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    PARIS – ST MAIXENT : LA GUERRE DE VENDEE

    Vue par le conventionnel Jean-Philippe Garran de Coulon et par François Garran de Balzan

    1ère partie

     

    « Je vais vous faire partager des extraits choisis parmi une centaine de correspondances (1) entre ses deux frères natifs de St Maixent l’école, ville en zone mauve, sur la carte ci-après des Deux-Sèvres. Les Garran, famille originaire du Bordelais, s’y sont sans doute installés au début du XVIIIème (2) ».

     

    Paris -Saint-Maixent, la Guerre de Vendée....

     

    « Ces lettres éclairent certains points cruciaux ou caractéristiques de ces années- là.  C’est-à-dire, la grande guerre de 1793, les mois pendant lesquels les colonnes infernales ravagent la Vendée, les combats jusqu’aux accords de la Jaunaye et au-delà ».

    Paris -Saint-Maixent, la Guerre de Vendée....

     

    Ces deux frères ont connu un destin différent :

    François Garran de Balzan, né en 1747 réside à St Maixent. A la mort de son frère ainé, en 1787, il en reprend sa charge de receveur des tailles, qui était tenue en 1727 par leur père Jean Garran de la Brosse (3).  François est un notable apprécié dans sa petite ville mais son rayonnement ne dépasse guère ce cadre.

    Jean-Philippe Garran de Coulon a dix mois de moins, né le 19 avril 1748. Collégien à St Maixent,  il entre en seconde chez les Oratiens de Niort puis étudie la philosophie à Poitiers. Il interrompt des études de médecine à Montpellier pour s’orienter vers le droit et se dirige sur Orléans.  Le réputé Pothier le formera à devenir avocat. Diplômé il se rend à Paris où il sera nommé en 1791 député de l’Assemblée législative avant de l’être à la Convention pour la circonscription du Loiret

    Paris -Saint-Maixent, la Guerre de Vendée....

     

    LA CORRESPONDANCE. (4)

     

     

    Ce samedi 18 mai l’an II (1793)

    « J’avais espéré, mon cher frère, que nous recevrions aujourd’hui des nouvelles des Deux-Sèvres, avant l’heure de la poste, avec autant plus de raison, que j’ai vu hier une lettre qui, en annonçant quelques avantages remportés ailleurs sur les révoltés, parlait aussi d’une grande victoire entre Niort, Parthenay et St Maixent. Mais comme cette lettre est d’un autre département, j’ai encore des doutes sur la réalité de cette dernière nouvelle. Quoiqu’il en soit, il est certain que les forces les plus imposantes marchent à votre secours. Des députés extraordinaires d’Orléans viennent de me dire que les routes en étaient couvertes. Il en part journellement de Paris et des forces détachées des armées passent ici en poste pour y aller aussi. Il faut donc ne pas se décourager, et se méfier des faux bruits que sèment les Aristocrates ou des impressions qu’ils répandent avec beaucoup d’adresse. J’espère, mon ami, que le courrier ci ou le prochain commenceront à me rassurer sur ton compte »… (5)

     

    1er juin 1793

    « Je suis bien inquiet mon cher ami ; je n’ai point reçu de nouvelles des Deux-Sèvres depuis ta dernière lettre d’il y a 8 jours et lors de laquelle je savais déjà le malheureux événement de Fontenay-le-Comte (6). Cet événement m’a empêché de gouter la satisfaction que ta lettre rassurante m’avait donnée. Je suppose que les révoltés n’auront pas fait depuis de nouveaux progrès et qu’il vous est arrivé des secours… »

    4 juillet 1793

    « J’espère, mon ami, que les dernières nouvelles que tu auras reçues auront calmé tes inquiétudes. Il est bien certains que Nantes n’a point été pris, qu’il n’a pas même été attaqué par des Rebelles, qui n’en sont pas encore je crois bien près, puisque les actions qui ont eu lieu de ce côté-là ont été à plusieurs lieues. Il est certain, ou du moins cela me paraît, que nos armées commencent à exécuter de concert le plan formé pour envelopper les rebelles, tant du côté d’Angers qui est probablement repris, quand tu recevras cette lettre, que du côté de Niort, des Sables, etc… Les députés de la ci-devant Bretagne, que j’ai vu, me paraissent avoir moins d’inquiétude que jamais sur le sort de Nantes, qui je l’espère, sera bientôt délivré. Goupilleau et d’autres m’ont assuré que les troupes qu’on avait demandé de Niort pour Tours, ont été contremandées et au surplus la dernière attaque de Luçon te prouve qu’il est assez bon d’avoir des forces de tous les côtés. Aussi supportez donc les inconvénients passagers de leur séjour… »

    Mardi 9 juillet 1793

    « Les dernières nouvelles que nous avons eu de Nantes et des Deux-Sèvres nous annoncent, mon cher ami, des avantages très importants qui te sont sans doute connus. Il parait aussi que l’armée de Tours et même celle de Niort sont en marche, et qu’enfin le moment heureux d’étouffer cette rébellion est arrivé. Je désirerais bien que le déploiement de ces forces considérables dispensât les rebelles, qu’on n’eût pas encore besoin d’acheter la victoire par l’effusion du sang de ces malheureux paysans fanatisés, et que leurs chefs seuls paient le crime de cette horrible révolte. Tu sais sans doute aussi que les femmes des administrateurs par eux emmenés en otages et par conséquent celle de ton ami Allard ont été délivrées par Westermann. Nous sommes un peu plus tranquilles ici dans ce moment. Il n’y a plus d’embarras, je crois pour avoir du pain…. » (7)

    Ce jeudi 11 juillet 1793

    « Ta lettre, mon cher ami, m’a cruellement frappé. C’est elle qui m’a appris la défaite de Châtillon (8). Car je n’avais pas été à l’A. ce jour-là. Je craignais un peu quelque malheur, en voyant Westermann, si fort engagé, au milieu des rebelles, et si loin du corps de l’armée de Biron ; il m’avait paru avoir lui-même des inquiétudes par le p.s de sa lettre. Mais je ne m’attendais pas à une déroute si complète. J’espère encore qu’on se hâtera de vous secourir et que notre perte aura été exagérée dans les 1ers moments. C’est du moins ce que nos commissaires de l’armée des côtes de la Rochelle ont annoncé à la Convention puisqu’ils ne portaient l’armée de Westermann qu’à 25 000 hommes et qu’ils paraissent croire qu’on a perdu peu de monde. Lecointe Puyraveau, qui vient d’arriver a aussi passé dans le mêmes sens à quelques-uns de mes collègues. Pour moi, je ne l’ai point vu. Nous n’avons point depuis quelques jours des nouvelles de l’armée de Saumur et j’ai attendu jusqu’au moment de la poste pour t’écrire de la Convention. Il ne faut pas plus se décourager, que devenir téméraire…. »

    Ce 27 juillet 1793

    « Hier seulement on a fait le rapport sur la déroute de l’armée de Saumur. Il en résulte comme tu l’avais soupçonné qu’outre le défaut de courage il y a eu trahison puisque le signal de l’attaque par les rebelles a été donné comme dans d’autres occasions, par l’explosion de quelques caissons de notre artillerie, que des individus ont crié vive Louis XVII etc… Il parait que la perte a été peu considérable en hommes et même moins qu’on ne l’avait dit en munitions. Les rebelles n’ont pas profité, comme on l’aurait pu de leur part de cet événement pour reprendre Saumur etc… Il parait même qu’ils se sont aussi dispersé d’où l’on doit conclure que quand on voudra être sur ses gardes et de battre, on en viendra bientôt à bout. L’armée se rallie de nouveau puisse-t-elle être purgée de tous les traitres et des lâches ; en diminuant de nombre, elle n’en sera que plus forte. On va prendre de nouvelles mesures pour la renforcer et mieux diriger cette guerre à ce qu’on nous dit. On a eu des succès de quelque importance du côté des Pyrénées-Orientales et du Rhin. Mais tant qu’on ne viendra pas à bout de la Vendée et de repousser l’ennemi au Nord, on ne peut pas être tranquille. On annonce aussi de grandes mesures de ce côté-là. Le rapport sur Westermann doit se faire aujourd’hui. Il parait qu’il lui sera favorable (9). Les rebelles ont été repoussés dans une attaque qu’ils ont tentée au Pont de Cé. Adieu, je vous embrasse tous ».

    30 juillet 1793

    « Il n’y a rien de nouveau ici à t’apprendre relativement à notre pays que la nouvelle de la nomination du général en chef Rossignol (10). Un des commissaires des Assemblées primaires de Niort, Salmandière (11), m’a dit que malheureusement il n’avait pas la confiance de notre pays, puisse-t-il se tromper car il serait bien temps qu’on put envoyer un homme capable de terminer cette guerre désastreuse… »

     

    A SUIVRE…..

                                                                                                

    Marie-Laure ALLARD pour Chemins Secrets

    Suite ici.

    Article connexe ici.

     

    Source :

    Bulletin de la Société Historique et scientifique des Deux-Sèvres, novembre 1987. Pierre Arches.

    (1)     Ces lettres se trouvent à Avignon, Biliothèque du Roure. Fonds Espérandieu. Papiers Garran. O 14.15.16.17.

    (2)           Dictionnaire des familles du Poitou, Beauchet Filleau, t III, pp 729-730.

    (3)            Jacques Peret, l’élection de Saint-Maixent sous Louis  XVI.

    (4)    Les textes publiés dans le bulletin de la Ste Historique retranscris dans l’article sont soit des lettres in extenso soit, cas le plus fréquent, des extraits. Ces lettres ont été écrites par Garran de Coulon .

    (5)        Quand Garran écrit cette lettre, la guerre de Vendée entre dans son quatrième mois.

    (6)           Fontenay a été pris par les Vendéens le 25 mai. La déroute des Républicains a été totale.

    (7)            Emprisonnement au district de Châtillon sur Sèvre.

    (8)            La prise de Châtillon sur Sèvre le 5 juillet par les Vendéens a été une sévère défaite pour Westermann, cf. Ch L. Chassin, La Vendée Patriotique…t..II..ch XXV.

    (9)           A la suite de son échec à Châtillon sur Sèvre, Westermann est rappelé à Paris pour s’expliquer devant la Convention.

    (10)         Jean Antoine Rossignol (1759-1802), ancien soldat, ancien ouvrier orfèvre. Sa participation à la prise de la Bastille le remet dans la carrière militaire. Arrivée dans l’ouest avec le grade de lieutenant-colonel (9 avril 1793), il combat à Thouars, à Montreuil-Bellay, à Coulonges, au Busseau . Son comportement ne plait guère, Westermann le fait arrêter, le 29 juin, à St-Maixent. Mais il est vite lavé de toutes ces accusations et devient même, en juillet, général de division, puis général en chef des côtes de la Rochelle. Les représentants, Bourdon (de l’Oise) et Goupilleau (de Fontenay), expriment la stupéfaction produite sur eux et sur tous les patriotes de la région vendéenne par la remise du commandement en chef à « un homme aussi mal apprécié que Rossignol » même s’il est « brave et patriote », cf. Ch . L.CHASSIN, La Vendée…t. II PP 530-531.

    (11)  Alexis Pellerin-Salmandière, avocat de son état, a été procureur de la commune de Niort au début de la Révolution.

     

     

     

     

     

     


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    La cachette de l'abbé Fardeau…

     

     

         

    La cachette de l'abbé Fardeau....Condamné par le Tribunal Criminel d'Angers à la peine de mort, le 7 Fructidor de l'an deux (24 août 1794), l'abbé André Fardeau a été guillotiné.

     

    « L'abbé Fardeau, ex-vicaire de Briollay, que nous croyions émigré ou déporté, a été trouvé hier dans un souterrein, dans le bois de Soucelles, à un quart de lieue de Soucelles. Nous vous envoyons la description de ce souterrein, qu'on lui avait fait exprès, et qui à donné plus de 20 charretées de terre. Il n'a pas voulu nommer les personnes qui lui ont fait ce trou & qui l'alimentaient ; il a été conduit à Angers.     

    Salut et Fraternité 

    signé Gaudin, Barilier, Aubin, M.Viaud. » 

     

    « Description du souterrein

     

    Un trou étroit de la profondeur d'environ dix pieds, couvert d'une trappe en bois, garnies, de chevilles, sur laquelle étaient plusieurs couches de terre grasse, couvertes de feuillages & parfaitement arrangée, le trou servait d'entrée à une chambre d'environ six pieds quarrés, au bout de laquelle était un trou qui répondait sous une souche creuse par laquelle il recevait le jour. Il sortait de ce souterrein par le moyen d'une échelle. 

    On lui a trouvé un matelas posé sur des planches, un bon manteau, un drap, un oreiller, un trépieds sur lequel était un réchaud, deux à trois livres de beurre très frais, des poires, des melons, des raisins, du pain de froment, du vin en bouteilles, une veste grise, un port de chambre, dix neuf ciseaux de tourneur. » 

     

    La cachette de l'abbé Fardeau....

     

    Tribunal Criminel d'Angers. 

     

    «Le sept Fructidor (24 août 1794), André Fardeau, ci-devant prêtre et ex-vicaire de Briollay, district de Châteauneuf, domicilié lors de son arrestation, commune de Soucelles, même district ; convaincu, de son propre aveu, de n'avoir pas prêté le serment prescrit par les loix, de s'être soustrait à la déportation, et d'être resté sur le territoire de la république française, a été condamné à la PEINE DE MORT. » 

     

    André Fardeau est né le 19 novembre 1761 à Soucelles, il est le fils d'André Fardeau et de Jeanne Launay.

    La cachette de l'abbé Fardeau....

     

    Il suivit l'armée Vendéenne à Laval, Granville et se réfugie dans la clandestinité lorsque sa vie fut en danger. Trahi par un républicain local, il est arrêté et guillotiné Place du Ralliement à Angers, le 24 août 1794 à lâge de 32 ans.

     

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire – Affiches d'Angers n°126, vues n°5 et 6/22, du 6 septembre 1794 – 20 Fructidor an 2. Registres d'état civil de Soucelles – baptême 1761, vue n°99/150. 

    . Géoportail - Bois de Soucelles. 

    . Photo : Extraite du Parisien du 25 mars 2014 (Guillotine aux enchères).   

                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    La colonne infernale N°1, 1ère partie…

     

    La première des colonnes infernales n’a guère suscité de littérature de la part des historiens. Traversant un pays presque exclusivement largement dévoué à la république, de Saint-Maixent à Chantonnay, Prévignaud constatera par lui-même qu’il est censé dévaster un secteur où les habitants sont tous patriotes. Il aura donc tout le loisir de constater l'incompétence de Turreau et de ses donneurs d'ordre, qui, évidemment, ne connaissent rien à la géographie politique de la région. Vous me direz : ceux d'aujourd'hui non plus d'ailleurs...

    Le plan initial de Turreau prévoyait pour sa première colonne, un commandement par Duval et le double parcours suivant  (1) :

    « Le général Duval prendra toutes les troupes qui se trouvent à Niort, Saint-Maixent et Parthenay, en formera deux colonnes, la droite un peu plus forte que la gauche.

    Marche.

    1ère colonne. De Saint-Maixent à Mazières, Secondigny, Saint-Etienne, La Chataigneraie, Vouvant, La Caillère.

    2ème colonne. De Parthenay à Saint-Germain (de-Longue-Chaume), La Chapelle-Saint-Laurent, Moncoutant, Montournois, Tallud.»

    La plupart des historiens généralistes, se recopiant les uns les autres, ont attribué la seconde colonne à un certain « Daillac », personnage totalement inconnu et probablement imaginaire qui aurait pu être né de la confusion avec l’adjudant-général Cortez d’Auliac, le même qui arrêta Huché.

    Duval, restera à Niort, peinant à se remettre d’une blessure reçue au second combat du Bois des Chèvres le 9 octobre 1793. Il déléguera donc son commandement à l’adjudant-général Etienne-François-Xavier Coudert de Prévignaud (1750 -1840) (2). Selon Savary, Duval n’a que « quelques bataillons de réquisition sans fusils et en sabots » (3). Il écrit le 22 janvier 1794 :

    « Je vais réunir tout ce qui me sera possible, d’hommes et d’armes pour en former une colonne dont le commandement sera confié au chef de bataillon *** (Prévignaud), adjoint à l’état-major, officier valeureux et intelligent. Je regrette sincèrement que l’infirmité où m’ont réduit ces scélérats me prive de la commander en personne (4). Ayant vu commencer cette infernale guerre, je serais jaloux de la voir terminer promptement. »

    Il semblerait au vu de ce qui va suivre que la colonne de Prévignaud va suivre l’itinéraire fixé initialement pour Duval. Part-il vraiment de Saint-Maixent comme prévu, ou plus simplement de Niort ? En tout cas, il n’y aura aucune colonne de formée pour suivre le second itinéraire allant de Parthenay au Tallud-Sainte-Gemme en Vendée (à ne pas confondre avec le Tallud en Deux-Sèvres, tout près de Parthenay). Prévignaud écrit donc à Turreau depuis Mazières-en-Gâtine le 22 janvier 1794 :

    « Je suis arrivé à Mazières à sept heures et demie du soir, avec ma petite colonne qui n’était en partant que de trois cent quatre-vingt-sept hommes. Nous avons été obligés de désarmer tous les citoyens de Niort pour l’armer. J’ai recruté partout où j’ai passé ; j’ai excité les bons citoyens à me suivre de manière que ma colonne est dans ce moment-ci de cinq cent trente hommes d’infanterie et vingt gendarmes. Je serai demain à Secondigny où j’espère recruter de bons citoyens : je t’instruirai de tout ce que je ferai journellement. »

    Le lendemain 23 janvier, Prévignaud écrit à Turreau :

    « Je te préviens que je suis arrivé aujourd’hui à Secondigny. Les mauvais chemins m’ont occasionné beaucoup de désagrémens. Le caisson qui suivait ma colonne s’est brisé, de manière que j’ai été obligé de passer la nuit pour faire enlever les cartouches, et de les délivrer par égale portion à mes volontaires. Le caisson s’en retourne à Niort.

    Je fortifie ma colonne dans tous les endroits où je passe ; je prends des renseignemens partout et j’en tiens note ; mais mes jours étant marqués pour me rendre à ma destination, je ne puis faire toutes les fouilles qu’exigent les renseignemens que j’ai pris. J’observe le plus grand silence sur ce que je me propose de faire à mon retour, conformément à tes ordres. »

    Enfin, il est à « Saint-Etienne » (4) le 25 janvier.

    Eglise de la Chapelle-Saint-Etienne :

    La colonne infernale N°1, 1ère partie....

     « Je suis parti de Secondigny à six heures du matin, et n’ai pu arriver ici qu’à cinq heures du soir. Mes volontaires ont marché toute la journée dans des chemins remplis d’eau, et pluie sur le corps.

    Il est impossible de faire marcher des charrettes dans ce maudit pays, et la difficulté qu’il y a d’en trouver m’a ôté la liberté de brûler trois hameaux dans lesquels il y a des subistances de toute espèce. Tous les endroits où j’ai passé sont habités par des patriotes. Je me rendrai demain à la Châtaigneraie où j’espère prendre des renseignemens sur la position des brigands. »

    De Mazières-en-Gâtine, il est probable que Prévignaud soit passé par Château-Bourdin (en Saint-Pardoux), Allonne, Secondigny, Vernoux-en-Gâtine, et de là à La Chapelle-Saint-Etienne en ayant longé la paroisse de la Chapelle-Seguin. Dans l’état actuel des choses, il nous est difficile de lui attribuer un parcours précis, par sa quasi-absence de « brûlements » et notamment de traces notables de ceux-ci. Nous allons voir dans les pages à venir, que ce ne sera pas toujours le cas…

     

    A suivre ici.

    RL

    Juillet 2019

     

    Notes :

     

    (1)  Savary, tome III, p. 42. Ibid. pour les correspondances qui vont suivre.

    (2) En renvoi, une petite biographie de la part de Xavier Paquereau ici, qui mériterait d’être rafraîchie, car mentionnant le personnage imaginaire de Daillac.

    (3)  Op. cit. p. 54.

    (4) Note de Savary : « Ce général avait été blessé, au mois d’octobre précédent, à l’affaire du bois du moulin aux chèvres, près Châtillon.

    (5) De nos jours « La Chapelle-Saint-Etienne », ce village est nommé « Saint-Etienne » sur la carte de Cassini, ainsi que le cadastre de 1811 et « Saint-Etienne-des-Moutiers » (référence aux Moutiers-sous-Chantemerle) sur la carte d’Etat-Major.

     

     


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    Tribunal Criminel du Mans… 

         

     

    Tribunal criminel du Mans....« Affaires politiques - Nouvelles Intérieures.     

    Tribunal Criminel du Mans.  

     

    Le 10 Nivôse : 

     

    F. Marie-Laurent Lécluse, âgé de 26 ans, employé dans la régie Nationale de Brest, natif de Quimper ; 

    Charles Bouju, âgé de 30 ans, charron, demeurant commune de Mazière, district de Cholet ; 

    P. Brunet, âgé de 21 ans, tisserand à Coron, district de Vihiers ; 

     

    F. Focqueray, âgé de 33 ans, de St Légeié, district de Dourdan, domicilié à Versailles ; 

    Joseph Paquereau, âgé de 20 ans, métayer de Loroux-Bottereau, près Nantes ; 

    Laurent Paquereau, âgé de 35 ans, fermier, même commune, tous accusés et convaincus d'avoir fait partie de l'armée des brigands de la Vendée, ont été condamnés à LA PEINE DE MORT. » 

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés– Affiches d'Angers du 2 mars 1794, n°32, vue n°2/32 – 12 Ventôse an 2.

    . Photo : Extraite du Parisien du 25 mars 2014(Guillotine aux enchères).    

     

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Une mauvaise plaisanterie... 

         

      

     

    Un verre d'urine....Un peu d'humour en ces temps troublés...

     

    En Messidor de l'an 2 (3 juillet 1794), à l'auberge de la Grosse Pierre à Angers, deux gendarmes, ''fins comme du gros sel'', font boire un verre d'urine à un brave Citoyen.

     

    « Tribunal de la Police Correctionnelle d'Angers du 15 Messidor an 2 ».

     

    « Jacques Brault, aubergiste à la ''Grosse Pierre'', en cette commune, prévenu d'un délit commis chez lui par des gendarmes qui ont fait boire, à René Daburon, fermier à la ''Doubrière'', commune de Corné, un verre de vin mêlé d'urine & convaincu d'avoir, quelques jours après, fait au dit Daburon une mauvaise plaisanterie à ce sujet ; le Tribunal lui a enjoint de veiller plus attentivement à ce qui se passe dans sa maison ; & pour le fait de sa mauvaise plaisanterie envers la classe respectable des agriculteurs, en la personne dudit Daburon, a été condamné au frais de citation liquidés à 16 livres, 10 sols, & de voyage dudit René Daburon, Louis Thuau & François Buffon, liquidé pour chacun d'eux à 3 livres. » 

     

    Un verre d'urine....

     

    Sources 

    . Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés– Affiches d'Angers du jeudi 24 juillet 1794, n°104, vue n°23/31-sextidi 6 Thermidor de l'an 2. 

    . Photo de l'auteur : Auberge relais du village de Saix (Vienne). 

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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