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    Jean-Baptiste Fleurieau, Recteur de la Paroisse de Saint Jean, 

    noyé en Loire dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793.

     

                       

                                     

    L'abbé Fleurieau, noyé à Nantes....Jean-Baptiste Fleuriau-Fleurieau est né le 1er décembre 1714 en la paroisse Sainte-Croix de Nantes, il est le fils de Jean Fleurieau, huissier à la Chambre des Comptes de Bretagne ''Prévost des Monnoyeurs'' et de Jacquette Baudouin, mariés à Nantes le 17 février 1714 à Sainte-Croix.

    Devenu prêtre, il est recteur de la paroisse Saint-Jean de 1767 à 1790. En 1792 il est emprisonné à la communauté des Carmélites, puis transféré aux Petits Capucins, conduit sur la galiote hollandaise et jeté en Loire avec quatre vingt neuf autres prêtres âgés.

     

    « Afin de manifester plus à l'aise sa rage sanguinaire, Carrier qui avait transporté son club, le 16 novembre (26 Brumaire), de l'église de Saint-Vincent à l'église Sainte-Croix, au centre de la ville, monte dans la chaire et s'écrie :          

    '' Citoyens montagnards, cette journée servirait encore, s'il en était besoin à dissiper les brouillards fétides du despotisme des prêtres et des rois. Mais la morale est vengée, et le peuple se rit des jongleries des uns, des ci-devant usurpations des autres. Citoyens, le trône des tyrans n'est plus, et les assemblées patriotiques remplacent ce troupeau d'imbéciles que conduisait la calotte.......'' 

    Dix jours auparavant, quatre vingt dix prêtres nantais environ qui n'avaient pas été déportés à cause de leur grand âge, furent condamnés à être noyés en Loire. Après leur avoir fait subir des mauvais traitements de tout genre à la communauté de Saint-Clément, à la maison des Carmélites et aux Petits Capucins où ils furent successivement incarcérés, on les transféra sur le navire hollandais La Gloire. Dans la nuit du 16 au 17 novembre (26 et 27 brumaire), Fouquet, Lamberty, conformément aux ordres de Carrier, se rendent à bord de la Gloire, ancrée entre la Sécherie et Trentemoult, et la dirigent sur Chantenay. Le canonnier Wailly qui est en faction sur la Samaritaine veut s'opposer à sa sortie du port. Fouquet et Lamberty le menacent de le couper en morceaux et lui montrent l'écrit suivant :

    ''Permis au citoyens Fouquet et Lamberty de laisser passer partout où besoin sera avec un gabareau chargé de Brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport'' signé Carrier. Certifié véritable ; David-Vaugeois. 

    Rendus à l'île de Cheviré, et au moment où les malheureux prêtres s'y attendaient le moins, Fouquet et Lamberty les font jeter à l'eau...     » 

     

    L'abbé Fleurieau, noyé à Nantes....

     

    Le 22 Prairial de l'an 8, (11 juin 1800), le décès de l'abbé Fleuriau est légalisé.

    « Le vingt deux prairial an huit de la République française une et indivisible à dix heures du matin, moi, Jean-Adrien Barbier, officier public ai transcrit littérallement le procès-verbal dont la teneur suit :

     

    ''L'an huit de la République française une et indivisible, ce jour quatre Floréal, devant nous Claude-Charles Lemer le juge de paix du troisième arrondissement de la commune de Nantes, ayant avec nous, Jean-Baptiste-Augustin Herbert notre greffier étant au greffe, est comparu le citoyen Pierre-Marie-Georges Legouais, rentier, demeurant en cette commune place du Pilory, numéro trois, lequel a dit que Jean-Baptiste Fleurieau ex-recteur de la ci-devant paroisse de Saint-Jean, en Saint Pierre de cette ville, son oncle par alliance a été du nombre des prêtres qui ont été noyés à Nantes au mois de novembre 1793 (vieux stile), qu'il a intérêt de faire constater le fait pour suppléer à l'acte de décès du dit Fleurieau qui ne fut point formalisé, non plus que celui des autres victimes à cet époque où la fureur révolutionnaire ne connaissait ni loi, ni principes, en conséquence m'a amené devant nous quatre témoins dont il nous requiert de recevoir les déclarations, pour en dresser acte de notoriété à l'endroit sont comparus les citoyens Claude-Séraphin Hochon, âgé de cinquante quatre ans, marchand droguiste demeurant Haute Grande Rue numéro cinquante cinq – Louis Davy dit des Châteaux, âgé de cinquante cinq ans, anciens tailleur d'habits, demeurant place du Pilory numéro trois, Pierre-Jean-Claire Cox aîné marchand fripier, âgé de quarante huit ans, demeurant rue des Chapeliers numéro trois, et Nicolas Mayracq âgé de quarante neuf ans, marchand de toile, demeurant place du Change, desquels ayant pris serment de dire vérité, ce qu'ils ont promis et juré chacun la main droite levée, séparément ; ils nous ont déclaré et affirmé avoir parfaitement connu le dit Jean-Baptiste Fleurieau, qu'ils ont pleine connaissance qu'en l'an mil sept cent quatre vingt douze, il fut détenu avec d'autres prêtres à la communauté des Carmélites de cette ville, qu'il fut transféré quelque temps après avec ses confrères au couvent des Petites Capucines de l'Hermitage près Nantes, d'où il fut conduit sur la fatale galliote hollandaise ; on le fit périr dans les flots avec ses compagnons d'infortune, au commencement du mois de novembre mil sept cent quatre vingt treize (vieux stile). Ce qui est un fait de notoriété publique, qu'il était âgé d'environ quatre vingt ans, de tout quoi, nous juge de paix susdit avons rapporté le présent acte de notoriété pour valoir et servir de ce que de raison, arrêté sous les seings de tous les comparants, celui de notre greffier et le nôtre lesdits jour et an la minute est signée Legouais, N Meyracq, Cox aîné, Hochon, Davy, Lemerle juge de paix et Herbert Greffier.''

      Enregistré à Nantes le quatre Floréal an huit, reçu un franc dix centimes, folio cent trente trois, verso signé – Bertrand et à l'expédition Herbert greffier.

    Fait en la maison commune de Nantes, sous mon seing, les dits jour et an.   »

    Signé Barbier.

     

    Sources:     

    -Archives de la ville de Nantes – tous droits réservés- décès an 8, 1ère  

     Section, cote 1E236 – vue n°17/24 

    -Archives de Nantes, paroisse Sainte-Croix, baptêmes, mariages. 

    -Histoire de la Guerre de la Vendée Abbé Deniau, tome III, pages 

     478,479,480 – Siraudeau-Editeur. 

    -Crédit Photo:  Patrimoine Maritime fluvial – Gabare la Montjeannaise.- Wikipédia, Jean-Baptiste Carrier, portrait pris sur le vif lors de son procès de Vivant Delon, coll.parti.

                                                 

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre…

     

    La colonne infernale de Jean-Alexandre Caffin, adjoint de Jean-Pierre Boucret passe à Saint-Amand-sur-Sèvre le 25 janvier 1794. Les personnes que nous citons ci-dessous n’ont évidemment pas toutes été tuées à cette date. On sait en outre que la population passe de 1 220 habitants en 1790 à 767 en 1800.

    Nous reprenons la liste figurant dans l’ouvrage de Françoise de Chabot « Un Canton du Bocage Vendéen…, 1891 », faute de pouvoir trouver les actes originaux qui pour les communes des Deux-Sèvres, concernées par les Guerres de Vendée sont la plupart du temps inexistants…

    RL

    Janvier 2018

     

    Liste de ceux qui sont morts les armes à la main ou qui ont été massacrés par les Républicains

    entre 1793 et 1800.

     

     

    Registre paroissial de Saint-Amand pour l’année 1794,

    « coté et paraphé » par l’abbé Bernier.

     

     

    1.   Gonor René, tailleur, 56 ans, « tué le 15 janvier, pour cause de religion, par les Républicains de la    garnison de Mallièvre ».

    2.   Poirier Etienne, journalier, 42 ans, id.

    3.   Ligonnière Pierre, 32 ans, id.

    4.   Bodin Jacques, journalier 32 ans, id.

    5.   Mota René, tisserand, 36 ans, id.

    6.   Ripeau Pierre, journalier, 52 ans, id.

    7.   Charbonneau Pierre, id., 41 ans, id.

    8.   Souchet Pierre, tuilier, 22 ans, id.

    9.   Baubrieaud François, tisserand, 38 ans, id. N° 9 de la liste de Montravers.

    10.        Saulet Louis, journalier, « le 15 janvier, a été fusillé pour cause de la religion, et n’est mort qu’un mois après ses blessures ».

    11.        Le Boiteux Pierre, homme de confiance de M. de Vasselot, 46 ans, tué pour cause de sa religion et enterré entre la Pommeraie et Montravers.

    12.        Brebion Thérèse, veuve Tisseau, de la Lande, 34 ans, tuée le 25 janvier par l’armée de Grignon, pour cause de sa religion, et a été enterrée près du Deffend.

    13.        Vendée (Vandé ?) Jacquette, veuve Puau, de la Lande, 31 ans, id.

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    14.        Simoneau Charles, journalier, id.

    15.        Bruneau Marie, veuve Cailleau, de la Lande, 40 ans, id.

    16.        Puau Jean, bordier du Rochet, 55 ans, id.

    17.        Puau Marie-Jeanne Remond femme, id.

    18.        Turpeau Jean, bordier, 31 ans, id.

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    19.        Faverot Jean, 23 ans, « le 25 janvier, a été tué pour cause de sa religion par la troupe de Grignon, près du Rochet, et à été enterré dans le même lieu ». 

     

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

     

     

    20.        Gauchard Louis, 18 ans, id., enterré près la Gaudrandière.

    21.        Gauchard René, métayer, 55 ans, id., id.

    22.        Gauchard Louis, 25 ans, id., id. 

     

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

     

    23.        Albert Joseph, domestique, 24 ans, « le 3 janvier, a été tué à Bressuire pour cause de sa religion ».

    24.        Puaude (Puaud ?) Marie, de la Giraudière, 30 ans, « le 6 mars, est morte de ses blessures ».

    25.        Moricet Louis, 38 ans, id., le 13 mars.

    26.        Palueau François, domestique, 50 ans, id., le 26 mars.

    27.        Jadeau René, bordier, 32 ans, mort de ses blessures aux Aubiers, le 12 avril.

    28.        Soulard François, domestique, 19 ans, est resté au combat de la Châtaigneraie, le 8 mai ; il n’y a pas de témoins de sa mort, elle est seulement probable.

    29.        Deveau Jean, id.

    30.        Graubau Mathurin, domestique, id.

    31.        Huvelin, resté à la bataille de Chemillé, 10 mai.

    32.        Chupin, a été tué le 8 mai à la Châtaigneraie.

    33.        Guillet Alexis, est resté à la bataille de Chemillé ; des témoins ont déclaré l’avoir entendu rendre le dernier soupir.

    34.        Baré Joseph-Armand, 20 ans, id., id.

    35.        Gabard Jean-Mathurin, du Pons, 16 ans ; des témoins affirment l’avoir vu sabrer près Chemillé, le 10 mai.

    36.        Gabard Mathurin du Pons, 21 ans, mort de ses blessures, le 10 juillet.

    37.        Palardi (Pallard ?) Pierre, 57 ans, « brutalement tué d’un coup de fusil dans l’exercice de la place de commissaire royal ».

    38.        Brosseau Marie, « le 16 août, a été mise à mort à Cerizay, la grande Marion, qu’on dit être native de la paroisse de Saint-Michel, et depuis plus de dix ans domestique sur cette paroisse. »

    39.        Soulard Mathurin, 58 ans, tué à Secondigné (Secondigny). 

     

     « N.B. Plusieurs actes sont transposés ou imparfaits, parce que je n’ai pu, dans la persécution, les faire à heure et à temps, je les ai recueillis au milieu des déroutes et des combats.

    Cependant j’ai copié sur des feuilles volantes les noms, les dates fort exactement, et j’ai toujours appelé des témoins dignes de foi, et quand j’en ai manqué, je n’ai mis dans les actes que ce qui est de notoriété publique… ma connaissance ».

    Signé Feuille.

     

    Registre paroissial pour 1795 et 1796, signé

    par Le François, relig. carm. Prêtre à Saint-Amand.

     

     

    40.        Gaufreteau Alexandre, voiturier, 57 ans ; le 27 décembre 1793, «  a été tué pour sa religion et ensuite porté dans le cimetière des cette paroisse. »  Certifié par Le François, relig. carm. Prêtre à Saint-Amand.

     

    Listes générales des individus condamnés par jugements ou mis hors la loi par décrets, et dont les bien ont été déclarés confisqués au profit de la république, an II et III.

     

    Liste III.

     

     

    41.        Albert François, brigand de la Vendée, commission militaire Savenay, 3 nivôse (23 décembre).

    42.        Chucheteur (en fait Guicheteau) François, id., id., 4 nivôse (24 décembre).

    43.        Gabard Pierre, id., id., id.

    44.        Gabard Jean, id., id., 6 nivôse (26 décembre).

    45.        Pohut Louis, id., id., 5 nivôse (25 décembre).

     

    Liste IV.

     

    46.        Benetreau Louis, Brigand de la Vendée, commission militaire Nantes, 15 nivôse (4 janvier).  

    47.        Bonnet Pierre, id., id., 16 nivôse (5 janvier).

    48.        Charrier Mathurin, id., id., 17 nivôse (6 janvier).  

    49.        Grolor Pierre, id., id., 12 nivôse (1er janvier).  

    50.        Moreau Guillaume, id., id., 14 nivôse (3 janvier).

     

    Etat des veuves et des orphelins de Vendéens tués dans les armées Royales.

     

     

    51.        Barret Jacques, né en 1766, tué à Noirmoutier.

    52.        Croix Mathurin, né en 1759, tué à Luçon, 1793.

    53.        Berteau René, né en 1752, tué à Bressuire, 3 janvier 1794.

    54.        Guérin J.-B., né en 1766, tué à Fontenay, 23 janvier 1794.

    55.        Grimaud Jean, né en 1758, tué à la Flocellière, 26 janvier 1794, lors de l’incendie du pays.

    56.        Robelin Jacques, né en 1766, tué à Luçon, 1793.

    57.        Bacle François, né en 1766, tué à la Châtaigneraie, 1793.

    58.        Brillanceau Pierre, né en 1756, tué en août 1793.

    59.        Gaborit Pierre, né en 1756, tué à Cerizay, 3 février 1794.

    60.        Rousseau Pierre, fusillé pendant la guerre.

    61.        Rochais père, tué au Moulin aux Chèvres.

    62.        Sarrazin, massacré.

    63.        Sarrazin (femme), massacrée.

    64.        Rabau, mort les armes à la main.

    65.        Favereau père, tué Outre-Loire.

    66.        Daguisé père, massacré dans la guerre.

    67.        Durand, tué.

    68.        Gatard, mort les armes à la main.

    69.        Albert, id.

    70.        Soulard, id.

    71.        Chauveau, mort Outre-Loire.

    72.        Métais, père, tué à Martigné.

    73.        Coutant, mort pendant la guerre.

    74.        Coutant frère, id.

    75.        Coutant frère, id.

     

     

    Archives du tribunal de Nantes, commission Bignon.

     

    76.        Goloré Pierre, 40 ans, condamné le 1er janvier 1794.

    77.        Jaufrier François, 27 ans, condamné le 6 janvier.

     

     

         Le Souvenir Vendéen a complété depuis cette liste qui sera dévoilée lors de la sortie du 17 février prochain. 

     

      


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    Le 5 février 1794, Jeanne Bondu, 7 ans, 

    est laissée pour morte au massacre de Gesté.

     

     

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....Le mercredi 5 février 1794, « Dans l'après-midi, le général Cordellier surgit à l'improviste dans le bourg de Gesté. Il amène des prisonniers récoltés au cours de route depuis Montrevault. Il arrête les quelques personnes trouvées sur place à réparer leurs demeures. Dans la soirée, Cordellier ordonne de conduire les trois cents prisonniers au château du Plessis où le feu est mis. A la lueur de ce brasier, les prisonniers sont massacrés dans une allée du parc. Puis il poursuit son chemin vers Montfaucon-sur-Moine... »

     

    Jeanne Bondu est née le 20 décembre 1779 à Pont-Saint-Martin, elle est la fille de Jean Bondu, Tuilier et de Marie Bernard. Elle s'est mariée le 22 juin 1807 à Gesté avec Joseph Durand*, tisserand, né le 12 décembre 1772 à Gesté.

     

    *Combattant vendéen, grièvement blessé, fera l'objet du prochain billet. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

     

    Elle dépose une demande de pension le 28 juin 1825.

     

    « Jeanne Bondu, femme Durand, tisserand à Gesté – arrondissement de Beaupréau, âgée de 47 ans »

    A son Excellence, Monseigneur, Secrétaire d' Etat au département de la Guerre.

    Monseigneur,

     

    Au mois de février 1795 (février 1794), une colonne républicaine passant par Gesté, commit un massacre horrible sur les vieillards, les femmes et les enfants. Je fus du nombre de ces innocentes victimes, quoique dans un âge tendre, je n'avois que sept ans ; je fus, dis-je impitoyablement sabrée, mutilée et laissée pour morte sur le carreau. Les cicatrices qui couvrent mon corps atteste irréfragablement la véracité du fait.

    Par suite de mes blessures, je ressens souvent des douleurs les plus vives qui m'ôtent l'usage du travail.

    Je suis sans fortune ni aucune ressource ; j'ai cinq enfants tous en bas âge, et un autre que je porte dans mon sein, l'état de mon mari est loin de subvenir à nos premiers besoins ; il faut donc le dire, mes pauvres petits enfants sont réduis à implorer les secours humains d'âmes charitables ; ces petits malheureux vont aux portes, tendent la main et m'apportent le pain qui les nourrit ; dans cet état d'infortune aussi triste que déplorable ; qu'il me soit permis Monseigneur, de vous supplier de jeter un regard de pitié sur une misérable famille plongée dans la plus profonde indigence, et surtout de lui faire avoir de l'inépuisable bonté de notre Monarque bien aimé, les secours qu'elle a droit d'en attendre, ce sera une œuvre de charité qui accroitroit le nombre de vos bienfaits, oui Monseigneur votre cœur sensible, généreux, vous porte à soulager le malheur et adoucir le sort des victimes du sol vendéen.

    J'en suis une aussi ai-je des droits à votre sollicitude paternelle ; avec cette douce espérance je ne cesserai d'invoquer l'éternel pour la bénédiction de vos jours.

    Je suis avec un profond respect, Monseigneur de votre Excellence, la plus dévouée et la plus humble de vos servantes

           Gesté, le 28 juin 1825. » Ne signe.

     

    Certificat des officiers de santé :

     

    « Nous soussignés, officiers de santé à Gesté, arrondissement de Beaupréau, département de Maine-et-Loire, certifions que Jeanne Bondu, femme Durand de cette commune a sur la tête trois cicatrices dont une longue de trois pouces* et adhérante dans toute cette étendue à l'occipital, d'où la dite Durand nous a dit qu'il était sortie des fragments d'os et une autre cicatrice sur la partie postérieure du cou. »

     

    Gesté le 28 juin 1825 signé : les chirurgiens.

     

    *Environ 8cm de longueur.

     

    Nota   : Durand Pierre* de Saint Aubin est marqué pour avoir une pension, mérite, vue la gravité de ses blessures, plus de 50 francs. 

    J'ai vu ses blessures au pied, à la tête et au genou.

    *Joseph. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

    Sources:     

    - Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés Dossiers Vendéens 1M9/67.- Etat civil de la commune de Gesté. 

    - Itinéraires de la Vendée Militaire- Journal de la Guerre des Géants 1793-1801 par P.Doré-Graslin – Editions Garnier 1979. 

    -Photo : Les charniers du Mans de Vendéens et Chouans. 

                                                            

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Un curieux plan contre la Vendée…

     

    On trouve aux archives de Vincennes deux propositions de plan pour combattre les Vendéens sous la cote SHD B 5/8-125. Commençons par le premier qui est aussi le plus court mais aussi et surtout le plus loufoque. Ce « projet anonyme tendant à la destruction des brigands de la Vendée », n’est ni daté ni signé. On comprendra cependant rapidement qu’il n’a pas été rédigé par un militaire de métier mais plutôt par un drôle d'illuminé. Je crois qu’il vaut son pesant de cacahuètes pour rire un bon coup.

    RL

    Janvier 2018

    Article connexe ici.

     

    « Il ÿ a dans la Vendée des brigands proprement dits, des excès ( ?) apatiques et des hommes fatigués de cet état violant de guerre éternelle, les brigands sont le moins nombreux mais ils sont plus actifs plus rémuans et conséquament ils sont maitres du paÿs le sabre à la mains. Ils font marcher tous les habitans et les entrainent avec eux dans les combats.

    Si nos soldats avançoient avec des proclamations pacifiques et sans commettre d’excès la grand majoritté quitterait les rébelles et se mettrait sous la protection de la république ; ce qu’ils ne peuvent faire tandis que nos armées dans l’éloignement les laissent sous les couteaux des brigands.

    Il ne fait pas leur laisser de circonscription territoriale pour établir leur brigandage et former leur rassemblement. Plus le paÿs insurgé sera coup& par nos troupes et plus nos armées auront de mobilité moins les rebelles auront de facilité a se rassembler en masse.

    Ainsi plus le local posédé par l’enemi sera vaste plus il sera difficile à vaincre.

    Pour détruire le monstre de la Vendée il faut le percer au cœur et bouleverser toutte sa centralitté.

    Je propose donc d’établir un poste de six mille hommes au centre et je les placerai au confluent de la Sèvre et Deloing (de l’Ouin) sur les montagnes detresevent (de Treize-vents) près St Laurent dans les terres de la Touche Laité (Touchelete), la Rouillardière (Pouillardière), le Rafou, la Rouillères, le Gats, la Martinière qu’on peut trouver sur la carte de Cassini. L’eau y est an abondance et excellente : il ÿ avoit autrefois dans ces voisinages cinquante rouëes de moulin à l’eau : ou n’y manque pas de bléds ni de viande, le païs en fournit en abondance : le local n’est pas couvert de bois, cependant on en trouverait pour la troupe. Ce terrein est extremement montueux et fort propre a la deffense mais très difficile pour l’attaque.

     

    Carte de Cassini citée :

    Un curieux plan contre la Vendée....

     

          Pour le centre………..6000 hommes

          Je placeroye a la circonférence du paÿs

          1e. a Michel Mont Mercure…. 2000

          2e. a Chateaunai (Chantonnay)…. 2000

          3e. a Montaigu …..2000

          4e.  a Clisson …….2000

          5. a Jalais…..3000

          6. a Chemillé….. 2000

          7. a Vihiers….. 3000

          8. a Argenton…..2000

          9. a Cerizais….2000

          10. a la Roche sur ÿon 1500

          11. a Machecoup… 1500

          12 a la Chataigneraÿe… 1000

          13. a St Lambert… 1000

          14. a Doué…1000

           Hommes 32000

          15. Moncoutan…1000

          33000

    Un curieux plan contre la Vendée....

    Sans conter tous les postes des Sables, St Giles, Paimbeuf ; Nantes ; Angers Saumur ; érveau (Airvault), Partenaï, Niort, Fontenaÿ ; et Lusson ou il faudrait quelque garnison pour le service des places mais a coup sur cette seulle disposition des forces finit la guerre de la Vendée dans vingt quatre heures dans ce moment surtout ou les rebelles n’ont que de petits rassemblements de quelques centaines de sélérats.

    Alors pour troubler et deconcerter les rebelles par un mouvement universel je ferais partir la troupe de la manière suivante.

    Mon centre partirait sur six colonnes dans le même jour et sur six points opposés ; il se rendrait a autant de psotes de la circonférence. Dans le même jour ; mille hommes de chacun de ces postes partiraient sur une routte différente pour remplacer l’armée du centre.

    Le lendemain je ferais remplacer tous les postes de la circonférance les uns par les autres en leur faisant faire par segments le tour du cercle.

    Je répéterai plusieurs fois cette maneuvre en la variant et je suis sur qu’il n’y aurait plus de Vendée.

    Je donnerai protection aux hommes qui se soumettraient, j’ achèterai des espions ; je poursuivrai les rebelles par tout ou ils seraient en peloton dans les rochers et les bois.

    Tout a coup je dissoudrai mon armée pour jetter deux cents (hommes) dans chaque commune sous la responsabilité d’un commandant intelligent et vertueux avec des guides surs. Ils enleveraient les grands coupables dont on ferait un tableau secret. Ce coup de main durerait deux jours puis je reconstruirai l’armée, je recommencerai une ou deux fois.

    Je recuillerai d’abord les jeunes gens de la requisition qui voudraient suivre, je les ferai passer sur les derrières peu a peu par la modération et la douceur j’en augmenterai le nombre et je finirai par enlever les rebelles de vive force. La jeunesse ainsi ramassée il n’ÿ aurait plus rien a craindre.

    Il resterait des volleurs épars : je ferai lever le peuple en masse et je ferai une ou plusieurs battuës généralles ; j’ÿ employerai même des chiens.

    Il ne faut pas craindre pour les subsistances et fourrages, la Vendée a prouvé combien elle avait de réssources dans ce genre.

    Si la guerre dure encore, si elle a subsisté quinze jours, il ne faut en accuser que la trahison ou l’impéricie. »

     

    Schéma du plan proposé :

    Un curieux plan contre la Vendée....

     


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    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (14° partie)…

     

     

    AN F7 3682/1-12.

     

     

    « Angers le 29 août 1792 l’an 4 de la liberté et le premier de l’égalité

     

    Monsieur,

    J’ai l’honneur  de vous envoyer copie d’une lettre des commissaires du département dans le district de Chollet, à laquelle est jointe copie de celle du sieur Boisard commandant les détachements envoyés pour la défense de nis frères du département des Deux-Sèvres : elle vous feront connoitre les resultat de leurs opérations.

    D’après différents rapports, j’espère qu’enfin le calme ne tardera pas a reparaitre.

    Je vous informerai par le premier courier de ce qu’il y aura de nouveau.

    Le procureur-général syndic du département de Maine et Loire.

     

    Bouller »

     

    ***

     

       

         « Copie d’une lettre de M Boisard à MM les administrateurs du district de Cholet

    Chatillon 27 août 1792, 7 heures du soir

    ___________

    MM,

    J’ai l’honneur de vous prévenir que je viens d’arriver en cette ville avec 18 hommes de cavalerie nationale et gendarmes, je suis chargé de l’arrestation de beaucoup de chefs des révoltés, je vais en faire chercher dans la nuit, je vous avourai que je ne compte sur aucune réussite, je me trouve seul ici avec mon détachement, MM les Angevins, les Nantais et un détachement de dragons de ligne, qui y étoient en sont partis ce matin pour Bressuire où il y à beaucoup moins de troupes que ces jours derniers quoique cela ait diminué il y en à encore beaucoup trp, tout và pour le mieux du monde. La révolte me paroît entièrement arrêtée ; avant mon départ de Bressuire j’ai eu la satisfaction de voir les municipalités différentes chacune accompagne de beaucoup de leurs habitants qui sont venus au directoire offrir des bleds, des farines et des bœufs, leurs armes et ont promis (de) nommer et découvrir les chefs de la révolte et qu’à l’avenir ils ne prendroient jamais de part à de pareils mouvements. J’étois présent, je leur ai à tous proposé le serment de vivre libres et de maintenir l’égalité, aux dépens de leur vie. Ils l’ont prononcé d’une manière à faire plaisir, voilà le triomphe le plus à désirer.

    Au moment de mon départ il y avoit un peu de fermentation dans les gardes nationales, elle demandoient la tête des prisonniers, les chefs étoient au point de craindre cette exécution, dès hier cette demande fut faite, je fus assés heureux de faire changer d’avis. De nouvelles trouppes arrivées ce matin ont reproduit cette demande. Si elle à son exécution en tout où partie j’en serai désolé.

    La retraite de MM les angevins ne peut tarder d’avoir lieu les uns veulent passer la route directe qui en est les Aubiers, Somloire, Coron, Chemillé et Angers, d’autres veulent passer par Cholet ce qui allonge la route d’une grande journée. Je vous propose donc d’adresser de suite à Bressuire, l’ordre au commandant de cette trouppe de prendre par le plus court.

    Ci-joint une lettre à l’effet de faire retirer dès demain matin les brigades de gendarmerie qui sont dans votre ville.

    A l’instant je viens de faire arrêter un nommé Baudri-Duplessis, singulièrement suspecté d’être l’un des auteurs des troubles qui viennent de se passer. C’est en vertu d’ordres des commissaires du département des Deux-Sèvres.

    Il se pourra faire que je passe demain par Mortagne. L’apparition d’une trouppe de cavalerie dans ce canton ne peut faire qu’un bon effet.

    Je ne me rappelle pas si je vous ai prévenu que le détachement de Roussillon est parti ce matin, il passe par Thouars et de la à Saumur. »

     

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (14° partie)....

     

     


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