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    Conférence d’Amaury Guitard au château de la Chardière…

     

    Chemins secrets avait déjà annoncé il y a quelques jours la conférence et la sortie du livre de l’ami Amaury à l’occasion des journées du patrimoine.

    Ces samedi 15 et dimanche 16 septembre, c’est dans le cadre enchanteur du château de la Chardière en Chavagnes-en-Paillers qu’Amaury s’est livré au difficile mais passionnant métier de conférencier. Exercice réussi avec brio et je ne résiste pas à l’envie de vous en diffuser une vidéo. L’histoire de la Vendée a besoin de sang neuf afin d’assurer son avenir et il est particulièrement roboratif de voir qu’en ce domaine, la jeunesse ne boude ni les archives ni la littérature.

    RL

    Septembre 2018

     


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    Bouillé-Loretz...

     

     

    Il est assez inhabituel de voir des combattants vendéens dans l’extrême Nord-Est des Deux-Sèvres et c’est pourquoi j’ai choisi de parler de cette petite affaire qui eu lieu le 21 juillet 1794. On sait que les Vendéens ont en projet d’attaquer Thouars au cours de l’été qui suit le passage des colonnes infernales. Le combat de Noirlieu (1) s’inscrit dans cette logique et sans doute y a-t-il eu lieu quelques essais de reconnaissance par le Nord de Thouars, qui pourraient expliquer cette présence de « brigands » dans cette contrée pourtant largement acquise à la république.

    Déjà le 19 juillet, Grignon sent bien que sa position à Thouars n’est pas assurée. Ainsi, écrit-il à Vimeux la lettre suivante (2)

    « Du 19 juillet. Le général Grignon, au général Vimeux. (Thouars.)

    Je n’ai que sept cents hommes armés ; il me faudrait au moins deux mille hommes pour seconder et protéger les opérations de la commission d’agriculture et des arts ; cependant je ferai tout ce qui dépendra de moi pour cela. »

    Puis deux jours plus tard, c’est Caffin qui fait un rapport à Vimeux. Visiblement, les Vendéens sont passés au Nord de Thouars (3) :

    « Avis que les brigands se portent du côté de Bouillé Lorette (Bouillé-Loretz). Reconnaissance de cavalerie qui se porte à Sarcey (Cersay) où l’on a trouvé 3 habitans assassinés. Elle va à Bouillé St Paul et à Massé (Massais) sans rien découvrir. »

    Reste à savoir qui étaient ces « brigands » en balade quelque part entre l’Argenton et Montreuil-Bellay.

    A suivre…

    RL

    Septembre 2018

     

     

    Notes :

     

    (1)  J’ai mis en lien hypertexte l’histoire de ce combat avec un article que je souhaite compléter et augmenter depuis déjà longtemps, sans pour autant parvenir à m’y résoudre de manière définitive.

    (2)  Savary, tome IV, p. 35.

    (3)  SHD B 5/9-91, v. 21/21, bulletin analytique seul renvoyant au registre du « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest » : SHD B 5/10-1, 5ème tableau, Caffin, p. 36, v. 21/26.

     

     

    Bouillé-Loretz....


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     Monsieur de Beaufort demande une pension...

     

                

    Monsieur de Beaufort demande une pension....Dans certaines circonstances, il m'arrive de citer Montesquieu, (Mes pensées) :

     

    « Quand il s'agit d'obtenir les honneurs, on rame avec le mérite personnel et on vogue à pleine voiles avec la naissance. » 

     

    En effet, certaines demandes de pensions sont assez surprenantes, elles proviennent d'émigrés arrivés en Vendée ''à la fumée des cierges'', ayant servi ''in-extremis'' en 1815 et obtenu immédiatement une pension de 600 francs... et dès 1819 redemandant un autre secours...

    Ces demandes n'ont-elles été déposées, que pour pallier à des revers de fortunes ? On peut se poser la question.

    En général, ces émigrés demandeurs ne sont pas des personnages aux corps criblés de blessures, devenus infirmes par les privations et les durs combats menés dans les chemins creux du bocage vendéen... Non, ils sont tout simplement désargentés. Le capitaine de paroisse est aussi sans le sou,  il vit dans sa métairie en ruine avec le souvenir de sa famille massacrée ; comme le soldat, il ne touchera rien ou pas grand chose, seulement un bout de papier lui rappelant ses hauts faits d'armes !

     

    « Nos cicatrices ont le mérite de nous rappeler que le passé n'a pas été un rêve.» 

     

    L'adage : ''A chacun selon son mérite'' n'est pas toujours vrai, la fuite et l'exil sont parfois mieux récompensés que le combat...

     

    Voici la demande de pension :

     

    « Ministère de la maison du Roi, 

    Paris, le 23 juillet 1819. 

     

    Le conseiller d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de secours ou pensions sur la liste civile.    

    A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire. 

    Monsieur le Préfet, 

    Mr le Chevalier de Beaufort, capitaine de la légion de la Dordogne (1) en garnison à Angers demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose qu'il a émigré et n'est rentré en France qu'en 1815, époque à laquelle il a servi dans la Vendée  : qu'il avait obtenu une pension de 600 francs (2) sur la liste civile mais qu'il l'a perdue lorsqu'il a été placé dans la légion de la Dordogne, que ses pères et mères fixés à Périgueux ont également émigrés, qu'ils ont perdu toute leur fortune, qu'il ne peut rien espérer d'eux : qu'il reste marié et que sa femme, qu'on croit être Anglaise est également sans fortune. Il ne dit point s'il a des enfants. 

    Mr de Beaufort ne donnant aucun détail qui puissent m'éclairer sur sa fratrie et la fortune de sa femme et si elle est étrangère, il n'y aurait qu'une attestation vérifiée et visée par Mr l'ambassadeur de France qui put fixer le Ministre du Roi. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée. 

    Monsieur le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    signé Rochefort. »

     

    (1) Unité d'Infanterie équivalente à un régiment sous la Restauration (22ème légion) 13 régiment d'infanterie de ligne en 1820. 

    (2) Il ne précise pas qu'il a servi dans l'Armée des émigrés, ce qui pourrait expliquer la pension de 600 francs, mais simplement en 1815 en Vendée. 

     

    Le 30 août 1819, réponse du Préfet :

     

    « Angers, le 30 août 1819, à Monsieur le secrétaire d'Etat chargé des demandes de pensions sur la liste civile. 

     

    Monsieur le Comte, 

     

    Par votre lettre du 23 juillet dernier, vous me demandez des renseignements sur Monsieur le Chevalier de Beaufort, lequel demande une pension sur la liste civile : 

    Cet officier n'est pas en ce moment à Angers mais bien à Périgueux où il a dit rester comme commandant d'une des compagnies du dépôt de la légion de la Dordogne, mais j'ai quelque connaissance de sa position : 

    Ce qu'il avance de l'émigration et du peu de faculté de ses père et mère est vrai, lui-même en est réduit à ses seuls appointements et a du même contracter des dettes pour son premier équipement. Sa femme est effectivement Anglaise ; et sans nulle fortune. Le dénuement était tel qu'en 1816 lorsque la légion de la Dordogne fait tenir garnison à Angers, que cette femme qui est très délicate entreprit le voyage à pied et le continua ainsi malgré des pluies qui survinrent, jusqu'à ce que le colonel de ce corps la voyant dans un état de détresse absolu la fit monter pour quelques journées dans sa voiture. 

    Depuis elle a vécu ici dans une retraite absolue jusqu'au moment de son départ en 1817 ou 1818 pour Périgueux. 

    Je puis donc vous assurer que Mr le Chevalier de Beaufort a réellement besoin des bienfaits de sa Majesté.   

      Avec ma respectueuse considération …. signé illisible. » 

     

    De Jay de Beaufort Claude-Henry-Raymond est né le 20 février 1778 à Périgueux, il est le fils d'un maréchal de Camp : Jacques de Jay de Beaufort et de Béatrix de Paty. Il émigre avec ses parents, son père est décédé à Périgueux le 7 novembre 1824.

    En 1802 on le rencontre à Londres en Angleterre où il se marie le 20 septembre à Saint Pancras avec une Anglaise, Elisabeth-Guillelmine-Rosalie Greigh Archdeacon. De cette union sont issus :

     

    1° de Jai de Beaufort Henry-Michel, né à Londres le 16 mai 1809.

     « Baptême : de l'ancienne chapelle française de London Street, déposés à la chapelle royale de France King Street Portman Square Londres, fils de Messire Claude Henry Raymond de Jai de Beaufort, natif de la paroisse de Saint Front ville et diocèse de Périgueux et de Dame Elizabeth Guillelmine Rosalie Greigh Archeacon, native de la paroisse de Saint Folien ville d'Aix la Chapelle diocèse de Liège. Marraine : Rosalie Malvinghen, grand mère maternelle de l'enfant... » 

     

    2° de Jai de Beaufort Elisabeth née en 1814.

     

    Claude-Henry-Raymond de Jai de Beaufort est décédé à Dax le 12 octobre 1845 (vue n°141/145 décès Dax année 1845).

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Beaufort de - dossier 1M9/41.  

    Base LEONORE – Dossier Légion d'Honneur – cote LH/154/67. Henry-Michel de Jai de Beaufort, né le 16 mai 1809 à Londres. 

    Généanet : famille de Jai de Beaufort. 

    Photo: crédit photo MPF. 

     

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre-Etienne Lethon, de la Poitevinière, 

    lardé de 12 coups de baïonnettes au combat de Piedeau, 

    le vendredi 26 Pluviôse de l'an II... Ordre du Lys...

     

                

       
         Pierre-Etienne Lethon....Quand flambait le bocage... quand flambait le bocage !... Février 1794, la Grande Armée Catholique et Royale n'existe plus, exterminée à Savenay. Il ne reste plus que quelques milliers d'hommes éparpillés sur tout le territoire de la Vendée Militaire qui étrillent les Colonnes Infernales.

    Ce sont de petites armées d'irréductibles, des hommes de fer, n'ayant plus rien à perdre et qui résisteront jusqu'à la mort héroïque de leurs derniers généraux.

     

    Le mardi 11 février 1794 (23 Pluviôse de l'an 2), l'armée Bleue de Cordellier est à Vihiers avec 800 hommes...

     

    « Mais n'y rencontrant aucun ennemi, il partit le lendemain pour Chemillé. N'y trouvant point Stofflet, il y mit le feu et se dirigea ensuite sur Jallais. Stofflet, dans le moment, revenait de Montrevault vers le Fief-Sauvin pour livrer bataille aux Républicains sur les coteaux de l'Evre. Les avant-postes des deux petites armées se rencontrèrent, le 14, et commencèrent le feu près du château de Piedeau (Pieddouault), vers neuf heures du matin.

    Le 74ème de ligne, composé en grande partie de Mayençais, refoule les Royalistes jusqu'au parc de Beaupréau et pénètre dans la ville, quand Stofflet avec son aile droite qui n'a pas donné, arrive par la Chapelle-du-Genêt, et attaque en flanc les soldats de Cordellier. Une vive fusillade s'engage des deux côté ; elle se prolonge pendant plusieurs heures, et laisse la victoire indécise. Enfin, les Mayençais par une mesure qui fait honneur à Cordellier se cachent derrière les haies et s'éparpillent en tirailleurs. Cette manœuvre trompe les Vendéens qui croyant nombreuse l'armée des Bleus ne donnent que faiblement et se retirent bientôt sur les bords de l'Evre. Plusieurs paysans s'y noient en voulant la franchir ; les autres sont poursuivis avec acharnement jusqu'à la Chaussaire où quelques uns encore perdent la vie dans les eaux de la Sanguèse. »

     

    (Abbé Deniau – Tome IV p264 – Histoire de la Guerre de la Vendée.) 

     

    C'est dans cette affaire que Pierre-Etienne Lethon est laissé pour mort sur le champ de bataille près du château de Piedeau, avec un coup de sabre à la tête, lui occasionnant une large blessure à l'os frontal, un autre coup de sabre au poignet gauche et le corps lardé de ''10 à 12 coups de baïonnettes dans les reins et les cuisses''. Heureusement pour lui, le moulin de Deureux* qu'il exploite, se trouve à proximité du château...

     

    *Le moulin Deureux se situe sur le ruisseau du Rez Profond, proche du pont Piedeau, séparant les communes de Jallais et de la Poitevinière. 

     

      Pierre-Etienne est un soldat intrépide, se portant toujours en avant, en entraînant ses camarades au combat. Il passe la Loire en Octobre 1793 et fait partie des rares survivants d'Outre-Loire. Ayant une grande expérience du combat, le Roi le décore de l'Ordre du Lys et lui fait présent d'une lettre d'honneur le 17 mars 1821. 

     

    Depuis un certain temps, les Colonnes de Turreau prennent ''plumées sur plumées'' et c'est avec un grand soulagement, que ce criminel de guerre se réjouit de cette petite victoire en écrivant au Représentant du Peuple Francastel...

    Voici l'extrait d'une lettre de Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest : au Citoyen Francastel représentant du Peuple (Les Affiches d'Angers – Février 1794 n°26 du décadi – 30 Pluviôse de l'an 2 – vue n°18/30).

     

    Citoyen Représentant,

     

    « Les ordres que j'ai donnés aux divers chefs de Colonnes : chargés de poursuivre sans relâche le reste des brigands, s'exécutent chaque jour avec plus d'activité : près de quinze cents de ces scélérats viennent de tomber sous les coups de la brave division commandée par le général Cordelier il les a fait repentir d'avoir attaqué Beaupréau où il étoit alors, comme il l'a fait d'être, entrés dans Cholet. 

    A peine les avant-postes du général Cordelier furent-ils attaqués, que bientôt tous les soldats de sa division se répandant en tirailleurs dans la campagne voisine, mirent ces brigands dans la plus complète déroute ; ils jettoient leur armes afin de mieux battre en retraite ; tu dois concevoir combien on en a tué pendant une fusillade qui a duré sans discontinuer depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures après midi ; les brigands étoient tellement serrés que plus de cent cinquante ont tombé dans la rivière l'Evre, et une grande quantité dans celle de la Sanguaise . 

    Cordelier ne s'est point borné à cette victoire, le tiers de la division qui s'étoit porté du côté de la Poitevinière, a tué plus de sept cents rebelles. 

    Le 26 du mois, ces coquins ont voulu encore se mesurer avec lui, mais il es a si bien frottés que le corps qu'il avoit à combattre, se trouve réduit à près de 500 hommes mal armés. 

    On ne saurait donner trop d'éloges à l'intrépidité des soldats du soixante quatorzième régiment ; il mérite le titre de Républicain, c'est tout dire. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon-Leton est né et a été baptisé le 16 juin 1772 à la Poitevinière, il est le fils de Pierre Lethon, meunier au moulin Deureux et de Marie Viau.

    Il épouse Renée Rousse, née le 5 décembre 1775 à St Quentin, et décédée le 20 janvier 1824, de cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1°Marie Lethon, née le 9 vendémiaire an 9. 1er octobre 1800. la Poitevinière.

    2°Pierre-Etienne Lethon, né le 14 vendémiaire an 10 – idem.

    3°Jean Lethon, né le 2 Messidor an 12, idem.

    4°Renée Perrine Lethon, née le 1er août 1806, idem.

    5°Pierre Lethon, né le 8 juillet 1808, idem.

    6°Augustin Lethon, né le 8 juillet 1818, idem.

    7°Joseph Lethon, né le 14 janvier 1811, idem

     

    Devenu veuf, il épouse le 8 février 1825 à Jallais Jeanne Godineau, née le 7 juin 1787 à Jallais ; d'où :

    8°Jeanne Lethon, née le 12 mai 1826 à la Poitevinière.

     

    Le 25 mars 1824, à la Poitevinière, il dépose une demande de secours.

     

    « Lethon Pierre-Etienne, indigent, soldat de l' Armée Vendéenne demeurant à la Poitevinière, 

    A son Excellence le Ministre de la Guerre. 

    Monseigneur, 

    J'ai l'honneur de vous exposer que j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône aussitôt que la guerre à commencé en 1793. 

    J'ai constamment servi avec bravoure et honneur. J'ai été cruellement blessé : à une des affaires, qui ont eut lieu à Piedeau en la commune de Jallais en 1794. 

    J'éprouve par mes blessures de grandes douleurs, mes forces sont tellement épuisées, je ne puis plus rien faire qu'avec beaucoup de peine. Je suis dans l'indigence et père de cinq enfants. 

    J'ai le plus grand besoin des secours accordés par l'Ordonnance du Roi, du trois décembre 1823, auxquels j'ai les droits les mieux fondés en raison de mes blessures dans les armées royales de mes blessures et de ma misère. 

    J'ose vous prier Monseigneur de vouloir bien proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.   

    Je suis avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon est décédé à la Poitevinière le 29 janvier 1837. 

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Lethon-Leton Pierre-Etienne - dossier 1M9/-243. Certificat de services, vue n°3/9. 

    Les Affiches d'Angers n°26 – du décadi 30 pluviôse de l'an 2 – vue n° 18/30. 

    Registres d'état civil de la Poitevinière, Jallais. 

    Histoire de la guerre de la Vendée – Abbé Deniau – Tome IV – p264.  

    Photo: de l'auteur 

     

     

                                        X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre Achard de la paroisse de Cossé, 

    tue trois hussards à la bataille de Fontenay – Ordre du Lys. 

        

                

       


    Pierre Achard.... C'est incroyable le nombre de hussards qui perdirent la vie en Vendée. Il est vrai que leur armement et leur harnachement faisaient d'eux une cible de choix.

      En effet, au moment de la Révolution, le hussard est équipé du mousqueton modèle 1767 et 1786, petite arme très maniable pour un cavalier, d'une paire de pistolets modèle 1763 et du superbe sabre modèle 1777-1783-1786, qui sera modifié en l'an IV. 

    Sur le document joint, vous apercevrez une tenue complète d'un cavalier du 1er escadron du 7ème régiment de hussards. Ces pièces exceptionnelles sont actuellement conservées au château de l'Empéri.

    Le 7ème régiment de hussards a combattu en Vendée et s'est signalé par ses exactions.

     

    Pierre Achard....

    Les états de services de Pierre Achard sont élogieux :

    - Blessé à la main droite d'un coup de sabre à l'affaire de Fontenay, y a tué trois hussards.

    - Blessé au village de Champ d'une balle à la jambe gauche.

    - Avec 30 hommes, fait 400 prisonniers à Vihiers.

    - Au Bois Grolleau, deux cents prisonniers.

    - Contribue à la prise de Chalonnes et à la déroute de l'ennemi à Chaudron.

     

    Il est présent sur les champs de bataille de Coron – Vezins – Cholet – Beaupréau – St Pierre de Chemillé – Vihiers – Thouars – Parthenay – La Chataigneraie – Fontenay – Doué – Montreuil – Saumur – Châtillon -  Chantonnay – Bressuire – Torfou – Moulin aux Chèvres - Cholet. En 1794 : Gesté – Saint-Florent – Jallais – les Aubiers et autres.... et la "campagne de 1814".

    Il a été breveté pour marque de son dévouement de la décoration du Lys. 

    ''Il s'est constamment montré à la tête des colonnes royalistes, que ses blessures sont honorables'' 

     

    Pierre Achard....

    Le 29 juin 1825, il dépose une demande de pension :

     

    «  A Messieurs les Membres composant la Commission Royale. 

     

    Messieurs,

     

    A l'honneur de vous exposer Achard Pierre cultivateur, demeurant commune de Cossé, canton de Chemillé, arrondissement de Beaupréau département de Maine et Loire : que depuis 1793, en may, il n'a cessé de se montrer à la tête des colonnes royalistes Vendéennes ; que ses blessures et les sacrifices tant pécuniaires que personnels ne lui ont rien coûté faisant avec résignation, tout ce qui pouvait contribuer au soutien de la cause sacrée du trône, comme il n'a jamais fait de réclamations pour ses longs et pénibles services, il prend la liberté de vous mettre aujourd'hui sous les yeux sa première demande, convaincu que d'après votre justice vous daignerez le compter au nombre de ceux à qui l'ordonnance de sa Majesté promet une récompense proportionnée à leur zèle et à leurs travaux, ce à quoi accédant, vous comblerez les vœux d'un brave et fidèle Vendéen qui n'a vécu que pour exposer sa vie et sa fortune pour son Dieu et pour son Roi. 

    À Cossé le 29 juin 1825. 

    signé P Achard. » 

     

    Pierre Achard, est né et a été baptisé le 3 décembre 1769 au Voide. Il est le

    fils de Pierre Achard, métayer à la Jourie et de Marie Houet. Il se marie le 11 septembre 1798 (25 fructidor de l'an 6) à Cossé (vue n°32/60 mariages Cossé),

    avec Jeanne Moreau, née le 1er janvier 1770 à Cossé, fille de Charles Moreau et de Jeanne Michelet. De cette union sont issus :

     

    1- Charles Achard, né le 5 pluviôse an 7 à Cossé.

    2- Jeanne Achard, née le 3 vendémiaire an 10 à Cossé.

    3- Joséphine Achard, née le 12 juin 1808, idem

    4- Marie Achard, née le 12 juin 1808, idem.

    5- Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    6- Charles-Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    7- Louise Achard, née le 24 septembre 1810, idem.

    8- Joséphine-Jeanne Achard, née le 14 mai 1812, idem.

     

    Pierre Achard est décédé le 31 décembre 1851 à Cossé.

    Jeanne moreau est décédée 8 décembre 1820 à Cossé.

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Achard Pierre - dossier 1M9/22. Certificat de services, vue n°1/3. 

    Registres d'état civil de Cossé et du Voide. 

    Photo: de l'auteur et crédit photo de la Gazette des Armes – n°80 -de mars 1980 - page 25. 

                                                        

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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