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    Le confinement, Chemins secrets et les Amis du Pont-Paillat...

     

    Il n’est pas évident de tenir un blog quand le thème principal de celui-ci est l’étude d’événements historiques sur le terrain et qu’il est interdit de sortir de chez soi ; et bien plus compliqué encore d’animer des journées dans cette campagne vendéenne que nous aimons tant. Je sais que ces sorties manquent à certains d’entre vous et nos veillées ont pâti de cette situation ubuesque, conséquence directe d’une mondialisation qui était soi-disant l’avenir et qui le sera encore malheureusement, car j’ai bien peur que cette crise ne change rien. Le monde de la finance ne réfléchit pas à long terme mais selon l’avidité de spéculateurs qui se moquent bien des conséquences d’une épidémie au nom de laquelle on euthanasie les vieux et on piétine les libertés fondamentales de millions de gens.

    J’aurais pu décider de cesser d’alimenter ce blog, le temps que passe la crise, mais je n’ai absolument aucune confiance en ceux qui gouvernent le pays et je suis presque certain que ce confinement n’est qu’un galop d’essai en vue de privations de libertés bien plus grandes encore à l’avenir et dont le coronavirus n’est qu’une vitrine de ce que le pouvoir nous réserve. Il faut donc s’habituer à la situation mais je vomis cette société et je m’y sens de moins en moins à ma place, ne me sentant plus concerné par quoique ce soit comme revendications ou annonces de tous bords. Fort heureusement, il reste un petit îlot préservé où l’on trouve encore un peu de convivialité et de franche amitié. Ce refuge, c’est vous, les « Amis du Pont-Paillat » et aussi les lecteurs de ce blog, dont la fréquentation se maintient toujours depuis dix ans. Nous avons pu nous rencontrer virtuellement en visioconférence vendredi soir pour certains d’entre vous et je vous incite à multiplier ce genre d’initiatives dans les jours qui viennent, ne sachant pas pour le moment quand nous pourrons ressortir sur le terrain, ni même si nous pourrons le faire sans avoir affaire à une quelconque « gestapo » orchestrée par nos clowns parisiens. Perte d’argent pour ceux qui travaillent (si, si ça existe encore, des gens doivent encore travailler pour vivre, je vous le confirme !), perte d’affection pour ceux qui sont seuls, et enfin perte des repères religieux pour les croyants qui ont besoin d’être en communion avec Dieu. Ce blog, disais-je, va donc continuer avec toute la matière que je trouverai dans les archives et les traditions orales, mais aussi avec les articles de ceux qui seront volontaires pour apporter leur pierre à l’édifice.

    En attendant de vous retrouver sous de meilleurs auspices, je vous souhaite à tous une bonne soirée et surtout un bon moral dans cette épreuve qui nous attriste tous.

     

    RL

    Mai 2020

     

     

    Le confinement, Chemins secrets et les Amis du Pont-Paillat....

     


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    Le confinement à La Chapelle-Largeau vu par Anne-Dauphine, membre des Amis du Pont-Paillat...

     

     


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    Les landes de Corprais...

     

     

    C'est ici, aux limites des communes des Brouzils et de Saint-Georges-de-Montaigu que Turreau fit établir un camp pour ses colonnes infernales, où l'on retrouve un certain adjudant-général Pierre Vidalot du Sirat, dit "Dusirat". Au 28 mai 1794, sous le généralat en chef de Vimeux les effectifs du camp sont de 1 400 hommes (SHD B 5/10-1, 2ème tableau, p. 8., v. 6/26).

     Plus aucune trace de camp, bien entendu, dans ce qui était à l'époque une morne étendue désolée comme en atteste le cadastre napoléonien des Brouzils...

     

    RL

    Février 2014

     

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

     

    Je complète cet article en livrant un article d’Henri Bourgeois paru dans la « Vendée Historique et Traditionniste » nouvelle série, numéro 4, avril 1909, AD85, 4 num 499 13, v. 100 à 104/354.

    « Récits de la « Grand’Guerre »

    Aventures de deux petits orphelins de l’Herbergement

    Le bon curé Hillairet avait puisé à plus d’une source et j’aurai encore à écouter bien des « histoires » du temps de la « Grand’Guerre », si je voulais reproduire toutes celles pieusement recueillies par lui, d’après le témoignage des anciens de sa paroisse. Mais, comme cela me cantonnerait un peu trop dans la même région, je dois faire un choix et me borner, sauf à revenir plus tard à cette précieuse mine. Toutefois, avant de passer à un autre coin de la Vendée Militaire, je ne puis résister à la tentation d’emprunter encore aux notes inédites de mon vieil ami le dramatique récit qui va suivre. Je le reproduis textuellement, dans sa rédaction naïve, tel qu’il fut dicté à l’abbé Hillairet par une ancienne de la Rabatelière, Hortense Guillemaind :

    « Dans le temps de la Grand’Guerre, mon grand-père Sauvaget demeurait, avec sa femme, à l’Herbergement. Ils avaient deux petits enfants : la petite fille, qui se nommait Madeleine, avait neuf ans, et le petit garçon, trois ans seulement. Les landes de Corprais entre les Brouzils et Saint-Georges-de-Montaigu, leur servaient de refuge. C’est là qu’ils se sauvaient quand ils apercevaient les Bleus.

    Un jour, la mère et les deux petits enfants, qui s’y trouvaient cachés, furent surpris par un détachement. Quelques coups de sabre et de baïonnette jetèrent la pauvre femme mourante entre ses deux petits orphelins. La frayeur les avait empêchés de fuir, et longtemps ils restèrent à pleurer auprès du cadavre de leur mère.

    D’autres soldats vinrent à passer et, plus humains que les premiers, leur dirent : « Que faites-vous là ? Votre mère est morte ; vous voyez bien qu’elle baigne dans son sang. Allez-vous-en ! sauvez-vous ; ne restez pas ici ! »

    Et les deux enfants s’en furent, mais sans savoir où ils allaient.

    La petite fille portait son petit frère à son cou. Ils rencontrèrent une femme qui les reconnut et qui leur dit :

    - Te voilà, ma petite Madeleine ?

    - Oui.

    - Où es ta mère ?

    - Elle est morte. Les Bleus l’ont tuée et nous on dit de nous sauver.

    - Ah ! ma pauvre petite, qu’allez-vous devenir ? Je ne puis pas vous emmener avec moi ; vous n’iriez pas assez vite et vous me feriez prendre. Allez-vous-en comme vous pourrez ! (Hélas ! le malheur rend quelquefois égoïste !)

    A la nuit, les deux pauvres petits arrivèrent au village de la Boralière : ils étaient si fatigués qu’ils n’en pouvaient plus. Les gens du village les reçurent avec charité, leur donnèrent à manger et les couchèrent.

    Au milieu de la nuit, ils entendirent du tapage. On criait partout : « Les voilà ! les voilà ! voilà les Bleus ! sauvons-nous ! »

    Et chacun de se sauver comme il pouvait !

    Les deux enfants furent oubliés et restèrent dans leur lit. Ils n’eurent aucun mal.

    Le lendemain, la petite Madeleine, après avoir fait sa prière et fait faire le signe de la croix à son petit frère, se remit en route avec lui, et ils s’en allèrent bien loin.

    Ils trouvèrent quelqu’un qui était boulanger et qui leur donna à manger. Après il leur dit : « Sauvez-vous maintenant comme vous pourrez ! »

    En chemin, ils rencontrèrent leur père :

    - Ah ! vous voilà, mes deux petits enfants ! Où est votre mère ?

    - Les Bleus l’ont tuée quand vous nous avez quittés.

    - Ah ! mes chers petits, qu’allez-vous devenir ? Moi, je ne puis rester avec vous.

    Le camp de Bleus était à Montaigu, à peu de distance. Ils se quittèrent et s’en allèrent chacun de leur côté.

    Ils rencontrèrent une femme qui les reconnut :

    - Ah ! mes pauvres petits, vous devez être bien fatigués ! Ma petite Madeleine, où est-elle, ta mère ?

    - Elle est morte, les Bleus l’on tuée !

    - Eh bien ! vous allez venir avec moi ; nous ferons comme nous pourrons !

    Elle avait du pain qu’elle leur donna à manger, et tous trois s’en allèrent dans les landes de Corprais.

    Les Bleus les y trouvèrent. Il y en eu un qui donna un grand coup de sabre sur l’épaule de la femme. Elle tomba dans une rigole de fossé. Les Bleus s’en allèrent.

    Il y en avait un pourtant qui voulait retourner pour voir si elle était bien morte. Il voulait la tuer tout à fait, et les deux petits enfants, qui étaient à côté d’elle, les entendaient parler. Un de ses camarades lui dit : « Ne vois-tu pas qu’elle est morte ? Elle ne bouge plus ; laisse donc ces deux petits ! »

    Quand ils furent plus loin, la femme leur demanda :

    - S’en vont-ils ?

    - Oui.

    - Sont-ils rendus loin ?

    - Non.

    Un moment après, elle leur demanda encore :

    - Sont-ils rendus loin ?

    - Oui.

    Elle commença à relever sa pauvre tête. Elle aperçut qu’ils étaient rendus bien loin. Elle se releva et se mit à marcher, malgré les grandes souffrances qu’elle devait endurer.

    Ils arrivèrent au village de la Boralière, où ils se reposèrent pendant quelques jours. Une fois qu’on y était à boulanger, on crie tout à coup : « Les Bleus ! les Bleus ! » On laissa le pain dans le four et on se mit à se sauver !

    Et la naïve narration d’Hortense Guillemaind se termine ainsi :

    Et penser que cette vie a été menée pendant des années et des années ! »

    Article publié également sur le Blog de ma femme ici.

    Il n’y a aucun village du nom de La Boralière sur le territoire cité mais je pense qu’il s’agit de celui de « La Baraillère » dépendant des Brouzils. Voici sa situation par rapport aux Landes de Corprais sur la carte IGN de Géoportail :

     

    Les landes de Corprais....

      

    Article connexe ici.

     

    RL

    Mai 2020

     


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    Du gibier ?

     

     

    Dans l'histoire il est souvent fait état de la part de certains d'une animalisation de leurs adversaires. Un des plus célèbres exemples étant le film de Fritz Hippler "Le Juif éternel", lequel compare les juifs à des rats.

    Les inconditionnels de la pureté et de l'innocence de la gueuse, hurlent bien sûr à l'infamie, lorsque nous évoquons la responsabilité de ce régime dans les crimes qui sont arrivés suite à son avènement. Pourtant en furetant dans les archives du SHD, cherchant tout autre chose, j'ai eu la surprise de découvrir une lettre écrite par un certain Prieur commissaire aux écritures de l'hôpital militaire de Thouars et accessoirement ingénieur géographe pour le cadastre des Deux Sèvres, en date du 27 août 1794 et destinée au président de la convention.

    Porté par un lyrisme des plus profond, cet individu démarre sa lettre en évoquant les braves défenseurs et autres respectables cultivateurs dont le patriotisme est connu, comme hachés et mutilés horriblement, laissant tout derrière eux pour éviter tant que faire se peut, "supplice, rage, fureur et désespoir des brigands". Outre le fait qu'il opère une inversion de culpabilité (chose typique de ceux qui n'ont rien à se reprocher), ce triste sire propose plusieurs points à travailler pour assurer le salut de la nation, points qui seront traités dans un autre article. Le seul point qui sera évoqué ici est sa proposition d'une méthode pour combattre les brigands, méthode qui montre bien les considérations humanistes que la raie publique avait pour les insurgés.

    Il propose tout simplement d'appliquer aux enfants, femmes et hommes , "Les moyens qu'employaient les ci devant princes et seigneurs dans la chasse aux cerfs, que l'on se rappelle avec quelle économie, ils ménageaient leurs chiens pour ne point laisser de repos à la bête qui faisait le sujet de la chasse et pour ne pas fatiguer toute la meute à la fois. Employons donc par la même comparaison, la même marche pour combattre les brigands".

    Ce très courageux homme dans ce courrier, se signale par ses éloges  de Robespierre qualifié de tête orgueilleuse et de ses partisans, qui ont ignoré ses propositions. Comme indiqué cette lettre a été écrite le 27 août, Prieur est donc dans ses propos d'un incroyable courage, pour vomir sur un aussi triste sire que lui, mais trépassé depuis déjà un mois.... On se croirait en pleine déstalinisation avec les gentils anti-Robespierre d'un coté, et les sanguinaires de l'autre. A savoir que les "déstalinisateurs" en 1956 en même temps qu'ils officialisaient la fin du culte du petit père des peuples, lançaient leurs hordes de chars sur Budapest.

    Je vous invite à vous rendre sur le site des archives départementales de la Vendée ou vous pourrez consulter ce document qui montre bien que les Robespierre et Turreau sont les arbres qui cachent la forêt, du crime républicain.

    L'animalisation des adversaires est-elle une arme de propagande qui sera encore utilisée à de nombreuses reprises dans l'histoire, pour alléger la conscience de certains ?

    La réponse leur appartient.

     

    La cote d'archive de ce document est le SHD B5/10-37 ( sur la visionneuse pages 6, 7 et 8)

     

    Pierre Périeau, pour Chemins secrets

    Mai 2020

     

     

    Du gibier ?

     


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    Révélations sur les commandants des Colonnes Infernales... 

    (Deuxième partie)

     

     

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (2)....Deux généraux veillant à leurs propres intérêts, dissimulent la réalité et guident notre regard dans une certaine direction et pas dans une autre.

    Ils mentent par omission en oubliant volontairement de mentionner les massacres, vols, viols, incendies, pillages… et s’abstiennent de dire toute la vérité sur leurs auteurs, qui sont-ils ?

    Soyez rassurés, les complices des assassins ont une excellente carte de visite, une réputation inoxydable : ce sont de bons républicains.

     

    Le général en Chef  Vimeux, réputé pour être clairvoyant et ses troupes pour n’exercer aucunes exactions sur la population Vendéenne :

     

    « J’ai mis à chacun de ses officiers la note que ma conscience m’a dictée et d’après les renseignements que j’ai pris sur leur compte. » 

     

    « Antoine Vimeux, est âgé de 57 ans, né à Amiens département de la Somme, domicilié à Amiens jusqu’à son entrée en service. - 32éme Régiment cy-devant Bassigny – Garnisons : Brest, Tours, Wissembourg, Mayence, La Vendée, et Nantes.- Soldat le 14 mars 1753, sergent en 1760, porte drapeau en 68, sous- lieutenant en 1778, capitaine en 86, en 1791, lieutenant-colonel, en 1792 chef de brigade, en 93 général de brigade, en 93 à Mayence et général divisionnaire.- aucun emploi avant son entrée en service, son père est charron. »  

    Malgré ses services en Vendée et à Nantes, il semble ne pas être au courant des évènements, il dira : « Je ne savais pas. »

     

    Le général Jean-Baptiste-Camille de Canclaux a été suspendu de ses fonctions le 29 septembre 1793 après un combat à Clisson et un succès à St Symphorien en Vendée et se retire au château de Saussay à Ballancourt-sur-Essonne (Oise). Il est réintégré le 8 octobre 1794, et a loupé l’épisode des Colonnes Infernales, mais était-il sensé ignorer la tragédie ?

    Après la chute de Robespierre il devient commandant en chef de l’Armée de l’Ouest, il ne sait rien non plus au sujet des exactions des chefs de Colonnes Infernales…

    Ces gens là n’ont pas d’opinion propre, mais quand le vent tourne, ils tournent avec le vent. Royalistes sous Louis XVI, Révolutionnaires en 89, Bonapartistes sous Bonaparte et de nouveau Royalistes en 1815 etc... jusqu’à voter la mort d’un frère d’armes, le Maréchal Ney, n’est-ce pas Canclaux ?

     

    Et ces braves généraux pensent quoi du Général...

     

    Louis Grignon ? le cousin de Caffin. Il commande la Colonne Infernale n°2  avec Lachenay. Il a 46 ans en 1794. originaire de Louerre (Anjou) il fait carrière dans l’armée aux côtés de son cousin Jean-Alexandre Caffin. La colonne que lui confie Turreau conserve un triste souvenir de cruautés. Début janvier 1794, il ravage le Bressuirais et le Haut-Bocage. A la chute de Robespierre, il est emprisonné, amnistié, il réintègre les rangs de l’armée en 1802.

    Le 30 janvier 1794, Grignon et Lachenay se rencontrent au château de Pouzauges. A la fin du repas avec leur état major, ils ordonnent qu’on leur amène une trentaine de femmes qu’ils violent et font fusiller au pied du donjon. On suit sa colonne à la lueur des incendies, Un incendiaire et un violeur ce Grignon…

     

    Vimeux inscrit la même appréciation qu’à son cousin :

     

    « Bon officier, exact, attaché à ses devoirs et à la patrie.  

     

    Louis Grignon, général de division, 46 ans, né à Loire (Louerre) district de Saumur, département de Maine et Loire – domicilié à Doué et Saint-Macaire - il sert dans les gardes françaises, Poitou Infanterie, Corps Royal de la Marine – retiré du service avant 1789 – 10 ans de service dans les 3 corps dénommés – profession exercées avant son engagement : laboureur et fils de laboureur.   

    Cet officier m’est peu connu mais par des renseignements pris sur son compte m’assure qu’il est bon républicain et dans les principes révolutionnaires, il est Divisionnaire et bien placé. 

    signé Vimeux. » 

     

    Et du général Lachenay ? : Pas un mot sur Lachenay.

     

    Mais le billet de Monsieur Bruno Griffon de Pleineville pour Chemins Secrets en date du 18 décembre 2016 est très explicite. C’est un être immoral, un trousseur de jupons incorrigible… et un bon à rien. Jean-Baptiste Lachenay est né le 25 avril 1760 à Paris, il est le fils de Louis Lachenay, Garde Française et de Marie-Elisabeth Fournel.

    Le Ministre de la Guerre écrit à son sujet : « Cet officier déshonore l’uniforme par sa conduite – Il faut le remplacer le plus tôt possible. »

      Inutile de faire un dessin sur les actions exercées en Vendée par ce violeur potentiel.

    Peut-être y aura-t-il du nouveau du côté du général de division Jean-Pierre Boucret ? Celui qui incendie Châtillon le 23 janvier 1794, Saint Amand le 25, les Epesses le 26, le bourg est pillé, le château du Puy-du-Fou s’embrase. Pendant trois jours c’est la fête, vols, viols, incendies, pillages, tortures, la colonne s’acharne sur ce pays, puis se jette sur Chambretaud…

    Nos deux généraux ne parlent pas de Boucret.

    On ne parle pas non plus du général de brigade François-Raymond Duval, le commandant de la première Colonne, ni de son adjoint Prévignaud (Il n’y a pas eu de Daillac commandant la seconde colonne de Prévignaud, NDLR).

    Alors, le Général Vimeux va peut-être nous parler des fours du Général Amey ? (génocide par les fours du 19 février 2018 de Richard Lueil).

     

    Pour le cas Amey, le général en chef Vimeux « botte en touche » :

     

    « Je ne le connois pas assez pour donner mon avis sur son compte. » 

     

    Un petit rappel au sujet de François-Pierre-Joseph Amey : il a 26 ans en 1794, originaire de Célestat, il est général de division, fils de François-Pierre Amey chirurgien-major au régiment Suisse de Waldner et de Ursule Collignon. C’est le spécialiste des fours, au village des Epesses, il brûle 52 femmes, 16 vieillards et 36 enfants. Il incendie les Herbiers et ses environs...

     

    Au sujet des 8 Colonnes du général Nicolas Haxo, le général Vimeux ne nous parle que d’un seul commandant de Colonne Infernale : Le général de Brigade Jacques Dutruy, le général Haxo étant mort au combat le 20 mars 1794 au Clouzeaux.

    Haxo commet des massacres aux environs de Challans et la marche de ses Colonnes, comme les autres, sont ponctuées d’incendies. Le 18 Ventôse de l’an 2, il écrit à Turreau :

     

    « J’ai tracé une route par l’incendie d’une trentaine de moulins, le lendemain même cérémonie, mais tout en brûlant et cheminant vers la forêt des Gars, mes tirailleurs y ont fait lever le gibier*... »  

     

    * Le Vendéen est considéré comme du gibier. 

     

    Jacques Dutruy (1762-1836) participe à la prise de la Bastille. Officier dans l’armée de la Moselle en 1792, il devient général dans celle des Côtes de la Rochelle. Comme Dufour, il participe à la conquête de Noirmoutier et commande une colonne. A l’été 1794, il est envoyé dans le sud, puis à Quiberon en 1800. Il est nommé baron d’Empire en 1809.

    Nous ne savons pas grand-chose sur les exactions de sa Colonne.

     

    Voici ce qu’en dit Vimeux :

     

    « Jacques Dutruy, général de brigade, 34 ans – originaire de Genève – a servi à Toulon, en Corse, Monsauphin, Cambray, Nantes, Metz et Paris – Régiment de Sonnenberg, Valek, Vigié, Garde Nationale Soldée, Compagnie Franche de Paris – Garnisons : Paris et L’électorat de Trèves. - de 74 en 1779 dans Sonnenberg, de 80 en 84 dans Valek, dans Vigier de 87 en 89 , dans la Garde Nationale à Paris depuis juillet 1789, fait commandant de la 1ère compagnie Franche de Paris, commandant le 19ème régiment d’infanterie légère, général de Brigade le 13 Juin. Ancienne profession : peintre géographe, fils d’un émailleur .  

    Observations : Obmis (omis), n’ayant pas été porté aux généraux de brigade.  signé Vimeux. » 

     

    Nous terminerons par Pierre-Marie Dusirat  (Pierre-Marie-Gabriel Vidalot du Sirat) :

     

    Pierre-Marie-Gabriel Dusirat est né le 25 mars 1764 au château du Sirat à Valence d’Agen dans le département du Lot et Garonne. Il est dans l’armée de Mayence lors du fameux siège de Juillet 1793 puis la suit en Vendée.

      En 1794 il seconde Vimeux à Nantes et se voit confier une colonne envoyée dans les Mauges : donc Vimeux est au courant de ce qui se passe en Vendée.

    Le 9 avril 1794 la Colonne de Dusirat est à Chanzeaux : «  Chanzeaux vit verser plus de sang dans cette journée que dans tous les combats qui avaient précédé… plus de 170 personnes, dont les trois quart étaient des femmes et des enfants, perdirent la vie dans ce massacre. »

    Le 11 avril la Colonne campe à Concourson. Le 14 avril elle établit un camp à Trémont, elle atteint le château du Coudray-Montbault près de Vihiers, le lendemain elle est à Gonnord, Chemillé, Trémentines. Le 16 avril elle est attaquée par Stofflet, le 18 avril elle est à Jallais qui est incendié.

    Le 24 avril un violent combat oppose Dusirat et les Vendéens au Nord de Chaudron. Il massacre des habitants à Saint-Laurent-de-La-Plaine, à la Jumellière et reconstitue sa colonne à Doué.

    Le 10 mai c’est le second passage à l’hôpital dans la forêt de Vezins, le village d’Yzernay est incendié et rasé… devons-nous poursuivre ?

    Encore une belle crapule ce général sorti du caniveau.

     

    C’est un proche du général Vimeux et celui-ci nous dit :

     

    « Dusirat, Bon Républicain, bon officier ayant du tallent, il est party pour l’ Armée du Rhin. 

     signé Vimeux » 

      

    « Pierre-Marie-Gabriel Vidalot-Dusirat – Général de brigade – 30 ans – né près de Valence département du Lot et Garonne – domicilié à Valence et Agen – 31ème régiment – garnisons de Béthune, camp de Cherbourg, camp de Wissembourg, Mayance et la Vendée. Cadet en 1781 et Lt en 1783, Lt en 89- capitaine en 92, Adjudant Général le 14 avril 1793, chef de brigade en pluviôse dernier – Dernière profession exercé : aucune – fils d’un avocat. »   

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (2)....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Etat Général et Nominatif des Officiers Généraux de l’Armée de l’Ouest Prairial-Messidor an II -Class AN AFII 293D3 – 1794.  

    . Les 12 Colonnes Infernales de Turreau de Pierre-Marie Gaborit et Nicolas Delahaye – Collection découverte de l’histoire -Editions Pays et Terroirs 65 place de Rouget – Cholet. 1995.   

    . Lettre de Nicolas Haxo à Turreau du 18 Ventôse de l’an 2 - class 1J2134 – archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. 

    . Illustrations : Novopress Info Vendée, et Vendéens et Chouans. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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