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    21 janvier 1793, dix heures vingt-deux minutes, le Roi de 

     

    France vient de mourir sur l'échafaud.

                                      

                    

    Louis XVI....Le 21 janvier 1793 à 11 heures, Jean-Baptiste Cléry, valet de chambre du Roi Louis XVI nous raconte :

     

    « Un Municipal entra dans la chambre où j'étois, il me dit de le suivre au Conseil ; là je trouvai tous les Municipaux assemblés et un aide-de-camp du général Santerre qui venoit annoncer la fin de Louis XVI. Je fus obligé d'entendre une partie de ce récit qui faisoit frémir l'humanité. Le Président m'interrogea sur ce que le Roi m'avoit remis et sur les paroles qu'il m'avoit dites, me somma d'en faire ma déclaration sur le registre et de la signer ; ensuite il me fit présenter les objets dont j'étois dépositaire, on examina l'anneau d'or au dedans duquel étaient écrites en lettres M.A.A.A. 19 aprile 1770. Le cachet de montre en argent et s'ouvrant en trois parties : sur la première étoit gravé l'Ecusson de France ; sur la seconde deux LL entrelacées, et sur la troisième une tête d'enfant casquée qui sembloit être celle du jeune Louis.

    Le petit paquet qui contenoit les cheveux, et sur lequel étoit écrit de la main du Roi, cheveux de ma femme, de ma sœur et de mes enfans fut aussi ouvert. Il renfermoit en effet quatre petits paquets. Tous ces objets me furent rendus jusqu'à ce qu'il en fut autrement ordonné, avec injonction de les présenter quand ils me seroient demandés. »...

     

      Tout cela s'est passé dans un pays civilisé, de culture occidentale et chrétienne, au siècle des lumières, de la sensibilité et des droits de l'Homme...

     

     

    Sources : Le Journal de Cléry – Ce qui s'est passé à la tour du Temple pendant la captivité de Louis XVI, roi de France – éditions Pays et Terroirs – décembre 2003 – de Jean-Baptiste Cléry - Photo : Louis XVI la veille de sa mort.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets 


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    Le 10 Thermidor de l'an 3, un bateau est attaqué 

    près de Mauves-sur-Loire... 

                                          

     

                    

    Attaque d'un bateau à Mauves-sur-Loire....Le 28 juillet 1795, les rives de la Loire ne sont pas sûres, un bateau, l'Invincible est attaqué par les royalistes à Mauves-sur-Loire. Joseph Mariot, le courrier transportant les dépêches de Paris à Nantes est tué ainsi que le commandant du bateau...

     

    « Le 12 Thermidor an trois de la République une et indivisible, à quatre heures du soir devant moi Pierre Brunet jeune, officier public, élu pour constater l'état civil des citoyens, a comparu en la maison commune Alexandre Lebrun, commis négociant, âgé d'environ cinquante deux ans, demeurant section de la Halle, rue Crébillon ; lequel pour faire constater le décès de Pierre-Théodore Dibart, officier marin âgé d'environ vingt neuf ans, natif de Caulnes district de Dinan, département des Côtes du Nord, fils de Urbain Dibart et de Jacquemine Kerbusso, époux de Catherine Gillet, âgée d'environ vingt sept ans, native de Bar-sur Main (Bar le Duc), département de la Meuse, m'a présenté l'exposition du procès verbal dont la teneur suit :

     

    « Extrait des minutes de la police de sûreté de la commune de Nantes district du département de la Loire Inférieure. Le dix thermidor de l'an troisième de la République française une et indivisible, Charles Alexis Blanchard juge de paix du cinquième arrondissement de cette commune, officier de police de sûreté ayant avec moi Pierre Montreux greffier par intérim sur l'avis à moi donné qu'un bâteau arrivant à l'instant au port Maillart, venant du païs haut et dans lequel étoit le courrier de Paris avec ses dépêches ainsi que plusieurs autres citoyens avoient été violemment attaqués près Mauves, à son passage, par des Brigands et Chouans des deux rives et que le feu fait sur ce bâteau, il en avoit résulté divers accidents ; nous sommes transportés au dit lieu, où étant entrés dans le bâteau, nous y avons effectivement trouvé deux cadavres reconnus pour être l'un, celui du courrier Joseph Mariot âgé de trente quatre ans, natif d'Aigrefeuille district de Clisson, département de la Loire Inférieure ; et l'autre celui du citoyen Dibart officier à bord du bâteau nommé l'Invincible, stationné à Mauves, et attendu que ces deux cadavres nous ont d'abord parus atteints de plusieurs coups mortels, nous avons, pour constater leur état, appelé le citoyen Ménard, officier de santé, lequel déférant à notre invitation, est entré dans le bâteau, a dit premièrement que la cause de la mort du courrier vient d'une balle portée à la cuisse, lui a coupé l'artère fémorale et le fémur ; que l'officier Dibart a reçu une balle à la partie supérieure du coronal et a enlevé le crâne et mis le cerveau à découvert, ce qui a occasionné sa mort. De tout quoi avons dressé le présent que nous avons borné aux circonstances ci-dessus, n'ayant trouvé personne dans le bâteau qui ait su indiquer d'autres particularités relatives à cet événement, au moyen de quoi, nous avons ordonné, ce qui de suite a été fait nous présents que les deux cadavres seroient conduits à l'hospice de l' Humanité pour y être pourvu à leur inhumation. Fait et arrêté les jour mois et an que dessus, sous les signatures du citoyen Ménard, celle du greffier et la notre, la minute est signée Mesnard, officier de santé, Montreux et Blanchard.

     

       Pour expédition, signé J Leroux Greffier. Enregistré à Nantes le onze Thermidor, an trois de la République, reçu une livre. Signé Bertrand – Fait en la maison commune de Nantes les dits jour et an sous le seing du comparant et le mien. 

     

    Signé:Le Brun et Brunet. »

     

    René-Théodore Dibart est né le 20 octobre 1766 à Caulnes, il est le fils d'Urbain Dibart seigneur de Villetanet, Ecuyer, et de Marie-Jacquemine de Kerbusso, originaire de Josselin.

     

    Joseph Mariot est né le 8 février 761 à  Aigrefeuille, au bourg, il est le fils d'Honorable homme Henry Mariot, aubergiste et de Honorable femme Julie-Suzanne Gantier.

     

    Attaque d'un bateau à Mauves-sur-Loire....

    Attaque d'un bateau à Mauves-sur-Loire....

    Sources:     

    -Archives de la ville de Nantes – décès an 3, Section Halle et Jean-Jacques cote 1E91-pages 101 et 102/113. 

    -Archives Départementales de Loire-Atlantique, Aigrefeuille - baptêmes année 1761. 

    -Archives des Côte d'Armor tous droits réservés, Caulnes- baptêmes 1766. 

    - Cadastre de Mauves-sur-Loire de 1832 – La Loire à Mauves. 

    - Photo: de l'auteur. 

                                           

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (13° partie)…

     

     

    AN F7 3682/1-12.

     

    « 24 août 1792

     

    Copie d’une lettre de M Baranger procureur syndic du district de Vihiers à MM les commissaires du département de Maine et Loire, à Cholet.

    Vihiers 24 août 1792

    L’an 4e de la liberté

     

    MM

     

    Je vous envoi par cet exprès, la lettre que M le procureur syndic du district de Saumur vient de nous adresser pour vous remetre, vous verrez par les détails allarmants quelle contient, que les maux se multiplient et que le remède devient de plus en plus dificile. Je m’empresse de vous faire part de ces événements malheureux afin que vous dirigiez la marche de vos troups en conséquence.

    Voilà les cents hommes de Saumur qui arrivent dans notre ville.

    Le procureur syndic du district de Vihier

    Signé Baranger

     

    M. de Brulon avec ses gendarmes est à Somloire avec 40 hommes de gardes nationale de la ville de Vihiers.

    Nous ne recevons de Doué que quatre vingt dix hommes, la disposition ne paraissant pas permetre de la diviser en les envoyant à Coron et d’ailleurs ayant jugé qu’il serait imprudent de morceler les forces, le directoire a arrêté d’après l’avis de M Delage commandant de ce détachement qu’il n’en serait pas envoyé à Coron ou l’utilité n’est pas de la dernière nécessité, il serait d’ailleurs impolitique d’après l’événement arrivé à Bressuire de ne pas conserver une masse de force suffisante, pour préserver l’administration des malheurs arrivés à Chatillon.

    Nous prévenons M. Brulon que si d’après les dispositions des esprits à Somloire, il  juge pouvoir n’y pas séjourner à long terme, de se replier sur Vihiers où il est essentiel d’établir un dépôt respectable de force étant évidemment menacé si Bressuire a succombé : Pour copie signé Richard commissaire

     

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

     

     

    1792, vu depuis le Maine-et-Loire (13° partie)....

     


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    Retour sur la 6ème veillée des Amis du Pont-Paillat…

     

    La veillée des Amis du Pont-Paillat du 13 janvier dernier était la 6ème du genre mais aussi la 30ème sortie du groupe, en attendant la prochaine marche annuelle dans la boue de mars et une future sortie dans le Pays de Charette au printemps, dont nous reparlerons en temps et en heure. Nos veillées, souvent victimes de leur succès, ont malheureusement un accès limité, laissé à la discrétion de l’habitant, autant pour des questions logistiques que de sécurité collective. Ce souci sera résolu prochainement avec un type d’organisation différent, c’est promis.

    Les plats de « mangeaille » défilant et les bouteilles de cidre se vidant, il fallut accélérer un peu le mouvement, pour éviter le risque d’une digestion collective qui aurait pu assoupir un peu les participants et ainsi éterniser la tablée. Arnaud prit la parole pour nous parler de ses études et des difficultés de la part de certains historiens trop orientés à reconnaître les similitudes entre les terreurs de la révolution française et celles du bolchévisme autant que du nazisme, en particulier pour tout ce qui touche les horreurs commises au nom des « grands progrès sociaux » du communisme. L’affaire faite, je me permis d’en ajouter sur d’autres historiens, pas plus malins que les premiers et dont la plupart des travaux, non sourcés, ou (mal) sous-traités, ne font que desservir la cause qu’ils sont censés défendre.

    Chachou nous lut ensuite une poésie de Noël, talonnée par Constance qui nous avait ramené de Belgique une œuvre allégorique sur les églises et les croix de Vendée. Après quelques récits et sur les trésors enfouis et les sépultures cachées,  je pris le parti de raconter certains mystères attachés à la seconde résidence de Lescure, en Cerizay. Dieu sait si des fantômes hantent encore le « Trou de la guillotine » et les souterrains de la vieille ville.

    Je crois que la nuit qui suivit, chacun se sera endormi en rêvassant à tout ce qui reste encore à découvrir sur notre beau pays.

    On aura retenu de cette soirée, l’affluence de la jeunesse, ces moins de 30 ans, passionnés par l’histoire régionale, mais qui fuient souvent les réunions trop protocolaires, pour ne pas dire trop « bling-bling » de leurs aînés. C’est à eux que je dédie tout particulièrement ce billet, car c’est vous qui portez déjà le flambeau de la Vendée. Les Vendéens qui se sont soulevés en 1793 étaient de votre âge, ils avaient des projets de mariage, d’exploiter une petite borderie, ou peut-être simplement de vivre de leur métier de sabotier ou de tisserand. Ils voulaient être libres et rien de plus.

    RL

    Janvier 2018

     

     

    Retour sur la 30ème....

     

     

     

     


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    Catherine-Magdelaine Chevaye de la Châtaigneraie, 

    noyée en Loire au mois de Frimaire de l'an deux.

     

                                      

    Catherine Chavaye, noyée en Loire....Catherine-Magdelaine Chevaye a épousé le 10 novembre 1762, en la paroisse Saint-Jacques de Clisson :

     

    ''Messire Alexis-René-Marie-Anne Moreau*, chevalier seigneur Duplessis Moreau, chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Piémont infanterie, commandant du bataillon de milice de Blois, fils majeur de feu Messire René Moreau Ecuyer, seigneur des Moullières** conseiller du Roy lieutenant général civil et criminel au baillage et siège Royal de Mouvant (Vouvant) séant ; et de défunte Dame Marie-Aimée Gaborit de la Brosse ses père et mère originaires et domiciliés de la paroisse Saint-Jean de la Châtaigneraye d'une part et Demoiselle Catherine-Magdelaine Chevaye, fille de René Chevaye, Ecuyer, Conseiller du Roi secrétaire auditeur honoraire en la Chambre des comptes de Bretagne et de Dame Françoise Garciau aussi ses père et mère originaires et domiciliés de cette paroisse, en présence de Jean-François-Joseph Moreau, Ecuyer, seigneur de la Grange, Conseiller du Roy, bailly et lieutenant-général civil et criminel, au baillage et siège royal, demeurant séant à la Châtaigneraye, frère de l'époux.. » etc...

    Catherine Chavaye, noyée en Loire....

     

    * Alexis-René-Marie-Anne Moreau du Plessis a été commandant en second dans la 5ème compagnie noble à l'Armée des Princes, chef de bataillon. Il est décédé le 2 Ventôse an 12, (le mercredi 22 février 1804) à la Bruffière, chez son neveu, à l'âge de 85 ans. 

    ** Les Moulières appartiennent à la Révolution à Etienne-Joseph Aimé Moreau, écuyer, seigneur de Moulière, qui épouse le 20 janvier 1789 Françoise-Anne-Louise-Marie de Vieux – saisies et vendues comme bien national. 

     

    Nous ne connaissons pas les circonstances de l'arrestation de Catherine-Magdelaine Chevaye, son mari étant à l'armée des Princes elle était devenue suspecte. Nous savons qu'elle fut noyée en Loire au mois de Frimaire an 2 (Décembre 1793).

     

      Le 27 avril 1795 (8 Floréal an 3), un certificat de décès est établi à la mairie de Nantes dont la teneur suit :

     

    «Le huit Floréal an trois de la République une et indivisible, à trois heures du soir, moi Mathurin Gaignard, officier public élu pour constater l'état civil des citoyens, j'ai transcrit littérallement le présent jugement du tribunal du district de Nantes dont la teneur suit :

     

    ''Extrait des minutes du greffe du tribunal du district de Nantes – Exposent les citoyens René Philipes, François Chevay, Claude-Alexandre Duveau Chavaignac et Hélène-Catherine-Charlotte Chevay son épouse ; suite et diligence de René Lenormand, leur fondé de pouvoir.

    Qu'il est prouvé par l'enquête faite à leur requête, le vingt huit du mois dernier, que Catherine-Magdelaine Chevay, leur tante, a été noyée avis le poste de la Sécherie, dans le courant du mois de Frimaire an second et de la manière expliquée dans la pétition que les exposants vous mirent le vingt six du dit mois de Germinal tendante à faire la preuve de leur maintient. Ce considéré, vous plaise, citoyens juger, voir la dite enquête, dire quel décès de CatherineMagdelaine Chevay, femme Moreau Duplessis, demeurant à la Châtaigneraye en Poitou, a eu lieu par la noyade, au mois de frimaire deuxième année et accorder tout acte nécessaire pour la preuve du dit décès''.

    Signé Lenormand''

     

    « Le Tribunal vu la pétition, après avoir entendu le commissaire national, dans ses conclusions motivées. Considérant qu'il est prouvé par l'enquête du vingt huit germinal dernier, que Catherine-Magdelaine Chevay, femme Moreau Duplessis a été transférée à la maison de l'Entrepôt sur une galiotte, près le Sécherie et noyée avec les autres individus, mis sur la même galiotte, dans le cours du mois de Frimaire an deux ; considérant ainsi qu'il n'a point été rapporté d'acte de décès de ceux qui ont éprouvé ce sort. Déclare que la mort de Catherine-Magdelaine Chevay femme moreau Duplessis de la Châtaigneraye département de la Vendée, est constante, et a eu lieu dans le mois de Frimaire an deux et pour lui tenir lieu de décès, ordonne que le présent soit inscrit par le greffier, sur le double registre des actes de décès de la dix huitième section de Nantes ; à la marge des actes du mois de Frimaire an deux. Arrêté à Nantes en la Chambre du Conseil, le deux Floréal l'an trois de la République Française une et indivisible, aussi signé sur la minute ; Félix Gedouin, commissaire national, Tiger, Pineaud, Bourdier, Cormier et Juguet ; enregistré à Nantes le trois Floréal an trois de l'ère républicaine par Bertrand, qui a reçu une livre.

     

    signé Blanchard, fait en la maison commune de Nantes, sous mon seing les dits jour et an. 

    Signé Gaignard. »

     

    Catherine Chavaye, noyée en Loire....

     

     

    Sources : Archives de la ville de Nantes – tous droits réservés- décès an 3, Section Voltaire et Brutus cote 1E92 – vue n°101/136. -Archives Départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés - mariages année 1762 paroisse Saint-Jacques de Clisson.-vue 5/6 et mariage 1789, vue 6/109). -Le Plessis, cadastre de la Châtaigneraie 1834 section C1 de la Pénissière. Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Décès la Bruffière année 1804, vue n°129/411. - Photo: crédit Patrimoine Maritime fluvial – Gabare la Montjeannaise.

                                                 

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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