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    Le château de Puy-Guyon (3° partie)…

     

    Après la seconde partie déjà vue ici, voici le dernier volet sur Puy-Guyon  que tout le monde attend, avec bien entendu le souterrain ! Avant que de présenter quelques photos, lisons la description qu’en a faite le docteur Boismoreau de Saint-Mesmin en 1914. Pour ceux qui s’intéressent aux souterrains, on retrouvera un autre travail de ce chercheur ici.

    ***

     

    « Découverte et description du Souterrain-refuge de Puy-Guillon, près Cerisay (Deux-Sèvres)

    Dr Boismoreau, Saint-Mesmin-le-Vieux (Vendée)

    Bulletin de la Société préhistorique de France/Année 1914/Volume 11/Numéro 2 /pp. 119-123.

    Généralités. – A quelques centaines de mètres après le bourg de Cerisay, chef-lieu de canton des Deux-Sèvres, en suivant la grande route de Bressuire aux Sables-d’Olonne, on remarque, sur la droite, au sommet d’une côte assez dure, une superbe allée de vieux tilleuls.

    Si l’on s’engage dans cette allée, longue et large, on arrive sur un point culminant qui domine l’horizon et forme un véritable retranchement. On distingue les ruines d’un vieux mur de clôture, qui domine une vallée assez profonde au fond de laquelle coule un ruisseau. De ce côté l’attaque armée était, jadis, très difficile. Sur cette même hauteur, mais un peu plus à l’Ouest, on distingue les ruines d’un très vieux château. Les ruines, aujourd’hui, sont démolies, sans respect pour de curieuses sculptures qui dominaient les mâchicoulis. Ce n’est qu’un amas de pierres, envahies par les ronces !

    C’est la demeure des seigneurs de Puy-Guillon (1). De très intéressantes recherches seraient à faire sur ces ruines. Le point où elles s’élèvent constitue un poste de défense naturelle, arrangé par l’homme. Camp gaulois, très probablement. Peut-être des recherches attentives permetteraient-elles de trouver des silex et haches de Néolithiques, car l’endroit est merveilleusement situé pour se défendre – Le souterrain ou grotte, que nous allons étudier, a été creusé à une date certainement fort ancienne. Ce fut, sans doute, le premier refuge humain de ces lieux, à moins que des cabanes ne l’aient précédé.

    Quoiqu’il en soit le souterrain a précédé toute construction de pierres, et demeure, intact, au milieu des ruines.

    Découverte. – Ce souterrain est connu dans toute la région ; mais nous ne croyons pas qu’il ait été étudié. Nous ne pouvons pas dire que nous l’avons découvert ; mais nous pensons être le premier à le signaler. Peu de visiteurs s’y risquent maintenant, bien qu’on puisse le visiter en toute sécurité, car la voûte est très solide et durera des siècles ! Il est, en effet, creusé dans un chaple granitique très dur, comme celui de l’Oudrière, qui lui ressemble beaucoup ; aucun éboulis ne s’y manifeste (2).

    Nous l’avons visité pour la première fois en 1912. Nous l’avons montré, au cours de nos excursions préhistoriques, à M. de la Dr Marcel Baudouin, qui nous a engagé à publier nos notes à ce sujet.

    Sa description sera du reste assez sommaire.

    Topographie.- Il est absolument inutile d’insister sur ces points. La ferme de Puy Guillon, construite avec les matériaux de l’ancien château, est connue ; le chemin qui y conduit s’abouche à la grande route. L’allée des tilleuls est un excellent repère ; elle est unique dans le pays.

    On n’a qu’à se diriger vers les ruines, situé, situées dans la cour même de la métairie, au nord-ouest.

    Le terrain est essentiellement granitique ; l’altitude assez élevée par rapport à la vallée voisine.

    Description du souterrain-refuge.- I. Entrée. – a) Porte. – Si nous pénétrons dans les ruines, nous entrons dans une grande pièce où se trouve une magnifique cheminée romane, vouée à l’impitoyable massue du casseur de pierres. Ces ruines sont exposées au soleil couchant ; vers le Nord, le terrain s’élève et forme une petite colline. A l’opposé de la cheminée romane, on remarque un mur épais constituant une aile du château. Dans ce mur, au niveau du sol, on remarque une très curieuse porte romane : c’est l’entrée du souterrain (Fig 1).

    Passons dans les gravats, les briques brisées, les ronces, les épines et arrivons près d’elle. Elle est formée par deux pieds droits en granite et une voûte, de granit également, affectant la forme classique du style roman. Les pierres sont bien taillées et réunies par un excellent mortier. La voûte est intacte ; elle est un peu surbaissée. La largeur de la porte est de 0m90. La hauteur atteint un mètre.

    Cette entrée de souterrain est à signaler. Il convient de la rapprocher de celle de la grotte cachette ou souterrain de la Brunetière, à la Roche-sur-Yon (Vendée), qui lui ressemble point pour point (3).

    En arrière de la porte, on remarque l’emplacement de gonds aujourd’hui disparus.

    b) Couloir maçonné. – Cette porte, passée on pénètre dans un couloir voûté avec des pierres et muré sur ses côtés. Ce couloir a 3m50 de longueur et 1m50 de largeur. A gauche, en entrant, existe une petite niche, maçonnée, à un mètre de la porte, dans le mur, à un mètre du niveau du sol. Cette niche fait 0m70 sur 0m70. Elle atteint un mètre de profondeur (4).

    Le sol du couloir va en descendant ; la pente fait bien 25/100. Au bout d’un mètre on peut se relever et se tenir franchement debout.

    Le couloir est droit et presque dans l’axe de la porte.

    c) Escalier. – Après ce couloir, on remarque, de suite, un escalier. Il fait 4 mètres de longueur, 1m80 de largeur, 1m50 de hauteur, au début, en bas, il atteint 2 mètres.

    On compte sept marches taillées dans une granulite très dure. Ces marches sont assez irrégulières, quoique bien creusées.

    L’escalier dévie vers le Nord et n’est plus dans l’axe du corridor. Les parois sont taillées dans la granulite, la voûte est romane, de grande dimension.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Fig. 1. –Plan schématique du souterrain de Puy-Guillon (D.S.). – Echelle : 5/1000. – légende : P. Porte romane ; - C. Couloir maçonné et voûté de pierres ; - E, Escalier ; - D, Diverticule ; - Ch. Chambre : - T, Trou dit acoustique ou d’air ; - N, Niche ; - M, Mur du château.

    II. Souterrain proprement dit. – La dernière marche descendue nous sommes dans le refuge. C’est une vaste chambre, irrégulièrement ronde, faisant 7 mètres de long, sur 3m50 de large, dimensions prises dans les plus grands axes. A gauche, cette chambre est flanquée d’un diverticule que nous étudierons tout d’abord (Fig 1).

    A 0m50 du sol, dans la paroi latérale, on remarque un orifice rond, faisant 1m10 de diamètre, épais de 0m40 à peu près. Cet orifice franchi on tombe dans une chambre ronde, de 1m10 de hauteur et de 1m70 de diamètre. La même se trouve, dans les mêmes dispositions, aux souterrains de l’Oudrière et de la Haute-Fosse. C’est un poste de sentinelle (Fig. 1 ; D).

    Sortons du repaire D ; nous pénétrons dans la grande chambre, qui est très vaste et fait 1m60 de hauteur. La voûte est hardie et fort solide, plutôt romane. Dans les parois rien de particulier, sauf une prise d’air ou un trou acoustique au fond. Il est difficile de se prononcer.

    Le plans que nous donnons (Fig. 1) permet de se rendre compte de la disposition exacte du souterrain ; nous n’insistons pas davantage.

    Généralités.- La longueur totale est de 17 mètres. La partie la moins large est la porte de l’orifice du diverticule ; la plus large est dans la grande chambre. Le souterrain est suffisamment haut pour qu’on puisse se tenir debout, sauf à l’entrée et dans le diverticule.

    La capacité est assez considérable et un nombre relativement assez grand de personnes peuvent y séjourner, une vingtaine par exemple, au maximum.

    Le souterrain a très certainement été creusé à la tige-pointe comme la plupart des refuges du bocage ; l’escalier avec l’aide d’autres instruments.

    Le sol est extrêmement résistant et le tout d’une grande solidité. Le chaple est presque aussi dur que du rocher.

    Fouilles. – Aucune fouille n’est possible ; il n’y a pas d’éboulis ; le souterrain est presque dans le même état qu’au début.

    Date de fondation. – La porte est romane ; le couloir aussi ; pas de doute à ce sujet !

    Mais le souterrain proprement dit est bien plus ancien ! Ce n’est qu’après coup que ces constructions de pierres sont venues se joindre au refuge et en modifier l’entrée primitive. Il y a eu là une série indéniable d’utilisations successives ; le cas est fréquent en l’espèce.

    L’escalier lui-même a pu être fait après coup. En tous les cas, il a dû remplacer une pente assez forte et ne semble pas avoir été uniquement creusé, avec les mêmes outils qui ont servi à forer le refuge.

    Les traces de tige-pointe ne sont pas nettes du tout.

    L’escalier et la porte sont sans doute de la même époque, c’est-à-dire du XI° au XII° siècle probablement.

    Mais le fond du refuge est bien plus vieux. Le diverticule de gauche est une preuve, car il n’a aucun rôle, si l’escalier large et haut existait au début. Cet escalier a dû être fait, en élargissant le conduit du côté droit. L’examen de la voûte semble plaider en faveur de cette hypothèse.

    Le souterrain proprement dit a tous les caractères habituels des vieux souterrains du pays, bien que plus petit, avec son poste de sentinelle et son trou acoustique. C’est une grotte artificielle, dissimulée, construite sur une hauteur pour surveiller la vallée ; c’est un poste d’observation, qui a précédé toute construction de pierres.

    Un souterrain est voisin, celui de Montboisé, que nous avons étudié et fouillé (4). Nous avons pu le dater d’une façon presque certaine, trouvailles en mains, du V° ou VI° siècle. Le souterrain du Puy-Guillon, sans doute, est la même époque, sauf sa première partie. »

     

    Notes :

    (1)  Nous avons eu dans les mains un ouvrage concernant la Vierge Miraculeuse de Beauchêne, bourg voisin du vieux Château de Puy-Guillon. Il y avait des notes intéressantes sur les seigneurs de Puy-Guillon, dont la famille, depuis longtemps, ne possède plus le château ni les terres.

    (2)  Le souterrain de l’Oudrière est dans la commune de Saint-Mesmin, en Vendée ; nous le publierons plus tard.

    (3)  Dr Marcel Baudouin. – La Grotte cachette ou souterrain de la Brunetière, à la Roche-sur-Yon (Vendée). – Malines, 1911, 13 p., 18 fig.

    (4)  A la Haute-Fosse, on remarquait, à l’entrée, une niche pareille (Cf. Dr Boismoreau et L. Rousseau. Découverte, étude et description du souterrain-refuge de la haute-Fosse, commune de Mouillerons-en-Pareds (Vendée). – Bulletin de la société préhistorique française, 1912).

     

    ***

     

    C’était là, l’ultime étape de notre visite de Puy-Guyon. Il aura d’abord fallu couper la végétation qui obstruait en partie l’entrée du souterrain puis, marcher sur une corniche de terre longeant l’ancienne muraille du château. L’entrée est là, trou noir béant. Le porche s'est effondré en 2012, suite à des infiltrations d'eau.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Reste de l’entrée en plein cintre, tombé dans la végétation.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Il faudrait créer un moule pour remonter les voussoirs, chantier qui ne serait probablement pas simple et sûrement pas l’œuvre d’un homme seul.

    Deux cavités carrées encadrent l’entrée principale à l’extérieur

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Une fois dans l’entrée, on remarque une niche sur la gauche dont la position est curieuse. Il s’agit visiblement d’une archère mais bouchée, elle ne donne qu’à l’intérieur de la muraille. Que peut-il y avoir à l’intérieur de cette muraille ? Se peut-il qu’il y ait des pièces murées ? La chose laisse un peu rêveur…

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Traces des gonds et de la fermeture d’une ancienne porte :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Nous descendons à présent une pente abrupte et l’escalier décrit par le docteur Boismoreau est plutôt sommaire. Il n’y a plus guère de traces de marches que sur les côtés et il faut descendre prudemment, de peur de faire tout le parcours sur les fesses.

     Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

     

    Il faut allumer rapidement les lampes spéléo pour découvrir la niche à gauche au bas de l’escalier. Ici, un homme pouvait se cacher et trucider à son aise ce qui se présentait.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Nous arrivons rapidement au fond du boyau. Les travaux de creusement semblent s’être arrêtés brutalement. Contrairement à la description du docteur Boismoreau, on ne tient plus debout aujourd’hui dans la salle. Je fais 1.80 m et je devais courber la tête. Beaucoup de poussière de remblais jonche le sol, à travers diverses pierres.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Une chauve-souris nous tient compagnie :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Il faut à présent remonter vers la lumière du jour et reprendre l’escalier taillé à même la roche :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Ainsi s’achève cette petite aventure à Puy-Guyon. Afin d’éloigner toute tentative de curieux plus ou moins bien intentionnés, voleurs de pierres, chasseurs de trésor et illuminés en tout genre, je tiens à signaler que le lieu est privé et fermé au public.

     

    RL

    Décembre 2017

      

     

     


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                            Saint-Michel-Chef-Chef, le 16 Nivôse de l'an 2...  

                          

                     

      

    Saint-Michel-Chef-Chef....Récemment évoqué dans ce blogue, le changement de nom des communes ne date pas d'aujourd'hui, mais de la Révolution. Il fait partie du plan établi sur le  long terme par ''l'Etat Profond'' pour déchristianiser la France.

     

    L'Archange Saint-Michel, chef de la milice céleste, est souvent représenté avec une balance. En effet, il procède au jugement des défunts par le biais de la balance avec laquelle il pèse les âmes sur leurs bonnes ou mauvaises actions... et c'est le plateau le plus lourd qui l'emporte...

    Je ne sais pas ce qu'a pu raconter l'équipe de ''bras cassés'' de municipaux de Saint-Michel-Chef-Chef, en arrivant devant l'Archange pour la pesée... Ne l'ont-ils pas renié par trois fois au cours de l'an 2 de la République ?

     

    Saint-Michel-Chef-Chef....

    « Aujourd'hui ce seize nivôse de l'an second de la République Une et Indivisible. Nous maire et officiers municipaux de la commune de Saint Michel Chef Chef, assisté des notables composant le conseil, tous étant assemblés pour satisfaire au Décret de la Convention Nationale, qui décrète la nouvelle dénomination des communes portant des noms de Saints.

    Déclarons que nous suprimons le nom de Saint Michel pour nous en tenir à la seule dénomination de Chef Chef, ce que tous ont consentis sous nos seings, à Chef Chef ce jour et an cy dessus. »

     

    « Séance du 24 nivôse l'an deuxième de la République française où présidoit Jacques Baconnais maire, Jean Forton, Pierre le Rai, officiers municipaux, Julien Guillon, Jacques Antoine Guérin, Jean Durand notables. Jean Baconnais a dit Citoyens la Convention par son décret du 25 Vendémiaire ayant invité les communes dont les noms qui peuvent rappeler les souvenirs de la Royauté, de la féodalité ou de la superstition aïent à changer de nom sur ce je vous le requère de vouloir délibérer.

    D'après la réquisition de l'Agent National tous ont donné leur opinion et se sont réunis à ce que dorénavant l'on suprimeroit le nom de Saint Michel de Chef chef pour s'en tenir au seul nom de Chefchef. Nom quelle portoit avant quelle fut érigée en paroisse. A Chefchef ce jour et an cy dessus, tous ont signés eccepté Jean Durand qui ne signe. »

     

    signé : Baconnais maire et consorts....

     

    «   Séance du premier Pluviose où présidoit Jacques Baconnais maire, Pierre le Rai, municipal, Jean Forton, Pierre Clavier, Louis Dupé, Jean Potet, Jean Rivau, Jean Durand, Charles Lormeaux, Jacques Grivaux, Jacques Antoine Guérin, Julien Guillon, après la réquisition de Jean Baconnais Agent national de cette commune, sur une nomination plus distincte de la ditte commune et qui n'ait aucun rapport avec l'ancien Régime, nous revenons sur les arrêtés des seize et vingt quatre nivôse, nous donnons à cette commune le nom de la commune des Sablons, ce que tous ont consentis. Aux Sablons ce jour et an cy dessus. Jean Forton municipal présents et ont tous signé ».

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés, commune de Saint-Michel-Chef-Chef - Délibérations municipales vues 15,16/37.- Gravure extraite du  blog '' le Boudoir de Marie-Antoinette.'' 

                                                                 

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le château de Puy-Guyon (2° partie)…

     

     

    Suite à la parution de la première partie concernant Puy-Guyon ici, nous étions partis hier, en petit comité pour une visite privée avec M. Nauleau, le propriétaire des lieux qui nous servit de guide.

    Il y avait 35 ans que je n’avais pas franchi ce porche d’entrée et peu de choses m’ont semblé changées.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le propriétaire commença à nous parler de la cour sous laquelle se trouvent encore des pavés, aujourd’hui recouverts de remblais et de la boue habituelle en cette saison dans une exploitation agricole. Première apparition, le mur côté Est du domaine, qui comporte encore les traces des fenêtres du logis qu’a connu Lescure. A ce mur est adossé un hangar, qui mine de rien en permet la préservation des pluies venues de l’Ouest.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La promenade démarre alors sur ce qui était probablement une allée cavalière au temps d’avant les Guerres de Vendée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    L’endroit est particulièrement vallonné avec un dénivelé de 30 mètres entre le sommet de la butte à notre droite et le ravin vers la rivière en contrebas, sur notre gauche. Il apparaît clairement que le talus sur notre droite n’est autre qu’une ancienne motte féodale. Cela saute aux yeux immédiatement, laissant supposer la probable présence d’un système de défense en bois aux alentours de l’An Mil. Un curieux trou maçonné de pierres dans le talus nous est signalé par le propriétaire. Il pourrait être un conduit d’aération du fameux souterrain que dont nous ferons la visite dans la 3° partie de cet article.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Poursuivant notre chemin, nous arrivons à un ravin, où repose la carcasse de la 2 CV d’un habitant du lieu que bon nombre de Cerizéens ont connu dans les années 70. Ce n’est pas de la 2 CV que je vais vous parler (même si les vieilles voitures ne me laissent jamais indifférent comme vous le savez), mais du « Trou de la Guillotine ». Au témoignage de M. Nauleau, le lieu porte ce nom de génération en génération, sans que l’on ait la moindre explication sur cette appellation sinistre. Westermann ou Grignon, qui ont incendié le château les 7 octobre 1793 et 25 janvier 1794, auraient-ils commis ici quelque exaction qui aurait marqué les mémoires ? On ne le sait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    A noter qu’en face de nous, se trouve le « Bois-Frotté », donnant sur la route de Montravers. Ce lieu était réputé pour être un vrai coupe-gorge pour les bleus et des « Chouans » y auraient tendus des embuscades. Les gens ne savent plus trop mais certains sont persuadés que le nom de « Frotté », serait lié à ces épisodes. Le souci est que Louis de Frotté, le chef chouan de Normandie n’a jamais mis les pieds ici. Mais qu’importe après tout : de légendes ou d’histoires de grand-mères, il y a souvent un fond de vrai et en ce mois de décembre froid et brumeux, les lieux apparaissent bien chargés et empreints de quelque chose qui provient des tréfonds du passé. Aux prémices de la tombée du soir, on imagine facilement quelques chapeaux rabalets glissant discrètement derrières les troncs d’arbres.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Toujours sur le domaine de Puy-Guyon, apparaît un étang abandonné, très ancien selon le propriétaire. Celui-ci n’apparaît pas sur le cadastre de 1809 et s’avère inutilisable de nos jours, les ragondins en ayant détruit la chaussée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Devant nous, la motte féodale. Un chevreuil que nous n’avons pas eu le temps de photographier y grimpa rapidement et avec agilité le temps de notre visite.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La chaussée de l’étang, côté Ouest. On imagine avec un peu de peine, les couples d’amoureux, à pied ou à cheval, pressés par la fraîcheur d’un soir d’été, de regagner à regret le château… A la manière des romans de l’ami Armand Bérart…

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Paysage d’évocation :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Nous remontons à présent le coteau en direction de ce qui fut probablement un petit jardin à la française.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte alors une anecdote des plus singulières survenue dans les années 70 : les paysans de Puy-Guyon ont entrepris une année de cultiver de l’avoine à cet endroit (parcelle N° 404 du cadastre napoléonien). Arrivé à maturation, les céréales se sont mises à créer de curieux dessins dans le champ. Certains plants poussaient plus haut que d’autres en dessinant des losanges et autres formes géométriques. Le lieu étant clos par des restes de murailles que l’on devine à peine dans les haies, il en fut conclu que là se trouvait un jardin d’agrément dans le goût du XVII° siècle. Louis-Marie de Lescure et sa célèbre épouse, s’y sont-ils promenés, comme ils le faisaient au château de Clisson en Boismé sous la célèbre charmille ?

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Vestige de poteau délimitant l’entrée du jardin :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    C’est là, sur cette parcelle qu’il se situait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Après un crapahutage le long d’une pente très abrupte : la bergerie comme l’appellent, tous ceux de mes amis de ma génération qui connaissent Cerizay comme leur poche :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il s’agit d’une salle souterraine, dont la voûte parait ancienne, bien que consolidée avec du ciment plus ou moins récemment. Son aspect, largement modifié, fait immédiatement penser à un cercueil, dont la porte jadis solide, ravagée par la rouille, laisse dubitatif sur l’idée d’y entrer.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Dans la salle : une cheminée, les traces d’un lustre à bougeoir dont un ami se souvient.

     

    Ici vécut jusqu’en 1924, un rempailleur de chaises…

     

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Un coup d’œil sur  « l’Allée des Tilleuls » :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il n’y a plus de tilleuls depuis bien longtemps et nous repartons vers le château. Aucun fantôme ne nous suit :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Quelques pierres de Puy-Guyon :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Carrelage de la cour.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte encore une anecdote : lors de travaux, on trouva sous le poulailler actuel et à sa proximité, sous quelques centimètres de terre une couche de carrelage rouge… couverte de plusieurs centimètres de cendres ! Cet endroit correspond avec la partie que l’on peu voir sur le cadastre de 1809, comme étant ruinée. M. Nauleau, raconte encore que lors de travaux en contrebas, afin de construire une fosse à lisier, des canalisations de forme carrée sont apparues. Peut-être qu’il s’agissait là des eaux d’évacuations des cuisines du château. En tout cas cela correspond  très bien avec la vue cadastrale des bâtiments en ruine du cadastre de 1809.

    A suivre ici.

     

    RL

    Décembre 2017

     

     


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                              Le 1er juin 1793, Pierre-François Debucant, 

                           maire de Saint-Père-en-Retz, ''pète les plombs''…

     

     

                     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....Juin 1793.... le pays de Retz est devenu impraticable pour les Républicains. Réfugiés dans les bourgs, les municipaux ont la ''tremblotte'', les Royalistes remportent victoires sur victoires.

    Pierre-François Debucant, originaire de Paris, est instituteur depuis 1785 à Saint-Père-en-Retz. Le Dimanche 9 décembre 1792 il est proclamé maire au milieu des flonflons de la fête et des guirlandes tricolores... (vue n°45/71 délibérations municipales de St-Père-en-Retz).

     

    Le samedi 1er juin 1793 changement d'ambiance, les officiers municipaux et la garde nationale sont obligés de faire évacuer leur maire vers le district. Il est désarmé par le conseil municipal et conduit à Paimboeuf afin qu'on lui administre ''des petites boules roses'', remèdes convenables à son délire. 

    Devenu subitement fou il veut se suicider...et a pris toutes les dispositions nécessaires pour ne pas ''se rater' : un fusil, une corde pour se pendre et deux pistolets avec des munitions.

     

    « Aujourdhuy premier juin 1793, l'an 2ème de la République.

     

    Nous soussigné et officiers municipaux et gardes nationaux de St Père en Retz sur la déclaration publique nous faite part Pierre François Debucant, maire de st Père en Retz qu'il était résolu de se tuer et que même il avait préparé son fusil en conséquence tout le public persuadez de sa ferme résolution, la municipalité a pris sur elle de donner une réquisition à la force armée de laller désarmer, a fin de luy oter les moyens du suicide. Ce qui a été fait vers dix heures du matin, on luy a oté - 1° un fusil préparé avec une corde pour favoriser son dessein. 2° Deux pistolets chargés, quatre cartouches et deux balles ; et a été traduit à la chambre municipale pour sassurer de la personne et de luy demandez les raisons qu'il avait. Le dit Debucant a déclaré persister dans son dessein ; ce qui a fait qu'il a été mit en arrestation pour estre delà conduit sur le champs à Paimbeuf au district par la force armée, les quatre cartouches et les deux balles ont été déposé par luy même sur le bureau. Fait en municipalité les jour et an que dessus. 

     

    Signé : Le Duc aîné , Blanchard – Foucher et  consorts »

     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....

    (vue n°66/71 -1791-1793 délibérations municipales de St Père en Retz). 

     

    La médecine administrée n'a pas été très efficace puisqu'il meurt le neuf Floréal de l'an 4 (29 avril 1796) à Paimboeuf, à l'âge de 47 ans. Les renseignements sur les maires de Saint-Père-en-Retz fournis par Wikipédia sont erronés, puisqu'on y mentionne que Pierre-François Debucant a été maire jusqu'en 1800.

     

    Pierre-François Debucant est né dans la paroisse Saint Eustache à Paris en 1749. Il est le fils de Jacques Debucant et de Marie Barré. Il épouse en seconde noce Yvonne Prieur. Au moment des faits, il est instituteur et maire de Saint-Père-en-Retz. ''Réfugié'' à Paimboeuf en juin 1793, il est domicilié rue des Champs, lieu de son décès. (vue n°143/155 actes de décès de Paimboeuf, année 1796 - an 4).

     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés, commune de Saint-Père-en-Retz et Paimboeuf - Délibérations municipales de Saint-Père-en-Retz – et série G (L.Maître ) - Photo de l'auteur. 

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le trésor de Stofflet…

     

    Dans différents articles de ce blog, il a été abordé à plusieurs reprises les trésors de Charette ; je dis bien les trésors car je n’imagine pas les grands chefs vendéens n’avoir qu’une seule cachette, que ce soit pour leur numéraire, aussi bien que pour leurs armes. En février et mars 1796, disparaissent les deux derniers grands chefs vendéens, Stofflet et Charette, après avoir attendu de vains secours d’une monarchie en exil qui préférait les apparences de complots en dentelle que l’approche du terrain. Stofflet et Charette ont eu certes leurs défauts mais on ne pourra jamais leur reprocher de ne pas avoir été fidèles jusqu’au bout. Et si pour une fois, nous parlions un peu du trésor de Stofflet ? Ca vous tente ?

    Ce que je vais vous raconter n’a rien de nouveau pour « les initiés » aux Guerres de Vendée mais vous avouerez probablement après coup que cela vaut « son pesant d’or ».

     

    On retrouve aux archives militaires de Vincennes un curieux billet rédigé à la va-vite de la main d’Hédouville et qui fut exploitée par Chassin (1) :

     

    « A communiquer au général Hoche

    Envoyé  au général Hoche le ( ?) thermidor an 4

    Reçu en messidor an 4 (soit aux alentours des 18 et 19 juillet 1796)

     

    Stoflet avait ramassé un trésor qu’on peut évaluer à 4 ou 5 cent mille francs en or et argent, plus ou moins. Il n’a point voulu le faire connaître au prêtre Bernier, parce qu’il se défiait de lui.

    Un ecclésiastique ou prêtre réfractaire dont on ignore le nom, mais qu’on pourrait peut-être parvenir à découvrir, en avait connaissance. Ce prêtre a déclaré le lieu où était caché ce trésor, a d’Autichamp qui l’a enlevé et l’a de nouveau caché.

    On sait que Hénon de Maulévrier, dont le père était chantre de l’ancien curé de Maulévrier, était caissier de l’armée catholique. Il pourrait avoir quelques connaissances à cet égard.

    Les anciens sous-chefs de l’armée de Stoflet sont très mécontents que d’Autichamp se soit emparé seul de cet argent et ils pourraient concourrir à faire trouver le lieu où il a été caché, surtout si on les intéressaient à cette découverte. »

     

    Pas de signature. Le billet n’est pas officialisé.

     

    Le trésor de Stofflet....

     

    On notera au passage l’éternel appétit d’argent des républicains, prêts à tout pour obtenir de l’argent. Il est bien évident que s’il y avait eu le moindre paysan pour fournir un renseignement, il aurait été de suite fusillé après avoir parlé. Bref, on sait que le 7 avril 1878, trois journaliers qui travaillaient à redresser une allée du château de la Morosière à Neuvy-en-Mauges avaient fait une curieuse découverte. Cet épisode est connu mais je mets le lien sur cette histoire ici. Depuis l’allée où fut trouvé le trésor est surnommée « l’Allée de la Boursée ». 

     

    La fameuse allée sur Géoportail…

    Le trésor de Stofflet....

    Le trésor de Stofflet....

    ...Et sur le cadastre de 1827 (à cette époque le trésor y est toujours) :

    Le trésor de Stofflet....

     

    Le trésor retrouvé et qui représentait environ 40 000 francs de l’époque soit 127 000 € de nos jours était bien loin des 4 à 500 000 francs de 1796 décrits par Hédouville dans son courrier à Hoche (2). Un petit calcul savant nous fait obtenir 923 000 € dans l’hypothèse d’un trésor de 500 000 francs de 1795 (3). Si l’on doit tenir compte du coût de la vie entre l’époque de Stofflet et la nôtre, sans parler de la valeur archéologique et numismatique de la découverte d’une telle somme au bout de 220 ans, on arrive à quelque chose d’extravagant, sans doute au-delà des 4 000 000 d’Euros.

    La Morosière fut le dernier quartier général de Stofflet mais il a eu certainement, comme Charette, d’autres caches pour son argent. D’ailleurs, on sait que Forestier amena en Angleterre « une bouteille contenant 1300 Livres Sterling » provenant de « l’une des caches de Stofflet » (4). Forestier et d’Autichamp ont donc eu connaissance de ces caches. Est-ce que tout a été récupéré ? Rien n’est moins sûr et que d’Autichamp a-t-il fait de ce qu’il avait trouvé, comme vu plus haut ?

    Le trésor de Stofflet....

    Le chasseur de trésors Didier Audinot (encore lui !) raconte une trouvaille faite à La Tourlandry lors de la réfection du presbytère (5). Un ouvrier trouva, à 4 mètres de hauteur, sous le toit, dans un mur, une boîte de bois, contenant 188 des fameux « bons de Stofflet », dont on connaît l’histoire et qui avaient déclenché une polémique lors de leur émission. On sait par Coulon, le secrétaire de Stofflet qu’il y aurait eu une émission de bons à hauteur de 2 243 000 francs, soit 3 207 490 Livres, ce qui nous donne  4 554 636 €… A condition que cette émission de bons ait pu correspondre à un trésor réel et non un simple crédit sur le trésor royal à la Restauration, comme c'était probablement le cas. Les sommes citées ne sont bien entendu qu’un ordre d’idée selon des indices qui ne prennent pas en compte la différence de pouvoir d’achat et les besoins entre les deux époques.

    Le trésor de Stofflet....

    Arrêtons de nous donner le vertige avec des chiffres et réfléchissons un peu ensemble où pouvaient se situer les cachettes de

    Stofflet.

    La forêt de Vezins avec la Bauge des Buissons et le Cimetière des Martyrs figurent en tête du classement, notamment le puits qui alimentait en eau le camp ravagé le 25 mars 1794 par les « infernaux ». Le château du Lavouër, encore sur Neuvy-en-Mauges, pourrait être une piste mais celui-ci était le lieu de cachette de l’abbé Bernier. Gageons qu’au vu de ce qui a été dit plus haut, Stofflet n’avait guère confiance en lui sur ses derniers moments. Cet individu, bouffi d’orgueil et prêt à trahir pour sauver sa peau et acquérir quelques honneurs à donné au cours de l’histoire, des gages de sa duplicité.

    Mais alors, que reste-t-il ? La Saugrenière ? Il est peu probable que Stofflet ait eu le temps d’y cacher quoique ce soit, mais sait-on jamais. Qui sait si la ferme du « Pé-Grimault », où les chevaux de l’état-major de Stofflet étaient à l’écurie le soir du drame, n’a pas quelque chose à raconter… La Saugrenière et le « Puy-Grimault » (dit « Pé-Grimault ») sont des endroits fascinants dont on ne repart jamais sans une rêverie profonde.

    Reste un endroit dont nous n’avons pas encore parlé, bien loin des terres de Stofflet : le château de La Roche-Faton, à Lhoumois dans l’Est des Deux-Sèvres, en pleine Gâtine parthenaisienne. C’est là, dans la chapelle, que fut enterré Charles d’Autichamp, à sa mort, en 1859… Pouvait-il être encore en possession de quelque argent de l’armée de Stofflet ?

    RL

    Décembre 2017

     

    Le trésor de Stofflet....

     

     

    Notes :

    (1)  SHD, B 5/35-87, v. 8/9, repris par Chassin, « Les Pacifications de l’Ouest », tome II.

    (2)  On sait que le Franc remplace la Livre à partir du 3 germinal de l’an III (7 avril 1795). Il vaut 1 Livre et 3 deniers.

    (3)  J’ai d’abord converti la somme en Livres Tournois pour trouver un semblant de correspondance avec l’Euro.

    (4)  Chassin, ibid, tome III.

    (5)  « Trésors enfouis des Guerres de Vendée et de la Chouannerie », L’Etrave, Beauvoir-sur-Mer, 2002.


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