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    Lettre de Launay à Cordelier…

     

    La lettre qui va suivre en fin d’article ne semble pas s’adresser au général Cordelier mais à « l’adjudant-général Cordelier ». Nicolas Delahaye avait mentionné ici la présence de deux frères Cordelier dans la même armée. 

    Quartier général de Charette à Belleville-sur-Vie :

    Lettre de Launay à Cordelier....

    Quand à de Launay, officier de l’armée de Charette, c’est un personnage trouble sur lequel ma femme a déjà fait une petite étude ici. On ne connaît quasiment rien de lui, ni même son prénom ou son âge mais voici ce que Pierre-Suzanne Lucas de la Championnière dit de lui dans ses mémoires (1) :

    « Lorsque Stofflet eut signé la paix, de Launay, qu’il avait bien accueilli pendant la guerre, lui devint inutile ; il songeait à s’en défaire ; l’esprit ambitieux de cet officier lui causait sans doute quelques craintes ; en conséquence une lettre circulaire fut adressée à tous les officiers des armées catholiques où l’on peignait de Launay comme un scélérat, dont le dessein était d’empoisonner tous les chefs ; peu de jours après de Launay fut amené lui-même à Belleville. On eût dû au moins lui faire subir un jugement, et sans doute que ses crimes eussent été assez prouvés pour lui mériter la mort ; mais sans égard pour sa bravoure et les blessures dont il était couvert (2), il fut livré entre les mains d’un fort allemand qui le fit périr à coups de sabre. Le Général était absent lorsque de Launay fut amené ; dès qu’il fut instruit de son arrivée, il appela son Allemand (3) et lui dit : « Va-t’en me fusiller cet homme ; s’il reparaît devant moi, je vous brûle la cervelle à tous les deux » ; de Launay avait eu le temps de visiter ses camarades et s’il eût été sûr de son sort, il eût trouvé assez de partisans qui eussent facilité son évasion ; tous au contraire cherchèrent à le rassurer contre la crainte trop bien fondée qu’il avait du Général. Il était chez M. de Couëtus lorsque l’exécuteur vint pour remplir ses ordres et, sous les yeux du Général en second et sans égard pour ses filles qui se trouvaient présentes, il fut garotté par ce féroce Allemand et arraché de force d’un lieu qui aurait dû être inviolable. Son corps resta plusieurs jours sans sépulture dans l’endroit de son supplice ; il avait été dépouillé et était tourné de façon qu’on voyait les blessures honorables qu’il avait reçues aux deux côtés de la poitrine.

    De Launay avait été pris de l’autre côté de la Loire servant dans un bataillon ; il dut la liberté et la vie à un des chefs qui l’avait fait prisonnier et remplit quelque temps auprès de lui le vil emploi de palfrenier. Il s’attacha au parti royaliste et vint se joindre à M. Charette, faisant partie d’un détachement conduit par M. Sapineau. Dès les premiers jours il montra un esprit intrigant et ambitieux ; il chercha à enlever le commandement à M. Sapineau, et pour se gagner l’affection des soldats, il était sans cesse à les haranguer ; on les voyait autour de lui comme à la suite d’un charlatan ; il en avait aussi le langage et la tournure ; nous n’avons jamais bien su qu’il était ; quelques connaissances en médecine et l’usage fréquent de termes scientifiques ont fait croire à quelques uns qu’il avait vendu de l’orviétan ; d’autres lui trouvaient l’air d’un prêtre ; cependant il affectait un parfait athéisme ; sa haine pour le sexe, sa voix grêle avec un corps sans vigueur firent dire à quelques uns qu’il était castrat ; il se disait gentilhomme normand (4). On était également partagé sur sa bravoure ; il se montra avec intrépidité au combat, mais ses officiers prétendaient que dans sa division il avait la lâcheté d’une fille ; on attribuait cette différence à la quantité d’eau-de-vie dont il avait soin de s’abreuver avant de marcher au feu, précaution qu’il ne pouvait pas prendre au moment d’une surprise. »

    Portrait de Lucas de la Championnière fait par son fils pendant son sommeil en 1828, année de sa mort :

    Lettre de Launay à Cordelier....

    L’avis d’Urbain-René-Thomas Le Bouvier-Desmortiers n’est guère différent (5) :

    « Launay servit d'abord dans l'armée républicaine. Fait prisonnier par le général Sapinaud, il combattit quelque tems sous ses ordres et vint ensuite trouver Charette.

    Il se disait gentilhomme normand, et passait pour moine dans l'esprit de bien des gens. On n'a jamais bien su ce qu'il était.

    Âgé de trente ans, d'une taille avantageuse, d'une figure agréable, parlant avec aisance, mais en termes ampoulés et scientifiques à la manière des charlatans, écrivant de même, l'esprit orné de connaissances variées, très-brave et d'une force de corps prodigieuse, il possédait tout ce qui peut faire un homme aimable et un grand capitaine.

    Dans une seule affaire il tua, dit-on, de sa propre main plus de soixante républicains dont un grand nombre d'officiers.

    A l'attaque de Fréligné, il reçut une balle à travers la poitrine ; il se distingua souvent par de belles actions. Aussi Charette qui estimait surtout les hommes de courage, en faisait grand cas et lui avait donné toute sa confiance : malheureusement de Launay n'en était pas digne. Tant de belles qualités étaient effacées par les vices les plus bas, les plus honteux et par l'habitude du crime.

    A peine fut-il nommé commandant de la division du Poiré à la place de Joly, qu'il dépouilla sa femme et sa fille de tous leurs effets. Un jour que la femme Joly réclamait deux gobelets d'argent qu'il ne voulait pas lui rendre, elle le traita de voleur, de républicain, de déserteur ; Delaunay furieux prit un pistolet et lui brûla la cervelle.

    De Launay plein d'ambition aspirait au commandement en chef. Comme il ne pouvait y parvenir que par la mort de Charette, il tenta plusieurs fois pour s'en défaire des moyens que sa politique savait déguiser, de manière à ne pas le compromettre. M. de l'Epinai qui crut entrevoir ses projets, avertit Charette de s'en défier ; mais le général que des trahisons multipliées rendirent dans la suite soupçonneux, ne retira point alors sa confiance à un homme qui dans plusieurs occasions lui avait donné de grandes marques d'attachement, et qui s'était distingué dans les combats ; il fut bientôt détrompé.

    A la pacification de la Jaunais, De Launay voulut soulever plusieurs divisions contre Charette, et que pour éviter le châtiment qu'il méritait, il se réfugia chez Stofflet (6), où il se distingua par les mêmes actes de bravoure et de scélératesse qu'il avait montrés à l'armée de Charette. Stofflet qui avait contre De Launay des motifs très graves de ressentiment (il avait rédigé et signé l'arrêté de Beaurepaire concernant l'émission du papier-monnaie), le dissimula tant qu'il crut avoir besoin de ses services ; mais quand il eut fait sa paix avec la république, il ne vit plus en lui qu'un homme inutile, dangereux par son ambition, ses intrigues et sa méchanceté ; il prit le parti de le renvoyer à Charette.

    On l'accusa d'avoir voulu empoisonner le général à table, en lui versant de la liqueur avec une bouteille à double fond. Stofflet le fit arrêter, emmenotter, et lui donna pour la nuit une garde de cinq hommes tirés d'une division dans laquelle il n'avait pas encore intrigué. De Launay réussit à les corrompre. Stofflet soupçonneux et inquiet alla au milieu de la nuit visiter son prisonnier dont il trouva les menottes à moitié défaites. Il changea sa garde, et dès qu'il fut jour il le fit partir bien escorté pour Beaurepaire, quartier-général de M. Sapinaud, et le dénonça par une circulaire aux autres armées comme un voleur et un scélérat.

    Il fallait coucher en route ; De Launay voyant ses gardes endormis descendit par la fenêtre au moyen d'un drap, se sauva à travers champs, et parvint à se procurer des armes. M. Sapinaud le fit chercher par son commandant de cavalerie, le sieur Bossard qui le découvrit au bout de trois semaines et l'arrêta dans la commune de St-Mâlo. Cet officier accompagné de quelques cavaliers, le conduisit à Belleville chez M. de Coëtus qui l'accueillit avec sa bonté naturelle, même envers ceux qui méritaient le moins de l'intéresser. Lorsqu'on vint dire au général que De Launay était à Belleville et demandait à le voir, il se retourna avec vivacité et donna l'ordre de le faire mourir. Quel tribunal aurait pu l'absoudre ? »

     

      Portrait de Le Bouvier-Desmortiers :

    Lettre de Launay à Cordelier....

     

    Maintenant abordons enfin la lettre écrite par de Launay au fameux adjudant-général Cordelier (7) :

     

     

    « 1ère division de l’armée de l’Ouest.

    Les Sables le 12 nivose l’an 3° de la république.

     

    Alexandre Roger chef provisoire de l’état-major de la 1ère division de l’armée de l’Ouest.

    Au Comité de Salut public de la Convention nationales.

    Malheureusement, citoyens représentants, je vois que je ne me suis guère trompé dans les calculs de ma lettre du 13 que je vous ai adressée relativement à l’amnistie proposée aux rébelles et chouans.

    Vous en pourez juger par la copie de la lettre à l’adjudant général Cordelier par Launay chef des brigands.

    Cordelier vient de nous la faire passer dans le moment.

    Le courier part demain je vous enverrai d’autres pièces.

    Alexandre Roger

     

    Copie de la lettre adressée à l’adjudant général Cordelier par Launay, chef de brigands.

    Elle est dattée du 27 Xbre 1794 ce qui revient au 7 nivose l’an 3e de la République.

     

    Monsieur

     

    Quelques soient vos principes votre manière d’agir me fait au moins voir un peu de retour de vos erreurs. Si je ne considérois que le grade que vous occupez, il seroit d’un terrible témoignage contre vous ; mais si vous n’y aviez été promu que par une adroite politique continuellement soutenue, je serois flatté de vous rencontrer.

    Jusqu’ici la République étaiée d’erreurs, de mensonges et de crimes doit vous faire regretter un passé ou régnoit la justice ; abhorrer un présent que le ciel et la terre condamne ; craindre un avenir qui ne vous offre que des supplices.

    Triomphant vous péririez par la main des jaloux ou des factieux qui craignent toujours ceux qui pourroient les supplanter : succombant ; ou vous seriez la victime de votre ennemi ou des soupçons que l’on concevroit de vous.

    La chûte de tous les hommes en place qui vous ont précédé est d’un sinistre augure pour ceux qui les remplacent, et un crime de plus ou de moins ne coûte rien à des scélérats.

    On vous a dit, et sans doute vous avez répêté que nous rendrions les armes : à la môrt, s’il étoit possible nous les conserverions encore : et ce ne peut être dans un tems où nous triomphons de toute part ; que nous trahirons une cause pour la quelle nous avons dans notre foiblesse exposé notre vie.

    Accoutumés à être trompés, cette vérité vous paroitra peut-être un mensonge : encore 90 mille Républicains viennent d’être noyés dans la Hollande : les armées des frontières ayant pénétré sans résistance dans le pays ennemi, ont été enveloppées et presque toutes ont péries.

    Tel est le résultat de l’ambition d’une poignée de monstres qui ne cherchent à dominer que sur de vils esclaves de leurs criminelles passions, ne pouroient parvenir à leur but qu’en marchant sur des monceaux de nos cadavres palpitans.

    La France déjà un vaste cimetière, n’est-elle pas pour une âme sensible un tourment continuel.

    Sans un ordre du généralissime Charette, croyez vous que la poignée d’hommes de la Grève auroit échappé à dix huit mille hommes qui commençoient par eux pour continuer par vous ?

    Continuellement  il nous vient des déserteurs, et nos cœurs lassés de répandre du sang les remettent au nombre des hommes.

    Réfléchissez monsieur, et surtout songez que ce sont des hommes d’honneur qui vous parlent et qui ne sçavent jamais manquer à leur parole.

    Si ce n’est que la crainte qui vous retient, monsieu, croyez-moi, abandonnez cet horrible parti et sortez de la misère que vous accable, et soyez sur de trouver des amis et des frères dont cous n’aurez à recevoir et ne recevrez que des douceurs : mais si par caractère et sentimens vous tenez à ce parti, n’attendez jamais de grâce de celui qui, désirant et espérant vous trovuez dans des principes d’honneur est

    Monsieur votre très humble serviteur

    Signé Launay commandant général de l’armée du centre et de la division des Sables.

    Pour copie conforme

    Signé l’adjudant général

    Cordelier

    Pour copie conforme

    Alexandre Roger »

     

    Au final, cette lettre laisse transparaître la plupart des traits de caractère du personnage décrit ci-dessus par deux mémorialistes. A la fois emphatique, vaniteux et désuet comme un vendeur de foire, l’auteur de la missive ne manque pas de courage, du moins sur le papier. Il semble flatter l’égo de Charette tout en se présentant comme un homme pour qui l’honneur est la valeur principale de tout dialogue. S’il est vrai que la république n’en avait guère fait preuve à l’époque de cette correspondance, Launay lui-même en était-il aussi pourvu qu’il semble le prétendre ? Paix à ses cendres…

    RL

    Mai 2019

     

     

     

    Notes :

    (1)  Op. cit. p. 121 à 123.

    (2)  De Launay fut blessé deux fois à la poitrine, au combat de la Chambaudière le 17 juillet 1794, puis à nouveau le 14 septembre de la même année à Fréligné.

    (3)  Il s’agit de Pfeiffer, nommé aussi Cassel (lien Nanou), homme de main de Charette, le même qui prit le chapeau de son maître près de la métairie du Sableau en Saint-Sulpice-le-Verdon, afin de diriger les tirs sur lui-même et ainsi sauver provisoirement Charette avant sa capture dans le bois de la Chabotterie.

    (4)  Launay aurait été soit originaire de Bayeux selon certains dires ou bien des environs d’Alençon, en tout cas de Basse-Normandie.

    (5)  « Réfutation des calomnies publiées contre le général Charette », 1809, p.509 à 512. 

    (6)  De Launay s’était d’abord réfugié au château de la Bouchère du Poiré-sur-Vie, au Sud-Ouest de Belleville-sur-Vie. Charette avait ordonné à Prudent de la Robrie de l’y arrêter, mais il parvint à prendre la fuite et se réfugier à l’armée de Stofflet. A. de Beauchamp, op.cit, tome II, p. 361, repris par Bittard des Portes, op. cit, p. 414. 

    (7)  SHD B 5/11-2, v. 5 à 8, bulletin analytique compris.

     

     

     

     


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    Nantes 1794, des républicains déserteurs, passés chez 

    les Royalistes sont jugés au Bouffay et fusillés… 

       

      

    Jugements – Commissions Militaire extraordinaire et Révolutionnaire Etablie près l' Armée de l' Ouest, par le Comité de Salut Public de la 

    Convention Nationale et les Représentants du Peuple. 

    Séance publique tenue au Bouffai, à Nantes.

     

     

     

    Nantes, 1794 : 4 déserteurs royalistes fusillés....« 8 Thermidor (26 juillet 1794) – Jugement qui condamne à la peine de mort : 

     

    .Charles Thomas, dit Montaigu, âgé d'environ 18 ans, de la commune de Saint-Hillaire (St Hillaire-de-Loulay) district de Montaigu, département Vengé, volontaire au 4e bataillon de la Vienne ; atteint et convaincu de conspiration envers la souveraineté du peuple français, notamment d'avoir eu des intelligences et correspondances avec les brigands de la Vendée, de leur avoir donné de la poudre et des cartouches etc..., ses biens sont acquis et confisqués (volés, NDLA)) au profit de la République. 

     

    .19 Thermidor – (6 août 1794).

     

    .André Bömeler, âgé de 55 ans, né à Remerin (Remering-lès-Puttanges) district de Sarreguemines, ci-devant Lorraine Allemande, régisseur du nommé Montaudouin, ex-noble, ayant servi 24 ans dans le Régiment Colonel-Général, cavalerie (régiment de Hussards) ; et Jacques Sire, âgé de 34 ans, commune et district de Chalans, laboureur, soldat pendant 8 ans dans le ci-devant régiment de la Sarre, Infanterie ; atteints et convaincus d'avoir fait partie des brigands de la Vendée, d'avoir été élus chefs de ces scélérats, de les avoir commandés, contribué à maintenir l'infernale guerre de Vendée, provoqué le massacre et l'assassinat de patriotes, le rétablissement de la royauté et attentés à l'anéantissement de la souveraineté du peuple français, ont été condamnés à la peine de mort ; leurs biens sont déclarés acquis et confisqués (volés) au profit de la République.  

     

    .9 Fructidor – (26 août 1794).

     

    .Etienne-Victor Sourice se qualifiant de Gourdon, dit des Fontaines, âgé de 19 ans, se disant né à Saint-Germain-de-l'Hommeau, district de Château-Gontier, département de la Mayenne, domicilié et apprenti chapelier, commune d'Angers, département de Maine et Loire, et depuis soldat de la République, au 19e régiment de Dragons ; Atteint et convaincu de désertion, et ce, en présence de l'ennemi, de s'être réunis aux brigands de la Vendée, de s'être mis à leur tête, au nom d'un prétendu Louis XVII ; décoré d'une ceinture noire à frange blanche, panache blanc et noir, cocarde noire et blanche, d'avoir dirigé les brigands contre les armées de la République à Coron, à l'attaque de Nantes, à Laval, Granville etc... a été condamné à la peine de mort ; ses biens sont dès lors acquis et confisqués (volés) au profit de la République. » 

     

    Sources 

     

    .Archives Départementales de la Loire Atlantique, tous droits réservés – Extrait de la Feuille Nantaise – 30.9.1794 - nonidi 9 Vendémiaire l'an troisième (30 septembre 1794) de la République Française, une et indivisible, N°9 – vue 4/4. 

    .Photos de l'auteur. 

                                                

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets  


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    François Coudrin dans « Lectures Françaises »…

     

    Le N° 745 de mai 2019 de Lectures Françaises rappelle la sauvegarde de la tombe Coudrin à Montravers, le 28 octobre 2017. Même si cette recension est un peu tardive, il est toujours bon de rappeler la mémoire de ces anonymes qui ont combattu pour la foi catholique contre le terrorisme révolutionnaire. En aide-mémoire, la biographie de François Coudrin, capitaine de paroisse, ici.

    Les comptes-rendus de Nicolas et de moi-même avaient été publiés ici et ici.

    Merci à Lectures Françaises pour son soutien aux choses de la « Grande Vendée » !

    Lectures Françaises : BP 70001, 86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

    Sur le Net : ici.

     

    RL

     

    Mai 2019

     

    François Coudrin dans "Lectures Françaises"....


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    Sous le Directoire, à Nantes, on enterre un prêtre 

    secrètement dans un jardin...

     

     

       

    Louis-Antoine Leblanc, prêtre, enterré dans un jardin....Au cours du mois de Brumaire de l'an 6 (Novembre 1797), Monsieur l'Abbé Louis-Antoine Leblanc meurt de maladie rue Pope* à Nantes. Il est mis dans un sac et enterré dans le jardin du citoyen Ménard, même rue, à Nantes.

      Un acte de notoriété nous confirme ce fait le 24 thermidor de l'an VIII (9 août 1800).

    «Le vingt quatre thermidor de l'an huit de la République française à midi, moi Pierre Brunet, officier public ai transcris littérallement l'acte de notoriété, dont la teneur suit : 

    ''Extrait des minutes du greffe de la justice de paix du deuxième arrondissement de la commune de Nantes ; l'an huit de la République française, le dix huit thermidor, devant nous Antoine Pelé, aîné, juge de paix du deuxième arrondissement de la commune de Nantes, ayant avec nous Pierre Carissan notre greffier, étant au greffe; ont comparus les citoyens Pierre René, chamoiseur, demeurant Nantes en Grande Biesse, numéro soixante douze et Guillaume Leroux, gantier, demeurant aussi à Nantes, rue Nicolas, numéro quinze ; lesquels nous ont dit qu'ayant intérest de faire constater la mort de Louis Antoine Leblanc, prêtre, qu'ils ont sçû être mort sous le ressort de notre arrondissement et dont le décès, attendu les circonstances, n'a point été porté sur les registres ; ils ont en conséquence requis qu'il en soit raporté acte de notoriété en conformité de la loi du quatorze septembre mil sept cent quatre vingt treize, et ont en conséquence fait comparoître les citoyens Louis François Richard, médecin, Ollivier Gabriel Antier, portefaix, Jean Ménard, jardinier, pour donner leur déclaration sur le fait du dit décès, étant les dits requérants signé, la minute est signée Y.M.E Leroux et Pierre René - duquel réquisitoire, nous juges susdits avons décerné acte et procédant de suite à la réception des déclarations des témoins ci-dessus désignés après serment pris de dire la vérité, le citoyen Louis François Richard, demeurant à Nantes, Isle Feydeau, quai Du Guétrouin, numéro treize, âgé de trente sept ans, a déclaré avoir vu, soigné le citoyen Louis Antoine Leblanc, prêtre catholique, dans sa maladie de mort, et avoir parfaite connaissance qu'il est décédé à Nantes, rue Pope vers le mois de Brumaire an six (novembre 1797) ; et a signé la minute et signé L.F Richard, le citoyen Ollivier Gabriel Antier, demeurant au dit Nantes, rue Vincy**, âgé de quarante deux ans, a déclaré qu'il connaissait depuis vingt ans le citoyen Leblanc, qu'il a vu plusieurs fois pendant sa dernière maladie ; qu'il est tellement certain que le dit Leblanc prêtre, est décédé rue Pope, sous cet arrondissement, dans le mois de Brumaire an six, que c'est lui déclarant qui l'a enseveli et porté en terre dans le jardin du citoyen Ménard cy-présent, attendu les circonstances du temps, et signé ; la minute est signée Antier. Le citoyen Jean Ménard, demeurant à Nantes, rue Pope, âgé de quarante trois ans, a déclaré qu'il connaissait le dit citoyen Leblanc, qu'il sait qu'il est décédé rue Pope, à l'époque susdite, qu'il a été enterré secrètement en raison des circonstances, que c'est lui, déclarant qui a aidé à faire la fosse dans son propre jardin où le dit Leblanc a été enterré en sa présence; qu'au bésoin, il indiquerait celui qui a travaillé avec lui à la dite fosse, et a signé. La minute est signée Jean Ménard ; Lesquelles comparutions et déclarations, nous juge susdit, avons raporté acte pour servir et valoir ce que de raison, fait au greffe sous notre seing et celui de notre greffier, les dits jour et an ; la minute est signée Pelé aîné et Carissan – du vingt thermidor, dit an, a aussi comparu Alexis Réveillé-Beauregard, officier de santé, demeurant rue Démosthènes, numéro quarante, âgé de vingt quatre ans, lequel a déclaré, après serment pris, de dire la vérité, qu'il a vu et soigné ans sa dernière maladie le dit citoyen Leblanc, prêtre, qu'il l'a vu sur son lit de mort, et aidé du dit Antier à le mettre dans un sac pour le porter en terre ; que l'époque de sa mort est le mois de Brumaire an six, et qu'il est décédé rue Pope de cette commune, et a signé, la minute est signée A Réveillé-Beauregard ; De laquelle déclaration nous, juge susdit, avons décerné acte fait au greffe, sous notre seing et celui de notre greffier, les dits jour et an, la minute est signée, Pelé aîné et Carissan, et enregistrée à Nantes, le vingt et un Thermidor an huit, par Bertrand qui a reçu un franc, dix centimes, folio trente huit verso pour expédition conforme, signé Carissan, fait en l'hôtel de la mairie de la ville de Nantes, sous mon seing, les dits jour et an.» 

     

    *  La rue Pope est devenue la rue Saint-André, au Nord de la place Louis XVI.

    ** La rue Vincy est devenue l'impasse Saint Laurent, au Sud de la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul.

     

    Louis-Antoine Leblanc, prêtre, enterré dans un jardin....

      Nous ne savons rien sur la famille et la paroisse de Monsieur l'abbé Leblanc, j'avoue que je n'ai rien trouvé le concernant, si quelqu'un.....

     

    Sources 

     

    . Archives de la ville de Nantes, tous droits réservés – Décès de l'an VIII, 5ème Section - vues 20 et 21/25.

    . Nantes : Histoire, Patrimoine plans et documents en ligne – lexilogos Nantes, cartes et documents – le Plan de Nantes par Jouanne (1838). 

      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530299027 

    . Photos de l'auteur. 

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Dénonciations de la Société Populaire de Nantes…

     

     

    Même si les dénonciations contre les généraux ont fleuri un peu partout après le passage des colonnes dites « agissantes » (nom originel des colonnes républicaines que l’histoire qualifiera d’ « infernales »), il est toujours bon de s’y replonger ; d’une part pour découvrir ou approfondir des faits racontés par les grands historiens, mais aussi dans un souci de compilation du maximum de données sur la perception que pouvaient avoir les républicains eux-mêmes sur le système de dépopulation en vigueur en Vendée depuis le décret et la loi des 1er août et 1er octobre 1793, suivis plus tard du plan de Turreau, validé par Carnot. On trouve aux Archives Militaires de Vincennes (documents en ligne via le site Internet des AD85), une liasse, cotée B 5/11-1, qui nous annonce un raz-de-marée de dénonciations. L’inventaire des archives nous présente les documents comme datés de janvier 1795, donc incluant la période « post-colonnes infernales », avec les horreurs commises dans l’été 1794 au grand dam de la Commission d’Agriculture et des Arts. Cette dernière qui s’évertuait à tenter de maintenir la paix dans le pays de Charette afin notamment, d’y entretenir l’agriculture nécessaire à alimenter les villes, aura maille à partir avec Huché comme on l'a vu à plusieurs reprises dans de précédents articles.

    La liasse débute par un inventaire de pas moins de 120 dénonciations contre différents généraux républicains comme Huché, les frères Cordelier, Sabatier, Duquesnoy, Jacob et Lefaivre. Malheureusement, aucune pièce jointe ne semble accompagner ce premier document vraisemblablement établi, comme l’indique l’inventaire des AD85, par la Société Populaire de Nantes. En revanche, si les pièces jointes sont absentes, les notes qui suivent sont assez éloquentes. On y voit que le camp républicain garde une certaine lucidité sur les conséquences de la politique de terre brûlée. Si la première d’entre elles, sous-jacente dans les écrits, semble évidente avec la ruine du commerce et surtout le manque de denrées alimentaires, faute de paysans, la seconde apparaît clairement comme une peur des républicains eux-mêmes, pour leur vie et leurs biens. Afin de ne pas passer pour suspects de royalisme ou même de « girondisme », les arguments vont se développer, comme dans bien d’autres cas, autour d’une suspicion de menées contre-révolutionnaires de la part des généraux.

    En résumé, si les généraux républicains ont mené cette politique de massacre et d’incendie, c’est pour mieux soulever les « Brigands », et ainsi favoriser le parti contre-révolutionnaire. C’est par cette curieuse contorsion idéologique, que les Nantais tenteront ici de se défendre, tout en plaidant une évidence : celle de la violence extrême qui ne peut amener que l’escalade dans la haine et ainsi prolonger la guerre. Dans ce que vous allez lire à présent, l’orthographe et la ponctuation ont été laissées en l’état, avec quelques notes entre parenthèses sur les noms de lieux et de personnes, ainsi qu'une numérotation plus pratique pour les renvois de fin de pages du document original.

    RL

    Mai 2019

       Illustration : Séance d'une Société Populaire, BNF.

    Dénonciations de la Société Populaire de Nantes....

     

     « Notes intéressantes sur les horreurs commises dans la Vendée, et sur les causes qui prolongent la guerre  dans les départements insurgés.

    _______________________________________________________________

    Il est un tribut précieux à payer à la patrie ; les Nantais qui ne sont jamais restés en arrière, quand il s’est agi de s’interésser de la chose publique ; ont de grands malheurs, de grands abus à mettre sous les yeux de la Convention.

    Depuis 18 mois la guerre civile est à leurs portes ; ils ont cimnetés de leur sang, de toutes leurs ressources leur attachement à la cause de la liberté. Ils ont contenu les Brigands, mais les Brigands éxistent encore. Placés à côté de la rébellion, sans cesse aux prises avec elle, les Nantais, et principalement la Société Populaire, ont été à porté d’approfondir les causes de cette insurrection, de juger de ses effets, et des moyens que la Convention a employé contre ce parti dangéreux.

    Les Nantais entreprennent, de nouveau d’éclairer la nation sur l’état actuel de la Vendée, sur les forces des Brigands, dont l’attitude insolente semble indiquer encore, la Vendée pour le point de ralliement de l’aristocratie et de la contre révolution.

    L’insurrection, dans les départemens de la Vendée, des Deux Sèvres, Ill et Vilaine, Mayenne et Loire, et Loire Inférieure, éclata le 10 mars 1793, (vieux stile) le contingent pour les frontières en fut le prétexte ; l’aritocratie coalisée avec le fanatisme, déployèrent l’étendart de la rebellion. L’explosion fut générale ; mais les soins, mais les efforts des Nantais et des autres communes, que la faction naissante vouloit entraîner dans le piège, déjouèrent les malveillans. La Vendée alors, s’isola de la rive droite de la Loire elle insurgea tout son paÿs, la Vendée et les communes circonvoisinent se levèrent toute entières.

    La commune de Nantes, malgré l’insuffisance de ses moyens et de ses forces, déploya tout le caractère que nécessitoit le salut public ; abandonnée à elle-même, sans secours, elle contint seule les efforts des rébelles, jusqu’à l’époque où des factions liberticides réunies en apparence, essayèrent de nouveau de corrompre Nantes et d’en faire la clef et le chef lieu d’une insurrection qu’on vouloit propager dans la cidevant Brétagne pour renverser l’édifice de la liberté. Aidés de quelques bataillons démembrés, les Nantais soutinrent la mémorable journée du 29 juin et combatirent les brigands jusqu’au mois de septembre suivant époque à laquelle la Convention Nationale éclairée, enfin sur l’état précaire de ce départment, sur les progrès inquiétants des rébelles, envoya des forces imposantes aux ordres de généraux expérimentés et de bonne foi ; leurs premières opérations furent marquées au coin de la victoire ; les armées de la Loire Inférieure marchoient avec courage et confiance ; Mais l’intrigue, mais l’ambition, et toutes les passions destructrives bon ordre, dirigèrent les généraux des Armées de la Rochelle et de Saumur. Bientôt la malveillance jetta la pomme de discorde parmi les généraux des armées de la Loire Inférieure, les bons furent destitués, la basse jalousie leur en substitua d’incapables. On proposa un nouveau plan de campagne dressé par l’aristocratie et l’esprit de contre révolution. Il fut adopté. L’exécution s’en suivit, on compta alors plus de revers que de succès. La guerre étoit dirigée contre les rebelles, on là fit en même tems aux patriotes. Les phalanges Républicaines guidées par des généraux traîtres, perfides, immoraux et sans talent, frappèrent ravagèrent incendièrent indistinctement tout ce qui se rencontra sur leur passage ; eh, dans quel moment ? en un tems ou des commissaires nationaux précédents nos armées, parcourant les campagnes, l’olivier d’une main l’amnistie de l’autre, ramenoient à la patrie les malheureux égarés, qui sur la garantie à eux donnée par les agens de la Commission d’agriculuture et des arts, rentrant avec confiance dans leurs foyers devinrent la proie, et les victimes de ces cannibales avides de sang et de butin.

    Quel résultat cette campagne offrit-elle à la patrie ? au lieu de ce beau et riche paÿs conservé à la France, fertilisé de nouveau par une foule innombrable d’agriculteurs précieux, qui d’après la proclamation à eux faites, avoient abandonné leurs chefs, et que devoient épargner le feu et l’humanité ; en frappant seulement ces mêmes chefs, elle n’offrit aux regards épouvantés, qu’une dévasion (dévastation) générale, des monceaux de cadavres et de cendres, des lambeaux de bataillons mutilés et désarmés en partie et...... des généraux enrichis, étalant dans nos murs, aux yeux d’un peuple abbatu par la douleur, et pressé par le besoin, un luxz insolent et scandaleux, une dépravation de mœurs qui achevant de s’éteindre (s’étendre) dans les orgies, insultoit à la misère, comme à la majesté nationale. Des généraux, des hommes en place, qui, troment encore la religion de la Convention Nationale par de faux exposés, obtinrent d’autres emplois, et commirent d’autres attrocités, d’autres actes arbitraires.

    Ce sont ces abus et leurs auteurs que nous avons à dénoncer à la Nation entière. La Vendée éxiste encore dans toute sa force, de nouveaux revers nous l’attestens. L’intrigue l’impéritie des généraux en sont la cause, leur basse ambition n’en doutons plus prête l’oreille et tend la main au despotisme. Les preuves en sont marquées en traits de sang dans les parties de lavandée et se trouvent consignées dans les pièces dénonciatives jointes aux présentes notes. Les généraux ont marchés en tout point en tous sens, sur les traces des Biron, des Ronson, des Beysser &ea (etc).

    Parmi ces généraux qui ont trahi tout à la fois, leur conscience l’honneur, et la patrie sur la scêne ensanglantée de la guerre civile, on remarque Dusquesnoy, LeFevre, Jacob, Huchet, Cordellier jeune, Cordellier ainé, Sabathier et Dussirac (Dusirat).

    Dusquesnoy à la tpete d’une colonne du Nord parcours en frimaire les communes de Montaigu, Palluau, Legér, et Saint Colombon, incendie tout, égorge tout, tandis que sa troupe s’occupe du pillage qu’il autorise, revient à Montaigu évacué récemment par les patriotes, le fait également piller, les magasins de la République ne sont point épargnés ; dédaigne les observations réitérées des guides de se porter promptement sur legé vers lequel se dirigent les brigands. Il retarde la marche de 36 heures, et arrive quand nous frères de Légé sont égorgés (1).

    Cordellier ainé, à la tête d’une colonne de l’armée révolutionnaire campée dans les premiers jours de Germinal sous Corbonneau à la vue de Tifauche (sic) est averti deux citoyens du Longeron dont un, boulanger de la garnison de Tifauge, que les brigands attaquent Mortagne, pour récompense il le fait fusillier…

    Les premiers papiers qu’on trouve dans leurs moches, c’est leurs certificats de civisme.

    Les habitans de la commune Sauveur fuyant les brigands viennent se jetter dans les bras de l’armée de Cordelier ainé, sans les entendre il les fait fusiller. (2)

    Cordelier jeune et son frère campés le 17 ventose sous le Loroux Blotereau, un officier municipal décoré de son écharpe, et un notable, son certificat de civisme à la main viennent au devant de l’armée au nom de leur commune ; sans les entendre on les fait fusiller.

    Le lendemain 60 à 80 patriotes de la commune de Saint Laurent des Autels sont de même égorgés en venant au devant des armées.

    Le surlendemain les généraux, sous Vezins ordonnent a leurs soldats de démonter et nétoyer leurs fusils pendant qu’ils s’en occupent, l’armée est attaquée chargée par les brigands et Cordellier jeune disparoit (3).

    Huchette (Huché), Cordellier jeune, et Cordellier ainé, chacun à la tête de sa colonne, se dirigeant sur Montaigu, Montfaucon, et Aigrefeuille rencontrent les brigands bien inférieurs en force, et au lieu de les attaquer, ils s’occupent de pillage, de prendre des hommes des femmes, des enfans, les fony jetter tous vivans dans le puits du château de Clisson ou il s’étoient régugiés et pour couronner leur expédition ils fuyent sous Liré, devant une douzaine de brigands (4).

    Huchette a la tête de son armée révolutionnaire fait fusiller vingt quatre habitans de la commune du Pont Saint Martin députés vers lui, et répond avec une ironie barbare, à un maire d’une commune voisine qui lui reproche sa cruauté, voilà quelque chose de beau, Huchette rentrant à Mortagne en faisant parade de ses massacres se qualifie de Boucher de la Convention. (5)

    Huchette au mépris des agents de la commission d’agriculture et des arts, chargée de pacifier les campagnes, au mépris des mésures prises par ces agens qui dans leur première tournée font mettre bas les armes à vingt communes, s’assurent de plus 6 000 jeunes gens qui offrent de partire de suite pour les frontières, ordonne a sa troupe de fusiller, et fait fusiller en effet et massacrer tout ce qu’il rencontre. Les malheureux disposés à servir la patrie disparoissent, et rejoignent l’armée de Charrete. (6)

    Huchette à la suite de cette conduite offre des réfléxions utiles sur la réorganisation des armées de la Vendée, sur la distraction mal combinée de plusieurs bataillons nécessaires à ces armées, propose des suppressions, des remplacemns mais ne dit rien des généraux, tout ce qu’il ont fait est bien à ses yeux. Ces rélféxions contrastent d’une manière frappante, pour ne pas dire plus, à côté de ses expéditions militaires. La Convention appréciera lew unes et les autres. Ce héros de carnage et de destruction ose avancer que la Guerre de la Vendée n’a plus de consistance politique, dis donc le vrai mot, dis que toi et tes complices lui avés donne une consistence impolitique et imposante. (7)

    Jacob, le sang de nos frères d’armes massacrés au camp de la Roulière fume encore, en faut-il davantage ? Il est prouvé que l’attaque de ce camp étoit sû quelques jours avant, et que le général en dut être prévenu. (8)

    Il est prouvé qu’il négligeoit les précautions utiles.

    Il est prouvé que Jacob qui demande seulement 30 hommes de cavalerie pour reprendre son camp quand on lui offre sur le champ un escadron entier de la cavalerie nantaise, deux cent hommes de la même garde, un bataillon complet d’autres troupes, qui, tous brûloient du désir de venger leurs frères d’armes, Jacob ne se croit plus assés fort et refuse de marcher. (9)

    Lefebvre adjusdant général à Bourgneuf, dans le mois de ventose fait transporter à bord du navire le Destin, capitaine Macé, quarante une personne dont

    1 vieillard de 78 ans aveugle depuis six ans.


    13 femmes

    12 filles             De différens âges

    15 enfans dont 10 de 6 à 10 ans et 5 enfans à la mamelle. Il fait retirer le lendemain une de ces femmes, ordonne au navire sur lequel il a a placé quatres fusillers et un caporal, nommé Foucaut jeune, aujourd'hui commandant temporaire à Paimbeuf, de s’élever à la hauteur de Pierre Moine, et là de les faire jetter à la mere, ce qui fut éxécuté. (10)

    Dénonciations de la Société Populaire de Nantes....

    Bertrand, commandant à Sainte Pazanne abandonna son poste pour s’occuper à quatre lieües de son arrodissement, de faire embarquer des effets pour Nantes, provenant on sçait d’où, c’est ce qui reste à éclaircir (11).

    Sabatier dit Scevola, commandant à L’Isle la Montagne, y éxerce un pouvoir arbitraire, y affute une immoralité inquiettante pour la sureté de cette place intéressante. (12)

    Le citoyen Bouquel qui l’à connu et suivi dans ses fonctions publiques le traite :

    de lâche, pour n’avoir jamais rien fait pour la République.

    de despôte, pour avoir sans cesse à la bouche, les mots de terreur, de guillotine, de fusillade expression avec lesquelles il est familiarisé.

    de voleur, pour s’être vanté de porter ainsi que sa femme les dépoüilles de gens qu’il a fait fusiller, et guillotiner.

    Pour s’être emparé de chevaux appartenans à la République &ca, &ca, &ca. (13)

    16 autres pièces contiennent des déonciations partielles de gens en son ordre, dont l’indiscipline et la malversation ont été l’effet de la négligence de l’insouciance, et de la perfidie des chefs.

    88 autres pièces viennent à l’appui des 16 cidessus.

     

     

    Notes :

    (1)  Dénonciation écrite et signée de Gitisan emplyé dans les vivres, guide de l’armée de Cordelier à cette époque, est témoin de ces écrits en pièce N°15.

    (2)  Dénonciation écrite de Ribion. Pièces n°8. Cette pièces contient en outre quatre autres délits non-moins atroces.

    (3)  Pièce n°14. Déclaration écrite de Blanchet guide des armées appuyée de seize témoins.

    (4)  Déclaration écrite de Joseph Pinau pièce n°16.

    (5)  Déclaration de Sopervitte chef d’escadron certiffiée par d’autres citoyens pièce n°.. Idem de Bouchereau pièce n°.

    (6)  Dénonciation écrite de la Jouany un des agens de la commission d’agriculture et des arts, témoin des faits pièce n°. Idem du Comité de Surveillance de Luçon, pièce n°.

    (7)  Observations de Huchette, pièce n° 19.

    (8)  Déclaration signée de Porel fils, pièce n°.

    (9)  Déclaration signée de Galliotte, pièce n°. Déclaration du général Boucrét divisionnaire de l’armée des côtes de Brest, témoin des faits, pièce n°.

    (10)    Déclaration signée de Pierre Macé et au bas copie littérale et certifiée, de l’ordre de Lefebvre. Pièce n° 34.

    (11)     Déclaration signée de Saint agent national pièce n° 27.

    (12)      Déclaration signée Robin, n° 3. Idem de Sabatier n° Idem de Burseuil n°.

    (13)      Déclaration signée Bouquel, pièce n° 36. »

     

     

     


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