• Louis Liger-Belair, criminel de guerre ?

                        

    Louis Liger-Belair, adjudant-major 

    du 29ème régiment d'infanterie, participe aux massacres 

    des Lucs-sur-Boulogne le 28 février 1794. 

                                     

     

     

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....Après les noms de Turreau et Amey et certainement d'autres, inconnus à ce jour, il faudra bien un jour faire disparaître de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, le nom du baron Louis Liger-Belair, général de l'Empire.

     

    L'acte de décès de son ami le lieutenant Jean-Claude Pissis nous apporte la preuve accablante et ne laisse planer aucun doute sur sa présence aux massacres des Lucs-sur-Boulogne, le 28 février 1794 (Acte de décès de la ville de Nantes de l'an 2-1794- Section Lepelletier et Beaurepaire-cote 1E57, vues 113 et 114). 

     

    Vous vous souvenez sans doute de mon dernier billet concernant les massacres des Lucs-sur-Boulogne et du décès du lieutenant Jean-Claude Pissis, du 29ème régiment d'infanterie?

    Le nom d'un des assassins vous a certainement échappé, celui de l'un de ses amis ; allez, faites un effort, vous savez, celui qui combattait ''à ses côtés'' aux Lucs-sur-Boulogne, après les massacres....

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....

     

    Voici l'acte de décès de Jean Claude Pissis, enregistré à Nantes, Section Lepelletier et Beaurepaire le 27 Prairial de l'an 2 (Dimanche 15 juin 1794) et les noms de ses camarades ayant participé aux massacres des Lucs-sur-Boulogne, qui doivent être eux aussi immortalisés:

     

    «Le vingt sept prairial an deux de la République Une et indivisible, à trois heures après midi, devant moi Antoine Archambaud aîné, officier public élu pour constater l'état civil des citoyens, ont comparu en la maison commune                : 

    1-Liger-Belair, Adjudant-major* du vingt neuvième régiment d'infanterie, âgé de vingt deux ans - donc né en 1772- (* Capitaine adjoint au chef de bataillon) et de, 2-Alexandre Darassus, lieutenant au dit régiment, âgé de vingt cinq ans, lesquels nous ont déclaré que :3-Jean-Claude Pissis, lieutenant de la première compagnie des grenadiers dudit régiment, natif de Riom, département du Puits de Dôme, âgé d'environ vingt six ans, a été tué par les Brigands de la Vendée, en combattant à côté d'eux, et comme il est constaté par le certificat dont la teneur suit :

                     

    ''Nous membres composants le conseil d'administration du vingt neuvième régiment d'infanterie, certifions que le citoyen Jean-Claude Pissis, né à Riom, département du Puits de Dôme, lieutenant de la première compagnie de grenadiers dudit régiment a été tué en combattant contre les Brigands Royalistes de la Vendée, le dix ventôse dernier (28 février 1794) dans la plaine des Grands-Lucs, près Leger, département de la Vendée. En foi de quoi nous avons expédié le présent certificat auquel nous avons fait mettre le cachet de notre régiment au camp de la Roullière, le vingt cinq prairial, l'an deuxième de la République française une et indivisible, signé : 

    4- Tronquoy, fusilier du 29ème régiment d'infanterie. 

    5- Casenier, grenadier du 29ème régiment d'infanterie. 

    6- Deffaulx, grenadier du 29ème régiment d'infanterie. 

    7- Zimerman,grenadier au 29ème régiment d'infanterie. 

    8- Foucault, caporal fourrier au 29ème régiment d'infanterie. 

    9- Bienvenu, sergent au 29ème régiment d'infanterie. 

    10- Fabre, sous-lieutenant au 29ème régiment d'infanterie. 

    11- Courtot, capitaine au 29ème régiment d'infanterie. 

    12- Charles Darbois, chef de bataillon au 29ème régiment d'infanterie. 

     

    Je, commissaire des Guerres chargé de la police du 29ème régiment d'infanterie, certifie que les signatures apposées au bas du certificat ci-dessus et des autres parts, sont vraiment celles des officiers, sous-officiers et soldats qui composent le conseil d'administration de ce régiment, signé Baudiot. Fait en la maison commune de Nantes les dits jour et an, sous les seings des comparants et le mien. » 

     

    signé Liger-Belair Adjudant Major et Darassus. 

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....

     

     

    Et si je vous disais que cet officier, baron de l'Empire s'il vous plaît, a été fait grand-croix de Saint-Louis et que son nom est  inscrit sur la 37e colonne de l'arc de triomphe de l'Etoile, vous ne me croiriez pas.

     

    En République, le fait de participer aux massacres et à la mise à sac de la population de la campagne des Lucs, de Mormaison, de Legé etc... puis au massacre des 564 habitants du village des Lucs-sur-Boulogne, dont 109 enfants de moins de 7 ans... et d'avoir du sang d'innocents sur les mains, n'a aucune incidence sur le déroulement normal d'une carrière militaire.

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....

     

    Voici donc un condensé le la carrière militaire de Louis Liger-Belair,

     

    Louis Liger-Belair est né le 11 juillet 1772 à Vendeuvre (Aube). Il est le fils du ''Sieur'' Louis-François Liger-Belair, maître de la grande Poste et de Damoiselle Germaine Marlot son épouse, il a été baptisé le même jour, en l'absence du père, par moi prêtre curé ; il a eu pour parrain sieur Louis Marlot, marchand, son grand père et pour marraine Damoiselle Catherine Labisse veuve de feu Mr Antoine Tuvin, vivant contrôleur des guerres, qui ont signé avec nous – signé sur le registre : Marlot veuve Tuvin et le prêtre ».  Extrait des registres de naissance de la commune de Vendeuvre-sur-Barse ( Aube ).

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....

     

    Une partie du dossier de ce militaire est consultable sur la Base Leonor, 17 pièces) : Base Leonor-cote LH/1640/52- archives Nationales, site de Paris – n° de notice, L1640052, vue n°14/17).

     

    Avant d'entrer dans le vif du sujet, en 1794, cet officier était sous les ordres du général Cordelier, commandant la Colonne Infernale N°5, le seul général avec Beysser à porter des culottes en peau de vendéens... Il était presque officier supérieur car il avait le grade de capitaine-adjoint au chef de bataillon. Il a exécuté les ordres et ''a mis les mains dans le cambouis'', sauf que dans le cas présent, il est devenu un criminel de guerre.

     

    Le 12 janvier 1792, sous-lieutenant au 29e régiment d'infanterie de ligne. Le 27 août 1793, capitaine adjudant-major à l'armée du Nord (Wikipédia pourra apporter la mise à jour suivante qui s'impose…).

    Louis Liger-Belair, criminel de guerre....

    Nous pouvons aujourd'hui ajouter à son curriculum, qu'il était en Vendée avec le 29e régiment d'infanterie de l'armée du Nord, le 28 février 1794, dans la Colonne Infernale n°5 de Cordelier et qu'il a participé aux massacres des Lucs-sur-Boulogne le 28 février 1794). 

     

    Le 16 août 1797, aide de camp du général Beurnonville.

    De 1797 à 1800, armée du Nord et à l'armée de l'Angleterre.

    Le 5 février 1799 Chef d'escadron au 3ème hussards et en devient chef de brigade le 8 décembre 1799.

    Le 3 octobre 1803, chef d'état major de la division de cavalerie du général Tilly.

    Le 5 février 1804, Chevalier de la Légion d'Honneur.

    Le 14 juin 1804, Officier de la Légion d'Honneur.

    1805, campagne d'Autriche.

    1806_1807, campagne de Prusse et de Pologne.

    Le 8 novembre 1806, signe pour la France la capitulation de Magdebourg.

    Le 15 novembre 1806, général de brigade.

    Le 31 décembre 1806, commandant de la 1ère brigade de la 2eme division du 6eme corps de la Grande Armée.

    Le 28mars 1807, commande la ville de Malbork.

     

    De 1808 à 1811, guerre d'Espagne.

    Le 10 février 1809, baron d'Empire.

    Le 31 juillet 1811 général de division.

    Le 19 janvier 1814, ''il a dû sentir le vent tourner'', il est rappelé à Paris pour s'expliquer sur l'évacuation sans combat de Dijon...

     

      Et pour terminer, ''la cerise sur le gâteau''...

     

    Il entre au service du Roi Louis XVIII. 

     

    Le 27 juin 1814 il est fait Chevalier de Saint-Louis et Commandeur de la Légion d'Honneur le 23 août 1814. En octobre 1814, il est commandant de la 4ème division militaire à Nancy. Pas de commandement pendant les Cents-Jours.

     

    Il en profite, en 1815, pour acheter le château de Vosne-Romanée et son vignoble, l'un des plus grand cru du vignoble bourguignon dans les Nuits-Saint-Georges, aujourd'hui exploité par ses descendants.

     

    Le 25 juillet 1819, il est créé vicomte par les Bourbons et commandant de la deuxième division militaire à Châlons-sur-Marne. Le 24 août 1820, il est promu Grand-Officier de la Légion d'Honneur. Le 1er avril 1823 (non, ce n'est pas un poisson), il est nommé comte par ordonnance royale, lettres patentes du 12 avril 1823. Le 29 octobre 1826, promu Grand-Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis (Oui, oui, vous avez bien lu.)...et Gouverneur de la 13ème division militaire en 1827. Retraité le 13 août 1832.

    Il meurt dans son château de Vosne-Romanée le 4 décembre 1835.

     

    En guise de conclusion et sans commentaires : son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Etoile à Paris  : pilier Ouest, 37e et 38e colonnes.....

     

     

    Sources: Archives de la ville de Nantes – décès an 2, Section Lepelletier et Beaurepaire, cote 1E57, pages 113,114/169 - Actes de décès de la Ville de Nantes, année 1794. Base Leonore – archives Nationales site de Paris- cote LH/1640/52, vues n°14/17 - extrait acte de naissance de Louis Liger-Belair. Wikipédia – Louis Liger-Belair. Crédit Photo : Wikipédia, portrait du Général Liger-Belair, et gravures de Chemins Secrets.

                                                           

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Nota -Louis Liger-Belair s'est marié le 8 mars 1815 à Dijon avec Claire Basire. Cette union est restée sans postérité. 

    C'est un de ses neveux, Louis-Charles Bocquillon, avocat, fils de Catherine Liger-Belair épouse de Jean-Charles Bocquillon qui hérite du château de Vosne-Romanée et est reconnu comme fils adoptif et héritier du général de l'Empire (acte d'adoption du 15 décembre 1824 légalisé sur les registres de Strasbourg). 

     

     

    Sources : Généanet, arbre de Catherine Chapelle. 


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