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    Louis Pajot, de Saint-Jean-de-Monts, 

    tué au grand marais du Perrier...

     

     

    Louis Pajot....Le 15 février 1817, Marie-Madeleine Petigas est enregistrée comme veuve d'un soldat des Armées Vendéennes et est proposée pour une pension de quarante cinq francs.

     

    « N° 603 – Petigas Marie, née à Saint-Jean-de-Monts en 1757, veuve de Louis Pajot – soldat de l'Armée Vendéenne, tué au Grand Marais du Perrier - sans aucun moyen d'existence – domiciliée à Saint-Jean-de-Monts – trois enfants – proposée pour une pension de quarante cinq francs. » (SHD XU 39-5 - vue n°40/41).

     

    Louis Pajot....

    Louis Pajot....

     

    La reconstitution des actes de Saint-Jean-de-Monts pour la période de 1793 à 1796 ne mentionne pas le décès de Louis Pajot au combat des Rouchères. Mais il fait partie des victimes de la purge du marais opérée par les Bleus en juin 1794. 

    Une correspondance républicaine de ''l'Isle de la Montagne'' (Noirmoutier), du 17 juin 1794 (29 prairial de l'an 2)........ :

     

    « Isle-de-la-Montagne – 19 juin, 29 Prairial an II – le Général de brigade Dutruy au Général Vimeux commandant en chef.

     

    L'expédition du Marais a eu lieu le 26 et le 27 juin, les colonnes ont battu l'ennemi sur tous les points, de manière que le pays est totalement purgé de Brigands – On s'occupe sérieusement de l'enlèvement des grains – Le bocage sera fouillé incessament – Les dispositions à cet effet sont ordonnées – Le Général Boussard est de retour. » (Class SHD B 5/9-49 - vue n° 14/15). 

    Louis Pajot....

     

    Louis Pajot est né le 4 septembre 1756 à Saint-Jean-de-Monts. Il est le fils de Mathurin Pajot et de Marguerite Faugeron. En 1794 il est laboureur à Orouet à Saint-Jean-de-Monts. Il épouse le 26 février 1781, en ce lieu, Marie-Madeleine Petigas, née le 21 novembre 1757, fille d'Etienne Petigas, laboureur et de Marguerite Pelloquin. De cette union sont issus :

     

    1° Etienne Pajot, né le 23 janvier 1783 à Saint-Jean-de-Monts.

    2° Louis Pajot, né le 7 novembre 1785 à Saint-Jean-de-Monts.

    3° Marie-Hélène Pajot, née le 6 novembre 1790 à Saint-Jean-de-Monts.

     

    Louis Pajot....

    Marie-Madeleine Petigas est décédée le 18 août 1850 à Saint-Jean-de-Monts. 

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil de Saint-Jean-de-Monts.- Correspondances Armées de l'Ouest, Class SHDB5/9-49 -  Dossiers de pensions des veuves (SHD XU 39-5 - vue n°40/41). Cadastre Napoléonien TA de 1831, Saint-Jean-de-Monts. - Photo de l'auteur. 

                                                          

     

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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    Une biographie de Scépeaux…

     

    Les éditions Pays & Terroirs nous communiquent la sortie d’un ouvrage qui va ravir tous les passionnés de Guerres de Vendée et de Chouannerie.

     

    Marie Paul Alexandre César, vicomte de Scépeaux de Bois-Guignot, malgré une vie intense, reste un grand inconnu des guerres de Vendée et Chouannes. Issu d’une longue lignée de militaires, il fut, entre 1795 et 1796, le général d’une armée de 15 000 Chouans qui s’étendait des portes de Nantes à celles du Mans.

     

    Lire la suite en cliquant sur les images :

     

    Une biographie de Scépeaux....

    Une biographie de Scépeaux....

    Quelques extraits en cliquant sur la signature de Scépeaux : 

    Une biographie de Scépeaux....

     

     


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    Une mine d’antimoine à Chantonnay…

     

    Le 6 messidor an 2 (24 juin 1794) Vimeux écrit les ordres suivants à Delaage (1) :

     

    « A Delaage adjudant général à la Motte Achard

    Le général Boussard me fait part mon camarade qu’il a été découvert une mine d’antimoine entre Puy Beliard et Chantonnay d’où les brigands tirent des moyens de faire leur poudre. Tu voudras bien prendre des moyens pour ôter cette ressource à nos ennemis. Et de concerter avec Sauveur (2) qui remplace Dusirat,  si tu n’es pas à portée de remplir par toi-même cet objet.

    Signé le général en chef Vimeux. »

     

    Vimeux n’est pas un très bon chimiste car il aurait su que l’on ne fabrique pas de la poudre avec de l’antimoine mais que ce métal utilisé en alliage sert à durcir le plomb des balles.

    On sait que ce petit coin de Vendée était riche en gisements de stibium ou antimoine. Voici un lien qui nous rappelle son exploitation passée à Rochetrejoux. 

    RL

    Novembre 2017

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/9-58, v. 10/17 (bulletin analytique), SHD B 5/80 v. 59/148. 

     

    (2)  L’adjudant-général Deviau dit «  Saint-Sauveur » a perdu son « saint ». 

     

    Une mine d'antimoine à Chantonnay....

     

     


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    André Dupont de Saint-Jean-de-Monts, 

    capitaine de paroisse, pris au combat des Rouchères et fusillé... 

     

     

     

    André Dupont....Le 15 février 1817, Jeanne Peigné est enregistrée comme veuve d'un capitaine des Armées Vendéennes et est proposée pour une pension de cent cinquante francs.

     

    " N° 608 – Peigné Jeanne, née à Saint-Jean-de-Monts en 1763, veuve de André Dupont – capitaine – pris au combat des Rouchères et fusillé – sans aucun moyen de subsistances – domiciliée à Saint-Jean-de-Monts – cinq enfants – proposée pour une pension de cent cinquante francs." 

    (SHD XU 39-5 - vue n°40/41).

     

    La mort d'André Dupont nous prouve que les Républicains fusillaient systématiquement leurs prisonniers, officiers ou soldats. A compter du mois de juin 1794, les Bleus entreprennent de ''nettoyer'' le marais de Monts. Les correspondances échangées entre les généraux Dutruy, Boussard et Vimeux pendant cette période nous donnent ''l'ambiance'' du moment.

     

    André Dupont....

     

    Une première lettre écrite de ''l'Isle de la Montagne'' (Noirmoutier), le 17 juin 1794 (29 prairial de l'an 2) :

     

    « Isle-de-la-Montagne – 17 juin, 29 Prairial an II – le Général de brigade Dutruy au Général Vimeux commandant en chef.

     

    L'expédition du Marais a eu lieu le 26 et le 27 (prairial), les colonnes ont battu l'ennemi sur tous les points, de manière que le pays est totalement purgé* de Brigands – On s'occupe sérieusement de l'enlèvement des grains – Le bocage sera fouillé incessament – Les dispositions à cet effet sont ordonnées – Le Général Boussard est de retour. » (Class SHD B 5/9-49- vue n° 14/15).

     

    *Purger : mot typiquement révolutionnaire, à consonance génocidaire ; épurer la société, dans la dictature républicaine, c'est éliminer physiquement les éléments jugés indésirables par la Loi... Loi du 1er août 1793 et Décret de la Convention Nationale du 1er octobre 1793 : - Eliminer «  la race impure qui souille le territoire de la République'' (les Vendéens). 

    Aujourd'hui on ne purge plus physiquement en France, la méthode est différente : on isole ceux qui pensent autrement ; le vocabulaire est beaucoup plus subtil mais tout aussi intolérant, violent et dangereux.  

    N'avons nous pas entendu en 2015 à la télévision politisée, la responsable du service politique de France 2, donneuse de leçons en matière de libertés, affirmer qu'il faut : « repérer et traiter (c'est à dire ficher) ceux qui ne sont pas ''charlie''. » ; propos qui fleurent bon le Comité de Salut Public et les hôpitaux psychiatriques soviétiques. La dictature est là, palpable, toujours aussi sournoise... 

     

    Une deuxième lettre :

     

    « Copie d'une lettre du général Boussard en datte de Challans du 6 Messidor an 2 de la République Française, Une Indivisible et Impérissable.

    24 juin 1794.

     

    Je t'apprends avec plaisir général, le succès que nos Républicains ont subies dans le marais, - d'après les ordre que j'ai donnés à Reboul, il a attaqué le poste des Rouchères, et il avait si bien pris ses mesures, et les braves volontaires les ont si bien secondées que quatre cent Brigands à ce que mande Reboul, ont mordu la poussière ; on a pris trois mille femmes et enfants, environ cent cinquante Brigands se sont rendus*, on a pris un drapeau aux Brigands que je ferai brûler demain à la parade. Un nommé Obvin âgé de seize ans ci-devant aide de camp de Charrette a été pris aussi. Je l'enverrai à Nantes. Je demande aux Représentant du Peuple BÔ ce qu'il veut que je fasse de cette immense quantité de femmes et d'enfans ; - L'extraction des grains va toujours son train – signé Général de Brigade Boussard. » Pour copie conforme le Gal en Chef Vimeux..

     

    (Class SHD B 5/9-58, vue n°2/17).

     

    * Il omet de préciser qu'il fusille sans pitié ses prisonniers, puisque le capitaine André Dupont est fusillé après sa capture. Que sont devenus les 150 Royalistes qui se sont rendus ? Que sont devenus les 3000 femmes et enfants ????

     

    On peut donc situer la mort par fusillade du capitaine André Dupont les 23 ou 24 juin 1794 aux Rouchères, commune de Saint-Jean-de-Monts et pas très loin de Notre-Dame-de-Monts.

    André Dupont....

     

    André Dupont est né le 18 avril 1763 à Saint-Jean-de-Monts. (vue n°232/286 BMS 1755;1764). Il est le fils d’André Dupont et de Marie Neau. Il est marchand-cultivateur à St Jean-de-Monts et épouse le 30 janvier 1781 dans cette paroisse, Jeanne-Louise Peigné, née le 11 septembre 1763 à Saint-Jean-de-Monts ; veuve de Jean Guittonneau, fille de Pierre Peigné et de Veronneau-Verneau Louise.

    Il est capitaine de paroisse et d'après Lionel Rousseau-Dumarcet, dans ''La Vendée Maraîchine'' (Thèse de Doctorat-1992), il aurait tiré le premier coup de feu des guerres de Vendée à Saint-Jean-de-Monts, le 9 avril 1791, en tuant le vicaire Laroche, prêtre assermenté de la paroisse.

     

      De cette union sont issus  :

    1° - Marie-Jeanne Dupont née le 17 mai 1782 à St-J-de Monts.

    2° - Jean Dupont, né le 1er janvier 1783, idem.

    3° - Mathurin-André Dupont, né le 24 mars 1784, idem.

    4° - Jean-Louis Dupont, né le 8 novembre 1790, idem.

    5° - Mathurin Dupont, né le 2 novembre 1794, idem.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil de Saint-Jean-de-Monts. - Correspondances Armées de l'Ouest, Class SHDB5/9-49 - La Vendée-Maraîchine  Lionel Rousseau-Dumarcet – Dossiers de pensions des veuves (SHD XU 39-5 - vue n°40/41). Cadastre Napoléonien TA de 1831, Saint-Jean-de-Monts. - Photo de l'auteur. 

                                                         

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 

     

    André Dupont....


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    La Forêt-sur-Sèvre et le « grand chemin » de La Châtaigneraie…

     

    En feuilletant par hasard l’ouvrage de Constant Vaillant sur l’histoire de Cerizay (1), que je connais pourtant à peu près par cœur, je suis tombé sur le passage suivant :

    « L’armée vendéenne allant de Thouars à Fontenay passe par la Forêt, empruntant, pour rejoindre Puichemin, la vieille voie qu’on appelle la « vieille vie » ».

    Il n’est point question ici de faire le procès de Constant Vaillant, l’historien bien connu de Cerizay (et qui fut aussi l’instituteur de mon père), aujourd’hui décédé depuis déjà longtemps, mais de rectifier quelques erreurs et de découvrir une fois de plus un « chemin secret ». Les historiens locaux du début des années 80 n’avaient pas à disposition les moyens de recherche d'aujourd’hui et n’ont pas pu travailler d’une manière précise et exacte, sauf à recopier ce qui avait déjà été fait avant eux, en compilant les grands classiques sur la période, n’allant aux sources que rarement, voire pas du tout dans la plupart des cas.

    Tout d’abord, lors de la première attaque de Fontenay le 16 mai, les Vendéens n’arrivaient pas de Thouars mais de Parthenay, ils ne sont donc pas passés par la Forêt-sur-Sèvre. Vint ensuite la seconde attaque qui vit la prise de Fontenay le 25 du même mois. L’Armée s’ébranle depuis Châtillon le 24 et si elle était allée directement à Fontenay, elle serait probablement passée par la route qui relie les deux villes et qui passe à l’époque… par Pouzauges et Réaumur ! Sauf que l’on sait que rendez-vous est donné avec la division de Bonchamps à Saint-Pierre-du-Chemin, ce qui tend à nous prouver que les Vendéens ont bien dû passer à la Forêt-sur-Sèvre, l’honneur est sauf, ouf !

    Voyons un peu où se situe le fameux « Puichemin » dont parle Constant Vaillant. En jetant un œil sur le cadastre napoléonien, on s’aperçoit, qu’il s’agit tout simplement du « Bois Caillet », non loin du fameux « pont des Colons » probable lieu de massacre à une autre date et  dont nous avons déjà parlé ici.

    Ici, le cadastre de 1809, montrant le Bois de Puichemin :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    Le souci, est que le chemin qui passe le bois au Sud n’est pas celui qui nous intéresse.

    Ici, en remontant vers le bourg de la Forêt :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    En revanche, le « grand chemin de La Châtaigneraie » se situe un poil plus au Sud et passe par un endroit dont Bruno Griffon de Pleineville a déjà raconté l’histoire sur ce blog ici.

    Sur le cadastre, l'indication du "grand chemin de la Châtaigneraie" (l'écriture est à l'envers afin de garder l'orientation vers le Nord du plan) :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    De nos jours une partie de ce chemin est goudronnée et j’ai tenu à vous en présenter la partie « authentique ».

    Sur l’IGN, de la chapelle à la Pardière :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    Sur place :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

    Le chemin arrive à la Pardière avant de devenir route :

    La Forêt-sur-Sèvre et le "grand chemin de la Châtaigneraie"....

     

    Eh oui, c’est probablement là où est passé le gros des divisions vendéennes pour se rendre à La Châtaigneraie.

    RL

    Novembre 2017

     

     

    Note :

     

    (1)  « Cerizay Ville Historique et Martyre », tome 1er, Hérault, Maulévrier, 1980, p. 41.


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