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    L’attaque de la garde nationale de Moncoutant…

     

     

    Le 6 février 1794, la garde nationale de Moncoutant subit une attaque que Philbert Doré-Graslin décrit en ces termes :

    « La garde nationale de Moncoutant escortant une « dizaine de  voitures chargées de grains et de fourrages » est attaquée, près de Courlay, par un rassemblement vendéen qui s’empare du convoi. Aussi Augé, commandant de la place de Bressuire, est-il de plus en plus inquiet de sa position. » (1)

     

    Commaire commande la place de Saumur est assisté de l’ex-curé constitutionnel Carpantier, devenu général, réputé pour sa violence et qui se tient à Doué-la-Fontaine.

    Lettre de Commaire au Comité de Salut Public du 7 février 1794 : (2)

     

     

    «  A Saumur, le 19° jour de pluviôse de l’an seconde de la République Française une & indivisible

    COMMAIRE

    Général divisionnaire de l’Armée de l’Ouest

     

    Aux membres composant le Comité de Salut Public…

    Je m’empresse, citoyens ; de vous envoyer copie de trois (raturé remplace par 2) lettres du général de brigade Carpantier et vous informer des échecs que nous venons d’essuyer. Je prends toutes les mesures de sureté possibles mais je désirerais être secondé et plus instruit que je ne le suis sur ce qui se passe dans l’intérieur de la Vendée ; aucune nouvelle ne me parvient. Si je suis instruit de quelque chose, ce n’est qu’au dernier instant ou par mes émissaires. L’union et l’accord sont seule notre force. Il faut correspondre souvent pour coopérer au bien de la chose commune et accélérer la destruction de cette horde infernale dont je désire vivement l’anéantissement, et c’est ce qui ne se fait pas assez.

    J’ai reçu aussi une lettre de Bressuire qui m’apprend qu’une partie de la garde nationale de Pon Coulan près Bressuire a été victime de son dévouement en conduisant un convoi de subsistances,

    Les Brigands en ont tués beaucoup. J’apprend, d’accord avec le régisseur général des vivres les mesures les plus promptes pour faire rentrer dans les magasins tous les grains, bestiaux et autres comestibles appartenant aux brigands qui sont dans les environs de Bressuire Argenton et autres lieux. Je prendrai toutes les mesures qui seront en mon pouvoir pour terminer cette infernale guerre.

    Salut, amitié et fraternité

    Le général divisionnaire

    Commaire à Saumur et environs

    Commaire

     

    L'attaque de la garde nationale de Moncoutant....

     

    Orthographe de la lettre respectée. Savary, qui retranscrit une partie de cette lettre (3) a dû se poser des questions sur ce « Pon Coulan » avant d’en déduire qu’il s’agissait de Moncoutant. Preuve, encore une fois, de la grande méconnaissance du terrain chez les généraux républicains et qui leur a coûté plus d’une fois dans de nombreux combats. Dans un futur complément sur cet article, nous nous intéresserons à l’endroit où cette affaire aurait pu avoir lieu…

    A suivre…

     

    RL

    Août 2017

     

    Notes :

    (1)  « Itinéraires de la Vendée Militaire », Garnier, 1979, p. 120.

    (2)  SHD B 5/8-37 vue 11 et 12. 

    (3)  Tome IV, p. 159.


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    Mathurin Veillet, de la paroisse d'Ardelay, 

    tué au combat de Luçon, en Août 1793. 

              

     

                 

    Mathurin Veillet....Le mercredi 14 août 1793 « La grande Armée Catholique et Royale attaque Luçon pour la troisième fois. Le plan arrêté la veille s'exécute mal. Tuncq s'en rend compte et écrase le centre vendéen commandé par d'Elbée, Donissan et Royrand ; malgré des prodiges de valeur de l'aile gauche. C'est la déroute qui est protégée par Charette, qui franchit la Smagne le dernier, au pont de la Minclaye. Baudry d'Asson qui s'était soulevé dans le Bressuirais dès l'été 1792, est tué ainsi que cinq mille* combattants Vendéens. »

     

    Le regroupement des Vendéens se fit à Chantonnay après la bataille. 

     

      *D'après Sapinaud de Bois-Huguet, les pertes vendéennes furent de deux mille morts. Cinq mille, selon le fascicule édité par l’ACPM : « Les Trois Batailles de Luçon », s.d. (2000…). 

          

    Mathurin Veillet est né le 11 août 1750 à la Buzenière paroisse des Herbiers. Il est le fils de Mathurin Veillet et de Renée Cousseau. Il épouse le 13 janvier 1778 à Ardelay, Louise Pasquereau-Paquereau  (vue n°24/235 année 1778 Ardelay) ; née le 5 août 1759 à  Ardelay, fille de René Pasquereau et de Marie Rotureau. De cette union sont issus : 

     

    1° Mathurin Veillet, né le 26 juillet 1779 à la Denerouze à Ardelay. 

    2° Jean Veillet, né le 21 juillet 1782 à Ardelay. 

    3° Jeanne-Aimée Veillet, née le 18 novembre 1784 à Ardelay. 

    4° Louis Veillet, né le 21 janvier 1788 à Ardelay. 

    5° Joseph Veillet, né le 5 août 1790 à Ardelay. 

    6° Pierre Veillet, né le 28 septembre 1792 à Ardelay. 

     

    Le 18 février 1820, Louise Pasquereau dépose une demande de pension : 

     

    ''  N°683 – Pasquereau Louise, née le 5 août 1759 à Ardelay, veuve de Veillet Mathurin – tué à Luçon le 25 août 1793* – bordier – six enfants – touche une pension de cinquante francs par décision du 20 janvier 1815.'' 

     

    Mathurin Veillet....

    Mathurin Veillet....

     

    * La bataille ayant eu lieu le 14 août 1793, Mathurin Veillet est peut-être mort de ses blessures le 25 août à Chantonnay où l'armée vendéenne s'était regroupée...  

         

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions, - vue n°6/6, SHD XU 39-7 du 18 février 1820 – Registres d'état civil de la commune d'Ardelay et des Herbiers - Itinéraires de la Vendée Militaire p.66 par Doré Graslin, Editions Garnier 1979. - Photo de l'auteur. 

                                                                    

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Notes inédites sur le combat de Fréligné…

     

     

    Fréligné a déjà été abordé ici et ici. En complément je vous propose cette note découverte dans les délibérations municipales de Noirmoutier-en-l’Ile. Le document est retranscrit d’après une copie, avec son orthographe originale.

     

    « Challans le 30 fructidor, l’an 2 républicain, (16 septembre 1794)

    Les administrateurs du district de Challans aux citoyens composant la commission municipale de Beauvoir.

    Citoyens,

    Vous êtes surpris de ce que nous avons pas donné connaissance de l’événement qui eut lieu au camp de Fréligné dans la soirée d’hier. Vous êtes plus surpris encore de notre silence quand vous êtes informés que nous étions prêts à nous replier.

    Oui, citoyens, nous étions prêts à nous replier, mais à quelle heure ! à 9 h du soir. Et c’était précisément sur votre pays que nous comptions le faire pour de là passer à l’ile de la Montagne ou à l’ile Marat ! (1) et c’eut été par vous que vous eussiez appris ce fâcheux événement. Ne nous imputez aucun tort. Si vous n’avez pas de forces, c’est la faute des généraux et non de la nôtre, puisque nous avons fait des démarches pour cela. Il est malheureux qu’elle aient été infructueuses. Du courage, citoyens, et nous aurons le plaisir de vaincre les scélérats qui, dans ce moment, semblent avoir quelque avantages mais cela ne durera pas. Au reste le mal n’est pas si grand qu’on l’a dit. 150 hommes à peu près ont été égorgés, mais des ennemis en nombre ont payé de leur tête l’attaquent (sic) qu’ils firent d’un camp où ils auraient été écrasés si les sentinelles eussent fait leur devoir. Au lieu de cela l’ennemi fut dans le camp avant qu’on s’en fût aperçu. Il parait que deux bataillons, ceux du 3° g° et le 6° de la Côte d’or se sont bien battus, leurs commandants ont été tués et beaucoup d’officiers. La majeure partie de ce camp se replia sur le camp de Ligneron. Le camp en entier  s’est replié sur Challans afin de protéger le Marais et paroisses environnantes. Au reste, nous ne vous prescrivons point la conduite que vous avez à tenir, nous ne voulons point mériter des reproches de votre part, mais nous ne vous en font pas une obligation ; c’est à votre prudence à régler vos démarches.

    Salut et fraternité.

    Bodet, pr le président. »

     

    Voici donc ce rapport qui minimise au maximum la véritable déculottée prise par les troupes républicaines à Fréligné. A tel point que les autorités du district de Challans envisageaient un repli sur Noirmoutier…

    RL

    Août 2017

     

    Note :

    (1)  L’Ile de la Montagne correspond à l’ile de Noirmoutier, l’Ile Marat, à celle de Bouin.

    Sources : AD85, « Notes historiques » in « Délibérations municipales” de la commune de Noirmoutier-en-l’Ile, Vue 86 /141. Sans cote.

     

    Fréligné sur le cadastre de 1839. Le camp, de forme carrée se situait entre Fréligné et l’Epiardière :

     

     

    Notes inédites sur le combat de Fréligné....


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    Du combat de l’Absie à la formation du camp de Largeasse…

     

     

     

    Plusieurs articles concernant le camp de Largeasse figurent dans ces pages mais je n’avais jamais encore abordé la question de sa formation et surtout qu’elle en était l’utilité.

    En dépouillant le 4° tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest des archives du Fort de Vincennes et la correspondance de Bonnaire, on trouve les éléments suivants : (1)

     

    « Fontenay-le-Peuple, le 3 prairial (22 mai 1794),

     

    La commune de l’Absie demande des secours contre les brigands - Sa division trop faible pour cela – Les patrouilles de La Châtaigneraie sont chargées de protéger cette commune – on lui annonce 1059 hommes qui doivent être encadrées dans le 2° Bataillon de Paris, et le 3° de Charente inférieure – Demande d’armes.

     

    Le 4 prairial (23 mai 1794),

     

    Visite (de Bonnaire) du camp de Chiré (sic, comprendre «Chiché »), qu’il trouve en bon état – promesse du représentant du peuple Garnier de Saintes d’envoyer 500 hommes à Parthenay où il n’y a que cent hommes en état de faire le service – visite de Maixent et Niort.

     Petite pause ici pour constater l’incurie parisienne, qui envoie des hommes à Parthenay, ville où il ne se passe rien, alors que les combats ont lieu dans les campagnes, à 30 kms de là plus à l’Ouest, soit 7 lieues et 2 jours de marche.

     

    Le 5 messidor (23 juin 1794),

     

    « Avertissement des habitants de l’Absie sur les incursions des brigands dans les commune environnantes ; ils enlèvent les bestiaux et emmènent les citoyens qu’ils surprennent. Suivant les rapports le parti de scélérats est encore nombreux : leurs rassemblements se font à Bressuire, Cerizay et Chanteloup. Il propose (Bonnaire) une attaque sur ces points. »

    Tiens donc, les Vendéens enlèvent des bestiaux ! Ils les reprennent, plutôt non ? Il ne font que faire ce que les républicains font eux-mêmes depuis plusieurs mois.

    On voit ici dans quel danger se trouvent les patriotes de l’Absie, placés entre les camps de Chiché et de la Châtaigneraie mais trop éloignés de l’un ou de l’autre pour être protégés des incursions vendéennes. Et voici ce qui nous le confirme :

     

    Le 6 juillet 1794, le général Legros écrit à Vimeux depuis Parthenay :

    « Une reconnaissance, partie du camp de Chiché, s'est portée jusqu'au-dessus de Boëmé. Elle n'a rencontré que des familles désolées qui ont promis de se rendre et de se conformer aux dispositions qui leur sont prescrites par la proclamation. »

     

    Le même jour, Bonnaire fait son rapport au même depuis Fontenay :

     

    « Les brigands, au nombre de trois cents hommes d'infanterie et trente à quarante cavaliers, se sont portés dans la commune de l'Absie. Les habitans se sont sauvés sans aucune résistance. Je pense qu'il serait à propos d'y envoyer trois cents soldats et quarante cavaliers pour se réunir aux habitans et les protéger au besoin. »

     

    Le 7 juillet, c’est encore Bonnaire à Vimeux :

     

    « Un exprès m'annonce que la commune de l'Absie a été attaquée la nuit dernière par huit à neuf cents brigands. Les habitans se sont repliés sur Champdeniers. Je n'ai point encore de détails.

    Je donne ordre au commandant Lapierre à la Châtaigneraie d'envoyer un fort détachement au secours de cette commune pour observer les mouvemens de l'ennemi et rassurer les habitans.

        J'apprends qu'il existe un rassemblement à Chanteloup. On pourrait faire sur ce point une attaque concertée avec les troupes de Thouars, du camp de Chiché et de la Châtaigneraie. La marche et l'heure du rendez-vous seraient indiquées. J'attends tes ordres à ce sujet." (2)

     

    On sait ce que sera le combat de Chanteloup et d’ailleurs nous y reviendrons prochainement.

    En revanche on pourra sourire qu’à une journée d’intervalle dans les rapports, le nombre de brigands soit passé de 300 à 900. Comme d’habitude, le défaut de fiabilité des correspondances républicaines nous empêche de savoir ce qui s’est exactement passé. C’est un peu l’histoire de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours » et on se doute bien que les principaux responsables tricolores n’étaient pas eux-mêmes sur place pour juger des opérations à mener mais plutôt occupés en arrière avec force ripaille et joyeuseries féminines aux charmes dodus. On suppose néanmoins que l’Absie fut attaqué depuis le Nord et on imagine que les gars des alentours de Pugny ont sûrement contribué à ce combat. On retrouve le premier compte-rendu dans le « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest » :

     

    Le 18 messidor (6 juillet 1794),

     

    Environ 300 hommes d’infanterie et 25 à 30 de cavalerie des brigands se sont portés dans la commune de l’Absie ; il n’y a pas de perte ; les habitans se sont sauvés sans faire aucune résistance – proposition d’envoyer 300 hommes et 40 de cavalerie pour se réunir aux habitans.

     

    Dans les ordres de Bonnaire du 7 juillet vus plus haut, il est en outre observé qu’il y a « trop de distance entre la Châteigneraye (sic) et Chiché ». c’est en effet le cas et bientôt germe l’idée d’un nouveau camp à peu près à équidistance des deux précédents, à Largeasse donc.

    Le 8 thermidor an II (samedi 26 juillet 1794, veille de l’arrestation de Maximilien de Robespierre), Vimeux écrit à Bonnaire (3) :

     

    « C’est une erreur que l’adjudant-général *** a commise en t’annonçant que la colonne du général Ferrand commandée dans ce moment par le général Huchet soit passée devant le front des camps de Chiché et de la Chataigneraie pour se rendre au Pont … (illisible) et qu’il devait en être détaché une force de 2 000 hommes d’élite pour la formation d’un camp à Largeasse. Cette colonne est actuellement à Montglonne où elle reste par ordre du représentant du peuple Bô. Signé le général en chef Vimeux. »

     

    L'absie et Largeasse....

     

    Trois jours plus tard, le 29 juillet, Vimeux écrit encore au représentant du peuple Ingrand cette fois :

     

    « Je regrette de ne pouvoir plus établir à Largeasse le camp que je m’étais proposé d’y fixer ; il ne reste pas assez de forces à ma disposition pour cela. Après avoir fourni vingt-quatre bataillons à Bourbotte, huit à Garrau ety cinq restés sur la rive droite de la Loire, il faut encore que j’envoie quinze cadres à l’armée des Pyrénées et huit à celle de Cherbourg.

    La colonne du général Ferrand a été dirigée, par ordre du représentant du peuple Bo sur la rive gauche de la Loire , tandis que, d’après mes ordres, elle devait couvrir Luçon, la Châtaigneraie et Chiché, surtout protéger les récoltes.

    J’informe le général Huché de la dénonciation qui t’a été adressée contre lui pour sa conduite à la Besillière. »

     

    Pourtant, le 25 août 1794, Vimeux écrit à la 9° commission de la guerre et donne l’emplacement des camps dont il « s’est occupé sans relâche » et cite, entre la Châtaigneraie et Chiché un camp à Moncoutant.(5) Il n’y a bien entendu jamais eu de camp à Moncoutant mais bien à Largeasse. Et le 16 septembre, c’est le général Dumas qui trouve la position du camp de Largeasse mauvaise et qui y envoie le général Macors pour le fortifier, comme on le sait… (5)

    Reste à découvrir à quelle date précise le camp de Largeasse s’est constitué.

     

    A suivre…

     

    RL

    Août 2017

     

    Notes :

     

    (1)  SHD B 5/10-1, vue 17 et sq. Savary, tome III & IV.

    (2)  Savary, tome IV, p 11 & 12. SHD B 5/9-71 et B 5/9-73. «Tableau des Opérations de l’Armée de l’Ouest » in SHD B 5/10-1,qui est l’évidence même à consulter pour tout connaisseur.

    (3)  SHD B 5/81, 29/129. Savary, tome III & IV. 

    (4)  Savary, Tome IV, 47.

    (5)  Ibid. p. 100.

    (6)  Ibid. P. 116.

     

    L'absie et Largeasse....

     

     


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    Marc Hayé, aubergiste de la commune de Saix (Vienne), 

    guillotiné à Poitiers le  9 Floréal de l'an 2, 

    pour avoir abattu l'arbre de la liberté… 

                     

                    

     


    Marc Hayer, de Saix.... En 1793, le hameau de ''Belle Cave'' se situe au carrefour du Poitou, de l'Anjou et de la Touraine. Ce lieu-dit de la commune de Saix, compte trois auberges, celle des Trois-Canards, des Trois-Pigeons et des Trois-Marchands. Marc Hayé, âgé de 43 ans, natif de Belligné dans le district d'Ancenis (Loire-Inférieure) est le propriétaire de l'auberge des Trois-Marchands. Il n'aime pas la république et voit d'un très mauvais œil toutes les nouveautés et surtout l'arbre de la liberté de Saix et son bonnet de la liberté, symboles de ce qu'il exècre.
     

     

    Après la prise de Saumur, les Vendéens font une incursion dans le petit village de Saix situé près de Fontevrault dans le département de la Vienne. En effet, le 10 juin, les Vendéens sont à Saumur, la rumeur.... ils sont à ''Belle Cave'' et vont abattre l'arbre de la liberté. Marc Hayé n'a jamais caché son soutien au Roi, mais il est vu derrière un cavalier Vendéen et comme toujours le salaud du village va le ''balancer'' ; c'est un habitant de ''Belle Cave'' nommé Joseph Cerclé, journalier.

     

    Cette fripouille déclare  : « Quelques jours après la prise de Saumur par les Brigands, il vit le nommé Hayé monté derrière un brigand à cheval qui fut abattre l'arbre de la liberté de la commune de Saix ». 

     

    Le lundi 9 Floréal de l'an 2 (28 avril 1794), Marc Hayé comparaît devant le tribunal Criminel de Poitiers. Parmi les faits qui luit sont reprochés  : Il a pris le bonnet de la liberté, l'a fait sauter en l'air et l'a foulé aux pieds en disant :   

    « Le voilà le bonnet qui nous met dans l'esclavage... AU DIABLE LA SACREE LIBERTE, plus de municipalité, au diable la sacrée municipalité...... 

    J'EMMERDE la sacrée municipalité... AU DIABLE LA NATION et VIVE LE ROI. » 

     

    Après avoir entendu l'accusateur public, le Tribunal se déclare convaincu que Marc Hayé est coupable de provocation à la royauté et d'émeutes contre-révolutionnaires. Il ordonne que le dit Hayé soit livré dans les vingt quatre heures à l'exécuteur des jugements criminels et mis à mort. Ses biens sont et demeurent acquis à la république. 

     

      Rendons hommage à ce royaliste en honorant sa famille par une brève généalogie. 

     

      Marc Hayé-Hayer-Hayée est né le 20 mai 1750 au village de la Haute-Lande à Belligné, il exerce la profession de Tisserand à Fontevrault avec son frère Etienne de 1780 à 1786 puis est tenancier de l'auberge des Trois-Marchands vers 1788 et exerce peut-être aussi son métier de tisserand. Il est le fils de Marc-Urbain Hayer et de Perrine-Marie Hallery originaires de la paroisse de Daon (Mayenne). Il se marie à Epieds en Anjou le 11 février 1779 avec Marie-Renée Desmier-Dixmier, née le 14 avril 1750 à Epieds et décédée le 11 mars 1823 à la Grande-Fontaine à Brézé où elle est qualifiée d'aubergiste. 

    L'acte de mariage d'un de ses fils, Jacques-André Hayé stipule qu'il est le fils de «  Marc Hayé, tisserand, décédé à Poitiers comme victime de la Révolution. » (Vue n°41 et 42/147, acte de mariage du 6 janvier 1813 à Raslay, archives de la Vienne). De cette union sont issus : 

     

    1° Sophie Hayer, née le 24 mai 1780 à Fontevrault. 

    2° Marc-Jacques Hayer, né le 17 août 1781 à Fontevrault. 

    3° Emilie-Sophie Hayer, née le 26 mai 1783 à Fontevrault. 

    4° Marie Hayer, née le 6 juin 1785 à Fontevrault. 

    5° Jacques-André Hayer, né le 31 mai 1788 à Fontevrault. 

    marié le 6 janvier 1813 à Raslay avec Marie-Rosalie Champion. 

    6° Jacinte Haydier, né le 12 juillet 1789 à Saix et + le 26 août 1789. 

    7° Louis Haydier, né le 12 juin 1792 à Saix, garçon laboureur à  Bizay, Epieds et décédé le 30 décembre 1865 à la Crépinerie commune de Brézé, journalier-vigneron. 

     

      Pour terminer, car dans ce cas de figure, il ne faut pas oublier de signaler la famille du judas, du félon, de la canaille, responsable de la mort de son voisin : Joseph Cerclet ou Cerclé. 

      Joseph Cerclé a été assez facilement identifiable. Le 13 octobre 1841, Joseph Cerclet, cultivateur, âgé de 80 ans, veuf de Marthe Turquois, né à Saix, fils de feu Pierre Cerclet et de Marie Lalleron est décédé à la Tourette (lieu-dit proche de la Belle-Cave) – voir cadastre. (vue n°99/105 décès de Saix 1823-1842) 

      C'est bien notre homme, puisque le 13 Ventôse de l'an 3 (3 mars 1795) - (vue n°34/136, 1793-1801), Joseph Cerclé est journalier, âgé de 32 ans et Marthe Turquois, âgée de 33 ans, domiciliés à Saix sont présents à la déclaration de la naissance de Louis Courtois, fils de Louis Courtois, journalier et de Marie Cerclé..... et le cercle se referme..... 

     

    Sources: Archives Départementales de la Vienne, du Maine-et-Loire, de la Loire-Atlantique tous droits réservés - Etat civil des communes de Saix, Fontevrault, Raslay, Epieds, Brézé, Belligné – Cadastre de 1841-assemblage feuille 16 4P414, de la commune de Saix - Les arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne de Robert Petit , Editions Clé 89 – Photos : La guillotine, extraite de Lafautearousseau quotidien royaliste Action-Française et photos de l'auteur. 

     

                                                                               XP pour Chemins Secrets 

     

    Marc Hayer, de Saix....

        L'église de Saix. En ce lieu il y eut un miracle, ''le miracle des Avoines'' avec Radegonde, la femme de Clotaire 1er. 

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

          Le narthex :

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

          Les anciennes fortifications :

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

          Le Clos de la Belle-Cave (ancien relais des ''Trois-Marchands'', des ''Trois-Pigeons''????) : 

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

          Le relais des trois-Canards :

    Marc Hayer, de Saix....

          Le relais des Trois-Pigeons ou des Trois-Marchands ? 

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

    Marc Hayer, de Saix....

     

     

     

     

     


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