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    Jeudi de l'Ascension, 9 mai 1793... 

         

       

     

    Jeudi de l'Ascension 1793....Le Jeudi 20 Floréal, les Vendéens viennent de prendre la ville de Thouars.

    Voici l'extrait d'une lettre du colonel Boisard écrite de Montreuil-Bellay, aux Administrateurs de la ville de Saumur. (Du bulletin en date du 10 mai 1793, l'an second de la République Française.)

     

    « Montreuil, 9 mai, l'an second de la République, sept heures du matin.

     

    Citoyens Administrateurs,

     

    Les rapports que me font à l'instant les différentes patrouilles que j'ai poussées du côté de l'ennemi, se réunissent tous à assurer que les rebelles ont pris hier la route de Parthenay. Une femme connue pour bonne patriote, vient d'arriver ; elle étoit hier à Thouars ; elle rapporte avoir vu des convois de vivres, des charrettes chargées de malades, et une grande partie des révoltés, tant en infanterie qu'en cavalerie, descendre le long du château de Thouars, pour prendre la route de Parthenay ; on croit que les ennemis se porteront de suite sur Niort.

      Les patrouilles, que j'ai envoyées, à la Motte-Bourbon, ont remonté la rive gauche de la Dive et n'ont absolument rien découvert.

     

      P.S – J'ouvre ma lettre pour vous informer qu'à l'instant j'apprends de bonne part que les révoltés sont partis pour Pathenay et Niort ; que, hier, ils ont fait filer des vivres et bagages ; qu'on leur a compté 60 charrettes chargées, qu'ils emmènent tous leurs canons, et qu'avant de quitter la ville, ils avoient sommé les habitants de la garder. »

      Puis l'extrait d'une lettre du général Leigonyer qui se trouve à Doué-la-Fontaine.

     

      « Doué, le 10 mai 1793.

     

      Suivant le rapport d'un citoyen digne de foi, l'ennemi a évacué Thouars hier à neuf heures du marin, sortant par la porte Saint jean, prenant la direction de Parthenay, au nombre de 20 à 25 mille hommes, tous armés de fusils, de piques et trente pièces de canons, emmenant avec lui les munitions de guerre et de bouche. Il a envoyé 7 à 8 pièces de canons à la Fougereuse où il a un corps de mille à douze cents hommes. Il n'a fait subir aucun maltraitement aux marseillois, à l'exception de deux ou trois qui vouloient s'évader.

      Les administrateurs du district de Thouars ont obtenu la liberté, à la charge de cesser leurs fonctions. Les chefs connus sont : les ci-devant marqui de Lescure, la Roche-Jacquelin, Bonchamps, l'Augrenière, Delbée, Baudry, de Brochin, un abbé appelé La Rivière, de Bouillé-Loretz, occupe un grade supérieur dans cette armée. »

     

     

      Sources: Archives Départementale du Maine et loire – les Affiches d'Angers n° 75 du samedi 11 mai 1793 – l'an deuxième de la République Française ( vue n°13 et 14/37) - Photo de l'auteur, fresques de l'église de Chanzeaux.

     

                                                                    

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

                 

     

     

     


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    1794, Saint-Etienne-de-Corcouée en pays de Retz...... 

     

         

     

     

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....Dans toute guerre civile, il existe de braves gens... C'est pour cela que la Vendée est ''une terre de martyrs et de genêts en fleurs''.

     

    « Un meunier de Saint-Etienne-de-Corcoué avait embrassé le parti de la Révolution ; en 1794, il se fit guide des colonnes infernales et participa à leurs meurtres et à leurs pillages, souvent lui-même massacrait de sa propre main les paysans les plus riches pour s'approprier leur argent. Sa soif de sang et de rapine était si insatiable, que chaque jour il se lançait à la recherche de nouvelles victimes. Le soir venu, il s'enfermait dans sa maison et mettait tout son bonheur à compter, à la lueur d'une chandelle de résine, les écus qu'il avait volés. Il allait ensuite les entasser dans un lieu secret connu de lui seul. Un jour, il avait conduit une colonne incendiaire chez sa belle sœur pour la faire égorger avec ses filles. '' Elles ne pourront faire connaître, se disait-il à lui même, comment je suis devenu riche''. Mais un instant auparavant une autre colonne les avait emmenées à Saint-Jean-de-Corcoué, où elles furent incarcérées dans une chapelle. Furieux d'avoir manqué son projet, il se rend en hâte chez le commandant de Saint-Etienne-de-Corcoué et lui demande à exécuter lui-même les prisonnières. Le commandant recule d'horreur à sa proposition et refuse de lui livrer les prisonnières. L'infâme meunier menace de le dénoncer. ''Quand on tue des Royalistes, dit-il, on n'assassine pas, on purge la France de ses ennemis''. Pour toute réponse, l'officier indigné lui tourne le dos. Le meunier se rend à Villeneuve, où se trouve le général, pour se plaindre de son subordonné. '' Les prisonnières, lui dit-il, sont en possession de correspondances royalistes, et on ne veut pas que je les saisisse.'' Le général lui donne l'ordre de massacrer ses parentes et de leur arracher leurs papiers. Transporté de joie, il arrive au galop à Saint-Etienne, et exige du commandant l'exécution de l'ordre qu'il vient d'obtenir. L'officier qui par humanité voulait sauver les femmes prisonnières, lui répond qu'il ira lui-même leur retirer des mains les correspondances qu'elles possèdent ; il ne les trouva nanties que de livres de piété et de chapelets. ''Voilà, dit le commandant au dénonciateur, les séditieuses correspondances que vous suspectiez. - C'est assez pour mériter la mort, s'écrie le misérable meunier, sans délai il faut exécuter l'ordre que j'ai apporté.'' Le commandant ne trouvant plus de prétexte pour refuser, monte à cheval pour n'être pas témoin du massacre des malheureuses femmes, auquel il ne peut s'opposer. Le féroce meunier, libre alors de ses allures, s'arme d'un sabre, de pistolets, de poignards et court à la chapelle où sont en prières sa belle sœur, ses nièces et d'autres femmes. Et afin d'être plus libre dans ses mouvements, il quitte sa veste, relève les manches de sa chemise et se précipite avec fureur sur les victimes qu'il sabre, qu'il taillade et qu'il mutile. Bientôt le sang coule à grands flots sur le carreau. Un enfant, qui venait pour visiter sa mère, est témoin de cette scène affreuse ; il s'enfuit saisi d'effroi et va raconter ce qu'il a vu. L'assassin n'est pas aussi ému ; après avoir arraché le dernier soupir aux prisonnières, il va se laver au ruisseau voisin, et rentre tranquillement dans sa maison. Il s'était déjà couvert de tant de crimes qu'une aussi monstrueuse scélératesse ne lui faisait plus d'impression. Cependant il était un objet d'horreur pour tous les habitants. Tous ses vols l'avaient rendu riche. A la paix il fit de nombreuses acquisitions, mais plus il acquérait de biens, plus il excitait l'animadversion publique.

    Aux Cent Jours, les soldats de M. de Goulaine* passant chez lui, voulurent profiter de l'occasion pour débarrasser le pays d'un pareil monstre. M. de Goulaine s'y opposa ; il consentit seulement à ce qu'on lui administrât une bonne volée de coups de plat de sabre. Les paysans, malgré ses cris, n'y firent pas défaut. Il eut encore d'autres fâcheux contre-temps.

     

      *Monsieur Charles, Benjamin, Marie de Goulaine était chevalier de Saint-Louis, maréchal de camp, domicilié au château de la Grange-Barbâtre, né à la Grolle et décédé le 8 octobre 1821 à Saint-Etienne-de-Corcoué, à l'âge de 76 ans. 

     

     

      Plus tard, le misérable meunier tomba dans un état affreux de souffrances. On l'entendait mugir et hurler, les souvenirs du sang innocent qu'il avait versé, venaient s'ajouter à ses douleurs physiques. Dans ses accès de fureur, il criait : '' ayez pitié de moi ! '' D'autres fois il disait : '' Tuez-moi donc comme je vous tuais, achevez-moi, achevez-moi.'' Un jour, sa femme épouvantée court chercher un prêtre. ''Que venez-vous faire ici ?'' dit le moribond en apercevant ce prêtre ; et il s'emporte contre sa femme qui l'a introduit près de son lit ; '' Tu cries sans cesse, reprit cette femme : Les voilà ! Les voilà ! Ils viennent me chercher pour m'entraîner dans l'enfer ! Qui peut t'arracher de l'enfer, si ce n'est un prêtre ?'' Le prêtre cherche à calmer cet homme désespéré et lui parle des miséricordes de Dieu et de sa mère qui est au ciel. « Ah ! ma mère ! Elle a été égorgée dans la forêt de Roche-Servière et j'assistais à ce massacre ! Il n'y a plus de pardon pour moi ! Je ressens déjà les tourments des démons.'' Le prêtre l'exhorte à espérer malgré ses crimes et à offrir à Dieu ses souffrances pour leur expiation. '' Mais, reprend le malade, toutes ces femmes, tous ces petits enfants que j'ai massacrés, ne crient-ils pas vengeance contre moi ?'' Dans son accès de délire, il se relève, étend ses bras comme pour repousser la vision qui se présente devant lui, ses cheveux gris se hérissent sur sa tête, la sueur qui inonde son visage et la frayeur qui contracte ses traits le rendent hideux à voir. Le prêtre lui présente le crucifix, et à force d'exhortations l'amène enfin à se confesser. L'agitation dès lors cesse, bientôt le repentir succède au désespoir. Il appelle près de lui les enfants de ceux qu'il a égorgés et les supplie de lui pardonner, puis, faisant un effort suprême, il se traîne à leurs genoux et les conjure de le fouler sous leurs pieds pour se venger de ses forfaits. Cette attitude émeut ceux qui l'entourent ; vaincus par ses regrets qui paraissent sincères, ils le suivent à l'église où le bon prêtre les engage à prier pour le converti. Ce meunier vécut encore plusieurs années. Sa conduite devînt assez régulière, il allait à la messe, faisait l'aumône aux pauvres. Mais avec le temps sa première ferveur s'attiédit, l'amour de l'argent le fit de nouveau travailler le dimanche. Or, un dimanche, sa femme ne le voyant pas revenir à l'heure du dîner (midi à l'époque, le souper étant le repas du soir), est inquiète, elle court au moulin pour savoir ce qu'il est devenu. Elle le trouve baigné dans son sang : l'aile de son moulin qu'un coup de vent subit venait de mettre en mouvement lui avait fracassé la tête.

    Sa mort fut regardée, dans tout le pays, comme une juste punition du ciel ».

    Le lieu du massacre sur le cadastre de 1839 : 

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

    Et sur la vue aérienne Géoportail :

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    La tradition orale de Saint-Etienne-de-Corcoué ne semble pas avoir laissé le nom du meunier ainsi que les noms des victimes du massacre de la Chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué.  Et Monsieur l'Abbé Deniau, par discrétion, a fourni quand même assez d'éléments permettant une identification assez sûre du meurtrier. 

    Il s'agit donc aujourd'hui, d'essayer de retrouver un meunier ayant conduit une colonne incendiaire chez sa belle sœur et ses filles dans le but de les égorger. Celles-ci étant détenues dans la chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué, il obtient des républicains ''le feu vert'' pour les massacrer. Devenu riche par ses vols et ses massacres, il fait des acquisitions à la paix. 

    Encore vivant aux Cent-Jours (1815), Monsieur de Goulaine* lui fait administrer une volée de coups de plat de sabre par ses soldats.  

    Ce meunier décède un dimanche matin, quelques années après la Restauration à Saint-Etienne-de-Corcoué, tué par une aile de son moulin.... Le moulin se trouve à une certaine distance de son domicile, puisqu'on l'attend pour le repas du midi et que sa femme inquiète court vers le moulin et le trouve mort :'' baigné dans son sang''.

     

    En parcourant les actes de décès de 1815 à 1825, deux meuniers décèdent un dimanche matin.

    Le premier : Charles Bretagne, décède le dimanche 10 février 1816 à 9 heures du matin à son domicile au moulin à eau de la Forchetière.

    L'année 1816 semble assez proche des événements des Cent-Jours et Monsieur l'abbé Deniau nous dit que ce meunier a vécu plusieurs années après ces événements. De plus, un témoin présent lors du contrat de mariage de sa fille, Marie Bretagne, qui épouse le 8 juin 1809 à St Etienne-de-Corcoué, Jean Bossis, farinier ; est un ancien officier vendéen : Mr Augustin-Joseph Mornet-Dutemple*. Cet élément élimine de fait notre farinier; un officier royaliste ne pouvant se compromettre avec la famille d'un assassin.

     

    *Augustin-Joseph Mornet-Dutemple est né à la Benate le 10 janvier 1774, est décédé à la Gautrie à Saint-Etienne-de-Corcoué le 1er Janvier 1830, ancien capitaine de la paroisse de Saint-Etienne, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, avait reçu une épée de récompense en 1824 ; commandant de la Garde nationale, il avait épousé Marie-Modeste Hervouët. (vue n°1/10 décès année 1830) 

     

    Par contre, le personnage que nous allons découvrir maintenant est beaucoup plus intéressant, son parcours et surtout sa mort ''collent'' avec le récit de Monsieur l'Abbé Deniau, à un détail près : la mère du meunier, Jeanne Bouanchaud, n'a pas été tuée dans la forêt de Rocheservière, mais est décédée le 27 février 1787 à la Paquetière à Saint-Etienne-de-Corcoué.

     

    Jean-Baptiste  Gaillard est né le 29 août 1752 à Saint-Etienne-de-Corcoué (vue n°3/12 année 1752). Il est le fils de Jean Gaillard, farinier († 12.6.1787) et de Jeanne Bouanchaud, mariés à St-Etienne-de-Corcoué le 6 septembre 1751. Il se marie le 24 février 1778 à Saint-Etienne (vue n°2/15 -1778) avec Marie-Anne Delomeau, fille d'Etienne Delomeau et de Marie-Anne Beziau de la paroisse de Legé. Il exerce le métier de meunier et est domicilié  au village de la Normandière en 1796. De cette union sont issus :

     

    1° Jean-Baptiste Gaillard, né le 10 janvier 1779 à St Etienne-de-Corcoué et décédé le 14 janvier.

    2° Marie Gaillard, née le 27 avril 1780 à St Etienne-de-Corcoué.

    3° Jean-Baptiste Gaillard, né le 25 mai 1785 à St Etienne-de-Corcoué.

    4° Rosalie-Pélagie Gaillard, née 9 janvier 1788 à St Etienne-de-Corcoué.

    5° Anonyme Gaillard, né le 16 août 1796 et décédé le 17 au village de la Normandière à St Etienne de Corcoué.

     

    Le 17 août 1796 décès de Marie-Anne Delomeau au village de la Normandière, âgée de 36 ans et son enfant âgé d'un jour, baptisé et inhumé avec sa mère le 18. (vue n°21/29, année 1796).

    Veuf, Jean-Baptiste Gaillard épousera Jeanne Michaud. En 1824, ce couple est domicilié à la Boulangerie à St Etienne-de-Corcoué.

     

    Voici donc l'acte de décès de Jean-Baptiste Gaillard, en consultant la table des décès, nous remarquons une marque (un point) près de son nom ; comme si quelqu'un de la mairie avait voulu se rappeler de ce meunier ? (acte n°22, vue n°5/10 du 22 août 1824) :

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    «L'an mil huit cent vingt quatre, vingt deux août, huit heures du soir. Devant nous Aimé-Fidèle Menu, maire officier de l'état civil de la commune de Saint-Etienne-de-Corcoué, canton de Legé, quatrième arrondissement du département de la Loire Inférieure, sont comparus Jean-Baptiste Gaillard âgé de trente neuf ans, meunier, demeurant au Marché-Bachelier et Jean Gris âgé de trente neuf ans, meunier, demeurant au bourg, les deux commune du dit Saint-Etienne ; le premier fils et le deuxième gendre du décédé ci-après nommé ; lesquels nous ont déclaré que Jean-Baptiste Gaillard, né en cette commune, âgé de soixante quatorze ans (72 en réalité), meunier, demeurant en cette commune à la Boulangerie veuf en première noce de Marie-Anne Delhommeau époux en seconde noce de Jeanne Michaud, fils des feu Jean et de Jeanne Bouanchaud, est décédé ce jour, à midi et demi en cette commune à son moulin, près Favet ; les comparants ont signé avec nous après lecture ».

     

    signé : Jean-Baptiste Gaillard – Jean Gris – A.F Menu, Maire.

     

      Nous sommes le dimanche 22 août 1824, ce meunier est bien attendu pour le dîner à midi, son épouse, Jeanne Michaud , inquiète* nous dit l'abbé Deniau, part de la Boulangerie et court vers le moulin à vent de Favet et découvre son mari mort à midi et demi, c'est le temps qu'il faut pour parcourir la distance entre la Boulangerie et le moulin Favet. L'abbé Deniau nous dit que sa femme le trouve la tête fracassée par l'aile de son moulin mise en mouvement par un coup de vent subit : le vent ou un règlement de compte ???

      * Si l'épouse de Jean-Baptiste Gaillard est inquiète, c'est que connaissant le passé de son mari, elle s'attend à quelques ''mauvais coups'', non ? 

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    Au sujet des victimes de la chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué ? Ce n'est pas Marie Braud épouse de Louis-Joseph Gaillard, qui se sont mariés le 7 février 1786 à St Etienne, puisque le 31 mai 1798 elle déclare avoir donné naissance à Julie Gaillard le 8 avril 1794 (naissance posthume).

    Peut-être Marie Jeanne Mignen qui a épousé Charles-Prudent Gaillard, boulanger, le 28 octobre 1788 ? Ou alors faut-il chercher du côté de Marie-Anne Delomeau-Delhomeau, première épouse de Jean-Baptiste Gaillard, originaire de Legé  ??

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée de Monsieur l'abbé Deniau TOME VI, pages 148,149,150 - Siraudeau éditeur à Angers. Archives départementales de la Loire Atlantique, St Etienne-de-Corcoué, St Jean-de-Corcoué, - cadastre de 1839 B3 section du bourg st Jean-de-Corcoué ; cadastre 1840 - E1- Coins (section des) St Etienne-de-Corcoué- Tables alphabétiques des successions et absences 1825-1831 vue n°48/118- Jean-Baptiste Gaillard - Photo de l'auteur. 

                                                              

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1815, Vive le Roi quand même !

     

      

      

    Vive le Roi ! « On n'a peut-être pas fait pour moi ce qu'on aurait dû, disait le brave Allard, mais il me reste le souvenir de ce que j'ai fait''. M. de Calais, qui avait pris les armes dès l'affaire des moulins de Cornet, qui avait fait constamment la guerre, et qui s'était échappé du désastre de Savenay, n'eut jamais aucune récompense ; à peine si on fit attention à lui. M. des Nouhes, qui, après avoir réussi à faire soulever, en 1815, les Royalistes des environs des Aubiers, s'était fait remarquer par sa bravoure dans le corps de M. Auguste de La Rochejaquelein, n'obtint pas le moindre titre honorifique. On lui avait fait espérer la croix de Saint-Louis, mais on sut toujours l'oublier. M. Boutillier du Retail, brave officier de l'armée du Centre, dont la famille fut en butte à tant de maux, vit ses sollicitations croupir dans les cartons du ministère. Les simples volontaires royalistes étaient, comme leurs officiers, l'objet des avanies et des dénis de la part des fonctionnaires publics. » 

     

      On dégrade même les gendarmes jugés trop royalistes... 

     

      « Massonneau de Saint-Georges-sur-Loire, qui avait perdu vingt huit membres de sa famille pendant la guerre et qui, en 1815, s'était arraché d'auprès de sa femme, prête à accoucher, pour voler sous la bannière de d'Autichamp, en criant : ''Vive le Roi quand même ! avait obtenu, après les Cent-Jours, le grade de brigadier de gendarmerie, mais trouvé trop exalté royaliste par ses chefs, ils le remirent simple gendarme. Massonneau veut qu'on sache pourquoi il est dégradé. ''Rassemblez la brigade, dit-il à son commandant, dégradez-moi devant elle, et dites-lui que je subis cette humiliation parce que je suis trop royaliste : mais vous aurez beau faire, vous ne m'arracherez jamais du cœur mon amour pour le Roi ; plus tard on me renverra, on me réduira à la misère, eh bien ! je ne l'en aimerai pas moins encore, car, voyez-vous, notre dévouement pour lui, ça ne s'ôte pas d'un cœur vendéen. C'est dans mon cœur d'aimer les Bourbons, ça tient à moi comme mon âme à mon corps. Je retournerai chez nous ; je dirai à mes enfants : « Enfants ! Je n'ai plus de pain à vous donner, voilà un bissac, allez frapper à la porte des honnêtes gens ; dites   : Nous sommes les enfants de Massonneau, et on remplira de pain votre bissac'' ». 

     

      Voilà où en étaient réduits les plus fidèles serviteurs de la Monarchie. 

      

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée de Monsieur l'abbé Deniau TOME VI, pages 431-432,  Siraudeau éditeur à Angers. Photos de l'auteur. 

                                                          

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Vive le Roi !


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    La Seigneurie de Beaurepaire

     

             

    Le château de Beaurepaire vit le jour pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans, les premiers textes le mentionnent vers 1350. Né sous le signe des hostilités, il allait connaître au cours des siècles les épreuves du feu et du sang.

    Le manoir est le prototype même de la gentilhommière du bocage.

    Le vieux porche à portes charretière et piétonnière surmonté d’un blason aux armes des « De la Forest », est flanqué de deux tours défensives sur les quatre jadis existantes, on dit bien que dans une fut détenu un combattant vendéen et celle-ci fut nommée « la tour du chouan ». Le logis seigneurial quant à lui, fut reconstruit aux cours des 16ème et 17ème siècles.

    Ce logis possède une entrée décorée d’un bel arc en plein cintre donnant sur un large escalier à rampe droite. Les pièces intérieures possèdent des fenêtres à meneaux droits ou à croisés de pierre, ainsi que d’imposantes cheminées. Sous les bâtiments, existe une superbe cave voûtée. Les textes mentionnent une chapelle sous le vocable de St Georges, mais celle-ci fut détruite au cours des événements tragiques survenus en ce lieu, (les propriétaires actuels souhaitent dans un proche avenir la restaurer). Notons que la basse-cour comporte une tour porche ainsi qu’un pigeonnier le long du mur d’enceinte, celui-ci percé de meurtrières prouvant le caractère défensif de l’édifice.

    Le premier seigneur vers 1320 fut Nicolas Beau, qui eut pour enfant : Jean, Valet et Jeanne mariée le mardi d’après la St Martin d’hiver de l’an 1355 à Simon de la Forêt-Montpensier, chevalier habitant le Breuil-Chaussée. La famille De la Forêt ou « Forest » unie par mariages à l’illustre famille du Poitou, les « Du Vergier de la Rochejaquelein ». En effet, François du Vergier de la Rochejaquelein épousa vers 1570 Renée de la Forest, fille de René, seigneur de Beaurepaire en la paroisse de Terves ; Renée venue de François de Vignerot, Ecuyer, seigneur de Pont-Courlay devenant ainsi par la grâce de Dieu l’aïeule tout d’abord de la famille des Ducs de Richelieu par le fils de son premier lit, ensuite aïeule de l’illustre « Monsieur Henry » Généralissime des Armées Catholiques et Royales.

    Par mariages et successions, le domaine passa dans les familles suivantes :

    -          Josias de Sainte Maure, seigneur de la Guiroire, vers 1600

    -          Réné d’Appelvoisin en 1658

    -          Louis de Foudras, Comte de Château Thiers en 1705

    -          Hugues de Lezay, Marquis de Lusignem

    -          Luc Jerôme de Gibot, seigneur de Saint Mesmin

    Au cours de ces fameuses « Guerres de Géants » dixit Napoléon, le château de Beaurepaire eut à subir la rage des armées destructrices des armées républicaines. En effet, l’édifice fut brûlé deux fois par les colonnes infernales des républicains Westerman et Grignon, détruisant une importante partie des bâtiments dont la chapelle. Les occupants du château, de l’aveu même de la Marquise de la Rochejaquelein à la lecture de ses Mémoires, passaient pour être des fidèles de Monsieur Henri :

    -          Pierre Geay, fermier à Beaurepaire, participa au soulèvement de 1792 et devint capitaine de paroisse de Terves de 1793 à 1795.

    -          Jacques Martineau , métayer à Beaurepaire, fut aussi de ses fidèles participant à six batailles comme simple soldat dont celle du vendredi Saint 1794 au lieu dit «  St Benoit » (sur la route Boismé - Clessé) mais aussi celle de Vezins, St Pierre de Chemillé, La Chataigneraie, c’est dans cette bataille qu’il perdit son père. Dans l’année 1815, ne pouvant plus prendre les armes à cause de ses infirmités, Jacques Martineau fit partir quatre de ses domestiques dont l’un de ses frères tué à la bataille des Echaubrognes.

     

    Jacques Martineau cacha, aussitôt le serment des prêtres, des religieux dont l’abbé Proust curé de la paroisse et de nombreux royalistes ( les Blancs), dont Mr Du Fay et Mr Paulin régisseur à Clisson, dans une cache humide du château.

    -          Le fils Racaud fut élevé par la famille de La Rochejaquelein après que son père, domestique de Beaurepaire, eut été tué par les Bleus (les républicains) en voulant protéger « Monsieur Louis » au Bois Rocard, paroisse de Boismé le 28 juin 1832 lors du dernier soulèvement vendéen près d’un demi-siècle après la première « grand guerre ».

     

    A la Révolution de 1789, la seigneurie de Beaurepaire appartenait à Luc Gibot, seigneur de Lavau-Richer, paroisse de Chanteloup. Il en fut le dernier seigneur. Le domaine de 74 ha (terres, bois, garennes, étangs) fut vendu et passa entre les mains de divers propriétaires dont les derniers procèdent à une restauration prudente et passionnée.

     

    Christophe G

    Mai 2017

     

     

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

     


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  • 1832, état d'esprit du Vendéen et légitimité

     

     

          

     1832, suite.... 1793-1796, 1799, 1815, 1832... Cette longue période de guerre civile « a engendré toutes espèces de crimes et d'horreurs. Quand les passions humaines sont déchaînées, elles transforment les hommes en véritables sauvages ; ce qui faisait dire à un officier républicain employé dans les armées de l'Ouest :

     

      « J'ai lu tous les livres où les horreurs de la République sont racontées : eh bien ! Je vous le déclare, tout ce qu'on a écrit n'est rien. J'en ai vu, moi seul, cent fois plus. »

     

      C'est dire que les atrocités commises en Vendée dépassent l'imagination.

     

      « En juin 1832, Athanase de Charette* ex-colonel de cuirassiers et ex-pair de France, était jeune encore, et plein des idées chevaleresques de sa race, il brûlait de se rendre digne du nom qu'avait immortalisé son oncle et que son frère Ludovic avait si dignement soutenu en 1815.

     

    *Il était fils de Charette aîné, frère du général, et par conséquent neveu du héros vendéen. Il naquit à Nantes le 14 janvier 1796. Il fut tenu sur les fonts du baptême par le comte d'Artois, depuis Charles X. Il fut placé avec son frère Louis, tué en 1815, dans les gardes du Roi en 1814 (Pascallet, p.25).

     

      Energique et tenace dans ses idées, il était profondément dévoué à la duchesse de Berry et à son fils. Pour enflammer d'ardeur les officiers vendéens, il leur annonça que madame allait se rendre en Vendée et marcher à leur tête. Cette communication ne permit plus, même aux plus pusillanimes, de faire la moindre objection, leur honneur était en jeu, ils ne voulurent pas y faire défaut, malgré l'insuccès qu'ils prévoyaient.

     

      En effet, beaucoup étaient convaincus que le soulèvement de la Vendée, dans les circonstances actuelles, était inopportun et n'amènerait que des catastrophes. La Vendée n'avait plus la foi politique et l'élan d'autrefois. Un grand nombre de fils et des petits-fils des vétérans de l'ancienne guerre n'étaient plus dans les sentiments de leurs vieux pères. Egarés par la propagande révolutionnaire et découragés par l'ingratitude de la Restauration, ils avaient embrassé le parti de la Révolution. Ceux qui étaient restés franchement Royalistes se demandaient même, avant d'agir, si tous les moyens d'action avaient bien été sérieusement ordonnés. Les prêtres, quoique sympathiques à un soulèvement bien préparé et ayant des chances de succès, n'y donnaient leur adhésion, pour la plupart, que discrètement. Beaucoup manifestaient même de vives craintes sur le résultat définitif. Pour entraîner ceux qui paraissaient hésiter, on fit circuler le bruit que le Midi, le Maine et la Bretagne allaient se soulever en masse, que vingt deux régiments de ligne étaient gagnés à la cause royaliste, que les cours étrangères favoriseraient activement une levée de boucliers et qu'elles allaient déclarer la guerre à l'usurpateur. Ces communications confidentielles données avec un ton de conviction profonde finirent par faire disparaître les inquiétudes chez un grand nombre. »

     

      Nous connaissons la suite, ce fut un échec cuisant. Le gouvernement de Louis Philippe usa d'une certaine clémence envers la duchesse de Berry, mais il reporta toute sa rigueur envers ceux qui avait secondé les projets de l'exilée. Les têtes des chefs légitimistes furent mises à prix.

      Pour terminer et aiguiser votre curiosité, il semblerait intéressant de revenir sur la mission confiée par le roi Charles X à Monsieur de la Rochejaquelein, en juillet 1830.

      En effet, « Retiré au château de Rambouillet, un roi de France attend avec anxiété les nouvelles de Paris : la Monarchie vacille, les combattants s'avancent, le sang va couler.

      Le Roi, cependant à 12000 soldats fidèles qui peuvent vaincre ces parisiens révoltés, mais Charles X (nous sommes en juillet 1830) Charles X hésite, n'ordonne rien, ne répond pas aux demandes : le Roi attend.

      Il a envoyé un officier, Monsieur de la Rochejaquelein, à Gallardon, près de Chartres ; celui-ci doit consulter un paysan, Martin. De sa réponse dépend le sort de la France. La Rochejaquelein revient à Rambouillet dans la nuit.

      Martin a répondu : « Charles X ne régnera plus – il doit sortir de France au plus vite – il mourra à l'étranger ainsi que son fils Angoulême – ils ne reverront jamais la France – le petit-fils du Roi ne sera pas roi. » – Charles X écoute le message ; il se résigne tristement et il signe son abdication ainsi que son fils Angoulême. Et puis, tous deux partent pour l'exil...

      Qui est donc ce Martin, ce paysan, qui a prédit l'avenir de la famille royale, convaincu le Roi et changé ainsi le sort de la France ? 

      Dieu avait donc d'autres projets pour notre Pays, les jeux étaient faits, 1832 fut la suite de l'événement de 1830...

     

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome VI, pages 92,547,548. - Martin, le Paysan visionnaire du village de Gallardon, page 1 Préambule, de Noëlle Destremau.- Photo de l'auteur, Saint-Florent-le-Vieil, la colonne de la duchesse d'Angoulême..

                                                        

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    1832, suite....


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