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    Un massacre aux Rinfillières ?

     

     

    Qu’on se le dise une bonne fois : le village des Rinfillières où naquit et vécut Claire Ferchaud n’a jamais fait partie de Loublande ! Il devient lassant de lire toujours les mêmes âneries géographiques. Les Rinfillières dépendaient du Puy-Saint-Bonnet, rattaché depuis 1973 au département de Maine-et-Loire et à la ville de Cholet. Donc aujourd’hui, lorsque vous visitez le lieu de pèlerinage, vous n’êtes pas à Loublande mais à Cholet !

    Ce rectificatif établi, nous avions mentionné ici les Rinfillières avec un doute sur le fait qu’une colonne infernale y soit passée. La mère Chauvière, dont le mari venait de mourir au combat et qui cachait dans sa maison un prêtre donnant régulièrement des messes clandestines, avait été dénoncée. Un beau jour du début d’hiver 1793-1794, elle est menacée de l’incendie de sa maison. Comme pour l’anecdote de la Grande-Ecurie de Loublande, un Bleu moins intransigeant que les autres, lui conseilla d’allumer un brûlot, de façon à ce que l’on croit la maison incendiée, tandis qu’il n’en était rien. Cet épisode aurait eu lieu avant le passage des colonnes infernales « officielles » à la fin janvier.

    La tradition locale nous renseigne néanmoins qu’un massacre aurait eu lieu au bas du coteau de la Marne, sans que l’on sache précisément ni le nombre ni l’identité des victimes. De nos jours, une croix de bois un peu branlante nous en indique l’emplacement. Ce fut l’objet d’une petite sortie informelle d’une poignée d’ « Amis du Pont-Paillat » le 28 juillet dernier.

    Un massacre aux Rinfillières ?

    Un massacre aux Rinfillières ?

     

     

    Saura-t-on un jour ce qui s’est réellement passé ici et surtout à quelle date ?

    RL

    Août 2019

     

    Un massacre aux Rinfillières ? 

     

     

     


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    ''Vive le Roi et Vive la famille Royale...''

     

     

    Guillotiné à Baugé....C'est bien connu, en république maçonnique, il faut prendre beaucoup de précautions oratoires et bien réfléchir avant de parler, sinon ça peut vous coûter cher, très cher, .... même la vie. Ce conseil est d'ailleurs toujours d'actualité.

    En 1793, les Vendéens et les royalistes de l'Anjou d'Outre-Loire sont passés outre (sans jeu de mots).

    Comme le dit si bien aujourd'hui le Cardinal Robert Sarah : « La résistance spirituelle est le meilleur service que les Chrétiens puissent rendre à la société politique. Je crois que dans toute société humaine, un Chrétien sera toujours plus ou moins dissident. On le mettra parfois en prison pour le faire taire. Plus souvent on disqualifiera sa parole par l'ironie bien pensante ou le lynchage médiatique. »

     

    De 1793 à 1799, en France, la république tuait les Chrétiens. 

     

    Michel-François Bourgouin, maître serger à Baugé en a fait les frais. Il a chanté dans les rues de Baugé ''Vive le Roi et vive la Famille Royale, au diable les démocrates'' et ''l'arbre de la Liberté a été planté, on le déplantera''. Malheureux !

    Vendu par de braves républicains, il a été condamné à mort et guillotiné le Dimanche 10 novembre 1793, place Bilange à Saumur, à l’âge d'environ 68 ans. Voici le compte rendu de son jugement.

     

    « Département de Maine et Loire.    

    Commission Militaire.    

     

    « Le 20 du même mois, a été condamné à mort Michel-François Bourgouin, père, marchand revendeur à Baugé, atteint & convaincu ; 

    1° d'avoir eu des intelligences avec les brigands de la Vendée. 

    d'avoir manifesté publiquement des sentiments royalistes & contre-révolutionnaires dans la ville de Baugé.    

    d'avoir, dans la dite ville de Baugé chanté « Vive le Roi, la Famille Royale, au Diable les démocrates », & excité les bons citoyens à faire chorus avec eux. 

    4° d'avoir dit dans la ville de Baugé : ''l'arbre de la liberté a été planté & d'avoir ajouté, on le déplantera'' ; (alors là, très important, ajouter qu'on va le déplanter est une circonstance aggravante.)

    5° d'avoir provoqué au rétablissement de la royauté & à l'anéantissement de la république française. 

     

    En parcourant les registres paroissiaux de la paroisse Saint Laurent de Baugé, Michel-François Bourgouin est né vers 1721 à Baugé. Il est le fils de Michel Bourgouin et de Julienne Dupont. Il épouse le 4 octobre 1745 à Baugé, à l'âge de 24 ans, Jeanne Pellerin. Il est qualifié de maître serger ou de marchand serger (vue n°54/201). De cette union sont issus, entre-autres enfants :

    1° Michel-Augustin Bourgouin, né le 29 août 1746 à Baugé. Marié le 23 septembre 1783 à l'âge de 37 ans, serger (vue n°49/359) à Marthe Maurabin, fille de marchands quincaillers de Baugé.

    2° Marie-Jeanne Bourgouin, née le 5 février 1749 à Baugé.

    3° Catherine Bourgouin, née le 21 avril 1750 à Baugé.

    4° Julienne Bourgouin, née le 1er mai 1752 à Baugé.

    5° Marc-Michel Bourgouin, né le 4 juillet 1754 à Baugé.

    6° Marie Bourgouin, née le 22 juin 1756 à Baugé.

     

    Guillotiné à Saumur....

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire – Affiches d'Angers n°178 – du octidi 28 Brumaire de l'an 2 – le lundi 18 novembre 1793.vue 22/38. 

    . Archives départementales du Maine et Loire -registres d'état civil de la ville de Baugé, paroisse Saint-Laurent. Copie de l'acte de naissance de son fils Michel-Augustin, le 29 août 1746, avec la signature de Michel-François, vue n°80/201. 

    . Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat "Le Soir approche et déjà le jour baisse" de chez Fayard 2019 '' page 376. 

    . Photos : guillotine aux enchères extraite du Parisien du 25 mars 2015.

                      

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le drapeau des Amis du Pont-Paillat…

     

    Le drapeau des Amis du Pont-Paillat vient d’être livré. Il bénéficiera bientôt d’une bénédiction solennelle à laquelle nos membres seront bien entendu conviés.

    Mais en attendant, saurez-vous reconnaître qui tient en main ce fier étendard ? Un indice présent sur la photo peu vous mettre sur la voie…

    RL

    Août 2019

     

    Le drapeau des Amis du Pont-Paillat....


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    Un nouveau livre sur le Pin…

     

    Jaquette Blanchard (1731-1804) est l’aïeule de bien des gens du Pin et d’ailleurs. Je pense qu’elle a plus de 20 000 descendants dont plus de mille outre atlantique, au Canada et aux USA.

    Sa vie, assez incroyable, vient d’être écrite avec talent par Monique Guérin, agrégée de lettres, retraitée de l’enseignement et ma voisine puisqu’elle habite dans le chemin de La Voie après la Petite Chapelle.

           Si les gens du Pin vont recevoir le dépliant de présentation dans leur boite aux lettres, vous pouvez également y avoir accès sur internet en cliquant sur l’image ci-dessous :

    Un nouveau livre sur le Pin (79)....

     

    La présentation avec dédicace aura lieu le vendredi 13 septembre à 17 h 30 à la salle des Fêtes sous forme assez ludique : contes, lectures et chants.

    Vous y êtes tous invités et je vous remercie d’envoyer cette invitation à toute votre famille, surtout à ceux qui ont quitté Le Pin, et à vos amis qui s’intéressent à la commune.

     

    Noëlle POUPLIN


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    La colonne infernale Boucret/Caffin, compléments…

     

     

    Lors de l’étude des parcours des colonnes de Boucret et de Caffin, je n’avais pas mentionné les massacres qui ont indubitablement accompagné les incendies. Comme les récits dont on dispose peuvent être sujets à caution et qu’ils ne proviennent que de traditions orales qui ne donnent pas de dates précises, rien ne nous prouve qu’ils doivent être rattachés au passage des colonnes infernales. Je vous en livre cependant quelques échantillons pris dans l’ouvrage de Françoise de Chabot : « Un Canton du Bocage Vendéen, Souvenirs de la Grande Guerre ».

    RL

    Août 2019

     

    « La colonne de Boucret se signala par des atrocités : « A Charruel, notre lieu de naissance, racontait Elisabeth Boucher, ma mère a vu les Bleus arracher le cœur d’enfants à la mamelle et porter au bout de leurs baïonnettes ces sanglants trophées » (1).

    Chapelle et lande du Chêne Rond au Puy-Saint-Bonnet. La colonne de Caffin passa par ici. La chapelle n'était évidemment pas construite (Photos : Nicolas Delahaye) :

     

    La colonne infernale Boucret/Caffin, compléments....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, compléments....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, compléments....

    La colonne infernale Boucret/Caffin, compléments....

     

    Pendant le séjour à Châtillon de la même colonne, deux faits particulièrement horribles se sont passés. Au carrefour des Quatre-Routes, (2) près de l’hospice, quelques soldats entrent dans une maison, trouvent une jeune femme et son petit enfant, tuent l’un et l’autre, prennent une broche, enfilent le pauvre petit corps, coupent la tête de la mère, traînent son corps mutilé près de la cheminée et lui mettent entre les mains l’horrible brochette (3).

    Un peu plus loin, un pauvre vieillard, Cotillon (4), accablé par la paralysie, n’a pu se traîner hors de sa maison : les Bleus arrivent, mettent le feu à sa paillasse et se font un horrible plaisir de le faire brûler à petit feu. Non contents de satisfaire leur cruauté sur lui, ils forcent sa femme, les enfants, les voisins du supplicié à assister à son agonie et à entendre les cris épouvantables que la souffrance lui arrache ; puis, quand tout est fini que le malheureux est consumé, les monstres tournent leur rage contre les assistants et les massacrent impitoyablement à leur tour ; un enfant de neuf ans échappe seul, c’est lui qui raconte le fait (5) (6).

    Au village de Lala, paroisse des Echaubrognes, une femme nommée Cousinet, dont le mari a disparu de l’autre côté de la Loire, est surprise par une de ces colonnes et n’a plus le temps de fuir ; voulant néanmoins sortir de la maison, elle prend son enfant dans ses bras et se dirige vers la porte, elle en passe le seuil, lorsqu’un soldat paraît et fend la tête de son petit enfant ; pour elle, par une bizarrerie que rien n’explique, il la laisse aller, la petite victime entre les bras (7). On raconte qu’une malheureuse femme éventrée par les Bleus, sur la route de Châtillon, ramassa ses entrailles dans son tablier et parvint ainsi à gagner un village voisin.

    En général les malheureux vendéens, surpris dans leurs maisons ou dans leurs cachettes, se laissaient tuer sans résistance, et les enfants, lorsqu’ils étaient épargnés, se voyaient quelquefois contraints d’aider les soldats dans leur horrible besogne (8) (9). Il y eut, cependant, quelques personnes qui vendirent chèrement leur vie et quelques autres qui surent même la défendre.

    A Saint-Amand, une femme attaquée par un soldat isolé, est sauvée par son mari qui tue le Bleu (10). Dans la même paroisse, une jeune fille enlevée par un misérable, trouve en se débattant l’épée de son ravisseur, la tire du fourreau et parvient à lui enfoncer dans le ventre. Le voyant à terre : « Demande pardon à Dieu, lui dit-elle, sinon dans un instant tu seras avec les diables en enfer. » Et sans plus tarder la courageuse fille traîne le corps vers la rivière et l’y laisse tomber. »

     

     

     

    Notes :

    (1)  Note de F. de Ch. : Elisabeth Boucher épousa Brouard et c’est à M. l’abbé Brouard, son petit-fils, que nous devons ce récit.

    (2)  Il s’agit du carrefour en haut de la rue de la Fontaine Noire. La tradition rapporte que sous cette rue, furent enterrés plusieurs centaines de victimes du second combat de Châtillon en octobre 1793.

    (3)  Note de F. de Ch. : Deniau, t. IV, p. 167.

    (4)  On trouve un couple de  « Recotillon » massacrés dans leur lit au premier combat de Châtillon, donc en juillet 1793, dans les registres publiés à la fin de l’ouvrage de Françoise de Chabot.

    (5)  Note de F. de Ch. : Deniau, t. IV, p.167.

    (6)  Xavier Maudet, dans son ouvrage « La Révolution Française à Châtillon-sur-Sèvre » s’interroge avec raison, p. 149 sur l’identité de cet enfant et sur la véracité de tous les faits transmis.

    (7)  Note de F. de Ch. : M. l’abbé Grégoire. Notice inédite sur les Echaubrognes.

    (8)  Note de F. de Ch. : Une petite fille de 7 ans, Agathe Deveau, fille d’un journalier de Châtillon, fut forcée d’éclairer les Bleus qui allaient de maisons en maisons, perçant jusqu’aux paillasses avec leurs baïonnettes et mettant le feu partout. Récit fait par le fils de cette enfant, le père Michaud, à M. Gabard.

    (9)  J’ai déjà évoqué sur ce blog l’histoire de la fillette de la Gondromière en 1795.

    (10)         Note de F. de Ch. : note de M. Gabard.

     

     

     


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