• Communiqué de la Durbelière....


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                               En juillet 1796, du côté de Froidfond...  

     

          

                                     

    Falleron, Froidfond, 1796....Il n'y aura jamais de mots assez forts pour décrire les horreurs commises par la République dans notre malheureux pays.

      En 1796, la Vendée n'est plus qu'un immense cimetière et un amas de ruines encore fumantes, le silence fait place aux hurlements des femmes violées et éventrées, aux cris des enfants égorgés et aux crépitements des incendies. En 1796 c'est la ''pacification'', les armes se taisent, nous verrons par ces anecdotes comment la République ''pacifie'' ses adversaires politiques et ses amis patriotes...

    Nos généraux sont morts, le 25 février 1796, Stofflet est fusillé à Angers et le 29 mars 1796 Le Chevalier de Charette est fusillé à Nantes.

    La République ''pacifie'' en s'acharnant sur les survivants du génocide.

     

    Voici le récit de Pierre Pelletier, patriote, domicilié à la Briscottière-Briscotière commune de Froidfond (Vendée).

     

    « Déclaration de Pierre Pelletier (*), cultivateur à la Briscottière, commune de Froidfond.

    Vingt à trente volontaires passent chez lui le 28 Messidor an 4. (Samedi 16 juillet 1796) Ils forcent les coffres, le fouillent, lui, son oncle et son domestique ; leur prennent leur argent et tous les effets qu'ils ont sur eux ; ils volent du beurre, des mouchoirs de femme ; et tout ce qu'ils trouvent.

    Dans les maisons voisines, ils font la même chose. Un mois avant, une colonne de Machecoul leur avait enlevé sa femme et son fils, avec deux bœufs, une vache et plusieurs autres pièces de bétail. »

     

    (*) Pierre Pelletier-Peltier est originaire de Falleron, il est le fils de Mathurin Peltier et de Louise Goldreau. Il se marie le 15 février 1779 à Froidfond avec Riant Jeanne, fille de Jean Riant et de Marie Bertret. Patriote, il se réfugie à Tours où l'un de ses fils, François, meurt le 8 Prairial de l'an 2 (28 mai 1794). Voici un extrait de l'acte de décès : « François Pelletier, réfugié de la Vendée, situé en cette commune dans les batteaux de Louis Besnard et de Louis Delaunay aussi voiturier par eau est décédé François Pelletier âgé de six ans, né en la commune de Fredefond district de Chalans, fils de Pierre Pelletier et de Jeanne Riant est décédé ce jour d'hier à cinq heures du matin... » (Décès Tours, an 2, page 96).   

    Pierre Pelletier est donc de retour en Vendée en 1796... 

    Falleron, Froidfond, 1796....

     

    Commune de Froidfond – veuve Pillet.

     

    « Au commencement de mars (1796), son mari se rendant chez lui est rencontré par un détachement, comme patriote et reconnu comme tel par ses concitoyens, il s'avance pour se faire reconnaître. Sans vouloir l'entendre, on le fusille, ainsi qu'un de ses camarades, patriote comme lui. Quelque tems après, sa ferme et ses bâtiments avec leurs grains et fourrages sont incendiés. Dans une borderie qui lui appartenait, tous les bestiaux sont enlevés. Le 3 Thermidor (an 4) – jeudi 21 juillet 1796, une colonne revenant de Legé entre dans la commune, mettant tout à feu et à sang ; malgré la proclamation qui avait été publiée la veille par les agens, pour faire rentrer les habitants dans leurs possessions. Tout est volé chez la veuve jusqu'à ses provisions, plusieurs particuliers sont tués dans leurs maisons avec leurs femmes, et d'autres en rentrant chez eux.

    Pierre Peltier, cité ci-dessus, témoigne avoir entendu dire que de pareils massacres ont été commis par la même colonne dans la commune de Falleron. Pour lui, il trouva moyen de se cacher, mais il entendit tirer plus de 5000 coups de fusil. »

     

    Aimé Dupont, guide de la colonne, a vu les tirailleurs incendier deux bâtiments et tirer beaucoup sur la commune de Froidfond. Placé ensuite à la queue de la troupe pour conduire une voiture, il a vu des traîneurs emporter des effets et une femme pleurer en disant qu'il était bien affreux d'être ainsi traîtée par les Républicains. Mais ils insultèrent à ses représentations et la menacèrent.

    Cependant à la commanderie de la Coudrie, le chef de la colonne obligea tous les pillards de déposer là sur le chemin ce qu'ils avaient pris.

    Une fille de 14 ans avait été violée et tuée par d'autres scélérats de la trouppe. C'est ce que François Barraud atteste avoir entendu dire à des volontaires qui blâmaient ce crimes de leurs camarades.   »

     

                                     VIVE LA REPUBLIQUE !

     

     

    Sources:     

    - Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés - 

    sous-série F10, Agriculture – AN F10/268-4, Paris et Vendée, page 1/10. 

    - Registres état civil de Froidfond. 

    - Registres d'Etat civil de Tours, décès an 2 page 96. 

    - Photo: de l'auteur. 

                                                           

     

    X.P pour Chemins Secrets 


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    Les quatre cimetières de Cerizay…

     

     

    Nous voici à nouveau à Cerizay pour de nouvelles énigmes. Je dis bien énigmes car, dans cette petite ville que je pense pourtant connaître sur le bout des doigts, le passé lointain a laissé un grand nombre de mystères. Pour ce volet, je vous propose de nous intéresser aux différents cimetières qui ont pu exister sur le territoire de la paroisse. La petite cité de Cerizay existait dès l’époque mérovingienne et peut-être même dès l’époque gallo-romaine. On la trouve nommée « Seresiacum » en 1172 sur le cartulaire de l’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, dont la paroisse dépendait, puis « Cerezyum » en 1236, « Ceresey » en 1292, puis « Serizay » en 1716, avec toutefois une appellation plus habituelle de « Cerisay » en 1487, par le Roi de France lui-même, comme nous l’avons vu ici.

    L’église primitive de Cerizay fut sans doute la chapelle de son château, agrandie au XV° siècle, avec son clocher court et posé sur le milieu de l’édifice. Orientée à l’Est, en direction de l’actuel cabinet des dentistes et du magasin « Carrefour Contact », nous n’avons d’autre représentation d’elle que son dessin sur le cadastre de 1809 et une photo datée d’avant 1890, sur laquelle figure l’abbé Charruyer.

    Sur le cadastre de 1809 des AD79 (3 P 51/6) :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Datée probablement du début du XII° siècle pour le gros de l’ouvrage, il fallait curieusement descendre quelques marches pour pénétrer dans le sanctuaire dont la décoration assez pauvre consistait en des chapiteaux ornés de modillons grimaçants et autres bestiaires infernaux typiques du début des années 1200. On retrouve d’ailleurs ces mêmes têtes sur l’église de Beauchêne, pour une construction de même époque.

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Le malheur voulut que pour construire l’église actuelle en 1890, on démolit ce petit joyau médiéval et on sait quels furent les débats de l’époque entre ceux qui voulaient que le chevet fut classé et la commission départementale des monuments historique qui refusa, sous prétexte que la municipalité souhaitait la création d’une rue latérale (celle qui rejoint la Poste actuellement) et que cela entraînerait le paiement d’une indemnité à l’entreprise de construction qui devait utiliser les pierres de l’ancien édifice pour la construction du nouveau. Cependant à l’occasion de la démolition de la pauvre église romane, on eut quelques surprises. Si l’on ne trouva point le cœur de l’un des membres de la maison Maillé-Brezé, mort à la bataille de Coutras le 20 octobre 1587 et qui était censé reposer quelque part dans le chœur, on découvrit néanmoins derrière l’autel, un petit trésor en monnaies à l’effigie des Rois Louis XIII et Louis XIV. Ce fut aussi la découverte de plusieurs sarcophages en pierre coquillière, cette roche faite de fossiles et plus facile à travailler que le granit de notre bon vieux Bocage, et qu’on allait chercher dans le pays de Doué-la-Fontaine à l’époque mérovingienne. Parallèlement, plusieurs autres sépultures de cette époque avaient déjà été découvertes sur la commune et notamment dans le bourg. On trouva même dans l’une de ces sépultures, plusieurs cabochons de pierres précieuses et une plaque portant quatre poissons dont les têtes étaient réunies autour d’une croix. Quelque chose frappa les archéologues lors de leur découverte à Cerizay : les sarcophages semblaient avoir été réutilisés et on en trouva un qui contenait des ossements repoussés vers le pied tandis que l’on avait placé un autre corps vers la tête. Une séparation en mortier de chaux et de sable, séparait les deux corps ne laissant qu’environ 35 cms pour les ossements entassés du premier défunt (1). Il faut dire que la pierre coquillière avait un important pouvoir de dessiccation, soit le fait de dessécher d’elle-même ainsi que les corps qu’elle contenait. Une fois qu’il ne restait plus que les os, on pouvait ainsi réutiliser le sarcophage à peu de frais. Le tout était recouvert, dans le cas de Cerizay (et aussi de Loudun, notamment), d’un couvercle en calcaire « falunier » (2).

    Venons-en à présent au premier cimetière de la paroisse. Possiblement établi à l’Ouest de l’ancienne église, soit dans la grande cour du presbytère actuel, il semble difficile qu’il le fut du côté Nord, en direction du château, ou si vous préférez de la Poste et de l’actuelle « Place de la Forge ». La logique, en pareil cas, nous enseigne qu’il a probablement existé au Sud de l’ancienne église, soit sur la grande place actuelle, menant au parvis de l’église moderne sur laquelle, un incessant ballet de voitures vient de nos jours, se stationner.

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     

    Ce cimetière ne suffisant probablement plus, on en établit un nouveau, en face de ce qui fut le relais de poste au XVIII° siècle et que nous voyons ici sur le cadastre de 1809 (même cote que la feuille précédente) :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    On notera le soin d’un fonctionnaire de l’Empire, à représenter le cimetière sur le cadastre avec une certaine dose d’originalité...

    Pour ceux qui ont du mal à le situer, je dirai qu’il était entre la rue actuelle de Montemor O Velho, soit en face du cinéma et courait jusqu’aux jardins de l’hôtel du Cheval Blanc, débordant sur la pente de la rue du Pas des Pierres et la rue des Voûtes. Lorsque vous entrez dans le pressing qui fut autrefois la boulangerie Rondeau, vous êtes en plein dedans. Un ami, ayant habité une maison de la rue Montemor O Velho, m’a signalé un jour que dans son enfance, le lieu avait subi des problèmes de « fantômes » et des choses inexpliquées dans la maison. Dans les années 60, les gens qui cultivaient les jardins de ce quartier, avaient quelquefois de drôles de surprises en labourant ; quelques tibias et morceaux de crânes voisinant allègrement sous les rangs de carottes…

     

    Ce cimetière fut à nouveau désaffecté en 1922 et je me permets de vous raconter une anecdote que vous relirez sûrement avec plaisir avant d’aller vous coucher. En effet, mon grand-père participa au démantèlement de ce cimetière. Il tomba un moment donné sur un cercueil en bon état. Il l’ouvrit et y trouva le corps momifié d’un jeune homme décédé plusieurs décennies auparavant. Le but de son travail étant de ramasser les ossements, il se trouva bien embêté devant ce cadavre. Après quelques secondes de réflexion, il donna un grand coup de pioche dans le corps et tout le visage du défunt tomba en poussière. Il put donc reprendre sa tâche de collecte des ossements afin de les transférer dans le nouveau cimetière.

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

    Illustration : les catacombes du couvent des capucins de Palerme. Blog « Maman raconte ».

     

    Voici donc dans les grandes lignes, l’histoire des trois cimetières de Cerizay, sauf que je vous en annonçais quatre dans le titre de l’article…

    Ca suit là-bas dans le fond ?

    Eh oui, quatre, car nous avons oublié Beauchêne. Si l’on en croit Dom Victor Bonneau dans son « Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Beauchêne au Bocage Vendéen », non dépourvue d’erreurs, la tradition locale aurait été unanime sur la présence d’un cimetière à Beauchêne, en partant de la chapelle, vers le village du Petit-Parthenet, juste à droite de l’angle du chemin qui monte vers la Bernelière. C'est-à-dire, juste en face du chevet de la petite chapelle de la Petite-Eglise (3). Cette affirmation pencherait pour la thèse d’une paroisse indépendante à Beauchêne dans des temps anciens. Ce cimetière se situait sur la parcelle N° 262 du cadastre de 1809 (3 P 51/4).

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     Une maison a été construite sur son emplacement depuis bien longtemps, et celle-ci possède une cave… Ceux qui l’ont bâtie, avaient-ils découvert des choses inattendues ?

    L'emplacement supposé du cimetière de Beauchêne, tout près de la chapelle de la Petite-Eglise :

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

     

    Peut-être dans ce jardin...

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Pour finir, abordons le mystère d’une sépulture dont l’emplacement ne fut jamais clairement établi.

    Catherine-Henriette de Lambert serait peut-être née au Change, en Périgord en 1691 (pas de registre pour cette année). Elle est la fille de Henri de Lambert lieutenant au Roi de la citadelle de Saintes. Alors qu’elle n’a que 21 ans, elle épouse en 1712, un homme de 49 ans son aîné : Etienne de la Taste. Comme il fallait s’y attendre en pareil cas, la jeune femme se retrouve veuve très rapidement, si rapidement que le drame survient le 13 mai 1714. Se complaisant alors dans une vie entreprenante, elle deviendra une femme puissante et respectée (4). A noter que l’Armorial Général de France, la dit mariée le 1er septembre 1703, soit à l’âge de 12 ans, ce qui me paraît assez peu crédible (5). Son mari, Etienne de la Taste avait été aide-major des quatre compagnies du Roi (6), maréchal de camp en 1702.

    Le 10 avril 1758 depuis le château de Vezins, en Anjou (7), notre Catherine-Henriette de Lambert, veuve de La Taste, fait graver une plaque de marbre noir pour fondation de messes dans la chapelle de Beauchêne en Cerizay, conjointement avec Anne des Granges de Surgères de Puiguion, veuve de Pierre de la Court de Fonteniou et Henriette-Elisabeth des Granges de Surgères, cette dernière veuve du marquis de Lescure, grand-père du général vendéen (8). Cette plaque, d’abord cachée sous les boiseries du chœur est de nouveau visible à notre époque, à droite en entrant dans la chapelle. Trois années plus tôt, Catherine-Henriette avait fait fonder des messes à Paris, le 28 juillet 1755, à l’étude de maître Martel, notaire.

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Les quatre cimetières de Cerizay....

     

    Le 8 novembre 1763 (9), Catherine-Henriette décède en la paroisse de Cerizay, diocèse de la Rochelle (10). On ne sait aujourd’hui où elle fut inhumée exactement. L’auteur de la généalogie de la maison de La Taste émet l’idée qu’elle put être enterrée sous la première église de Cerizay, ou dans le cimetière, c’est-à-dire, le second que nous avons vu plus haut, démantelé en 1922, auquel cas, ses derniers restes reposeraient sous la croix hosannière du troisième cimetière, celui d’aujourd’hui.

    Les quatre cimetières de Cerizay.... 

     

     

     

    Peut-être aussi au château de Puy-Guyon, mais où ? Au fond du sinistre « trou de la guillotine », ou plus près des anciens jardins à la française, en direction du bourg, vers l’Est, débouchant sur l’Allée des Tilleuls ? En 1903, il existait encore trois petites pièces du château de Puy-Guyon où elle aurait demeuré. La dernière tour de Puy-Guyon s’est écroulée en 1914, dans l’indifférence générale… Ce même auteur cité plus haut signale qu’elle aurait tout aussi bien être inhumée dans la chapelle de Beauchêne. Celle-ci possède des cavités, à n’en point douter, notamment devant le tabernacle, où l’on s’agenouille, mais aussi, plus en retrait, quelque part non loin de la statue de Sainte-Thérèse…

    Le cimetière de Beauchêne, qui n’apparaît plus sur le cadastre de 1809 était situé sur une parcelle ayant appartenu à la maison de Puy-Guyon. Serait-il possible qu’il ait pu accueillir le corps de Catherine-Henriette ou était-il déjà disparu depuis longtemps ?

    A suivre…

    RL

    Avril 2018

     

     

     

     

    Notes :

    (1)  Louis Charbonneau-Lassay (1871-1946), in Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1913, 3ème série, tome 2, p 500. 

    (2)  De falun, dépôt sédimentaire marin du Cénozoïque. 

    (3)  Dom Victor Bonneau, « Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Beauchêne au Bocage Vendéen », 1893, p.26.

    (4)  « Le Pavillon de l’Octroi à Moricq ». Nos Trois Branches, site Internet de l’association de généalogie des Maupillier. Lien ici. 

    (5)  « Armorial Général de France », volume 4, registre second, seconde partie, « de Lambert »,  Paris, Prault, 1742. p. 9. 

    (6)  « Chamlay, le Stratège secret de Louis XIV », Jean-Philippe Cénat, 2011. 

    (7)  Bulletin de la Société Historique de la Saintonge (source provenant de ma femme qui avait d’autres chats à fouetter ce soir-là). 

    (8)  « La Famille de La Taste, son origine, ses branches et leurs alliances », extrait de la lettre généalogique de M. de la Taste à ses enfants, Grande imprimerie de Blois, Emmanuel Rivière, ingénieur des arts et manufactures,1903. A noter que Catherine-Henriette avait acheté à Louis Puichaud, marchand, et sa femme, une maison à Beauchêne, ainsi que les borderies de la Chèvrie et de l'Héronnière (ce dernier lieu inconnu) les 18 et 29 juillet 1763. Offre de retrait lignager de la part de Jehanne-Louise Belhoir et de ses frères, Pierre et Jean-François. AD85, justices inférieures d'Ancien Régime, B 248.

    (9)  Absence de registre à Cerizay pour cette période aux AD79. 

    (10)         On sait qu’après Maillezais, Cerizay dépendit de l’évêché de La Rochelle à partir de 1648. 

     

     


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    Pasquereau Jeanne du Pallet, veuve de Michel Huet, 

    tué en Vendée en février ou mars 1794.

     

     

                                     


    Jeanne Pasquereau....Le 16 janvier 1827, Jeanne Pasquereau est enregistrée sous le n°22 parmi les veuves de combattants Vendéens ayant déposé des demandes de pensions :

     

    « N°22 - Pasquereau Jeanne – veuve de Huet Michel – née le 24 décembre 1756 à Gorges – veuve d'un Vendéen – très indigente – proposée pour une pension de 50 francs – domiciliée au Pallet, arrondissement de Nantes – Loire Inférieure » ( SHDXU36-7, vue n°7/8).

     

    Fichée par la police de Louis-Philippe :

     

    « Domiciliée à Gorges - Lorsque les secours ont été accordés, domiciliée au Pallet - âgée de 75 ans – sans profession  - peu aisée – Conduite politique postérieure à la révolution de 1830 : sans reproches – le 14 novembre 1834. » (Class SHD-XU36-14, vue n°48/54)

      

    Michel Huet est maître tonnelier, né à Monnières le 3 mai 1753, il est le fils de François Huet et de Magdeleine Gautreau. Il se marie à Gorges le 26 février 1781 avec Jeanne Pasquereau, fille d'Honorable Homme Pierre Pasquereau, marchand tonnelier et de Marie Barrière, originaires de Treize-Septiers. Il est tué du côté du Pallet en février 1794.

     

    Un mot sur la famille Pasquereau qui compte un prêtre réfractaire : Charles Pasquereau, frère de Jeanne, qui exercera son ministère dans la région de Clisson et de Gorges : ''Maistre Charles Pasquereau, Prêtre tonsuré – prêtre réfractaire en 1793'' échappera au génocide.

     

    En fait, les trois prêtres de Gorges refusent le serment à la Constitution civile du clergé : Dugast du Coubrenier, le Recteur, qui sera noyé à Nantes en novembre 1793 ; Durand et Pasquereau, les vicaires, qui exerceront leur ministère clandestinement pendant toute la guerre de la Vendée.

    Charles Pasquereau administra aussi la paroisse du Pallet où il fut Recteur jusqu'en 1844.

     

    Voici la composition de la famille Pasquereau-Paquereau au moment de la Révolution.

    Pierre Pasquereau est le fils de Nicolas Pasquereau et de Renée Albert originaires de la paroisse de Treize-Septiers et domiciliés un temps à Monnières. Cet ''Honorable Homme'', marchand tonnelier et marchand de vin est syndic de la paroisse de Gorges. De son mariage avec Marie Barrière, née à Cugand le 15 novembre 1723, fille de Joachim Barrière et de Andrée Rousselot naîtront onze enfants dont un prêtre réfractaire et un combattant Vendéen : ''Paquereau dit de la Botte Fleurie'' (non identifié à ce jour) sous les ordres du Chevalier de Vieux, un des lieutenants de Monsieur de Charette...

     

    1° Pasquereau Marie-Charlotte-Marguerite, née le 25 avril 1747 à Gorges, qui épouse le 3 septembre 1764 à Gorges, Jacques Bonnet originaire de Normandie.

    2° Pasquereau Pierre, né le 8 octobre 1848 et décédé le 25 août 1750 à Gorges.

    3° Pasquereau Laurent-Grégoire, né le 17 juin 50 à Gorges.

    4° Pasquereau Pierre-François, né le 3 avril 1752 à Gorges, qui épouse à Gorges le 28 août 1775, Louise Even, dont la famille est originaire de Saint Thégonnec en Basse Bretagne, fille de Yves Even, voiturier et de Michelle Hubineau. Il est cordonnier...''Paquereau de la Botte Fleurie ???''

    5° Pasquereau Perrine, née le 26 mars 155 à Gorges et décédée le 30 décembre 1830 à Châteauthébaud, qui épouse à Gorges le 28 octobre 1777, Jacques Boutin, boulanger, décédé à Chateauthébaud le 24 février 1831.

    6° Pasquereau Jeanne, née le 24 décembre 1756 à Gorges, qui épouse en premières noces, Pierre Giron, décédé à Bordeaux le 2 mai 1780. Elle épouse le 26 février 1781 Michel Huet, tonnelier à Monnières, tué en Vendée en 1794.

    7°Pasquereau François-René, né le 3 octobre 1758 et décédé à Gorges le 6 mai 1762.

    Ensuite des jumeaux :

     

    8° Pasquereau Jean, né le 12 mai 1760 à Gorges, tonnelier, marié le 10 février 1784 à Gorges avec Marguerite Richard, née le 19 janvier 1761 à Gorges, fille de Mathurin Richard, laboureur à bœufs et de Marie Poiron.

    9° Pasquereau Charles, né le 12 mai 1760 à Gorges, prêtre Réfractaire, vicaire de Gorges et Recteur du Pallet. 

    10° Pasquereau René, né le 23 octobre 1761 et décédé à Gorges le 20 mars 1767.

    11° Pasquereau François, né le 4 novembre 1769 et décédé le 2 juillet 1771 à Gorges.

     

     

    Sources:     

    -Archives Départementales de Loire-Atlantique et de Vendée tous droits réservés - -Dossiers Vendéens - (Class SHD-XU36-14, vue n°48/54)-( SHDXU36-7, vue n°7/8). 

    -Registres d’Etat civil de Gorges –Treize-Septiers – Clisson –Monnières – Châteauthébaud.

    -Photo: de l'auteur. 

                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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                  René Chiron, de la paroisse de Roussay, blessé à Coron.

     

           

                                     

    René Chiron....René Chiron est né le 8 mai 1775 à Roussay. Il est le fils de Pierre Chiron et de Jacquette Leroux. En 1793 il est journalier-laboureur et se marie le 30 juin 1798 à Cholet avec Jeanne Rotureau, née le 21 avril 1778 à Cholet, fille de René Rotureau et de Jeanne Braud également de Cholet.

    De cette union sont issus neuf enfants dont sept sont nés à la Séguinière,

    deux enfants nés entre 1799 et 1803 à Roussay ?

     

    1° Eugénie-Renée Chiron, née le 8 avril 1804 à La Séguinière.

    2°Sophie-Adélaïde Chiron, née le 10 décembre 1806 à la Séguinière.

    3°Marie-Marguerite Chiron, née le 21 juillet 1808 à la Séguinière.

    4°Jeanne-Adélaïde Chiron, née le 29 décembre 1810 à la Séguinière.

    5°Françoise Chiron, née le 14 juin 1813 à la Séguinière.

    6°Jean Chiron, né le 25 septembre 1816 à la Séguinière.

    7° Félicité Chiron, née le 5 avril 1819 à la Séguinière.

     

    Le 19 avril 1824, René Chiron dépose une demande de pension à la Séguinière dont le détail suit :

     

     

    «  La Séguinière, le 19 avril 1824.

     

    René Chiron, journalier, demeurant à la Séguinière,

    A son Excellence le Ministre de la Guerre,

    Monseigneur,

     

     

    J'ai l'honneur de vous exposer que j'ai pris les armes comme soldat, dans l'armée Royale de la Vendée, et que j'ai combattu pour le rétablissement du trône, depuis le commencement jusqu'à la fin de la guerre de la Vendée. J'ai repris les armes en 1815, pour soutenir la cause du Roi.

    Je me suis battu avec un dévouement absolu dans toutes les occasions pour le soutien de cette cause auguste. J'ai été blessé très grièvement au combat de Coron, au mois d'avril 1793, d'un coup de feu à l'épaule droite.

    Ma blessure me fait éprouver souvent de vives douleurs et m'empêche de travailler pour gagner ma vie et celle de ma nombreuse famille composée de neuf enfants dont cinq en bas âge.

    Cependant je suis dans l'indigence.

    J'ose m'adresser à vous Monseigneur, pour vous prier de proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.

    A défaut d'extrait de contrôle, j'ai eu recours à l'acte de notoriété du juge de paix pour constater mes services et blessure. Je le joins à la présente, avec les autres pièces voulues par l'Ordonnance du Roi de décembre 1823.

    Je suis avec respect, Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur.  »

    Signé d'une croix.

     

    Les témoins du certificat de notoriété :

     

    1° Pierre Brin, maire de la commune de Roussay, âgé de 54 ans, ancien soldat.

    2° Jacques Chouteau, tisserand, 63 ans, ancien soldat.

    3° François Griffon, 54 ans, ancien capitaine, les trois ayant servi dans l'armée Royale de la Vendée et demeurant à Roussay.

     

    René Chiron....

     

    Le certificat du chirurgien :

     

    « Nous soussignés, Claude Guérin chirurgien et Denis-Hilaire -illisible-, médecin à l'hospice de Cholet attestons que le nommé Chiron, journalier, domicilié à la Séguinière, canton de Cholet a été blessé d'une balle vers le milieu du bord externe du muscle trapèze de l'épaule droite où il assure éprouver souvent de la douleur. »

     

    Cholet, le 9 avril 1824.

     

    signé Guérin et -illisible-

     

    René Chiron est décédé à Cholet le 2 juin 1845. 

      

     

    Sources:     

    -Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés - 

     Dossiers Vendéens -1M9/112. 

    -Registres d'Etat civil de Cholet, La Séguinière, Roussay 

    -Photo: de l'auteur.

     

                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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