscrits sont désignés, ils partiront sous 10 jours, j’espère qu’avant deux mois le clergé sera organisé dans mon département, c’est toujours à cette époque que j’ai fixé celle de me débarrasser de Barbedette et certainement pour y parvenir, je réclamerai le secours de votre autorité. 

      Le département étant parfaitement tranquile, soumis aux lois du Gouvernement comme pas un de la République : je ne vois pas qu’il soit urgent de précipiter la mesure, que j’ai toujours en intention de vous proposer ; je crois au contraire plus convenable d’attendre la circonstance qui fera considérer son déplacement comme naturel et légal. 

    Néanmoins Citoyen Grand Juge et Ministre, si vous pensez différemment, si vous avez des motifs plus déterminants, donnez moi des ordres et ils seront exécutés sur le champ.  

    S et Resp. » 

     

     

    Sources : 

     

    .Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 322,323,324/583.- lettre n°650 du 2 Pluviôse an XI – 22 janvier 1803). 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Pensions et gratifications attribuées aux anciens combattants des Armées Royales de l’Ouest – Tableaux par Corps des Armées Royales – 4ème corps de l’Armée Royale de l’Ouest. - vue 492/634 – de Voineau – Chef de Division – Colonel. 

    . Photo : La Maraîchine Normande.                              

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent…

     

     

    Vouloir circonscrire les événements liés aux Guerres de Vendée à un territoire bien précis, avec des frontières très nettes est une gageure que je ne relèverai pas. Le territoire compris entre Parthenay et Saint-Maixent passe pour avoir été largement acquis aux idées révolutionnaires. Loin s’en faut pourtant, si l’on se fie à ce qui va suivre. J’avais déjà un peu étudié le secteur de la Chapelle-Bâton, pourtant non loin des portes de Niort, avec cet article. Aujourd’hui c’est tout autre chose sur lequel je vous laisse juge.

    Lettres des administrateurs du district de Saint-Maixent au Comité de Salut Public du 30 octobre 1794 (1) :

     

     « Le 9 brumaire l’an 3ème de la république française une et indivisible

    Les administrateurs du district de Maixent.

    Au Comité de Salut Public

    Citoyens législateurs

    Nous vous adressons copie d’une pétition présentée a cette administration par divers membres des autorités constituées et autres patriotes prononcés des communes du nord de notre district qui sont en proie depuis sy longtems ; a la terreur la mieux fondée, au pillage le plus destructeur, aux assassinats les plus atroces. Ces malheureuses victimes de  leurs vertus civiques sont actuellement réfugiés dans nos murs. Ils n’osent en sortir. Il sont informés quon les guette sur toutes les routtes et quon a juré de les exterminer sans miséricorde jusqu’au dernier ; ils n’ignorent pas que nous avons plusieurs fois informé les représentants du peuple près l’armée de l’ouest, le Comité de Salut Public et la Convention elle-même de la désolante position dans laquelle il se trouvent mais le sentiment du mal être qui les tourmente à la vuë de leurs femmes, de leurs enfants, du fruit de leur travaux, en proie à la rapacité, à la rage et à la scélératesse des bandits les excursera sans doute aux yeux de nous sensibles législateurs d’un répétition qui en toute autre circonstance témoignerait pour être une défiance blamable :

    Quant à nous citoyens législateurs nécessairement moins affectés que les victimes immédiates de tant de forfaits dans la crainte d’abuser de vos momens, nous ne répétons pas ce que nous vous avons dit dans nos précédentes adresses ; mais au nom de la patrie et de l’humanité ne perdez pas de vuë que sans les secours les plus prompts et des mesures plus efficaces, les horreurs qui ont presque anéanti le département de la Vendée vont être transportées dans celuy des deux Sèvres. »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

      

    « Aux administrateurs

    Du district de Maixent

    Citoyens

        Tous les jours de nouveaux malheurs viennent nous affliger, nos maux vonten croissant et nous croirions manquer à la chose publique si nous ne nous en trassions le tableau fidele et si nous ne vous faisions part des moyens que la connoissance des lieux nous fait régarder comme indispensable et très pressants. Jusqu’au sept germinal dernier (27 mars 1794) plusieurs communes audela du Thoué étoient habitables et habitées Cette journée fut célèbrée par le massacre de vingt deux habitans de Seconfigny et de plusieurs gardes nationnalles de l’Absye qui étoient venus à leur secours. Azay, Allone, le Tallud, ne tarderont pas à éprouver le même traitement, Pamplie, le Beugnon, etc. eurent le même sort. La tranquilir disparut des campagnes circonvoisines. De Partenay, les municipalittés forcées de quitter leurs postes il ne resta presque plus de moyens de faire exécuter les réquisitions de tout genre dans le district de Partenay, aux carnages qui à désollé ce malheureux paÿs ajouttés les pilliages, les vols de touttes espèces et particulièrement de chevaux on n’en sauroit désigner le nombre. La mal parut fixé pandant quelques temps sur les communes qui ne cessoient de réclamer des secours. L’impunité d’une part, et nous ne scavons quoi. De l’autre à *** les assassins et les voleurs qui infestoient ces paÿs environ le mois de messidor *** commencèrent àse porter sur Pamplie, la Boissière, Pardoux, Soutier et ont vit voller des chevaux aux portes de partenay, La Payratte, la Fairière, en un mot la rive droitte du Thoué derrière Partenay ne fut à l’abri des incursions. Personne ne si oposoit, personne ne pouvoirt ou ne vouloit s’y opposer. Excités par cette insouciance ou un criminel déguisement des choses, les brigands en moindre nombre ont fait impunément ce qu’ils n’avoient osé toute l’année dernière, dans leurs plus grandes forces. Ils ont entamés ce district. De là  première incursion quie leur pelotons y ont faittes, ils ont emmnés cinq chevaux de la commune de Verruyes, pillé des maisons, maltraittés les habitants et particulièrement les maires des la Chapelle Baston, Augé et leurs collègues n’eurent guère un meilleur sort. Leurs maisons furent investies et a peine échapèrent ils à la mort et au massacre auquel on les avoit dévoués avec assurance. A cette nouvelel, citoyens administrateurs vous vous conser*** avec le commandant de cette place, des détachements furent envoyés à Verruyes et le calme réparut pandant le peu de tems que nos frères d’armes y séjournèrent : leur départ préparar une *** nouvelle pour les habitans de cette commune irittés en quelque sorte par les moyens qu’on avoit employés momentanément pour arrester les progrès du mal, les brigands retournèrent avec une nouvelle fureur. Leurs premiers coups furent dirigés sur le vicaire. Son chapeau percé de deux balles fut heureusement la suitte marquée de tois coups de fusil qu’on avoit tirés sur luy à peu de distance de sa maison (2) ; le denger qu’il venoit de courir les avertissements des menaces qu’on luy faisoit à luy et à ses collègues les déterminèrent avec (à se ?) retirer pour quelque jours dans cette commune, précautions inutilles, les scélérats embusqués dès le matin dans un petit bois sur la commune de Saint Georges les y attendoient et y assassinèrent sur les trois heures du soir un assesseur et le greffier du juge de paix de la (rature et note en marge) du canton qui de rendoient au chef lieu du district. Un officier municipal qui faisoit routte avec ses infortunés échapa à la mort et nut (sic) que son habis percé d’une balle malgré la fusillade qu’il essuya. On le poursuivit néant moins plus d’un quart de lieue. La Rage des assassins ne fut point assouvie par l’effusion du sang de ces malheureuses victimes. La nuit suivante ils se portèrent au bourg de Verruye : la maison commune fut enfoncée, le greffe de la municipalité réduit en cendre et plusieurs maisons forcées ; quelques jours après, la nuit du cinq au six brumaire, trompés dans leur attantes ils ne purent égorger des officiers municipaux et autres braves citoyens chez qui ils se portèrent et qui heureusement avoient quitté leurs demeures. Toutte la furie s’exerça sur les meubles et effets qui se rencontrèrent dans leurs maisons sans doutte ils devoient s’y attendre car on les en avoit menacés de longtemps par des écrits anonimes dont on n’a par aucun moyen reconnoitroit (reconnu) les auteurs. Voilà citoyens administrateurs la situation vray des communes ci-dessus désignées et la nottre des menaces, la terreur et le sang qui ruissellent de touttes par autour de nous fixe notre esprit et nos regards. Nous espérons par votre intervention au près du gouvernement et des autorités constituées de tout genre voie Bïen tôt la fin de tans de maux. La tranquilité généralle, l’intérêt *** de la chose publique vous sollicites, vous pressent, avec nous ; si les brigans ne sont point interrompüs dans leur marche rapide ils vont bientôt se faire une retraite assurée dans les bois de la Melleray qui par leur vaste étendue en rendroient la destruction bien difficile, peut être même devroit on craindre la formation d’un noyau de révoltés qui par son éloignement des camps et la force qu’il pouroit prendre intercepteroit la communication de cette ville avec Partenay, comme on à déjà intercepté la communication respectives d’un grand nombre de communes. L’évacutation généralle de nos campagnes dviendroit à lors indispensablement nécéssaire et laisseroit à la merci de cette horde de cellerats une étendue de terrin si non plus grande que celle qu’ils occupoient d’abord, du moins nouvelles et dans la quelle le gouvernement se trouveroit obligé d’éxércer la juste sévérité républiquaine ; nous en voullons vous indiquer par nous-mêmes aucun rémède a tant de maux cepandan nous craindrions de paroitre blamables  à vos yeux si nous ne vous disions d’après la connoissance que nous avons des lieux et des événements qu’il seroit très avantageux de placer en différentes communes par example à Baulieu, Saint Lin et Saint Georges, Verruye, Augé, St Pardoux et plusieurs autres communes circonvoisines un  nombre d’environs six cents hommes qui dispercés sur les différents points indiqués en proportion de leur situation et de leurs dangers y seroient en àsséz grand nombre pour si faire respecter, rétablir la tranquilité et détruire entièrement les auteurs de maux qui nous affligént et qui nous font verser à chaque instant des larmes de sang sur la mort de nos concitoyens de nos frères. Vou trouverés surement dans votre sagesse citoyens administrateurs des moyens bien plus prompts et plus efficaces que ceux que nous pourrions vous indiquer, nous nous en raportons entièrement à l’usage que vous en ferez.

    A Maixent le huit brumaire an troisième de la république française une et indivisible. Signé Raubouam agent national, Brunet, et *** Pierre Martinault, Pacault, j Veillon maire, j Brangier maire, Allonneau bordier, et Bourdeaux officier municipal.

    Pour copie conforme

    JJ Mestadier »

     

    La forêt de la Meilleraye ici sur la carte de Cassini, rebaptisée de nos jours « Forêt de la Saisine » :

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Le 15 novembre 1794, nouvelle lettre des mêmes au Comité de Salut Public (3) :

     « 25 brumaire l’an 3e  de la république française une et indivisible

    Les administrateurs du district de Maixent aux législateurs composant le Comité de salut public de la Convention nationale

    Citoyens législateurs,

    Nous vous prions de vous faire remettre sous les yeux la lettre que nous vous écrivimes le deux de ce mois. Vous y verrez quelques détails sur les horreurs commmises dans le nord de notre district, par les pelotons de bandits composés en majeure partie par des jeunes gens de 18 a 25 ans réfractaires a la loi du 23 aoust, et réunis a quelques brigands échappés de la Vendée qui les menait de forfaits en forfaits.

    Nous vous annonçons aujourd’huy que les malheureuses communes seulement infestées jusqu’ici par ces scélérats sont aujourd’huy entièrement envahies par eux. Ils s’y promènent en plein jour aussi tranquillement que nous l’enceinte de nos murs. Tous les patriotes  prononcés, tous les membres des autorités constituées sont ou assassinés ou en fuite avec le déesespoir d’avoir été forcés d’abandonner leurs femmes, leurs enfans et leurs propriétées a la merci de ces monstres. De cette nouvelle conquête, les brigands font des incursions nocturnes dans les communes limitrophes et guettent leur proie tant de nuit que de jour, jusques aux portes de la nôtre, en un mot gagnent du terrin dans notre voisinage par les mêmes moyens qu’ils ont employé pour envahir celuy qu’ils occupent. Les patrouilles que le commandant de notre place fait faire de tems à autres ont été et seront toujours parfaitement inutiles ; les brigands avertis a propos se cachent dans des bois inaccessibles,  a l’aproche de ces patrouilles ; reparaissent le moment d’après qu’elles sont parties, et se montrent plus impitoyables. Nous ne voyons de remêdes contre ce fléau, journellement  destructeur et effrayant par ses conséquences possibles, que dans des dépôts d’infenteries stationnés sur les lieux et fortifiés par la réunion des patriotes du paÿs qui le demendent avec instance. Cent hommes de cavalerie stationnés dans nos murs avec 500 hommes d’infenterie mettrait le commandant de notre place en état de fournir aux différens dépôts nécessaires dans les campagnes ; et de les soutenir au besoin pour purger complettement le paÿs, si l’occasion s’en présentait et qu’on pût découvrir le repaire de ces tigres. Ces mesures en imposeraît nécessairement aux scélérats qui craindraits d’être surpris dans leurs expéditions ; relevrait le courage des patriotes qui se croient abandonnés par le gouvernement ; et oterait tout prétexte aux lâches habitans de rester dans une criminelle indifférence sur les sort de leurs voisins.

    Voilà citoyens, ce que nous venons d’exposer aux représentants du peuple près l’armée de l’ouest ; nous vous conjurons au nom de la patrie et de l’humanité de leurs fournir les moyens de nous secourir efficacement et de ne pas perdre de vuë nos malheures personnels et les dangers que court la république dans nos contrées de la part d’un atroupement méprisable dans son origine par son petit nombre mais qui se grossit d’une manière allarmante à la faveur de l’impunité.

    Salut et fraternité »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Puis c’est au tour des municipaux de la Chapelle-Bâton :

     

    « Commune

    de la Chapelle Baton

     

    Aux citoyens administrateurs

    Du district de Maixent

     

    La commune de la Chapelle Baton ayant toujours été dans les bon principes de la révolution ; se voyant obligé par force d’abandonner leurs foyers a cause des brigands qui y manifeste leur rage, en se portant presque toutes les nuits chez les patriottes, les forçant de leur donner leur vie ou leur bourse. En même tems ils enlèvent tout ce qui se rencontre sous leurs mains, principallement chez les mêmbres des autorités constituées. La nuit du du vingt un au vongt deux de ce mois ils se sont portés pour la seconde fois dans notre malheureuse commune, ils y ont commis les ravages les plus affreux, notemment chez les citoyens Gaultier et Bourdin membres de la municipalité, ils ont vollé, pillé a leur gré tout ce qu’ils ont rencontré, ils se sont également porté chez le citoyen Bonnemain instituteur public qui heureusement s’est sauvé au travers des coups de fusils.

    Enfin citoyens administrateurs vous voyez notre malheureuse situation ; nous avons jusqu’à présent soutenu ; mais notre patience est épuisée, sans force et sans secours, nous sommes obligés d’évacuer la Chapelle Baton. Ce jourd’huy vingt quatre brumaire an 3ème de la république française une et indivisible.

    Signe en l’original. J. Bonnifait maire, P. Bourdin officier municipal, Bonnemain greffier.

    Pour copie conforme à l’original déposé au secrétariat du district de Maixent. »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Mais qui étaient donc ces « Brigands » qui sillonnaient la région ? Royalistes, authentiques bandits, jeunes fuyant la réquisition ou simples paysans lassés des rodomontades de la petite bourgeoisie révolutionnaire locale. Bien des pages restent ici à écrire sur ce secteur. Ce sera je l’espère pour bientôt.

    Sur le personnage de J.J. Mestadier, ancien évêque de l'éphémère évêché des Deux-Sèvres qui signe sur toutes ces correspondances, lire l'article de Nadine ici.

    RL

    Février 2020

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/10-77, v. 811 et 813 à 817/1061, BA compris.

    (2)  Au moment de la révolution le curé se nommait Pouel. Le vicaire s’appelait Gorin et le dernier acte signé de lui est du 17 août 1791. Il semble être arrivé à Verruye début juin 1788 en remplacement de M. Pacault.

    (3)  SHD B 5/10-81, v. 867 à 870/1061, BA compris.

     

     


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