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    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts…

     

     

    Dans la longue liste des camps retranchés républicains ayant succédé au système de colonnes mobiles dites « infernales », il ne me semble pas que la littérature vendéenne ait fait grand cas du camp de Saint-Ouen-des-Gâts. Ce minuscule village aujourd’hui rattaché aux Pineaux, près de Bournezeau, avait fait l’objet d’un petit article ici qui mériterait bien un rafraîchissement ; mais passons directement au vif du sujet.

    Ancien emplacement de l’église de Saint-Ouen-des-Gâts :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Dès le début de la guerre de Vendée, Saint-Ouen est occupé par les Vendéens. Ainsi trouve-t-on une lettre de l’adjudant-général Sandoz au général de brigade Boulard que je reproduis ici intégralement (1) :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    « Mon général

    Je n’ay pas reçû votre dernière lettre par laquelle vous m’authorisiés à tirer des forces de Marans. Je n’ay pu faire d’autres dispositions pour les Moutiers que les patrouilles ordinaires. Vous connaissés ma faiblesse, vous savés sy je peut me dégarnir. Je viens d’envoyer vos ordres à Marans. Demain les Moutiers recevront des secours.

    J’ay marché toute la nuit pour surprendre les Brigands qui tiennent une espèce de garnison à St Ouen. Cette expédition n’a pas été sans succès. Nous avons tués quatres hommes à l’ennemi, nous lui avons fait onze prisonniers parmis lesquels se trouvent des chefs de parti. Les rebelles enlevaient trente deux bœufs, ils ont été chargés avec tant de vigueur par mes dragons qu’ils n’ont pu échapper à nos poursuites, deux de leurs cavaliers démontés nous ont laissés leurs chevaux. Ma petite troupe à déployé une ardeur incroyable, il n’y à plus q’un cri dans l’armée, celui de marcher.

    L’adjudant général chef de brigade

    Sandoz »

     

    Le 25 août 1794, le général Vimeux ayant remplacé Turreau annonce la finalisation de quatorze camps dont ceux de Chiché et de Moncoutant (en fait Largeasse) (2) dont j’ai publié les plans et les positions sur ce blog. Eh oui, n’hésitez pas à utiliser le moteur de recherche ! Dans la liste de ces camps, il en est mentionné un à Creil-Bournezeau, soit le Bournezeau que nous connaissons actuellement. On ne connaît rien de l’époque précise de la création de ce camp mais on trouve aux archives militaires une correspondance du général Valentin à Vimeux datée du 22 juillet 1794. Dans celle-ci, il lui répond sur des détails demandés à propos de ses troupes et lui annonce qu’il a environ 3 000 hommes non armés et qu’il lui sera difficile de former le camp de « Bourneseau » (3).

    Carte des camps retranchés provenant du blog ami «Vendéens et Chouans » :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Portrait de François Valentin, par André Dutertre :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

     

    En réalité, le camp de Bournezeau ne sera pas installé à Bournezeau même, mais à Saint-Ouen-des-Gâts, aujourd’hui rattaché aux Pineaux. Mention de son existence en est faite le 5 septembre 1794 par une lettre de Vimeux aux représentants du peuple depuis Fontenay dont voici un extrait (4). Nous en verrons l'original plus loin.

    « J’apprends que les brigands forment des rassemblemens et projettent l’attaque du camp de Saint-Ouen. »

    Savary qui produit cette lettre ajoute en note : « Les chefs de la Vendée profitèrent de cette espèce de désorganisation de l’armée pour attaquer plusieurs camps. » En effet, l’armée républicaine est à cette époque en pleine purge. Après que le général Guillaume ait critiqué ouvertement la politique d’amnistie de Vimeux auprès du Comité de Salut public dans une lettre du 10 août 1794 (5), ce dernier lui signifie qu’il a l’intention de le remplacer dans une correspondance du 19 du même mois. C’en est fini de la politique de terre brûlée et des grands massacres et les responsables sont écartés (6).

     

    Le 3 septembre 1794 Vimeux écrit au commandant des sapeurs du camp de Bournezeau pour lui annoncer que des plaintes ont été portées contre ses sapeurs et ouvriers qui se livrent au pillage dans les village voisins. Il donne l’ordre de « la plus grande surveillance pour les empêcher de s’en écarter » (7). Dans la foulée, Guillaume fait partie des généraux destitués et arrêtés. Il sera remplacé par Annibal Marrot (8).

    Vimeux écrit donc à Marrot le 5 septembre 1794 en ces termes (9) :

    « Au citoyen Annibal Marot adjudant général à Luçon

    Ce 19 fructidor

    J’ai bien reçu ta lettre mon cher Marrot. Je vais la communiquer aux Représentants du peuple et je te ferai part de leur décision rélativement à la place de Luçon. D’après le raport des hommes pris dans le paÿs insurgé et amenés ici hier les Brigands forment des rassemblemens et projettent l’attaque du camp de St Ouen. Je tentaye (t’engage ?) à apporter toute ton attention sur cette partie de ton commande (ment ?) et a prendre les mesures que tu jugeras les plus convenables pour que leur projet n’ait pas d’éxécution.

    Signé le général en chef

    Vimeux »

     

    Je n’avais pas trouvé comme pour le camp de Largeasse, d’état de situation mentionnant le nombre précis d’hommes au camp de Saint-Ouen, et pour cause… Ils ne sont pas dans la même liasse... Vous verrez cela à la fin de cet article. On sait toutefois que le 23 mai 1794, Guillaume se plaignait d’un manque de forces à Luçon (10). Une chose est sûre, début septembre 1794, le camp est commandé par le général Valentin dont on retrouve la correspondance avec Marrot dans les papiers de celui-ci. Ces documents étant très abîmés et ne produisant parfois que des lettres fragmentaires, je vais essayer ici de vous en résumer le contenu tout en vous livrant au maximum ce qui peut être retranscrit (11).

    Ainsi le 19 fructidor an II, soit le 5 septembre 1794, Valentin écrit depuis le camp de Saint-Ouen à Marrot pour lui annoncer que le matin même la vedette du poste avancé était venu l’avertir que l’ennemi se présentait. De l’infanterie et de la cavalerie se portaient sur la gauche du camp. Arrivé sur la hauteur il n’a aperçu que la trace de la cavalerie des brigands qui paraissait être assez nombreuse. Les brigands emmenaient avec eux une charrette sans doute chargée de « bleds ». Ils sont poursuivis jusqu’à un lieu inconnu (papier déchiré) où ils n’ont pas pu être atteints. Valentin pense qu’ils se sont retirés vers le Cerisier (Cerizelet). Une patrouille partie en direction de la droite du camp et de Puymaufrais n’a rien découvert.

    Le lendemain 6 septembre, Valentin réclame du renfort à Marrot. Il veut des troupes de Luçon aux Moutiers-sur-le-Lay en attendant le secours de celles du camp de Pont-Charon.

    Le même jour, il annonce à Marrot que le citoyen Barbier est arrivé au camp de Saint-Ouen avec 400 hommes de Pont-Charon. Il précise que si les brigands l’eussent attaqué, ils auraient été rossés de bonne manière.

    Toujours à la même date, il accuse réception de 50 cartouches qu’il va distribuer au bataillon « le Vengeur » qui en a le plus besoin. Il annonce qu’il a choisi le citoyen Jacques Dupuy capitaine au bataillon « le Vengeur » pour remplacer le citoyen Boudet dans le commandement que le général Guillaume lui avait donné qui est de surveiller la rive gauche du Lay depuis les Moutiers jusqu’à la Marionnière. Tous les postes qui sont sur cette ligne sont sous ses ordres. Il l'a chargé de correspondre directement avec Marrot comme étant le plus à portée. Il doit en même temps l’instruire de tout ce qui se passera de nouveau dans son arrondissement. Il a été menacé par l’ennemi et a fait mettre la troupe sous les armes un quart d’heure avant le jour. Des patrouilles envoyées en avant et sur les flancs sont revenues sans rien apercevoir. Il espère que l’ennemi ne le surprendra jamais. Il rappelle à Marrot qu’il lui a remis la veille l’état de situation des troupes du camp, que le bataillon « le Vengeur » qui occupe le poste des Moutiers est compris dans l’effectif mais qu'il est distrait de la force totale. Il aimerait que les Moutiers soient gardés par deux bataillons du Puy de Dôme ce qui permettrait de renforcer le camp de Saint-Ouen par le bataillon « le Vengeur ».

    Le 7 septembre, il a reçu la série de mots d’ordre pour la dernière décade de fructidor et signale qu’il n’y a rien de nouveau au camp.

    Le même jour. Lettre entière :

    « Au camp de St Ouen le 21 fructidor l’an 2ème de la république

    Valentin adjudant général

    A Annibal Marot commandant à Luçon

    Je t’ai annoncé mon camarade hier au soir que la troupe venue du Pont Charon pour faire diversion à l’ennemi s’il m’eut attaqué étoit partie à 4 heures1/2. J’ai fait partir à la même heure les compagnies de grenadiers, chasseurs à pied et 10 hommes à cheval, à la suite de cette colonne pour leur faire connoître la route et l’endroit où nos patrouilles de correspondance avec celle du Pont Charon feroient leur jonction. Nous avons examiné, Barbier et moi tout le terrein et nous n’avons pu rencontrer un endroit propice à établir des signeaux.

    Il n’y auroit qu’un moyen suivant moi, ce seroit d’avoir des boîtes à feu et ce seroit la le signal le plus prompt si ont peu les entendre du Pont Charon. Il faudroit en faire l’essay si tu le trouves à propos. Je suis convenu avec le citoyen Barbier que nos patrouilles feroient la jonction à St Vincent Fort du Lay aujourd’hui à dix heures du matin. Tu me donneras tes ordres afin que je change l’heure, ou je la confirme.

    J’ai poussé mes descouvertes très loin ce matin... (papier déchiré)... n’ont rien aperçu, la nuit a été bien tranquille. Je t’envoye cijoint un rapport du commandant du détachement du 4ème bataillon de la Vienne relatif a deux grenadiers de son détachement qui (se sont) absentés pendant vingt quatre heures a deux... du camp sans permission. Je les adresse au commandant de la place afin qu’il les mette en prison jusqu’à ce que tu décide sur leur compte.

    Rien autre chose de nouveau. Fais moi passer l’ordre et le mot. Salut et fraternité.

    Valentin »

     

    ***

     

    Le 8 septembre 1794 :

     

    « Valentin, à Annibal Marot adjudant général commandant la subdivision de Luçon

    J’ai mandé mon camarade, au chef de brigade Deviau, que tu serais bien aise d’établir un signal près St Vincent Fort du Lay, sur les hauteurs de l’Hopitau ou à la Touche, en conséquence je le pries de faire examiner cet endroit. Demain sans doute me repondra (t-il ?) a cet sujet, je n’ai pu encore voir si je pourrois faire passer des ordonnances par Ste Pexine la Réhorthe mais demain je t’en rendrai compte. J’ai proposé à Deviau qu’un jour marqué il feroit partir une petite colonne égale à celle qui est venue ici à St Ouen. Elle passeroit par les Futieau (Fuiteau), St Hilaire le ouys (Vouhis), Bournezau et elle coucherait à St Ouen le même jour je porterai en avant de Bournezau une force ou elle prendroit position en poussant des fortes… (papier déchiré)… la route de St Hilaire, je crois que cette… nous feroit atraper quelques brigands… Je te ferai part de la réponse de Deviau… l’approuve j’executerai,

    Il n’y a rien de nouveau au...

    Ni au Pont Charon

    Salut et fraternité

    L’adjudant général

    Valentin »

     

    Carte des lieux cités (merci à Nicolas !)

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    ***

     

    Le 10 septembre 1794 :

    « Au camp de St Ouen le 24 fructidor l’an 2ème de la république une et indivisible

    Valentin adjudant général à Annibal adjudant général commandant la subdivision de Luçon

    J’ai envoyé ce matin avant (le) jour mes grenadiers et chasseurs à pied faire (une) patrouille audela de Bournezeau, revenant par leur gauche passant à losilière (l’Oiselière), la Savarrière et au camp, ils n’ont rien découvert sur la marche des Brigands ; ils m’ont conduit les nommés Jean Baptiste Parents et Pierre Asseau et Joseph Sauvet tous les trois pris aux environs de Bournezeau. Je te les ferai passer dans la journée.

    J’attends aujourd’hui de Deviau le résultat de ces observations sur l’établissement des signeaux à la Touche ou à l’Hopitau, moi j’ai trouvé un emplacement sur la droite et en avant du camp distants d’un quart de lieue. J’ai visité le poste des Moutiers hier et celui de Mareuil, je n’ai pas trouvé ce dernier bien actif. J’ai recommandé aux officiers la plus grande surveillance et de faire faire des... fréquentes pour empêcher que quelques gueux... viennent faire des incursions en deçà du Lay. Le commandant de Mareuil étoit à Luçon il à dû te parler relativement a une garde que le district de la Roche sur Yon séant à Beaulieu lui demandait. Si tu avois des troupes je te proposerai de renforcer ce poste attendu qu’il te couvriroit parfaitement. Je te souhaite le bonjour.

    Salut et fraternité

    Valentin »

     

    ***

     

    Le 11 septembre 1794 :

    « Au camp de St Ouen le 25 fructidor l’an 2ème de la république une et indivisible

    Valentin adjudant général

    A Annibal Marot.

    J’attendois ce matin une lettre de Deviau relativement aux signeaux, je n’en ai point reçu. J’ai poussé mes découvertes assez loin ce matin, elles n’ont rien appris sur la marche des brigands... M’ont conduit deux hommes pris sur le pays insurgé que j’envoye au commandant de la place de Luçon. Il te préviendra de leur arrivée. Il n’y a rien de nouveau.

    Salut et fraternité

    Valentin »

     

    ***

     

    Le même jour :

    « ... Cy joint mon camarade coppie de la lettre de... général Devieau en date de ce jourd’huy. Tu y remarque... une reconnoissance qu’il à fait faire jusqu’à Monsireigne... Brigands étoient parvenûs à y faire un rassemblement (de) 300 hommes, et que ce détachement fut parti hier pour se réunir à un corps plus considérable à St Paul, ou... Boupère, il est certain d’après les renseignements que ces gueux méditent quelque attaque sur quelque point.

    Le détachement que j’ay envoyé à deux heures du matin à Bournezeau et audela n’a rien apris sur le mouvement des Brigands. Il m’a conduit  six hommes pris aux environs de Bournezeau que j’ay fait conduire de suite aux commandant de la place de Luçon, qui doit t’en avoir instruit ; tu véras par la letre de Devieau qu’il ne me parle pas de signieaux. Je t’invite au luy écrire une seconde fois à cet égard. Demain je luy rappelleray par ma letre de correspondance.

    Salut et fraternité

    Valentin »

     

    Un post scriptum parcellaire termine la missive, au dos de celle-ci, à propos de la pétition d’un citoyen « général » inconnu.

     

    ***

     

    Le 13 septembre 1794 :

    « Au camp de St Ouen le  27 fructidor l’an 2ème de la république une et indivisible

    Vallentin adjudant général à Annibal Marrot, adjudant général

    Je t’avois demandé des guides mon camarade. Je te pries de ne pas oublier d’en demander pour me les envoyer le plutôt possible, je ne puis pousser mes détachements pendant la nuit ou je voudray ; faute de connoitre les chemins. Mes reconnoissances de ce matin rentrent à l’instant, ils n’ont rien apperçu. L’officier d’artilerie à reconnu hier l’endroit ou serà placé le signal. Il à trouvé la position belle, il n’y a plus maintenant que celle du Pond Charon à trouver. Je t’observe que les deux voitures qui sont destinées pour faire le service du camp sont très mal atellées ; les chevéau ne vallent rien. Je vai prendre des mesures pour faire conduire de l’eau au camp pour la ... nous environne est mauvaise en... il me fait quatre voitures pour... journallier tu me fera le plaisir...demander au commissaire, le 4ème bataillon... Dordogne vient de me porter plainte... la mauvaise qualité de viande ;... d’en parler au préposé pour qu’à l’avenir  il n’y ait aucune plainte ;

    Salut et fraternité

    Valentin »

     

    ***

     

    La dernière lettre n’est pas de Valentin mais d’un certain Collet. Très abimée elle aussi, je vous en livre ce que j’ai pu déchiffrer. Elle est datée du 11 septembre 1794 et Collet semble être à la poursuite de quelqu’un et de quelque chose :

    « … de la patrouille du 25 fructidor

    Liberté , égalité où la mort.

    ... Nous n’avons trouvé personne ; cependant... Circonstances nous ont démontré que quelques (gueux ?) s’y retiroient et s’étoient évadés tels que... Les draps étoient encore chauds, four allumé... proprement meublée, portes et croisées...&c... hier dans la maison du curé... à eau, du bled et des mogettes ; en dernier ont été enlevées... des bœufs à la porte nous a démontré qu’il n’y avait pas longtemps que l’enlèvement avait été fait. En retournant par la droite du camp nous avons pris dans leur maison Jean Pilleau père, Jean Pilliaud et Louis Filieau fils, Louis Couturé, Pierre Blieneau, Pierre Blieneau fils, dans le village d’où étoit partie hier la charrette dont les traces de roues nous avoient conduites à Bournezeau, et laquelle y avoit enlevée du grain.

    Au camp d’Ouen le 25 fructidor 2e année rép.

    Collet capitaine commandant la patrouille »

     

    Concernant les effectifs du camp de Saint-Ouen, voyons à nouveau les papiers d’Annibal Marrot (12). Ce dernier dispose au 20 fructidor (6 septembre 1794) pour le camp de Saint-Ouen et le poste des Moutiers de 1 088 hommes d’infanteries dont 3 en prison, 3 en congé ou permission, 220 aux hôpitaux, et 862 sous les armes auxquels ils faut ajouter 27 officiers.

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    On retrouve au camp de Saint-Ouen une compagnie de chasseurs de Nantes dont voici l’état de situation :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Un détachement du 4ème bataillon de la Vienne :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Le 1er bataillon le Vengeur :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts.... 

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    En ce qui concerne l’habillement, voici l’état des effets manquants pour le camp de Saint-Ouen (13) :

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Le camp de Saint-Ouen-des-Gâts....

    Ainsi s’achève la première partie de cette étude sur le camp de Saint-Ouen. Je ne manquerai pas d’y revenir dès que l’occasion s’en présentera.

    RL

    Janvier 2020

     

    Notes :

     

    (1)  SHD, B 5/5-67, v. 697 à 699/1344, BA compris.

    (2) Savary, tome IV, p. 100. Lettre à la 9ème Commission de la guerre depuis Fontenay.

    (3)  SHD B 5/9-92, v. 1007/1130. BA seul renvoyant au registre de correspondance, B 5/10-1, p. 12, v. 9/26.

    (4)  Savary, tome IV, p. 109.

    (5)  SHD B 5/10-17.

    (6)  Comme il serait trop long ici de développer les tenants et les aboutissants de ce « nettoyage » dans l’armée, je vous renvoie aux sources qui me semblent les plus intéressantes : Archives Nationales : D III, 348-6. Archives de Vincennes : B 5/10-28, v. 302/1061. B 5/81, p. 201, n° 200, v. 102/129. On y apprend beaucoup de détails qui intéresseront sans doute les vrais passionnés, mais qui seront probablement peu accessibles pour certains « histo-riens » qui s’auto-qualifient de « sérieux » mais qui sont incapables de citer une source originale d’archive (sans doute trop compliquée à trouver et à déchiffrer) sauf à pomper de la littérature périmée ou à faire de la redite sans intérêt avec des « belles illustrations » (il y a le catalogue de la Redoute pour cela, si vous préférez).

    (7)  SHD B 5/10-42, v. 404/1061, BA seul renvoyant au registre de correspondance B 5/81, p. 244, n° 239bis, v. 124/129.

    (8)  SHD B 5/81, p. 246 et 247, n° 241, 242 et 243, v. 125/129. B 5/10-43, BA seul, v. 417/1061 renvoyant au registre de correspondance B 5/81, p. 253, n° 249, v. 128/129. Savary, tome IV, p. 108.

    (9)  SHD B 5/81, p. 254, v. 129/129.

    (10)    SHD B 5/9-20, BA seul.

    (11)     AD85, 187 J 14. 11 lettres.

    (12)     Ibid., 187 J 6.

    (13)     Ibid., 187 J 8.

     

     


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    La mort du Roy… 

     

           

    Mort du Roi Louis XVI....Le 27 janvier 1793, c’est avec sécheresse que les Affiches de Nantes ont rapporté la mort du Roi Louis XVI.

     

    « Paris, le 21 janvier 1793.  

     

    Louis Capet est sorti du Temple, vers les dix heures du matin, dans la voiture du maire, accompagné de ce magistrat, du commandeur général, et de son confesseur. Toute la force armée étoit sur pied, répartie dans les sections et sur toute la longueur des anciens Boulevards, où des bataillons étoient rangés sur deux haies. Louis paraissoit occupé d’un livre qu’il tenoit à la main. Il a descendu de voiture devant l’échafaud y est monté, a considéré quelque temps l’instrument de son supplice, & s’est ensuite retourné vers le peuple. On a cru distinguer qu’il vouloit pardonner à ses ennemis. L’exécution a suivi de près une courte prière qu’il a faite à genoux, après quoi le bourreau a montré la tête au peuple, aux membres de la commune & des corps administratifs qui étoient présents. Louis a été inhumé sur le champ, dans l’église de la Magdeleine. » 

     

    ________________________________

     

     

    « Rapport de l’exécution de Louis XVI, fait à la commune de Paris.  

      

    Jacques Roux, prêtre et prédicateur des Sans-Culottes, l’un des commissaires nommés par la commune pour assister à l’exécution de Louis, prend la parole : 

    Nous venons rendre compte de la mission dont nous étions chargés, nous nous sommes transportés au Temple, là nous avons annoncé au tyran, que l’heure du supplice étoit arrivée. 

    Il a demandé d’être quelques minutes seul avec son confesseur ; il a voulu nous charger d’un paquet pour vous remettre, nous lui avons observé que nous étions chargés que de le conduire à l’échafaud ; il a répondu : c’est juste, il a remis ce paquet à un de nos collègues & a recommandé sa famille, & demandé que Cléry, son valet de chambre, soit celui de la Reine, avec précipitation, il a dit sa femme : de plus, il a demandé que ses anciens serviteurs de Versailles ne fussent pas oubliés ; il a dit à Santerre : Marchons. Il a traversé une cour à pied & est monté en voiture dans la seconde ; pendant la route le plus profond silence a régné. 

    Il n’est arrivé aucun évènement ; nous sommes montés dans les bureaux de la marine pour dresser procès-verbal de l’exécution ; nous n’avons pas quitté Capet des yeux jusqu’à la guillotine ; il est arrivé à dix heures dix minutes, il a été trois minutes à descendre de la voiture ; il a voulu parler au peuple, Santerre s’y est opposé, sa tête est tombée, des citoyens ont trempé leurs piques & leurs mouchoirs dans son sang.

    Santerre : On vient de vous rendre un compte exact de ce qui s’est passé; je n’ai qu’à me louer de la force armée, qui a été, on ne peut plus obéissante, Louis a voulu parler de commisération au peuple, mais je l’en ai empêché. » 

     

    Mort du Roi Louis XVI....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés – Les Affiches de Nantes du 27 janvier 1793 vues 2,3/4. 

    . Photo : Guillotine du blogue Maître Chat Lully. - Louis XVI, tiré du Christ-Roi du 19 janvier 2017.          

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    En 1796, le général Hoche se fâche… 

     

      

     

    Colère du général Hoche....En Pluviôse de l’an 4, les vicieux, les voleurs et les pochetrons de l’armée républicaine sont mis au pas, généraux et officiers y compris.

    Malgré la pacification, des débordements ont lieu ; à Saint-Lumine-de-Coutais en Loire-Inférieure, en Janvier 1796, les hommes du 15e bataillon d’élite d’Orléans «  tâtent de la barrique et palpent outrageusement les femmes et les filles. »

    Vous remarquerez que le commandant Méhaux, chef du Bataillon, a une sacrée descente… une barrique de vin pour lui tout seul.

    Le 21 nivôse des grenadiers de la 76ème demie-brigade du Morbihan cantonnés à Penerf entreprennent le braquage à main armée de plusieurs magasins républicains où ils « dérobent plusieurs barriques de vin. »

     

      Le général de brigade Victor Beauregard « après avoir volé des voitures, chevaux et batterie de cuisine, est destitué… »

    Au regard de ces faits, un échange de courriers a lieu et des mesures radicales sont prises. C’en est fini des vols, des viols, des incendies, la république à bout de souffle est obligée de mettre un terme aux désordres, il en va de sa survie.

    Voici des extraits de la lettre envoyée au général Hoche par les élus de Saint-Lumine-de-Coutais, le 28 nivôse de l’an 4 et signée de : Papein – J.Clavier – P.Giraudeau, de la Chambre Commune de St Lumine.

     

    « Les soussignés députés de la commune de St Lumine de Coutais près St Philbert, vous exposent que tous les habitants rentrés paisiblement dans leurs chaumières, après avoir les premiers donné l’exemple de la reddition de leurs armes et de leur soumission aux loix de la République, se sont entièrement livrés à la culture de leurs terres... » 

     « Le 15e bataillon d’élite d’Orléans commandé par le citoyen Méhaux et cantonné à St Philbert, les a violées en exerçant continuellement les plus grandes exactions, des pillages journaliers en toute impunité... » 

    «  Grain, vin, bestiaux, argent, effets, tels que toile, linge, outils, habillement quelconques, étoffes…. Ils obligent par menaces... »

    « Le Commandant étant le premier à exiger impérieusement qu’on lui amène sans payer deux ou trois barriques de vin… cette complaisance gratuite n’arrêtait pas les pillages... » 

    «  3° Depuis le 23 de ce mois, il a été enlevé 29 barriques de vin, encore le Commandant en exigeoit-il le 27, un nouvel envoi d’une barrique pour sa consommation particulière... » 

    « 4° Cette commune est ruinée par les vols et pillages qui ont eu lieu. Les habitants tant hommes que femmes ou filles, insultés, fouillés avec la plus grande indécence, et même cruellement maltraités quand ils sont chez eux ou rencontrés ou occupés à leurs grains et bestiaux... » 

     

    Réponse du Général Hoche :

     

    « Nantes, 30 nivôse, année 4ème républicaine  

     

    Le général en chef, 

     

    Vu les plaintes des habitants de S. Lumine de Coutaix, notamment celles du 28 courant, contre le 15e bataillon d’élite d’Orléans, et les informations prises à ce sujet, qui constatent que le citoyen Méhaux, chef du dit bataillon, loin de se contenir dans l’ordre, a été le premier à lui donner l’exemple du pillage, des vexations & des violences les plus inouïes, envers le habitants de cette commune & autres environnantes ; considérant qu’il est de son devoir de réprimer des désordres aussi scandaleux, ordonne : que le citoyen Méhaux sera destitué à la tête de son bataillon, en présence des habitants de St Lumine ; que le dit bataillon rentrera à Paimbeuf après avoir été relevé dans ses cantonnements de St Philbert, Pont James & Villeneuve, par le 4e bataillon de l’ Hérault. 

    L’Adjudant général Duthil est chargé de l’exécution du présent.  

    Le général en chef, Lazare Hoche. » 

     

     

    Dans le Morbihan, les 7 et 10 Pluviôse…

     

    « Armées des Côtes de l’Océan.  

    Ordre du 7 pluviôse.  

     

    Une compagnie de grenadiers de la 76e demi-brigade, cantonnée à Penerf s’étant portée le 21 nivôse dernier aux excès les plus scandaleux, enlevé à main armée des magasins de la République plusieurs barriques de vin et des coffrets remplis d’étoffes, forcer des citoyens à acheter ces objets en numéraires, requis en son nom des voitures, menacer de sabrer les employés aux Douanes qui ont voulu remplir les devoirs de leur état ;  

    Le général en Chef Hoche ordonne que ladite compagnie sera cassée, les officiers dégradés et renfermés six mois au château de Saumur ; les sous-officiers & grenadiers, désarmés et conduits aux îles de Rhé & Oléron, pour y être incorporés dans les corps qui y tiennent garnison. » 

     

    « Ordre du 10 Pluviôse.  

     

    Le général de brigade Victor Beauregard ayant tenu une conduite répréhensible : 

    En s’appropriant plusieurs effets, tels que voitures, batteries de cuisine &c... 

    En gardant pour lui, plusieurs mulets et chevaux.

    En vendant à un officier un cheval qu’il avait mis en réquisition à Beaurepaire : 

    Le général en chef ordonne : Que Victor Beauregard sera destitué de ses fonctions d’Officier Général, & que comme tel, il s’éloignera du territoire occupé par l’Armée, après avoir restitué aux propriétaires les chevaux & mulets dont il s’est emparé. 

    De tels exemples prouveront sans doute aux habitants des campagnes, à ceux des villes & aux militaires, que l’intention du Gouvernement est de sévir également contre celui qui par sa conduite déshonore le nom républicain & contre celui qui combat la République. » 

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés – Les Affiches d’Angers n° 65 – du 8 pluviôse an 4 de la République – jeudi 28 janvier 1796. - vue n°11/36 et vue 32/36. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –SHD.B5/34 - Correspondances B5/34-36 B5/34 Janvier 1796. Armées des Côtes de l’Océan.- vues 632,633/996. 

    . Portrait de Louis-Lazare Hoche, tiré de Wikipédia.      

                                           

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jacques Fourey, déserteur républicain… 

     

      

     

    Jacques Fourey....Jacques Fourey est né à Saint-Clair-de-Halouze (Orne) le 9 décembre 1773. Il est le fils de François Fourey et de Françoise Maunoury.

    On le força de s’enrôler pour aller combattre les Vendéens et on l’incorpora dans le 2ème bataillon de la 50e demi-Brigade, de la Division du Sud (Armée des Côtes de l’Océan).

    Il saisit une occasion favorable et déserte pour rejoindre l’Armée Catholique et Royale.

     

    Dans sa demande de pension il nous explique sa désertion.

     

    « Fourey Jacques, charpentier, âgé de cinquante deux ans, domicilié commune de Chanzeaux, canton de Thouarcé, arrondissement d’Angers, préfecture de Maine et Loire. 

    A l’honneur de vous exposer : 

    Qu’en 1793, habitant la commune de Saint Clair de Halouze, département de l’Orne on le força de s’enrôler pour venir combattre les Vendéens. On l’incorpora dans le 2ème bataillon de la 50 .demie Brigade de la Division du Sud (Armée des Côtes de l’Océan.) 

    Combattant à regret des hommes pour lesquels il faisait des vœux de succès, il saisit avec joie une occasion favorable pour rejoindre les Vendéens, il quitta les drapeaux de la République pour laquelle on l’avait forcé de se battre et gagna les environs de Cholet. Se jetta de là dans le centre du pays insurgé, combattit alors pour la cause royale, avec le plus parfait dévouement. 

    Lorsque la guerre fut terminée, il vint habiter la commune de Chanzeaux, fut toujours aux ordres des chefs Vendéens, prêt à marcher et à leur obéir, il reprit les armes en 1799, et fit la campagne de cette année. 

    Dans les Cent Jours, il fût des premiers à partir, et se signala par son zèle et son activité. 

    Pour prix des sacrifices qu’il a fait, et des services qu’il a rendu à la cause royale, le réclamant ose vous supplier, Monsieur le Préfet, de vouloir bien prendre sa demande en considération, et à le faire participer au bienfait de l’ordonnance royale du 29 décembre 1824, en daignant obtenir pour lui une pension des bontés de sa Majesté. 

    Le réclamant est avec le plus profond respect, 

    Monsieur le Préfet 

    Votre très humble et très obéissant serviteur. 

     

    Signé : Jacques Fouré. 

     

    Nous soussignés officiers de l’Armée Royale d’Anjou, affirmons l’exactitude des faits contenus en la présente demande ; certifions la bonne conduite et le zèle du réclamant, attestant qu’il est digne d’obtenir une récompense de ses services.

    Ce 18 mai 1825. 

    Signé : Soyer Colonel, Chevalier de Saint Louis. Lhuillier, Colonel, Chevalier de Saint Louis ancien cdt en chef de la Division de Beaupréau. de la Sorinière Chv de St Louis – chef de la division de Chemillé.

    A de Cacqueray Chv de St-Louis – chef de la division de Chemillé. »

     

    Blessures :

     

    « -Main Gauche – pouce -instrument tranchant a divisé le muscle et détruit les mouvements. 

    - Cicatrice genou gauche – la rotule a été divisée et les mouvements de progression sont devenus difficiles. 

    - Cicatrice située à la partie inférieure et interne de la jambe gauche longue de 2 pouces, cette blessure entraîne les mêmes accidents que celle de la rotule. » 

     

     

    Jacques-Marie Fourey épouse le 20 Brumaire de l’an VII (10 novembre 1798) à Chanzeaux, Marie Bodiau, fille de Jean Bodiau et de Marie-Jeanne Massoneau.

    Il est qualifié de propriétaire, domicilié à Chanzeaux. De cette union sont issues deux filles décédées en bas âge et un fils, Jacques-Marie Fouré, instituteur à Seiches-sur-le-Loir, marié à Chalonnes, le 1er septembre 1835, avec Joséphine Dupont propriétaire à Chalonnes.

     

    Sources : 

     

    . Archives du Département du Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens – Jacques Fourey – class 1M9/163.  

    . Etat civil de Chanzeaux, de Chalonnes et de Seiches-sur-le-Loir. 

    . Photo : de l’auteur.              

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    « Le Souterrain au Trésor », la suite…

     

    J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie imminente du second opus de mon roman « Le Souterrain au Trésor » déjà disponible en précommande aux Editions « Le Lys et le Lin » en cliquant sur l’image ci-dessous.

    RL

    Janvier 2020

     

    "Le Souterrain au Trésor", la suite....

     

     

     


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