•  

    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)…

     

     

    Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/36-50.

     

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de St Aignan.

    Séance du 21 ventôse l’an 4 de la République française une et indivisible.

    L’administration assemblée et composée des citoyens Pioche, président, Martineau, Beau, Rupert, Guitton, Maréchal agents, Clivot, Péan, Bouchet, Delorme, adjoints, Péan commissaire du pouvoir exécutif et Juchereau secrétaire.

    Le commissaire du pouvoir exécutif a annoncé à l’administration que depuis plusieurs jours il est informé qu’il existe dans les environs de Palluau département de l’Indre, des rassemblements soit de jeunes gens de première réquisition, soit d’autres malveillans ayant à leur tête des hommes qui ne cherchent qu’à porter le trouble et le ravage dans ces contrées, que d’après les renseignements qu’il est procuré, il y auroit tout lieu de craindre que ce ne soit le principe d’une grande incendie et qu’il est de la prudence et du devoir d’une administration sage de prévenir dès l’origine des malheurs qu’une trop grande sécurité pourroit rendre irréparable. Après avoir rapporté plusieurs faits et circonstances dont il a acquis la connoissance par le témoigne (sic) digne de foy, il a fait part à l’administration de la correspondance active et soutenue qu’il a à entretenir à ce sujet tant avec le ministre de la police général, qu’avec le commissaire du pouvoir exécutif près le département de Loir et Cher et celuy près le département d’Indre et Loire. Enfin il a requi que l’administration qui avoit déjà précédemment des notions sur les faits dont il s’agit, animé du même esprit que le commissaire du pouvoir exécutif et ne désirant rien tant que de seconder ses vuës.

    Considérant qu’on ne peut apporter de trop promptes et de trop grandes précautions pour réprimer l’espèce de fermentation qui se manifeste dans les contrées de Palluau et des environs et pour empêcher qu’elles ne fasse des progrès funestes.

    Considérant que l’esprit public et le patriotisme sont presque inconnus dans ces pays, où la constitution a été rejetté à la presque unanimité, que conséquemment on ne peut guère douter des mauvaises dispositions de la majorité des habitans de ces contrés.

    Considérant que le peu de distance qui nous sépare rend le danger plus imminent, nécessite de plus grandes précautions.

    Estime qu’il y a lieu de demander au département, 1°. Qu’il mette à la disposition de cette administration cinquante fusils au moins, de la poudre et des bales. La quantité nécessaire pour utiliser le service de la garde nationale, 2°. Qu’il autorise une garde soldée suffisante pour faire un service soutenu autant de tems que les circonstances l’exigeront, et attendu l’urgence, l’administration arrête provisoirement, 1°. Que la garde sera montée la nuit en cette commune par les jeunes gens non sujets à la première réquisition, qu’ils seront présidés, dirigés et commandés par les citoyens plus expérimentés d’un patriotisme reconnu, sauf à la faire monter de jour par les autres citoyens et surtout par les plus aisés.

    2° Que la gendarmerie nationale faire tous les jours des patrouilles soutenues sur les routes et dans les communes environnantes ; que les gendarmes fairont exhiber à tous les individus ayant leur domicile hors de ce canton, leurs passeports, et amèneront au commissaire ceux qui seront arrêtés sans en être munis. ; et enfin qu’ils fourniront chaque décade au commissaire du pouvoir exécutif, une feuille du service qu’ils auront fait dans les communes confirmées ( ?) laquelle sera certifiée par les agents ou adjoints respectifs. Cette dernière mesure est mise sous la responsabilité du sous-lieutenant de la gendarmerie, des infractions de la quelle le départment sera instruit. Pour copie conforme, Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

     

    « Comme agent municipal de la commune d’Ecueillé je dépose qu’ayant été obligé de se sauver des dangers occasionnés par un attroupement détaché de l’armée de Pallau, un nombre de cinq cents contre quarante deux hommes de troupes, et vingt hommes des habitans d’Ecueillé mal armés, nous voyant hors d’état de pouvoir leur résister, nous avons fait feu sur eux et battù en retraitte, et la troupe ainsy qu’une partie des citoyens d’Ecueillé se sont retirés au canton de mon trézor (Montrésor), A Nouan le 24 ventose l’an 4e de la république. Signé Olissard agent municipal.

    La gen-darmerie de Saint Aignan a passé dans cette commune, et à pris les renseignements concernant les troubles faits par les insurgés à Ecueillé. Fait à Nouan le 24 ventose an 4 de la république française. Signé Durand agent municipal.

    Vû passer à Montrézor, les quatre gendarmes pour se rendre à l’insurrection qui se passe dans la commune d’Ecueillé. Montrézor ce 24 ventose l’an 4e. Signé Chevalier agent. Pour copie certifiée conforme.

    Signé Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de Selles-sur-Cher.

     

    Séance du 24 ventôse 4e année républicaine

     

    L’administration extraordinairement assemblée et composée des citoyens Dubuisson président, Dauvorgne agent municipal de la commune de Selles, Guréinet commissaire du directoire exécutif et Blouet secrétaire en chef.

    Délibérant en présence des commandant et officier de la garde nationale de la commune et Péan commandant, Bozard commandant en second, Gaullier porte drapeau, Bigot Dulac sergent major, Bigot Jouanneau et Bigot Belleros capitaine, Jacques Dulac Souchet lieutenant.

    L’agent municipal de Selles a déposé sur le bureau une lettre qui lui a été adressée sous la date de ce jour par l’agent municipal de la commune de Valancay.

    Lecture faire de ladite lettre il en résulte qu’une députation de la commune de Lucay a prévenu l’administration du canton de Vallancay, qu’une troupe d’insurgés s étoit portée sur la commune d’Ecueillay dont les habitans s’étoient rendus qu’ils peuvent se porter aujourd’huy à Vallancay qui étant sans secours et sans armes, engage l’administration à l’aide de ses forces.

    Sure ce l’administration considérant que dans un moment où la malveillance de concert avec les amis des Rois s’agite en tous sens pour séduire et corrompre les citoyens des administrateurs zélés et patriotes doivent adopter tous les moyens propres à arrêter le succès de leurs entreprises et repousser leur marche.

    Oüi, le commissaire du directoire exécutif a arrêté les dispositions suivantes :

     

    Art. 1er

    L’administration municipale du canton de Valancay sera prévenue sur le champ, qu’il sera établi avec elle, une correspondance active à partir de cejourd’huy, dont le point de réunion sera au lieu de… commune de… chez le citoyen Pierre Cholet, cultivateur afin que de son côté l’administration de Valancay adopte les mêmes mesures, que le soir à quatre heures et tous les jours à dix heures et à quatre seront les heures de départ de la correspondance de cette administration, avec elle, provisoirement l’administration lui faira passer les forces qui sont à sa disposition.

     

    Art. 2e

    La poudre, le plomb et les bales qui sont à la disposition des marchands de cette commune seront constatées sur le champ, ses propriétaires les conserveront avec défense d’en disposer jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné. L’administration nomme à cet effet les citoyens Giens, Borteau, Trotillon père et Brisson fils.

     

    Art 3e

    Les fusils, pistolets, sabres, piques et généralement toutes les armes à la disposition des citoyens de cette commune seront constatées par le même commissaire dénommé cy dessus

     

    Art 4e

    Les canons à la disposition de l’administration seront amenés sur la place d’arme et netoyés par les citoyens Benoît Raboteau et Chabault que l’administration nomma a cet effet, pour arpès ce netoyement opéré, être gardés par les gardes nationales.

     

    Art 5e 

    Il sera écri au commandant de la garde nationale de faire monter la garde jour et nuit à partir de ce moment qu’à cet effet, le corps de garde sera vidé de tous matérieaux qui pourroient l’obstacler.

     

    Art 6e

    Le commandant de la garde nationale de cette commune tiendra prêt à partir au premier ordre de cette administration vingt hommes armés, et équippés pour secourir la commune de Valncay.

     

    Art 7e

    Le brigadier de gendarmerie nationale tiendra également ses gendarmes prêts à partir au premier ordre que l’administration lui donnera.

     

    Art 8e

    L’administration municipale du canton de Romorantin sera invitée à secourir la commune de Valancay par l’envoy d’une force de cinquante hommes au moins, la quelle passera dans cette commune où elle recevra le logement et les vivres.

     

    Art 9e

    L’administration départementale sera instruite sue le champ des dipositions qui viennent d’être prises, elle sera invitée de faire passer au canton de Selles des armes et munitions nécessaires en pareil cas et dont elle est absolument dégarnie.

     

    Art 10e

    L’administration déclare qu’elle prent l’engagement de vaincre les insurgés et de ne poser les armes que lorsqu’elle aura anéanti les hordes des ennemis communs de la France.

    Certifié conforme, signé Bleré.

    Pour copie conforme

    Illisible »

    ***

     

    « Selles sur Cher 24 ventose 4e année républicaine.

    L’administration municipale du canton de Selles sur Cher à celle départementale de Loir et Cher.

    Citoyens,

    Des secours prompts en hommes, armes, et munitions, tel est l’objet de notre demande, tels sont nos besoins.

    Dans ce moment les rebelles triomphent dans Ecueillay et la mort les attend à Valancay si cette dernière commune est secourue de tous les besoins que nous réclamons auprès de vous.

    La lecture de la délibération que nous venons de prendre, vous convaincra de la situation mal-heureuse dans laquelle se trouvent Valencay et communes environnantes. Salut et fraternité. Signé Dubuisson, D’auvergnes, Guérinet. »

     

    ***

     

    Carismont 24 ventose l’an 4e de la république française une et indivisible.

    Les administrations municipales du canton de St Aignan aux administrateurs du département de Loir et Cher, Salut et fraternité.

    Citoyens

    Les renseignements les plus précis donnés par des témoins occulaires, nous confirment les rassemblements contre révolutionnaires qui menacent d’envahir notre canton. Nous ne sommes pas en état de faire la moindre résistance faute d’armes, de munitions et de bras. Nous avons le besoin le plus urgent des trois objets. Expédiez-nous sur le champ des armes, des munitions, des hommes, envoyez nous de la force. Nous sommes absolument dépourvûs. Nous faisons toutes nos dispositions pour enballer les papiers de l’administration et les envoyer à Blois. Nous y joignons d’autres objets.

    Encore une fois, des armes, des munitions, des hommes. Nous les attendons avec le plus vif empressement. Signé Pioche président, Pean commissaire, Bertreau agent, Clivot agent et Juchereau secrétaire. »

    ***

     

     

    « Valencay 24 ventose an 4e

    L’administration municipale du canton de Valencay à l’administration du département de Loir et Cher.

    Citoyens

    Nous vous prévenons qu’il circule dans ce pays-cy une horde de sélérats dont une partie s’est déjà emparée le 23 de ce mois du bourg d’Ecueillay. En ce moment nous sommes menacés de leur insurrection.

    Prenez sur ce les mesures que votre prudence vous dictera. Salut et fraternité ./. signé Le Gendre et Du Chalais. »

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)....

     

     


    votre commentaire
  •                     

    Perrine Terrien…

     

     

    « Tout est exécrable dans ce malheureux pays, et cette race doit être anéantie jusqu'au dernier. » 

     

    Garnier de Saintes 

                                     

       

    Perrine Terrien....Perrine Terrien est née le 16 avril 1756 à la Blouère, elle est la fille de Pierre Terrien métayer au village de l'Olivet et de Jeanne Gibouin. Elle épouse le 25 novembre 1777 à Saint Martin de Beaupréau, Claude Macé décédé à Beaupréau en Janvier 1794, des suites des fatigues de la campagne d'Outre-Loire, ou mort outre-Loire ?

    Mais avant de présenter Claude Macé, j'ai voulu m'attarder sur la famille Terrien de Villedieu-la-Blouère, famille me semblant assez représentative de ce qui s'est vraiment passé dans la Vendée Militaire, c'est à dire un massacre programmé à grande échelle, un génocide.

    En effet, lors de la demande de pension de Perrine Terrien comme veuve d'un combattant royaliste, le 10 juin 1825 à Beaupréau, elle nous dit :   

     

    «  J'ai vu périr tant en combattant que massacrés par les Républicains huit de mes frères et sœurs* et tout mon ménage a été pillé. »

     

    * Elle parle certainement de ses frères, sœurs, beaux-frères et belles sœurs.  

     

    Quelques années avant la Révolution, la famille Terrien est composée des parents et de douze enfants.  Jeanne Gibouin, la mère, décède le 15 avril 1785 et le père, Pierre Terrien, décède le 2 janvier 1788 à Villedieu-la-Blouère.  

     

    1° Jeanne Terrien, née 22 mars 1754 à la Blouère, décédée le 26 février 1774 à Villedieu. (20 ans).

    2° Perrine Terrien, née le 16 avril 1756 à la Blouère, décédée le 3 octobre1833 à Beaupréau marié avec Claude Macé, mort à Beaupréau suite aux fatigues endurées outre-Loire en janvier 1794 ou mort outre-Loire ?

    3° Marie Terrien, née le 29 mai 1758 à la Blouère, massacrée ?

    4° Pierre Michel Terrien, né le 31 juillet 1760 à la Blouère, tué ?

    5° René Terrien, né le 4 avril 1763 à la Blouère, marié le 10 février 1790 à Saint-Philbert avec Renée Moreau, tués ?

    6° Julien Terrien, né le 2 juin 1765 à la Blouère, tué ?

    7° Michel Terrien, né le 16 juillet 1766 et décédé le 22 juillet 1766.

    8° Joseph Terrien, né le 15 mars 1768 à la Blouère, tué ?

    Anne Terrien, née le 3 avril 1770 à la Blouère, elle épouse à 19 ans, le 10 février 1790, à Saint-Philbert-en-Mauges René Moreau, âgé de 20 ans, qui sera tué à la bataille de Torfou le 19 septembre 1793.

    Elle sera massacrée à l'âge de 23ans, le 1er février 1794 à la métairie des Cimbronnières à Saint-Philbert, avec ses deux petits enfants : Pierre, 13 mois et René, 2 ans (vues n°470/487 et 87/137 registres Saint-Philbert-en-Mauges). 

    Perrine Terrien....

     

    10° Michelle Terrien, née le 1 mars 1773 à la Blouère, décédée le 22 décembre 1775.

    11° Jean Terrien, né le 23 mars 1776 à la Blouère, tué ?

    12° Jeanne Terrien, née le 27 avril 1780 et décédée le 21 juin 1782.

    Quatre enfants étant décédés avant 1793, huit sont vivants au début des Guerres de Vendée. En 1799, Perrine Terrien est pratiquement la seule rescapée de sa famille...

     

    Le 10 juin 1825 Perrine Terrien veuve de Claude Macé dépose une demande pension à Beaupréau en ces termes :

     

    « A Messieurs les Membres de la Commission départementale créée en exécution de l'Ordonnance Royale du 9 décembre 1824, Expose :

     

    Perrine Terrien, native de la Blouère demeurant à la Roche-Baraton en cette commune, veuve de Claude Macé mort dans la campagne d'Outre-Loire, ainsi qu'il est justifié par l'acte de décès ci-joint, qu'elle resta chargée de huit enfants en bas âge dont l'aînée avait à peine 12 ans. Son mari s'était constamment battu sur la rive gauche de la Loire qu'il ne quitta qu'avec l'Armée Vendéenne lorsqu'elle passa ce fleuve au mois d'octobre 1793.

    A titre de veuve, elle réclame le bénéfice des dispositions de l'article 2 de l'Ordonnance précitée au quel elle a droit en raison de ses malheurs et des services de son mari.

    Elle a vu périr tant en combattant que massacrés par les Républicains, huit de ses frères et sœurs, tout son ménage pillé ; Elle a fourni à l'Armée Vendéenne plus de dix huit douzaines de froment, quatre bœufs gras et vingt six moutons.

    Tel est Messieurs, l'exposé fidèle de ses malheurs et pertes ; elle vous supplie d'y avoir égard et de vouloir solliciter les secours aux quels elle peut prétendre.

      Dans cet espoir, elle vous prie, Messieurs, d'agréer l'assurance de son profond respect. 

    ne signe. Vu par nous, Maire de Beaupréau, le 10 juin 1825. »

     

    Certificat des officiers.

     

    « Nous soussignés, anciens officiers supérieurs Vendéens certifions que Joseph-Claude Macé, mari de Perrine Terrien, fut un des premiers à prendre les armes en 93 pour la cause de la légitimité et a montré dans tous les combats où il s'est trouvé autant de bravoure que de dévouement, qu'il passa la Loire avec l'Armée Vendéenne dans les rangs de laquelle il a péri en combattant pour son Dieu et pour son Roi.

    En foi de quoi avons délivré à sa veuve le présent certificat pour servir et valoir ce que de raison. 

    Signé: Lhuillier, colonel chevalier de Saint louis cdt la division de Beaupréau – Soyer, Chevalier de Saint-Louis – Supiot Adjudant Major.

    Perrine Terrien....

     

    Claude Macé est décédé à 45 ans, en Janvier 1794 à Beaupréau, des suites des fatigues endurées lors de la campagne d'outre-Loire ou mort outre-Loire ? (Vue n°77/101 NMD 1789-an VIII Beaupréau).

     

    Perrine Terrien....

     

    Claude Macé est né le 28 mars 1746 à Beaupréau, il est le fils de Pierre Macé, métayer à Mercillié et de Renée Audouin. Métayer, il épouse le 25 novembre 1777 à St Martin de Beaupréau, Perrine Terrien, née le 16 avril 1756 à la Blouère, fille de Pierre Terrien métayer au Village d'Olivet à la Blouère et de Jeanne Gibouin. De cette union sont issus huit enfants :

     

    1° Perrine Macé ° le 25 mars 1779 à Beaupréau.

    2° Marie Macé ° le 16 février 1781 à  idem.

    3° Jacques Macé ° 25 février 1793 à idem.

    4° René Macé, ° 31 janvier 1785 à idem.

    5° Anne Macé, ° 4 novembre 1786, à idem.

    6° Renée Macé, ° le 10 mai 1789 à idem.

    7° Pierre Macé, ° le 17 septembre 1791 à idem.

    8° Jeanne Macé, ° 20 mars 1793 à idem.

     

      Perrine Terrien est décédée le 3 octobre 1833 à la Roche Baraton à Beaupréau.

     

    Sources:    

    -Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés- Dossiers Vendéens – Perrine Terrien-1 M9/336.  

    -Registres état civil des communes de Villedieu-la-Blouère - Beaupréau (St Martin)- Saint-Philbert- en-Mauges. - copie du certificat des officiers, copie acte décès de Claude Macé, vues n° 4/7 et 7/7. - Cadastre 1834 de Saint-Philbert-en-Mauges, tableau d' assemblage  : les Cimbronnières. 

    - Photos: de l'auteur. 

                                                        

     

    X.Paquereau pour Chemins Secrets 


    votre commentaire
  •  

    La Flocellière et le général Willot, 19 octobre 1795…

     

     

    Les historiens, du moins ceux qui consultent les archives, connaissent bien le problème : on part souvent avec une idée en tête pour trouver tel ou tel document. On termine la journée sans avoir trouvé, ou si peu, de ce que l’on cherchait, mais on repart avec un plein dossier de choses imprévues. Il en va de même avec la consultation numérique et c’est ainsi que je vous présente ce soir une sortie totalement méconnue du général Willot sur la Flocellière. Le général Amédée Willot (1755 - 1823), aux ordres de Lazare Hoche tente de poursuivre les Vendéens dans le cadre d’une politique plus conciliante envers les populations tout en visant essentiellement les chefs Vendéens. Le culte et les prêtres sont censés être respectés avant que les agités extrémistes ne reviennent avec le coup d’état du 18 fructidor de l’an V (4 septembre 1797), qui verra à nouveau la persécution antireligieuse réapparaître. Comme vous allez le voir, Willot n’a déjà plus grand-chose à combattre tant les Vendéens qui ont repris les armes malgré les accords de paix se font rares et Hoche poursuit essentiellement des fantômes. Ceci dit, la peur inspirée par la Vendée est encore puissante chez les républicains et le tristement célèbre Caffin, n’hésitera pas à tuer des femmes et des enfants, comme il en avait l’habitude sous le généralat de Turreau.

     

    RL

    Mai 2018

     

     

    Le 17 octobre 1795, Willot écrit au chef d’état-major Grouchy (1) :

     

     

    « Chatillon le 25 vendémiaire 4ème année.

    Au général de division chef de l’état major général Grouchy.

    Je reçois, mon cher général, une lettre du général Caffin qui m’annonce qu’ayant été assuré d’un rassemblement à Beaurepaire, il n’occupera pas les points dont nous étions convenus et qu’il se restreint à prendre les positions de Mallièvre et celles du Puy du Fou de manière qu’après avoir arrangé mon plan en comptant sur lui aux Herbiers et aux Epaisses, les deux retraites resteront ouvertes aux ennemis. Ce n’étoit cependant qu’après longue discussion que nous étions convenus de nos faits, les craintes prudents ne sont pas des excuses admissibles et les raports d’espions ne prouvent pas l’impossibilité de tenir sa parole. Ce général qui m’a paru un homme fort estimable a cependant onze bataillons à Cholet ; j’ai visité tous leurs cantonnements, la plus part sont foibles il est vrai : mais il n’est jamais dangereux d’occuper cependant 12 lieues de positions ou l’on arrive pendant la nuit surtout lorsque l’ennemy est inquiété par des marches de différents points dont il ne peut deviner le but ; j’yrai toujours et ferai pour le mieux.

    Le général Mouter qui m’annonce 250 hommes de Bressuire ne m’a envoyé que 200 hommes mal armés commandés par 3 officiers dont un seul capitaine. Lorsque des généraux marchent avec moins de 800 hommes, un chef de bataillon trouve qu’il est au dessous de lui d’aller à l’ennemy avec 240. Ce n’est pas là mon cher général la bonne manière de servir vous en conviendrez mais il faudrait en changer dans la division que je commende.

    Le pain et la viande surtout manquent icy et je l’attends encore aujourd’huy ; je ne transige pas avec les administrateurs et je mettrai au conseil de guerre les chefs des sections qui n’auront pas fait leur devoir. Il me semble que l’autorité militaire est tombée en quenouille dans les cantonnement que j’ai vû ; je lui rendrai les droits que la loy donne et saurai les quels. Le bien du service ne peut dépérir.

    Le général Mouter m’écrit qu’il est inquiet sur Partenay et Thouars, qu’il y a des rassemblements dans les communes de Vernoux, l’Absie, Largeasse et qu’ils ont pris un guide de Partenai venant de Secondigny et qu’un chef de brigands a écrit au commandant de lui rendre cinq chefs qui sont mis en jugement et qui lui rendroit le guide. La garde nationale de Thouars s’est reffusée à faire le service alléguant qu’elle n’avoir ni pain ni soulliers.

    Je ne sçais pas faire ( ?) des hommes et je ne puis en ordonner à tous ceux qui en demendent. Il y a à Bressuire 460 hommes : j’ai écrit au général Mouter qu’après nôtre expédition il s’arrangeroit pour répartir les troupes, où il les jugeroit le plus nécessaire.

    J’ai de la peine à croire que sur mes derrières, il existe de grands dangers sans doute la peur des habitans les grossit.

    J’éprouve dans ce moment, ce qui arrive toujours quand on est obligé pour agir des restes des lambeaux de troupes de plusieurs points (de) tout le pays. Dès que nous allons attaquer la Flocelière, je vais répondre par une ruse de guerre en donnant l’ordre essentiel de se tenir prêt à évacuer le pays. Des rapports m’ont grossi les forces de ce poste, et surtout le nombre des chevaux que l’on porte à 800 ; tant mieux nous ne prendrons d’avantage, s’ils ne se sauvent pas je vous en rendrai bon compte.

    Le général Caffin a fait faire de petites expéditions sur la Verrie et St Laurent qui ont eu un plein succès.

    Sans doute ils vous enverront des détails : j’en ai attendu hier le résultat à Chollet mais ce qu’il y a d’affreux c’est qu’on a tué des femmes et des enfants. Malheur à ceux de ma colonne qui se conduiroient ainsi. Les laches seuls sont cruels.

    Salut et amitié. »

     

    La Flocellière, 19 octobre 1795....

     

    Deux jours plus tard, le 19 octobre 1795, Willot fait son rapport à Hoche (2) :

     

    La Flocellière, 19 octobre 1795....

     

    « Au Quartier-Général à Cerisai le 27 vendémaire l’an 4e de la République Française.

     

    Willot, Général de Division, commandant la 3ème

    Au citoyen Hoche général en chef de l’armée.

     

    En marge : reçu le 4 brumaire

     

    Mon général,

     

    Votre ordre que m’a transmis le chef de l’état major général d’enlever les postes de Château Mur et de la Flocelière occupés par les rebelles a été exécuté le 26 ; voici les dispositions que j’ai prises et le résultat de l’opération.

    Trop foible pour fournir à l’attaque et garnir les Herbiers et les Epaisses, poistions essentielles pour couper l’ennemi dans la fuitte ou dans la retraite, je m’étois concerté avec le général Caffin, et il étoit convenu entre nous qu’après disuction que les positions des Herbiers et des Epaisses seroient occupées par des troupes de la division, je comptois là-dessus. Le 25 sur le tard il me parvint à Chatillon une de ses lettres par la quelle il me mandoit qu’il croyoit prudent de se raprocher de nos vû le peu de ses forces disponibles et qu’il avoit pris le parti de se porter sur le Puid du Fou et sur Malièvre, je vis avec peine des points importants dégarnis, mais il étoit trop tard pour changer les dispositions et j’augurai alors que l’ennemy nous échaperoit.

    L’attaque étoit fixée pour quatre heures du matin. J’ordonne au général Merle de marcher avec les troupes qu’il pourroit avoir de la Chateigneraye pour se rendre sur la droite de la Flocelière en lui recommandant d’envoyer une partie de ses forces s’emparer du Mont St Michel (3) ; au général Burac de partir de Cerisay avec deux bataillons de la 4ème demi brigade d’infanterie légère et 120 hommes venus de Moncoutant pour se rendre sur deux colonnes, dont l’une devoit passer par St Memin à la gauche de la Flocelière ; je pars de Chatillon avec une partie des troupes de cette place, 250 hommes venus de Bressuire et un détachement du 7ème régiment des chasseurs pour attaquer de frond ; je passe par Château Mur, le château n’étoit point occupé, le village étoit désert. A l’heure indiquée les colonnes entrent à la Flocelière, le poste se trouve évacué, l’ennemy avoit battu la générale à deux heures du matin, c’étoit sans doute pour l’abandonner, averti de nos mouvements difficiles à ténier dans le mistère surtout quand ils sont multipliés.

    Il ne restoit à la Flocelière que quelques vieillards, quelques femmes et enfants. J’ai trouvé des magazins de vin, d’eau de vie, de cuir, de farins et de fourrages, j’ai fait chercher dans les environs par des guides et des officiers des charretes pour emporter les objets. L’on a pu en trouver et j’ai été obligé de faire porter les fourrages des magasins dans les cours du château et d’y faire mettre le feu, de distribuer une partie des farines aux soldats et jetter le reste pour enlever ces ressources à l’ennemi. L’eau de vie et le cuir ont été distribués à la troupe.

    Nous avons pris nos positions, j’ai ordonné quelques découvertes par des bataillons d’infanterie légère, l’ennemy ne paroissoit pas.

    La colonne commandée par le général Merle avoit trouvé un avant poste, quelques brigands avoient été tués et quelques mauvais chevaux pris. La 3ème demi-brigade d’infanterie légère avoit fait un prisonnier, on lui a conservé la vie, il sera envoyé demain à Fontenai pour être livré aux tribunaux compétants.

    N’ayant pas ordre de tenir poste à la Flocelière qui effectivement ne peut être occupé qu’avec ceux de Pouzauges et des Herbiers, je renvoyai les troupes dans leurs cantonnements respectifs qui étoient restés dégarnis.

    Je désirerai pouvoir rendre aussi bon compte de la conduite des troupes quand au respect des propriétés que j’ai d’éloges à faire de leur ardeur et de leur courage ; plusieurs militaires sont arr^tés et seront jugés par les conseils militaires.

    Salut et fraternité

    Willot »

     

    Le château de la Flocellière :

    La Flocellière, 19 octobre 1795....

     

    Notes :

    (1)  Archives Nationales : archives privées, 220 AP 1, v. 9/86 et sq. Correspondance active du général Willot.

    (2)  Archives de Vincennes : SHD B 5/12-74, v. 10 et 11/11.

    (3) Il s’agit bien entendu du bien nommé Saint-Michel-Mont-Mercure, point culminant du Bocage et du même coup du département de la Vendée.

     

     

     


    votre commentaire
  •                     

                            Pierre Testard, de la paroisse de Liré, 

                 tué dans les landes du Moulin-sous-Terre en 1793.

     

     

                                     


    Pierre Testard....Pierre Testard
    est le fils de Pierre Testard et de Jeanne Briand, métayers à la métairie de la Gourmicheraie paroisse de Liré. Il est né le 29 novembre 1744 à Liré et épouse le 12 janvier 1768 à Saint-Laurent-des-Autels, Renée Terrien, née le 5 avril 1746 à Saint-Laurent, fille de Pierre Terrien et de Julienne Chevalier, métayers à la Foyne.

      De cette union sont issus au moins trois fils, l'un étant décédé en bas âge.

     

     

    1° Pierre Testard, né le 8 janvier 1770 à Liré † ?

    2° Pierre Testard, né le 11 juillet 1772 à Liré.

    3° René Testard, né le 8 janvier 1777 à Liré.

     

    Ces deux fils combattent dans l'Armée Catholique et Royale, l'aîné est blessé outre Loire et réussit à repasser le fleuve, il mourra plus tard des suites de ses blessures en laissant une veuve et cinq enfants.

      La métairie de la Gourmicheraie est pillée et dévastée par les Bleus laissant Renée Terrien dans la plus grande misère...

     

    Le 14 juin 1825, sa veuve dépose une demande de pension dont la teneur suit :

     

    « A Messieurs les membres composant la Commission Vendéenne à Beaupréau,

     

    Messieurs,

     

    à l'honneur de vous exposer Renée Terrien, veuve de Pierre Testard demeurante à la Gourmicheraie commune de Liré, canton de Champtoceaux ; quatrième arrondissement du département de Maine et Loire.

    Quelle est âgée de soixante dix neuf ans, que Pierre Testard son défunt mary avait toujours combattu pour la cause des Bourbons quenfin il fut tué par les républiquains en 1793. Quelle resta veuve avec deux enfants qui comme leur père, combataient pour la même cause.

    Que son grand âge, sa misère ses infirmités font quelle ne peut satisfaire à ses besoins n'ayant aucuns moyens d'existances, elle vous prie Messieurs de prendre sa position en considération. Et vous supllie d'avoir la bonté de la faire comprendre au nombre de ceux que sa Majesté est dans l'intention de récompenser au terme de ses Ordonnances parce qu'il croit sa position en rapport avec les vues qui y sont manifestées il attend tout de votre justice.

    Et vous prie Messieurs d'agréer l'honneur du profond respect avec laquelle est votre très humble et très obéissante servante. »

    Pour la pétitionnaire qui ne sait signer   .

    Signé Chauvint adjoint – le 14 juin 1825 sous le n°14 -

     

    Certificat de notoriété.

     

    «Aujourd'hui 14 juin 1825,

     

    A comparu devant nous adjoint de la commune de Liré, canton de Champtoceaux quatrième arrondissement du département de Maine et Loire, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de cette dite commune  ; En l'absence du maire,

    1° François Laurenceau, métayer à la métairie de la Caradière en cette commune âgé de cinquante trois ans, ancien capitaine de l' Armée Royale de l'Ouest.

    2° Joseph Cruau journalier au village de la Baudouinière des Landes, ancien soldat de l'Armée Royale de l'Ouest, âgé de quarante sept ans.

    3° Julien Bordage, laboureur, demeurant au village des Haies, également ancien soldat dans l'Armée Royale de l'Ouest, âgé de soixante deux ans tous trois  habitants de cette commune, lesquels nous ont déclarés que, Pierre Testard métayer à la métairie de la Gourmicheraie en cette commune fut tué en combattant pour la cause des Bourbons en 1793 dans les Landes du Moulin sous Terres et laissa une pauvre malheureuse veuve avec deux garçons, qui de même que leur père combataient pour les Bourbons.

    Enfin que les républiquains pillèrent et dévastèrent tous ce qu'ils possédaient dans leur métairie et mirent Renée Terrien, sa veuve, dans la plus grande misère ; que son fils aîné avait partie pour la Bretagne s'était battu avait été blessé enfin de retour dans ses foyers, s'était marié et est mort par suite de ses blessures et fatigues qu'il avait eu en la dite guerre et a laissé une veuve avec cinq enfants en bas âge, voilà tout ce qu'ils ont déclarés et ont signé avec nous fort Bordage et Cruau qui ont déclarés ne le savoir faire.

    Fait à la mairie de Liré, les jour mois et an que dessus. »

     

    Signé Chauvint et Laurenceau.

     

     

    Pierre Testard....

     

    Sources:     

    - Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés- Dossiers Vendéens – Terrien Renée-1 M9/336. Certificat de notoriété. 

    - Registres état civil de Liré.  

    - Photos: de l'auteur. 

                                                             

     

    X.P pour Chemins Secrets 


    votre commentaire
  •  

    Palluau-sur-Indre, 1796 (1ère partie)…

     

     

    Après avoir parlé brièvement de notre Palluau de Vendée, j’ai pensé qu’il était bon de citer l’histoire de son village jumeau dans le centre de la France, qui lui aussi, s’insurgea contre la république, certes, un peu plus tard et avec moins de succès, mais dont l’histoire mérite d’être connue. Les « petites Vendées » sont aussi nombreuses que méconnues, souvent oubliées, voire méprisées par les historiens, je me crois en devoir d’en parler, ne serait-ce que pour paraphraser le pourtant robespierriste Jean-Clément Martin qui reconnaissait, il y a quelques années, qu’en 1793, moins de la moitié de la population française était favorable au régime républicain. A noter pour ceux qui appartiennent à ces régions : ma femme a publié l’histoire de la révolte de Palluau-sur Indre ici.

    Place aux archives à présent avec les liasses des archives militaires, afin que chacun puisse se faire une idée des faits.

     

    RL

    Mai 2018

     

     

    Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/36-50.

     

    Blois le 16 mars 1796. Lettre du citoyen Ravaut à un destinataire inconnu. je reprend ici la partie de la missive qui parle des événements qui nous intéressent :

    « Blois ce 26 ventose an 4 de la République

    .../...

    Il se porte en ce moment sur St Aignan un rassemblement de chouans, faisant partie d’un rassemblement plus considérable formé à Palluau, département de l’Indre qui nous a forcé à faire partir hier matin le peu de forces que nous avions ici. Aujourd’hui nous envoyons aux ministres de la police générale, de l’intérieur et de la guerre, une expédition de l’arrêté que nous avons pris pour dissiper cette sédition : nous réclamons des hommes et des munitions ; vous concevrez que tout ce qu’en (illisible) demandons est (illisible) ; et combien et dans cette circonstance, il est important de conserver la gendarmerie que nous avons chez nous ; aussi réclamons nous auprès du ministre de la guerre sur le départ des huit gendarmes que nous avons reçu sur la proposition du général Boussard, et que celui-ci veut faire partir demain malgré nos instances pour les conserver parce qu’il faut habiller, équiper et monter. L’administration persuadée de votre zèle et de votre activité me charge de vous prier, ainsi que le citoyen Arnoul de faire sur le champ les démarches nécessaires auprès des ministres chargés spécialement d’examiner nos réclamations. Le rassemblement à Palluau paroit considérable ; la portion qui en est sortie s’est portée à Ecueillay (Ecueillé) et y a commis des horreurs : un garde chasse, dit on, a été tué et plusieurs citoyens blessés. Tachez de voir dans les bureaux les copies de procès verbaux que nous faisons passer par la poste et ci-joint et ne négligez aucun moyen pour obtenir les hommes et les munitions qui nous sont nécessaires pour repousser des brigands (papier déchiré)... féroces qu’ils sont guidés par le fanatisme, ayant à leur tête (papier déchiré)... Fleuré, ci-devant curé lequel n’a pas eu honte, après les horreurs commises à Ecueillay, d’entamer un Te Deum.

    Si comme je n’en doute pas, vous obtenez ce que nous réclamons, hâtez vous de partir. L’administration a besoin de votre secours. Elle vous... (illisible)... plaisir parce qu’elle ne craindra plus de vous perdre.

    Salut, amitié et fraternité

    Ravaut

     

    ***

     

    Département de Loir et Cher

    Bureau de la police administrative

    Blois le 26 ventoise an 4ème de la République française, une et indivisible

    Les membres composant l’Administration départementale de Loir et Cher,

    Au Ministre de la Guerre

     

    Citoyen Ministre,

     

    Nous vous adressons les pièces que nous vous avons annoncées par notre lettre d’hier portant envoy de l’arrêté que nous avons pris pour nous opposer a l’invasion de plusieurs communes de ce département menacées par le rassemblement de rebelles stationné dans le département de l’Indre.

    Parmi ces pièces est une lettre de l’administration municipale de St Aignan et un procès verbal de l’agent municipal de la commune d’Ecuillé, qui nous sont parvenus depuis notre arrêté, et qui nous confirment la vérité du rassemblement dont est question, et le procès verbal indique qu’un détachement de l’armée de Palluau s’est porté a Ecueillé, ce qui prouveroit qu’il y a réellement un rassemblement considérable audit lieu de Palluau.

    Cette position, citoyen ministre, nous fait craindre une nouvelle Vendée dans les cidevant provinces du Berry et de la Touraine, en conséquence, de la force, des armes des munitions de guerre et toutes les dispositions convenables dans les départements de l’Indre ; d’Indre et Loir et de Loir et Cher.

    Nous vous parlerons encore du magasin de grains qui est est à Valançay département de l’Indre, nous apprenons indirectement qu’il est assez conséquent pour nourrir les rebelles pendant plusieurs mois et qu’il est fortement menacé ; notre observation ne pourrai que fortifier celle qui vous aura été faite à ce sujet par le département de l’Indre.

    Nous ne vous laisserons rien ignorer, citoyen ministre, des renseignements qui nous parviendront au sujet des rassemblements dont il s’agit, et nous vous les transmettrons avec la plus grand célérité.

    Salut et fraternité »

    Palluau-sur-Indre, 1796 (1ère partie)....

     

    ***

     

    « Carismont (nom révolutionnaire de Saint-Aignan) le 24 ventose l’an 4e de la république française une et indivisible

    Les membres composants l’administration municipale du canton de Saint Aignan aux administrateurs du département de Loir et Cher.

    Nous ne mettrons de bornes à nos réclamations que lorsque l’objet en sera remply. On ne transige pas avec des dangers aussy iminens que ceux qui nous menacent : vous en serez convaincus par la relation suivante. Quatre citoyens de notre commune partis ce matin pour aller à la découverte, arrivés à Nouan (les-Fontaines), y ont trouvé à l’auberge l’agent municipal d’Ecueillé et vu (un) autre citoyen nommé Cires desquels ils ont recueilly les renseignements suivants. Hier trois à quatre cents hommes des insurgés de Palluau, se sont portés sur Ecueillé en force. Les habitans de cette commune se sont mis en mesure pour se défendre soutenus par trente cinq militaires qui étoient arrivés de Loches à leur secours. Les citoyens n’étant pas en force suffisante avec l’inégalité du nombre, se sont repliés après une demie heure de combat. Un nommé Bedoin garde des bois de Luçay (le-Mâle) a été tué pour n’avoir pas voulu crier, Vive le Roy. Le citoyen Ciret a couru les plus grands dangers ayant eu plusieurs fois le sabre sous la gorge, et n’a été préservé que par la réclamation d’un des brigands dont il étoit connu. Le citoyens Lacaille aussi d’Ecueillé survenu à la même auberge a déclaré que sa maison a été pillée, qu’il luy a été pris dix louis, et la poudre et le plomb de sa boutique ; que dix a douze des brigands les mieux montés se sont portés sur Luçay ; cet article est confirmé par le rapport d’une femme qui vient de nous déclarer qu’au moment où elle est partie ce matin de Luçay on parloit de l’arrivée de cent dix hommes. Cet esprit de révolte est soutenu par un prêtre fanatique nommé Fleuré qui a dit ce matin la messe sous la halle d’Ecuillé, a fait un discours analogue et chanté le Te Deum et fait crier vive le Roy.

    Absolument, de tout, nous vous demandons des hommes, armes et munitions. Faites que les secours arrivent sur le champ, autrement, nous ne pouvons répondre de préserver notre contrée qui ne se trouve en ce moment qu’à quatre lieues de ces endroits où ces horribles scènes se passent. Salut et fraternité, signé Peau commissaire et Juchereau secrétaire.

    P.S. nous joignons copie du rapport qui vient de nous être transmis par les gens d’armes de notre commune. »

     

     A suivre...


    votre commentaire