•                           

    Marie Maugeais, de la paroisse de Saint-Laurent-de-la-Plaine, 

    femme soldat, vraiment ??? 

     

                            

     

    « LE PREMIER DEVOIR D'UN GRAND PEUPLE

    COMME D'UNE FAMILLE FORTE,

    C'EST DE S'AIMER DANS SON PASSE

    ET DE S'HONORER DANS SES MORTS. »

                                                  

                                                                    FUSTEL de COULANGE.

     

     

     

    Marie Maugeais....Le mémoire de proposition pour une pension annuelle en faveur de la femme Marie Maugeais la qualifie de soldat. En parcourant d'autres mémoires de propositions, seule une autre femme porte cette mention : Jeanne Robineau. Les autres mentions nous signalent : ''fille échappée au massacre'',''fille Vendéenne'' ou ''veuve blessée'' et souvent aucune mention. S'agit-il d'une erreur d'écriture ? Peut-être.... bien que ces propositions soient signées de Monsieur le Cte Charles d'Autichamp.

     

    Marie Maugeais....

    Marie Maugeais....

    Marie Maugeais....

     

    Les blessures de Marie Maugeais laissent à penser qu'elle a été victime d'un massacre... elle avait 20 ans en 1794. Elle porte les stigmates de graves blessures, elle a le visage et la main gauche ravagés par les coups d'une arme terrible, le sabre !

     

    Le chirurgien Sébastien Cady, de Saint-Laurent-de-la-Plaine, constate et fait l'inventaire des blessures :

     

    « Nous soussigné maître chirurgien à la résidance de Saint Laurent de la Plaine département de Maine et Loire, arrondissement de Beaupréau, chef lieu de Saint Florent.

    Certifie avoir traité le nommée Marie Maugeais, femme de Jean Batteux journallié dans ce bourg, de neuf mortes blessures a la tête loreille gauche emportée. La machoire et la bouche du même cauté très contrefait affligée de louïe même cauté (côté), je extrait douze os des pariétaux, la main gauche toute contrefait la moitié du doig indais (index) emporté, le petit doigt emporté a lantié (en entier). Tout ces infirmité sont par les coups de sabre que la maleureusse femme reçu dans la guaïre (guerre) de Vandée. Ne pouvant pas par ces infirmité gannier (gagner) sa vie, son marie affligé du cevrocel ??? Arthrose cervicale ? Qui le prive frécamment d'aller à son travaille pourquois je leur délivre le présant certificat qui (illisible) à la connaissance de tout le publique pour luÿ cervir au besouain.  »

     

    Saint Laurent de la Plaine – signé – Chir Cady. Le 4 décembre 1814.

     

    Marie Maugeais a-t-elle été victime de la Colonne Infernale n°6, commandée par le général Moulin qui incendie Saint-Laurent-de-la-Plaine le 27 janvier 1794 et fusille deux femmes ?

     

    Un certificat de Blessé lui a été délivré le 26 novembre 1814.

     

    «Nous soussigné, maire de la commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine, sur l'attestation des sieurs 1° Réné Brevet 2° Joseph Humeau 3° Jean Ménard 4° François Delaunay, tous les quatre pères de famille, domiciliés dans la dite commune – Certifions que la nommée Marie Maugeais a été massacrée dans la guerre de la Vendée par les armées républiquaines ; ce qui la met hors d'état de vaquer à ses travaux.

    En foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat, que les attestants ont signé avec nous après lecture faite.

    A Saint-Laurent-de-la-Plaine le vingt six novembre mil huit cent quatorze + femme de (Jean Batteux), a perdu son père et son frère tués en combattant dans les Armées Vendéennes. »

    Signé : Jean Ménard – François Delaunay – Joseph Humeau – René Brevet. - Cady maire.        

     

    Marie Maugeais est la fille de Jacques Maugeais (tué pendant la guerre de Vendée) et de Jeanne Cesbron. Elle est née le 14 janvier 1774 à Saint-Laurent-de-la-Plaine et épouse le 29 juillet 1811, François Batteux, journalier, veuf de Marie Blond. François Batteux et non pas Jean est né le 29 août 1763 ou 1764 à Beaumont-sur-Sarthe (dates différentes aux deux mariages). De cette union est né :

     

    - Jean Batteux, né le 7 mars 1814 à Saint-Laurent-de-la-Plaine.

    - Marie Maugeais est décédée à Saint-laurent le 17 décembre 1829.

    - François Batteux est décédé le 13 mai 1815 à Saint-Laurent.

     

     

    Sources : Archives Départementales du Maine et Loire, tous droits réservés.   Dossiers de pensions, dossiers individuels class SHD XU 39-38 - vues n°6 /9 et suivantes. Registres d'état civil de Saint-Laurent-de-la-Plaine (mariages 1802 et 1811 – baptêmes 1774 – naissances 1814, décès 1815 et 1829)  - Photo de l'auteur. 

                                                                                       X.P pour Chemins Secrets 

     

     


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  •                           

                        Michelle Fardeau, de la paroisse de Joué-Etiau, 

                           massacrée à Gonnord à l'âge de treize ans. 

     

                    

     

    Michelle Fardeau....Les républicains tuaient les petites filles à coups de sabre pour économiser les munitions !...

     

    Le mémoire de proposition pour une pension annuelle en faveur Michelle Fardeau la qualifie de ''fille échappée au massacre...'' Elle est proposée pour une pension de 50 ou 60 francs.

    « Mémoire de proposition pour une pension annuelle en faveur de Fardeau Michelle de Gonnord. - âgée de 33 ans - fille échappée au massacre – blessures à la joue droite et au cou au massacre de Gonnord – fileuse, aucun moyen d'existence – proposée pour une pension de 50 francs -

    A Chemillé le 26 novembre 1814 ; »

    signé le Cte de Tocqueville  - Le Cte Charles d'Autichamp.

     

    Un certificat des médecins d'Angers lui est délivré.

     

    « La nommée Michelle Fardeau a reçu plusieurs coups de sabre, étant âgée de 13 ans, qui ont divisé la lèvre à la commissure droite, formé des cicatrices qui la défigurent et sur le cou, ce qui la gêne » 

                                                              

    Chemillé le 26 novembre 1814

                                                    signé Ouvrard – et illisible.

     

    Un certificat de femme blessée est également délivré.

     

    «   Département de Maine-et-Loire – Arrondissement de Saumur – Commune de Gonnord. - Certificat de Femme Blessée -

    « Nous soussigné, maire de la commune de Gonnord, sur l'attestation des sieurs :

    1° Jean Maslin.

    2° Jean Chemineau.

    3° Louis Brisset.

    4° et Françoise Humeau,

    Tous quatre pères de famille, domiciliés de cette dite commune, certifions que la nommés Michelle Fardeau, (femme de Pierre-Jacques Bompas) rayés, a reçu dans la guerre de la Vendée des blessures qui la mettent hors d'état de vaquer à ses travaux.

    En foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat que les attestants ont déclaré ne pouvoir signer ni le sachant après lecture faite.

      Gonnord le 26 novembre 1814 – signé  : Rompillon.

     

    Michelle Fardeau....

    Michelle Fardeau....

    Michelle Fardeau....

    Le massacre de Gonnord ? Vous voulez connaître les noms des assassins? : Vendéens et Chouans nous en parle ici et Chemins secrets ici :

     

    Michelle-Marie Fardeau est née le 31 janvier 1781 à Joué-Etiau (vue n°56/184 baptêmes). Elle est le fille de Michel Fardeau, métayer et de Perrine Onillon. Elle se marie le 27 janvier 1810 à Gonnord (vue n°77/136 - mariages 1810) et l'on apprend que son père est décédé au mois de juillet 1794 à la métairie de la Grüe, pendant les ''désordres'' de la guerre de Vendée, ( ouf  ! ça me rassure, c'étaient juste des désordres)... Elle épouse Pierre-Jacques Bompas, né le 21 août 1784 à Gonnord, journalier-domestique, fils de Jacques Bompas et de Marie Papin. De cette union sont issus :

     

    1° Pierre-Jacques Bompas, né le 16 novembre 1812 à Gonnord.

    2° Louis-Barthélémy Bompas, né le 26 septembre 1815, idem.

    3° Marie-Jeanne Bompas, née le 1er octobre 1818, idem.

    4°Aimée-Perrine Bompas, née le 2 janvier 1823, idem.

     

    - Michelle Fardeau est décédée aux Forges à Gonnord, le 9 février 1840.

    - Pierre-Jacques Bompas est décédé aux Forges, le 3 mars 1844.    

     

    Sources : Archives Départementales du Maine et Loire, tous droits réservés.   Dossiers de pensions, dossiers nominatifs class SHD XU 39-40, Michelle Fardeau (22 nov 1814-26 juin 181), vues n°1,2,3,4/15. Registres d'état civil de Joué-Etiau et de Gonnord - Photo de l'auteur. 

                                                                

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

     

     


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  •  

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (5° partie)…

     

     

     Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

     

    « Copie d’une lettre de M. Beauveau procureur sindic du district de Cholet à MM les administrateurs du département de Maine et Loire

    A Cholet  le 22 aout 5 heures du matin

    Messieurs

    Ce matin, à trois heures, il est arrivé ici deux administrateurs du district de Châtillon  requérir secours ; vous trouverez ci jointe copie de l’arrêté de cette administration. J’aï fait rassembler sur le champ le directoire et la municipalité de Cholet. Nous envoyons à Châtillon 40 gardes nationaux et 6 gendarmes. Ce détachement prendra à la Tessouallle douze gardes nationaux ainsi le total du secours s’élèvera à 60 hommes avec les officiers. Nous y joignons une pièce de canon avec les munitions que peut contenir le coffre de l’affut ; l’on trouvera un supplément à Châtillon. Le rassemblement existe depuis dimanche, ils ont pillé les maisons de quelques administrateurs, et en ont assommé un (M. Richoux) il paroît qu’il n’y a point ainsi que l’expose la délibération, dix mille hommes ensemble, mais seulement deux mille, du reste, cette pelotte peut grossir. Ils marchent sur Châtillon où il n’existe aucune force publique. Nous aurions désiré envoyer plus de force ; mais nous ne pouvons nous dégarnir, il ne nous reste pas 20 hommes. Certainement, il seroit désirable de frotter si vertement ces mauvais sujets qu’ils ne fussent pas tentés d’y revenir.

    Quoiqu’il puise arriver, je vous réponds sur ma tête du zèle des administrateurs du district de Cholet et du procureur sindic

    Signé Beauveau

     

    ***

     

    Vous voyez messieurs combien est juste la pétition que vous a faite la municipalité de Cholet au sujet de ses grenadiers, nous voyons clairement l’inquiétude et l’agitation des campagnes voila l’orage qui éclatte à Châtillon, il se forme autour de nous et Cholet est le seul point de résistance, le seul où quelques forces existent (et) en imposent. Si vous perderés ce que nous avons de meilleur, comment pourrons nous défendre cette contrée ; c’est ce que je vous supplie de péser dans votre sagesse.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

     

    ***

     

    Copie d’une lettre des administrateur du district de Saumur aux administrateurs du département de Maine et Loire

    Saumur le 23 aout 1792 l’an 4ème de la liberté.

    Citoyens et confrères

    Depuis la lettre que nous vous avons fait parvenir par le retour de l’exprès que vous aviés envoyé la municipalité de Saumur s’est réunie à nous pour nous faire part d’une lettre de la municipalié de Doué qui demande des secours, exposant que tout est en feu et à sang à Bressuire et à Chatillon et que les environs demandent des secours.

    Sur le champ nous avons adressé une réquisition au commandant de la garde nationale de Saumur.

    Il fait partir deux cents hommes pour Doué avec un canon de huit livres de balles, des munitions et cartouches.

    Ce détachement restera à Doué pour la réquisition du procureur sindic qui se rend en la ville, maintenir la sureté jusqu’à ce qu’il soit requis par vos commissaires que demain matin, seront instruits del’arrivée de ce détachement à Doué.

    Dans le moment que notre détachement je dispose à partir, le secrétaire du district de Thouars vient d’arriver pour demander de la poudre de guerre ; il nous annonce que tous les troubles de ce pays sont nés du fanatisme, que la garde nationale de Thouars s’est portée à Bressuire et qu’elle a repoussé l’attroupement qui paroît considérable, il espère qu’on viendra à bout de la vaincre.

    Les administrateurs composant le directoire du district de Saumur, signés Daudenai, raymond, Rossignol, Font du Marais, Hervé, Coustard procureur sindic.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général »

     

     

    1792, vue depuis le Maine-et-Loire (5°partie)....

     

     


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  • Votre serviteur et « La Maraîchine normande » dans le Courrier de l’Ouest du 26/11/2017 (cliquer sur les images pour les agrandir) : 

    Chemins secrets dans la presse....

    Chemins secrets dans la presse....


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  •                           

    René Vrignaud, de la paroisse de Saint-Jean-de-Monts 

    tué dans le marais en 1812.

     

     


    René Vrignaud....  Octobre 1812, la chasse aux Vendéens est toujours ouverte et celle des pigeons fermée... Le Journal du Département de la Vendée du Dimanche 25 octobre 1812, n°56 (vue 197) est taiseux sur le sujet qui nous intéresse. Les conscrits sont soumis, tout va bien. On y parle de l'Empereur, ''Moscou n'existe plus'' ! Bientôt la Grande Armée n'existera plus non plus, mais ça, vous comprenez... la censure, toujours la censure ; on préfère y parler météo :

    « Dans le nuit du 18 au 19 octobre une tempête violente a soulevé les flots à une hauteur extraordinaire sur la côte occidentale de l'île de Noirmoutier  : 400 mètres de digue de la pointe du Devin ont été détruits – On évalue les dommages à 8000 francs...... »

     

    L'Officier Public de l'Etat Civil de Saint-Jean-de-Monts n'est guère plus bavard dans la rédaction des actes de décès...

     

    «  Le 14 octobre 1812 à dix heures du matin devant nous Jean-Crisostôme Péau-Villeneuve*, adjoint au maire, faisant par délégation du maire les fonctions d'officier public de l'état-civil – Etant à la mairie, sont comparus Jacques Rainard tisserand à Saint Jean de monts et Joseph L'Hériteau, meunier au Perrier, qui nous ont déclaré que hier matin, il est décédé près de ce bourg (le Perrier), leur beau-frère, le nommé René Vrignaud, tisserand, âgé de quarante et un an, époux de Marie-Angélique L'Hériteau. Les deux déclarants ont dit ne savoir signer de ce enquis.... »

     

    signé Péau Adjoint. * Percepteur des contributions de St Jean-de-Monts.

     

    René Vrignaud....

      Il faudra attendre l'année 1817 pour connaître les causes du décès de René Vrignaud. En effet, sa veuve Louise-Angélique L'Hériteau est proposée pour recevoir une pension de 45 francs comme veuve d'un soldat vendéen.

     

    « N°614 – Hairiteau Louise-Angélique né au Perrier en 1779 - veuve de Vrignaud René – soldat des Armées Vendéennes – Blessé au combat de Puidelui* et mort de ses blessures – sans ressources – trois enfants – proposée pour une pension de quarante cinq francs.  »

     

    *Puidelui, le lieu de ce combat n'a pu être identifié, le lieu-dit ''Puidelui'' n'existant pas sur le cadastre du Perrier, ni sur celui de St-Jean-de-Monts. S'agit-il d'une erreur d'écriture  ??

      

    René Vrignaud....

    René Vrignaud....

    Blessé dans un combat contre qui ? Les gendarmes  ??

     

    René Vrignaud est né le 28 mars 1772 à Saint Gervais. Il est le fils de Jacques Vrignaud et de Jeanne Naud. En 1812 il exerce la profession de tisserand. Il se marie le 19 juillet 1802 à Saint-Jean-de-Monts avec Louise-Angélique L'Hériteau, née le 3 janvier 1779, fille de Jacques L'Hériteau, meunier aux Petites Coudries  au Perrier et de Rose Rotureau-Retureau.

    De cette union sont issus :

    1° Louis-Rose Vrignaud, née le 14 septembre 1802 à St Jean-de-Monts.

    2° Jacques-René-Marie Vrignaud, né le 16 mai 1804, idem.

    3° Rose-Catherine Vrignaud, née le 20 juillet 1806, idem.

    4° Marie-Louise Vrignaud, née le 30 mai 1808, idem.

    5° Charles-Aimé Vrignaud, né le 2 mai 1810, idem.

     

    Le 5 mai 1818, Louise-Angélique L'Hériteau se remarie à Saint-Jean-de-Monts avec Pierre-Martin Fortin, laboureur. (vue 190/236 – mariages 1818). Propriétaire-cultivatrice, elle décède au Bois Vedron le 17 décembre 1855.

     

    René Vrignaud....

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions, - vue n°40/41, SHD XU 39-5 - Registres d'état civil de Saint-Jean-de-Monts du Perrier - Photos de l'auteur et de la Maraîchine Normande. 

                                                                

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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