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    Veillée des Amis du Pont-Paillat à Terves…

     

     

    Tout le monde connaît le principe d’une veillée vendéenne qui consiste à se retrouver entre amis et voisins autour du feu pour raconter des histoires, chanter, voire même danser dans certains cas. Les Amis du Pont-Paillat tiennent à cette tradition comme personne et chez nous, que fait-on ? Eh bien, on raconte des histoires… de Guerres de Vendée et du temps jadis. Après déjà deux veillées aux Epesses, une à Saint-Mesmin, voilà que Christophe, l’un de nos membres, proposait une soirée dans son logis du « Vieux-Beaurepaire », à Terves, aux portes de Bressuire.

    Le rendez-vous était fixé pour 19 h 30 hier soir et les voitures commençaient à affluer dans la cour de notre ami. Une fois tout le monde arrivé, Christophe referma les lourds vantaux du porche d’entrée et nous fûmes reçus dans le grand salon où trône l’immense cheminée du XVI° siècle. C’est là que nous avons pu l’entendre raconter l’histoire de la demeure depuis l’an 1350 jusqu’à aujourd’hui, de la famille de la Forest aux d’Appelvoisin, Tiercelin de Rancé, de Foudras, Lezay-Lusignan, de Gibot, jusqu’à lui-même et sa sympathique épouse Cécile. Nous apprîmes ainsi que les caves du château avaient servi de cachette au curé Pierre Proust, de Terves. De la suie au plafond, rappelle encore que des hommes ont évolué ici, la torche à la main, à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un… Reste le mystère de « la Tour du Chouan », dans la partie la plus ancienne des constructions, où un vendéen aurait été enfermé.

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

     

    Il y avait là des têtes connues : Xavier Paquereau, qui alimente ce blog très régulièrement, Angélique, notre amie boisméenne, spécialiste « mondiale » de son village, le désormais célèbre romancier Armand Bérard (allias Arnaud), Geneviève, Jordan, la famille Deborde, la très sympathique et très motivée Anne-Dauphine et bien entendu notre Nicolas, du blog Vendéens et Chouans (et accessoirement rédacteur en chef de la revue du Souvenir Vendéen)  particulièrement déridé hier soir.

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

     

    Après l’évocation de l’affaire des Moulins de Cornet à la Saint-Louis 1792, j’eus l’honneur de commencer la première histoire de la soirée avec un récit totalement méconnu du combat de Boismé du 18 avril 1794, lorsque les gars de Marigny réussirent à écraser une colonne infernale au Bouchaud. Combat, sur lequel, nous revenons encore, grâce aux précisions de Christophe et au témoignage de Jacques Martineau, combattant vendéen de Terves (portraituré par Louise de La Rochejaquelein dans l’album dit « Chauvelin », 1826).       De fil en aiguille (clin d’œil à Anne-Dauphine), la soirée s’écoula, si vite qu’encore une fois, nous n’eûmes pas le temps de raconter tout ce que ce petit pays Bressuirais recèle comme histoire mystérieuse ou terrible au cours de ce passé qui nous est si cher. La veillée arrivait à son terme et il était inévitable que les conversations glissent petit à petit sur des sujets plus politiques.

     

     Puis vint l’heure de rentrer au bercail, certains sur la Vendée départementale, d’autres sur Nantes…

    Un grand, très grand merci à Christophe et à sa famille pour cet accueil. Une petite notice sur ce magnifique logis sera publiée d’ici quelques jours sur ce blog.

     

    RL

    Mai 2017

     

    Le compte-rendu de Nicolas ici.

     

     


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    Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 25…

     


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    1832, la dernière guerre de Vendée...

     

     

     

           

     1832, la dernière Guerre de Vendée.... « La prise d'armes de 1832 compromit des hommes généreux qui s'armèrent la plupart pour ne pas forfaire au blason de leur famille, mais généralement avec la conviction qu'ils couraient à une défaite certaine »

     

      Mais qu'était devenue la Vendée en 1832 ?

     

      En 1789, on peut affirmer qu'un vertige criminel effroyable s'était emparé de la France révolutionnaire, ce mystère ne peut trouver son explication que dans un ordre d'une nature étrangère à l'intelligence humaine.

     

      « Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. »

     « Cette Révolution est radicalement mauvaise, aucun élément de bien n'y soulage l'oeil de l'observateur : c'est le plus haut degré de corruption connu, c'est la pure impureté. », disait  Joseph de Maistre.

     

      Cet ordre étranger, de nature démoniaque a engendré la République-Maçonnique et ses ''Droits de l'Homme'', il a corrompu tous les esprits et en quarante années a rendu ''l'esprit vendéen'' méconnaissable. Voici ce que nous dit Monsieur l'Abbé Deniau dans la conclusion de  son ''Histoire de la Guerre de la Vendée'' en 1878.

     

      « Mais alors, qu'était la Vendée ? Tant que les vétérans de la lutte de 1793 ont vécu, les nobles sentiments qui les ont illustrés y resplendissaient toujours. Chez leurs fils ces sentiments bien qu'attiédis s'y retrouvaient encore. Mais chez leurs petits-fils qu'en est-il demeuré ? Où trouver parmi eux de vrais légitimistes ? On peut les compter. Ont-ils mieux conservé leur foi religieuse que leur foi politique  ? Il y a sans nul doute parmi eux des hommes d'une vive foi, des âmes d'élite : leurs associations pieuses, leurs pèlerinages le proclament. Mais le grand nombre, sous le point de vue religieux, qu'est-il devenu ? Ils remplissent encore extérieurement leurs stricts devoirs envers Dieu. Combien qui ne l'honorent que du bout des lèvres ? Qu'est devenu leur respect et leur soumission envers leurs anciens seigneurs, leur vénération envers leurs prêtres ? Les nobles et les prêtres sont désormais pour beaucoup des hommes ennemis, du moins des hommes qui ne jouissent plus de toute leur confiance. Qu'avons-nous vu en 1870 ? Que répétait-ton alors journellement de bouche en bouche ? Que les nobles et les prêtres étaient cause de la guerre.

      Un jour, pourra-t-on croire que nos populations prétendaient que c'étaient les nobles et les prêtres qui avaient fait venir en France les Prussiens, qu'ils leurs faisaient passer des sommes fabuleuses, qu'ils voulaient l'extermination de leurs enfants et qu'ils cherchaient à rétablir la dîme et tous les anciens droits féodaux ? Pourra-t-on se figurer qu'aucun raisonnement ne pouvait les dissuader de pareilles inepties ? Voilà pourtant ce que nous avons vu de nos yeux, entendu de nos oreilles pendant plusieurs années consécutives. O Vendéens ! Après avoir tenu en si haute estime vos prêtres et vos seigneurs, comment êtes-vous tombés dans une aberration aussi déplorable et vous êtes-vous fait, sans le savoir, les échos trop retentissants de la Franc-maçonnerie ! Oui, victimes de fausses doctrines, des diatribes incessantes des journaux révolutionnaires contre la monarchie héréditaire et de la propagande impie qui a juré la destruction de votre foi, vous prêtez l'oreille, hélas à ces faux docteurs qui, sous le mirage de l'indépendance et du bien-être, vous faisaient espérer une paix et un bonheur chimérique.

     

      Quand serez-vous désillusionnés et quand reverra-t-on briller sur vos fronts l'auréole de la piété, du respect et du dévouement qui firent autrefois l'honneur et la gloire de vos aïeux ? Qu'un souffle d'en haut vous accorde cette divine faveur ! Et un jour, il faut l'espérer, votre cri de guerre sera encore : « DIEU ET LE ROI ! »

     

      Et pour conclure  : « Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France » (Joseph de Maistre).

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome VI, pages 772.– Considérations sur la France de Joseph de Maistre, ch II, IV (1795) - Photo de Jacques Chauvet.

                                                              

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Les Mémoires de l’abbé Remaud, 5° partie…

     

     

    La Vendée Historique, N° 66, 20 septembre 1899.

     

    J’arrivai à Nantes le 25 mais : il y avait plus d’un an que j’étais absent de mon pays, sans avoir pu en aucune manière communiquer avec mes parents et mes amis. Plusieurs personnes me croyaient mort. Les recherches qu’on avait faites pour me trouver dans la Vendée, pendant mon absence, avaient donné quelque vraisemblance à cette nouvelle, qu’on avait consignée dans plusieurs papiers publics.

    Je fus à peine arrivé à Nantes, qu’il me fallut prendre des nouvelles précautions pour ma sûreté personnelle. Tous les prêtres demeurés dans la Vendée étaient rentrés chez eux. On commençait à tolérer l’exercice public de la religion catholique ; tout annonçait un meilleur ordre de choses. L’espérance fut à peine conçue, qu’elle fut anéantie : la journée du dix-huit fructidor eut lieu !!

    Je ne dois pas passer sous silence les démarches que je fis, avant cette époque, pour rentrer dans mes foyers. Je fus assez heureux pour trouver à Nantes des connaissances sûres auprès du général en chef de la 12° division militaire E…..Gl…. Il accueillit avec bonté ceux qui s’intéressaient à moi, et donna l’ordre de me laisser rentrer dans la Vendée, moyennant la promesse que je ferais d’y demeurer tranquille.

    Je souscrivis sans peine à cette promesse, mais j’avais grande difficulté à vaincre pour arriver jusque dans ma famille. Il y avait à Montaigu un général de brigade qui avait fait la guerre contre nous. Il avait fait des efforts incroyables pour me faire arrêter ; il n’avait pu y parvenir. Je devais me présenter devant lui ; je l’obtins par le moyen de Mme de la Roche-Lespinay, qui correspondait avec lui, et qui se faisait un plaisir d’obliger les Vendéens opprimés pour un parti qu’elle avait elle-même soutenu avec beaucoup de courage et de constance.

    J’arrivai donc au château de Montaigu. Selon les indices que j’avais eux, je devais être arrêté. Je m’y attendais ; je fis néanmoins bonne contenance. Le commandant de la place me reçut froidement. Je lui présentai mes passe-ports ; il me conduisit, sans me dire un seul mot, jusque dans sa chambre. Après m’avoir fait asseoir, il me donna acte de ma présentation devant lui. Avant de signer cet acte, il me le donna à lire, et me demanda s’il y en avait assez pour ma sûreté et ma satisfaction. Comme il ne contenait effectivement que des chose obligeantes, et surtout qu’il savait les ordres qu’on avait donnés partout de m’arrêter, je lui témoignai à la fois ma reconnaissance et ma satisfaction.

    J’allais sortir de ce château, qui avait vu périr tant de mes infortunés camarades, quand un incident pensa tout perdre. L’aide-de-camp du général de brigade qui venait de me mettre en liberté, s’avisa de me faire des questions au sujet des évènements passés pendant la guerre. Il me demanda en outre où j’avais fait cacher de la poudre et de l’artillerie que le général Charette m’avait confiée. Je lui répondis que j’avais appris qu’elle avait été trouvée, qu’au surplus je n’avais jamais où étaient les dépôts, que j’avais ordonné de les faire sans me mettre en peine du lieu où ils avaient pu être faits.

    La conversation s’engagea insensiblement sur d’autres objets. L’épouse du général me reprocha, d’une manière assez vive et amère, mon attachement obstiné au parti du roi. Je lui répondis que mes sentiments étaient à moi, que, du reste, je saurais vivre sous la république, moyennant qu’on respectât ma liberté et mes opinions religieuses. Le général Gr… prit de là occasion de m’engager, d’exiger même de moi que j’eusse exercé les fonctions du saint ministère. Je lui fis part de toutes mes difficultés à ce sujet : je lui représentai qu’en vain je prêcherais la paix, on ne manquerait pas de dire que je cherchais encore à exciter la guerre. Il m’observa, en dernière analyse, qu’il convenait d’autant mieux que j’eusse prêché la paix publiquement dans la Vendée, que j’avais fait beaucoup de sensation dans le pays, et que je  ferais plus que bien d’autres rentrer une infinité de personnes dans le devoir. Je promis, parce qu’on l’exigea impérieusement de moi, que je reprendrais l’exercice public des fonctions du ministère. Mon acte de mise en liberté le portait expréssement, comme il contenait aussi qu’on exigerait de moi d’autres soumissions que la promesse de vivre paisible sous les lois du gouvernement.

    Je vis enfin terminer cette fameuse entrevue où j’avais craint de perdre ma liberté, et où je la recouvris véritablement. De Montaigu dans ma famille, il y a 2 heures de marche : j’arrivai chez mes parents qui ne m’avaient pas vu depuis longtemps. Nous confondîmes longtemps nos larmes dans les dous épanchements d’une tendre amitié. J’avais perdu ma sœur aînée pendant mon long et pénible voyage.

    Je fus à peine arrivé dans ma famille, que le bruit se répandit bientôt que j’étais dans la Vendée. Un grand nombre de personnes s’attendaient même à y voir reparaître Charette, avec qui l’on pensait généralement que j’avais passé le temps de mon absence. Dès mon arrivée à Nantes, les habitants de la Chapelle-Palluau m’avaient invité de me rendre dans leur paroisse pour remplacer leur curé, qui était alors en Espagne. Il me renouvelèrent leurs instances pendant mon séjour dans ma famille ; je me rendis à exercer leur vœu. Comme j’avais promis d’exercer et de prêcher la paix, je préférai le faire dans cette paroisse, dont je connaissais particulièrement les habitants.

    Je me rendis donc à la Chapelle-Palluau, où tout le monde voulut bien en témoigner le plus vif intérêt. J’y arrivai pour la fête patronale le premier d’août. J’avais invité à cette cérémonie plusieurs ecclésiastiques qui s’y rendirent. Une foule immense de peuple y accourut aussi de toutes parts, parce que c’était une chose toute nouvelle de voir le même lieu plusieurs prêtres réunis, tandis que la plupart des églises étaient encore privées de leur pasteur.

    Ce lieu de réunion, où tout annonçait une fête religieuse, devint bientôt un lieu de tristesse, où l’on entendait de toutes part que des imprécations. J’avais à peine célébré la messe, que je fus frappé d’un nouveau coup d’autorité. Le commissaire du gouvernement pour le canton de Palluau ordonna qu’on me fît faire un serment prescrit alors, de haine à la royauté, ou, dans le cas de refus, de m’empêcher de célébrer publiquement. Ma réponse ne pouvait être équivoque : l’église fut fermée. Plus de trois mille personnes s’en furent dans les paroisses voisines, sans avoir pu assister aux vêpres que j’avais annoncées. J’eus bien de la peine à calmer les esprits ; heureusement il n’arriva rien de fâcheux : on s’en tint à des propos et des murmures.

    Je quittai, dans le même jour, la paroisse de la Chapelle-Palluau. Je me rendis à Maché, où Mlle Minguet eu la bonté de m’offrir un asile dans la maison j’avais été caché pendant le temps de la plus forte persécution.

    Les habitants de cette commune, privés de leur pasteur qui était en Espagne, vinrent me prier de leur en tenir lieu en attendant son retour. J’avais le plus vif désir de les obliger, mais d’après ce qui s’était passé à la Chapelle-Palluau, j’étais fondé à croire que j’éprouverais de grandes difficultés de la part des agents du gouvernement. Cependant, pour leur prouver mon sincère attachement, je me rendis avec les principaux habitants à Apremont, où était le commissaire du pouvoir exécutif. On lui fit la demande que j’eusse exercé, dans l’église de Maché, le ministère du culte catholique. Il refusa formellement, à moins que je ne voulusse souscrire le serment de haine à la royauté. Je ne pouvais faire que la même réponse à la même difficulté qu’on m’avait déjà proposée. Je me retirai après avoir essuyé un refus auquel je m’attendais.

     

    Abbé Remaud

     

     

    (A suivre)

     

    Les Mémoires de l'abbé Remaud, 5° partie....


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  •                   Cholet, le 1er jour complémentaire de l'an 7... 

           

     

     

    Louis Ganault,un bleu de Cholet....Un ''bon patriote'' âgé de vingt deux ans, Louis Ganault, sous-lieutenant de la Colonne Mobile de Cholet, est abattu à la Caillère, commune de Cholet par des combattants royalistes. Fils d'un sympathisant des Colonnes Infernales, il est tué d'une balle en pleine poitrine, le premier jour complémentaire de l'an 7 (17 septembre 1799).

     

      « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées »... 

     

      François Ganault, âgé de 51 ans, marié à Angers, ''bourgeois'' de Cholet, fait partie de la bourgeoisie ''bleue'' de cette ville.

      « Le ''Bleu'' de Cholet est, en 1793 un homme sinon instruit, du moins alphabétisé, dans la force de l'âge et établi. Il appartient, le plus souvent à la bourgeoisie toilière, moins fréquemment aux cercles de la basoche et du prétoire.

    Les ''Bleus'' de Cholet, constituent en l'an 1, un milieu urbain élitaire, économiquement et socialement privilégié, fermé aux couches les plus modestes et fortement structuré par la parenté et les alliances.»

    Bien entendu, les ''Affiches d'Angers'' (officine de la propagande républicaine) vont se faire l'écho de ce fait divers avec leur mauvaise foi habituelle et leur détestable esprit partisan.

     

      « Angers, 6e jour complémentaire.

     

      Le 1er complémentaire à une heure de l'après-midi, deux brigands en armes entrèrent dans la maison de la Caillère*, à cent pas de Cholet, où se trouvait le citoyen Gasnaut, fils, de Cholet. Dès qu'il les aperçut, il voulu les faire sortir, mais il était sans armes ; l'un d'eux lui tira un coup de fusil à bout portant dans la poitrine, dont il est mort sur le champ entre les bras de son père et de sa mère présens à cette scène horrible. Les deux scélérats se retirèrent ensuite du côté de Latouche-Aubert et rejoignirent leur bande qui les y attendait ; il paraît qu'ils savaient que ce citoyen était là, et qu'ils étaient venus exprès pour l'assassiner ; c'était l'un des braves qui se sont distingués à l'affaire du 18 fructidor à Saint-Macaire.

      Ce crime horrible a jetté l'épouvante dans Cholet, et chacun prend des précautions pour se préserver de pareil attentats. Voilà cependant quels sont les défenseurs de l'autel et du trône ; c'est à de pareils traits qu'on reconnaît les royalistes, ab uno dice omnes - Ces scélérats n'ont pu vaincre les républicains, ils les assassinent en détail !

      Républicains, telles sont les destinées qui vous attendent, si la république ne triomphe pas ; vous voyez comme les brigands préludent, par des assassinats partiels, au massacre général de tout ce qui a été patriote ; serrez-vous, il est tems encore d'éviter de si grands malheurs. »

    Louis Ganault,un bleu de Cholet....

     

     

    * Hôtel particulier au Sud de Cholet (actuellement rue de la Caillère à Cholet).

     

      La République, représentée par le Directoire, oublie les mesures qu'elle vient de prendre vis à vis des Vendéens, méthode habituelle de passer sous silence ses mauvaises actions ; ''on ne nous dit pas tout'', méthode toujours d'actualité.

     

      En effet, « Le Directoire craint que la Vendée, appuyée sur les mécontents de plusieurs provinces, n'allât déployer des forces considérables et renouveler ses anciens combats d'autrefois. Cette crainte, jointe aux embarras sérieux que la chouannerie d'outre-Loire lui suscitait dans le moment, le mit de nouveau en fureur ; il décréta contre elle des mesures rigoureuses, ordonna des visites domiciliaires dans toutes les paroisses pour arrêter les suspects et exiger de tous les habitants le serment d'une haine irréconciliable à la royauté. Mais ces visites qui fournirent à ses satellites l'occasion d'arrêter des vieillards, des infirmes, ne firent comme toujours, qu'augmenter le nombre des révoltés. Le serment ne fut prêté que par ses adhérents et ne produisit aucun effet pour sa cause. Ces moyens politiques n'ayant amené aucun résultat, le Directoire recouru à des procédés encore plus iniques et repoussés par tout homme qui se respecte.

      Comme les nobles et les Emigrés, surtout étaient à ses yeux les promoteurs des soulèvements, il voulut les déconsidérer dans l'esprit des paysans, dans la persuasion que cette déconsidération une fois obtenue, l'insurrection n'aurait plus d'appui et serait facilement anéantie. C'était infâme, mais tout est bon à qui n'a plus de principes et a le triste courage de son déshonneur. En conséquence de cette hideuse résolution, des bandes d'espions furent organisées et envoyées dans la Vendée comme en Bretagne. On tira des prisons ce personnel d'un nouveau genre, et il eut pour mot d'ordre de jouer le rôle d'Emigrés et d'officiers royalistes, et sous ce faux nom de se permettre toutes sortes d'excès. Ces misérables devaient surtout exciter au pillage et au meurtre des Patriotes. Ils ne manquèrent pas à leur horrible mission ; Ils commirent un grands nombre de crimes. »

     

     

      Revenons donc à l'affaire qui nous intéresse :

     

      «  M. Gasneau de Cholet, républicain exalté, était signalé aux Royalistes comme un ennemi qui leur avait fait beaucoup de mal ; il habitait la Caillère (en ce moment il n'y avait que peu d'habitants dans Cholet).  Une bande d'enfants perdus, de Royalistes excités sans doute par ces faux Emigrés, résolut de le tuer ; ils tirèrent au sort ceux qui rempliraient cette affreuse fonction ; deux ou trois furent désignés ; ils se présentent à la Caillère et frappent à la porte. M. Gasneau, qui ne se doutait de rien, vint lui-même leur ouvrir, mais à peine a-t-il aperçu les hommes qu'il s'écrie : « Je suis perdu ! » Ils ne lui laissent pas le temps d'en dire d'avantage ; ils l'étendent mort d'un coup de pistolet tiré à bout portant et prennent la fuite avant qu'on ait le temps de les poursuivre. Ce fait causa une grande émotion dans la ville. La garde nationale battit tout le pays sans trouver les meurtriers, et à leur défaut, elle s'empara d'un excellent homme nommé Lefort, âgé de vingt et quelques années, qui habitait le Puy-Saint-Bonnet, l'amena à Cholet, et le fusilla sans pitié ni justice, à la porte de la Caillère : son cadavre resta longtemps exposé dans la rue aux outrages des passants, et un Choletais, nommé Barbier, s'acharna à lui écraser la tête avec un pavé. »

     

      Voici l'acte de décès de Louis Ganault :

     

      « Le trois vendémiaire an huit de la république française par devant moi Joseph-Jean-Louis Roquet, officier public, sont comparus à la maison commune de Cholet Marie-Prospert Doué de Denis Hobocq officier de santé ; lesquels m'ont déclaré que Louis Ganault âgé de vingt deux ans, né et domicilié à Cholet, fils de François-Louis Ganault, propriétaire et de Louise Tocquet son épouse, a été tué (rayé) est mort le premier vendémiaire (rayé) complémentaire an sept à la maison paternelle. D'après cette déclaration que les témoins ont certifié conforme à la vérité (pas tout à fait puisqu'on passe sous silence son assassinat en rayant le fait qu'il a été tué), je me suis transporté au domicile du citoyen François-Louis Ganault père, me suis assuré du décès de Louis Ganault fils, et j'en ai rédigé le présent acte que les dits Doué et Hobocq ont signé avec moi, en entre ligne Louis, fait à la maison commune de Cholet les jour mois et an ci-dessus (deux mots rayés). »

     

    signé : Rocquet – Doué – Hobocq.

     

     

      Voici l'extrait d'une lettre du général Delaage, commandant la rive gauche de la Loire – Elle est datée du 8 vendémiaire an 8 (30 septembre 1799) et libellée comme suit : « A la Séguinière, nous avons pris un des assassins de Ganaut, sous-lieutenant de la colonne mobile de Cholet, et son cheval ».

     

      François-Louis Ganault (père), né à Cholet, époux de Jeanne-Louise Tocqué, propriétaire, est décédé à Cholet le 15 mars 1808 à 10 heures du soir à la Caillère à l'âge de 66 ans. (Décès Cholet, vue n°73/144).

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés.  Registres d'état civil de Cholet – Les Affiches d'Angers Primedi 1er Vendémiaire n°1er an 8 de la République, vue n°1/31 et nonidi 19 vendémiaire n°10 an 8 de la République vue n°19/31 -  Les ''Bleus'' de Cholet en 1793, Jean-Joseph Chevalier, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, année 1992, volume 59 n°4 pages 351 à 369 – Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome V, pages 784 et 785 - Photo de l'auteur. 

                                                             

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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