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    La mort du Roy… 

     

           

    Mort du Roi Louis XVI....Le 27 janvier 1793, c’est avec sécheresse que les Affiches de Nantes ont rapporté la mort du Roi Louis XVI.

     

    « Paris, le 21 janvier 1793.  

     

    Louis Capet est sorti du Temple, vers les dix heures du matin, dans la voiture du maire, accompagné de ce magistrat, du commandeur général, et de son confesseur. Toute la force armée étoit sur pied, répartie dans les sections et sur toute la longueur des anciens Boulevards, où des bataillons étoient rangés sur deux haies. Louis paraissoit occupé d’un livre qu’il tenoit à la main. Il a descendu de voiture devant l’échafaud y est monté, a considéré quelque temps l’instrument de son supplice, & s’est ensuite retourné vers le peuple. On a cru distinguer qu’il vouloit pardonner à ses ennemis. L’exécution a suivi de près une courte prière qu’il a faite à genoux, après quoi le bourreau a montré la tête au peuple, aux membres de la commune & des corps administratifs qui étoient présents. Louis a été inhumé sur le champ, dans l’église de la Magdeleine. » 

     

    ________________________________

     

     

    « Rapport de l’exécution de Louis XVI, fait à la commune de Paris.  

      

    Jacques Roux, prêtre et prédicateur des Sans-Culottes, l’un des commissaires nommés par la commune pour assister à l’exécution de Louis, prend la parole : 

    Nous venons rendre compte de la mission dont nous étions chargés, nous nous sommes transportés au Temple, là nous avons annoncé au tyran, que l’heure du supplice étoit arrivée. 

    Il a demandé d’être quelques minutes seul avec son confesseur ; il a voulu nous charger d’un paquet pour vous remettre, nous lui avons observé que nous étions chargés que de le conduire à l’échafaud ; il a répondu : c’est juste, il a remis ce paquet à un de nos collègues & a recommandé sa famille, & demandé que Cléry, son valet de chambre, soit celui de la Reine, avec précipitation, il a dit sa femme : de plus, il a demandé que ses anciens serviteurs de Versailles ne fussent pas oubliés ; il a dit à Santerre : Marchons. Il a traversé une cour à pied & est monté en voiture dans la seconde ; pendant la route le plus profond silence a régné. 

    Il n’est arrivé aucun évènement ; nous sommes montés dans les bureaux de la marine pour dresser procès-verbal de l’exécution ; nous n’avons pas quitté Capet des yeux jusqu’à la guillotine ; il est arrivé à dix heures dix minutes, il a été trois minutes à descendre de la voiture ; il a voulu parler au peuple, Santerre s’y est opposé, sa tête est tombée, des citoyens ont trempé leurs piques & leurs mouchoirs dans son sang.

    Santerre : On vient de vous rendre un compte exact de ce qui s’est passé; je n’ai qu’à me louer de la force armée, qui a été, on ne peut plus obéissante, Louis a voulu parler de commisération au peuple, mais je l’en ai empêché. » 

     

    Mort du Roi Louis XVI....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés – Les Affiches de Nantes du 27 janvier 1793 vues 2,3/4. 

    . Photo : Guillotine du blogue Maître Chat Lully. - Louis XVI, tiré du Christ-Roi du 19 janvier 2017.          

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    En 1796, le général Hoche se fâche… 

     

      

     

    Colère du général Hoche....En Pluviôse de l’an 4, les vicieux, les voleurs et les pochetrons de l’armée républicaine sont mis au pas, généraux et officiers y compris.

    Malgré la pacification, des débordements ont lieu ; à Saint-Lumine-de-Coutais en Loire-Inférieure, en Janvier 1796, les hommes du 15e bataillon d’élite d’Orléans «  tâtent de la barrique et palpent outrageusement les femmes et les filles. »

    Vous remarquerez que le commandant Méhaux, chef du Bataillon, a une sacrée descente… une barrique de vin pour lui tout seul.

    Le 21 nivôse des grenadiers de la 76ème demie-brigade du Morbihan cantonnés à Penerf entreprennent le braquage à main armée de plusieurs magasins républicains où ils « dérobent plusieurs barriques de vin. »

     

      Le général de brigade Victor Beauregard « après avoir volé des voitures, chevaux et batterie de cuisine, est destitué… »

    Au regard de ces faits, un échange de courriers a lieu et des mesures radicales sont prises. C’en est fini des vols, des viols, des incendies, la république à bout de souffle est obligée de mettre un terme aux désordres, il en va de sa survie.

    Voici des extraits de la lettre envoyée au général Hoche par les élus de Saint-Lumine-de-Coutais, le 28 nivôse de l’an 4 et signée de : Papein – J.Clavier – P.Giraudeau, de la Chambre Commune de St Lumine.

     

    « Les soussignés députés de la commune de St Lumine de Coutais près St Philbert, vous exposent que tous les habitants rentrés paisiblement dans leurs chaumières, après avoir les premiers donné l’exemple de la reddition de leurs armes et de leur soumission aux loix de la République, se sont entièrement livrés à la culture de leurs terres... » 

     « Le 15e bataillon d’élite d’Orléans commandé par le citoyen Méhaux et cantonné à St Philbert, les a violées en exerçant continuellement les plus grandes exactions, des pillages journaliers en toute impunité... » 

    «  Grain, vin, bestiaux, argent, effets, tels que toile, linge, outils, habillement quelconques, étoffes…. Ils obligent par menaces... »

    « Le Commandant étant le premier à exiger impérieusement qu’on lui amène sans payer deux ou trois barriques de vin… cette complaisance gratuite n’arrêtait pas les pillages... » 

    «  3° Depuis le 23 de ce mois, il a été enlevé 29 barriques de vin, encore le Commandant en exigeoit-il le 27, un nouvel envoi d’une barrique pour sa consommation particulière... » 

    « 4° Cette commune est ruinée par les vols et pillages qui ont eu lieu. Les habitants tant hommes que femmes ou filles, insultés, fouillés avec la plus grande indécence, et même cruellement maltraités quand ils sont chez eux ou rencontrés ou occupés à leurs grains et bestiaux... » 

     

    Réponse du Général Hoche :

     

    « Nantes, 30 nivôse, année 4ème républicaine  

     

    Le général en chef, 

     

    Vu les plaintes des habitants de S. Lumine de Coutaix, notamment celles du 28 courant, contre le 15e bataillon d’élite d’Orléans, et les informations prises à ce sujet, qui constatent que le citoyen Méhaux, chef du dit bataillon, loin de se contenir dans l’ordre, a été le premier à lui donner l’exemple du pillage, des vexations & des violences les plus inouïes, envers le habitants de cette commune & autres environnantes ; considérant qu’il est de son devoir de réprimer des désordres aussi scandaleux, ordonne : que le citoyen Méhaux sera destitué à la tête de son bataillon, en présence des habitants de St Lumine ; que le dit bataillon rentrera à Paimbeuf après avoir été relevé dans ses cantonnements de St Philbert, Pont James & Villeneuve, par le 4e bataillon de l’ Hérault. 

    L’Adjudant général Duthil est chargé de l’exécution du présent.  

    Le général en chef, Lazare Hoche. » 

     

     

    Dans le Morbihan, les 7 et 10 Pluviôse…

     

    « Armées des Côtes de l’Océan.  

    Ordre du 7 pluviôse.  

     

    Une compagnie de grenadiers de la 76e demi-brigade, cantonnée à Penerf s’étant portée le 21 nivôse dernier aux excès les plus scandaleux, enlevé à main armée des magasins de la République plusieurs barriques de vin et des coffrets remplis d’étoffes, forcer des citoyens à acheter ces objets en numéraires, requis en son nom des voitures, menacer de sabrer les employés aux Douanes qui ont voulu remplir les devoirs de leur état ;  

    Le général en Chef Hoche ordonne que ladite compagnie sera cassée, les officiers dégradés et renfermés six mois au château de Saumur ; les sous-officiers & grenadiers, désarmés et conduits aux îles de Rhé & Oléron, pour y être incorporés dans les corps qui y tiennent garnison. » 

     

    « Ordre du 10 Pluviôse.  

     

    Le général de brigade Victor Beauregard ayant tenu une conduite répréhensible : 

    En s’appropriant plusieurs effets, tels que voitures, batteries de cuisine &c... 

    En gardant pour lui, plusieurs mulets et chevaux.

    En vendant à un officier un cheval qu’il avait mis en réquisition à Beaurepaire : 

    Le général en chef ordonne : Que Victor Beauregard sera destitué de ses fonctions d’Officier Général, & que comme tel, il s’éloignera du territoire occupé par l’Armée, après avoir restitué aux propriétaires les chevaux & mulets dont il s’est emparé. 

    De tels exemples prouveront sans doute aux habitants des campagnes, à ceux des villes & aux militaires, que l’intention du Gouvernement est de sévir également contre celui qui par sa conduite déshonore le nom républicain & contre celui qui combat la République. » 

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés – Les Affiches d’Angers n° 65 – du 8 pluviôse an 4 de la République – jeudi 28 janvier 1796. - vue n°11/36 et vue 32/36. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –SHD.B5/34 - Correspondances B5/34-36 B5/34 Janvier 1796. Armées des Côtes de l’Océan.- vues 632,633/996. 

    . Portrait de Louis-Lazare Hoche, tiré de Wikipédia.      

                                           

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    « Le Souterrain au Trésor », la suite…

     

    J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie imminente du second opus de mon roman « Le Souterrain au Trésor » déjà disponible en précommande aux Editions « Le Lys et le Lin » en cliquant sur l’image ci-dessous.

    RL

    Janvier 2020

     

    "Le Souterrain au Trésor", la suite....

     

     

     


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    Des « ballons » contre la Vendée…

     

     

    Tout ou presque des moyens de l’époque aura été tenté contre la Vendée. La patriote Friot qui écrit la lettre qui suit le 8 septembre 1795 n’a pas une si mauvaise idée qu’on pourrait le penser avec ses aérostats (qu’il nomme « aréostats »). En effet cette nouvelle technologie (pour employer un terme à la mode) sera utilisée peu de temps après durant le blocus de Mayence, puis des ballons captifs seront même embarqués dans la campagne d’Egypte, avant d’être perdus dans le naufrage des deux navires qui les transportaient. On connaît par ailleurs le rôle que joua le ballon « l’Entreprenant » dans la bataille de Fleurus le 26 juin 1794 et c’est à n’en pas douter de cet épisode dont s’inspire l’auteur de la missive pour ses idées contre les combattants vendéens.

    L’idée est bonne mais difficile à mettre en œuvre en Vendée où l’armée républicaine manque de tout, à commencer par la nourriture et les effets. Produire de l’hydrogène en quantité suffisante demande plusieurs jours, et encore davantage pour le gonflage, sans compter la mobilité difficile des ballons captifs là où les Vendéens sont en perpétuel mouvement dans un pays couvert, connu d'eux-seuls.

    Des "ballons" contre la Vendée....

     

    Mais laissons à présent la parole à ce citoyen Friot qui va vous donner son point de vue (1)

    RL

    Janvier 2020

     

     

    « Lusignan le 22 fructidor an 3e de la république une et indivisible


    Citoyens représentants.

    Depuis près de deux ans le sang francois n ecesse de couler a grands flots dans la Vendée, toutes les horreurs inimaginables s’y sont commises et s’y commettent encore, et nous n’avons pas jusqu'à ce moment trouver des moyens efficaces pour mettre fin a cette guerre infernalle !

    Le désri ardent de voir le term de tant de malheures doit occuper sans cesse limagination des vrais républicains et sous ce raport permettés que je vous fasse par de mes veux.

    Le payis qui forme le théatre de la guere civile de la Vendée est trop vaste pour pouvoir jamais esperer de scavoir par le moyen d’espionage tous les lieux des rassemblements, tous les démarches des brigands chouans. Leurs messagers ont de plus la facilité de courir ca et la dans un payis ou couvert, ou composé de vallons, qui les dérobe a loeil observateur.

    Ce seroit donc une grande et heureuse entreprise que celle de découvrir tout d’un coup ce qui se pratique dans ces maudittes contrées. Voila mes idées.

    Etablite au milieu du payis insurgé les quartiers généraux de l’armée de louest y avoir toujours pendant le jour un aréostat dans une observation permanente et immobile.

    Donner a chaque colone en marche un semblable aréostat dont elles useroient de temps a autre et dans les positions qui conviendroient pour découvrir les lieux de rassemblements et les demarches des brigands et chouans, est je crois un plan qui necessitte de l’attention.

    Premièrement, les colonnes savertiroient mutuellement par cette voye de leurs diverses positions par laspect d’un ballon a lautre qui dans leurs observations seroient toujours dans une position immobile et a la tete de la colone.

    2° elles depecheroient d’après les découvertes, les ordres nécessaires pour opérer la jonction des colones en cas de besoin, ou marcheroient sur le rassemblement apercu lorsquelles seroient en force, intercepteroient quelques fois les couriers des brigands qui a coup sur se trouveroient dérouttés par ces combinaisons.

    En garnissant au surplus bien nos cotes des troupes nécessaires je crois que c’est le moyen de faire finir la guerre de la Vendée.

     

    Salut et fraternité

    Friot patriote réfugié. »

     

    Des "ballons" contre la Vendée....

     

     

    Note :

    (1)  Archives militaires de Vincennes, via les AD85. SHD, B 5/10-47, v. 453 à 455/1061, BA compris.

     

     

     


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    Mai 1794, les bords de l’Erdre sont infestés de Brigands… 

     

        

     

    Les bords de l'Erdre en mai 1794....Le commandant J.H Marquis chargé d’escorter des bateaux de subsistances, remonte l’Erdre de la Chaussé Barbin à Nantes à la Poupinière près de Nord-sur-Erdre, il nous raconte ce qu’il observe sur les rives de l’Erdre, à l’aller comme au retour : Arbres de la Liberté abattus, pavillons nationaux arrachés et déchirés, la statue de la Liberté brisée en mille morceaux, les portraits de Jean-Jacques Rousseau et de Voltaire vandalisés etc...

    En un mot, il ne fait pas bon débarquer dans le secteur.

     

    « Le 22 à 11 heures et demie du courant, j’ai appareillé de la chaussée Barbin* pour me rendre à port Mulon prendre pour mon escorte les bateaux chargés de subsistances ; J’ai laissé ordre au Citoyen Bodard de partir avec la (illisible) le 23 à 8 heures du matin prendre le convoi à dix heures du soir. 

     

    « * La chaussée de Barbin, à quelques mètres en aval du pont de la Motte Rouge. Cette construction barrait l’Erdre entre les coteaux de St Donatien et de Saint Similien. La chaussée de Bardin tenait plus du barrage que du pont – La circulation sur l’Erdre était donc barrée à cet endroit. » 

     

    « A midi me trouvant entre la Desnerie de Nantes, j’ai apperçu une 15aine de chouans armés de leurs fusils, cocardes et rubans blancs à leur chapeau, aussitôt qu’ils m’ont apperçu ils se sont cachés derrière une haye et un seul a resteé à m’observer, la manœuvre que je faisais. A une heure me trouvant à la Desnerie, j’y ai vu beaucoup de chouans à la place de la troupe, tous armés et tous cocardes et panaches blancs, j’ai fait crier par mon équipage, Vive la République, ils m’ont répondu Vive le Roy et merde pour la République. Je me suis apperçu qu’il y avait plusieurs déserteurs. A trois heures, j’ai passé devant la Gâcherie, j’ai trouvé le poste évacué par nos troupes et occupés par les chouans. A six heures nous avons arrivé à Sucé (Sucé-sur-Erdre) encore occupé par les chouans. 

    Mais le drapeau tricolore existait au temple et sur le bord de l’eau au pied de l’arbre de la liberté, à 9 heures du soir arrivé à la Poupinière et à onze heures à port Mulon. 

    Le 23 à 2 heures d’après midi j’ai appareillé du port Mulon et me suis rendu à la Poupinière à 4 heures du soir, j’ai appareillé de la Poupinière, pris sous mon escorte trois batteaux chargés de subsistances et huit volontaires malades de la garnison de Nord, à six heures j’ai vu quantité de chouans fuyant de toutes parts en criant Vive le Roy et rien de plus. Etonné de trouvé l’arbre de la liberté coupé et scié en trois morceaux, le pavillon tricolore arraché et déchiré par un des habitant avec une cocarde dans la maison du major, la statue de la liberté en mille morceaux ainsi que le portrait de Jean-Jacques et de Voltaire, et me menaçant d’une petite hauteur de me fusiller s’ils m’attrapaient. 

    A six heures 1/4 j’en suis parti, j’ai trouvé les postes de la Gâcherie et de la Desnerie occupés par les mêmes scélérats et suis arrivé à Nantes à 9 heures du soir. 

    Consterné et ne sachant que penser. 

    Nantes le 24 Floréal, 3ème année républicaine. 

    Signé : J.H Marquis Comdt. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives de Vincennes – tous droits réservés – Bulletin Analytique Armée de l’Ouest – 11 et 12 mai 1794 vue 51/1130 SHD B5/9-7. 

    . Histoire des quartiers – Chaussée de Bardin – d’Antoine Pouponneau. 

    . Gravure extraite de File : Tree of Liberty – Wikimédia. Commond.                   

                                             

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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