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    Vent de Galerne... 

    Challain-la-Potherie : un Bleu victime des Chouans 

     

     

     

     

     

    Un Bleu victime des Chouans à Challains-la-Potherie....« Angers, 3 Brumaire an 7 (24 octobre 1798). 

    Le 29 Vendémiaire dernier (20 octobre 17978), un grenadier du cantonnement de Chanveau*, canton de Pouancé, département de Maine-et-Loire, s’est écarté et était déjà à l’extrémité de la commune. Des brigands armés font feu sur lui, et non content de lui avoir brisé les deux cuisses, ils l’achèvent à coups de sabres. 

    Le commandant du cantonnement s’aperçoit de l’absence de ce grenadier ; le connaissant incapable de désertion, il craint pour son sort. Une battue est aussitôt faite qu’ordonnée. A force de recherches on parvient à trouver le cadavre mutilé dans une genetière  où les brigands voulaient l’enterrer. Le métayer à qui appartient cette genetière, est arrêté. Il a assuré qu’il avait été forcé, par 10 hommes armés, à transporter le grenadier du lieu où il a été tué, dans sa genetière. Des réponses équivoques font violemment soupçonner cet homme. Des indices postérieurs font connaître que des femmes ont nettoyé l’endroit où le crime a été commis. Leur dessein était sans doute, de détruire toutes les traces de sang, et de prévenir les suites de cet assassinat. »

     

    * Saint-Michel-et-Chanveaux, à 8km de Chalain ? 

     

    « Angers, 3 Nivôse. » (23 décembre 1798). 

     

    Le 28 Vendémiaire dernier (19 octobre 1798), sur le territoire de la commune de Chalain*, un assassinat a été commis envers un grenadier du cantonnement de Chanveau, canton de Candé. Nous avons fait connaître, dans notre feuille du 4 Brumaire suivant, quelques circonstances de ce délit.  

    Le 12 Frimaire dernier, le tribunal civil du département a examiné cette affaire ; il est convaincu que les nombreux vols et assassinats qui se commettent dans les campagnes, proviennent en grande partie de l’insouciance et du peu d’activité des habitants des communes rurales. En conséquence voulant donner à la société un exemple sévère et juste, il a condamné la dite commune de Chalain à payer la somme de 1,000 francs pour servir de dommages et intérêts à la veuve ou aux héritiers du malheureux grenadier, conformément à la loi du 10 Vendémiaire an 4, sur la police intérieure des communes. 

    Cet homme s’appelait Joseph Meunier ; il était de Sciet, canton de Viltaux, département de la Côte-d’Or, et faisait partie de la 10e demi-brigade d’infanterie de ligne. » 

    * Challain-la-Potherie (la Potherie sur la carte de Cassini 1744).

     

    Quand la République est incapable de trouver les coupables, elle condamne toute une commune à l’amende. Respect aux habitants de Challain-la-Potherie qui ont su tenir leurs langues face à l’oppression.

    En ce qui concerne la victime : le canton de Viltaux n’existe pas en Côte-d’Or, il doit s’agir de Vitteaux ? D’autre part la commune de Sciet n’existe pas non plus. On voit tout le sérieux de l’affaire, la République est incapable d’identifier et d’enregistrer sérieusement ses morts. Peut-être s’agit-il de Cessey-lès-Vitteaux ? L’acte de décès n’a pas été enregistré à Challain, ni à Saint-Michel-et-Chanveaux, ni à Pouancé, en Vendémiaire de l’an 7...

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés – Les Affiches d’Angers -Brumaire an 7 - vue n°5/31 Quartidi 4 Brumaire n°17 –  An 7 de la République. Les Affiches d’Angers – Nivôse an VII – vue n°3/31. 

    . Carte de Cassini lexilogos 1744 – Pouancé 

    . Photo de l’auteur : Girouette et neige de Nivôse. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    René Allory de Saint-Martin-d’Arcé 

     

       

     

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....Le 13 juin 1825, Henry-René Bernard de la Frégeolière délivre un certificat de service à Réné Allory en ces termes :

     

    « 2ème Division – Armée Royale de la rive droite de la Loire.  

     

     

    Certificat de Service.  

     

    Nous Henry-René Bernard de la Frégéolière, ancien commandant en chef de la 2ème Division sous les ordres de Monsieur le Général d’Andigné, certifions que le nommé René Allory, cavalier, a servi le Roi avec distinction, qu’il a fait la campagne de 1815. Certifions en outre que dès la plus tendre jeunesse, il a constamment servi le parti royaliste, comme porteur de correspondance ou transport de munitions de guerre, et que dans toutes les circonstances il nous a donné des preuves de bravoure et de fidélité au Roi, en foi de quoi, pour preuve de notre satisfaction nous lui avons délivré le présent certificat que nous avons signé et scellé aux Armes de france. 

     

    A Baugé le 13 Juin 1825.  

     

    Signé : Bernard de la Frégeolière Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur.

    - Delanoüe, Chevalier de Saint-Louis, commandant la cavalerie de la 2ème Division, sous les ordres de Monsieur Bernard de la Fregeolière - 

    - Maugourd, capitaine. 

     

    René Allory est né le 1er mai 1785 à Montigné-lès-Rairies, il est le fils de René Allory, cultivateur et de Louise Tendron, fileuse. Il se marie le 25 septembre 1810 à Vaulandry avec Jeanne Pinot, née le 11 juillet 1786 à Thorée-les-Pins, fille de Pierre Pinot, cultivateur et de Jeanne Filaleau, décédée à Saint-Martin-d’Arcé le 30 août 1831. De cette union sont issus :

     

    1° Marie Allory, née le 10 octobre 1812 à Thorée.

    2° René Allory, né le 27 décembre 1815 à Thorée au village des Cartes.

     

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....

    René Allory, de Saint-Martin-d'Arcé....

    En 1815, René Allory est Gendarme à Thorée-les-Pins.

     

    Devenue veuf en 1831, il épouse le 3 mai 1832 à Saint-Martin-d’Arcé, en secondes noces, Joséphine-Magdeleine Salé, domestique, âgée de 22 ans, née le 21 avril 1810 à Beauvau, fille de François Salé, cultivateur et de Marie Sauli. A cette époque, il n’est plus gendarme, mais cultivateur à la Chalopinière. De cette union sont issus :

     

    1° Auguste-Louis Allory, né le 29 juillet 1832 à Saint-Martin-d’Arcé, la

        Chalopinière. 

    2° Victor Allory, né le 22 mars 1834 à Saint-Martin-d’Arcé, la Chalopinière.

     

    Le maire de la commune de Saint-Martin-d’Arcé rédige un bulletin au sujet de la situation sociale de René Allory :

     

    « Je soussigné, maire de la commune de Saint Martin d’Arcé, arrondissement de Baugé, Maine et Loire certifie à qui il appartiendra, que René Allory,habitant de ma commune, ne jouit d’aucun traitement du Gouvernement, qu’il est père de trois enfants, dont l’aîné est âgé de douze ans, qu’il n’a aucun moyen d’existence, que son travail et est rangé dans la classe des indigens, en foi de quoi lui ai délivré le présent pour servir et valoir ce que de raison, donné à St Martin d’Arcé le six juin mil huit cent vingt cinq. 

     

    signé : Bachelier. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de la paroisse de Montigné-lès-Rairies et de Baugé/ Saint-Martin-d’Arcé, Vaulandry. 

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Dossiers Vendéens – class 1M9/25 - dossier Allory René. 

    . Archives Départementales de la Sarthe - Thorée-les-Pins, tous droits réservés-  

    . Photo de l’auteur : Pistolets de carrosse et de Maréchaussée de France vers 

     1780. 

     . Photos du Castel de Montigné-les-Rairies, tirées de Gîtes et locations, manoir du XVe – Anjou-Cultivons l’émotion.  

    https://www.locasun.fr/808114-Location-Maison-Montigne-les-Rairies.htm#/

                                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets


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    Condamnations de deux ex-chouans... 

     

     

     

    Condamnations de deux ex-chouans....Urbain-Pierre Lebrun est né le 19 avril 1751 à Fougeré en Anjou, il est le fils de Jean Lebrun, bécheur, et de Jeanne Allory. Il se marie le 25 janvier 1779 à Fougeré avec Anne Richard, née le 1er janvier 1759 à Fougeré, fille de Nicolas Richard et de Anne Lemonnier.

    De cette union sont issus :

    1° Jean Lebrun ° 8 septembre 1779 à Fougeré.

    2° Anne Lebrun, née le 1er février 1782 à Fougeré.

    3° Jacques Lebrun, né le18 novembre 1784 à Fougeré.

    4° François-Urbain Lebrun, né le 19 mai 1787 à Fougeré.

    5° Marguerite Lebrun, née le 8 mai 1790 à Fougeré.

    6° Louis Lebrun, né le 24 avril 1792 à Fougeré.

    7° Jeanne Lebrun, née le 26 août 1795 (9 fructidor an 3) à Fougeré.

     

    C’est à partir du 26 août 1795 que Urbain-Pierre Lebrun disparaît et ne donne plus aucune nouvelle à sa famille. Il semble avoir chouanné dès 1794. A cette époque il est cultivateur à la Hourdrière, commune de Fougeré. Son épouse, Anne Richard, décède en ce lieu le 28 Thermidor de l’an VII (15 août 1799).

     

    Le 22 novembre 1814 Marguerite Lebrun épouse à Vaulandry Jacques Allory, à cette occasion il est dit qu’Urbain Lebrun « est absent depuis quinze ou vingt ans de son pays de Fougeré. » Idem lors du mariage de Anne Lebrun, le 8 octobre 1814 à Angers - 3e Arrondissement. « Urbain Lebrun absent depuis environ vingt ans suivant un acte de notoriété devant le Juge de Paix du canton de Baugé établi le 12 septembre dernier).  Il semblerait que ce chouan soit mort au combat entre 1795 et 1800.

    Nous aurons les dernières nouvelles d’Urbain Lebrun par le numéro 93 des Affiches d’Angers, en date du 6 Germinal de l’an X, (27 mars de l’an 1802) :

     

      « Tableau des affaires jugées pendant le mois de Ventôse par les tribunaux criminel et spécial de Maine-et-Loire. »

      « Tribunal Criminel. » 

     

    « Du 16 – Urbain Lebrun, ex-chouan, né et domicilié sur la commune de Fougeray, arrondissement de Baugé, et contumax, convaincu de complicité de vols et assassinats commis en l’an 3 et 4, a été condamné à la peine de mort. » 

     

    Pour clôturer l’affaire Lebrun, une petite idée au sujet de la constitution physique de François Lebrun, l’un de ses fils en 1807, émanant du 40e régiment de Ligne.

     

    « François Lebrun fils d’Urbain et de Anne Richard, né le 3 mai 1787 à Fougeré – Armées Impériales – taille : 1,65m – visage ovale – front petit – yeux noirs – nez aquilin – bouche moyenne – menton à fossette – cheveux et sourcils châtains – Conscrit de 1807 n° 5076 – rayé pour longue absence – Le 6 septembre étant à l’hôpital du 13 février % - 14 mars 1807 - 40e Rgt d’Infanterie de Ligne. » 

    Un deuxième chouan, acquitté…

     

    « Tribunal Spécial. » 

     

    « Du 22 – Jean Clavier, fils, ex chouan, domicilié commune de Vaulandry, arrondissement de Baugé, accusé d’avoir recelé tout ou partie d’un fusil volé avec effraction extérieure dans la maison de campagne de la Mézangère, dans la nuit du 23 brumaire dernier, a été déclaré convaincu, mais acquitté sur l’intention. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de la paroisse Fougeré, de Vaulandry et Angers.  

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Les Affiches d’Angers – vues n°5 et 6/31. 

    . Mémoire des Hommes - 40e régiment d’infanterie de ligne -3 prairial an XIII (23 mai 1805 au 14 avril 1808 SHD/GR21 YCC351 – vue 351/556. 

    . Photo de l’auteur : Pistolets de carrosse et de Maréchaussée de France vers 1780. 

     

                                                                    

    X. Paquereau pour Chemins Secrets.


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    Nicolas-François de Lanoüe 

     

     

     

    Nicolas-François de LanoüeNicolas-François de Lanoüe est né le 2 juin 1758 au Vieil-Baugé en Anjou. Il est le fils de Charles-Nicolas Delanoüe, seigneur du Cornillé, ancien capitaine au régiment du Limousin-Infanterie, lieutenant du Roy à Baugé et de Dame Marie-Anne Léon, mariés le 15 janvier 1748 dans la collégiale Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans, dans le Haut-Maine.

    Officier dans Commissaire Général Cavalerie, il épouse le 20 janvier 1789 à Saint-Maurille d’Angers, Marie-Jeanne Bonneau des Varennes, fille de Mr René-Marie Bonneau des Varennes, Lieutenant des Gardes du Gouvernement d’Anjou, Seigneur de la terre des Buhards et autres lieux et de Dame Marie-Jacquine Joubert des Veaux, née le 21 août 1763 au Lion-d’Angers et décédée le 26 novembre 1808 au château des Buhards à la Jumellière.

     

    De cette union est issue une seule fille :

    1° Marie-Aimée de Lanoüe, née le 6 novembre 1789 au Vieil-Baugé , mariée le 3 décembre 1810 au Vieil-Baugé avec Albert-Joseph Legouz du Plessis.

     

    En 1791 il émigre aux Pays-Bas autrichien et Hollande en 1793-1794 avec ses compatriotes, Sapinaud de Boishuguet, Bucher de Chauvigné, Dumesnil-Dupineau, de la Frégéolière et de Sainte-Marie, embarqué à Anvers aux Pays-Bas Autrichiens et débarqué à Berg-op-Zoom, puis Rottterdam et la Haye. Il est vivandier pendant la campagne de Hollande au service de l’ armée anglaise.

    Il est de retour en France avant le 16 thermidor de l’an XII, puisqu’il est présent au mariage de Pierre-François Péron, officier de marine, au Vieil-Baugé, à cette date.

    En 1815, il est dit colonel chouan.

    En 1816-1817, il est répertorié dans la liste des 713 officiers postulants pour la retraite.

    « N° d’enregistrement 1427 et n° d’ordre 45 De Lanoue Nicolas-François – lieu de domicile – Baugé - » 

    « Seize ans de service avant la Révolution, et douze ans six mois de service, y compris trois campagnes dans les Armées Royales de l’Intérieur. Total : vingt huit ans six mois de service y compris trois campagnes. » 

    « né le 2 juin 1758 au Vieil Baugé. » 

    « Demande le grade auquel il a droit. » 

    « Proposé pour le brevet de lieutenant-colonel et pour la retraite de ce grade. » 

    « Delanoüe Nicolas-François, chef de bataillon, officier en 1778 dans Commissaire Cavalerie, a servi en émigration et dans le Maine jusqu’à la fin. 

     Gentilhomme. » 

     

    A été fait chevalier de Saint-Louis le 31 janvier 1816 et anobli par lettres patentes du 26 janvier 1828 : « D’azur au Lion d’Or accompagné de dix étoiles d’argent rangées en orle. »

    Nicolas-François de Lanoüe

    Nicolas-François de Lanoüe a été maire du Vieil-Baugé de 1814 à 1830, il signe son dernier acte d’état civil le 4 août 1830.

    Le 26 juillet 1838 il est témoin au mariage de Victor Legris à Corzé et est qualifié de « Colonel en retraite, âgé de 79 ans et Chevalier de Saint-Louis. »

    Nous perdons sa trace à partir de 1838 et n’avons pas découvert son lieu de décès.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux de la paroisse Saint-Maurille d’Angers, du Vieil-Baugé. Vue n°112/348 année 1758, 1789, 1810 le Vieil-Baugé. Etat civil de Corzé 1838. La Jumellière 1808. 

    . Archives Départementales de la Sarthe, tous droits réservés - registres paroissiaux, le Mans 1732-1775 vue 202/708, année 1748. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. Class SHD XU65 –  13 avril 1816 – 1 février 1817 - demande de retraite de 713 anciens officiers des armées de l’Ouest. - vue 50/155. SHDXU 29-25 - Etat nominatif de 108 officiers des Armées Royales de l’Ouest proposés pour la croix de Saint-Louis, classés par corps d’Armée : Armée de Bourmont et de Malartie -Le Maine – vue n°1/1. Sans date. 

    . Photo de l’auteur : Croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. 

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

                                                           


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    La République a fait de la Loi une force injuste... 

     

     

     

    La force injuste de la loi....Déjà en l’an 6, le délit d’opinion, c’est à dire la liberté de penser est punie d’une manière implacable par la Gueuse. Comme aujourd’hui, il vaut mieux tuer, violer, assassiner que de refuser de porter le masque : Pas de masque, une amende, pas content ? Une autre amende. Toujours pas content ? Interpellation musclée, agressive et invasive, suivie directement d’une garde à vue. Toujours pas content ? Comparution immédiate devant un juge, amende et prison, avec ou sans sursis et tout ça avec un décret contredisant une loi, il faut le faire.

    La loi est devenue une prostituée, on fait ce qu’on veut avec, à partir du moment où l’on a l’argent et le pouvoir. Comme disait le chef de la mafia Khazar :

    « Laissez-nous gérer l’argent d’une nation, et nous ne soucions pas de savoir qui fait la loi. » 

    A cette époque, comme nous allons le voir à travers les diverses condamnations qui vont suivre, il était aussi préférable de voler, de faire des faux en écritures, d’être bigame ou d’acheter sciemment des effets volés, que de crier : Vive le Roi !

     

    « Angers - Tribunal Criminel.  

     

    Extraits des jugements rendu par le Tribunal Criminel, pendant la session de nivôse. » 

     

    « Séance du 15. Julie Blanchet, femme Meignan, de la commune d’Angers est accusée de propos contre-révolutionnaires, a été acquittée et mise en liberté. » 

    « Séance du 16. Pierre Rideau, domicilié commune de Soulaines convaincu d’avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, en criant Vive le Roi, vive notre bon commandant Sapineau (l’un des principaux chefs de la Vendée), à bas la république, et menaçant les patriotes, etc., a été condamné à la peine de mort. Jean Gazeau, de la commune de Mozé, co-accusé, a été acquitté et mis en liberté. » 

    « Pierre Malherbe, domicilié de la commune de Mervé, département d’Ille-et-Vilaine, convaincu de faux en écritures, a été condamné à 8 ans de fers. Sa co-accusée, Jacquine Aubry, bigame, a été acquittée. » 

    « Séance du 17. Jean Mélisson, domicilié commune d’Angers, convaincu de vol et d’effraction pendant la nuit a été condamné à 14 ans de fers. » 

    « Madeleine Rabaté, veuve Desportes, domiciliée à Chalonnes, accusée d’avoir sciemment acheté à vil prix des effets volés, a été acquittée. » 

    « Séance du 18. Jean Audio, Marie Sureau, sa femme, Jeanne Audio, leur fille, domiciliés commune de Montigné, convaincus d’avoir, pendant la nuit, depuis le mois de frimaire, an 3, jusqu’au 27 prairial suivant, soustrait différens objets mobiliers, de la maison de Louis Lemercier, où demeurait  ladite fille Audio, en qualité de fille de confiance ; ont été condamnés, savoir : Audio père, à 10 ans de fers, Marie Sureau et Jeanne Audio à 10 ans de réclusion. » 

    « Séance du 19. André Pelletier, domicilié commune de Saumur, convaincu d’avoir méchamment lacéré ou détruit le titre d’une créance de 90 livres restant de plus grosse somme due à Olivier Licois, de la commune de Beaufort, sans en avoir acquitté les causes, a été condamné à 4 ans de fers. » 

    « Pierre Guyon, maçon, en la commune d’Aubin-de-Pouancé, accusé d’avoir soustrait diverses sommes en numéraire dans deux maisons où il faisait un travail de salarié, a été acquitté. » 

    « Séance du 20. Joseph Loiron, de la commune de Beaufort, René Bossein, de celle de Fontaine-Guérin, convaincu de vol à force ouverte pendant la nuit, et à l’aide d’armes à feu, ont été condamnés à 24 ans de fers. » 

    « Séance du 21. Jean Chaussée, domicilié de la commune de Bonchamp, département de la Mayenne ; Jérôme Livenais, de celle de Vergonnes, Pierre Lucas, dit la Soupe, de celle de Châteaubriand, accusés de divers vols à force ouverte et assassinats, mais non convaincus, ont été acquittés et mis en liberté. » 

    « Séance du 22. Jean Patureau, de la commune de Nueil-sous-Passavant, convaincu de vol de chevaux pendant la nuit, a été condamné à 6 ans de détention. » 

    Conclusion : Vous êtes Vendéen, Royaliste et vous le faites savoir, d’avance votre compte est bon : c’est la PEINE DE MORT, d’où la force injuste de LA LOI. Vous êtes condamné pour ce que vous êtes et non pour ce que vous avez fait, comme aujourd’hui.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Les Affiches d’Angers – Quartidi 4 Pluviôse, an 6 – n°62 – Mardi 23 janvier 1798 – vue n° 4/31. 

    . Photo : Guillotine- le Parisien – 25 mars 2014. 

                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     


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