•  

    Le massacre des Quéreaux…

     

    La « Maraichine normande » avait  publié ici il y a déjà 5 ans un texte de la Revue de Bretagne et de Vendée qui nous raconte les faits suivants : après le grand massacre de Montfaucon du 5 février 1794, les républicains s’éloignent du bourg et en passant au Pont-de-Moine, ramassent « toute la population » du lieu. Ils les amènent vers le Sud et les égorgent au hameau des Quéreaux. On ne sait combien ce massacre fit de victimes ni où elles furent enterrées. Ne pouvant actuellement conduire sur de longues distances pour me rendre sur les lieux, je me suis permis de déléguer la prise des photos à un Ami du Pont-Paillat, Charles-Antoine, qui habite dans le même secteur.

    Le chemin allant de Pont-de-Moine aux Quéreaux sur l’IGN…

    Le massacre des Quéreaux....

    Et sur le cadastre de 1834. Rien n’a changé.

    Le massacre des Quéreaux....

     

    En ce jour du 13 décembre 2017, l’ambiance sur les lieux était particulièrement sinistre avec une mini-tempête qui commençait à sévir sur l’Ouest.

    Sur le chemin qu’ont emprunté les suppliciés :

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Un premier calvaire. Est-ce ici ?

    Le massacre des Quéreaux....

    L’arrivée au Quéreaux :

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Le calvaire du village.

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Si l’on compare la vue aérienne et le cadastre, une croix existait en 1834 à ce carrefour mais à une cinquantaine de mètres plus à l’Est.

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

     

     

    Le Nord est orienté vers la droite sur le plan suivant : 

     

     Le massacre des Quéreaux....

    Vues du village :

    Le massacre des Quéreaux....

    Le massacre des Quéreaux....

    Une courte vidéo sur place, dans le vent d’un soir de décembre :

    Il va faire bon à rentrer chez soi…

    A suivre…

    RL

    Charles-Antoine Callerot

    Décembre 2017

     

     


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  •                     

    Les gendarmes responsables de la déroute de Fontenay 

    sont connus mais restent introuvables....

     

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    Gendarmes introuvables....La bataille de Fontenay-le-Peuple et la trahison des gendarmes ont eu lieu le 25 mai 1793 et nous sommes le 1er juin 1793...

    A Niort, les Représentants du peuple parlent de désarmer toute la gendarmerie, mais ils hésitent et ne sont pas ''chauds'' de retrouver les coupables, par peur de multiplier les mécontents de la République et les désertions... Les lâches sont connus car on leur fait des reproches sur leur conduite devant toute l'armée. N'espérez donc pas connaître leurs noms, car les gendarmes recevront une prime à la lâcheté et resteront impunis !

     

    Avant de passer à la lettre des Représentants du peuple, un mot sur l'uniforme et l'armement du gendarme en 1793. Son habit est de drap bleu de Roi avec collet (à la française), avec revers et parements de drap écarlates, passepoilé de blanc. Les boutons sont de métal blanc portant l'inscription ''Force à la Loi''. Les pattes d'épaule sont en drap bleu, lisérées d'écarlate. Les buffleteries sont blanches.

      Il porte une veste en drap de couleur chamois, la culotte est en peau de couleur naturelle, la cravate est noire. Les bottes sont conformes à celles des dragons. Pour terminer n'oublions pas le chapeau bordé d'argent avec ganse et cocarde plate et circulaire aux couleurs nationales ''Bleu, blanc, rouge'' et pompon sphérique rouge.

    L'armement se compose d'un mousqueton avec sa baïonnette, un sabre droit dit de Maréchaussée et une paire de pistolets.

    L'équipement du cheval est de drap bleu bordé de blanc.

     

    Maintenant voici la lettre des Représentants du peuple du 1er juin 1793 à Niort.

     

    « Lettre adressée par les Représentants en mission à Niort, à la Convention Nationale après avoir reçu le décret relatif aux gendarmes nationaux (1er juin 1793).

    Niort, le 1er juin 1793, l'an 2 de la République.

    Les Représentants du peuple près l'armée des côtes de la Rochelle  ;

    Citoyens nos collègues,

    Nous avons reçu votre lettre du 29 mai avec le décret du même jour ; qui prononce des peines contre les gendarmes, qui ont fuit dans la fatale journée du 25, dans les plaines de Fontenay-le-Peuple. Déjà nous avions pris des mesures pour découvrir les coupables, et nous ne vous dissimulons pas qu'elles ont été jusqu'à ce moment presque sans effet.

    Pour former les différents escadrons de gendarmerie on avait pris indistinctement des détachements fournis par plusieurs départements  ; de manière que les individus ne se connaissant pas entr'eux, on ne peut recueillir que des renseignements très vagues. Nous avons remédié à ces abus pour l'avenir, en formant des escadrons séparés de la gendarmerie de chaque département. Mais pour prévenir de pareil événement, nous nous sentons, comme vous, qu'il faut de la sévérité envers les coupables. Nous avons chargé les généraux et agents militaires de prendre toutes les informations, et faire toutes les recherches nécessaires. Nous espérons que nos soins ne seront pas infructueux, et vous pouvez compter que la loi sera exécutée. Cependant, s'il étoit possible que nos recherches fussent vaines, l'Assemblée n'entend pas faire doute, que nous désarmions toute la gendarmerie ; d'un côté ce serait injuste, parce que ce corps renferme beaucoup de braves gens, de l'autre, cette mesure serait nuisible à la République ; en la privant d'un grand nombre de bons défenseurs.

    Nous devons ajouter que les reproches que nous leur avons fait publiquement ; les humiliations qu'ils ont éprouvées de la part de toute l'armée et des citoyens de cette ville, les ont tellement affecté qu'ils ont juré de réparer leur faute, à la première occasion ; et de recouvrer l'honneur que quelques lâches leur on ravi.

    Nous espérons qu'ils nous tiendront parole ; et cela ne nous empêchera pas de sévir contre ceux qui nous paraîtrons coupables dans l'affaire du 25. (Façon d'enterrer l'affaire).

    Nous sommes parfaitement tranquilles dans notre position à Niort. Les troupes nous arrivent des armées du Nord et des Ardennes, et, bientôt, nous serons dans le cas d'agir offensivement. Le général Biron, arrivé ici depuis peu de jours s'attache à connaître l'état de nos forces disséminées sur une surface très étendue, et à s'assurer de la quantité de troupes qui sont en marche pour cette armée.

      Ce premier travail fait, il arrêtera son plan de manière à ce que toutes nos attaques soient combinées et nous avons lieu d'espérer que le mois de juin ne se passera pas sans que les rebelles soient anéantis, ou au moins réduits à la dernière extrémité.

    Soyez convaincus, citoyens nos collègues, que les revers n'ont pas abattu notre courage, et que notre zèle pour la défense de la Liberté n'a pu que s'accroître au milieu des dangers.  »

     

                                                    Signé : Goupilleau de Fontenay.

     

    «  P.S – Nous vous invitons à presser le ministre de la guerre à faire parvenir à l'armée de Saumur les sept mille fusils qu'il a promis. Songez que les moments sont précieux et qu'il faut que cette guerre soit promptement terminée. »

     

    Gendarmes introuvables....

    Sources :  Archives Départementales de la Vendée, extrait des archives du Tribunal Révolutionnaire class E dépôt 92.1 II 7 – vues  n°6 et7/7 –  Tome 7, Lettre adressée par les Représentants en mission à Niort, à la Convention Nationale, après avoir reçu le décret relatif aux gendarmes nationaux (1er juin 1793) Extrait de la collection Benjamin Fillon. Gravure :Miniaturas militares de Alfonso Canovas.

     

                                                              

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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  •                     

    Le général Chalbos, n'est pas content de la gendarmerie... 

    Bataille de Fontenay du 25 mai 1793...

     

     

                                      

    Gendarmerie à Fontenay....L'ambition du cavalier vendéen est de tuer un gendarme pour avoir son cheval et son équipement ; les gendarmes le savent bien et se tiennent en garde contre des ennemis si acharnés à leur ruine. Tuer un gendarme au combat et s'approprier ses armes de qualité est donc une prouesse assez difficile à réaliser ; car le gendarme se dérobe pratiquement à chaque rencontre. En effet, les combats de Perpignan et de Fontenay n'apparaissent pas sur les drapeaux et étendards de la gendarmerie, et pour cause...

    Comme nous allons le voir, en ce 25 mai 1793 à Fontenay, le général Chalbos* ordonne à la gendarmerie de charger les royalistes victorieux et les gendarmes, se rendant compte de l'extrême danger qu'ils courent, prennent la fuite... Ils sèment la déroute, le découragement et le désordre dans l'armée républicaine. « Ces lâches, en fuyant, foulèrent aux pieds des chevaux l'infanterie de notre armée. »  Ils sont donc responsables de la défaite.......

     

    *Alexis-François Chalbos est né le 6 mars 1736 à Cubières dans le Gévaudan, il est le fils d'un avocat, s'engage dans les armées du Roi, est fait Chevalier de Saint-Louis en 1788. En 1793, il est général de division et commandant de l'armée de Fontenay. Il décède à Mayence le 17 mars 1803.

       

    Gendarmerie à Fontenay....

     

    « Lettre du général Chazot (Chalbos) au Ministère de la Guerre. Je m'étois porté avec un corps de six mille hommes à la Châtaigneraie, mais des détachements pour les Sables ont réduit ma petite armée à trois mille hommes. Le 24 j'appris qu'une colonne de brigands s'avançoit ; nous évacuames la Châtaigneraie, ne pouvant tenir, pour nous rendre à Fontenai, nous y arrivâmes à cinq heures du matin.

    A une heure les brigands parurent sur trois colonnes, se répandirent dans la plaine qu'ils couvrirent en un instant ; je couvris Fontenai. Au premier coup de canon ils plièrent ; les hussards de la Gironde les firent reculer, et tout alloit bien ; le bataillon du Loiret chargea la bayonnette au bout du fusil.

    J'ordonnais à la gendarmerie de charger pour les soutenir ; vingt seulement obéirent, le reste prit la fuite, et jetta le découragement et le désordre dans l'armée. Ces lâches en fuyant, foulèrent aux pieds des chevaux l'infanterie de notre armée. L'infanterie se voyant abandonnée se mit en déroute ; je rassemblai une trentaine d'hommes, nous chargeâmes la cavalerie des brigands et la fîmes plier. Quelques uns des nôtres ont été pris pendant que l'on opéroit la retraite, et notre défense facilita la conservation de l'artillerie ; l'armée revint à Niort. Il n'est rentré que huit cents hommes. Les grenadiers de la Convention arrivent et marchent.

     

      Le conseil vient d'arrêter que l'on périra à Niort avant de l'évacuer. Quelques officiers se sont montrés intrépides, mais je ne dois pas oublier que ceux qui sont ici, y sont à regret, il faut absolument des troupes de ligne pour détruire les rebelles... »

     

    L'abbé Deniau nous informe que : « Chalbos, pistolet au poing commande aux gendarmes qui forment sa seconde ligne de cavalerie, de donner à leur tour. Cinq seulement obéissent à son ordre. Les autres effrayés par ceux qui viennent de lâcher pied, s'enfuient bride abattue, renversent les fantassins qui se trouvent sur leur passage et écrasent sous les pieds de leur chevaux plus de trente braves qui ne veulent pas céder. En vain les Représentants du peuple et les généraux font les plus grands efforts pour rallier leurs troupes... la déroute est complète. »

    Cette défection a un tel retentissement que le Comité de Salut Public est alerté. Le 29 mai 1793, la Convention Nationale transmet un décret aux Représentants du peuple en mission contre les gendarmes qui ont pris la fuite à Fontenay et à Perpignan.

     

    « Lettre du Comité de Salut Public aux Représentants du peuple en mission à Niort en leur envoyant le décret de la Convention contre les gendarmes qui ont pris la fuite dans le combat du 25 mai 1793. (29 mai 1793)

     

    Paris, le 29 mai 1793, l'an 2 de la République française.

    Les Représentants du peuple, membres du Comité de Salut Public,

    Aux Représentants du peuple députés près l'armée des Côtes de la Rochelle à Niort.

    La Convention Nationale vient de rendre un décret qui ordonne d'enlever les chevaux à ceux des gendarmes qui ont lâchement fui en présence de l'ennemi, et de dépouiller de leurs armes et de leur uniforme, les citoyens qui ont refusé de se rendre à la voix du général et du représentant du peuple, qui s'efforçaient en vain de les rallier.

    La nouvelle de ce décret parviendrait à l'Armée et préviendrait les mesures d'exécution, si nous attendions des expéditions des bureaux de la Convention Nationale ; nous prenons le parti de vous adresser une copie de ce décret sur nos signatures.

    Il importe d'empêcher que les gendarmes n'enlèvent leurs chevaux, et ne passent du côté des rebelles

    Il faut vous assurer des chevaux ; des armes, et des uniformes. Il faut prévenir le désordre, et il est nécessaire de prendre des mesures assez bien concertées pour faire rentrer ces citoyens désarmés dans l'intérieur. Nous avons craint d'augmenter le nombre des révoltés ; mais la nécessité d'un exemple utile l'a emporté sur toute autre considération, et nous avons surtout été rassurés par notre confiance dans les mesures d'exécution, que vous saurez concerter avec le général.

    Nous comptons sur votre prudence pour remplir le double objet que nous avons en vue, qui consiste à renvoyer dans leurs municipalités des hommes qui ne sont pas propres à défendre la cause de la liberté ; et conserver les chevaux, les armes et les uniformes. (On voit bien là l'importance de l'équipement du gendarme et de l'envie du cavalier vendéen de s'en approprier.)

    L'arrivée du général Biron, nous présage que nous allons avoir un plan général de campagne ; qu'il y aura ensemble dans toutes les parties de l'Armée ; et qu'enfin nous allons avoir une armée active dans toutes ses parties.

      Les dangers, les fatigues diminueront, et nous n'aurons plus qu'à nous féliciter des preuves de dévouement et de courage que vous avez données dans des circonstances les plus difficiles. »

     

     Les Membres du Comité de Salut Public chargés de la correspondance.

                                                       Signatures des membres.

     

    Maintenant voici le Décret de la Convention Nationale...

     

    Gendarmerie à Fontenay....

     

                              Décret de la Convention Nationale

         Contre les gendarmes qui ont pris la fuite à Perpignan et à Fontenay.

                                                    (29 mai 1793)

    _______________________________

     

                                  Décret de La Convention Nationale

                                                du 29 mai 1793

           Relatif aux gendarmes qui ont fui à Perpignan et à Fontenay.

    ________________________________

     

     

    « La Convention Nationale après avoir entendu le rapport du Comité de Salut Public, et la lecture des lettres écrites par les Commissaires de la Convention envoyés à Perpignan et à Niort ; décrète ce qui suit :

     

    ART:1er

     

    Ceux des gendarmes nationaux qui ont lâchement fui dans la journée du 19 à Perpignan et du 25 à Fontenay-le-Peuple seront dépouillés de leurs armes et uniformes, renvoyés dans leurs municipalités, et déclarés incapables de servir la République, sans préjudice des poursuites qui devront être faites ; conformément au Code Pénal, contre ceux des dits gendarmes ; qui auront donné le signal de la fuite ou qui l'auraient provoquée.

    Le Ministre de la guerre est chargé de faire arrêter sur le champ   ; les gendarmes et officiers prévenus de cette trahison, et de les faire juger conformément aux loix militaires.

    ART: 2e

     

    Les représentants du peuple envoyés près les armées sont autorisés à nommer de concert avec les administrateurs des départements, des gendarmes nationaux pour remplacer ceux qui sont destitués ; et de leur faire délivrer les armes, équipements et chevaux des gendarmes destitués, en en faisant estimer la valeur pour être statué sur le remboursement.

                                                

     

    ART: 3

    Le licenciement des dits gendarmes, sera prononcé à la suite du rapport et des informations faites par un conseil de guerre, composé de dix citoyens pris dans divers grades de l'Armée.

     

    ART: 4

     

    Il sera fait mention dans le procès-verbal, de la conduite courageuse tenue par les seize citoyens gendarmes qui se sont joint au général Beaufranchet-Dayat et le chef de brigade Mouvion ; pour charger les rebelles et sauver une partie de l' armée.

    Visé par l'inspecteur des procès-verbaux signé Joseph Becker- collationnés à l'original par nous présidents et secrétaires de la Convention Nationale.

    A Paris le 3 juin 1793, l'an second de la République.

    Signé Mallarmé, président; Meaulle et Durand-Maillane, secrétaire.

    Au nom de la République. » etc........

    Gendarmerie à Fontenay....

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés- Les Affiches de Nantes n°67 du mercredi 5 juin 1793 – l'an 2 de la République, vue n°1 et 2/4. Archives Départementales de la Vendée, extrait des archives du Tribunal Révolutionnaire class E dépôt 92.1 II 7 – vues n°2 et n°5,6/7 -

    (Abbé Deniau Tome n°2, page 83 - Histoire de la Guerre de la Vendée.) - Gravure: officier de gendarmerie sous la Révolution de wikipédia. 

                                                               

    A suivre ici

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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  •                     

             Des soldats de Monsieur de Charette font leur soumission à

    Saint-Michel-Chef-Chef au début de l'année 1796....

     

     

                                      

    Soumission de soldats de Charette....En janvier 1796 Monsieur de Charette n'a plus qu'une poignée de soldats, des héros harassés de fatigue, blessés pour la plupart, environ trois cents hommes, ''des hommes de fer''. Ils n'ont plus ni poudre, ni pain et les désertions commencent à éclaircir les rangs de la petite armée à partir de décembre 1795.

    Le 13 janvier les chasseurs de Travot aperçoivent Charette « fuyant dans les bois avec quelques cavaliers » mais ne réussissent pas à l'atteindre.

    Le Dimanche 24 janvier, c'est l'ultime journée dans le marais, puis il regagne le bocage et erre vers le Poiré-sur-Vie, des soldats originaires de Saint-Michel-Chef-Chef regagnent leurs foyers en Pays de Retz.... c'est la fin !

    Le Mercredi Saint 23 mars, son armée compte trente deux hommes... la grande aventure prendra fin dans les bois de la Chabotterie.

     

    Les derniers combats du chevalier de Charette, m'émeuvent particulièrement, puisque quelques uns de mes ancêtres ont combattu sous ses ordres... Se soumettre et déposer ses armes devant un adversaire aussi déloyal fut une démarche humiliante, mais ce furent les armes usées qu'ils rendirent,... le dernier ''bras d'honneur'' à la République en quelque sorte.

    Soumission de soldats de Charette....

     

    « Le 24 frimaire de l'an quatrième (15 décembre 1795) de la République, environ cinq heures du soir s'est présenté Charles Normand, propriétaire et domicilié dans cette commune qui a déclaré que s'étant égaré jusqu'à prendre les armes contre la République parmis les rebelles de la Vendée il reconnaissoit sa faute et renonçait à ce parti  pour prendre celui de la République et vivre sous les loix auquel il se soummettoit d'aperès cette déclaration nous lui avons délivré un certificat qui ateste de son retour et cela après lavoir sommé de rendre ses armes, si il en avoit il a répondu qu'il lui avoit été impossible de les sauver de la Vendée – Et nous lui avons dit que cétoit une des condition de la proclamation du général Hoche qui nous autorise recevoir la soumission a repeté qu'il n'en avoir point à Saint Michel ce jour et an ci dessus. Présent les citoyens Pavageau municipal et capitaine de la Garde Nationale, Julien Guillon municipal, les citoyens Etienne Normand père et fils, la Marte, Guérin notable élu adjoint a signé avec nous Charles Normand. »

    Ont tous signé. (vue n°31/37).

    Soumission de soldats de Charette....

     

    « Le 22 nivôse de l'an quatrième de la République (12 janvier 1796) - (Extrait)... Jean Bonhommeau et Louis Bonhommeau tous deux frères, tous deux ayant suivis l'armée de la Vendée reconnaissent leur erreur désirant rentrer sous lobéïssance de la République ont rendu leurs armes consistoit en chacun un fusil de calibre et nous déclare que leur intention étoit de ne jamais servir sous l'Armée Royaliste, mais de vivre sous les loix de la République etc.... »

     

    « Le premier Pluviôse de l'an quatrième (21 janvier 1796) de la République (extrait) s'est présenté Joseph Baconnais et Simon Durand, tous deux domiciliés de cette commune l'un et l'autre ayant suivi l'Armée des Vendéens ou Royalistes ont déclaré vouloir rentrer dans l'obéïssance de la République....ils ont rapporté une arme, un fusil et ont déclaré que c'étoit le seul arme qu'ils avoient..... »

     

    « Le six Pluviôse de l'an quatrième de la République (26 janvier 1796). (extrait)... s'est présenté à la chambre de la municipalité Pierre Gervais du bourg et Pierre Gervais de la Sansonnerie l'un et l'autre revenant de l'Armée de Charrete où ils ont servis contre la République... ont répondu qu'il n'avoient point d'armes... »

     

    « Le 9 Pluviôse de l'an quatrième (29 janvier 1796)-(extrait)... de la République se sont présentés à la chambre municipale les citoyens Jacques Moriceau notable et Sébastien Potet domiciliés de cette commune, présentant les nommés Pierre Pâtis ci-devant domicilié en cette commune comme domestique chez le citoyen Sébastien Potet, né en la commune de Chauvé ; Pierre Gautier même domicile en qualité de domestique chez la veuve Lormeau de la Grenonnière né en la commune de Frossai et Jean Patron demeurant ci devant en cette commune en qualité de domestique chez le citoyen Jean Potet père, né en la commune d'Arton sortant de l' Armée de la Vendée sous le commandement de Charrete où ils ont servis contre la République..... ont déposé chacun un fusil dont deux sont de calibre et un de calibre seuls armes qu'ils possèdent... »

     

    « Le 28 Pluviôse de l'an quatrième (17 février 1796)-(extrait)... de la République s'est présenté à la chambre municipale le citoyen Jacques Moriceau notable de cette commune, présent Julien Bonamy natif de la dite commune et Guillaume Durand natif du même lieu les deux venant de la Vendée où ils ont porté les armes contre la République, nous ont déclaré qu'ils reconnaissent leur erreur… etc..... Ils rendent les armes... Julien Bonamy un fusil de munition, Guillaume Durand un petit pistolet pour preuve de leur résignation.... »

     

    « Le 13 pluviôse de l'an quatrième (2 février 1796)-(extrait)... de la République Jean Allais fermier à la Baudière revenant de l'Armée des rebelles de la Vendée, lequel nous a déclaré qu'il revenoit de bonne foi...... nous lui avons demandé qu'il en a nous remetre les armes, il nous a déclaré ne pouvoir le faire parce que dans une déroute il avoit jeté son fusil afin de mieux courir etc... »

     

    « Le six Ventôse de l'an quatrième (25 février 1796) - de la République, (extrait), s'est présenté à la chambre de la commune le nommé Pierre Bichon, laboureur demeurant chez le citoyen Jean Durand, fermier à la Prinstière avec un certificat qui ateste son retour d'avec les Rebelles de la Vendée et sa soumission aux loix signé Clergeau maire et Gautier Commandant le cantonnement de Saint-Père-en-Retz.... »

     

    « Le 12 Ventôse de l'an quatrième de la République (2 mars 1796)- (extrait) René Gautier ci-devant domicilié au moulin de Ste Viergne (Sainte Vierge) en cette commune venant de la Vendée où il apporté les armes contre la République, il nous a remis un fusil d'amunition seul armes qu'il a en sa possession etc... »

     

    « Le 17 Ventôse an quatrième (7 mars 1796) de la République (extrait) à six heures du matin Joachim Durand, laboureur de cette commune venant de la Vendée où il a servi dans l'armée des Rebelles, nous a remis un mauvais pistolet d'amonition etc... »

     

    « Le 23 Ventôse au matin  an quatrième de la République, (13 mars 1796)- (extrait) - Thomas Grelié laboureur, 28 ans, de la commune de Chauvé venant de la Vendée où il a servi dans l'armée des Rebelles... a rendu un fusil de calibre etc.... »

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés, commune de Saint-Michel-Chef-Chef - Délibérations municipales vues n°31,32,33,34,35 et 36, 1790-an VIII – Carte postale F. Chapeau. Nantes. Photo de l'auteur. 

                                                              

     

      Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (7° partie)…

     

     

    Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

    « Copie de la lettre du citoyen Boisard commandant de gendarmerie nationalle à mm les administrateurs et procureur général sindic du département de Maine et Loire

    Maulévrier huit heure du matin le 24 aout 1792

    l’an quatrième de la liberté

    Messieurs

    J’ai saisi le premier instant de repos pour vous informer a la hâte des désordres qui se commettent dans le département des deux Sèvres. La presque totalité des hommes jusqu’à des enfants de toutes les paroisses de huit lieues à la ronde se sont réunis ayant à leur teste des cydevant qui leur font croire que l’ennemi est dans Paris à l’effet de protéger la religion. Cette masse énorme parcourt les campagnes, les petites villes détruisant et incendiant tout ce qui est aux patriotes pillant en meme tems, ils ont des munitions, beaucoup de poudre à canon, il n’est pas resté une pièce dans le district de Châtillon, lorsque j’y ai arrivé le 22 sur les onze heures, ils venoient de prendre la route de Bréssuire, deux pelotons étoient encore en observation sur des hauteurs qui dominent Châtillon ; J’ay fait tirer dessus un coup de canon à boulet, deux ont été tués le reste à fuy, je me suis mis à la poursuite sur la route de Bressuire on estimoit leur nombre à 6 000, une colonne de ces gens restée en arrière à attendu mon détachement à un quart de lieue de Châtillon et a attaqué mon avant-garde qui a riposté et les a forcé de se replier sur un bourg nommé Lottais (Rorthais) ou ils nous attendoient en masse. J’ay alors formé un petit escadront de cavalerie et j’ay fondu sur eux au grand galop, ils ont plié, nous les avons poursuivi de toutes parts avec plus de témérité que de prudence de la part des gardes nationales, dans cette affaire. J’ay eu un gendarme tué, quatre gardes nationales blessées dont deux grièvement un est en danger, j’aurois désiré poursuivre jusqu’à Bréssuire où je savois que la plus grosse colonne marchoit, la lassitude de ma troupe ne me le permit pas. Je reviens à Châtillon avec mon mort, mes blessés et vingt quatre prisonniers que nous avons fait.

    Dans la soirée je fus informé qu’ils alloient attaquer Bréssuire à deux reprises ou ils avoient échoués et laissant un grand nombre de morts.

    Les Bressuirois n’allèrent pas les poursuivre vu leur grand nombre.

    Le 23 je partageai ma troupe en cinq détachements que je fis circuler dans différentes paroisses y affichant une proclamation de paix en cas que l’on rentrât dans l’ordre, ou à deffaut une poursuite rigoureuse.

    Sur le soir informé que les révoltés devoient de nouveau attaquer Bréssuire, je me disposai à marcher pour les prendre par derrière lorsque l’ordre de couvrir Chollet et de ne pas m’en écarter, me parvint sur le bruit de leur marche à Chollet. Je détachai à l’entrée de la nuit un peloton pour Maulévrier à l’effet de couvrir Chollet. D’après d’autres avis j’ay évacué Châtillon cette nuit pour me rendre à Maulévrier et de la marcher sur Bréssuire et Bréssuire devoit venir au devant de moy et les prendre entre deux feux ainsi convenu avec les commissaires du département des deux Sèvres, j’étois au moment de quitter Maulévrier, lorsque je reçu la nouvelle que Bréssuire a résisté hier au soir à une nouvelle attaque et a tué beaucoup de révoltés ; ils ont emportés leurs morts dans des charrettes qui sont à la suitte de la bande. Je reçois donc l’avis de ne pas marcher sans attendre le détachement de Roussillon que n’est pas encore arrivé, dès qu’il le sera je me porterai sur eux, je crois urgent de dissiper ce noyau sans quoy le mal sera sans remède. Je ne consulte que le salut public mais je crains trop faire en voulant bien faire, en ce moment j’ay avec moy un administrateur du district de Châtillon et un autre commissaire du département des deux Sèvres qui m’authorisent à tout. Cee qu’il y a d’étonnant c’est que qu’aucune forces reparoissent du chef lieu de ce département.

    J’ai emmené avec moy les prisonniers que je viens d’envoyer à Chollet, ils auroient été enlevés à Châtillon après mon départ si les gardes nationales mettoient un peu d’ordre.

     

    ***

     

    Copie d’une lettre de M Jeures lieutenant de la garde-nationale de de Saumur commandant en second le détachement, au district de Cholet

    Coron 27 août 1792

    L’an 4° de la liberté

    En vertu d’un ordre du directoire du district de Vihiers, le commandant de la garde nationale de Saumur établie dans cette ville détahca 8 maîtres et 35 gardes nationales pour se porter à Coron protéger les assemblées primaires de ce lieu dimanche 26 du courant avec ordre de se retirer à Vihiers le soir même, l’assemblée ne pouvant s’unir que tard le commandant du détachement envoya un cavalier d’ordonnance à Vihiers pour savoir s’il s’il devait si rendre où rester à Coron jusqu’au lendemain. Cette ordonnance fut attaquée sur les 7 heures et demie du soir à son retour proche le cidevant château des hommes appartenant au sieur de la haye par environ 20 hommes armés qui le sommèrent de leur remettre ses dépêches et qui sur son refus firent sur le champ sur lui une décharge de plusieurs coups de fusil. Le cavalier à été légèrement blessé à la main et son cheval à reçu une balle qui lui a percé le col d’outre en outre au dessus de la crinière et une autre dans l’arçon de la selle.

     

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

    + signature illisible.


    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (7° partie)....


     


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