•  

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (7° partie)…

     

     

    Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

    « Copie de la lettre du citoyen Boisard commandant de gendarmerie nationalle à mm les administrateurs et procureur général sindic du département de Maine et Loire

    Maulévrier huit heure du matin le 24 aout 1792

    l’an quatrième de la liberté

    Messieurs

    J’ai saisi le premier instant de repos pour vous informer a la hâte des désordres qui se commettent dans le département des deux Sèvres. La presque totalité des hommes jusqu’à des enfants de toutes les paroisses de huit lieues à la ronde se sont réunis ayant à leur teste des cydevant qui leur font croire que l’ennemi est dans Paris à l’effet de protéger la religion. Cette masse énorme parcourt les campagnes, les petites villes détruisant et incendiant tout ce qui est aux patriotes pillant en meme tems, ils ont des munitions, beaucoup de poudre à canon, il n’est pas resté une pièce dans le district de Châtillon, lorsque j’y ai arrivé le 22 sur les onze heures, ils venoient de prendre la route de Bréssuire, deux pelotons étoient encore en observation sur des hauteurs qui dominent Châtillon ; J’ay fait tirer dessus un coup de canon à boulet, deux ont été tués le reste à fuy, je me suis mis à la poursuite sur la route de Bressuire on estimoit leur nombre à 6 000, une colonne de ces gens restée en arrière à attendu mon détachement à un quart de lieue de Châtillon et a attaqué mon avant-garde qui a riposté et les a forcé de se replier sur un bourg nommé Lottais (Rorthais) ou ils nous attendoient en masse. J’ay alors formé un petit escadront de cavalerie et j’ay fondu sur eux au grand galop, ils ont plié, nous les avons poursuivi de toutes parts avec plus de témérité que de prudence de la part des gardes nationales, dans cette affaire. J’ay eu un gendarme tué, quatre gardes nationales blessées dont deux grièvement un est en danger, j’aurois désiré poursuivre jusqu’à Bréssuire où je savois que la plus grosse colonne marchoit, la lassitude de ma troupe ne me le permit pas. Je reviens à Châtillon avec mon mort, mes blessés et vingt quatre prisonniers que nous avons fait.

    Dans la soirée je fus informé qu’ils alloient attaquer Bréssuire à deux reprises ou ils avoient échoués et laissant un grand nombre de morts.

    Les Bressuirois n’allèrent pas les poursuivre vu leur grand nombre.

    Le 23 je partageai ma troupe en cinq détachements que je fis circuler dans différentes paroisses y affichant une proclamation de paix en cas que l’on rentrât dans l’ordre, ou à deffaut une poursuite rigoureuse.

    Sur le soir informé que les révoltés devoient de nouveau attaquer Bréssuire, je me disposai à marcher pour les prendre par derrière lorsque l’ordre de couvrir Chollet et de ne pas m’en écarter, me parvint sur le bruit de leur marche à Chollet. Je détachai à l’entrée de la nuit un peloton pour Maulévrier à l’effet de couvrir Chollet. D’après d’autres avis j’ay évacué Châtillon cette nuit pour me rendre à Maulévrier et de la marcher sur Bréssuire et Bréssuire devoit venir au devant de moy et les prendre entre deux feux ainsi convenu avec les commissaires du département des deux Sèvres, j’étois au moment de quitter Maulévrier, lorsque je reçu la nouvelle que Bréssuire a résisté hier au soir à une nouvelle attaque et a tué beaucoup de révoltés ; ils ont emportés leurs morts dans des charrettes qui sont à la suitte de la bande. Je reçois donc l’avis de ne pas marcher sans attendre le détachement de Roussillon que n’est pas encore arrivé, dès qu’il le sera je me porterai sur eux, je crois urgent de dissiper ce noyau sans quoy le mal sera sans remède. Je ne consulte que le salut public mais je crains trop faire en voulant bien faire, en ce moment j’ay avec moy un administrateur du district de Châtillon et un autre commissaire du département des deux Sèvres qui m’authorisent à tout. Cee qu’il y a d’étonnant c’est que qu’aucune forces reparoissent du chef lieu de ce département.

    J’ai emmené avec moy les prisonniers que je viens d’envoyer à Chollet, ils auroient été enlevés à Châtillon après mon départ si les gardes nationales mettoient un peu d’ordre.

     

    ***

     

    Copie d’une lettre de M Jeures lieutenant de la garde-nationale de de Saumur commandant en second le détachement, au district de Cholet

    Coron 27 août 1792

    L’an 4° de la liberté

    En vertu d’un ordre du directoire du district de Vihiers, le commandant de la garde nationale de Saumur établie dans cette ville détahca 8 maîtres et 35 gardes nationales pour se porter à Coron protéger les assemblées primaires de ce lieu dimanche 26 du courant avec ordre de se retirer à Vihiers le soir même, l’assemblée ne pouvant s’unir que tard le commandant du détachement envoya un cavalier d’ordonnance à Vihiers pour savoir s’il s’il devait si rendre où rester à Coron jusqu’au lendemain. Cette ordonnance fut attaquée sur les 7 heures et demie du soir à son retour proche le cidevant château des hommes appartenant au sieur de la haye par environ 20 hommes armés qui le sommèrent de leur remettre ses dépêches et qui sur son refus firent sur le champ sur lui une décharge de plusieurs coups de fusil. Le cavalier à été légèrement blessé à la main et son cheval à reçu une balle qui lui a percé le col d’outre en outre au dessus de la crinière et une autre dans l’arçon de la selle.

     

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

    + signature illisible.


    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (7° partie)....


     


    votre commentaire
  •  

    1792, vue depuis le Maine-et-Loire (6° partie)…

     

     

    Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

    1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     

    « Messieurs

     

    Nous recevons une lettre de M° Boisard dattée de deux heures du matin. Les rassemblements continuent, les patriotes se réfugient des campagnes sous la protection de nos détachemens, des émissaires parcourent les différentes paroisses pour ameuter les fanatisés, ils avoient amenés avec le maire de Chatillon, il leur a échappé dans leur retraite de devant Bressuire qu’ils ont attaqué à deux reprises ; mais toujours sans succès. Trois gendarmes et deux gardes nationaux ont été tués à cette attaque ; les insurgens se sont retirés en fuyant ; mais il est à craindre qu’ils ne se rassemblent. Leur nombre s’élève à six mille, peut-être cette pélotte grossira t elle, enfin nous ferons notre devoir : nous avançons encore un détachement de trente hommes sur Chatillon. M° Boisard pourra alors détacher de son corps sur Maulévrier et les Echaubrognes, où l’on voit de la fermentation, et craint du mouvement. Nous croyons vous avoir dit que les chefs sont, un sieur Delouche ancien maire de Bressuire et Baudry. Le premier est un homme de tête, le second à la réputation d’un extravagant. M° Boisard restera à Chatillon pour y attendre les forces qui s’avancent de Niort et de Partenay. A l’instant arrivent MM Combaut et Guillon qui nous annoncent l’arrivée de vos commissaires et d’un secours du onzième régiment que nous recevons avec reconnoissance.

       Les administrateurs du district de Cholet, signés G. Maugars Tetreau l’ainé

          23 août 7 heures du matin

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

          Les administrateurs du dept de Maine et Loire »

     

    ***

     

     

         Début du courrier manquant et c’est bien dommage...

     

    1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     

    « ... Et de subordination il ne leur arriveroit pas de mal, les opérations seroient promptes au lieu de lentes, elles ont toutes la bravoure nécessaire pour vaincre mais non la patience. Je suis en état de garantir les frontières de notre département de cette contagion, je menace du fer et du feu toutes les paroisses qui voudront se révolter.

    J’ay l’honneur d’être &

    Signé Boisard

    Dans un combat qui s’est établi entre une portion de mon détachement et des révoltés retranchés dans une métairie il en est résulté que le feu a consumé deux monceaux de paille et une partie de la métairie.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général »

     

    ***

     

    La phrase mise en gras dans la dernière lettre peut surprendre mais elle nous prouve à quel point la révolution ne supporte pas que l’on puisse se révolter contre les révolutionnaires (délicieusement paradoxal de mettre en contradiction les inventeurs de la déclaration des droits de l’homme contre eux-mêmes). En août 1792, nous ne sommes pas encore officiellement sous le régime de la Terreur même si le Roy vient d’être déchu. Les premiers fomenteurs de la révolution ont été, comme on le sait, la bourgeoisie des villes, empreinte de franc-maçonnerie (d’où le mot « frère » qui revient dans la plupart des correspondances et les signatures ornées de trois points), c’était la mode du temps et la secte cherchait à s’imposer sans imaginer qu’elle-même verrait bon nombre de ses membres tomber sous la guillotine quelques mois plus tard. Cette bourgeoisie citadine méprise totalement le petit peuple et n’a qu’un but en tête, remplacer et s’accaparer les prérogatives de la noblesse. Il n’est donc pas question de se révolter contre les « révoltés » de Paris et des grandes villes.

    Il a été décidé par idéologie de combattre le catholicisme ; comment des pèquenauds crottés osent-ils se rebeller contre ces décisions (et à fortiori, comment oseront-ils refuser d’aller se battre aux frontières un peu plus tard pour les « bobos » de Paris et les fonctionnaires…) ? C’est un scandale et ce camouflet est insupportable. Il est donc déjà question, bien avant les ordres génocidaires de 1793, de pallier par tous les moyens à une « révolte contre-révolutionnaire » selon le terme consacré. Comme il n’est pas imaginable de discuter quoique ce soit des lois parisiennes, il n’y a qu’une solution pour s’imposer : la violence extrême et le brûlement général.

    Doit-on en conclure que les idées génocidaires ont commencé dès la chute de la monarchie ?

     

    RL

    Décembre 2017

     

     

    1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     


    votre commentaire
  •  

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (5° partie)…

     

     

     Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

     

    « Copie d’une lettre de M. Beauveau procureur sindic du district de Cholet à MM les administrateurs du département de Maine et Loire

    A Cholet  le 22 aout 5 heures du matin

    Messieurs

    Ce matin, à trois heures, il est arrivé ici deux administrateurs du district de Châtillon  requérir secours ; vous trouverez ci jointe copie de l’arrêté de cette administration. J’aï fait rassembler sur le champ le directoire et la municipalité de Cholet. Nous envoyons à Châtillon 40 gardes nationaux et 6 gendarmes. Ce détachement prendra à la Tessouallle douze gardes nationaux ainsi le total du secours s’élèvera à 60 hommes avec les officiers. Nous y joignons une pièce de canon avec les munitions que peut contenir le coffre de l’affut ; l’on trouvera un supplément à Châtillon. Le rassemblement existe depuis dimanche, ils ont pillé les maisons de quelques administrateurs, et en ont assommé un (M. Richoux) il paroît qu’il n’y a point ainsi que l’expose la délibération, dix mille hommes ensemble, mais seulement deux mille, du reste, cette pelotte peut grossir. Ils marchent sur Châtillon où il n’existe aucune force publique. Nous aurions désiré envoyer plus de force ; mais nous ne pouvons nous dégarnir, il ne nous reste pas 20 hommes. Certainement, il seroit désirable de frotter si vertement ces mauvais sujets qu’ils ne fussent pas tentés d’y revenir.

    Quoiqu’il puise arriver, je vous réponds sur ma tête du zèle des administrateurs du district de Cholet et du procureur sindic

    Signé Beauveau

     

    ***

     

    Vous voyez messieurs combien est juste la pétition que vous a faite la municipalité de Cholet au sujet de ses grenadiers, nous voyons clairement l’inquiétude et l’agitation des campagnes voila l’orage qui éclatte à Châtillon, il se forme autour de nous et Cholet est le seul point de résistance, le seul où quelques forces existent (et) en imposent. Si vous perderés ce que nous avons de meilleur, comment pourrons nous défendre cette contrée ; c’est ce que je vous supplie de péser dans votre sagesse.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

     

    ***

     

    Copie d’une lettre des administrateur du district de Saumur aux administrateurs du département de Maine et Loire

    Saumur le 23 aout 1792 l’an 4ème de la liberté.

    Citoyens et confrères

    Depuis la lettre que nous vous avons fait parvenir par le retour de l’exprès que vous aviés envoyé la municipalité de Saumur s’est réunie à nous pour nous faire part d’une lettre de la municipalié de Doué qui demande des secours, exposant que tout est en feu et à sang à Bressuire et à Chatillon et que les environs demandent des secours.

    Sur le champ nous avons adressé une réquisition au commandant de la garde nationale de Saumur.

    Il fait partir deux cents hommes pour Doué avec un canon de huit livres de balles, des munitions et cartouches.

    Ce détachement restera à Doué pour la réquisition du procureur sindic qui se rend en la ville, maintenir la sureté jusqu’à ce qu’il soit requis par vos commissaires que demain matin, seront instruits del’arrivée de ce détachement à Doué.

    Dans le moment que notre détachement je dispose à partir, le secrétaire du district de Thouars vient d’arriver pour demander de la poudre de guerre ; il nous annonce que tous les troubles de ce pays sont nés du fanatisme, que la garde nationale de Thouars s’est portée à Bressuire et qu’elle a repoussé l’attroupement qui paroît considérable, il espère qu’on viendra à bout de la vaincre.

    Les administrateurs composant le directoire du district de Saumur, signés Daudenai, raymond, Rossignol, Font du Marais, Hervé, Coustard procureur sindic.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général »

     

     

    1792, vue depuis le Maine-et-Loire (5°partie)....

     

     


    votre commentaire
  •  

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (4° partie)…

     

    J’ose espérer ne pas être trop ennuyeux en saupoudrant ce blog de temps en temps avec les événements de 1792 que l’on peut découvrir en farfouillant les Archives Nationales.

    Voici un nouveau document provenant de la liasse F 7 3682/1-11, en attendant une suite qui promet d’être encore longue mais qui sera la plus complète possible.

    RL

    Novembre 2017

     

     

    « Du procès verbal des séances du Conseil Général du département de Maine et Loire a été extrait ce qui suit.

    Séance du 22 août 1792, 9 h du soir l’an 4ème de la liberté

    Le conseil général extraordinairement assemblé où étoient présents et assistoient :

    M. le président,

    M.M les administrateurs  dénomés en la séance de ce matin.

    Et le procureur général sindic

    M. le président a dit : que deux couriers extraordinaires dépechés par le district de Chollet viennent d’arriver successivement : ouverture faite des pacquets dont ils étoient chargés et lecture prise des pièces qu’il enfermoient, le conseil après discution, a pris l’arrêté suivant.

    Vu les deux lettres du procureur sindic du district de Chollet, en datte de ce jour, auquelles est jointe une copie de la délibération du district de Châtillon, le tout adressé à l’administration du département, portant qu’une insurrection violente vient de se manifester dans le territoire de ce district qui a réclamé secours et assistance de celui de Chollet.

    Que les gardes nationales de Chollet, la Thessoualle, Chemillé & Vezins ont déjà marché sur Châtillon au nombre de quatre vingt cinq hommes, que la présence de trente maitres du onzième régiment de cavalerie est nécessaire parce qu’il est possible que les insuregnes de Châtillon ayent des intelligences dans le voisinage de Chollet.

    Les conseil général du département considérant qu’il est de la plus grande importance non seulement d’empêcher l’entrée sur le territoire du département de la part des insurgents qui se rassemblent sur celui de Châtillon, mais encore de venir au secours de nos frères et de nos voisins.

    A… arrêté après avoir entendu le procureur général sindic que deux commissaires pris parmi ses membres seroient envoyés vers le district de Chollet, à l’effet de constater les événements dont cette partie du département se trouve menacée, prendre avec les membres du conseil général de ce district, toutes les précautions et les mesures qu’il jugeront nécessaires, pour s’opposer à toutes incursions ; à l’effet de quoy les dits commissaires demeurent autorisés à requérir la force armée, tant des gardes nationales que de la gendarmerie et troupes de lignes, soit de Saumur, Chollet, Vihiers, St Florent et de tous autres lieux de ce département, comme aussi de les faire marcher et porter partout où besoin sera, fournir secours et assistance à nos frères des départements voisins, et généralement statuer et arrêter tout ce que les circonstances et la nécéssité   pouront exiger ; leur donnant à cette fin tout pouvoir et commission.

    Et à l’instant le conseil général à nommé unanimement pour commissaires, MM Ollivier et et Richard administrateurs qui ont accepté.

    Arrêté qu’il sera écrit sur le champ à l’administration du district de Chollet pout luy annoncer la nomination et le départ de ces commissaires ; et à M Gauttier Brullon capitaine de la gendarmerie pour qu’il ait à se rendre à Chollet ou sa présence est nécessaire pour aider à rétablir la tranquilité publique.

    Fait au conseil général au département de Maine et Loire à Angers le 22 août 9 heures du matin mil sept cent quatre vingt douze l’an 4ème de la liberté.

    Pour expédition

    Barbot

    Secrétaire général »

     

     

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (4° partie)....


    2 commentaires
  •  

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (3° partie)…

     

    Suite du dépouillement de la liasse F7 3682/1-11 des Archives Nationales. Le lecteur saura remettre les pièces dans leur ordre chronologique.

    RL

    Novembre 2017

     

    21 août 6 heures du soir

    Extrait du registre des délibération du conseil permanent du district de Chatillon au département des Deux-Sèvres.

    Séance du 21 août six heures du soir mil sept cent quatre vingt douze l’an 4° de la liberté à laquelle ont assisté huit membres. Le substitut du procureur sindic présent il a été donne lecture d’une lettre de M. Deschamp medécin à Moncoutant adressée à M. le procureur sindic qui le prévient qu’un rassemblement de dix milles hommes est à Moncoutant qui doit se porter de suite à la foir de Châtillon pour incendier le district, un réquisitoire de la municipalité de Bressuire confirme ces bruits. Le conseil persuadé qu’il y a un peu d’exagération dans le nombre des hommes atroupés, mais suffisament instruit de l’existance de cet atroupement, des maux qu’il a déjà occasionné et des intentions perfides de ceux qui en sont les chefs, persuadé également qu’il ne peut trop se hâter d’en arrêter les funestes effets.

    A arrêté sur ce oui le substitut du procureur sindic que MM. Berra et Ferchau se transporteront à l’instant à Cholet et qu’ils se retireront par devers le conseil du district et de la municipalité pour les prier au nom de la fraternité qui les unit de leur donner toute la force publique dont ils pouront disposer.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général.

     

    ***

     

    Copie d’une lettre de M. le procureur Sindic du district de cholet à MM. les administrateurs et procureur général sindic du département de Maine et Loire

    Le 22 août 1792

    Messieurs

    Il est dix heures du matin, deux nouveaux députés de Chatillon arrivent. Les révoltés sont dans Châtillon, nous ne pouvons vous rendre compte de ce qui si est passé, nous y avons fait marcher soixante hommes tant d’ici que de la Tessoualle. Nous envoyons a cet instant un second détachement de 25 hommes. Nous avons requis les gardes nationalles de Vezins, de Chemillé et des Gardes. Nous avons écrit à Saumur pour demander à M. de Clapier qui commande le onzième régiment un secours de 30 maitres, quant à nous nous maintenons sur nos gardes mais nous vous demandons avec la plus vive instance un ordre a M. Le commandant du onzième régiment de cavalerie pour qu’il nous envoye sur le champ les 30 maitres que nous lui demandons. Je ne crois pas que ces révoltés nous attaquent, à moins qu’ils n’ayent des intelligences dans notre voisinage. Quoiqu’il en soit, je crois pouvoir vous assurer que l’on se battra bien à cholet. La volonte me paroit y être et le zèle de MM. les officiers municipaux et de M le commandant est au dessus d’éloge, je vous informerai de deux heures en deux heures.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général.

     

    ***

     

     

    Copie d’une lettre de M. le P. sindic du district de Chollet à MM. les administrateurs et procureur général sindic du département de Maine & Loire

    Le 22 août 1792

    9 heures du soir

    Messieurs

    Je reçois à l’instant une lettre de M. Boissard, je me suis trop hâté de vous donner des nouvelles satisfaisantes. L’insurrection n’est point terminée. Il paroit qu’il s’en faut. Nos gardes nationales remplies de valeur ont poursuivi les insurgents, il leur ont fait teste. Le brave Boissard me paroit avoir montré autant de talent que de courage il a saisi avec beaucoup d’intelligence le moment de faire une charge de cavalerie ; mais dans ce pays coupé de hayes et de fossés une pareille charge ne peut avoir qu’un effet momentanné, les révoltés se sont retranchés dans une métairie. Un très brave jeune homme de Chollet a été chargé de l’attaquer. Il l’a fait avec le courage d’un valeureux jeune homme ; mais il a succombé et a été grièvement blessé ainsi que deux de nos concitoyens, l’un de nos gendarmes a été tué (1). Notre détachement a fait 30 prisonniers, il en a été tué une dizaine. Il s’est retiré à Chatillon, j’avance un second détachement à l’appuy des précédants. L’on nous menace d’un rassemblement qui se porte de nouveau sur Chatillon, nous soutiendrons ce poste. Nous avons reçu environ 50 gardes nationaux de Vezins. Nous allons les employer, il faut veiller nos campagnes parce qu’il peut y exister quelqu’intelligence avec ces coquins. Je compte qu’il est impossible que cette ville coure aucun risque ; mais MM. je repette qu’il nous faut 30 cavaliers du onzième régiment nous ne vous demandons rien au dela si ce n’est que ses munitions et quelques armes. Je finis en vous exposant que le malheureux Juget gendarme tué laisse une femme et des enfants qui méritent les marques de la bienfaisance de la nation.

    Signé Beauveau P. Sindic

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

     

    Note :

    (1)  On sait que ce gendarme sera tué à Rorthais par un dénommé Vrignault, métayer à la Ronde.

     

     

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (3° partie)....


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique