• Encore le trésor de Charette....

     

    Encore le trésor de Charette...

     


       L'énigme du trésor de Charette a toujours passionné les foules et nous avons déjà abordé ce sujet ici et ici. On a tout dit et son contraire sur les histoires de trésors des deux derniers grands hommes de la Vendée, Charette et Stofflet. Pour ce dernier, on racontait que la forêt de Maulévrier-Vezins aurait recelé des millions pour finalement découvrir qu'en avril 1878, une quantité considérable de pièces d'or avait été trouvée dans un champ près du château de la Morosière de Neuvy-en-Mauges. C'était probablement là tout ou partie du trésor de guerre de Jean-Nicolas Stofflet mais ne nous égarons pas car nous aurons bien l'occasion de revenir sur le sujet avec des photos sur place et en attendant nous renvoyons le lecteur à cet article (1).

     Parmi les hypothèses concernant le trésor de Charette, on peut retenir bien entendu la forêt de Grasla où fut découvert ce que l'on sait en 2004. Belleville-sur-Vie et Montorgueil sont en bonne place également, ainsi que Chavagnes-en-Paillers qui, si moins évident, mériterait cependant une petite étude, en particulier du côté du village de la Brénenière...

     Cadastre de 1839 :

    Encore le trésor de Charette....

     

    Encore le trésor de Charette....

     

    Encore le trésor de Charette....

     

    Encore le trésor de Charette....

     

    Afin de compléter, et peut-être de brouiller un peu plus les pistes, nous publions ici une drôle de missive avec l'autorisation de son propriétaire. L'ancêtre de celui-ci, résidant en plein pays de l'armée de Charette reçût une beau jour de février 1892 une étrange lettre de la part d'un espagnol lui parlant d'un trésor lié aux Guerres de Vendée et de son emplacement. Cette lettre s'est perdue mais la réponse qui lui fut donnée est parvenue jusqu'à nous.

     Nous tenons secrètes l'identité de la personne ainsi que son adresse afin d'éviter des désagréments à sa descendance.

     

    "Pour remettre à M. Anselmo del Rousal ( ?)

     

              Monsieur

    Touché des véritables détails que vous me donnez je suis tout disposé à vous venir en aide mais je ne veux en rien m’exposer à compromettre ma tranquillité et mon honneur.

     Avant donc de rien promettre je tiens à vous dire que je veux avoir entre mains des pièces qui me prouvent clairement la vérité de certains faits que vous m’énoncez.

     Dîtes moi d’abord comment vous me connaissez et si vous êtes véritablement Espagnol. La connaissance que vous avez de mon nom et de mon caractère me fait penser que vous appartenez à une famille sortie depuis longtemps de nos contrées.

     Vous me dîtes dans votre lettre que vous avez dû émigrer en France emportant avec vous les fonds que vous aviez à votre charge ces capitaux qui vous étaient confiés et que vous aviez fait disparaître n’auraient ils pas aussi bien que le fait de votre insurrection qui modifia le jugement qui a été contre vous par les autorités militaires de Madrid ?

     Vous me promettez du reste un certificat des autorités militaires qui m’éclairera sur ce point.. tant qu’à vous mettre en possession de la somme, objet de vos recherches vous comprendrez que je ne puisse absolument à la dérobée aller la prendre à l’endroit que vous m’aurez indiqué : je vous rend ni ce service mais en m’entourant moi-même de précautions que me dictera la prudence. Le mystère de cette découverte peut-être percé et je ne veux point être compromis si des difficultés venaient à naître soit par rapport à votre personne soit vis-à-vis des propriétaires du terrain où est caché votre trésor, soit même la police...

     Pour répondre à toute votre confiance je dois vous dire que par suite d’une erreur occasionnée par l’adresse qui n’était pas exacte votre lettre ne m’a été remise directement elle a été ouverte par quelqu’un qui porte mon nom et nous sommes plusieurs qui connaissons votre triste histoire. Je crois que cette indiscrétion fortuite ne peut en rien vous compromettre.

     Je n’habite plus les Brouzils ni la Parnière ; je suis depuis plusieurs années dans la paroisse de *** (masqué par nous). Je vous donne du reste mon adresse afin que si vous voulez me répondre, l’erreur survenue pour votre première lettre ne se reproduira pas.

     

    Agréez , Monsieur mes salutations empressées."

     

    Et si cet espagnol avait dit vrai ? Serait-ce une possibilité de plus pour le secteur de Grasla ? Le Bas-Bocage qu'a connu Charette, environné de landes impénétrables et de forêts immenses à bien changé et qui sait si quelques vestiges de ses faits d'armes ne se trouvent pas aujourd'hui près d'une autoroute ou d'une stabulation à vaches ?

     Le vent de l'hiver approche et souffle déjà sur la croix du Mortais et sur le coteau de Montorgueil. La chandelle vacille...

     

     

    Note :

    (1) On sait par ailleurs, ou du moins on suppose que Forestier était en possession d'une bouteille contenant      1 300 livres sterling provenant d'une cache de Stofflet. Chassin, "Les Pacifications de l'Ouest", tome III, op.cit.

    Quelques explications très intéressantes sur le trésor de Charette ici.

     

    RL

    Décembre 2015

     

    Encore le trésor de Charette....

     


  • Commentaires

    2
    Mardi 15 Décembre 2015 à 21:47

    Grand merci pour ces précisions chère "Hardellière" ! Peut-être une idée d'escapade sur place au beau temps. cool

    Il y avait une erreur de lien dans mon texte au mot "article".

    http://www.maugesetbocage.com/Neuvy-en-Mauges-le-tresor-de-la-Morosiere-dormait-sous-une-allee_a368.html

     

    1
    hardellière
    Mardi 15 Décembre 2015 à 21:32

    J'ai toujours entendu parler de cette petite allée du château de la Morosière où ils ont trouvé  ce fameux trésor, elle s'appelait l'allée de la Boursée. En face du chemin qui mène à la ferme de la Bâte, il y a un petit chemin qui mène au château, chemin que j'empruntais pour aller à l'école avec mon petit vélo, un peu plus loin, il faut quitter le chemin, filer et prendre l'allée qui longe le bois, c'est cette allée là. Je m'arrêtais souvent dans ce bois pour ramasser des violettes. Mon Dieu! ce qu'elles sentaient bon! C'était le bon temps. Si vous filez plus loin, après la Bâte, vous trouverez les Landes Jeanneteau et tout de suite après.... l'Hardellière neuve. Et si vous filer après, vous trouverez la Branlardière et tout de suite après les Aulnay Jagus dont parle la Comtesse de la Bouëre dans le livre de ses mémoires, c'est là qu'elle se cachait, chez la fameuse Marion. Maintenant, c'est  Monsieur Pithon qui habite cette ferme.

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