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    Vendée, février 1794.

    Mois des massacres les plus violents….

     

       

    Février 1794....« Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes, seulement suspectes, ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général lait préalablement ordonnée.

      Tous les villages, métairies, bois genêts, et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes etc... »

     

      Instruction relative à l’exécution des ordres.

    (rédigée par le général Cordellier à l’intention de ses chefs de corps.)

     

      Vendredi 28 février 1794, le massacre des Lucs-sur-Boulogne, un futur général de l’Empire participera au massacre : Louis Liger-Belair, son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe… (564 victimes dont 109 enfants de moins de 7 ans.)

     

      Il faut en finir avec le virus républicain !

     

    « Le virus républicain tue en masse depuis plus de 200 ans et, pourtant, personne nen parle ! »

     

     

    Source :

     

    . Gravure : Le virus républicain - Vexilla Galliae - Alban Guillemois – 21 janvier 2021.

                                                                

    XavierPaquereau pour Chemins Secrets


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    Le mystère des Oulleries...

     

     

    Les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés hier en comité très restreint, autour de Maulévrier, des Oulleries et de la Durbelière. Le temps était frais et très humide, rien de tel pour évoquer des événements de sinistre mémoire. Je ne ferai pas ici le reportage de cet après-midi à la frange de la clandestinité avec seulement quatre membres venus braver les frimas de l’hiver. Aux Oulleries, nous avons bien entendu évoqué la victoire vendéenne du 18 mars 1794 contre les troupes de Grignon ainsi que celle du 27 suivant, qui quant à elle est davantage sujette à caution, n’étant mentionnée que par l’abbé Deniau et curieusement par aucun mémorialiste vendéen ni rapport républicain.

    Cet endroit, un peu perdu au nord de Saint-Aubin-de-Baubigné conserve une ambiance étrange, un peu inquiétante, que l’on soit à la belle ou à la mauvaise saison. Outre les événements des Guerres de Vendée, l’abbé Gabard raconte des choses bien surprenantes à propos des Oulleries dans son ouvrage « Histoire de la paroisse de Saint-Aubin-de-Baubigné » en 1908 (p. 187) :

    Il y avait autrefois de nombreuses superstitions, dont plusieurs n’ont pas encore complètement disparu.

    On croyait facilement à l’existence de trésors cachés. Il y avait disait-on, dans le fief des Oulleries, une barrique pleine d’argent, qu’on ne pouvait apercevoir que dans des circonstances très rares, par exemple pendant l’évangile du dimanche des Rameaux. Il y avait encore, vers 1840, des gens assez crédules pour aller y faire des recherches pendant la nuit.

    On y voyait aussi quelquefois un homme sans tête, et les bergers, en gardant leurs troupeaux, y entendaient quelquefois des plaintes sous terre.

    Qu’il est bon de se laisser aller à son imagination... Ce trésor, pourrait-il être l’une des caches de Stofflet, dont nous avons abordé un épisode savoureux ici ? L’homme sans tête me fait inévitablement penser à celui qui rôdait autrefois entre la Crepelle et la Douarnière de Cerizay. Quant aux plaintes sous terre... Quelque soldat de Grignon, mal tué et condamné à gémir pour toujours depuis sa tombe ?

    Et vous, qu’en pensez-vous ? Avant de me répondre, écoutez-donc le vent qui souffle au-dehors en ce début février. Peut-être apporte-t-il la réponse...

    RL

    Février 2020

     

         La croix de Oulleries, hier :

    Le mystère des Oulleries....

        La chapelle au mois de mai 2012 (propriété privée - photos de  La Maraichine normande) :

    Le mystère des Oulleries....

    Le mystère des Oulleries....

    Le mystère des Oulleries....

     

      


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    Le 4 fructidor de l’an 9.

    La République teste ses vaccins sur les enfants trouvés.

     

      Restons calme et abordons ce sujet brûlant, en se retenant de dessiner des mots grossiers, vulgaires, méchants envers les pourris qui nous dirigent.

      Rien n’a changé, la République maçonnique de l’an 9 est déjà servie par des hommes dépourvus de tout sens moral.

      Lorsque vous êtes né pauvre et sans famille, vous devenez automatiquement la proie de toutes sortes de prédateurs et de malhonnêtes, un cobaye, une marchandise, un inutile...

     

      A défaut de volontaires, le Citoyen Chevreul, médecin, chirurgien de l’hospice des enfants de la patrie  à Angers, nous dit, toute honte bue : « J’ai choisi parmi les enfants que j’ai vacciné à l’hospice, des enfants de la patrie, je les ai inoculés avec du virus variolique »

      Il n’a aucune idée du résultat, il n’est pas sûr de la contre épreuve, c’est un test, comme nous le verrons dans l’article des Affiches d’Angers qui suit.

      Bien entendu, ce serait évidemment être complotiste d’y voir de la maltraitance, n’est-ce pas ?

     

      Ce petit médecin égoïste et sans grandeur d’âme a choisi ses patients parmi les plus pauvres, incapable d’imiter le roi Louis XVI qui prend le risque, avec ses frères, de se faire vacciner contre la variole à Marly le 18 juin 1774. Le risque était pourtant immense en cas d’échec, à cause de la succession au trône.

     

    Vaccination répubicaine en l'an IX....

     

    « Sextidi 6 fructidor – n°169 – an 9 de la République ».

     

    « Les Affiches d’Angers. »

     

    « VACCINE »

     

      « Les avantages inappréciables que présente la vaccine se confirment tous les jours par les observations les plus authentiques.

      Les contre épreuves se multiplient, et toutes prouvent que le vaccin a la vertu de préserver de la petite vérole. Cependant comme les contre-épreuves ne peuvent être trop répétées, j’ai cru, pour ma satisfaction particulière, pour celle des personnes qui ont eu confiance dans cette précieuse découverte, pour fixer enfin l’opinion de plusieurs personnes qui hésitent encore à l’adopter, devoir faire la contre épreuve.

     

      Le 25 thermidor dernier, j’ai choisi parmi les enfans que j’ai vacciné à l’hospice des enfans de la patrie, trois enfants élevés sous mes yeux et qui n’ont jamais eu la petite vérole. Je les ai inoculés avec du virus variolique récent et de bonne qualité, en présence des citoyens Berger, médecin ; Guérin, médecin de l’hospice civil et militaire ; Lachèse et Garnier, chirurgiens en chef du même hospice, et Laroche, officier de santé à  Angers.

     

      Le premier, Louis Mélisson, âgé de neuf mois, avait été vacciné le 12 prairial. Nous avons examiné ses bras qui nous ont montré quatre cicatrices profondes, que nous avons reconnu être produites par la vaccine. Je l’ai inoculé par piqûre aux deux bras. Les lancettes étaient surchargées de matière varioliques, et j’ai fait les piqûres assez profondes pour ne rien laisser à désirer pour l’introduction du virus.

      Le second enfant, Joséphine Poirier, âgée de cinq mois, avait été vaccinée le 23 prairial, la vaccine n’avait pris qu’à un bras et qu’une piqûre : aussi n’avons nous trouvé qu’une cicatrice. (Les vaccinateurs savent qu’une seule piqûre qui réussit, est suffisante pour préserver de la petite vérole.) Je l’ai inoculée aux deux bras.

      Le troisième, Mathurin Durand, âgé de deux ans, avait été vacciné le 2 messidor. La vaccine n’avait également réussi qu’à un bras et qu’à une piqûre. Je l’ai aussi inoculé aux deux bras.

      Nous nous sommes ajournés au 4 fructidor, pour constater les effets de l’inoculation.

      Réunis à cette époque, nous avons visité nos trois inoculés, et nous avons constaté que le virus variolique n’avait produit aucun effet : ce qui prouve d’une manière convaincante la vertu préservative que possède le vaccin.

     Cette contre épreuve, faite sans prévention et par le seul désir de d’apprécier une découverte si importante pour l’humanité, ne peut que concourir avec toutes celles qui ont été déjà pratiquées tant en France que chez l’étranger, et qui par-tout l’ont été avec le même succès, à assurer à ce nouveau genre d’inoculation toute la confiance qu’il mérite. 

    Angers, ce 4 fructidor an 9 républicain.

    Signé Chevreul, méd, chir de l’hospice des enfants de la patrie. »

     

      Vous savez, comme disait Voltaire : « Les médecins sont des gens qui introduisent dans un corps qu’ils connaissent mal, des substances qu’ils connaissent encore moins bien. »

     

      Quand on annonce les « avantages inappréciables que représente la vaccine qui se confirment tous les jours par les observations les plus authentiques » et qu’on est sûr de son vaccin, on pratique les tests sur soi, ses proches, sur ses enfants ou entre « sachants ».

     

      A propos de « sachants », nos politiques vont donner l’exemple en se faisant vacciner, chiche ? Avec des seringues sans aiguilles, des aiguilles rétractables ou avec leurs embouts, comme nous avons pu le voir dernièrement dans la presse aux ordres ? Et même si la « piquouse » était réelle, le vaccin serait-il le bon ?

      Les qualités d’un homme politique sont bien connues : « L’argent, les relations, la bonne présentation, l’absence de scrupule et d’idéal, le mensonge, la luxure, le mépris du faible, le goût de l’intrigue et l’art de la démagogie ; atouts indispensables à la réussite de l’homme politique traditionnel. »

     

    Sources.

     

    . Les Affiches d’Angers – sextidi 6 fructidor – n°169 – an 9 de la République. Vue n°5/30.

    . Photos : Bulletin de santé du Roi et de ses frères. l’Histoire par l’Image.

     

                                             Xavier Paquereau pour Chemins Secrets


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    De Noirlieu aux Aubiers, la bague d’une rescapée de 1794...

     

     

    Il y a quelques mois, je recevais un curieux message de la part d’un lecteur de Chemins secrets. Plutôt que de résumer ce message, je préfère laisser parler ici son auteur, M. Bertrand C*** qui rapporte une singulière anecdote.

    Adolescent, j'avais parcouru les routes du Nord Deux-Sèvres grâce à la générosité d'une grand-tante qui voulait bien me véhiculer de mairie en cimetière. Aujourd'hui, la numérisation rend les choses évidemment plus faciles.

    Une histoire transmise par la tradition familiale m'intrigue depuis longtemps. La source en est mon aïeule Marie Millasseau, épouse Garreau puis Benoist, qui était l'une de mes arrière-arrière-grands-mères du côté maternel.

     

    Des Noirlieu aux Aubiers, la bague d'une rescapée de 1794...

     

    Née en 1836 à la Tremblaye des Aubiers, elle mourut à Noirterre presque cent ans plus tard, en 1935. Elle avait perdu ses deux parents en 1858 et s'était retrouvée à l'âge de 22 ans à la tête de sa ferme de Bois-Savary (1) de Noirterre, où ses parents avaient emménagé à la fin des années 1840, en charge d'une nombreuse fratrie. 

    Quoiqu'étant l'aînée, elle survécut à tous ses frères et sœurs, finissant ses jours dans la maison de son fils Onésime, dans le centre-bourg de Noirterre. Ma grand-tante Andrée Benoist (1910-1992) a partagé avec elle bien des souvenirs, notamment pendant les dures années de la grande-guerre. Elle m'en a confié quelques-uns.

    Celui-ci est le plus marquant. Sa grand-mère lui avait transmis une curieuse petite bague ornée d'un grenat qu'elle tenait elle-même de l'une de ses ancêtres.

     

    Des Noirlieu aux Aubiers, la bague d'une rescapée de 1794...

    Seule survivante de sa famille, victime d'un massacre perpétré par les Bleus au Aubiers, à la ferme du Chaiseau, cette aïeule se serait cachée dans les genêts et on l'aurait découverte, portant cette bague au doigt.

    Voilà pour l'histoire, telle qu'elle m'a été transmise par ma grand-tante Benoist.

    J'ai d'abord orienté mes recherches vers les Aubiers et j'ai découvert (grâce au martyrologe que vous avez publié dans votre blog, et je vous en remercie sincèrement) qu'une de mes aïeules, Marie-Magdeleine Moreau, épouse Millasseau, avait été effectivement massacrée à l'âge de 56 ans, le 4 mai 1794,  dans sa ferme de la Fragnaie (2). Cette dernière s’inscrit en revanche dans la lignée paternelle de Marie Millasseau. De plus, cela ne correspondait pas à un massacre collectif, puisque les autres membres de la famille semblaient avoir été épargnés. Son fils Louis Millasseau, né en 1774, n'était en outre plus un enfant au moment de ce massacre.

    Le lieu posait également problème, puisqu'il  s'agissait de La Fragnaie et non du Chaiseau, cette seconde ferme étant en effet liée à une autre branche, celle de la famille Mousset. Une autre difficulté s'ajoutait ensuite à la première : le Chaiseau (ou Chézeau) n'apparaît dans l'histoire de cette branche que bien ultérieurement à la révolution, le grand-père Louis Mousset (1776-1830) étant mort effectivement en ce lieu, mais étant originaire de La Coudre, tandis que ses enfants étaient nés à la Rouillonnière de Sanzay, en 1812 puis 1815. Beaucoup de déplacements donc, dans la logique de cette période si troublée, et la certitude que ce massacre n'avait pas pu avoir lieu au Chézeau, contrairement à ce que ma grand-tante prétendait.

     

    Un indice m'interpelait cependant, le jeune âge de la grand-mère Marie-Louise Niord, épouse de ce Louis Mousset,  au moment de la période révolutionnaire. J'orientai alors mes recherches vers Noirlieu, où elle était née le 5 novembre 1784 (et baptisée le lendemain).  

    Le problème est que la plupart des registres de Noirlieu datant de cette période ont disparu. On ne trouve guère qu’une table décennale reconstituée, où j’ai néanmoins trouvé le nom de la mère de Marie-Louise Niord, Louise Billy, "femme Niord", décédée le 12 brumaire an 3, soit le 2 novembre 1794.

    Une enquête sur Geneanet m'a appris en outre ceci : Louise Billy avait plusieurs enfants d'un très jeune âge en 1794, dont les dates de décès ne sont pas mentionnées et qui n’ont aucune descendance : Louis-Urbain, né en 1783, François, né en 1790, François-Louis, né en 1791. A noter que la date de décès de Louis Billy est indiquée : août 1794 (et non novembre), pour une raison qui me reste inconnue. Mois qui correspondrait à celui du combat de Noirlieu (3) dont vous parlez dans l'un de vos articles.

     

    Voici donc mon hypothèse : Louise Billy aurait été tuée en même temps que ses fils, tandis que sa fille Marie-Louise réussissait à s'échapper.

    Je n'ai pour le moment aucune preuve que cette hypothèse corresponde à la réalité des faits, hors la tradition familiale qui affirme qu'un massacre eut lieu au niveau de cette génération, et la certitude que la chaîne de transmission de ces souvenirs est globalement fiable.

     

    Bertrand C***

     

     

    Essayons de répondre point par point à notre ami avec les notes suivantes :

     

    (1) Le Logis du Bois-Savary appartenait durant les Guerres de Vendée à la famille Chauvin. Ce sont des notables favorables à la révolution mais farouchement opposés au système des colonnes infernales. Jean-Auguste Chauvin (1769-1834) sera l’un des farouches dénonciateurs des crimes commis par Grignon, qui justement commettra bon nombre de tueries à Nueil et aux Aubiers. On retrouve ses dénonciations dans « Guerre de la Vendée et des Chouans » par Lequinio, octobre 1794. L’historien de Mauléon, Xavier Maudet, donne beaucoup de précisions sur cette famille dans « La Révolution Française à Châtillon-sur-Sèvre », Editions Claude le Mastin, 2018, op. cit. p. 309 et s. J’y ferai moi-même allusion dans mon ouvrage à sortir en 2021 sur Grignon, ce dernier connaissant apparemment très bien Jean-Auguste Chauvin. Comment l’ancêtre de notre ami s’est-elle retrouvé dans la ferme de Bois-Savary ? Y avait-elle été envoyée par la famille Chauvin ?

     

    (2) Le Chaizeau et La Fragnaie sont relativement éloignés l’un de l’autre, 4,5 km à vol d’oiseau. Le Chaizeau présente un bâtiment en ruine sur le cadastre de 1813, comme la plupart des hameaux et fermes de ce secteur, entre Les Aubiers et Saint-Clémentin. Nul doute que la sortie de la colonne de Grignon du 14 mars 1794 y fit d’importants dégâts. Quant à La Fragnaie, aucune ruine sur le cadastre, ce qui ne prouve pas que rien n’y ait brûlé, une première campagne de reconstruction ayant eu lieu avant 1808. En revanche, le martyrologe des Aubiers y recense effectivement une victime le 27 février 1794 et cinq autres le 4 mai dont l’ancêtre mentionnée par notre correspondant.

     

    (3) Le 4 août 1794, Caffin annonce dans un rapport avoir « tué 200 brigands » (SHD B 5/10-1). Il ne serait pas très surprenant que les hommes de Grignon et Caffin aient tué des femmes et des enfants sur leur parcours mais le prouver demeure impossible à ce jour.

     

    Des Noirlieu aux Aubiers, la bague d'une rescapée de 1794...

     

    Quelqu’un pour aider notre ami dans ses recherches ?

    Merci de me contacter par commentaire ou par e-mail sur le blog.

     

    RL

    Janvier 2021

     

      


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    Prison du Temple, 21 janvier 1793

                         

     

      «  La Messe commença à six heures. Pendant cette auguste cérémonie, il régna un grand silence. Le Roi, toujours à genoux, entendit la Messe avec le plus saint recueillement dans lattitude la plus noble. Sa Majesté communia : après la Messe , le Roi passa dans son cabinet, et le prêtre alla dans ma chambre, pour quitter ses habits sacerdotaux. »

     

    21 janvier 1793....

    Source :

     

    . Le Journal de Jean-Baptiste Cléry, ce qui s’est passé dans la tour du Temple pendant la captivité de Louis XVI, roi de France. Page 171.

    . Gravure : Louis XVI

     

    Xavier Paquereau  pour Chemins Secrets


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