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      Le mot du début de l'année, 

       pour les amoureux du terroir 

     

     

    Comme chaque année depuis dix ans, ''au moment des Rois'', je prends quelques ''vacances'' chez un ami vigneron dans un petit vignoble du Val-de-Loire. Donc, je vais vous quitter pour une petite huitaine.

    Issu d'une longue lignée de vignerons du Pays du Loroux, j'aime le terroir, la vigne, le vin et l'air pur. Le labeur auquel je me livre étant assez physique et l'âge venant... Avant de ''jeter l'éponge'', j'aimerais partager avec vous ces instants privilégiés que la nature nous offre, du lever du soleil jusqu'au soir, le soir, avec ses instants chaleureux passés en cave auprès d'un bon feu de bois.

       Bonne et Sainte année à vous tous.

     

    . Photos : de l'auteur.

                                                         

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

     

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

    Les vacances de Xavier Paquereau....

     

     

     


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    Trait de charité réciproque, 

               Saint-André-Goule-d'Oie – 2 février 1794

     

     

     

    François Mandin et la charité du Bleu....Cette action très rare d'un officier Bleu mérite d'être soulignée, elle répond à la grande charité d'un officier vendéen. Hélas ! Nous ne connaîtrons jamais le nom de cet officier républicain.

    Le 2 février 1794 (14 pluviôse), les royalistes de Sapinaud et Gogué vont attaquer, avec neuf cent hommes, Dutruy à Chauché, et le mettent en complète déroute après une courte fusillade....

     

    « Le soir de cette affaire, un officier Bleu qui s'était égaré et cherchait à regagner le camp de Saint-Fulgent, vint à frapper à la porte de Mandin, au village de la ''Brejonnière'', paroisse de Saint-André-Goule-d'Oie ; il était couvert de boue, mouillé jusqu'aux os et mort de faim. 

    La vue de son uniforme fait pousser un cri d'effroi aux femmes et aux enfants. L'officier les rassure et les conjure de lui donner l'hospitalité. Son air est si suppliant que Mandin consent à lui donner à souper et le coucher de la nuit. Il s'empresse même de faire sécher ses habits et le lendemain matin il le remet dans sa route.  

    L'officier fut reconnaissant, quelques jours plus tard, cet officier ayant reçu l'ordre d'incendier et de massacrer tout ce qu'il rencontrerait sur sa route, arriva à la ''Brejonnière'' et mit une sentinelle à la porte de Mandin avec défense d'y laisser faire le moindre dégât. 

    La maison de Mandin fut préservée pendant que toutes les autres du village furent livrées aux flammes. »      

     

    François Mandin et la charité du Bleu.... 

    François Mandin et la charité du Bleu....

     

    La famille Mandin au moment de la Révolution :

     

    François Mandin est né le 15 juin 1745 à Saint-André-Goule-d'Oie, il est agriculteur-sacristain, fils de Jean Mandin, sacristain et de Jeanne Charpentier.

    Il épouse à Saint-André le 23 septembre 1767 Marie Roger, née le le 7 octobre 1745 à Saint André. De cette union sont issus :

     

    1/ Pierre-François Mandin, né le 25 février 1769 à Saint-André, capitaine de l'Armée Catholique et Royale, l'homme charitable dont la maison a été épargnée en 1794.

    2/ Jacques Mandin, né le 26 novembre 1771 à Saint André.

    3/ Jeanne Mandin, née le 24 juin 1774 à Saint-André.

    4/ Marie-Rose Mandin, née le 23 août 1777 à Saint André.

    5/ Françoise-Magdeleine Mandin, née le 22 juillet 1780 à Saint-André.

    6/ Marie-Magdeleine Mandin, née le 2 octobre 1783 à Saint-André.

    7/ Jean Mandin, né le 13 janvier 1785 à Saint-André, sacristain.

    8/ Pierre Mandin, né le 5 février 1788 à Saint-André.

     

    Vous trouverez plus de détails sur cette affaire dans Linières et Saint-André-Goule d'Oie ici.

     

     

    Sources  

     

    . Abbé Deniau -Histoire de la Guerre de la Vendée -Tome IV – pages 377 et 378 - Siraudeau éditeur – Angers. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – registres d'état civil de Saint-André-Goule-d'Oie. 

    . Cadastre Napoléonien de Saint-André-Goule-d'oie, tableau d'assemblage de 1838 et tableau d'assemblage de la section E de la Boninière. 

    . http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/pierre-francois-mandin-adjoint-au-maire.html 

    . Photos  : de l'auteur 

     

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1831 – Règlement de comptes à la Tourlandry… 

     

     

     

    Règlement de comptes à la Tourlandry en 1831....Nous avons vu dans un billet précédent que le mouchard Jacques Bompas, maire du Voide, menacé par les Chouans, s'en était tiré avec une grosse FROUSSE...

      A la Tourlandry, le 9 octobre 1831, ce ne fut pas la même ''chanson'' :

     

    « D'autres Chouans ne furent pas aussi faciles à arrêter dans leurs desseins de vengeance. Chalopin de la Tourlandry, métayer à ''l'Angibourgère'', était leur ennemi juré ; il saisissait toutes les occasions de découvrir leurs refuges et de les dénoncer aux autorités civiles et aux troupiers. Plusieurs réfractaires, à la suite de ses rapports, avaient été poursuivis à coups de fusil par les soldats. 

    Un soir, une dizaine d'entre-eux, et les plus mauvaises têtes, cédant enfin à leur exaspération, partent pour aller lui faire porter la peine de son espionnage. Arrivés à la porte de sa maison, l'un d'eux lui crie d'un ton amical et mystérieux : ''Chalopin, lève toi promptement, j'ai une affaire importante à te communiquer.'' Chalopin sans défiance se lève. Comme il ouvre sa porte, deux coups de feu le renversent sans vie. Un de ses fils arrive à son secours, il est frappé comme son père et tombe mort à ses côtés. Ce double meurtre fit grand bruit dans le pays. Les soldats et les gardes nationaux exaspérés jurèrent d'exterminer tous les Chouans qu'ils trouveraient. En plusieurs recontres des coups de feu furent échangés... » 

     

    Voici les actes de décès des Chalopin :

     

    « L'an mil huit cent trente et un, le dix octobre à sept heures du matin par devant nous, maire et officier de l'état civil de la commune de la Tour Landry, canton de Chemillé, département de Maine et Loire sont comparus Louis Vivion, charon âgé de quarante et un ans et Pierre Ession, fabriquant âgé de cinquante quatre ans, les deux témoins sont domiciliés en cette commune et amis du deffunt et ont déclaré que hier à dix heures du soir à l'Angibourgère est décédé Louis Chalopin, cultivateur âgé de cinquante trois ans. Les témoins ont déclaré savoir signer après lecture faite et acte passé.       

    signé : Pierre Ession – Louis Vivion – Louis HY, maire. » 

     

    « L'an mil huit cent trente et un, le dix octobre à sept heures du matin, par devant nous, maire et officier de l'état civil de la commune de la Tourlandry, canton de Chemillé, département de Maine et Loire sont comparus Louis Vivion, charon, âgé de quarante et un ans et Pierre Ession, fabriquant âgé de cinquante quatre ans, les deux témoins sont domiciliés en cette commune et amis du deffunt et ont déclaré que hier à onze heures du soir à l'Angibourgère est décédé Jacques Chalopin, cultivateur âgé de vingt trois ans, fils de Louis Chalopin et de Marie Pousset ses père et mère. Les témoins ont déclaré savoir signer après lecture faite et acte passé. 

    signé : Pierre Ession – Louis Vivion – Louis HY, maire. » 

     

    Composition de la famille Chalopin de l'Angibourgère au moment des faits :

     

    D'une famille originaire du Voide, le Bleu Louis Chalopin est né le 25 février 1779 à la Tourlandry et tué le 9 octobre 1831. Il est le fils de François Chalopin et de Marie-Madeleine Bertin ou Bretin et épouse à la Tourlandry, le 21 septembre 1779, Marie Pousset, fille de Jacques Pousset et de Marie Cesbron. De cette union sont issus :

    1/ Marie-Madeleine Chalopin, née le 25 Thermidor an 10 (13 août 1802) à La Tourlandry.

    2/ Pierre Chalopin, né le 25 Thermidor an 12 (13 août 1804) idem. Décédé le 14 septembre 1804.

    3/ Louis Chalopin, né le 3 Vendémiaire an 14 (25 septembre 1805) idem. Décédé le 25 février 1816.    

    4/ Jacques Chalopin, né le 28 janvier 1808 idem – tué le 9 octobre 1831.

    5/ Jean-Isidore Chalopin, né le 15 novembre 1811 à la Tourlandry.

    6/ Louise Chalopin, née le 5 mai 1814 à la Tourlandry.

    7/ Louis Chalopin, né le 20 septembre 1816 à la Tourlandry. Décédé le 21 septembre 1816.

    8/ Joseph Chalopin, né le 5 mars 1818 et décédé le 13 mars 1831.

    9/ Pierre Chalopin, né le 31 décembre 1820 à la Tourlandry.

     

    Règlement de comptes à la Tourlandry en 1831....

     

    Sources  

     

    . Abbé Deniau -Histoire de la Guerre de la Vendée -Tome VI – page 570 - Insurrection de 1832 - Siraudeau éditeur – Angers. 

    . Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés – registres d'état civil de la Tourlandry.-décès 1831 – vue n°69/129. 

    . Cadastre 3P4/369 La Tourlandry -E1 de la Touche Berne -Plan Napoléonien de 1827 – L'Angibourgère. 

    . Photo: Louis-Philippe d'Orléans- Extraite du Domaine Royal de Randan. 

     

                                                           

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Souvenirs des fusillades du Saumurois,

    Bournan…

     

     

    Le 20 mai 2017, les « Amis du Pont-Paillat » avaient fait une sortie en pays saumurois et nous nous étions rendus sur le lieu des fosses communes de Bournan. Cet article est donc un aide-mémoire sur un lieu qui existe toujours et où l’on peut aller se recueillir. Nicolas avait évoqué la sortie ici. Pour compléments, l’article de Nadine ici. Je tiens à m’excuser pour la piètre qualité des photos, récupérées in extremis après un crash informatique survenu l’an dernier à la maison.

    RL

    Janvier 2019

     

    Les fusillades de Bournan....

     

    « Les 19 et 26 décembre 1793, eurent lieu, sur les buttes de Bournan (Bagneux), deux fusillades, par les soins de la Commission militaire présidée par Félix.

    Le 31 octobre 1794, Raymond Chevalier, adjudant de la place de Saumur, âgé de 29 ans, âgé de 29 ans, fit à la municipalité de Saumur la déclaration suivante : « L’hiver dernier, le général Commaire, commandant alors la force armée à Saumur, envoya demander au bureau de l’état-major de la place, au commandant Richard, quel endroit était le plus propre pour faire fusiller les brigands de la Vendée, de manière que le mauvais air et la corruption des corps morts ne pussent infecter les habitants de Saumur. On lui indiqua la montée de Bournan comme le lieu le plus propre à cette expédition et où le grand air pourrait évaporer plus facilement les mauvaises exhalaisaons que doivent nécessairement produire de semblables expéditions. D’après ce renseignement, le général Commaire envoya un ordre par écrit au commandant de la place à l’effet de commander la force armée pour faire fusiller 17 brigands. On les prit le matin à la prison de la Tour-Grenetière, d’où ils furent conduits à la montée de Bournan, sous prétexte d’aller à la promenade. Dès l’instant qu’ils furent rendus à l’endroit désigné, les gendarmes de la 35e division de la gendarmerie à pied, qui avaient été commandés et les escortaient, les fusillèrent, après en avoir reçu l’ordre du général Commaire, qui était présent et leur donna le signal de faire feu (19 décembre 1793). – A peu près dans le même temps, la Commission militaire séante à Saumur, se transporta dans la ci-devant église de Nantilly pour voir 200 brigands, qui avaient déposé les armes à Angers, après l’affaire de Savenay. Après un interrogatoire très succint et très court, on désigna 235 d’entre eux pour être fusillées le soir du même jour. La Commission militaire n’’excepta de cet ordre barbare que les jeunes gens au-dessous de 18 ans (1). Elle envoya au commandant de la place Richard un réquisitoire pour commander 300 hommes armés, à l’effet de faire fusiller les 235 brigands qu’elle avait désignés. Dans l’après-midi ces homme furent pris dans l’église de Nantilly et conduits à Bournan, sous prétexte d’y prendre l’air. Arrivés au lieu indiqué, en présence de la Commission militaire, du général Commaire et d’une partie de son état-major, le signal du feur fut donné, et les 235 malheureux furent mis à mort, à l’exception de deux qui s’évadèrent (26 décembre).  – C’est tout ce que je sais des fusillades qui ont eu lieu à Saumur, ayant obtenu dans ces temps de calamité une permission du commandant de la place d’aller à Romorantin pour vaquer à des affaires de famille. »

    Déposition de René Chereau, ancien maire de Cholet, au sujet de la fusillade du 26 décembre 1793 : « Etant à Chacé, lieu où je demeure depuis mon évacuation de Cholet, j’ai entendu en décembre 1793 une fusillade considérable qui se faisait à la butte de Bournan. Ayant demandé à plusieurs citoyens qu’elle était cette fusillade, ils me répondirent que c’étaient environ 200 brigands qu’on fusillait ; ils étaient sortis de la ci-devant église de Nantilly, où ils étaient détenus. »

    Au sujet de la même fusillade du 26 décembre 1793, Gaudichon, commissaire des guerres, fit la déclaration suivante : « Au mois de décembre 1793, étant à cheval et revenant de Saint-Florent, je fus rencontré par quelques officiers généraux marchant, avec une escorte assez nombreuse, à la tête d’une file de malheureux attachés les uns aux autres, qu’on me dit être des rebelles de la Vendée. On me sollicita d’accompagner la Commission militaire. Chemin faisant vers la butte de Bournan, je remarquai Félix, président de cette Commission, qui interrogeait sur leur âge différents jeunes gens faisant partie des rebelles. Frappé de ces questions, j’en demandai la cause. Félix me répondit qu’il pouvait soustraire à la fusillade tous les jeunes gens au-dessous de 18 ans. Arrivé sur le terrain, je remarquai un jeune malheureux, âgé de 17 ans, que Roussel, membre de la Commission, sur mon rapport et mon invitation, fit détacher et reconduire à Nantilly, d’où ils avait été tiré. Alors 235 furent fusillés, pris le petit bois qui se trouve à gauche sur la hauteur de Bournan. Le détachement était commandé par le divisionnaire Commaire. »

    Déposition de Jean-Augustin Thibault, ci-devant concierge de la ci-devant église de Nantilly, âgé de 44 ans, domicilié à Saumur : « Vers le 25 ou 30 décembre 1793, j’étais encore concierge de la ci-devant église de Nantilly, qui servait de maison d’arrêt pour les brigands. Un de ces jours (26 décembre), sur les 10 heures du matin, un officier de la Commission militaire établie à Saumur que je reconnus pour tel par le ruban et la médaille qui y était suspendue qu’il portait au cou (je ne puis dire son nom, mais je le reconnaîtrais si je le voyais, il demeurait rue Nationale à côté de la maison occupée par le citoyen Cailleau), se transporta à la maison d’arrêt et me dit de dresser quatre tables, ce que je fis. Le membre de la Commission militaire écrivit et fit écrire les nom et âge des détenus, dont le nombre montait à 335 environ. Ce recensement fait, il me donna ordre de mettre dans le chœur les jeunes gens de 18 ans et au-desous, sous prétexte de les garantir de la maladie qu’avaient les autres détenus, ce que je fis à l’aide de la garde qui était présente. Cet officier de la Commission me défendit de donenr du pain à ces derniers sans vouloir m’en dire la raison, et m’observa d’en donner seulement aux jeunes gens qui étaient renfermés dans le chœur. Ces détenus furent conduits à la butte de Bournan, où ils furent fusillés et massacrés à coups de sabres et de baïonnettes, ainsi que la garde qui les conduisait et beaucoup d’autres personnes m’en ont fait le rapport. Quant aux jeunes gens renfermés dans le chœur, ils en sortirent vers la mi-janvier 1794 avec plusieurs autres qui y avaient été transférés depuis, et ils furent fusillés du fusillés du côté de Parnay. Une partie de ceux qui ont été fusillés sur la butte de Bournan, avianet déclaré s’être rendus à Angers et y avoir déposé leurs armes pour se retirer d’aves les brigands. »

    Sur cette fusillade de Parnay, qui eut lieu à la fin de janvier 1794, nous avons encore trois témoignages.

    Déposition d’Antoine Poitou, cordonnier à Saumur, âgé de 30 ans : « le 7 janvier 1794, je fus nommé gardien des détenys à la maison d’arrêt de la ci-devant église de Nantilly, qui contenait alors 150 prisonniers ; je n’étais chargé que de leur distribuer des subsistances, l’officier du poste étant toujours chergé des clefs de cette maison. Un mois après, 112 des prisonniers (le surplus étant mort) furent enlevés de cette maison dans des charrettes et conduits à Parnay par une escorte de 150 hommes. Ils furent fusillés à Parnay, suivant les rapports qui m’en ont été faits. Un de ces hommes étant trop malade pour être transporté avec les autres, le commandant du détachement le fit porter par mon cousin et moi au bord d’un trou destiné à enterrer les morts, et il le fit fusiller par quatre hommes de garde. Au nombre des 112 prisonniers, étaient 50 enfants de 12 à 18 ans et la plus grande partie de 12 à 15 ans qui avaient été exceptés de la fusillade de Bournan quelque temps auparavant. Ces enfants criaient comme des malheureux et demandaient à être employés au service de la République. Malgré leurs cris et leurs prières réitérées, ils furent de même que les autres emmenées et fusillés à Parnay. Pendant le temps que les enfants sont restés détenus dans la maison de Nantilly, le citoyen Cailleau, maire de Saumur, m’a recommandé, à chaque fois qu’il me voyait, le plus grand soin de ces jeunes infortunés. »

    Déposition de Jean-François Bucaille, cultivateur à Souzay : « L’hiver dernier, j’ai eu connaissance qu’il a été fusillé environ 110 brigands de la Vendée à Parnay. On les laissa nus sur la place. Parmi eux, il y avait beaucoup d’enfants au-dessous de 15 ans. Pour éviter la peste, les officiers municipaux de Souzay et de Parnay firent faire des fossés et firent enterrer ceux qui avaient été fusillés. Je crois que le citoyen Simon, gendre de Hubert, était à la tête de la troupe. Un de ces malheureux qui avait tombé d’une charrette, fut fusillé près de ma demeure et jeté dans les carrières. »

    Déposition de Pierre Lamiche, agent national de Souzay : « Vers le mois de février 1794, il fut conduit à Souzay 112 individus sortant de la Vendée. Ils étaient détenus depuis longtemps à Saumur, dans le temple dédié à l’Etre suprêùe. Ces individus, qui n’étaient presque tous que des jeunes gens de 13 à 25 ans, arrivèrent à Souzay sous l’escorte d’une force armée. Lepetit, membre du comité révolutionnaire de Saumur, ou bien Simon, paraissait commander cette expédition. Ces jeunes gens furent fusillés, et je fus requis pour les enterrer. »

    Abbé Uzureau, in l’Anjou Historique, N° 6, mai-juin 1916. »

     

     

    (1)  Le 23 décembre 1793, la Commission militaire « requiert et invite le Comité révolutionnaire de Saumur de distraire des prisonniers faits sur les brigands et de ceux qui se sont rendus à la République, les garçons jusqu’à dix-huit ans, les filles et les femmes jusqu’à vingt  ans, pouruv que ni les uns ni les autres ne soient fils ou parents des ci-devant nobles et émigrés. » ( AD 49, L 1221)

     

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

    Les fusillades de Bournan....

     

     

     


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    Le 4 avril 1832 – Une balle dans le dos, pour le plaisir... 

     

     

    Les Aubiers, meurtre de Louis Cousin par les philippistes...Quand je vous disais qu'en 1794 la peau d'un Vendéen ne valait RIEN, en 1832 c'était exactement la même chose.

    Un petit sondage au sujet de l'état d'esprit du ''gendarme'' dans la Vendée Militaire de l'époque :

    « Un lieutenant de gendarmerie, nommé Lavêne, s'écriait devant un jury, qui tout jury de l'Ouest qu'il était, venait d'acquitter des insoumis : ''Ah ! Quand nous les avons pris vous ne les condamnez pas ! Eh bien, nous ne vous les enverrons plus que morts''. » 

    Ce n'était pas assez de ces meurtres que les Français n'épargnaient pas à d'autres Français, il vînt des jours de sang où la Révolution dressa une meute de chiens pour aller à la chasse des réfractaires. On apprit à ces dogues à se jeter sur les paysans, à les terrasser et à les dévorer au besoin. On contraignit leur naturel déjà enclin à la cruauté à devenir féroce par calcul politique, on leur fit subir de longs jours de diète, puis on les envoya battre les campagnes. Proust, réfractaire du canton de Machecoul, fuyait sans armes devant les fantassins. Le chien est lâché, il se jette sur ce malheureux, l'atteint, le renverse, le couvre de blessures et l'abandonne à ses maîtres qui l'achèvent.   

    Celui qui avait tiré le premier reçu une prime de vingt cinq francs et un grade ; telle était la récompense accordée. » 

     

    Curieusement, ça me fait penser aux primes accordées aux policiers, les pauvres chéris, ils sont fatigués... contre les gilets jaunes, aux mains arrachées, aux yeux crevés, aux gueules cassées par les tirs de flash-ball tirés à bout portant et par l'explosion des grenades offensives. Nous en sommes quand même à 10 morts et 2891 blessés... Une femme a reçu une grenade en pleine tête et a été tuée sur le coup.

    Le Roi Maçon (Je n'ai pas dit Macron), fils de la Gueuse, employait des méthodes similaires, mais en 1848 ce fut le retour de flamme et l'exil.

     

    « Cette chasse se renouvela souvent et, à la honte de l'humanité, il ne s'éleva pas dans les pouvoirs de l'Etat une voix pour protester contre ces attentats. » Comme aujourd'hui, la Révolution prend un bain dans le sang des gilets-jaunes, « La Révolution prenait un bain dans le sang de la Vendée Militaire ; le Gouvernement, les Chambres et la presse la laissèrent faire. » 

     

    Cette introduction, c'était pour l'ambiance générale, maintenant venons-en à l'affaire qui nous intéresse :

     

    « Le 4 avril 1832, deux soldats du 44e venaient d'escorter, de Maulévrier aux Herbiers, la femme d'un de leurs chefs; ils regagnaient le soir même leur cantonnement, lorsque le voltigeur Hequely annonce de sang froid qu'il veut tuer un Chouan. Ils s'égarent dans les sentiers du bocage. Le hasard les amène à la ferme de Cousin* qui, auprès du feu avec sa femme, récitait le chapelet. Les paysans entendent frapper à la porte. Des coups de crosse l'ébranlaient déjà quand Cousin ouvrit. Hequely rudoya, il battit même ce fermier, tout en lui enjoignant de le suivre pour leur indiquer la route de Maulévrier. Cousin se mit en marche, et quand les culottes rouges furent arrivées avec lui au véritable chemin il demanda à retourner à sa ferme. Il laisse ces deux hommes : bientôt une détonation se fait entendre ; Cousin frappé d'une balle dans le dos, rendait le dernier soupir. Hequely avait tenu parole ; il avait assassiné. Pour effacer les traces du crime, ou du moins pour lui prêter une couleur politique le voltigeur recharge son fusil. Son camarade, honnête homme, qu'un pareil forfait épouvante, et qui craint peut-être de devenir une seconde victime, son camarade suit son exemple, et tous deux font plusieurs décharges pour persuader qu'ils ont eu un engagement avec les Chouans. Ils arrivent à Maulévrier. Le lendemain le camarade d'Hequely va révéler à ses chefs le crime dont il a été le témoin. Hequely est arrêté. Le commandant du bataillon auquel il appartient, le dénonce à l'état-major de la 12e division. Un conseil de guerre est assemblé à Nantes, et, le 2 mai 1832, Hequely est jugé à mort à l'unanimité. Il se pourvoit devant le conseil de révision. Le jugement est maintenu ; alors Barthe, ministre de la justice, intervient. Le régiment demandait que l'assassin fut fusillé en face même de la demeure de Cousin. C'était d'un salutaire exemple à la veille des évènements qui se préparaient. Barthe sollicite aurprès de Louis-Philippe grâce pour la vie de cet homme qui n'a tué qu'un Vendéen  : la grâce est accordée. » 

     

    Mais qui est Cousin* ?

     

    Je me suis ''transporté'' à Châtillon-sur-Sévre et la vue n°42/170 – de la Table des Successions de 1824 à 1841 (classement 3Q8/190) m'a livré le nom de Louis Cousin, cultivateur, décédé le 4 avril 1832 aux Aubiers, à l'âge de 35 ans.

    Voici son acte de décès, le N°7 (vue n°167/218 Nueil-les-Aubiers class 2MI 160 décès 1818-1835).

    « L'an mil huit cent trente deux, le six avril à midi, par devant nous maire de la commune des Aubiers, canton de Châtillon, arrondissement de Bressuire, département des Deux-Sèvres, est comparu Jean Cousin, âgé de soixante six ans, journalier, demeurant aux Magiraudières commune de Saint-Aubin-de-Baubigné, lequel nous a déclaré que Louis Cousin son fils, âgé de trente quatre ans ; époux de Marie-Anne Roux, bordier, demeurant au Buron, commune des Aubiers est décédé le quatre avril à neuf heures du soir, sur quoi nous officier de l'état civil nous sommes transporté au domicile du défunt pour nous assurer de son décès et en avons dressé acte en présence de Louis Dubillot, âgé de trente quatre ans demeurant à la Continière commune de Saint-Aubin-de-Baubigné et de Jacques Cousin, âgé de trente deux ans, demeurant aussi à la Continière, commune de Saint-Aubin-de-Baubigné beau-frère et frère du défunt, lesquels, après qu'il leur en a été donné lecture on déclaré ne savoir signer. 

    signé : illisible, le Maire. »

     

    Louis Cousin est bien décédé le 4 avril 1832 dans la soirée alors que les soldats regagnaient leur cantonnement. Bien entendu, le maire reste très discret sur les causes du décès. Il a été assasiné sur le chemin de Maulévrier aux Aubiers, proche de sa borderie ''le Buron''.

    Les Aubiers, meurtre de Louis Cousin par les philippistes...

    Louis Cousin est né le 26 septembre 1798 aux Cerqueux de Maulévrier, il est le fils de Jean Cousin qui a épousé le 14 juin 1790 à St Aubin-de-Baubigné Marthe-Françoise Racault, née le 4 juin 1768 à Belleville à Treize-Vents.

    Son mariage, le 23 janvier 1822 à Saint-Aubin avec Marie-Anne Roux, fille de Jean Roux et de Marie Morin est resté sans postérité.

     

    Sources 

     

    . Abbé Deniau -Histoire de la Guerre de la Vendée -Tome VI – pages 568,569, Insurrection de 1832 - Siraudeau éditeur – Angers. 

    . Archives Départementales des Deux-Sèvres. Registres état civil de Nueil-les Aubiers et de Saint-Aubin-de-Baubigné. 

    . Cadastre de Nueil-les-Aubiers 3 P 156/1, SD - le Buron. 

    . Photo: Louis-Philippe d'Orléeans- Extraite du Domaine Royal de Randan. 

     

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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