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    Sur les chemins de Galerne... 

    A Pontigné, le curé à la tête de détachements patriotes… 

     

     

     

    Au moment de la Révolution, la cure de Pontigné est vendue nationalement le 19 messidor de l’an IV au citoyen Despoulains. L’ancien curé, J.Pineau avait été noyé à Nantes dans la nuit du 9 au 10 décembre 1793. Son vicaire, Jacques Hué était déporté en Espagne. Au Concordat, il devint desservant de Méon. C’est alors qu’une drôle d’équipe se met en place, dirigée par un sale type, le curé constitutionnel, Pierre Châtelain, ancien récollet de Doué-la-Fontaine.

    Après avoir prêté le serment, il fut d’abord élu curé de Chanzeaux mais ne pris pas ses fonctions. Elu pour Pontigné, le 29 mai 1791, il resta jusqu’au 18 mars 1794. Ensuite il se maria et tomba dans les pires excès révolutionnaires ; il commandait des détachements à la poursuite des chouans, avec une ardeur qui lui avait acquis un renom populaire, très compromis en l’an IV par son impuissance à arrêter son neveu Chartrin, chef d’une des bandes qu’on l’accusait d’éviter.

    C’est dans cette atmosphère que l’on découvre le mardi 12 messidor an 3 (30 juin 1795), le chirurgien de Pontigné « Mort, de mort violente par arme à feu » en bordure de la forêt de Chandelais, près du grand chemin de Baugé à Auverse et près de l’allée des Chevaliers, sur la commune de Lasse… Où le 21 avril 1795 (2 floréal an 3), les chouans avaient brûlé les registres de la municipalité et les rôles des impôts.

    Le chirurgien René Thiot faisait-il partie des bandes patriotes du curé ? Il y a de fortes chances. Les autorités locales baissèrent les bras et se refusèrent à toute recherche concernant les auteurs. La peur des chouans était telle que l’on ne se risquait guère à chercher. Surtout que le secteur concerné était infesté de Chouans. Les bandes de Nicolas de Lanoüe, du Vieil-Baugé, de Louis Liger, de Louis Hamelin de Baugé, de Laurent Chicoine, d’Auverse faisaient régner la terreur.

    Voici l’acte de décès de René Thiot :

     

    « Aujourd’huy douzième jour de messidor de l’an troisième de la république française une et indivisible à une heure après midi par devant moi Léonard Tourtois, membre du conseil général de la commune de Lasse et officier public est comparu Jean Pierre Devillers juge de paix du canton de Mouliherne, lequel accompagné de Louis Faucillon son greffier, âgé de cinquante trois ans, de Louis-René Thiot âgé de vingt huit ans de la commune de Pontigné et de Jacques Gaudais âgé de trente trois ans de la commune de Baugé a déclaré qu’étant instruit  par la rumeur publique que le nommé René Thiot  avoit été assassiné au lieu des Chevaliers il s’y étoit transporté et avoit dressé le procès verbal dont la teneur suit : 

    L’an trois de la république une et indivisible le douze messidor sur les dix heures du matin nous Jean-pierre Devillers juge de paix officier de police du canton de Mouliherne assisté du citoïen Louis Faucillon, notre greffier, en conséquence de l’avis qui nous a été donné qu’il s’étoit commis dans la commune de Lasse au lieu des Chevaliers un assassina en la personne de René Thiot, officier de santé, de la commune de Pontigné, nous nous sommes transportés au lieu des Chevaliers où étant arrivés y avons trouvé le citoïen Louis-René Thiot fils, Jacques Gaudais gendre du citoën Thiot père cy-dessus nommé, Anne Fouquereau, Louis Doisereau journalier, Jean Guibert tous demeurant commune du dit Pontigné à la (illisible) du citoïen Gaudais de la commune du Vieil Baugé, François Raveneau père et fils, Henri Clairet, Nicolas Imbert le dernier de la commune de Baugé présents aux informations que nous avons fait au sujet du susdit assassina pour avoir pu rien découvrir : de suite le dit Jacques Gaudais nous auroit conduit sur le bord du grand chemin où il nous auroit fait appercevoir que le dit Thiot était enterré et toujours en notre présence et du susdit dénommé de l’autre part le dit François Raveneau père et fils auroient déterré le dit corps pour le mettre dans un cercueil préparé à cet effet avoir reconnu que le dit Thiot est mort de mort violente et qu’il a été tué par arme à feu en conséquence et attendu que sa mort est connue pour avoir été assassiné par la révolution de la guerre actuelle et que toute recherches à cet égard deviennent inutiles que rien ne s’opposoit à ce que le dit corps fut inhumé suivant la forme ordinaire, nous avons comme dit fait faire une perquisition tant dans les poches d’un mauvais gilet que d’une grande culotte dont était vêtu le mort on avoit trouvé dans une des poches du dit gilet un couteau au manche de buis, un canif à manche de corne, le tout que nous avons déposé à notre greffe jusqu’à ce qu’il en soit ordonné et après le dit corps a été ensevelis et porté au bourg du dit Lasse pour y être inhumé etc... » 

     

    Formules de clôture de l’acte illisible.

     

    René Thiot était maître chirurgien à Pontigné, il avait épousé en ce lieu, le 7 janvier 1765, Magdeleine Chesneau, née le 14 septembre 1741 à Pontigné, fille de Félix Chesneau, avocat au Siège de Baugé et de Jacquine Bourguinon.

    Et pour terminer, quelques photos de Pontigné...

     

     

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- décès de la commune de Lasse. Acte de mariage de René Thiot 7 janvier 1765 Pontigné -vue n°117/172. Copie de l’acte de décès de René Thiot. Vue n°79/302 Lasse -12 messidor an 3.

    . Cadastre Napoléonien 1837 - Tableau Assemblage – commune de Lasse- 3P4/179/1- Lieu-dit les Chevaliers. 

    . Dictionnaire Historique-Géographique et biographique de Maine-et-Loire, Tome III page 258 -Célestin Port. 

    . Photo : de l’auteur. 

                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     


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    Les justifications du général Grignon (9)...

     

    8ème partie ici.

     

    « TURREAU, Général en chef de l’Armée de l’Ouest, au citoyen Grignon, chef de Brigade.

    Il est bien étonnant que tu me demande, mon camarade, s’il faut désarmer les Gardes Nationales de la Vendée. C’est mettre en question s’il est prudent d’ôter à nos ennemis les moyens de nous faire plus de mal. Croyons que dans ce maudit pays nous ne devons nous fier à personne & agissons en conséquence. J’ai reçu une croix de Saint-Louis, une calice & une patene.... Dépêche-toi de me fournir une collection complette de tous ces brinborions.

    TURREAU.

    ______________________________________________________________

     

    TURREAU, Général en chef de l’Armée de l’Ouest, au citoyen Grignon, chef de Brigade.

    Continue, mon camarade, à brûler le pays & exterminer les rébelles ; plus je vais en avant, plus je suis à portée de juger qu’il y a peu d’habitans à excepter de la proscription.

    TURREAU.

     

    ______________________________________________________________ 

    Au quartier-général, à Tiffauges, le 13 Pluviôse.

     

    J’ai envoyé un second ordre à Previgneau pour te joindre sans délai, & je le punirai sévèrement pour s’être avisé de raisonner mon ordre au lieu de l’exécuter. Je traiterai les officiers qui se permettent une telle conduite de manière à ce qu’ils s’en souviennent.

    Si, au reçu de cette lettre, tu n’as pas encore vu Previgneau, presse-le, par un nouvel ordre, à te rejoindre sur-le-champ, s’il ne veut pas payer de sa tête l’inexécution des ordres. (Etoit-il sûr de désobéir à des ordres de cette espèce ?....

    TURREAU.

    ______________________________________________________________

     

    TURREAU, Général en chef de l’Armée de l’Ouest, au citoyen Grignon, chef de Brigade.

    Tu as été trop long-tems, mon cher Grignon, à me donner de tes nouvelles ; je t’exhorte à m’en donner plus souvent, & chaque fois que tu m’écris à ne pas me demander ce que tu dois faire ; tu dois le savoir d’après mon ordre général & l’instruction particulière que je t’ai donnée. Poursuis l’ennemi sans relâche ; brûle tout ce qui pourroit être échappé à l’incendie, mais n’oublie pas que cette opération doit se faire par un détachement de ton arrière-garde, pour ne pas déranger la marche & l’ensemble de la colonne.

    TURREAU.

    ______________________________________________________________

     

    Le Général Divisionnaire Commaire à l’Adjudant-général Grignon.

    Je vous invite, citoyen, de continuer la chasse aux scélérats de cette terre proscrite, & de ne point faire de grace à aucun d’eux ; sur-tout emparez-vous de tous les Chefs de Commune & des gens suspects ; ne leur faites pas plus de grace qu’à des bêtes féroces ; faites rentrer, autant qu’il sera possible, dans les greniers de la République, toutes les récoltes : nous sommes infectés du grand nombre de ces scélérats qu’on nous envoie de toutes pars ; moins vous nous en enverrez, plus de bien vous ferez à la République.

    COMMAIRE.

     

    ______________________________________________________________

     

    TURREAU, Général en chef de l’Armée de l’Ouest, au citoyen Grignon, chef de Brigade.

    Je reçois mon cher Grignon, ta lettre en date d’hier ; plus l’ennemi est éparpillé & moins il faut lui donner de relâche. Ne reste donc à Argenton que le moins de temps possible, ainsi qu’à Bressuire, & sur-tout brûle l’un & l’autre ; n’épargne pas un moulin ni un four dans ta route ; mais, je te le répète, que ces opérations destructives soient faites par un piquet détaché de la queue de ta colonne, pour que l’ordre & l’ensemble de ta marche n’en soient point troublés.

    Après Bressuire, tu te porteras sur la forêt de Vesins, & tu la fouilleras scrupuleusement ; quant à moi....

    TURREAU. »

     

    On peu se demander si cette rapidité de déplacement demandée par Turreau ne cache pas en fait la crainte de voir ses troupes encerclées par les Vendéens sur un point où elles seraient stationnées trop longtemps. Rien ne semble logique dans le plan de Turreau. Traverser un territoire ennemi en un éclair n’apporte rien si on ne parvient pas à se débarrasser de l’ennemi.

    _____________________________________________________________

    « TURREAU, Général en chef de l’Armée de l’Ouest, aux Citoyens composant le District de la Rochelle.

    _____________________________________________________________

     

    CITOYENS ADMINISTRATEURS,

     

    Les brigands qui s’étoient répandus sur la rive droite de la Loire, sont anéantis ; il ne nous reste plus qu’à purger entièrement le premier théâtre de leur fureur.

    J’ai donné les ordres nécessaires pour que la Vendée soit traversée par douze colonnes, chargées de faire en tous lieux la fouille la plus scrupuleuse (30) ; mais, malgré toutes les précautions que j’ai prises, quelques-uns de ces scélérats pourroient s’y soustraire, en cherchant dans les Départements voisins un asyle, si vous ne secondiez, de la surveillance la plus active, les mesures que j’ai adoptées.

    Je vous invite donc, Citoyens Administrateurs, à prévenir sur-le-champ, par une circulaire rédigée à cet effet, toutes les Municipalités limitrophes du pays, autrefois occupé par les rébelles, qu’elle ayent à tenir les Gardes nationales dans la plus grande activité de service, faire arrêter toutes les personnes venant de cette contrée, & à éclairer, la nuit comme le jour, par des patrouilles fréquentes & nombreuses, les lieux enivronnans.

    TURREAU.

     

    ______________________________________________________________

     

    VIMEUX, Général en chef, au Citoyen

    Grignon, Général Divisionnaire.

     

    Je te fais passer, mon cher camarade, dix exemplaires de l’arrêté pris par les Représentans du Peuple près l’armée de l’Ouest, en date du 12 thermidor, relatif aux moyens propres à assurer l’exécution des arrêtés du Comité de Salut public, sur la guerre dite de la Vendée ; tu voudras bien en surveiller l’exécution avec la plus scrupuleuse exactitude ; tu en feras donne connoissance à toutes les troupes (Grignon aa, sur cet objet, plus de 50 pièces justificatives.)....

    Lorsque je t’ai demandé précédemment de connoître tous tes mouvemens, même ton inaction & les motifs, je cherchois à te stimuler pour opérer journellement d’une manière fructueuse, & à t’engager à ne pas te contenter des sorties & reconnoissances bornées aux environs des camps ou cantonnemens. Je t’invite donc, mon camarade, & j’attends de ton zèle pour la chose publique, que tous les jours tu prendras des mesures pour trouver & attaquer les brigands ; c’est en les harcelant sans cesse que nous parviendrons à terminer cette guerre, qu’il faut absolument finir dans peu de temps : marche donc tous les jours sur eux ; que chaque jour boye diminuer leur nombre, & apprends(nous enfin chaque jour que tu les as attaqués & et que tu as détruit quelques-uns des scélérats résistans en armes à la volonté nationale.

    VIMEUX.

     

    ______________________________________________________________

     

    Représentans du Peuple, Membres du

    Comité de Salut Public.

     

    Les citoyens Maires, Officiers Municipaux & Notables Citoyens des Districts de Saumur, Villiers (Vihiers plutôt) & Thouars, avoisinant la Vendée,

    Vous exposent que, depuis près de trois ans, ils sont exposés aux fureurs des brigands de la Vendée ; qu’une multitude infinie de bons Républicains ont péri de leurs coups ; que d’autres ont abandonné leurs propriétés pour se soustraire à la mort ; que la majeure partie de leurs maisons ont été incendiées, leurs meubles, bleds, vins & bestiaux volés ;

    Que pendant le temps que le Général Grignon commandoit dans leurs contrées, ils ont été protégés ; que maintes fois il est venu à leur défense, principalement à Brissac, Doné (Doué), Vesins, Neuil (Nueil) près Passavant, Thouars, Noirlieu, Argenton-le-Peuple, la Fougereuse (31) & et les environs, ou il s’est battu & a repoussé l’ennemi ; que depuis que ce général a été mis en arrestation, les brigands continuent leurs incursions, tuent, volent & brûlent tout ce qu’ils rencontrent ; que ses connoissances locales & la bravoure l’ont fait & le font regretter ; qu’il seroit avantageux au bien public que ce Citoyen, en qui ils ont toute confiance, fut rappelé & renvoyé à sa place, pour contribuer à achever l’affreuse guerre qui a tant causé de deuil à la République & dont la fin paroît se prolonger. Représentans, rendez donc le Général Grignon à nos voeux ; imposez-lui la tâche d’exterminer, dans un court délai, les brigands. Nous connoissons son intrépidité & son courage ; nous ne doutons point que ses progrès ne répondent à notre attente & ne vous donnent toute la satisfaction que puissiez espérer.

    Signé de douze communes. »...

     

    Grignon semble avoir une affection toute particulière pour la Fougereuse dont il est question dans cette dernière lettre. En effet, le 15 octobre 1793, il se vante d’avoir brûlé entièrement le bourg et de n’avoir laissé sans « excepter une seule maison ». Voir ici.

    On pourra douter que les habitants du lieu aient été aussi heureux que cela de ses services...

    « Je soussigné, envoyé par Baudesson, Agent en chef à Argenton-le-Peuple, certifie avoir sorti des magasins que le Général Grignon y avoit établi, une nombreuse quantité de grains sur les places de Bressuire, Thouars, Doué & Saumur ; que ses magasins s’y sont renouvelés sous ses ordres ; que sa colonne y a été presque totalement approvisionnée en vivres & fourrages, provenans du territoire Vendéen ; que de plus, le 3 Pluviôse dernier, il établit un magasin a Bressuire, qui a totalement été évacué sur Thouars & Saumur.

    Saumur, le 27 Frimaire, an troisième,

    Signé, AUBRY. »

    Cette lettre du 27 frimaire de l’an III, soit du 17 décembre 1794 nous rappelle que Grignon avait établi un magasin à Bressuire « le 3 pluviôse dernier », soit le 22 janvier 1794, le jour même où il est donc arrivé dans cette ville, au tout début de sa première « promenade militaire ». Bressuire sera incendié le 14 mars, sur ordre de Turreau. Ce qui explique sans doute l’évacuation des grains vers Thouars et Saumur. On comprend là aussi aisément que les patriotes du cru n’aient pas trop apprécié la mise en cendres de leur ville.

    « Je soussigné, certifie qu’à la connoissance, le Général de Brigade Grignon, a fait passer plusieurs caissons de femmes & enfans qui ont été déposés, tant à Doué qu’à Saumur, dans différentes maisons, telles qu’à l’Hôpital de la Providence de Doué & dans différentes maisons de particuliers qui s’en sont chargés, & que le reste a été envoyé à Saumur ; que de plus, j’ai connoissance que les conducteurs des dites femmes & enfans étoient chargés, par le Général Grignon, d’en avoir le plus de soin possible, ce qui à ma connoissance a également eu lieu.

    Fait à Chinon, le 4 Frimaire, troisière année républicaine, une & indivisible.

    GUILLEMETTE, Commandant.

    (Grignon a sur cet objet encore plus de 100 pièces justificatives.)

    ______________________________________________________________

     

    Je soussigné, Officier de Santé des Prisons & Maisons d’arrêt du Département de Paris, certifie que le Citoyen Louis Grignon, Général Divisionnaire de l’Armée de l’Ouest, détenu en la Maison d’arrêt, dite le Luxembourg, est attaqué d’une douleur de sciatique, depuis l’hiver dernier, douleur survenue à la suite de cinq mois de bivouac dans la Vendée laquelle est si considérable, qu’elle l’empêche de dormir, & même de se retourner dans son lit, seul, & la jambe & la cuisse sont toujours dans un grand engourdissement ; en conséquence, je pense que le Citoyen Grignon a besoin d’un traitement convenable à son état, d’une personne pour le servir auprès de lui, & d’un endroit bien chaud, chose qu’il n’est pas possible de se procurer dans les Maisons d’arrêt.

    Délivré au Luxembourg, ce 5 nivöse, an troisième de la République, une & indivisible.

    SOUPÉ

     

    ______________________________________________________________

    ______________________________________________________________

     

    De l’imprimerie de la Citoyenne HERISSANT,

    rue de la Raison, en la Cité.

     

    L’histoire ne dit pas si les soldats de Grignon, qui n’avaient la plupart du temps ni pain ni soulier, ont eux-aussi souffert de sciatiques durant leurs mois de bivouac...

    RL

    Août 2020

     

     

    FIN

     

     

     

    Note :

    (30) On sait aujourd’hui que les douze colonnes infernales n’étaient que dix. La première, commandée par Prévignaud, n’a pas pu en former de seconde et elle était d’un effectif très faible. Idem pour celle commandée par Moulin, sur les bords de la Loire.

     

    Les justifications du général Grignon (9)....

     

     

     


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    Sur les chemins de Galerne... 

    Le capitaine Franc-Coeur du Guédeniau, vous connaissez ? 

     

     

     

    Le Capitaine Franc-Coeur....Germain Foussard est né le 27 mai 1774 à Bocé en Anjou, près de Baugé. Il est le fils de Germain Foussard, closier, et de Marie Talluau. Lui même cultivateur et cabaretier au bourg du Guédeniau*, il commence à chouanner dès 1794 et prend le nom de guerre de Franc-Coeur.

     

    *Le Guédeniau est un joli petit village situé près de la forêt domaniale de Chandelais, entre Mouliherne et Baugé.

     

    Il participe à des coups de mains, contre les patriotes dans ce secteur sauvage et boisé en 1794, 1795, 1796, 1799 et 1800 et se met sous les ordres de Henri-René Bernard de la Frégéolière, revenu d’émigration et rescapé de Quiberon, qui le nomme capitaine en 1799. Il fait partie de la Division de cet Officier, le 5ème corps de l’Armée Royale de l’Ouest.

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    En 1794, il reçoit une première blessure grave au combat du Bouchet* et une autre à Foulletourte dans la Sarthe en 1800.

     

    * Le château du Bouchet à Lasse, situé en bordure de la forêt de Chandelais ? 

     

    Célestin-Port, dans son dictionnaire historique, ne parle d’aucun combat s’étant déroulé près du château du Bouchet sur la commune de Lasse, peut-être un coup de main oublié, envolé avec le vent de Galerne ?

    Après 1800, Germain Foussard range son sabre et sa carabine et s’installe comme cabaretier au bourg du Guédeniau. Il en profite pour se marier avec Marie-Anne Bertrand le 29 septembre 1806 et de cette union est issu Germain-Pierre Foussard, né le 29 juin 1809.

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Devenu veuf  le 7 février 1816, il épouse à Pontigné, le 22 avril 1817, Geneviève Fourrier, née le 9 mars 1785 à Marcilly-sur-Maulne. Le 25ème jour de juin 1824 à 11 heures du matin, il  établit un certificat de notoriété devant le Juge de Paix du canton de Baugé, en ayant recours aux témoignages de trois camarades de combat :

     

    « Est comparu le Sieur Germain Foussard, domicilié commune du Guédeniau, en ce canton lequel nous a dit avoir fait partie des armées Royales de l’Ouest dans les années 1794, 1795, 1796 et 1800 dans la Division Bernard (Bernard de la Frégéolière) faisant alors partie du 5ème corps d’armée ditte de la rive droite de la Loire, qu’il fut en raison de ses bons et loyaux services fait capitaine dans la division précitée en 1799, que par les justes motifs il désirait jouir des bienfaits résultants de l’Ordonnance Royale datée du 3 décembre 1823, il avait fait comparaître trois témoins etc... » 

    « Louis Martin, âgé de quarante huit ans, tisserand, demeurant commune de Lasse, canton de Noyant, lequel nous a dit qu’ayant servi dans les armées royales  de l’Ouest dans les mêmes compagnie et Division et mêmes années que celles ci-dessus énoncées, il avait parfaite connaissance que le dit sieur Foussard a été ainsi qu’il a été relaté plus haut blessé au combat du Bouchet et de Foulletourte, qu’il est a sa parfaite connaissance que le sieur Foussard y fut blessé et retiré des rangs pour recevoir des soins que ses blessures exigèrent et transporté en lieu sûr. » 

    « Louis Fronteau, âgé de cinquante et un ans, domicilié de la commune de Pontigné en ce canton lequel nous a dit qu’il a fait comme soldat dans la compagnie ditte Chartrain Division, illisible, fait partie des armées royales de l’Ouest dans les armées ci-dessus désignées, qu’il était présent au combat du Bouchet et de Foulletourte et qu’il est réellement vrai que le Sieur Foussard a reçu deux blessures dans ces affaires a déclaré ne savoir signer, de ce enquis. 

      Etienne Goyau, âgé de quarante neuf ans, cultivateur dans la commune de Lasse canton de Noyant, nous a affirmé qu’ayant servi dans les armées royales  de l’Ouest dans les mêmes compagnie et Division et mêmes années que celles ci-dessus énoncées, il avait parfaite connaissance que le dit sieur Foussard a été ainsi qu’il a été relaté plus haut blessé au combat du Bouchet et de Foulletourte auxquels il se trouvait en personne et a de plus déclaré ne savoir signé de ce enquis. » 

     

    Constat des blessures :

     

    « Je soussigné Docteur en médecine de la Faculté de Paris, demeurant ville de Baugé, département de Maine et Loire, atteste que le nommé Foussard Germain, ex-capitaine de l’armée royaliste de l’Ouest, porte à la région lombaire droite une cicatrice qui résulterait d’un coup de feu, et qu’il est en outre atteint d’un engorgement variqueux du cordon spermatique gauche, accident qu’il a contracté au service de la dite armée et qui peut par son accroissement, le mettre dans l’impossibilité de gagner sa vie. 

    Baugé le 29 mars 1824.  

    signé : Mauger. » 

     

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Le Capitaine Franc-Coeur....

    Le Capitaine Franc-Coeur....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- registres paroissiaux et registres d’état civil du Guédeniau, de Bocé, de Pontigné 

    . Dossiers Vendéens class 1 M9/164. Germain Foussard. Copie de ses états de services délivrés par Henri-René de la Frégéolière (Dernière pièce du dossier). 

    . Carte de Cassini 1744 Lexilogos –  secteur du Guédeniau. 

    . Photo de l’auteur : Le Guédeniau  près de Baugé (Maine-et Loire). 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les chemins de « Galerne »… 

    et le trait acide de la rentrée. 

     

     

     

    Une rentrée un peu essoufflée, (Les Vendéens marchent assez vite…),  en poursuivant Royrand* entre Suette et Baugé,… au sujet de Royrand, je laisse la parole à la « Maraîchine » ici

    Et je pense que vous attendez tous un petit bilan de ma sortie détection ?

    Les chemins de Galerne peuvent réserver bien des surprises.  En détection, vous avez plusieurs solutions d’où dépendra le résultat :

     

    1° Vous fournissez un travail sérieux d’étude sur les évènements historiques en rapport avec ce que vous cherchez. Vous vous penchez sur une carte de Cassini, sur une carte d’état major et vous observez les points particuliers. Ensuite vous vous déplacez sur le terrain en observant les caractéristiques du paysage en vous mettant dans la peau d’un officier de l’époque : « Qu’aurais-je fait à l’époque avec les hommes placés sous mon commandement dans telles circonstances ? » choix de l’itinéraire, du cheminement, de la formation, éclairage de l’armée avec mes cavaliers et en tenant compte des évènements imprévus. »

    Une fois que vous avez sélectionné l’endroit de vos investigations, il faut demander les autorisations aux propriétaires des terrains que vous voulez explorer. C’est l’opération la plus délicate. Le contact avec le propriétaire (lorsqu’il est sympa) peut vous apporter de précieux renseignements historiques, sur des lieux où il a été déjà découvert des objets, des balles, des pièces de monnaie etc... Dans ce cas de figure, vous avez de grandes chances de trouvez quelque chose, ce qui vous aidera à localiser le lieu d’un combat.

     

    2° Vous obtenez un renseignement très précis d’un propriétaire qui vous autorise à évoluer sur ses terres et vous vous mettez d’accord sur les modalités de partage des artefacts. Dans ce cas de figure, vous avez l’esprit tranquille, le lieu est clairement identifié, vous avez toutes les chances de trouver quelque chose d’intéressant et de ne pas rentrer en ayant fait buisson creux. Encore que, il m’est arrivé d’avoir obtenu quelque chose de très précis, de chercher, accompagné du maître des lieux, et de ne rien trouver.$

    3° Le prospecteur part à la billebaude sans rien demander à personne, souvent en forêt, pour une question de discrétion. Il travaille ou ne travaille pas sur des documents précis et recherche tout objet métallique. Le bilan moyen d’une matinée de prospection : quelques balles de fusil, beaucoup de pièces de monnaies modernes, d’autres plus anciennes, perdues par des promeneurs, sous le règne de Henti IV, de Louis XIV, des bijoux quelquefois.

    La découverte du « gros magot » est possible en forêt, même si l’on part au hasard… mais aussi des capsules couronnes en grande quantité. L’inconvénient c’est que vous pouvez toujours tomber sur le propriétaire, qui en général n’est pas content et vous demande l’objet de votre présence et vous intime l’ordre de quitter les lieux. Parfois ça ne se passe pas trop mal, s’il est vraiment sympa, vous avez l’autorisation de continuer. Ou bien il appelle les gendarmes et c’est moins agréable. Vous avez le choix , c’est vous qui voyez.

    Partir à la billebaude est parfois très excitant surtout lorsque vous trouvez quelque chose, c’est vraiment de la découverte, le : «  pas vu pas pris. » Vous pouvez par la suite demander l’autorisation du propriétaire, car vous savez qu’il y a quelque chose. Vous partez donc gagnant. En règle général, les chances de réussite s’apparentent à la « roulette russe », mais il arrive de trouver des choses intéressantes... Personnellement je préfère m’entendre avec le propriétaire, c’est plus sûr et moins dangereux.

      Dans vos recherches, n’oubliez pas les vieux murs, ils ont servi d’écran aux balles et vous en trouverez d’écrasées à leurs bases. D’autre part ils ont servi tout au long de l’histoire de refuges à de nombreux magots ; mais aussi les fontaines, les puits, les anciens fours à pain et les talus.

     

    Et si nous parlions des propriétaires ?

     

    Mon meilleur souvenir sur les « Chemins de Galerne ?

    Il m’est arrivé, il y a plus de vingt ans, dans l’exercice de mes fonctions, de rencontrer le propriétaire (aujourd’hui décédé) d’un château, un descendant de la noblesse du Royaume de France. Vous vous imaginez la rencontre d’un descendant de laboureurs Vendéens avec celui de Grands Seigneurs… Un Monsieur d’une extrême gentillesse, au cœur généreux, d’une courtoisie exquise. J’ai obtenu l’exclusivité de prospecter seul sur toutes ses propriétés. Il m’avait simplement demandé de le rencontrer, lorsqu’il était présent sur ses terres, après chaque détection, afin que nous puissions converser dans ses appartements privés. « Vous aimez mon château, je le sais » me disait-il !

    A chacune de mes visites, le régisseur nous apportait sur un plateau d’argent, deux verres et une bouteille de Bordeaux et Mr ….. avait la délicatesse de tourner la bouteille afin que je ne puisses lire la provenance du nectar… Je savais après, par le régisseur, l’origine du breuvage… Cela aura été les seules occasions de ma vie de goûter à de tels vins, ainsi qu’à ceux servis au repas de chasse à la fin de chaque année, en petit comité, au château.  Vous voyez qu’il existe des propriétaires sympas.  Pendant ces vacances 2020, sur les Chemins de Galerne, j’ai étoffé ma collection d’une bonne vingtaine de balles, d’une monnaie de 12 deniers Louis XVI - lettre T, atelier de Nantes, d’une boucle  (médiévale ?) et d’un petit Louis d’argent (3 livres) - Louis XV – 1720 - lettre d’atelier A (Paris).

    Les Chemins de Galerne....

     

    C’est incroyable comme on peut se faire plaisir et avoir encore la possibilité de s’évader de la dictature républicaine qui continue de nous broyer depuis 1789 ; respirer l’air pur sans masque, que du bonheur ! Au sujet du masque, ça marche ! Nous sommes en train de passer de la terreur terroriste à la terreur sanitaire… et l’oligarchie est en train de nous lobotomiser pour la deuxième vague de mensonges, bientôt la peste bubonique ? L’apparition d’un frelon géant avec d’énormes glandes, pleines de venin mortel, ne s’attaquant qu’aux vieux ? C’est tellement gros, qu’on ferait un carton au niveau crédulité.

    En cette fin d’année 2020, je l’avoue, je deviens aigre, je reste sans voix devant la jobardise de la majorité des Français (85% d’après un dernier sondage) : plus le mensonge est gros et plus ça passe. Comment une collectivité peut-elle en venir à prêter foi à des informations fausses, en basculant dans une sorte de délire collectif ? C’est le grand mystère de l’abrutissement généralisé, comme disait  Albert Einstein : «  Ce qui différencie la connerie de l’intelligence, c’est que l’intelligence a ses limites. »

    Pour clôturer, avec cette rentrée nous continuerons donc à dénoncer la république et à la décrire telle qu’elle est, par ses propres écrits et ses actions génocidaires en Vendée et ailleurs. Nous nous abstiendrons de faire des commentaires qui pourraient être jugés calomnieux envers les personnes et nous ne nous laisserons pas emporter par une envie de nous défouler.

    Nous resterons donc froids et nous ne nous baserons, comme à l’habitude, que sur des faits avérés. Je dirais que, plus que le covid19, il faut avoir peur et craindre cette république et cette gouvernance illégitime, que de crimes commis !

    Les plaisirs simples, il n’y a que ça de vrai et de profond. Dieu, le Roy, la Famille ! Les Français et le Roi, ce n’est qu’une Histoire de Famille, une vie entre-soi.

     

      Bonne rentrée à vous tous, et REMBARRE !

     

    Source : 

     

    . Photo : de l’auteur. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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