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    Le 11e de Hussards est entaché de sang français. 

     

           

     

    Le 11° de hussards est entaché de sang français....Outre le jugement des six hussards du 11ème régiment, vous constaterez l’imprécision, le peu de sérieux et le peu de cas que l’on fait des vols commis, des mauvais traitements et du meurtre de Pierre Monnoir de la Commune de L’Auréole (La-Chapelle-Saint-Sauveur). C’est un jugement mené « par dessus la jambe ». L’Officier public ne mentionne même pas les causes de la mort de Pierre Monnoir du hameau de la Bricaudière.

      On nous parle du meurtre du citoyen Laumonoir domicilié à la Brigaudière commune de l’Auréolle, qui aurait eu lieu le 8 pluviôse de l’an 3 (27 janvier 1795), alors que le décès a été enregistré à l’état civil, le 3 germinal de l’an 3 (23 mars 1795), à 9 heures du matin… S’agit-il vraiment de Pierre Monnoir ? Beaucoup d’éléments plaident en sa faveur.

     

    Voici la copie du jugement :

     

    « Egalité, Liberté, Justice.  

     

    Jugement rendu par le Tribunal-Criminel Militaire du deuxième arrondissement de l’ Armée de l’Ouest. 

    Qui, sur la déclaration du Juré, condamne les nommés Pierre Philippy, Jean Fouilly, et Charles Pinard, Hussards au onzième régiment, à la peine de deux années de fers ; et Nicolas Imbert, Jean Hayer, et Jean Cheneidre, aussi Hussards au même régiment, à trois mois de prison

     

    AU NOM DE LA LOI  

     

    Le 25 Germinal, troisième année républicaine.(14 avril 1795)  

     

    Vu la déclaration du Jury, portant qu’il y a lieu à accusation contre les nommés Pierre Philippy, âgé de 20 ans, natif de Bimsback,  district de Sarre-Libre, département de la Moselle, ; Jean Fouilly, âgé de 25 ans, natif de Chomely, district du Puy, département de la Haute-Loire ; Charles Pinard, âgé de 19 ans, natif de Souangy, district de Vitry, département de la Marne ; Nicolas Imbert, âgé de 18 ans, natif de Sarre-Libre, même district département de la Moselle ; Jean Hayer, âgé de 19 ans, natif de Molsing (Molsheim), district d’Agneau, département du Bas-Rhin ; et Jean Cheneidre, âgé de 19 ans, natif de Strasbourg, même district , département du Bas-Rhin, tous six hussards au onzième régiment ; 

    Vu aussi l’acte d’accusation dressé par le citoyen Olivier, officier de Police Militaire à la résidence d’Ancenis contre lesdits Pilippy, Fouilly, Pinard, Imbert, Hayer, et Cheneidre, prévenus d’être, le 8 Pluviôse dernier, sortis de leur cantonnement sans permission, de s’être portés en la commune de l’Auréolle, district d’Ancenis, et là Philippy, Fouilly et Pinard d’avoir attenté à la sûreté et à la propriété de plusieurs citoyens, en forçant les uns à leur donner des assignats, et en prenant chez les autres du pain, du lard, du beurre et de la graisse, d’avoir commis des voies de faits envers la veuve Minot, habitante de ladite commune, et de lui avoir volé la somme de 60 livres en assignats ; et Imbert, Hayer et Cheneidre, de s’être rendu les complices de ces délits en faisant vedette devant la maison de ladite Minot ; et Philippy, d’avoir en outre volé à la femme Bournancé, quatre mouchoirs de coton, et d’avoir commis un meurtre sur la personne du nommé Laumonoir, demeurant au village de la Brigaudière (Bricaudière), commune de l’Auréolle ; après avoir fait subir un nouvel interrogatoire, au moyen du Citoyen Brosse, Allemand, canonnier au cinquième régiment d’artillerie, qui leur a servi d’interprète, après avoir fait prêter serment aux citoyens Julien Vaillant, veuve Minot, Bourlier, plaignants, Julien Coy dit Camelot, Marchand, Perinne Giloteau, fille de Giloteau, laboureur ; Magdeleine Barbot femme Avrilleau, boulanger ; Anne Lohier, femme de François Gourmancé, charpentier; Etienne Lambert, Métayer ; Louis Brut, Métayer ; Jacques Langevi, Laboureur ; demeurant séparément en la commune de l’Auréolle, témoins ; et avoir reçu leurs dépositions orales ; après avoir entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire, les accusés ainsi que leur conseil dans leurs moyens de défenses, et la déclaration du juré, portant : 

    Qu’il est constant que, le 8 pluviôse dernier, il a été attenté à la sûreté des citoyens sur diverses personnes de la commune de l’Auréolle ; 

    Qu’il n’est pas constant qu’il ait été commis des voies de fait sur la personne de la veuve Minot ;  

    Qu’il est constant qu’il lui a été enlevé dans son porte-feuille une somme de soixante livres en assignats ; 

    Qu’il est constant que les nommés Philippy, Fouilly et Pinard sont les auteurs de ces délits ; 

    Qu’il n’est pas constant qu’Imbert, Hayer et Cheneidre, aussi Hussards au même régiment, en soient les complices ; 

    Qu’il n’est pas constant que ces trois premiers Hussards aient forcé deux autres particuliers, à leur donner, à l’un une somme de cinq livres, à l’autre de leur montrer son portefeuille ; 

    Qu’il n’est pas constant  qu’il ait été volé chez différents autres particuliers, du pain du lard, du beurre et de la graisse 

    Qu’il n’est pas constant que Philippy ait enlevé à la femme Bournancé quatre mouchoirs de coton ; 

    Qu’il est constant que Philippy a commis un meurtre sur la personne du nommé Laumonoire, habitant de l’Auréolle ; 

    Qu’il n’est pas constant ait commis un crime avec des intentions criminelles ; 

    Qu’il est constant que Philippy, Fouilly et Pinard ont attenté à la sûreté de la veuve Minot, et qu’ils l’ont volée avec des intentions criminelles ; 

    Qu’il est constant que tous les six quitté leur cantonnement sans permission, et qu’ils ne sont pas excusables pour ce dernier fait. 

    Nantes le 25 Germinal, troisième année républicaine. 

    Signé Simoneaux père, chef du Juré. » 

     

    Donc ces braves militaires sont juste coupables d’avoir quitté leur cantonnement sans permission, pour le reste, c’est de la rigolade… Ils vont très bien s’en tirer, avec des peines légères, malgré la gravité des faits.

     

    « LE TRIBUNAL, après avoir entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire sur l’application de la Loi, article XVIII de la section III du vol du code pénal militaire, du 12 mai 1793, vieux style en ce qui concerne lesdits Philippy, Fouilly et Pinard, ledit article conçu en ces termes : 

      « Tout militaire ou tout autre individu de l’armée, qui sera convaincu d’avoir attenté, en quelque lieu que ce soit, à la sûreté ou a la liberté des citoyens, sera puni de six mois de prison ; et s’il y a vol ou voie de fait, la peine sera de deux ans de fers ; et en cas d’assassinat il sera puni de mort ». 

    En premier lieu condamne lesdits Philippy, Fouilly et Pinard, à la peine de deux ans de fers, et ordonne qu’ils seront de suite transférés à la prison du Bouffai, à l’exception de Pinard qui, vu l’état de maladie qu’il éprouve, sera reconduit à l’hospice de l’hôpital militaire ; 

    En second lieu, par rapport aux dits Hayert, Imbert et Cheneidre ; après avoir également entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire en ses conclusions tendant à ce qu’ils fussent condamnés à quatre mois de prison, par voie de police correctionnelle, en conséquence de l’article XIII, titre XIII du jugement et de l’exécution du Décret du 3 pluviôse, deuxième année républicaine, conçu en ces termes : 

    « Le Tribunal Militaire sera compétant pour prononcer les peines de discipline et de police correctionnelle, résultant des procès portés devant lui ; mais dans ce cas, le Président, le vice-Président et le Substitut de l’Accusateur Militaire, ou l’Accusateur si le Substitut a porté la parole dans l’affaire, se réuniront pour prononcer ; après avoir pris lecture de la déclaration des Jurés, et avoir entendu l’Accusateur Militaire ou son Substitut, ainsi que l’accusé et son conseil, s’ils veulent parler. »

     

    Le Vice-Président a requis la réunion de l’Accusateur Militaire et du citoyen Coulon, Officier de Police Militaire, appelé pour Juge, d’après la loi du 4 pluviôse dernier ; en conséquence lesdits Accusateur Militaire et Coulon, réunis au Vice-Président, s’étant retirés dans la chambre du Conseil pour délibérer, et étant rentrés ; 

     

    Vu la déclaration des Jurés, et ayant aucunement égard aux conclusions dudit Substitut, décharge lesdits Imbert, Hayer et Cheneidre, Hussards au onzième régiment, de l’accusation portée contre eux, relativement à l’attentat, à la sûreté, à la propriété des personnes, ainsi qu’au vol et voies de fait ; et néanmoins, qu’ils ont sorti de leur cantonnement sans permission, les condamne par voie de police correctionnelle à la peine de trois mois de prison, y compris le temps de leur détention.

    Ordonne au surplus que le présent jugement sera à la diligence dudit Substitut de l’Accusateur Militaire, imprimés au nombre de deux cents exemplaires, affichés par-tout où besoin sera, et envoyé au Conseil d’Administration du corps des condamnés.

     

    Fait en l’audience publique, les jour mois et an que dessus, où présidoit Fay, assistoient David, Vaugeois et Coulon, Juges ; présent Aude, Substitut de l’ Accusateur Militaire, qui ont signé. Ainsi signé au registre : Fay, David, Vaugeois, Coulon, officier de Police Militaire ; Aude et Berthet, faisant fonction de Greffier. 

     

    Pour copie conforme au registre.

    Papin Greffier. 

     

    A NANTES de l’Imprimerie Debrun Aîné, place de l’Egalité. »

     

    L’officier de l’état civil de la Chapelle-Saint-Sauveur, en Loire-Inférieure, n’enregistre aucun décès à la date du 8 Pluviôse de l’an 3 (27 janvier 1795) au nom de Laumonoir domicilié à la Brigaudière commune de l’Auréolle.

    Par contre, un décès au nom de Pierre Monnoir, domicilié à la Bricaudière est enregistré le 3 germinal de l’an III (23 mars 1795).

    Pierre Monnoir, laboureur, est décédé le 2 germinal de l’an III à 9 heures du matin à l’âge de 28 ans. Il avait épousé le 27 septembre 1790,  Anne Goffard et avait eu de cette union une petite fille, Anne-Perrine Monnoir décédée à l’âge de deux ans, le 19 nivôse de l’an III.

    Le recensement de 1795 de cette commune, nous informe que Anne Goffard s’est remariée à René Gautier et est toujours domiciliée à la Bricaudière.

     

    Le 11° de hussards est entaché de sang français....

       

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée. - Commissions et Tribunaux Militaires près l’armée de l’Ouest (oct 93-déc 95) class B1/337-339 – B1/338 C.M de Nantes et Ancenis (sept 94-déc 95) – SHD B1/338-5, vue n°4/5. 

    . Archives Départementale de la Loire-Atlantique, tous droits réservé, registres paroissiaux et d’état civil de la Commune de La Chapelle-Saint-Sauveur. Acte de décès de Pierre Monnoir de la Bricaudière, vue n°8/13. Recensement de l’année 1795, vue n°4/11.

    . Photo : Hussard en Vendée – Amicale des anciens du 8ème Hussards.. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les justifications du général Grignon (3)...

     

     

    2ème partie ici.

     

    Continuons la longue litanie des témoignages en faveur de Grignon. C’est un peu fastidieux mais il est nécessaire de les consulter afin de bien comprendre la défense du général de colonne infernale.

    « Vingt deuxième régiment d’infanterie légère

    Nous soussignés membres du conseil d’administration du vingt deuxième régiment d’infenterie légère, certifions que depuis pus d’un an que le corps s’est trouvé sous les ordres du général divisionnaire Grignon, soit par détachement soit en totalité, nous n’avons rien remarqué dans sa conduite ni dans ses discours qui ne soit conforme aux principes et aux sentimens d’un bon républicain, et d’un militaire vigilant et courageux, que son attention a prévenir tous les besoins du soldat mérite les plus grands éloges, qu’il a veillé avec la plus grande exactitude a la conservation des propriétés des patriotes reconnus et qu’enfin sa conduite militaire et révolutionnaire le rend digne de la bienveillance nationale, autant que sa suspension lui a attiré de toute sa division des regrets justement mérités.

    Fait au bivouac de Millé sous Chavagnes en conseil d’administration le 3 vendemiaire de l’an 3ème de la république française une et indivisible :/ :

    Lhomme, Thiery sergent, Allin, Main, Bonnefon, sergent major, Corbineau, Lenoir, Millef, Arnote adjudant major, Blalamant, Bernie, Magriere, Duclos, Kwecher capitaine. »

     

    « Armée de l’Ouest 2ème bataillon de l’Eure

    Nous membres composant le conseil d’administration ; et officiers du 2ème bataillon de l’Eure certifions que depuis le mois de brumaire dernier jusqu’au commencement de fructidor aussi, que nous avons marché contre les brigants de la Vendée sous le commendement du général divisionnaire Grignon ; il nous a toujours donné des preuves évidentes de son civisme et de sa bravoure, et ces connaissances militaires nous ont dans différentes affaires que nous avons eu contre les ennemis de la république fait avoir de grands succès sur ces tyrants, surtout dans le mois de ventose dernier, que nous les avons mis cinq fois dans une décade en déroute ; en foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui valoir et servir ce que de raison.

    Fait a Thouard le 4ème jour des sansculotide de la 2ème année républicaine :/.

    Delamarre, Commay sergent major, Delamarre capitaine commandant,  Marie capitaine, Lefage adjudant major, Bemel, Laugeois, Ménard, Levasseur, Perdrin, Davout, Puquelin, Poquel lieutenant, Blorrel, Eruis, Lenien, Nicolas capitaine, Lieuris sergent major, Lemau. »

     

    « Municipalité de Mont Fidèle

    département de Maine et Loire

    Nous maire et officiers municipaux de la commune de Mont Fidèle cydevant Brissac certifions que le citoyen Grignon adjudant général commandant une colonne qui est restée stationnée environ huit jours a l’époque du 12 septembre ( ?) 1793 (vieux stile) s’est conduit en bon républicain et a fait observer à sa troupe la plus sévère discipline.

    A la chambre commune le 1er sansculotide de la 2ème année de la république française une et indivisible ; signé, Jouber, maire, Grimault, officier, Pelletier agent municipal, Courreau, officier municipal, Adam secrétaire. »

    « Nous René Héttreau officier municipal, et moi Jean-Jacques Hettreau agent national, nous certiffions que le citoyen Grignon général divisionnaire a toujours agi dans notre commune en brave républicain, lors de la déroutte de Brissac passent par notre commune poursuivi des brigands de la Vendée un seul hussard avec lui, le hussard lui a dit mon général nous sommes perdus. Le général lui a dit mon ami, plutos mourir que de tomber leur pouvoir, voila la conduite du général en passent par notre dit commune.

    A la chambre commune de l’Ouest, le 2ème jour de la sanculotide, l’an 2ème de la république française une et indivisible, et de la mort du tyran.

    Singé, Hettreau, agent national, René Hettreau, officier municipal, Courjurel, maire. »

    « Des commissaires municipaux provisoire de la commune de Vézin district de Cholet département de Maine et Loire, certifions que le citoyen Grignon adjudant général de l’armée de l’Ouest qu’il a été en station avec la troupe audit Vézin pendant huit à dix jours, s’y est comporté de la manière a mériter les éloges dus a un brave militaire républicain, par les différentes maneuvres qu’il lui a fait faire même opérer l’ordre publique et la destruction des rebelles qu’il a fait arrêter dans la commune de la Tours Landry qui lui avait été désignée pour suspecte, plusieurs hommes et femmes qu’il a fait filer sur Doué, certifions en outre que la discipline et la subordination militaire y ont régné et que nous n’avons eu qu’à nous louer, tant de l’adjudant général que des officiers et des soldats contre lesquels il ne nous est venu aucune plainte. En foi de quoi nous avons délivré le présent pour servire et valoir ce que de raison.

    Fait en maison commune de la municipalité de Vezin le trois frimaire de  l’an 2e de la république française, signé Perier, maire et Brunez. »

     

    « Le conseil de la commune de Thouars d’après la demande qui lui en a été faite par le citoyen Grignon général divisionnaire certifie a qui il appartiendra que le général pendant le temps qu’il a resté dans cette commune, a mis tout le zèle et toute l’activité nécessaires dans l’exercice de ses fonctions militaires. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servire et valoi ce que de raison.

    Fait en la maison commune de Thouars séance publique tenante, le deux fructidor an second de la république française une et indivisible. Signé, Meschin, maire, par le conseil général de la commune Raimond, faisant pour secrétaire.

    Vü et approuvé par nous administrateurs du directoire et agent national du district de Thouars, qui en confirmant l’attestation de la municipalité de cette ville place d’après nos connaissances personnelles, déclarons que le citoyen Grignon pendant qu’il a commandé la garnison de cette place, s’est comporté en bon républicain et brave militaire. Jaloux de remplir ses devoirs, a Thouars en directoire le deux fructidor de l’an 2e de la république française une et indivisible. Signé, Noirault, Bruneau, Mallé, Grellé, Doré, agent national, Lacourbe.

    Vû par nous membres du comité révolutionnaire du district de Thouars qui attestons que le citoyen Grignon général s’est d’après nos connoissances personnellers bien comporté pendant le tems qu’il à tenu son quartier général a Thouars. Thouars en comité le deux fructidor l’an 2e de la république, une et indivisible. Signé, Augé, Crépenier, Bonnin, Hubert, Chauvin, Jouber, Gachignard, Gindreau.

    Nous maires officiers municipaux et notables, habitants des communes de Nueil près Passavant chef lieu de canton, Passavant, Cleré, les Cerqueux, La lande, près Les Vaches (Les Verchers) et autre communes circonvoisins du district de Vihiers département de Maine et Loire, certifions et attestons a tous qu’il appartiendra que le citoyen Grignon qui avoit été nommé général divisionnaire a une colone de l’armée de l’Ouest 3e division s’est a notre connoissance comporté en bon républicain et bon général ; qu’il n’a cessé de venir a notre secours, ou d’envoyer des froces, touttes les fois que l’ennemi s’est porté dans nos communes, qu’il a contribué le huit floréal dernier a repousser  les brigands de la commune de Nueil et a délivrer nos frères qui étoient dans le clocher ou il a empeché l’ennemi d’avancer, qu’il eut été a désirer pour la conservation du pays et pour la destruction entière des brigands qu’il eut continué ses fonctions a cause des connoissances loccalles, en foi de quoi nous avons délivré le présent pour servire ce que de raison le 2ème jour complémentaire de l’an second de la république une et indivisible. Caffe, officier municipal, De Nuel, Bauchai officier municipal, Guérin, agent national de Passavant, Guiard, maire, Dertrand maire de Concourson, Thouet, Chouteau, officier municipal, Guerin, René Jamin, maire de Cleré, Jamain notable, Grolleau, Lepin, Baudineau, Gannault, Baudinguart, Pierre Chauteau notable, Mignot, Gautier notable, Sidenne ( ?), Deffois maire des Cerqueux, Geller, juge de paix du canton de Nuel, Murret agent national des Cerqueux, Gendon officier municipal, C.M Leroi, Balin maire de Saint Paul, Maindon, J. Diard de la Lande, Guilbault agent national de la commune de Saint-Paul.

    Municipalité du Puy Notre Dame actuellement La Montagne district de Saumur, département de Maine et Loire

    Sur le rapport du conseil général de la commune du Puy La Montagne cidevant Notre Dame ; nous soussignés, maire et officiers municipaux de la dite commune, certiffions et attestons, que le citoyen Grignon général divisionnaire, s’est comporté dans tous les temps, qu’il a parû soit pour les affaires particulières, soit pour celles de la République audit lieu du Puy, en bon républicain, et y a donné les preuves du plus pur civisme et du zèle d’un vrai deffenseur de la patrie ; comme les aussi qu’il a payé et acquitté sur ces rôles des impositions de la dite commune, toutes ces contributions, pour quoi nous lui avons délivré le présent certificat de civisme, qu’il mérite a notre connoissanace a tous égards, pour lui servire et valoir ce que de raison. Fait en la maison commune dudit lieu du Puy La Montagne le vingt trois fructidor de l’an second de la République française. Signé, Dileau, agent national, J. Gillon municipal, Gourdault, P. Huluaud, notable, Roblain, notable, Lamoureux, notable, Thouaré, Venaudin, notable, J. Grellepon, Riolle, maire, Villiers, officier municipal.

    Vû par nous administrateurs du district révolutionnaire de Saumur, en directoire du district de Saumur, séance publique du 24 fructidor, l’an 2e de la république française une et indivisible. Signé, Biffault, agent national, Tramblé, F. R. Allain, Guillemet président, F.L. Joullain, vû arriver le 27 fructidore l’an 2e de la République française, une et indivisible, signé, Berard, Boyer, maire. »

    «  Vu et collationné conforme aux originaux, par nous membres du comité de surveillance révolutionnaire du district de Blois, le quatorze vendemaire troisième année républicaine. Approuvé le renvoi... 

    Signatures »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Justifications du général Grignon (3)....

     

    Malgré tous ces appuis, certes commandés par l’intéressé, celui-ci n’est plus en odeur de sainteté auprès de révolutionnaires qui aujourd’hui crachent sur ce qu’ils adoraient hier. La chute de Robespierre ajoutée aux nombreuses dénonciations des autorités constituées contre Grignon seront plus puissants que des témoignages de civisme de la part de militaires. A noter que dès le départ (voir la 1ère partie de ce travail), le représentant Ingrand ne dénonce pas Grignon clairement comme suspect d’être contre-révolutionnaire mais comme « habitant du pays où il fait la guerre ». Cette locution est pour le moins trouble car si les autres généraux sont en général accusés d’incompétence, Grignon peut passer au mieux pour quelqu’un qui cherche à se venger des gens de son propre pays, au pire d’être plus ou moins leur complice. C’est à vous de choisir le sens de la phrase d’Ingrand selon votre sensibilité politique... Et pourtant, parler de la chute de Robespierre, c’est beaucoup dire car les principaux instigateurs du populicide vendéen sont toujours en place, en particulier Bertrand Barère de Vieuzac et Lazare Carnot. Ceux qui me connaissent pourront difficilement m’accuser d’admirer Robespierre mais il suffit de lire les signatures des documents d’époque pour se rendre compte à qui incombent les plus grandes responsabilités. Accuser Robespierre des crimes commis en Vendée, c’est apporter de l’eau au moulin des robespierristes !

    Grignon n’est donc pas en odeur de sainteté et l’extrait d’un courrier du comité révolutionnaire de Fontenay à la Convention du 5 octobre 1795 nous le prouve (10) :

    « Dites nous hommes de sang, dites à la France entière, vous Thureau, Huchet, Grignon, Carrier, Hentz, Francastel, comment la guerre de la Vendée s’est rénouvellée... »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Il faut dire que les habitants de Fontenay et de la Plaine, pourtant réputés patriotes et qui s’étaient vus, eux et leurs familles, sans oublier leurs propriétés, victimes des exactions des colonnes infernales, n’avaient guère gouté cette forme civisme qu’on leur avait imposé. Et même si Grignon lui-même ne mit pas les pieds dans le Sud de la Vendée, sa réputation a horrifié les républicains du cru qui ont rapidement compris que la guerre ne pouvait que reprendre, les paysans, mêmes neutres d’opinion, allant rejoindre les bandes de Charette, aussi bien pour se venger que se tenir en sécurité.

    Pourtant le 4 mai 1795, Grignon était en liberté, en témoigne le résumé d’une lettre du représentant Morisson, signée de Fontenay (11) :

    « Fontenai le 15 floréal an 3e de la république

    Renvoi du comité des dépêches et de correspondance à celui de salut public pour en donner connoissance à la convention nationale

    Morisson représentant du peuple près l’armée de l’ouest

    Observe a la convention nationale qu’il vient de voir dans les papiers publics le décret qu’elle a rendu sur la mise en liberté du général Grignon.

    Surprise de ce représentant à ce sujet ayant appris dans sa tournée dans toute la Vendée, les atrocités et les horreurs les plus abominables commises par ce général. Dénonciations d’icelles par les meilleurs habitans de toute la Vendée.

    Doute que l’on fermiroit dans ces contrées dans la justice de la convention si Grignon, Huchet et quelques autres des anciens généraux de la Vendée étoient en liberté.

    Pièces existantes contr’eux aux comités. »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Justifications du général Grignon (3)....

     

        Charles-François-Gabriel Morisson (1751-1817) député de la Vendée de 1791 à 1797 est ce que l’on appelle un « modéré ». Sorti de la Grande Terreur sans trop de soucis, il est envoyé en mission dans les départements de l’Ouest après le 9 thermidor en vue de contribuer à la pacification. Bien évidemment, il a en horreur le système de « dépopulation » voulu par Turreau et le Comité de Salut public. Néanmoins toujours discret et réservé, il n’attaque pas directement Grignon mais s’étonne de sa mise en liberté, tandis que les dénonciations des « meilleurs habitans de la Vendée » pleuvent contre le général incendiaire. Ce que le pauvre Morisson ne sait pas encore, c’est qu’à la Restauration, son esprit réservé va le desservir et il ne sera aucunement récompensé des sympathies royalistes dont Garnier de Saintes le soupçonnait. Refusant de juger Louis XVI, Morisson avait déclaré « moi, je ne crois pas que Louis soit justiciable ». Mal lui en pris car, Turreau et d’autres criminels furent eux, largement mis en valeur. On ne parlera pas des Vendéens qui eurent droit à quelques queues de cerises en remerciements des pires sacrifices.

    Grignon, lui se lance dans un immense plaidoyer pro domo dirigé en particulier contre Joseph Lequinio et Vincent Chapelain, imprimé le 25 décembre 1794, deux mois après le brûlot de Lequinio que l’on connaît (12). On apprend un tas de choses (plus ou moins exactes) grâce au mémoire de Grignon, comme par exemple le fait qu’il adorait son épouse et ses enfants. Si si ! Je ne plaisante pas. C’est ce mémoire que je vous propose maintenant de découvrir.

    A suivre ici.

    RL

    Juin 2020

     

     

    Notes :

    (10) SHD B 5/10-63.

    (11) Archives Nationales, AFII 270 A 14, 2274, carton 270, v. 10/18 des AD85.

    (12) « Guerres de la Vendée et des Chouans », Paris, Pougin, 30 vendémaire an III (21 octobre 1794).

     

     


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    Les gars du Loroux... 

     

           

     

    Les gars du Loroux....Les gars du Loroux-Bottereau passaient pour d’excellents soldats. Disciplinés, inflexibles, ils formaient le « noyau dur » de l’Armée Catholique et Royale lorsque leur Division était engagée avec la « Grande Armée ».

    Cette excellente Division, de 3000 hommes environ, était commandée par François-Jean-Hervé de Lyrot. En 1793, Lyrot de la Patouillère est âgé de 62 ans. « Ce noble angevin a fait une carrière militaire puis s’est retiré sur son domaine de Saint-Germain-sur-Moine dans les Mauges. Il commande dans le vignoble nantais. Avec ses « gars du Loroux » (Le Loroux-Bottereau), il est aux côtés de Charette lors de l’attaque de Nantes. En décembre 1793, il s’empare un temps d’Ancenis puis se porte sur Savenay. Il meurt au combat, sans doute le 23 décembre. »

    Arrivée trop tard à la bataille de Cholet, la Division engage un combat d’arrière garde très efficace après la bataille. Puis c’est la « Virée de Galerne » qui se termine tragiquement pour cinq insurgés des familles Paquereau-Pasquereau du Loroux. (Certainement des frères et des cousins…)

     

      En effet nous retrouvons dans les condamnés à morts de la ville du Mans, en nivôse de l’an 2 ici.  

     

    1° « Paquereau Pierre, fermier, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 12 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel de la Sarthe.» 

    Pierre Paquereau est peut-être le fils de Laurent Paquereau et de Marie Pineau, mariés le 29 septembre 1744 au Loroux, laboureur à la Thébaudière, né le 15 juin 1755 et marié le 17 juin 1783 à Catherine Aubert, née le 21 juin 1765 au Loroux. Le remariage de Catherine Aubert, le 22 septembre 1795 à Jean Bertonnière est un élément permettant d’identifier avec plus de précision ce Pierre Paquereau comme étant celui guillotiné au Mans le 20 nivôse de l’an 2, (9 janvier 1794), à l’âge de 38 ans.

     

    2° « Paquereau Laurent, domicilié à Loroux-Bottereau, département de Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 20 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe.» 

    Dans le document référencé ci-dessus :

    « Paquereau Laurent, 35 ans, fermier au Loroux » serait né vers 1757-1758. Il semblerait être le frère du précédent, donc fils de Laurent et de Marie Pineau, de la Thébaudière car il est né le 2 septembre 1757 au Loroux, † guillotiné au Mans, le 20 nivôse, (9 janvier 1794).

     

    3° «Paquereau Julien, garçon laboureur, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 18 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe.» 

    « Paquereau Julien, 34 ans, garçon laboureur, » serait né vers 1759-1760, il semble également le frère du précédent car il est né le 22 septembre 1760 au Loroux. † guillotiné au Mans, le 7 janvier 1794.

     

    4° « Paquereau Joseph, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort le 30 nivôse an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe, comme brigand de la Vendée. » 

    « Paquereau Joseph, 20 ans, métayer » serait né vers 1773 au Loroux. Il semble être le fils de Julien Paquereau et de Marie Jouys-Jouis, métayers à la Fennetière au Loroux, mariés le 8 juillet 1766. Joseph est né le 29 mars 1773 au Loroux.

     

    Pasquereau Jean, laboureur, âgé de 48 ans, de la commune du Loroux Bottereau, district de Clisson, † guillotiné à Sablé, département de la Sarthe, le 23 nivôse de l’an 2, (12 janvier 1794),» serait né vers 1745 au Loroux.

    Jean Pasquereau est né le 19 mars 1745 au Loroux, il est le fils de Jean Pasquereau et de Jeanne Bonneau (vue n°14/44 - baptêmes paroisse du Loroux). Il se marie le 14 mai 1771 avec Marie Mercier, née le 24 septembre 1743 à la Chapelle-Basse-Mer.

    Au mariage d’un de leur fils, le 14 avril 1807 au Loroux, (Jean Pasquereau et Radegonde Chéné), il est dit : « Les témoins ont tous juré et affirmé que Jean Paquereau et Marie Mercier, père et mère de l’époux sont décédés en cette commune en le temps de la guerre civile de la Vendée et que les décès n’ont pu être constatés à cette époque.» † décédés au Loroux ou Outre-Loire ?

    Le mariage de Jean Pasquereau et de Radegonde Chesné nous révèle curieusement quatre enfants légitimes nés avant le mariage républicain de 1807. Je soupçonne un mariage religieux clandestin vers 1795-1796. C’est dire l’état d’esprit anti-républicain de ce couple.

    L’officier public écrit en 1797, lors de la première naissance : « Marie Chesné, son épouse en légitime mariage. »

     

    1° Marie Pasquereau, née le 23 thermidor de l’an 5 (10 août 1797).

    2° Jeanne Pasquereau, née le 11 brumaire de l’an 7. (1er novembre 1798).

    3° Louise Pasquereau, née le 2 vendémiaire de l’an 10. (24 septembre 1801).

    Julienne Pasquereau, née le 9 nivôse de l’an 13. (31 décembre 1803).   

     

    Les gars du Loroux....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Sarthe tous droits réservés. - Décès de la ville de Sablé-sur-Sarthe années 1793-1803 -vues 58,59 jusqu’à la vue 74/243 et suivantes. 

    . Archives Départementale de la Loire-Atlantique, tous droits réservé, registres paroissiaux et d’état civil de la Commune du Loroux-Bottereau. 

    . Généanet – arbre de neroun et de Nicole Priou. 

    . Le Journal des Guillotinés de septembre 1989 -Mensuel n°3. 

    . Photo : Guillotine, les Heures les Plus Claires - Carte du Pays du Loroux extraite de Vendéens et Chouans.

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    A propos de la pelle du 18 juin 1815... 

     

           

     

       A propos de "La Pelle" du 18 juin....L’excellent billet du Souvenir Chouan de Bretagne en date du 18 juin nous rappelle les méfaits du petit caporal et du banquier Rothschild.

     

      A l’époque il existait aussi d’autres nuisibles, les journalistes déjà aux ordres...

     

    « Ces gens là n’ont pas d’opinion propre ; mais quand le vent tourne, ils tournent avec le vent. Il existe un bon précédent historique, avec les journaux français de 1815 rapportant le départ de Bonaparte de l’île d’Elbe, sa progression à travers la France et son entrée à Paris, comme suit :

    . 9 mars, le cannibale a quitté sa tanière.

    . 10 mars, l’ogre corse débarque au cap d’Antibes.

    . 11 mars, le tigre est arrivé à Gap.

    . 12 mars, le monstre a dormi à Grenoble.

    . 13 mars, le tyran a traversé Lyon.

    . 14 mars, l’usurpateur se dirige vers Dijon.

    . 18 mars, Bonaparte n’est qu’à soixante lieues de la capitale.

    . 19 mars, Bonaparte avance à pas de géant, mais il n’entrera jamais dans Paris.

    . 20 mars, Napoléon sera demain, sous nos remparts.

    . 21 mars, l’Empereur est à Fontainebleau.

    . 22 mars, Sa Majesté Impériale et Royale est arrivée hier soir aux Tuileries, au milieu des acclamations joyeuses de ses sujets dévoués et fidèle. » 

     

    Sources : 

     

    . Regards sur l’économie : « sortez-nous de cette dystopie » d’Olivier Demeulnaere.  

    . Gravure tirée de Napoléonic caricatures – Napoléonic Wars. 

                                         

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les justifications du général Grignon (2)...

     

     

     

    1ère partie ici.

     

    Nous avions laissé le général Grignon alors qu’il s’apprêtait à nous présenter des justificatifs de sa conduite par les ordres qu’il avait reçus. Ces copies d’ordres ne sont pas datés mais elles viennent compléter les correspondances publiées dans l’ouvrage de Savary que les amateurs de Guerres de Vendée connaissent bien (7).

     

    Bien que loin d’aucune sympathie pour ce personnage qui dévasta ma région natale, je ne lui dénie pas le droit de se défendre et mes commentaires, lorsqu’il y en aura, seront les plus justes possible, en fonction des connaissances historiques du moment et sans les envolées lyriques « Génocide ! » à tour de bras qu’appellent en général ce genre de publication. Sans plus attendre, voici le contenu du dossier des archives militaires de Vincennes, suivant la lettre au Comité de Salut public vue dans la première partie.

     

    « A quartier général à Saumur

     

    Le général divisionnaire Commaire à l’adjudant général Grignon

     

    Je vous invite citoyen de continuer la chasse aux célérats de cette terre proscritte et de ne point faire de grace a aucun d’eux, surtout emparés vous de tous les chefs de commune et des gens suspects. Ne leur faites pas plus de graces qu’a des betes féroces. Faittes rentrer autant qu’il sera possible dans les greniers de la République touttes les récoltes. Nous sommes infectés du grand nombre de ces scélérats qu’on nous envoye de touttes parts. Moins vous nous en enverrés, plus de bien vous ferés à la République ; salut et fraternité, le général divisionnaire

     

    Commaire »

     

    Comme pour l’ensemble du dossier ces copies d’ordres ne sont pas datées. Cependant Grignon ne passa du grade d’adjudant-général à celui de général de brigades que le 28 novembre 1793. On peut donc légitimement supposer que cette missive est antérieure au plan de campagne de Turreau.

     

    « Extrait de la marche générale par ordre du général en chef Turreau

     

    Le général Grignon confiera le commandement de sa colonne de gauche à un adjudan-général ou à un officier supérieur ; il lui donnera copie de l’ordre général et y joindra une instruction s’il le juge convenable. Bien entendu que cette instruction particulière ne pourra changer ni modifier l’ordre général qui est que chaque colonne se trouve le même jour huit pluviôse au dernier lieu spécifié sur le présent état, sans s’écarter du présent ordre ; le général Grignon pourra prendre et faire prendre à l’officier qui commande sa colonne de gauche toutes les mesures secondaires que nécessiteront les circonstances ; il emploira tous les moyens pour découvrir les rebelles, tous seront passés au fil de la bayonnette ; les villages métairies, bois, genais, et générallement tout ce qui pourra être brulé sera livré aux flammes. Signé

     

    Turreau »

     

    « Turreau

     

    Général en chef de l’armée de l’Ouest ; au citoyen Grignon général de brigade.

     

    Je te préviens citoyen général qu’il existe à la Gaubretière un rassemblement de près de deux mille brigands. J’en suis instruit par des hommes que je crois véridiques ; qui peuvent cepandant exagérer. C’est à toi à prendre touttes les précautions nécessaires pour les batre. Si tu les rencontre marche sur tout en masse, et préparez vous  à vous secourir mutuellement. Caffin, Boucret et toi que ta cavalerie fasse un service très actif pour éclairer la marche (et) assurer la correspondance ; salut et fraternité. Le général en chef:/ :

     

    Turreau »

     

     

    « Turreau général en chef de l’armée de l’Ouest au citoyen Grignon général de brigade

     

    Les ordres généraux que je dois donner sur la marche des colonnes seront retardés par la force des circonstances, mais tu ne dois pas pour cela rester dans l’inaction. Les environs du pays ou tu te trouves t’offre un champ vaste pour fouiller (et) incendier les métairies, bois et purger ce pays des scélérats qui l’habitent. Fais les incursions sur tout les sens, que quelques marches de nuit te mettent à portée de surprendre quelques rassemblements partiels, mais ne permet pas que les détachements que tu enverras pour ces différentes expéditions passent les nuits loin de toi, que tout ton monde soit rassemblé à la chute du jour. Je n’ai pas besoin de te recommander de te garder militairement ; tu sais qu’un parti de brigands s’est emparé de Chemillé, cette perte momentanée est düe à la lacheté des troupes chargées de le deffendre, que cet événement n’inflüe pas trop sur ces opérations. Cependent tiens toi sur tes gardes, je compte attaquer demain à la pointe du jour, cette poignée de rebelles qui se sont jettés à Vésins s’ils veulent bien m’attendre ;

    Ce rassemblement a du passer entre Moulins et Cordelier, c’est un malheur qu’il faut éviter à l’avenir, tu communiqueras sur le champ cette lettre au chef de ta seconde colonne. salut et fraternité, le général en chef

     

    Turreau »

     

    « Turreau général en chef au citoyen Grignon général de brigade

     

    Les rassemblements ennemis devenants journellement plus considérables, mon cher camarade, et le terrein que nous avons a parcourir se rétécissant je prend le parti de réunir quelques unes de mes colonnes, en conséquence je donne ordre à l’adjoint Prévignau de se rendre a Pouzauges avec les troupes qu’il commande et d’y attendre tes ordres. Tu partageras la troupe de Prévigneau entre les deux colonnes ou l’attacheras a une d’elles suivant (ce) que tu jugeras plus convenable ; quoi que les colonnes deviennent plus fortes par cette réunion tu les rapprocheras l’une de l’autre ; si les circonstances l’exigent pour quelles soient plus a porté de se secourir, toutte fois en m’en donnant avis, sans cependant dépasser la ligne que tous les chefs de colonnes doivent garder suivant l’ordre général.

    Continue mon camarade, a bruller ce pays et extermine les rébelles, plus je vais et plus je suis a portée de juger qu’il y a peu d’habitants a excepter de la proscription. Salut et fraternité. Le général en chef / :

     

    Turreau »

     

    « Turreau général en chef de l’armée de l’Ouest au citoyen Grignon général de brigade

     

    Je n’ai rien de particulier à te mander, je t’ai remis des instructions suffisantes, c’est à moi à les suivre ; enlèvement des subsistances, mort de ceux qui ont porté les armes contre nous, surveillance active, prudance dans la marche, voilà ce que je ne cesse de te recommander.

    Je suis étonné qu’avant de partir tu ne te sois pas pourvu des cartouches nécessaires par tes derrières : : pourvois y sur le champ... Tu peux t’arrêter là ou tu jugeras à propos pourvu que les colonnes de gauche et de droite en soient instruits, et que le huit tu sois arrivé à POuzauges et La Flosselière. Tu dois savoir que j’arrivais le deux à Cholet.

    Que chaque jour je sache ou tu est, ou tu vas, ce que tu projette, ce que tu as découvert ; salut et fraternité. Le général en chef

     

    Turreau »

     

     

    « Turreau général en chef de l’armée de l’Ouest au général de brigade Grignon

     

    Tu as été trop longtems mon cher Grignon à me donner de tes nouvelles, je t’hexorte à m’en donner plus souvent et chaque fois que tu m’écris à ne pas me demander ce que tu dois faire, tu dois le savoir d’après mon ordre général et l’instruction particulière que je t’ai donnée. Poursuis l’ennemi sans relache, brule tout ce qui pourait être échappé à l’incendie, mais n’oublie pas que cette opération doit se faire par un détachement de ton arrière garde pour ne pas déranger la marche et l’ensemble de la colonne ; je compte partir après demain et si l’ennemi ne change pas ses dispositions je serai sur la droite et le lendemain je prendrai position entre Beaupreau et St Florent, après quoi la marche de l’ennemi déterminera la mienne ; tu as du recevoir huit milles rations de pain et de l’eau de vie ; le général en chef ./ :

     

    Turreau »

     

     

    « Turreau général en chef de l’armée de l’Ouest, au citoyens Grignon général de brigade

     

    Il est bien étonnant que tu me demande, mon camarade, s’il faut désarmer les gardes nationales de la Vendée, c’est mettre en question s’il est prudent d’oter a nos ennemis les moyens de nous faire plus de mal ; croyons que dans ce maudi pays nous ne devons nous fier à personne et agissons en conséquences. J’ai reçu une croix de St Louis et un calice et une patenne.... Dépeche toi de me fournit une collection complette de tous ces breinborions. ./ :

     

    Turreau »

     

     

    « Francastel représentant du peuple, délégué par la Convention Nationale près l’armée de l’Ouest ;

    à l’adjudant général, chef de brigade, Grignon

     

    J’applaudis à ton activité citoyen, elle est nécessaire, continues avec vigueur et fermeté, et tu rendras a la république des armes qui ont été tournées contr’elles, ainsi que des subsistances que sons bien utiles ; tu feras trembler en même tems tous les brigands aux qu’els il ne faut pas faire de quartier. Tu fais trop de prisonniers.... nos prisons en regorgent ; des prisonniers dans la Vendée ! Les administrations dans plusieurs points contrarient les ordres donnés a la force armée ; c’est avec celleci que les représentans du peuple doivent communiquer ; c’est d’eux seuls quelle doit tenir la marche a suivre ;

    Ne pas épargner les moulins de l’intérieur, des communes révoltées ni les maisons isolées ; c’est a quoi il faut t’attacher par ordre du comité de salu publique. Aucun des fusils ne doit être remis aux districts. Si on leur en apporte, ils doivent les remettre au commandement de la force armée, lequel les fera passer dans une de nos places, et n’en distraira que ce qui est essentiel pour armer ceux des volontaires qui en manqueroient.

    Quant au complettement des bataillons ou a l’organisation de nouveaux bataillons c’est un travail a suspendre, il faudra d’autres rensignemens à ce sujet, laissés Thouars s’occuper de réunir les jeunes gens les former même en bataillons o, les trouvera quand il en sera tems.

    Ainsi, je le répète quant à présent ramasser toutes les subsistances , armes et les faire conduire le plutôt possible en lieu sûr ; donner la chasse à ce qui reste de rassemblemens et de révoltés ; incendier maisons écartées, moulins etc.

    Adieu commandant je te salue fraternellement : ma lettres n’est que pour toi. Signé.

     

    Francastel »

     

     

    « A Angers le 10 pluviose

     

    Francastel représentant du peuple, délégué par la Convention Nationale, près l’armée de l’Ouest au général de brigade Grignon

     

    Je te remercie général des détails que tu me donnes ; je t’engage à continuer avec la même activité et la même inflexibilité révolutionnaire. Tes ordres, tu dois les recevoir du général en chef. Je suis seul ici, malade. Gardans le lit depuis quinze jours et ne pouvant m’occuper d’affaires  qu’avec infiniment de peines. Je compte bien que le mouvemens actuel de la Vendée sera le dernier et que ce pays sera purgé de ses infames habitans.

     

    Salut et fraternité

     

    Francastel »

     

     

    « A Angers le 23 brumaire (8)

     

    Représentant du peuple délégué par la Convention Nationale près l’armée de l’Ouest

    au citoyens Grignon adjudant général

     

    Je vous remercies citoyen de la preuve de surveillances et d’attachement à la chose publique que vous donnés dans la déclaration qui vient de me parvenir.

    L’ordre général a été donné d’incendier tous les fours et moulins ; on à excepté a cet égard que ceux qui avoisinent la Loir, il est indispensable de rassembler touts les grains, toutes les armes et munitions, et de les faires filer de suite sur l’une de nos places, Angers, Saumur, ou Nantes, suivant la proximité, puis incendier toutes les maisons isolées, les chateaux surtout, enfin achever la transformation de ce pays en désert, après avoir soutiré les richesses qu’il renferme. L’enlèvement des cloches et la destruction des clochers entrent bien nécessairement dans ce plan, pas de molesse, ni grace dans un pays qui mérite l’indignation et la vengeance national, ne perdés pas de tems requerez voitures et chevaux. Rendés nous compte de tout ce que vous ferez en exécution de ces vües qui sont celles de la convention national ./ :

     

    Francastel »

     

     

    « Au pont Libre le 8° jour sansculotide de l’an 2e de la république française une et indivisible (9)

     

    Je soussigné commandant de la place du ponts libres certifie que durant trois mois que j’ay exercé le commandement temporaires de la place de Doué, j’ay reconnu dans le général Grignon toutes les qualités qui caractérisent un bon républicain et brave militaire protégent de tous ses moyens les propriétés, maintenants l’ordre et la police parmi les citoyens exercant la meilleure discipline parmi les militaires, leur inspirant sans cesse par ses discours et son exemple l’embition de terminer l’exécrable guerre de la Vendée et s’offrant toujours à ses frères d’armes pour modelle de bravoure, d’activité, de zèle et surveillance. Signé

     

    Ménard. »

     

     

    « Armée de l’Ouest

     

    Garde nationale du canton de Thouard

     

    Nous commandant et officiers de la garde nationale du canton de Thouard attestons que pendant le temps que le citoyen Grignon a commandé dans cette ville en qualité de général divisionnaire, il a toujours manifesté les principes d’un vrai républicain et a rempli avec zèle et exactitude les devoirs de son emploi, en foi de quoi nous lui avons délivré le présent : Thouard 4e jours sanculotide de l’an 2e de la République suivi des signatures.  Jarry adjudant

    Devanne capitaine, Frogé fils commandant, Frogé lieutenant, Nivoy adjudant major, Boro capitaine, Lebloi capitaine. »

     

     

    « Armée de l’Ouest

     

    Au camp de Concourson le 2e jour de sanculotide de la république

     

    Je soussigné adjoint de l’adjudant général Maillefert commendant le camp de Concourson, atteste à tous qu’il appartiendra, que pendant l’espace de dix mois que j’ay été adjoint du général Grignon, l’ai toujours reconnu pénétré des vrais principes d’un républicain, sertifie en outre que pendant quatre mois que j’ay rempli les fonctions d’adjudant général provisoirement auprès de lui je l’ai toujours vû à la tête de son armée, encourageant sa troupe, tant par discours que par actions enfin qu’il s’est comporté de manière à mériter l’estime et la confiance de son armée ; mais encore qu’il a emporté avec lui les regrets de toute la division,  en foi de quoi je lui ai délivré la présante attestation pour lui servire et valoir ce que de raison:/ :

     

     

    L’adjoint de l’adjudant général Maillefert

     

    Mangeard »

     

     

    « Armée de l’Ouest

     

    13ème bataillon d’élite

     

    Nous soussignés membres du conseil d’administration du treizième bataillon d’élites, certifions à tous ceux qu’il appartiendra que le citoyen Grignon cidevant général divsionnaire commandant la troizième division de l’armée de l’Ouest, na autant que notre corps a été sous ses ordres démértié de notre confiance, que nous n’avons aucun reproche directe ni indirecte a faire sur son civisme, et sa bravoure, enfoi de quoi nous lui avons délivré le présent cerificat, pour lui servir et valoir ce que de raison ;

    Fait et délivré au conseil le 1er jour du mois de vendemiaire l’an 3ème de la République une et indivisible. Signature

    Tramaye, Capel adjudant major, Lanusse capitaine, Lamartinière capitaine, Reverand lieutenant, Julliard sous lieutenant, Charuel, Salagaino, Vegues, Bourel, Leboucher adjudant major, Dubois capitaine, Ampos chef, Philippart quartier maitre. »

     

    « Armée de l’Ouest

     

    1er bataillon de St Amand

     

    Nous membres composant le conseil d’administration dudit bataillon soussignés certifions et atestons que le citoyen Grignon général divisionnaire nous a commandé avec zèle et patriotisme pendant près de 8 mois, qu’il nous à toujours manifesté le courage d’un vrai républicain dans tous les combats ou nous nous trouvames avec lui dans la Vendée, et qu’enfin il n’est pas en notre connoissance, qu’il se soit écarté en rien dans la conduite qu’il tenoit dans le poste respectables auquel il a été élu ; en foi de quoi lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au beson ; a Thouars département des Deux-Sèvres le 4ème jour sansculotide 2ème année de l’ère républicaine.

    Dangreaux, Dutrieux, Marin, Daudalle. »

     

    « Armée de l’Ouest

     

    87e régiment d’infanterie 1er bataillon

     

    Nous membres composant le conseil d’administration deu 1er bataillon du 87e régiment d’infanterie ; certifions attestons a tous ceux qu’il apprtiendra que le citoyens Grignon cidevant général de division sous quels ordres ledit bataillon a servi depuis aux environs une année, s’est toujours comporté en honneur et brave militaire, et s’est dans toutes les affaires, que nous avons eu avec les brigands de la Vendée, constamment montré ferme a son poste, et tenu une conduite irreprochable ; en foi de quoi lui avons délivré le présent certificat pour servir et valoir ce que de raison.

    Fait au camp sous Thouars le 5 vendemiaire de la 3ème de la république :/ :

     

    Plusieurs signatures illisibles. »

     

     

    « Armée de l’Ouest

     

    14ème bataillon d’élite section d’Orléans

     

    Nous officiers et membres composant le conseil d’administration soussignés ayans été sous les ordres du citoyen Grignon général commandant la 3ème division attestons à tous qu’il appartiendra + que nous n’avons vü en lui que des sentiments qui caractérise les principes d’un vrai républicain. En foi de quoi nous avons délivré le présent certificat pour valoir et servir ce que de raison ; fait au conseil au fort de Passavant près Doué le deux vendemiaire de la 3ème année républicaine, une et indivisible

     

    Signatures.

     

    + que nous n’avons rien à reprocher à ce citoyen qui soit contraire aux intérêts de la République

     

    B »

     

    Passavant-sur-Layon : le poste républicain (photos Pierre Périeau).

    Justifications du général Grignon (2)....

    Justifications du général Grignon (2)....

    Justifications du général Grignon (2)....

     

     

    « Armée de l’Ouest

     

    J’ay adjudant général commandant le camp de Concourson soussigné et atteste n’avoir connu aucunes marques d’incivisme dans la conduitte qu’ a tenu le général divisionnaire Grignon pendant tout les tems qu’il a commandé la troisième division et que j’ai été sous ses ordres qu’au contraire je n’ai connu en lui qu’un homme dévoué au bien de la chose publique qu’enfin je ne l’ai jamais vu que renfermé dans les moeurs qui doivent caractériser un vrai général et brave républicain ; en foi de quoi en mon âme et conscience, j’ay cru lui délivrer la présente attestation ; au quartier général de Concourson 2ème jour de la sanculotide.

    J’ay soussigné atteste pareillement le contenu cy dessus sincère et véritable. ./. Dugenet

     

    Maillefert »

     

     

    A suivre ici.

     

    RL

    Juin 2020

     

     

    Notes :

    (7) SHD B 5/10-62. Jean-Julien-Michel Savary, « Guerres des Vendéens et des Chouans contre la république française », 1824-1827, tome III en particulier.

    (8) La correspondance n’est visiblement pas dans l’ordre car on remonte de la fin janvier 1794 au 13 novembre 1793...

    (9) « Les Ponts Libres » désignent bien entendu les Ponts-de-Cé. Quant au 8ème jour « sans-culottide » (ou « jour complémentaire » après le 7 fructidor an III), il n’existe pas. Il n’y a que six jours complémentaire par année républicaine. Il pourrait néanmoins correspondre au 24 septembre 1794, donc durant l’incarcération de Grignon.

     


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