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    Mathurin Flandrois est exécuté près du château de la Gerbaudière

     

                            

     

    Mort d'un traître au Tablier....Ce n'est pas bon signe lorsque des cavaliers vendéens viennent frapper à votre porte lorsque vous êtes républicain. C'est soit pour vous, ou c'est que dans le secteur un traître est passé de vie à trépas.

    Les cloches ayant été confisquées afin de ne plus sonner l'heure du Bon Dieu, le tocsin ne vous préviendra pas.

      En ce temps des vendanges 1795, les royalistes commencent à régler les comptes de ceux qui aidèrent les Bleus dans les massacres et autres complicités malsaines... Mathurin Flandreau, laboureur à la Retière, est exécuté par des cavaliers Royalistes près de l'étang du château de la Gerbaudière* à l'âge de 31 ans et «transporté dans une pièce de terre voisine de l'endroit où il fut tué size près le vieil étang de la Boîsle.» Ce Bleu ne boira pas le vin nouveau de Mareuil ni de Rosnay, c'est regrettable, car on parle encore de la cuvée de 1795. On peut situer la date de sa mort entre le 21 septembre et le 21 octobre 1795.

     

    * Le château de la Gerbaudière a été incendié en 1794 et se situe à environ 6 kilomètres de la Retière. 

     

    Mathurin Flandrois-Flandreau est né le 4 septembre 1764 à la Couture, il est le fils de Mathurin Flandreau, laboureur à la Retière* et de Marie-Rose Bouniot. Il épouse le 22 mai 1792 à Mareuil, Françoise Vécaud-Verquau, fille de Michel Vécaud et de Jeanne Bouillé. Cette dernière épousera en secondes noces, le 22 janvier 1797 à la Couture, Pierre Vrignonneau.

     

    «Minute d'attestation de la mort de Mathurin Flandreau du premier nivôse an 5 (21 décembre 1796). 

    Par devant nous nottaires soussignés du Département de la Vendée et dhüement patentés résidant au Tablier et Chaillé sous les Ormeaux.

    Furent présents Jacques Martineau laboureur et Marie Anne Morin femme de Jacques Marquin demeurant en même communauté à la Gibardière* (Girardière) commune du Tablier, lesquels nous ont déclarés et affirmés avoir parfaite connaissance de la mort de déffunct Mathurin Flandreau vivant époux de Françoise Vécaud domicilié à la Retière commune de Saint André (1), pour l'avoir eux mêmes enterré sur les menaces qui leur feurent faitte de la part de ceux qui venoient de luy otter la vie, de les maltraiter sy dans une heure ils le trouvoient sans l'être : menaces qui pour lors les contraignirent à faire ce qui leur répugnoit à l'infini et qui les engagèrent à prendre les instruments qui leur étoient nécessaire pour le cacher en terre afin d'éviter les malheurs qui leurs étoient inévitables s'ils eussent manqués aux ordres qui leurs avoient été donnés par différents cavalliers Insurgés. 

    Que de suitte ils furent au lieu qui leur fut désigné où ils trouvèrent Flandreau sans existence ce qui fît qu'ils le transportèrent dans une pièce de terre voisine de l'endroit où il avoit été assassiné, size près le vieil étang de la Boîsle dépendant de la terre de la Gerbaudière et près le bois qui en dépend. 

    Nous ont pareillement déclaré les comparant que sa mort a eu lieu dans le temps des vendanges de l'année que l'on a compté mil sept cent quatre vingt quinze (vieux stile) et qu'il leur a parû âgé d'environ trente ans et enfin être accertaînés tant par eux même que par la voix publique que le même Flandreau est celuy qu'ils ont enterrés à l'époque susdit. 

    Desquelles déclarations ils nous ont requis le présent acte pour servir et valloir à qui il appartiendra; après nous les avoir affirmés sincère et véritable par le serment praisté et requis : ce jourd'huy premier Nivôse an cinq de la République française une et indivisible et nous avoir déclaré ne scavoir signer de ce enquis. 

    signé Cousturier, notaire – Martineau, notaire. » 

     

    * La Girardière se situe à environ 1km du château de la Gerbaudière.

     

    Lieu possible de la sépulture marqué d’une croix rouge sur le cadastre et la vue aérienne Géoportail :

     

    Mort d'un traître au Tablier....

    Mort d'un traître au Tablier....

     

    Sources 

     

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Minutes notariales le Tablier -Etude B de Maître André Martineau  vues 149,150 /452.(1778-an VII, an XII-1825) An IV, an V. 

    . Cadastre napoléonien de 1811 du Tabier, la Gerbodière – étang - 3P285/14 section A du bourg 2ème feuille - Bois G32 à futaie qui jouxte l'étang. 

    . Vue aérienne de la Gerbaudière Google map. 

    . Registres état civil de la Couture – Mareuil, vues 139/151 année 1764 -vue 3/5 du 22 mai 1792 – contrat de mariage du 6.5.1792 vues 218 et 219/367 Etude J de Luçon, maître Mariteau. 

    . Photo: de l'auteur.  

                                                     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets

     

     

    Note :

     

     

    (1)  NDLR : le village de Saint-André-sur-Mareuil a fusionné avec Mareuil-sur-Lay sur ordonnance royale du 21 août 1827, en même temps que Beaulieu-sur-Mareuil. Son nom révolutionnaire était André-le-Vigneron. A son emplacement, se situe aujourd’hui le château éponyme. Il ne reste de l’ancienne paroisse que quelques vestiges de l’église et du cimetière. La Rétière, bien que proche de Saint-André, est située dans une quasi-enclave de la commune de la Couture. 


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    Un massacre à la Hérissière de Beaupréau ?

     

     

    Il y a déjà quelque temps, puisque nous étions en 2014, ma femme recevait le message suivant sur sa page Facebook à propos d’un massacre à Beaupréau :

    « Dans le champ en contrebas derrière la maison de la Hérissière, jouant enfant avec le cousin d’un ami à la Hérissière, celui-ci me montra l’endroit : « on entendait encore gémir les gens et le sang coulait tel un ruisseau jusqu’à la rivière ». Propos qu’il tenait de son grand-père (lui-même de son grand-père sans doute). Quand on parcourt le champ, celui-ci est gras et meuble en son milieu correspondant à une grande mare qui aurait été comblée par les cadavres. »

    Afin d’appuyer ses dires, notre correspondant nous citait la  « Notice historique sur le Collège de Beaupréau et sur M. Urbain Loir-Mongazon », par M. Bernier, chanoine d’Angers, paru en 1854 chez Cosnier et Lachèse à Angers (1). Voici ce que dit cet ouvrage aux pages 43 et 44.

    « Souvent M. Mongazon célébrait la sainte messe, soit à la Gâtine, soit ailleurs (2) ; c’était ordinairement dans une grange, et toujours sur un autel improvisé. Les bons Vendéens faisaient très volontiers de longues et pénibles courses pour assister à ces cérémonies nocturnes ; la plupart y recevaient la communion, et à cet effet, la première partie de la nuit était consacrée à l’audition des confessions. Le célébrant réservait, pour donner le viatique aux mourants, quelques hosties consacrées, qu’il portait avec lui dans une petite custode en forme de bourse, suspendue à son cou et cachée sous ses vêtements.

    Dans le cours de l’été 1794, M. Mongazon était parti un matin de la Gâtine, pour aller à deux ou trois lieues de là porter les secours de son ministère. Le soir, il revenait assez tranquillement, lorsque certains indices vinrent jeter dans son âme un commencement d’inquiétude et de frayeur. « Le soleil venait de se coucher, racontait-il, et j’avais encore plus d’une demi-lieue à faire. Je remarquai que personne ne paraissait ni sur la route ni dans les champs, et que la solitude devenait plus complète et plus morne à mesure que j’avançais. Je ne tardai pas à distinguer la lueur d’un incendie mal éteint, et bientôt je rencontrai, à quelques pas l’un de l’autre, les corps à demi dépouillés de deux hommes qu’on avait percés de coups. J’eus donc la cruelle certitude qu’une colonne républicaine avait, en mon absence, parcouru les lieux où je rentrais. Prenant alors des sentiers dérobés de préférence aux chemins battus, je pressais ma marche vers la Gâtine, l’âme agitée et le cœur serré par les plus sinistres pressentiments. A droite, à gauche, je voyais des hameaux brûlés : je rencontrais ça et là des vêtements, du linge, des paquets ; je remarquais des fermetures de champs renversées, des herbages foulés : tout dénotait de la part des habitants une fuite précipitée et désordonnée. Qu’allais-je trouver à la Gâtine ? Peut-être des ruines et du sang ; peut-être le cadavre de ma mère ! J’y arrivai enfin. Cette ferme n’avait pas été envahie par les bleus ; mais on eût qu’elle avait été mise au pillage. Je trouvai la port entr’ouverte, on n’avait pas même pris le temps de fermer les meubles, qui étaient à moitié vides ; tout était en désordre. Je cherchai et je ne trouvai personne, j’appelai, mais pas une voix ne répondit. Cette solitude me parut affreuse et elle me causa un saisissement inexprimable et une sorte de vertige. Instinctivement, et sans rélféchir, je courus jusque sur la partie la plus élevée du coteau, je montai sur le créteau du fossé, et me trouvant trop bas encore, je m’accrochai aux branches d’un arbre, pour satisfaire à l’impérieux besoin de voir et d’entendre. Je regardai aux alentours, mais je ne vis que quelques mâsures encore fumantes, et un brouillard blanchâtre qui s’élevait sur la rivière ; j’écoutai à plusieurs reprises, mais c’était partout le silence de la mort, si ce n’est que j’entendis deux ou trois beuglements d’un taureau égaré dans le vallon. Alors je tombais dans une profonde rêverie ; je restai longtemps immobile ; la nuit m’enveloppait et je ne m’en apercevais pas. Enfin, la pensée que je portais le saint Sacrement avec moi, et que j’étais accompagné de Jésus-Christ en personne, me fit sortir de cet état indéfinissable. Je m’acheminai, en priant, vers le taillis ; j’entrai en tâtonnant dans ma cabane où j’achevai mes prières ; j’adorai le saint Sacrement en ajustant la custode à mon cou et sur ma poitrine, et je me couchai en disant : « Mon Dieu, il y a longtemps que je vous porte et que je vous garde ; à votre tour, vous allez me garder. » Je dormis profondément jusqu’au lever du soleil. » »

    Bien que très intéressante, cette description ne nous informe pas sur un massacre derrière la maison de la Hérissière.

    Situation de la Gâtine et de la Hérissière sur l’IGN de Géoportail :

    Un massacre à la Hérissière de Beaupréau ?

    Petite erreur sur le cadastre de 1834 des AD79 (3 P 4/23/13) qui ne mentionne pas la Gâtine mais seulement la Hérissière :

    Un massacre à la Hérissière de Beaupréau ?

    Saura-t-on un jour ce qui s’est passé ici ?

    A suivre…

    RL

    Mars 2019

     

    Article connexe ici.

     

    Notes :

    (1)  Consultable sur Archive.org ici.

     

    (2)  L’abbé Loir-Mongazon se cachait également tout près d’ici, dans un petit bois, près de l’Augardière, sur la paroisse d’Andrezé.


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    Une erreur de tir...

     

                            

    Erreur de tir à Ardelay....En 1793, une sentinelle républicaine commet une grossière erreur, elle abat un officier municipal...

    A l'instruction militaire on répète régulièrement qu'il faut bien identifier son ennemi avant d'ouvrir le feu, leçon que ce Bleu, dans tous les sens du terme, n'a pas retenue.

    On peut situer cette affaire vers la fin de l'année 1793 ou au début 1794, puisque à partir du 21 janvier 1794, les Républicains massacreront indistinctement les Vendéens Blancs ou Bleus ; une façon de récompenser les supplétifs, ces républicains locaux, qui leur apportèrent une aide précieuse dans le génocide. Ces traîtres étaient généralement abattus d'une balle dans le dos après avoir ''balancé'' leurs voisins qui ne pensaient pas comme eux, la pensée unique était déjà en marche...

    L'acte de notoriété qui va suivre nous confirme que la ville des Herbiers a été incendiée, que les habitants ont trouvé refuge à Mortagne et que comme toujours, des enfants se sont perdus.

     

    Voici la composition de la famille de l'Officier Municipal au moment des

    faits : 

     

    Mathurin Pineau est métayer à la Laudière commune d'Ardelay en cette année 1793. Il est Officier Municipal et Procureur de sa commune. « Il fut arrêté, chemin faisant par un coup de feu qui lui porta à la tête et le priva de la vie quelques jours plus tard.» (1) –  Il est le fils de Pierre Pineau et de Modeste Boubrie, il épouse à Ardelay le 10 février 1779 Perrine Durand, fille de Pierre Durand et de Perrine Caillaud des Herbiers. De cette union sont issus :

     

    1° Perrine Pineau, née le 19 juillet 1780 et † le 20 juillet 1780 à Ardelay.

    2° Marie Pineau, née le 1 août 1781 et † le même jour à Ardelay.

    3° Mathurin Pineau, né le 21 mai 1783 à Ardelay.

    4° Jeanne-Modeste Pineau, née le 29 mai 1785 à Ardelay.

    5° Pierre Pineau, né le 11 mars 1787 à Ardelay.

    6° Perrine Pineau, née le 16 avril 1789 à Ardelay.

    Louis Pineau, né le 27 mai 1791 à Ardelay.

     

      Acte de notoriété du 3 Brumaire de l'an V (Lundi 24 octobre 1796).

     

    « Par devant nous notaires publics du Département de la Vendée canton des Herbiers soussignés. 

    Sont volontairement comparus les Citoyens Jean Bourasseau agent municipal de la commune des Herbiers, Mathurin Libaud cultivateur demeurant à la Laudière, Jean Godet cultivateur demeurant à la Maison Neuve, Mathurin Joignet, Louis Tessier cabaretier, René Blanchard agent municipal de la commune d'Ardelay, Louis Grenon juge de paix, lieu canton des Herbiers, Pierre Pineau cultivateur, Charles Bordelais assesseur du juge de paix et Joseph Blaise maréchal taillandier demeurant tous commune D'Ardelai et des Herbiers. 

      Lesquels comparans nous ont affirmé et attesté avoir parfaitement connu feu Mathurin Pineau et parfaitement connoître Perrine Durand aujourd'hui sa veuve, avoir une parfaite connaissance que le feu Mathurin Pineau a été tué par méprise et par accident par une sentinelle républicaine il y a environ trois ans, qu'il étoit un excellent patriote, qu'avant l'insurrection de la Vendée, il étoit officier municipal de la commune qu'il étoit le procureur, que de son mariage légitime avec la dite Perinne Durand, aujourd'hui sa veuve sont issus cinq enfants dont le plus jeune est un garçon âgé d'environ cinq ans ; qu'ils ont une parfaite connaissance que lors de l'incendie qui fut mise aux Herbiers par les troupes républicaines la veuve Pineau s'y trouva avec ses enfants au nombre desquels étoit son fils le plus jeune* - atteste de plus (illisible) l'un des comparants avoir vû la dite Pineau et son fils à Mortagne lors de l'évacuation des habitants de la commune des herbiers en la dite commune de Mortagne lors du brûlement des maisons de la dite commune des Herbiers. 

    Ont également comparû François Loizeau meunier et Adélaïde Robert son épouse demeurant à l'Etenduère en la commune des Herbiers lesquels nous ont pareillement attesté et affirmé n'avoir qu'un fils procréé de leur mariage lequel est actuellement demeurant chez eux, et que conséquemment celuy qui est à Laval chez le citoyenne Cribier à Laval n'est point le leur et que c'est probablement celuy de feu citoyen Pineau procureur de la commune d'Ardelai et de Perinne Durand sa veuve. 

    Desquelles déclarations, attestations et affirmation les comparans nous ont requis acte que nous dits notaires leur avons octroïé pour valoir et servir ce que de raison a qui il appartiendra. 

    Fait et passé aux Herbiers étude d'Allard l'un de nous dits notaires ce jourd'huy trois Brumaire de l'an cinq de la République française une et indivisible après midy les comparans après nous on déclaré ne savoir signer de ce enquis exceptés ceux qui ont avec nous signé. 

    signé : Adélaïde Robert – Bourasseau agent – Blanchard agent – Tessier – Billaud notaire – Allard notaire. »

     

    *Perinne Durand a confié à un beau-frère quatre de ses enfants et se réfugie à Hermant près de sainte Hermine avec le plus jeune de ses fils, Louis. 

     

    Sources: 

       

    .(1) Ecrivain : Philippe Ricot. - Ouest Editions – Les Herbiers sous la Révolution – pages 112,113 (ADV-L 347). 

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Minutes notariales des Herbiers - Etude A (1783-an IV) -Henri-René Allard – vues 51,52/434. 

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil – registres paroissiaux d'Ardelay de 1776-1789 – 1743-1763. 

    . Photo: Gallica – estampe non identifiée. 

     

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les circonstances de la mort de Charles-Thimothée Espinasseau 

    seigneur du Fief 

                            

     

     

    La mort de Charles-Thimothée Espinaseau....Nous sommes au tout début du soulèvement de la Vendée. Le Dimanche 7 avril 1793, «le général républicain Boulard, arrivé, à une heure, au pont de la Grassière, s'y voit tout-à-coup arrêté; les Vendéens l'avaient coupé, en se retirant devant lui. Il envoie des travailleurs le rétablir, et pour les protéger, il fait passer à gué le 9ème bataillon de la Gironde avec 30 cavaliers, et les place sur une hauteur opposée. A peine ont-ils pris leur position que, vers deux heures, Joly les attaque sur trois colonnes, les refoule sur le pont par le grand chemin, détruit les ouvrages commencés, enlève 24 bœufs qui traînaient des matériaux et cherche à tourner la colonne Républicaine.

    Pour empêcher d'exécuter ce mouvement, Boulard porte le 1er bataillon de Bordeaux sur la droite pour tourner l'aile gauche de l'ennemi; au même moment, la compagnie des grenadiers et quatre compagnies du 2ème bataillon de Bordeaux marchent droit aux retranchements, et en débusquent les royalistes qu'ils poursuivent jusque sur la hauteur occupée d'abord par le bataillon d'avant garde. Joly père, reçoit une blessure et se retire à Beaulieu avec sa troupe, dans l'intention d'aller à Palluau attendre un renfort considérable de Charette....»  

    C'est au cours de cette action que Charles-Thimothée Espinasseau reçoit une balle en pleine tête... Charles-Thimothée-Modeste Espinasseau seigneur du Fief est né le 18 juillet 1751 à Chaillé-sous-les-Ormeaux, il est parmi les principaux chefs royalistes de la Roche-sur-Yon... Je vais donc laisser la parole aux témoins de ce combat.

     

    «Minute d'attestation de la mort de Charles Espinasseau par les Ciyens St Pal, Dubois et autres du 20 Frimaire an V. 

    Par devant nous nottaire soussigné et dhuement patentés du Département de la Vendée résidant au Tablier et à Chaillé. 

    Feurent pésent les citoyens Joseph Claude Léon Saignard St Pal domicilié à Linaudière commune de St Florent des Bois, Jacques Dubois propriétaire à la Riboullerie de Ronay, Jacques Gallerneau cultivateur à la Merlerie de Chaillé et Pierre Aubin même profession à Rambourg de Némy.

    Les quels nous ont dit avoir parfaitte connessence que Charles Thimottée Espinaceau vivant propriétaire et domicilié dans la commune de Thorigny décédé, âgé d'environ quarante trois ans a péri au combat de la Grassière qui eut lieu entre les troupes de la République et celle des insurgés ; pour le dit Aubin l'avoir vu tomber à ses côstés par l'effet d'une balle qui luy traversa la têste et les autres parties pour l'avoir vu après le combat aux rang des morts, ce qu'ils nous ont affirmé sincère et véritable et de quois ils nous ont requis acte que nous leur avons octroyer pour servir et valloir à qui il appartiendra ce jourd'huy vingt Frimaire an cinq de la République une et indivisible. Lue les parties ont persistés et leurs dires sous les saing des dits Saignard et Dubois, les autres ayant déclaré ne le scavoir de ce enquis. 

    signé : Cousturier notaire – Martineau Notaire Public. » 

     

    La mort de Charles-Thimothée Espinaseau....

    La famille Espinasseau est une famille noble du Bas-Poitou issue entre autre de Charles-Thomas-Modeste Espinasseau seigneur de la Jolivetière, ancien capitaine garde-côte de la compagnie de Saint-Nicolas-sur-Mer, voici la composition de cette famille au moment de la Révolution.

     

    Charles-Jacques-François-Marie Espinasseau, seigneur de la Jolivetière, est né le 7 janvier 1729 à Nesmy et est décédé le 7 Ventôse an XI (26.2.1803) à Chaillé. Il épouse à Thorigny le 10 novembre 1749, Rose -Françoise Rampillon. De cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1° Rose-Véronique Espinasseau, née le 10 août 1750 à Chaillé.

    2° Charles-Thimothée-Modeste Espinasseau, né le 18 juillet 1751 à Chaillé. 

    † tué au pont de la Grassière le  7 avril 1793. 

    3° Nicolas Espinasseau, né le 2 octobre 1752 à Chaillé.

    4° Louis-Pierre-Augustin-René-Fidèle Espinasseau, né le 2.10.1752. Chaillé.

    5° Ouen-Victor Espinasseau † 13 janvier 1783 les Pineaux.

    6° Marie-Françoise Espinasseau, née le 21 janvier 1755, Chaillé.

    7° Charlotte-Françoise Espinasseau, née le 14 janvier 1756, Chaillé.

    8° Thérèse-Françoise Espinasseau, née le 3 mai 1757, Chaillé.

    9° Anne-Marie-Rose Espinasseau, née le 25 juin 1758, Chaillé.

    10° Jean-Victor Espinasseau, né le 23 août 1759, † 26.10.1759, Chaillé.

    11°Françoise Espinasseau, née le 22 août 1761, Chaillé.

     

     

    Sources  

     

    .Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Minutes notariales le Tablier -Etude B de Maître André Martineau  vues 149,150 /452.(1778-an VII, an XII-1825) An IV, an V. 

    .Cadastre napoléonien de Saint Mathurin – 1873-1935 -- le Pont de la Grassière – 3 P 250/15 section D de la Barre 1ère feuille (parcelles 1-129). 

    .Registres état civil de Chaillé-sous-les-Ormeaux -1736-1769 – Thorigny- 

    Chaillé -Nesmy. 

    .Itinéraires de la Vendée Militaire – Journal de la Guerre des Géants 1793-1801 – par P Doré-Graslin – Editions Garnier 1979. 

    .Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau -Tome I – pages 665,666 -  Siraudeau éditeur. 

    .Photo : de l'auteur. 

     

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    « Secrets de Chemins » N° 7…

     

     

    Continuant sur le rythme d’un numéro tous les deux mois, le bulletin des Amis du Pont-Paillat est arrivé par mail chez les 61 membres de notre groupe. Sur les près de 70 pages habituelles, vous pourrez découvrir l’édito de Pierre, vous saurez presque tout du château de Puy Guyon, ancien domaine de Louis-Marie de Lescure, assorti d’une correspondante inédite de sa veuve avec son fermier. Nicolas vous apprendra qui a trahi Stofflet à la Saugrenière, et Nadine vous expliquera qui était Goy-Martinière, auteur du massacre de Bellenoue en Château-Guibert. Le compte-rendu de notre sortie du 24 février clôturera ce bulletin, tandis que le N° 8, particulièrement riche en abominations des colonnes infernales, est déjà en cours de finalisation pour le mois de mai.

    Un grand merci à Anne-Dauphine pour le temps passé afin de nous offrir ce recueil de nos activités.

    RL

    Mars 2019

     

    "Secrets de Chemins" N° 7....

     

     

     


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