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    Pont-Paillat, édition 2020…

     

     

    Pour la cinquième année consécutive, les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés… au Pont-Paillat, lieu qui a donné le nom du groupe. Comme à l’habitude, ce fut un plaisir de patauger dans la boue de ce lieu marqué par les deux combats de juillet et octobre 1793. Outre les habitués formant le noyau dur de nos sorties, nous avions quelques nouvelles têtes, notamment un lieutemant-colonel et un banquier...

    Le point de rendez-vous du matin, à la croix de Bel Air. Jacques Chauvet guette les arrivants avec notre drapeau :

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Arrivés, à la hauteur de la Chagnelais, là où le vieillard Souchelot fut brûlé vif dans sa maison, un camion arrive et son conducteur nous interpelle. Il connaît notre groupe et sait parfaitement ce que l’on fait. Il nous annonce qu’il appartient à la descendance de Pierre Souchelot !

    Pont-Paillat, édition 2020....

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    Le chemin descend vers le Pont-Paillat :

    Pont-Paillat, édition 2020....

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    Enfin le pont :

    Pont-Paillat, édition 2020....

    La traditionnelle photo de groupe (photo : Guy Jacob) :

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Il était à présent l’heure du pique-nique au mémorial du Bois des Chèvres.

    Pont-Paillat, édition 2020....

    A l’issue du déjeuner, ce fut l’occasion de distribuer une quinzaine d’exemplaires de mon second roman, visiblement très demandé.

    Pont-Paillat, édition 2020....

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    Photo : Guy Jacob.

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    Notre troisième étape nous menait à Mauléon, sur la butte de Château-Gaillard, là où Westermann perdit devant les Vendéens, 6 700 des 7 000 hommes qu’il avait en poste ici. Ceux-ci culbutèrent dans le ravin avec chevaux, canons et caissons, dans une effroyable chute vers la rivière de l’Ouin.

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    Quittant Mauléon, nous n’avions que peu de distance à faire pour nous rendre au cimetière de la Petite-Boissière. Il s’agissait de rendre hommage au prêtre réfractaire du lieu : l’abbé Michel Chaillou, né en 1753 et mort dans sa paroisse en 1828. De nombreuses anecdotes se rattachent à ce brave curé qui manqua plusieurs fois de tomber aux mains des Bleus et qui est aussi à l’origine de l’histoire des « Pivardias » qui donnèrent le gentilé des habitants du village.

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Pont-Paillat, édition 2020....

    Pont-Paillat, édition 2020....

    C’était la fin de notre journée et l’absence de notre amie Jacqueline nous ayant privé du traditionnel café, je proposai aux derniers participants de se retrouver à la maison. Au cours de notre sortie, plusieurs projets de restauration et d’entretien de tombes, ainsi que de poses de plaques ont été évoquées. Vous verrez bientôt je l’espère, la pose de la seconde plaque des Amis du Pont-Paillat sur la tombe d’un célèbre prêtre du Bocage cher aux membres de la Petite-Eglise.

    En attendant, nous allons plancher sur notre prochaine sortie de printemps qui sera dévoilée dans les prochains jours.

    Merci à tous !

    RL

    Février 2020

     

     


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    Une folle, une aventurière ou une royaliste ? 

     

     

     

    Le Perrier - Une aventurière dans le Marais....Certainement une aventurière et une royaliste, utilisée comme leurre par les émigrés ?

    En 1802, une femme inconnue hante le marais Vendéen, pour le Préfet Merlet de Vendée, il s’agit d’une folle.

    La correspondance de Jean-François Merlet, avec le Ministre de la Police Générale ne laisse filtrer aucun nom. Cette femme est arrêtée, interrogée puis le silence se fait sur cette affaire, alors que l’on désirerait ardemment connaître son identité…

    Si Merlet a fait silence, c’est qu’en réalité il s’agit d’une véritable histoire d’amour, d’aventures rocambolesques, où des maraîchins se sont fait mystifier.  Je  vous laisse découvrir, par vous-même, les aventures de la « princesse de Condé » dans l’annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée - Le marais de Saint-Jean-de-Monts : ses brigands, les avatars d’une princesse royale dans ces parages – 1796-1802, par M. Georges Loquet - référencé dans les sources : (pages 69 à 98).

    « On l’avait vue à Vieillevigne chez M. de Juigné, et chez Madame de Laroche à Commequiers, se pavaner devant les paysans ébahis de son titre de princesse, que ses hôtes s’empressaient de confirmer ou tout au moins de ne pas désavouer... » 

    « En avril 1802, une femme de qualité est arrêtée par un gendarme déguisé en paysan dans la commune de Grand’ Landes, qui l’a conduite le 12 avril à Fontenay, devant son capitaine Prier. »

    «  Interrogée, elle déclare se nommer : Jeanne-Baptiste-Ursule-Rosalie-Victor-Louis-Anne-Marie et Marie Antoinette de Condé, de Bourbon, âgée de 30 ans* environ, ex-princesse Victor. » (*née en 1770)

    Après plusieurs déclarations mensongères, elle déclare se nommer :   « Antoinette** Cornuailles, âgée de 30 ans environ, fille de feu François Cornuailles, aubergiste au bourg d’Auvernay-le-Petit (Le Petit Auverné) près de Châteaubriant et de Perrine Binot, sans domicile fixe… »

     

    La princesse de Condé, redevenue fille d’auberge opérait du côté du Perrier, de Soullans et de Saint-Hilaire-de-Riez…

    **Je n’ai retrouvé qu’une Etiennette Cornuailles née au Petit-Auverné le  22 mai 1770 – vue n° 4/8 ; année 1770.

     

    « On y apprend que la fameuse aventurière vagabondait en effet, depuis plus de quatre ans dans l’arrondissement des Sables d’Olonne et qu’elle vécu d’abord très intimement, avec le bandit Laidain***, qu’elle revit souvent dans la suite…

    Elle fut jugée le 3 août 1802. 

    Malgré le réquisitoire très sévère du Commissaire du Gouvernement Sourouillé-Cailletière, qui demandait trois années d’emprisonnement – Antoinette Cornuailles fut condamnée le 2 septembre par des juges indulgents – qui n’apportèrent pas à cette aventure plus d’importance qu’elle n’en comportait ; les principaux coupables étant en liberté, - à trois mois de prison seulement et à tous les frais. »   

     

    ***  Quant à Jean Laidin, garçon de 28 ans, fils de Jacques Laidin, laboureur au Perrier, et de Renée Caillon, fileuse, il a été purement et simplement assassiné le 20 germinal an X (10 avril 1802), au Perrier, à 4 heures du matin, par un gendarme de la brigade de Challans.

     

    Voici ce que nous en dit Merlet le 25 Germinal de l’an 10 (15 avril 1802)

     

    « N°436 – Cabinet du Préfet 

    A Fontenay,25 germinal an 10 

    Le Préfet du Département de la Vendée 

    au Ministre de la Police Générale. 

     

    C.M, 

     

    Depuis longtemps il existait dans l’arrondissement des Sables une aventurière, connue sous le nom de la Comtesse ou la princesse de Condé, qui y excitait beaucoup de désordres et y abusait de la crédulité des gens de la campagne. 

    Pendant l’insurrection elle parcourait les villages, y entretenait la révolte et répandait partout les bruits les plus mensongers : depuis la pacification elle n’a cessé de continuer les mêmes manœuvres, elle avait même acquis un certain crédit sur l’esprit des habitants du marais de l’Ouest du Département, puisque partout elle était accueillie, nourrie avec soin et mise à l’abri des recherches les plus scrupuleuses : l’année dernière je la fit suivre pendant plus de deux mois par un gendarme à pied déguisé, très actif, qui la rencontra plusieurs fois, mais ne pût jamais s’assurer d’elle, parce qu’il aurait couru les plus grands risques, elle lui échappa ensuite. 

    Enfin elle vient d’être arrêtée par les soins et l’intelligence de ce même gendarme et elle est déposée dans la maison de justice de Fontenay. Elle a fait dans sa première déclaration, les contes les plus absurdes, les plus invraisemblables ce qui caractériseraient une aliénation d’esprit, si je ne m’étais assuré par moi même qu’elle n’est point folle - Le Commissaire du gouvernement près le tribunal criminel a dû adresser copie de ces interrogatoires au Ministre de la Justice : je me dispenserai de vous l’envoyer, tant les déclarations sont absurdes, ridicules et évidemment controuvées. 

    Je présume que cette femme avait suivi l’armée Vendéenne pour y piller, voler et s’y prostituer, qu’elle n’est pas née loin du pays et qu’on parviendra à découvrir son vrai nom, du moins c’est ce que m’a dit le Commissaire près le tribunal Criminel : elle sera probablement renvoyée devant le jury d’accusation des Sables, attendu qu’elle a commis beaucoup de vols et d’escroqueries dans cette arrondissement.  

    Cette malheureuse ne pouvait être bien dangereuse par elle même depuis le retour de la tranquilité : son influence ne s’exerçait que sur des hommes ignorants et crédules ; les prêtres du pays l’avaient même signalée comme une aventurière et une impudique, de sorte qu’on n’a rencontré aucun autre obstacle que sa défiance  et ses connaissances des localités, pour s’assurer d’elle. 

      Comme il y a un an, j’avais eu l’honneur de vous entretenir de cette femme, je vous annonce aujourd’hui son arrestation, je présume qu’il y aura contre elle des charges suffisantes pour la faire condamner par le tribunal à la réclusion ; mais au cas qu’il n’y en eue pas de suffisantes aux yeux du jury, je veillerai à ce qu’elle ne soit pas rejettée dans la société, où elle serait toujours très dangereuse, sous le rapport de l’escroquerie et des mauvaises mœurs. 

    X -  Elle est enceinte, ce qui retardera peut-être son jugement quand il sera rendu, je vous en donnerai avis. 

    J’ai donné au gendarme qui l’a fait arrêter, la somme de 50 francs à titre de récompense due à ses recherches et à son zèle.  

     

    S et Res. » 

     

    Extrait du courrier synthèse n°452 du Préfet de Vendée du 6 Floréal an 10 (26 avril 1802), au Ministre de la Police Générale.

     

    « La Gendarmerie a arrêté dans cet arrondissement la fameuse aventurière, connue sous le nom de la comtesse ou la princesse de Condé ; ainsi que j’ai eu l’honneur de vous en instruire particulièrement le 25 du mois dernier : déjà elle a subi plusieurs interrogatoires. » 

     

    Des courriers sont également échangés entre le préfet et le capitaine commandant la gendarmerie du département de la Vendée au sujet de l’assassinat de Jean Laidin. Le Préfet demande la mutation du gendarme dans une autre brigade.

     

    « N° 466- Cabinet du Préfet 

    A Fontenay-le-Peuple, le 23 Floréal l’an 10 (13 mai 1802) de la République Française, une et indivisible. - Liberté Egalité -  

    Le Préfet du Département de la Vendée au Capitaine, commandant la gendarmerie du département de la Vendée.  

     

    Je vous fait passer cy-joint, Citoyen Capitaine, copie de la lettre que m’a écrite le Ministre de la Police Générale, au sujet de la mort du nommé Laidin tué par un gendarme de l’arrondissement des Sables . Vous y verrez qu’il me demande des renseignements sur cette affaire. 

    Je vous invite en conséquence à m’instruire du résultat des poursuites qui ont été dirigées contre le gendarme, afin que je lui en rende compte.  

      J’ai l’honneur de vous saluer. » 

     

    Le Perrier - Une aventurière dans le Marais....

     

    Le 8 Prairial an 10.

     

    « N° 483 - Cabinet du Préfet 

     A Fontenay-le-Peuple, le 8 Prairial l’an 10 (28 ami1802). 

    Le Préfet de la Vendée au Ministre de la Police Générale.

     

     C.M, 

       

    Par la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire les 16 du mois dernier, vous me demandez des renseignements exacts sur la conduite d’un gendarme de la brigade de Challan qui a tué d’un coup de fusil le nommé Laidin qui se dérobait à sa poursuite. 

    J’ai écrit à ce sujet au capitaine de la Gendarmerie pour savoir de lui l’issue de la procédure que je savais avoir été dirigée contre le gendarme ; il vient de me répondre qu’il avait été acquitté, d’après la déclaration du jury, qu’il n’y avait pas lieu à accusation : j’ai aussi eu occasion de voir à ce sujet le substitut, magistrat de sûreté de l’arrondissement des Sables, qui m’a instruit que le jury s’était déterminé par la mauvaise réputation de Laidin, qui avait figuré il y a quelques années dans les désordres civils. 

    Quoique, C.M, l’individu tué ait eu une mauvaise réputation, néanmoins je dois vous dire qu’il n’en a pas moins été assassiné, qu’il n’était prévenu d’aucun délit postérieur à l’amnistie et que la gendarmerie n’avait ordre de s’assurer de sa personne, que parce qu’il avait refusé de comparaître devant le Directeur du jury comme témoin, il est également constant qu’il a été tué en s’enfuyant sans armes ce qui n’était pas le cas d’une légitime défense de la part du gendarme. 

    J’ai manifesté au capitaine de la Gendarmerie de la Vendée, le désir de voir le gendarme homicide passer dans une autre brigade et même dans un autre département : en effet un pareil acte ne peut qu’aigrir les esprits des anciens insurgés et même exposer la brigade de Challan à des vengeances de la part de parents et amis de Laidin ; enfin il est temps que la loi reprenne tout son empire, qu’elle seule fasse justice et que l’arbitraire cesse ; voilà depuis la pacification, plusieurs évènements de cette nature, je désire vivement que celui-cy soit le dernier. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 42,43 et 59/583.- 25 germinal an 10 -15 avril 1802. et 6 floréal an 10 – 26 avril 1802. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 77, 98, 99/583.- Affaire Laidin. - 23 Floréal an 10. 

    . Archives Départementales de la Vendée – Notice descriptive 6BIBPC 16/27- Annuaire de la société d’Emulation de la Vendée – Bulletin périodique 1910 La Roche-sur-Yon Raoul Ivonnet -Imprimeur -éditeur 15 rue Lafayette. 

    .http://recherche-archives.vendee.fr/ark:/22574/vta1ed4876df012c672

    . Acte de décès de Jean Laidin le 20 germinal an X au Perrier (10 avril 1802)- registres d’état civil du Perrier – ADNMD AN X – vue n°29 AD2E172/3. 

    . Archives départementale de la Loire Atlantique – registres paroissiaux de la commune du Petit-Auverné. Baptême 1770 – Etiennette Cornuailles. 

    . Photo : de l’auteur. 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Leur déchéance sera telle, qu’ils adoreront des arbres...

     

     

    Corpe - L'arbre de la liberté....Le 3 Frimaire de l’an 10 (mardi 24 novembre 1801), dans la commune de Corpe, près de Luçon, en Vendée ; un réactionnaire, ou bien un citoyen, frappé par un éclair de lucidité dans sa dipsomanie (in vino veritas), s’en prend à l’arbre sacré et le Préfet n’est pas content.

    Gros soulagement du Préfet Jean-François-Honoré Merlet, dans son deuxième courrier : il s’agit d’un agriculteur violent, complètement bombardé, qui s’en est pris à l’arbre… Ouf !  « Mon copain le chêne... »

    Parent avec Caffin et Grignon, généraux des Colonnes Infernales, Merlet n’est pas un révolutionnaire sanguinaire, mais un fin diplomate, partisan d’une monarchie constitutionnelle, il mettra son intelligence au service de son département et ramènera, pendant l’Empire, un calme relatif entre les partis.

     

    N°312 – Cabinet du Préfet  - Premier courrier.

     

    « A Fontenay, ce 9 Frimaire de l’an 10. 

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Citoyen Linard, adjoint de la commune de Corpe. 

     

    J’ai bien reçu, Citoyen, la dénonciation du délit commis contre l’arbre de la Liberté de votre commune que vous m’avez adressé le 3 de ce mois ; mais vous ne m’en avez point nommé l’auteur, quoiqu’il vous soit connu : une acte de cette nature étant très condamnable et devant être puni de quatre années de détention aux termes de la loi du 24 nivôse an 6 ; je vous invite à me désigner le coupable, et à m’instruire des motifs qui ont pu porter à ce délit. 

    Quelle est sa moralité, quelle a été sa conduite pendant la révolution, a-t-il pris part à l’insurrection de la Vendée, était-il ivre quand il a abattu l’arbre de la Liberté, était-il seul, avait-il des instruments qui annonceraient un dessein prémédité, l’a t-il fait de jour, ou de nuit ? 

    Enfin je vous demande les détails les plus circonstanciés et je les attends pour prendre ma détermination. 

    Je vous salue sincèrement. » 

     

     

    N°320 – Cabinet du Préfet -  Deuxième courrier.

     

    « A Fontenay, ce 17 Frimaire de l’an 10.   

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Ministre de la Police Générale 

     

    C.M, 

     

    « J’ai l’honneur de vous instruire que je fus informé le 3 de ce mois par le maire de la commune de Corpe, près Luçon que l’arbre de la liberté venait d’être coupé.

    D’après les renseignements que j’ai pris sur ce fait, j’ai su que l’individu auteur de ce délit était un cultivateur du lieu connu pour être très violent, sans que jamais cependant il ait pris part à l’insurrection de la Vendée et ait donné sujet d’inquiétude aux patriotes : le maire en me donnant de nouveaux détails, présume qu’il était ivre. 

    Quoique ce fait isolé et n’est le résultat d’aucun complot dans la commune de Corpe qui a toujours été paisible et s’est constamment bien conduite pendant les troubles civils ; je viens par un arrêté de ce jour de renvoyer le dénoncé par devant le magistrat de sureté de cet arrondissement, pour qu’il aie à le traduire devant les tribunaux. 

    J’aurai soin de vous informer des poursuites qui auront été faites et de leur résultat.  

    Salut et respect. »

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 399 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/17 – vues 386/511.- 3 Frimaire de l’an 10  - 24 novembre 1801. 

    .Gravure : Jean-François-Honoré Merlet – préfet de Vendée. De Wikipédia.

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le 1er fructidor de l’an 9, 

    Pierre Piveteau assassiné par les gendarmes ? 

     

       

     

    Pierre Piveteau, mort suspecte....Pour le Préfet de la Vendée, la mort de Pierre Piveteau, dit Galopin, n’est pas une grosse perte, et nous sentons dans ses propos une certaine haine.

    Les procès-verbaux n’étant pas joints au courrier du Préfet Merlet, nous ne connaissons pas les circonstances de son arrestation, ni celles du coup de fusil reçu qui entraîna sa mort. Mais Monsieur le Préfet se réjouit et est heureux de cette mort, bon débarras.

    Ayant déjà séjourné en prison, Pierre Piveteau était-il un ancien des armées royalistes de Vendée ? Ou était-il un délinquant relevant du droit commun ?

    L’acte de décès de Pierre Piveteau est muet sur les circonstances de sa mort, et la lettre du Préfet au Ministre de la Police Générale laisse percevoir que celui-ci cherche à couvrir les gendarmes, en dissimulant une faute grave de ceux-ci ; puisqu’il note que : l’arrestation et la mort de Pierre Piveteau « ont donné lieu à des plaintes contre les gendarmes de la part de la population ».

     

    Je pencherais donc pour un Pierre Piveteau royaliste. 

     

    Voici l’acte de décès de Pierre Piveteau :

     

    « Arrondissement communal de Montaigu  

    Du premier fructidor de l’an 9 (19 août 1801) de la république française une et indivisible. 

    Acte de décès de Pierre Piveteau marchand de chiffons natif de Chavagnes, département de la Vendée, décédé aujourd’huy sur les cinq heures après midy dans la maison d’arrêt de cette commune, âgé de 28 ans, fils de Jacques Piveteau, maçon et de Jeanne Nerrière ses père et mère. 

    Sur la réquisition à moi faite par Pierre Courtet journallier âgé de trente ans et par le citoyen Jean-François-Marie Poirrier concierge de la maison d’arrêt âgé de quarante neuf ans demeurant tous les deux dans cette commune qui ont signés avec moi, constaté suivant la loi, par moi Augustin-Moÿse Auvinet maire de Montaigu, faisant les fonctions d’Officier Public de l’état civil soussigné en mairie de Montaigu, les jours mois et an que devant.  

    Signé : Auvynet fils aîné, maire – Cointel - Poirié. » 

     

      

    Mort naturelle Monsieur le Maire ??? Pierre Piveteau décède quand même dans la maison d’arrêt de votre commune, avec une balle dans le corps. 

    Le deux Fructidor de l’an 9, les nouvelles vont vites, le préfet Merlet transmet un courrier au Ministre de la Police Générale. Ses propos relèvent d’un fait divers sans importance, pourtant quelque chose de sinistre se cache derrière ses mots. Il y a comme une cachotterie, comme un non-dit, il y en a tant, dans les couloirs feutrés des Préfectures et des Ministères de la république… de ces petits secrets inavouables qui se chuchotent… 

     

    « A Fontenay, le 2 fructidor an 9. (20 août 1801) 

    Cabinet du Préfet n°269. 

    Le Préfet du Département de la Vendée, 

    Au Ministre de la Police Générale –

    C. M ? 

    J’ai l’honneur de vous adresser, cy joint, copie de deux procès verbaux rédigés à l’occasion de l’arrestation du nommé Piveteau dit Galopin, par les gendarmes à pied de la brigade de St Fulgent, lesquels m’ont remis à mon passage à Montaigu, par le Lieutenant de cette résidence. 

    Le nommé Piveteau dit Galopin est un fort mauvais sujet, qui a longtemps séjourné dans les prisons et donc il serait à désirer que la société fut purgée ; mais aussi il eût été préférable que les tribunaux en eussent fait justice, plutôt que la gendarmerie. - immédiatement après le coup de fusil qu’il a reçu, il a été conduit dans les prisons de Montaigu, où il a été interrogé dans le délai prescrit par la loi: son arrestation et son coup de feu, ont fait dans le pays quelque sensation non que personne ne s’intéresse du sort de cet individu, mais par la réunion de circonstances, qui ont donné lieu à des plaintes contre les gendarmes.   

    Je vous prie Citoyen Ministre, de vous faire rendre un compte particulier de cette affaire, ou d’en conféré avec le Ministre de la Justice qui en aura probablement été instruit par les fonctionnaires judiciaires : je n’ai a vous transmettre que les procès-verbaux de la gendarmerie, ne pouvant requérir officiellement, ni l’interrogatoire, ni aucune information judiciaire.  

    Salut et Respect. » 

     

    Pierre Piveteau est né le 28 septembre 1773 à Chavagnes-en-Paillers, il est le fils de Jacques Piveteau, maçon, et de Jeanne Nerrière et exerce la profession de chiffonnier. Il est décédé le 1er Fructidor de l’an 9 à Montaigu.

     

      Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 399 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/17 – vues 316/511.- 2 fructidor an 9 -20 août 1801. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Registres d’état civil de Montaigu de l’an 9 – vue n°37/319 - 

    . Photo de l’auteur : Pistolet modèle 1770 de Maréchaussée et Modèle an 9 de Gendarmerie.    

                                                      

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Merci à tous…

     

    Je tiens à remercier ici tous ceux qui se sont manifestés lors du décès de ma mère le 20 janvier dernier. Après bien des souffrances, celle qui m’a donné la vie est partie rejoindre mon père, qui n’en doutons pas, lui parlera des Guerres de Vendée, et mon frère, qui lui, avait déjà ouvert le chemin dès 1973.

    C’est donc un merci chaleureux que je vous adresse, à vous les amis proches que je considère comme de la famille, mais aussi à ceux que je vois moins ou bien lors de réunions et d’activités historiques. Je remercie enfin vivement les personnalités publiques régionales et locales qui m’ont adressé leurs condoléances. Je suis très touché.

    En attendant l’heure suprême, la vie continue ici-bas et je vais essayer de me remettre au travail le plus rapidement possible, non seulement pour alimenter ce blog, mais aussi pour concrétiser plusieurs projets mûris depuis déjà longtemps.

    A très bientôt,

     

    Richard Lueil

    Février 2020

     

    Merci à tous....

     


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