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    Pierre Drouet, de la paroisse Saint-Martin de Beaupréau, 

    Cavalier de la Division de Bonchamps.

     

     

            

                            

     
    Pierre Drouet.... Pierre Drouet
    est né et a été baptisé le 15 janvier 1765 à la Blouère. Il est le fils de Jean Drouet, marié le 13 février 1756 à Villedieu-la-Blouère et de Marie Lore ou Lelore. Le parrain a été Pierre Libeau et la marraine Perrine Teigné de Saint-Philbert-en-Mauges.

      En 1793 il prend les armes dès le commencement du soulèvement et fait partie de la Division commandée par Bonchamps. Il sert dans la cavalerie de Monsieur de Bonchamps et de Monsieur d'Elbée, puis dans les compagnies à pied de Saint-Martin-de-Beaupréau.

      Après l'affaire de Cholet ''lui et un autre seulement fondirent sur un détachement ennemi, en tuèrent quelque-uns et firent le reste prisonnier''.

      A Chantonnay ; ''lui seul et deux autres s'embusquèrent la nuit sur un passage et prirent deux caissons, l'un de poudre fine et l'autre d'armes et une voiture pleine d'outils d'armurier, l'ennemi épouvanté prit la fuite''.

      Pendant la guerre il reçut plusieurs blessures, l'une à la tête au siège d'Angers ; une seconde à la jambe gauche à Châtillon ; une troisième à Chalonnes dont la balle est restée dans la cuisse gauche.

     

      Il se marie le 8 janvier 1796 avec Jeanne Douëzy-Doizy (vue 48/mariages 1796), veuve de François Gourdon* de L'Andraudière commune de Beaupréau. Jeanne Douëzy est née le 8 novembre 1763 à Saint-Martin-de-Beaupréau, (Vue 405/466), elle est la fille de René Douëzy, métayer à la Borde et de Marie Gourdon, mariés le 16 février 1762 à Beaupréau. De cette union sont issus :

     

    1° Jeanne Drouet, née le 10 novembre 1798 à Beaupréau. (erreur d'enregistrement) – N'apparaît pas dans le registre des naissances de l'an V à l'an X, mais enregistrée dans la liste chronologique des naissances à la date du 10 novembre 1798 (20 brumaire an VII). Certainement née fin 1796-1797 ou début 1798.

    2° Pierre Drouet, né le 3 janvier 1799 (14 nivôse an VII) à Beaupréau.

    3° René Drouet, né le 28 mai 1804, (8 prairial an XII) à Beaupréau.

    5° Marie Drouet, née le 22 août 1807 à Beaupréau.

     

      *Au sujet de François Gourdon, premier époux de Jeanne Douezy, mariés le 21 novembre 1785,(vue 287/377), il semblerait que le dernier enfant de ce couple soit né à Nantes le 23 nivôse an 2 (12 janvier 1794) section Voltaire-Brutus, car nous découvrons dans les archives de la ville de Nantes (vue 6/75) un enfant également enregistré dans le répertoire des naissances de la ville de Nantes années 1793 à l'an X (vue 255/564.) 

      Il s'agit de François-Alexis Gourdon, fils de François Gourdon, laboureur natif de Saint-Martin-de-Beaupréau et de Renée Doizy native de Saint-Martin-de-Beaupréau... le prénom de la mère est erroné. 

      Il semblerait donc, que François Gourdon ait participé à la virée de Galerne avec son épouse et soit décédé en 1794 dans les combats Outre-Loire ou dans les prisons de Nantes. L'acte de mariage de son fils, le 6 octobre 1809 à Beaupréau (vue 130/244) nous informe que « François Gourdon est décédé en 1794 comme il est constaté dans son acte de décès inscrit aux listes chronologiques de cette commune » Cela est faux, il n'existe aucun acte de décès au nom de François Gourdon, en 1794 à Beaupréau.

     

      Voici l'acte de naissance de son fils, François-Alexis Gourdon :

     

    « Le vingt trois nivôse an second de la république à quatre heures du soir devant moi Mathurin Gaignard Officier Public, élu pour constater l'état civil des citoyens a comparu en la maison commune Marie Raimbaud, veuve de Louis Pouvreau, sage femme, âgée de quarante huit ans, demeurant section de Brutus aux Grands Jardins. Laquelle assistée de Jean Deguison, poëlier, âgé de quarante cinq ans, demeurant dite section, rue Monplaisir et de François Boudet, cordonnier, âgé de vingt sept ans, demeurant même lieu, m'a déclaré que Renée Doizy, native de Saint-Martin de Beaupréau département de Maine et Loire, âgée de vingt deux ans est accouchée en sa demeure sise dite rue Monplaisir, ce jour à midi d'un enfant mâle de son mariage contracté au dit Beaupréau au mois de décembre mil sept cent quatre vingt neuf, avec François Gourdon, laboureur, natif dudit Beaupréau, âgé de vingt huit ans, absent pour ses affaires. Lequel enfant m'a été présenté par ladite sage-femme, qui lui a donné les prénoms de François-Alexis. D'après cette déclaration que les témoins ci-dessus ont certifiée véritable, j'ai rédigé le présent acte que les témoins, le premier, cousin de l'enfant au maternel ont signé avec moi, lesdits jour et an la dite sage-femme a déclaré ne savoir.

     

    Signé : Jean Daguison- François Boudet, Gaignard Officier Public.»

     

      François Gourdon était tellement ''absent pour ses affaires'', qu'il était déjà décédé.

      Quant à François-Alexis Gourdon, il est décédé à Nantes le 25 nivôse an 2, section Voltaire-Brutus, soit deux jours après sa naissance.

       Aucun François Gourdon n'est décédé à Nantes en 1794....     

      Le 30 décembre 1823, Pierre Drouet dépose une demande de pension au Fief-Sauvin département de Maine et Loire.

     

    « Demande de pension, Nous soussignés anciens Officiers supérieurs de l' Armée Vendéenne d'Anjou ; certifions que Drouet Pierre, cultivateur, né en la commune de la Blouère, le 27 février 1766. Prit les armes en 1793, pour faire partie de la Division commandée par Monsieur le général de Bonchamps.

      Que peu après la première affaire de Cholet ; lui et un autre seulement, fondirent sur un détachement ennemi, en tuèrent quelques-uns et firent le reste prisonnier.

      Qu'à Chantonnay, lui seul, et deux autres avec lui s'embusquèrent la nuit sur un passage ; prirent deux caissons, l'un de poudre fine, l'autre d'armes ; et prirent aussi une voiture pleines d'outils d'armuriers pendant que l'ennemi épouvanté d'une telle audace prit la fuitte.

      Que pendant cette guerre il reçut différents blessures.

      L'une reçue à la tête, allant au siège d'Angers (qui lui a laissé une cicatrice causée par une balle qui lui a dénudé la partie gauche du coronal et par suite a causé une faiblesse dans l'ouïe de ce côté), une seconde à la jambe gauche à l'affaire de Châtillon, une troisième à Challonne dont la balle a resté dans la cuisse gauche. Qu'enfin, il a été le même en tous les tems, et qu'il a fallu user d'autorité pour le faire rester pendant la guerre des cent jours eu égard à la faiblesse de son tempérament.

      Que cet homme est digne d'un meilleur sort, que de cultiver continuellement la terre pour vivre, n'ayant d'autres ressources.

      C'est pour quoi, il sollicite de la bonté royale une pension pour le soutenir et lui aider à vivre dans sa vieillesse.

      En foi de quoi nous lui avons délivré le présent au Fief-Sauvin le 30 décembre 1823. »  

     

    signé : B du Doré, Chevalier de Saint-Louis, ancien chef de la Division du Fief Sauvin ; Tristan Martin, Chevalier de Saint-Louis ancien Adjudant Général Vendéen ; Martin Baudinière, Chevalier de Saint-Louis, ancien Chef Vendéen ; L'Huillier.

     

    Pierre Drouet....

     

      Pierre Drouet est décédé le 23 novembre 1834 à huit heures du soir, à l'âge de 70 ans à L'Andraudière commune de Beaupréau.

     

      Jeanne Douëzi, son épouse, est décédée le 8 février 1843 à L'Andraudière, à l'âge de 80 ans.

    Pierre Drouet....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pierre Drouet....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sources:  Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Pierre Drouet 1M9/148- Registres d'état civil de la commune de Saint-Martin-de-Beaupréau – Registres d'état civil de la Ville de Nantes - Vue n°1 du dossier Vendéen – Cadastre de 1834 de Beaupréau, l'Andraudière, section A1 du Vigneau et Géoportail - Photo: de l'auteur. 

                                                               

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Cyprien Mérand de la Paroisse de Tillières. 

    Sa maison est incendiée, il reçoit la décoration du Lys en 1814

     

                            

     Cyprien Mérand.....

    Cyprien Mérand est né et a été baptisé le 3 novembre 1763 à Tillières. Il est le fils de Cyprien Mérand demeurant au bourg de Tillières et de Radegonde Perroteau. Le parrain a été Pierre Pohu et la marraine Bonose Mérand.

      Il épouse le 14 juillet 1789 Marie Ripoche, née 27 février 1754, fille de Jacques Ripoche, métayer au Grand Aunay et de Françoise Guittet, de la paroisse de la Renaudière. Ce mariage semble être resté sans postérité. A cette époque il exerce la profession de charpentier au bourg de Tillières.

     

      Dès le 10 mars 1793 il rejoint les rassemblements royalistes et fait partie d'une Compagnie de la paroisse de Tillières où il sert en qualité de soldat. Il est ensuite employé à fabriquer de la poudre à Beaupréau. Il participe aux combats jusqu'au passage de la Loire. Il ne passe pas le fleuve et sert chez Monsieur de Charette dans le Poitou. Il combat avec le Général Stofflet dès que celui-ci repasse la Loire, participe à la célèbre bataille de Gesté en février 1794 sous les ordres de ce général. Puis est nommé Commissaire par ce dernier afin de pourvoir aux besoins de l'armée. Sa maison est incendiée ainsi que tout son mobilier.

     

      « Sa petite maison qu'il occupe a été incendiée pendant les troubles civils dont il est propriétaire et peu aisé ».

     

      En 1814 il est l'adjoint de Monsieur le Vicomte de la Blotais, maire de Tillières et Chevalier de Saint-Louis. Le 15 octobre de cette même année il reçoit la décoration du Lis de son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Angoulême, Brevet établi à Angers et signé de Monsieur le Préfet : Comte de Tocqueville.

     

      Le 15 mai 1825 il dépose une demande de pension.

     

      « Cyprien Mérand, âgé de soixante deux ans, charpentier, demeurant au bourg de la commune de Tilliers canton de Montfaucon, département de Maine et Loire.

      A Messieurs les Membres composant la Commission nommée à Beaupréau à l'effet de connaître les individus qui ont servis dans les armées de l'Ouest et les pertes qu'ils ont éprouvées conformément à l'Ordonnance du 3 mars dernier. Expose : Qu'il a servi 1° en qualité de soldat au 10 mars 1793 dans l'armée Royale d'Anjou et Poitou d'une compagnie de la paroisse de Tilliers 2° Puis fut requis dans la fabrication de la poudre faite par feu Mr Merlaud en la ville de Beaupréau. 3° A l'invasion des armées Républicaines repris les armes et combatti pour le soutien du Trône et de l'Autel ; avec M.M les généraux Delbée, de Bonchamps, de La Rochejaquelein, Dautichamps et Stofflet, jusqu'au moment qu'ils passèrent la Loire. 4° Rejoignit le Général Charrette dans le Poitou et y combatti également. 5° Au repassage de la Loire par les derniers généraux et à la reprise d'armes, il se trouva à la célèbre bataille de Gesté sous le Général Stofflet en février 1794. 6° A l'organisation des Divisions par le même général il fut nommé commissaire fournisseur de sa paraoisse pour pourvoir aux besoins de l'armée.- 7° Les pertes qu'il a éprouvé par l'incendie de sa maison, de son mobilier et n'ayant eu d'autres moyens a exister pour lui et son épouse, depuis l'époque de tous ses malheurs, que ses bras et qui se trouvent aujourd'hui fatigués. Et que son âge avancé ne lui permet plus de travailler comme en passé – et que sa situation deviendra de plus en plus déplorable s'il ne reçoit pour terminer sa carrière les secours, qu'a si justement accordée sa Majesté pour les fidèles sujets serviteurs royalistes de la Vendée ; n'ayant reçu ni secours, ni pention sur les fonds de l'Etat.

      Demande qu'il participe à la distribution du fond spécial jusqu'à concurrence de soixante mille francs pour qu'il reçoive la solde annuelle due à ses services et à son grade. Les pièces exigées par l'arrêté de Mr le Préfet sont à l'appui de la présente – A fait la campagne de 1815 au même emploi de Commissaire fournisseur. »

     

    A Tilliers le 15 mai 1825 – Vive le Roi   ; signé : Cyprien Mérand – Barbot, capitaine – Rousselot, capitaine ; Guilbaud, capitaine.

     

    Cyprien Mérand.....

     

     

    En 1825, il n'avait reçu ni secours ni pension sur les fonds de l'Etat, mais une décoration!

    VIVE LE ROY QUAND MÊME !

    Cyprien Mérand.....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cyprien Mérand est décédé au bourg de Tillières, le 1er juin 1833 à        sept heures et demi du soir, à l'âge de 69 ans.

    Marie Ripoche est décédée au bourg de Tillières, le 30 août 1835 à deux heures du matin, à l'âge de 81 ans.

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens:  Cyprien Mérand-1M9/262- Registres d'état civil de la commune de Tillières et de la Renaudière - Certificat de Services vue n° 4/6 – Titre de la décoration du Lis vue n°6/6- Photo : Décoration du Lys tirée du ''Grand livre des ordres de chevalerie et des décorations de Monsieur André Damien, de l'Institut''.

                                                            

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    René Plessis de la paroisse de la Jumellière. 

    sa métairie est incendiée, sa femme ''tabassée'' pas les Bleus... 

                          

     

     

     René Plessis..... René Plessis est né et a été baptisé le 17 février 1765 à la Jumellière. Il est le fils de Jean Plessis, métayer à la Lande et de Jacquine Bouët ; le parrain a été René Bouët, oncle et la marraine Etiennette Malinge, tante de l'enfant.

      En 1785 il est garçon domestique et épouse à la Jumellière, le 19 janvier de cette même année, Marie Raimbault née le 16 avril 1756 à la Jumellière, fille de François Raimbault, métayer à la Gagnerie, originaire de Chalonnes et de Marie Marcais. De cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1° Jeanne-Perrine Plessis, née le 19novembre 1785 à la Jumellière.

    2° René Plessis, né le 7 avril 1787, idem.

    3° Jean-Fidèle Plessis, né le 17 janvier 1789, idem.

    4° Marie Plessis, née le 21 décembre 1792, idem.

     

      A partir de 1785, René Plessis exploite une métairie sur la paroisse de la Jumellière dont nous ignorons le nom : Il semblerait que la Lande ait été exploitée par Jean Plessis, issu du premier mariage de Jean Plessis avec Jeanne Allaire; Jean Plessis ayant épousé à l'âge de soixante ans, le 22 novembre 1763, Jacquine Bouët âgée de vingt sept ans.

     

      En 1793, René Plessis est métayer à la Jumellière. Il prend les armes dans l'armée Catholique et Royale et participe aux batailles de : Vihiers, Cholet, Yzernay, Doué, les Ponts de Cé, le Pont Barré, la Butte d'Erigné, Martigné, Châtillon, Montaigu, Mortagne, Thouars, Beaupréau, Chalonnes (2 fois), Saint Lambert, la Caillaudière, le Grouteau en Neuvy, Chaudron etc, etc, etc... Il n'a pas été blessé, mais a bien servi.

     

      Au cours de cette période, sa maison est brûlée, son mobilier est pillé, sa femme est horriblement maltraitée par les républicains, qu'elle en meurt quelques mois plus tard suite aux coups qu'elle avait reçus. (Marie Raimbault décède le 8 Thermidor an2 (6 mai 1794) à la Jumellière à l'âge de 38 ans). Il se trouve ruiné et dans une grande misère, si bien qu'il ne peut plus faire valoir sa métairie après avoir fourni à l'armée Royale : trois bons bœufs, huit moutons, un cochon gras, douze septiers de froment etc....

     

      Il se remarie le 28 frimaire de l'an 3 (18 décembre 1794) avec Marie-Jeanne Abeslard, née le 2 juillet 1775 à La Jumellière, fille de Charles Abeslard et de Jeanne Cesbron. De cette union sont issus entre autres enfants :

    1° Jacques-René Plessis, né le 13 Prairial an XI, (2 juin 1803) à la Jumellière.

    2° Marie Plessis, née le 22 avril 1806, idem.

      Le 27 mai 1825, il dépose une demande de pension à la Mairie de la Jumellière.

     

    A cette époque, il est ruiné et exerce la profession de journalier ; ses moyens d'existence consistent en un salaire d'une journée de douze à quinze sols par journée de travail.

     

     « A Monsieur, Monsieur le Préfet de Maine et Loire, chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.

     

    Monsieur, Le nommé Plessis René, cultivateur, demeurant en la commune de la Jumellière arrondissement de Beaupréau, Département de Maine et Loire.

      A l'honneur de vous aviser qu'il prit les armes dès le commencement de la guerre de Vendée, qu'il les portât avec honneur et distinction pendant tout le temps qu'elle a durée, en qualité de soldat, que son ardeur lui fit faire de grands sacrifices ; qu'il fournit à l'armée Royale trois bons bœufs, huit moutons, un cochon gras, douze septiers de froment dont les bons qu'il a reçu des Commissaires ont été brûlés dans sa maison, que tout son mobilier fut pillé, que sa femme fut horriblement maltraitée par les Républicains, elle en mourut quelque temps après par suite des coups qu'elle avait reçu. Qu'il est maintenant dans une grande misère que, toutes ces pertes ont beaucoup contribué à le faire sortir de la ferme qu'il faisait valoir à cette époque; les pertes qu'il a éprouvées peuvent être évaluées à deux mille francs : 2000Frs.

      En considération de ses services, de ses sacrifices et de ses pertes, Monsieur le Préfet ; il vous prie d'écouter favorablement la supplique qu'il a l'honneur de vous présenter, qu'en vertu de l'Ordonnance Royale du 29 décembre 1824 qu'il soit admis à participer aux faveurs que sa majesté veut bien accorder à ses fidèles serviteurs de la famille auguste qui nous gouverne, il a montré dans tous les temps un grand dévouement pour son Roi.

     

      Pour René Duplessis qui ne sait signer ».

     

    signé : de Caqueray. Jumellière le 27 mai 1825.

     

      En 1831, il est domicilié au village de la Blinière où son épouse Marie-Jeanne Abeslard décède le 25 octobre 1831. 

      René Plessis, laboureur, est décédé le 14 juin 1840 à quatre heures du soir en son domicile de la Basse Orière commune de Saint-Aubin-de-Luigné.

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: René Plessis-1M9/296- Registres d'état civil de la commune de la Jumellière, Saint-Aubin-de-Luigné. – Photo de l'auteur. 

                                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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  • Pouzauges et la colonne de Lachenay…

     

    Un ami me rapportait récemment que selon certains historiens locaux, il ne se serait rien passé à Pouzauges au moment du passage des colonnes infernales. Voici bien une curieuse affirmation ! Nous n’allons pas ici refaire un historique long et fastidieux qui lasserait le lecteur, mais simplement donner quelques détails méconnus, que l’on ne trouve évidemment pas dans les ouvrages de l’Education Nationale. Entrons donc tout de suite dans le vif du sujet.

    La colonne de gauche commandée par Lachenay quittant Saint-Mesmin passe probablement par l’ancien chemin de Cerizay à Pouzauges, arrivant par Roidan, La Basse Fré et La Barboire où l’on verra ce qui s’est passé dans le texte qui suit. Le reste du parcours se déduit facilement à la lecture d’une carte. Pendant ce temps, Grignon lui-même sera passé par la Pommeraie-sur-Sèvre, puis la Flocellière où il commettra les horreurs dénoncées par le maire Chapelain que l’on retrouve dans les dénonciations publiées par Lequinio. Le 30 janvier 1794, il rejoint Lachenay à Pouzauges où se déroule le fameux épisode du viol et du massacre des prisonnières du château. Il ne serait resté, dit-on,  que sept maisons debout à Pouzauges après le passage des colonnes de Grignon et Lachenay.

    RL

    Novembre 2016

     

     

    « Dans les campagnes environnant Pouzauges, la terreur n'est pas moindre. D'innombrables habitations sont la proie des flammes. Nous citerons notamment : La Petite et la Grande Barre (attention, il existe deux villages portant le nom des « Barres », il s’agit ici de celui situé près du Moulin-Bonnet), le Plessis et le Moulin-Bonnet, la Roussière, l'Angerie, l'Oufraire (aujourd’hui l’Aufrère), la chapelle de Champortais (Champorté), les servitudes de la Cacaudière, et la Barboire (commune de La Pommeraie-sur-Sèvre), où dix personnes, dont plusieurs membres de la famille Cosset, sont massacrées.

    Roy, de Puy-Giraud ; Vincendeau, de la Goupilière ; Poupin, du Plessis ; Gaborieau, de la Roussière ; Humeau des Suppes (1) ; les deux Garneaux et cent autres, sont impitoyablement fusillés, tandis que M. Fabre de la Grange est brûlé vif dans sa demeure des Burochelles" (Les Bourochelles). »

     

    AD85 :  Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1912 - p. 872. Revue du Bas-Poitou, 1896, 4° livraison, p. 429, AD85, 4 Num 81/37.

     

     

    (1)          Les Suppes - Jacques Humeau, époux de Jacquette Puaud ; un enfant, Joseph, né le 27 août 1790.

     

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

      

        La Barboire, lieu du massacre de dix personnes.

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

    Pouzauges et la colonne de Lachenay....

     

     

     

     

     


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    Louis XVIII, pensions et secours accordés aux Vendéens...

     

     

     

                            

     Louis XVIII et les demandes de pension.... Lorsqu'on est descendant de combattants et de martyrs Vendéens, il est de mise de garder tout son calme lorsqu'on aborde ce sujet. Les familles ruinées ne reçurent aucun secours, RIEN !

      Il ne faudra pas s'étonner du fiasco de 1832 ! Afin de rendre cette question beaucoup plus agréable, il est préférable de laisser la parole à Monsieur l'Abbé Deniau avec des exemples assez savoureux. Des pensions annuelles de trente francs ou encore un seul canton qui comptait 6000 soldats, il n'y en eut que 46 à recevoir des récompenses (Eug.Loudun, ch.XIII).

      Dans la catégorie ''foutage de gueule'' : « Louis Rochard de Chanzeaux, qui, dans une lutte à mort avec le porte-drapeau d'un régiment républicain, avait réussi à s'emparer de l'étendard si longtemps disputé, et s'en était ensuite servi pour bander ses blessures, espérait, pour ce fait d'armes, obtenir au moins la croix de Saint-Louis. Il en fit la demande au ministère de la guerre et envoya, à l'appui de sa sollicitation, les lambeaux du drapeau portant les traces de son sang. On rejeta sa requête ; on ne lui rendit même pas l'étendard qui était sa propriété, prétextant qu'on n'avait pu le retrouver. »

      « Accoutumés à voir dans la Royauté l'image pour ainsi dire de la divinité, nos populations ne pouvaient se faire à l'idée que l'héritier du trône de Saint-Louis pût déroger aux nobles et religieuses traditions de sa famille. Ils ne furent pas longtemps à s'apercevoir de son ingratitude et de l'injustice qu'il affecta à leur égard. Louis XVIII ne voyait dans les Vendéens et dans les Chouans que des fanatiques qu'il méprisait au fond de son cœur, et sur le dévouement desquels cependant il savait qu'il pourrait toujours compter. »

      « Cependant le Gouvernement ne pouvait refuser de reconnaître les services que la Vendée et la chouannerie lui avaient rendus. Ils s'étaient dévoués pour lui et exposés aux représailles terribles de l'usurpateur, ils avaient contribué à sa chute. Le Roi céda un instant au devoir de la reconnaissance. Il ordonna de les secourir afin de ne point paraître ingrat aux yeux du public. Les princes du sang, animés des vrais sentiments de leur race désiraient les voir traités en amis, et les Royalistes de la cour cherchaient à les favoriser. Ils réussirent à faire nommer une Commission pour leur distribuer des récompenses. Mais cette commission composée d'anciens officiers de l'armée de Condé, bien qu'ils leur fussent généralement sympathiques, se rendre compte de tous leurs besoins, et le lieutenant général comte de Beurnonville, ancien ministre de la Convention, qui fut nommé président de cette commission, leur fit appréhender que cet ancien révolutionnaire ne leur rendit justice que dans une mesure fort restreinte. Heureusement il n'en fut rien.

      Ce général quoique leur ancien ennemi, admirait le courage qu'ils avaient déployé en défendant leurs principes religieux et monarchiques. ''Puisque leurs vœux étaient accomplis, disaient-ils, ils méritent de recevoir du Roi des marques de son estime et de sa bienveillance''. En conséquence, il s'enquit avec une équitable loyauté des droits qu'avaient à des secours sérieux ces vrais serviteurs de la Monarchie. A cet effet, il se fit renseigner par M. de Romain, major général de l'armée de d'Autichamp et par MM. De Sapinaud et Auguste de la Rochejaquelein, et les principaux officiers de la basse Vendée, de telle sorte qu'il pût connaître les justes revendications du pays. Si les subsides qu'il accorda ne furent pas plus abondants, s'ils furent presque illusoires pour le grand nombre des ayants droit, ce ne fut pas du moins à lui qu'il faut en faire remonter le responsabilité, mais aux ministres qui, prétextant les lourdes charges du trésor n'accordaient que d'une main avare, à la Vendée et à la Bretagne, des fonds qu'ils savaient prodiguer aux officiers et aux blessés de la Révolution et de l'Empire. Napoléon avait accordé douze mille francs de pension à la veuve de Bonchamps, le Gouvernement la réduisit de moitié. Il ne concédait que quatre cent francs à la veuve de Guerry de Beauregard, tué à Aizenay, laissait dans l'indigence cinq enfants du généralissime Cathelineau, et oubliait la famille de Stofflet et bien d'autres qui s'étaient si courageusement battus pour le trône et l'autel.

      Ce ne sont pas les Bourbons qui firent élever des monuments aux généraux vendéens, mais les nobles de la Vendée : la colonne de Torfou fut érigée par le marquis de la Bretesche : l'obélisque de Stofflet par le comte de Colbert ; la statue de Bonchamps par ses compagnons d'armes et celle de Cathelineau sur la place du Pin-en-Mauges par les soins et le zèle du Chevalier de Lostange. Et ce qui est vraiment odieux, Louis XVIII accordait six mille francs de rente avec le titre de baron au farouche Turreau, qui avait couvert la Vendée de sang et de ruines , et des pensions fort importantes à la sœur de Robespierre, à de nombreux régicides, à d'anciens clubistes ou à des favorites. Francastel fut nommé directeur d'une bergerie de l'Etat aux environs de Tours ; Grignon reçut le brevet de général de division et une pension de retraite. « J'ai vu, dit Eug. Loudun, «  un vainqueur du 14 juillet, que j'ai rencontré dans le Poitou, qui portait sur sa poitrine, comme une sanglante ironie, la croix de la Bastille, à côté de la Croix de Saint-Louis. »

      La Commission ne pouvant disposer pour les Vendéens que de fonds fort restreints, les divisa en portion infime, afin de satisfaire le plus grand nombre de nécessiteux. La plupart des solliciteurs, reçurent cent francs, cinquante francs, et même trente francs.... »

      « Quelques vieillards, des veuves, des orphelins et des blessés obtinrent aussi de faibles pensions. Les autres valétudinaires n'eurent que des secours temporaires. Les paysans qui avaient perdu maison, mobilier, vêtements, jusqu'à leur dernier écu, n'obtinrent aucune indemnités, et pourtant les misères étaient profondes en Vendée. D'après le relevé des administrations locales, on y comptait en 1816, trente mille veuves, quarante mille blessés et orphelins. Dans la seule paroisse d'Yzernay, d'une population de 1300 âmes, il s'y trouvait cent dix neuf veuves réduites à la mendicité. La plupart des soldats qui avaient porté tout le poids de la guerre de 1793 à 1799, ne reçurent pas une obole. ''En vérité, s'écrie avec un accent indigné Auguste Johanet, en vérité, il ne fut pas donné un sou par maison brûlée, et après d'énormes amas de ruines, chaque héros n'eut pas de quoi manger un morceau de pain''.

      « Quand Napoléon parcouru la basse Vendée, (il s'y est déplacé, lui!) il ne fut pas aussi parcimonieux avec les soldats de Charette. Emu au récit de leurs brillants faits d'armes, il prodigua l'or, releva leurs chaumières, reconstruisit leurs églises et donna du pain aux nécessiteux. Louis XVIII ne sut jamais s'inspirer de sentiments aussi généreux et aussi politiques. »

      « Indigné de tant de dénis de justice, Auguste de la Rochejaquelein s'emporte. Il se rend à Paris, pénètre dans les bureaux du ministre de la Guerre et réclame prompte satisfaction pour ses vieux frères d'armes. On repousse toutes ses revendications. Dans sa colère, le général Vendéen ne se possède plus : il brise en sortant les vitres du cabinet du ministre.... »

      Autre exemple : « Quand Louis XVIII se décida à placer dans ses galeries les portraits des généraux vendéens, ceux de Cathelineau et de Stofflet en furent exclus parce qu'ils n'étaient pas gentilshommes. » La Révolution et l'émigration n'avaient rien appris à ce pauvre Louis XVIII.

      Pour conclure, le résultat de tant d'affronts entraîna une désaffection et beaucoup de murmures envers ce Roi. « Quelques vieux soldats même regrettèrent d'avoir versé leur sang pour un Roi si indigne de leur dévouement. A son lit de mort, un des plus braves disait à ses enfants : « Je vous recommande de ne jamais reprendre les armes. »

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée par le chanoine Deniau, curé de Saint-Macaire-en-Mauges Dom Chamard, Prieur de l'abbaye de Ligugé et l'abbé Uzureau, Directeur de l'Anjou Historique. TOME VI. pages 426,427,428,467.– Siraudeau éditeur Angers.                                               

                                                      

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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