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    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds…

     

     

    La « Colline des Moulins » de Mouilleron-en-Pareds est célèbre pour avoir vu passer Westermann qui aurait incendié lesdits moulins en septembre 1793. Arrêtons-nous un peu sur cet événement. Le bouillant autant qu’écervelé général républicain vient d’être acquitté par un tribunal siégeant à Niort de ses pseudo-sympathies pour Dumouriez.

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    On l’avait accusé de la déroute de Châtillon le 5 juillet ; on sait dans quelles conditions et nous n’allons pas y revenir. Le 30 juillet 1793, Westermann est envoyé devant un tribunal militaire siégeant à Niort et il fut acquitté dans « les premiers jours de septembre », selon Savary (1). Avant le 2, en tout cas car il est présent à la Convention à cette date (2)…

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Le 4 septembre, le ministre de la marine signale son acquittement au ministre de la guerre dans une lettre concernant l’embarquement de 400 hommes de la Légion du Nord à Rochefort pour les Iles du Vent. (3)

    Le 13 septembre Chalbos demandait à Rossignol comment l’employer en lui faisant remarquer que sa cavalerie de la légion du Nord lui est indispensable. (4) La lettre du lendemain, de Rossignol à Bouchotte, ministre de la guerre, est sans équivoque sur le sujet. On y apprend que le tribunal de Niort qui acquitta Westermann était une commission provisoire établie par les représentants du peuple « parmi lesquels étoient Goupilleau de Fontenay et Bourdon de l’Oise … On ne peut présumer qu’ils n’ayent pu acquitter Westermann, sans l’avoir favorisé ». (5). Le même jour, il demande à Chalbos de ne l’employer que dans une fonction passive (6). Il précise qu’il n’a aucune confiance en lui malgré son acquittement. De là, le ministre de la guerre lui fait savoir le 17 qu’il ne pense pas que Westermann ait été rendu à ses fonctions par décret et qu’il se trouve toujours sous le coup de sa lettre de suspension du 27 juillet. (7). Le roman feuilleton continue et le 20, Rossignol prévient Chalbos que Westermann doit se conformer à la loi relative aux officiers destitués (8). Ce sont enfin les représentants Bellegarde et Fayau qui prendront la décision le 24 de le maintenir provisoirement sous les ordres de Chalbos (9). Voici la teneur de l’arrêté pris par eux. Je le publie, car il vaut le coup que l’on s’y attarde :

     

    « Au nom de la République française une et indivisible

    Egalité, Liberté, ou la Mort

     

    Nous représentants du peuple réunis à la Chataigneraye instruits par le général Chalbos que Westermann commandant la légion du Nord, ne peut aux termes d’une lettre qu’il a reçu de l’adjoint de la 5ème division près le ministre de la guerre et dont il nous a délivré copie, exercer des fonctions militaires dans les armées.

    Considérant qu’il ne nous est pas parvenu de décrets qui suspendes Westermann de ses fonctions ; qu’il a seulement été renvoyé par la Convention devant un tribunal militaire qui a reconnu son innocence.

    Considérant que la conduite qu’a tenu Westermann depuis qu’il est dans la division commandée par le général Chalbos a constamment été celle d’un républicain ; qu’il a dans plusieurs circonstance donné l’exemple de la bravoure, et que les avis qu’il a ouvert en notre présence nous ont paru que son intention étaient d’exterminer promptement les brigands de la Vendée.

    Considérant que Westermann est la terreur des brigands qui ne le connoissent que sous le nom de féroce Westermann.

    Arretons que Westermann restera provisoirement au poste qu’il occupe et qu’il y remplira les fonctions attachées a son grade jusqu’à ce que le comité de salut public,   auquel nous adressons le présent arreté ait définitivement prononcé sur son compte.

    Fait à la Chataigneraye le 24 7bre 1793. 2ème année de la République française une et indivisible

    Signés J. Fayau et Bellegarde

    Pour copie conforme

    Chalbos »

     

    Je sais, vous allez me demander où je veux en venir. La question du brûlement des moulins de Mouilleron est située au 16 septembre si l’on se fie à la correspondance suivante qui aurait été saisie dans les papiers de Robespierre (10) :

    « N° LXXI.

     

    A Fontenai-le-Peuple, le 19 septembre 1793, l’an II

    de la République.

     

    Hier, l’armée a rétrogradé sans être attaquée ; me voilà de retour à Fontenai ; le soldat est désolé, le peuple armé déconcerté, plus d’un tiers a déserté ; l’on a pour ainsi dire, ni brûlé, ni ôté aucune ressources à l’ennemi ; je ne sais ce que tout cela veut dire, j’en suis bien désolé moi-même. (11)

    Signé Westermann.

             Au citoyen. . . . . . . . .

    _____

     

    Autre lettre de Westermann.

    De la Châtaigneraie, le 16 septembre 1793, l’an II

    de la République française.

     

    Rien de nouveau. Hier, j’ai fait une toute petite expédition, je m’emparai du bourg de Mouilleron, et des hauteurs de treize moulins, et ensuite, à une lieue plus loin, un château à un des chefs des rebelles. J’ai délivré quelque prisonniers des nôtres à Mouilleron ; nous avons tué quelques rebelles et fait plusieurs prisonniers ; l’on m’assure même que plusieurs des membres du comité provisoire de Mouilleron ont été du nombre des tués. 

    Je brûle bien d’envie d’aller plus loin, mais je n’ose, sans être commandé.

    Fayau est revenu de son erreur ; il a vu, par expérience, que la confiance des soldats dans leurs chefs était la force des armées.

    Je vous envoie des imprimés du conseil supérieur de Louis prétendu XVII ; vous verrez que tout est employé pour nous séduire ; entr’autres, vous lirez dans un passage une vérité qui concerne les généraux de la République. Les armées étant purgées des généraux aristocrates, il convient de donner à ceux conservés plus de consistance et de confiance, et à ne pas les faire marcher continuellement à la barre, sur une simple dénonciation d’un premier venu. Il me semble que, pour connaître la vérité, il vaudrait beaucoup mieux faire juger les généraux par les tribunaux établis à la suite des armées, plutôt que de les faire courir à Paris, où vous leur faites perdre leur temps et ruiner leur bourse, sans être à portée d’acquérir les preuves qui n’échapperont point aux tribunaux.

    Les mauvais temps commencent ici ; il est temps que cela finisse. Après cette guerre, je voudrais bien être envoyé avec une légion sur Toulon, ensuite contre les Espagnols.

    Signé Westermann.

    Au citoyen. . . . . . . . .

     

    Avant d’aller plus loin dans l’analyse de la missive qui nous intéresse, arrêtons-nous quelques instants sur cette fascinante colline des moulins de Mouilleron-en-Pareds. Un article de la Société d’Emulation de la Vendée, daté de 1856 indiquait 17 moulins sur le site (12). On en trouve 15 sur le cadastre de 1834. Mais combien y en avait-il en 1793 ? Westermann nous parle de 13 moulins. La carte d’état-major de Géoportail (1820-1860, donc non datée avec précision), semble confirmer ses dires avec effectivement 13 moulins.

    Cadastre de 1834 des AD85 (Tableau d'assemblage, 3P 154 CE 001) :

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

     

    Carte d'état-major (première partie du XIX° siècle, (crédit Géoportail) :

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

    De nos jours, on peut recenser 8 moulins sur place, y compris sur le chemin allant au superbe site de la « Dent-Gaudin ». Les moulins que l’on peut voir aujourd’hui, entiers ou en ruine ont tous été reconstruits au cours du XIX° siècle bien évidemment et n’ont rien à voir avec les moulins bien moins hauts que l’on trouvait à l’époque des Guerres de Vendée. Le lecteur pourra au passage comparer les plans du cadastre et les images de l’IGN afin de se faire une idée de leurs emplacements passés et actuels. A noter que Westermann ne précise pas explicitement qu’il a brûlé les 13 moulins. En revanche le château « appartenant à un chef de rebelles » pourrait bien être le Plessis-l’Amiral au Tallud-Sainte-Gemme. En effet, ce logis avait brûlé durant les Guerres de Vendée et son propriétaire, Jacques-Auguste de la Douëspe avait été emprisonné à Fontenay. Voici ce qu’en dit Léon Audé (13) :

             « Le chemin de Sainte-Gemme nous mène près du PLESSIS-L'AMIRAL, autrefois Plessis-Vincendeau. Ce nom lui vient de Jacques Chrestier-l'Amiral qui y faisait sa demeure en 1640. Le Plessis relevait de la Fosse (com. de Mouilleron). La maison fut brûlée dans les guerres de la Vendée ; elle a été reconstruite vers 1834.

     

             Jacques-Auguste de la Douëspe, sieur de la Biffardière, l'habitait alternativement avec la Biffardière (com. et près du Boupère), avant la révolution. Il avait d'abord accueilli les nouveaux principes, comme une conséquence des théories sociales qui occupaient alors les esprits même dans les classes élevées de la société. Mais les excès de la République n'avaient pas tardé à changer ses dispositions. Homme paisible, d'ailleurs, et inoffensif, il passait pour avoir une grande fortune et beaucoup d'écus. C'était un avantage qui rendait suspect ; être suspect c'était être digne de la mort, et la prison en était le chemin infaillible. 

    Il fut arrêté comme prévenu d'être un des chefs des révoltés, et conduit en prison à Fontenay d'où il s'échappa le tridi, 3 frimaire an II (23 nov. 1793). Le Conseil Général du département fut vivement ému de voir lui échapper un prisonnier si dangereux. Il publia immédiatement une proclamation rappelant que "la peine de mort était la peine prononcée contre ceux qui favorisaient l'évasion des prisonniers ou qui les recelaient ; que la sûreté publique et l'intérêt de la société exigeaient également que cet homme subit la peine due au crime dont il allait être convaincu". 

    Les prisons de Fontenay regorgeaient de détenus voués à la mort comme "suspects". Entassés dans des salles trop étroites pour les contenir, privés d'air, en proie aux maladies et manquant de tout, leur position était affreuse. Que pouvaient-ils craindre de plus ? Aussi les menaces redoutables du Conseil Général n'arrêtaient point les évasions. Le même jour, 3 frimaire, 22 personnes s'échappèrent à la fois. 

    Cependant la proclamation produisit un effet funeste pour la Biffardière. Des gens du pays, ses voisins, l'arrêtèrent aux environs de la Grignonnière où il se tenait caché, et malgré les offres considérables qu'il leur fit, le conduisirent le 9 à Fontenay. Le tribunal criminel le jugea le 11 ; le 12 il était guillotiné. 

    Le Conseil Général décida que "les noms des vertueux citoyens qui ont servi la République en livrant à la vengeance des lois l'un des conspirateurs contre la patrie, en résistant à l'appât de sommes considérables offertes avec instances par La Douëspe pour obtenir sa liberté, seraient inscrits au procès-verbal". 

    La condamnation emportait la confiscation des biens au profit de la République ; le Conseil envoya des commissaires pour saisir les sommes considérables en or et son argenterie que la Biffardière avait cachées à la Rocardière. »

     

    On notera au passage que le Plessis-l’Amiral se situe à 4,5 kms du bourg de Mouilleron soit bien une lieue comme l’indique Westermann...

     

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

     

     

    Ce même 15 septembre 1793, Beffroy fait brûler le château de Sigournais (14). Il n’y aurait donc rien d’étonnant dans l’expédition de Westermann, sauf qu’il n’est pas censé être employé à cette date. De plus sa lettre à Robespierre paraît un peu curieuse quand on lit celle qu’il lui écrit quatre jours plus tard : (15)

     

    « A Fontenay le Peuple le 19 7bre 1793 l’an 2e de la République française une et indivisible.

    Le général de brigade Westermann au citoyen Robespierre représentant du peuple.

     

    Je vous rends compte d’un fait, puisque je sais que vous me connoissés depuis longtems. Ma justification et mon retour à l’armée y a excité beaucoup de contentement, les habitans des environs ainsy que les soldats ont exprimé hautement le désire de marcher sous mes ordres, et ma légion s’est amusée a faire une chanson sur mon retour, cette confiance générale en moi doit me nuire. Voici comme s’est exprimé le citoyen Fayau représentant du peuple ici : « nous savons que Westermann n’est pas un traitre, qu’il est un des plus braves généraux, mais ce grand attachement et la confiance que lui témoigne le soldat pourroit devenir préjudiciable à la République, de sorte je reste ici comme un Jean f (Jean Foutre) sans commandement moi qui n’a gagné la confiance du soldat que par ma bravoure et à la bouche du canon. Si la confiance du soldat en moi est un crime aux yeux des représentants du peuple, je ne sais plus qu’elle est la conduite que je dois tenir, il faudroit absolument que je devienne un lâche pour perdre cette confiance, chose que je ne ferai pas : je vous ai fait part de mes crimes, et j’espère que vous me ferés donner l’absolution, en vous réitérant la promesse de continuer à aussi bien servir la République que j’ai servi la révolution du 10 août. Dans peu de jours nous espérons voir la guerre de la Vendée finie.

    Westermann »

    Westermann et les moulins de Mouilleron-en-Pareds....

     

    A mon humble avis, cette dernière lettre et celle annonçant l’expédition de Mouilleron sont clairement contradictoires et mon esprit reste dubitatif devant la première dont on ne trouve évidemment pas l’original. Pour autant, les détails qui y sont donnés ne peuvent guère provenir que de quelqu’un qui connait le terrain. Une chose est sûre, Westermann ou pas, son supérieur, Chalbos, a ordre d’appliquer les premiers ordres génocidaires des lois des 1er août et 1er octobre 1793. C’est peut-être là quelque chose de tout aussi intéressant que le brûlement des moulins de Mouilleron et qui est passé relativement inaperçu, du moins dans les archives. Ainsi se plaint-il de ne pouvoir exécuter les ordres envoyés par Paris dans une lettre aux représentants Bellegarde et Fayau datée du 26 septembre, soit 11 jours après l’expédition de Westermann. La lettre est très longue mais intéressante et vous allez rapidement comprendre pourquoi (16) :

     

    « République française une et indivisible

    A la Chateigneraye le 26 septembre 1793, l’an 2eme

    Chalbos général de division.

    Aux citoyens Fayau et Bellegarde représentans du peuple près l’armée des côtes de la Rochelle.

    Citoyens représentant du peuple.

     

    Je réponds à votre arrêté d’hier 26 et que j’ai reçu de vous aujourd’hui à une heure après midy. Les considérants que le précèdent sont de nature à exiger de moi une réponse catégorique et républicaine.

    Chalbos cite l’arrêté en marge de sa lettre :

    Arrêté.

    Au nom de la république française liberté, égalité ou la mort.

    Nous représentans du peuple près l’armée des côtes de la Rochelle.

    Instruites par la voix publique que le décret du premier aoust ne reçoit dans le pays occupé par la division commandée par le général Chalbos qu’un simulacre d’exécution.

    Réponse.

    Vous avés été instruites par vous-mêmes, mieux que par la voye publique de la conduite de l’armée à mes ordres. Vous êtes venus avec elle a la Chateigneraye, vous l’avés quitté avec elle, vous l’y avés accompagnée à son retour, vous avés assisté aux expéditions ; aux invasions qu’elle a faites.

    Si vous entendés par ces mots le vaste pays occupé par les divers corps d’armée de Partenay jusque au-delà de Luçon, il est évident que je n’ai pu y influder que par ma correspondance, et elle prouve que je n’ai rien négligé pour assurer le maintiens de la république, et l’exécution de ses loix. Si vous entendés la division armée qui s’est portée de Fontenay à la Chateigneraye, il me suffira de vous rappeler les faits, et votre loyauté rendra hommage à la vérité.

    Cette inculpation est extrêmement grave, mais je ne vois pas comment je peux être responsable de ce crime capital, s’il existe ; cherchons quel est le coupable.

    Ce n’est pas sur la direction de la force armée que porte le reproche toujours subordonné dans ses mouvemens aux ordres supérieurs. L’armée s’est conformée aux arrêtés des conseils de guerre, et aux ordres du général en chef.

    Serai-ce sur ce que l’on a pas enlevé toutes les femmes, les enfans, les vieillards, les récoltes etc comme vous lavés dit ce matin ? En ce cas ce n’est pas à moi que doit s’adresser votre arrêté. La force armée doit protéger l’autorité civile chargée de l’éxécution des articles 7 et 8 de la loy du prémier aoust ce ne sont pas les soldats qui doivent enlever les vieillards, les enfans, les femmes, les enfans les récoltes etc. Ce n’est pas au général qu’il appartient de l’ordonner et vous avés consacré vous-même cette vérité en approuvant et ordonnant la publication de l’arrêté de vos collègues à Saumur sur un arrêté du département de Mayenne et Loire qui crée une commission civile à la suite de l’armée pour faire les procès-verbaux, les réquisitions et les désignations nécessaires pour l’éxécution de la loy du premier aoust.

    Cette commission n’est pas formée ici d’après ces arrêtés mais elle est suppléé par l’assemblée des membres des autorités constituées réunies de la Chateigneraye, et des commissaires du département, sous les yeux de deux représentans du peuple. Des commissaires de cette assemblée marchent toujours avec les différents détachements. Je n’ai jamais manqué de la prévenir des mouvements de l’armée, et le 23 septembre, épôque du premier détachement que j’avois concerté avec vous, devoit être porté sur Saint Pierre du Chemin. Je chargeai un adjudant général de lui annoncer. Voici la lettre qu’il écrivit à trois heures ¼ du matin et dont je joint à cette réponse une copie certifiée par les corps administratifs.

    République française une et indivisible.

    La Chateigneraye le 23 septembre 1793, l’an 2ème à 3 heures1/4.

    L’adjudant général Constantin Faucher, aux citoyens composant les autorités constituées réunies à la Chateigneraye.

    L’armée fera aujourd’huy un mouvement citoyens, et sa direction sera Saint Pierre du Chemain. Elle s’avancera sur deux colonnes, vous voudrés bien faire commander des voitures et prendre les autres précautions nécessaires pour l’éxécution de la loy du premier aoust de cette année.

    Salut et fraternité,

    Signé : Constantin Faucher.

    Le citoyen Bellegarde, l’un de vous, marcha avec une des colonnes et quand l’armée fut parvenue au ci-devant château de la Ménardière, les commissaires civils, sous les yeux du citoyen Bellegarde, firent enlever les meubles, les livres et le bled qu’il renfermait. Ce n’est pas au général qu’on doit s’ne prendre si les voitures requises ne suffirent pas pour tout emporter.

    Déjà une quantité de bœufs, moutons, mulles, a été conduite à Fontenay par divers détachements de l’armée.

    J’observerai aussi qu’au moment de l’évacuation de la Chateigneraye le 18 septembre, je fis décharger dix sept charrêtes de foin ; je remis ces dix sept voitures à la disposition des commissaires des autorités constituées réunies pour être employées a mener les vieillards, les femmes, les enfans et les éffets.

    Chalbos reprend le texte de l’arrêté :

    Considérant qu’en n’employant que des demi-mesures contre les brigands de la Vendée ce serait autoriser leurs crimes, leur pretter des forces et de manquer à la loy.

    Arrêtons que le général Chalbos demeure responsable des retards qu’il apporteroit à l’éxécution de la loy du prémier aoust dernier.

    Fait à la Chateigneraye le 25 septembre 1793, l’an 2ème de la république française une et indivible.

    Signé J.P.M. Fayau et Bellegarde.

     

    C’est une grande vérité.

    Parce que je viens de vous exposer il est évident que cet arrêté ne peut me regarder, et autant j’appelle sur ma tête la responsabilité des mes devoirs et sur ma conduite, la surveillance salutaire des réprésentans du peuple, autant je dois éloigner de moi par l’éxposé de la vérité, toute opinion de méprise.

    Il est de justice exacte et par conséquent j’attends avec confiance de vous que vous allés retirer cet arrêté, et en instruire le comité du salut public et la convention nationale.

    Je dois aussi, citoyens représentans, vous prier de faire observer au comité du salut public que l’éxécution des articles 6 et 7 de la loy du prémier aoust éprouve des difficultés et des lenteurs momantanées de circonstances.

    Par l’abbattement des forêts et des grands arbres dont le pays est couvert, je vous ai observé encore hier au matin quand vous avés visité l’armée dans ses postes de bataille, que les pionniers n’avançoient que lentement un travail aussi considérable, qu’ils ne pourroient jamais suffire, et je vous ai demandée les réquisitions que vous jugeriés devoir nous procurer des outils ou instruments propres à occuper les citoynes levés en masse et réunis à l’armée. Ils sont nombreux et auroient bien plus vite découvert le pays qui nous entoure et fait ce grand abbattis.

    Quand à l’incendie ordonné par l’article 6, la force de la sève, la pluye ou le tems humide, ont empêché le feu de s’étendre. J’ai donné tous mes soins à l’application de la loy. Il y a toujours eu un officier de l’état-major présent aux tentatives multipliées tous les jours Devant vous encore hier matin j’en donnois l’ordre ; et pendant que vous observiér du haut des roches le pays occupé par les rébelles vous vites au bas que ce fut en vain qu’on essayes de bruler les bois qui l’avoisinnent.

    Le général de brigade Le Gros que j’ai chargé spécialement de bruler les bois, les taillis, les genets qui sont entre la Chateigneraye et Cheffois  l’a essayé à plusieurs reprises chaque jour, et il me rend compte, à l’instant qu’il a fait de nouveaux éssais aujourd’huy et encore en vain.

    Le citoyen La Brétonnière ingénieur adjoint à l’armée ; reçut hier ordre de faire un nouvel essay en votre présence à deux heures. Il vous attendit inutilement. Il fit les essais et ne réussit pas. Vos occupations ne vous permirent pas-sans-doute de vous y trouver.

    D’après cet exposé, citoyens représentans du peuple, je vous le répête, il est d’une justice rigoureuse que vous retireriés cet arrêté, qui au moins présume contre moi une négligence coupable. Ce n’est pas quand un homme a passé comme moi une longue vie dans l’observation exacte de ses devoirs, qu’il peut-être indifféremment acusé d’y manquer ; ce n’est pas quand comme moi il doit tout  la bienfaisance nationale qu’il peut-être désigné comme indifférent sur ses loix. Vous connoissés ma franchise et la pureté de ma conduite et des mes principes. Je vous demande la justice que vous me dévés et que dévés avoir à me rendre.

    P.S. Le citoyen Coyaud procureur sindic du district de la Chateigneraye m’a demandé ce matin d’aller avec un détachement à St Hillaire des-Vous (Saint-Hilaire-de Vouhis), la Loge Fougereuse et le Busseau. A son retour, au moment même, il annonce que ces différentes communes sont pleines de bon citoyens : le citoyen Perreau-maire de la Loge Fougereuse, qui est avec lui, atteste aussi que les habitans de ces communes désirent se joindre aux républicains armés et qu’ils sont réunis pour défendre leurs propriétés et leurs personnes contre les rébelles.

     

    Pour copie conforme

    Chalbos »

     

     

     

    On sait que les  préconisations de Barrère pour en finir avec la Vendée ne pourront être appliquées et Turreau n’aura guère plus de succès avec ses colonnes infernales. Toutes ses préventions étant l’œuvre de citadins à l’horizon limité, aussi bien géographiquement qu’intellectuellement, il était évidemment impossible de déplacer des populations sur une aussi grande étendue de terrain et encore moins possible de brûler d’immenses forêts, à plus forte raison en pleine mauvaise saison. En attendant, à la fin septembre, le général Lecomte à peur des Vendéens. (17)

     

    « Mouilleron ce 28 7bre 1793, l’an 2 de la R.

    Le général de brigade Lecomte au général de division Chalbos.

    Citoyen

    Les patrouilles que je fais faire m’ont rapporté qu’elles avoient apperçu un détachement d’environ cent hommes d’infanterie et trente de cavalerie ennemie. Il a été tiré deux coups de pistolet d’assés loin. Je vous oberverai que l’état désespérant où se trouve ma petite armée me fait craindre une retraite plus prompte sur vous. Veuillés dans ce cas m’assigner le poste que vous me confieriés à la Chateigneraye : cette réunion oterait, je pense, la frayeur qui domine les soldats : je crois cependant que, de quelque manière que les choses tournent, j’irai cette nuit rejoindre avec le plus grand secret l’armée dont je fais partie. C’est le vœu unanime de tous les chefs de corps, vu les dispositions qui règnent dans les esprits et c’est l’unique moyen de tirer bon parti de ces troupes. Une des raisons qui nous force à prendre invariablement cette détermination c’est que j’apprends à l’instant du général Beffroy : il sera attaqué demain sans doute par l’armée de Charrette qui est à la Roche-sur-Yon et qui manifeste le dessein d’emporter Luçon ; puissant motif encore, c’est le manque absolu de vivres : le général Beffroy veut que je lui renvoye les trente dragons sur lesquels je comptois le plus et il parait fortement désirer ma rentrée. Je ne puis rester sans un ordre précis de votre part et, s’il faut dire la vérité, je ne sçaurais vous répondre du poste.

    Le général de brigade

    Lecomte

    Pour copie conforme

    Chalbos »

     

    Westermann a-t-il réellement brûlé les moulins de Mouilleron ? Quel crédit peut-on apporter à une lettre dont on ne trouve pas l’original et qui semble très en avance sur une autre, d'une manière assez suspecte ? Dans l’une on y apprend que «  Fayau est revenu de son erreur » et dans une autre, vérifiable celle-là, le même Fayau est vilipendé pour son défaut de confiance envers Westermann, auteur des deux missives… Peut-être en apprendrons-nous davantage dans des recherches ultérieures mais en attendant, nous avons pu voir à quel point les lois des 1er aôut et 1er octobre étaient inapplicables. Il est donc clair que la population vendéenne était d’ores et déjà vouée à une extermination globale, sans distinction d’opinion, de sexe ou d’âge.

     

    RL

    Août 2018

      

     

    Notes :

     

    (1)  Savary, tome 1er, p. 363 et sq.

    (2)  Moniteur N° 246 du mardi 3 septembre 1793. Réimpression, p. 551.

    (3)  Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/6-51, v. 1 et 2/8.

    (4)  SHD B 5/6-68, v. 12/12.

    (5)  SHD B 5/6-69, v. 13 et 14/14. A lire absolument pour ceux qui s’intéressent réellement aux Guerres de Vendée en profondeur.  

    (6)  SHD B 5/6-70, v. 10/18, bulletin analytique isolé faisant référence au registre de correspondance B 5/107, v. 60/88. 

    (7)  SHD B 5/6-75, v. 7 et 8/16, bulletin analytique compris. 

    (8)  SHD B 5/6-83, v. 11/20. Bulletin analytique isolé se rapportant au registre de correspondance B 5/107, v. 68/88. 

    (9)  SHD B 5/6-91, v. 2 à 4/6. Egalement aux Archives Nationales, AF II 271-7, v. 10 et 11/19 (Missions des représentants du peuple, série alphabétique, Bellegarde). 

    (10)         « Collection des mémoires relatifs à la révolution française, papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Fayan, etc. » Paris, Baudouin, 1828, tome III, p. 223.

    (11)         Beffroy évacue Mouilleron le 18 septembre. Chalbos à reçu l’ordre de Rossignol de lever le camp de la Châtaigneraie le 16 et de se replier sur Fontenay. Savary, tome II, p. 157 et 158.

    (12)         Léon Audé in Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, deuxième année, 1856, p. 235.

    (13)         Ibid, p. 222 à 224.

    (14)         Savary, tome II, p. 157.

    (15)         Archives Nationales, D XLII 3-24, v. 1 et 2/15. Missions des représentants du peuple et comités des assemblées révolutionnaires, Comité de salut public.

    (16)         SHD B 5/6-96, liasse entière.

    (17)         SHD B 5/6-99, v. 11 à 13/13, bulletin analytique compris.

     

     

     

     


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    René Brÿ de la paroisse de la Plaine, 

    cavalier d'ordonnance de Monsieur Henry... 

     

               

     

    René Brÿ....René Brÿ est né et a été baptisé le 15 avril 1774 à la Plaine. Il est le fils de Jean Brÿ, notaire et de Demoiselle Charlotte Richaudeau, son parrain a été Jean-Nicolas Brÿ, son frère et marraine Charlotte-Marie-Victoire Brÿ, sa sœur.

             Il participe à toutes les batailles et combats de la Vendée et d'outre-Loire comme cavalier d'ordonnance de Monsieur Henry, partageant ainsi tous les dangers avec son général. Il semble avoir été blessé, car il a une infirmité de la jambe droite occasionnée par la guerre. Il exerce la profession de fabricant de mouchoirs.

    Le 27 janvier 1806, à 31 ans, il épouse à Rablay une parente : Nicolle Brÿ, âgée de 18 ans, née le 7 septembre 1787 à Rablay, fille de  Nicolas Brÿ, maître chirurgien-officier de santé et de Renée Rompillon (vue n° 316/345 baptême 1787 Rablay -vue n°45/126, mariage). De cette union sont issus :

     

    1° Georges-Abel Brÿ, né le 24 avril 1807 à la Plaine.

    2° Victor-Anne Brÿ, né le 13 juin 1808 à la Plaine.

    3° Joséphine Brÿ, née le 16 août 1810 à la Plaine.

    4° Eugène-Aimé Brÿ, né le 28 avril 1812 à la Plaine.

    5° Eugénie-Léonore, née le 29 décembre 1821 à la Plaine.

    6° Louise-Adèle Brÿ, née le 8 octobre 1824 à la Plaine.

     

    René Brÿ....

    Le 30 mai 1825 il dépose une demande de pension à la Plaine sous le n°11.

     

             « A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire à son hotel. 

     

    A l'honneur de vos exposer René Brÿ fabricant demeurant à la Plaine canton de Vihiers arrondissement de Saumur département de Maine et Loire ; qu'il s'est constamment montré, avec zèle et dévouement pour la cause sacrée du trône et de l'autel pendant toute la durée de la guerre de la Vendée et dans la campagne d'outre Loire étant cavalier d'ordonnance de feu Monsieur Henry de la Rochejacquelin général en chef de l'armée ayant été présent avec lui dans tous les combats qui ont eu lieu dans la Vendée, qu'outre et Loire ce considéré Monsieur le Préfet à l'honneur d'exposer qu'il est père de six enfants et ayant une infirmité à la jambe droite occasionnée par la guerre qui l'empêchent de travailler, ayant peu de bien pour vivre et pour élevé sa famille, il vous supplie de daigner le faire jouir des biens faits accordés par sa Majesté par son ordonnance du 3 décembre 1823 et de son ordonnance du 4 août 1824 aux vrais soldats Vendéens ce qu'octroyant ayant égard à sa famille qu'il a mérité par sa bravoure. 

    Le suppliant prend la liberté d'assurer de ses sentiments respectueux et de redire : l'exposant a perdu près de six mille francs dans les guerres de la Vendée. 

    Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur et de notre auguste Monarque, le fidèle sujet.   

     

             Signé R. Brÿ. » 

     

             Certificat des officiers :

     

    « Armée Royale d'Anjou et de Haut-Poitou – Etat de service de Brÿ René. 

    En quatre vingt treize ayant fait toute la campagne et en quatre vingt quatorze ayant passé la rive droite de la Loire, s'étant trouvé à toutes les batailles qui ont eu lieu en Brétagne sous les ordres de feu Monsieur Henry de la Rochejacquelin, ayant été toujours de son escorte et ayant perdu dans cette guerre près de six mille francs. 

             Nous Jean Ménard Chevallier de l'Ordre de Saint-Louis et Militaire de Saint-Louis, ancien chef de Division - Armand Débillot adjudant-major de la deuxième Division du 4ème corps et Jacques Chalet capitaine de la dite division. Certifions que le nommé Brÿ René a servi sous nos ordres en qualité de cavallier d'ordonnance de feu Mr Henry de la Rochejacquelin général en chef de la dite armée royale Vendéenne.  

             En fois de quoi nous lui délivrons le présent pour servir et valoir ce que de raison. Fait à la Plaine le dix neuf mai mil huit cent vingt cinq. 

     

             signé : Menard chef de Division – Debillot – Challet. » 

     

    René Brÿ....

    René Brÿ est décédé à la Plaine, le 20 juillet 1852. 

    (vue n°168/187 la Plaine)

    Joséphine-Nicole Brÿ est décédée à la Plaine le 1er mars 1863.

     

    Sources:   

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : René Brÿ - dossier 1M9/-92. - copie du certificat de services- pièce n°2/5) 

    Registres d'Etat civil de la commune de la Plaine et Rablay-sur-Layon.  

    Photo: de l'auteur. 

     

                                                          

                             

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Chemins secrets prend des vacances…

     

     

    Comme chaque année « Chemins secrets » prend quelques jours de vacances. Ce sera cette fois-ci  dans le Cantal, pour visiter églises et châteaux et sans doute aussi sur les inévitables traces de Carrier. Pendant une semaine, nos préoccupations seront surtout à la détente et à l’exploration de ces contrées du Massif Central que nous aimons tant.

    La rentrée sera propice à la publication d’une documentation inédite concernant Boismé, Cerizay et un célèbre personnage lié aux Guerres de Vendée. Le travail ne manque pas et je vous réserve par ailleurs une petite surprise à l’entrée de l’automne…

    En attendant, bonnes vacances et bon repos à tous !

     

    RL

    Août 2018

     

    Chemins secrets prend des vacances....


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    Année 1797 à Précigné, département de la Sarthe. 

    Cacher un prêtre réfractaire peut coûter très cher... 

                   

               

     

    La famille Arouet....Dans ce blog nous parlons très peu de la chouannerie étant, pour la plupart, descendants de Vendéens, nous faisons une ''fixette'' sur le Sud Loire. La chouannerie en Sarthe et en Mayenne n'est pas animée, non plus, par beaucoup de passionnés du clavier, il faut bien le dire.

     

    L'histoire de la famille Arouet-Harrouët exploitant la closerie de Monplaisir, commune de Précigné dans le département de la Sarthe va nous donner une idée de ce qui se passait au Nord de la Loire en 1797. Pour avoir caché un prêtre réfractaire, la famille entière va être jetée en prison et la maison mise au pillage par la racaille républicaine locale.

    En effet, ces braves gens cachent Monsieur l'Abbé Glatier, vicaire de Précigné qui a refusé le serment, ils seront dénoncés par les collabos de l'époque... l'abbé Glatier sera guillotiné à Tours le 24 mars 1798.

    La famille Arouet....

    Nous laisserons donc la parole à Guillaume-François Arouet, âgé de 16 ans au moment des faits. Il fera lui-même une demande de pension comme ancien combattant royaliste pour la période de 1815 ; un certificat de service lui sera d'ailleurs délivré le 27 août 1815 par le chef de la Légion de Beaumont.

     

     

    Canton de Sablé, le 25 mai 1825 – acte de notoriété constatant les services militaires et les pertes de Arouet Guillaume-François.

     

    « L'an mil huit cent vingt cinq, le vingt cinq mai. 

     

    Devant nous Joseph-Louis Bouvet juge de paix du canton de Sablé, arrondissement de la Flèche, département de la Sarthe ; sont comparus les sieurs : 

     

    1°Julien Brichet, garde champêtre de la commune de Précigné, ancien capitaine de la compagnie de Précigné. 

    2° François Daillère, ancien capitaine cdt la compagnie de Notre-Dame-du-Pé. 

    3° Pierre Piou, maire de la commune de Notre Dame du Pé, ancien soldat royaliste. 

     

    Lesquels ont attesté comme chose de notoriété publique et qui est à leur connaissance particulière qu'en 1797, Monsieur Glattier prêtre non assermenté ayant été découvert dans une cache au lieu de Monplaisir commune de Précigné, tous les meubles, effets, bestiaux furent livrés au pillage et emmenés à Sablé ainsi que Guillaume Arouet et ses enfants qui faisaient valoir le dit lieu de Monplaisir ; conduit de prisons en prisons jusqu'à l'Ille de Rhé, ramené dans celles du Mans pour y être jugé militairement et enfin délivré au commencement de 1800 par le corps d'armée Royale commandé par Mr le comte de Bourmont  ; 

    Que Arouet Guillaume-François fils du dit « Julien », ici présent et qu'ils déclarent bien connaître né à la Chapelle-d'Aligné le vingt six août mil sept cent quatre vingt a lui-même servi la cause Royale dans les Cent-Jours de dix huit cent quinze ; qu'il était soldat dans la compagnie de Morannes, capitaine Le Brun et qu'enfin la perte résultant du pillage qui eut lieu à Monplaisir peut être évaluée sans exagération à mille francs ; les attestants ajoutant qu'à raison de l'éloignement des temps, ils ne peuvent faire le détail des meubles, effets et bestiaux perdus. 

    De quoi nous avons à la réquisition du dit Arouet Guillaume-François, rédigé le présent acte de notoriété conformément à l'Ordonnance du Roi du 29 décembre 1824, et ont les attestants signés avec nous. 

    Fait à notre domicile à Sablé les dits jour et an.   

    Ont signé : Julien Brichet, ancien capitaine – Daillère, ancien capitaine – Piou – Bouvet, juge de paix. » 

    La famille Arouet....

     

    Voici la composition de la famille Arouet jetée sans ménagement en prison en 1797 et délivrée par les armées Royales au Mans en 1800 :

    Guillaume Arouet, fils de Guillaume Arouet, closier et de Catherine Manceau épouse le 27 juin 1768 à Précigné, Renée Pontillon, fille de Michel Pontillon, closier et de Renée Berrué (vue n°95/462 – Précigné 1761-1791). De cette union sont issus :

     

    1° Catherine Arouet, née le 13 septembre 1769 à Précigné.

    2° Jeanne Arouet, née le 12 novembre 1771 à Précigné

    3° Marie-Perrine Arouet, née le 6 septembre 1775 à Précigné.

    4° Perrine-Marie Arouet, née le 12 mai 1777 à Précigné.

    5° Guillaume-François Arouet, né le 26 août 1780 à Précigné. 

     

    Guillaume-François Arouet épouse le 21 Brumaire de l'an 14 (16 novembre 1805) à Morannes dans le Maine-et-Loire, Anne Guilleux, née à Cheffes le 5 octobre 1772, fille de François Guilleux, laboureur et de Anne Touchet (vue n°172/334, Morannes).

     

             De cette union sont issus :

    1° François-Julien-René Arrouet, né le 30 septembre 1806 à Morannes.

    2° Jean Arrouet, né le 16 janvier 1809 à Morannes.

    3° Louis Arrouet, né le 4 janvier 1814 à Morannes.

     

    Guillaume Arouet père décède le 3 novembre 1805, à l'âge de 62 ans, au lieu-dit de la Villaine à Morannes.

     

    Sources:   

    Archives Départementales de la Sarthe et du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Arouet Guillaume - dossier 1M9/-26. - copie du certificat de services - pièce n°8/8. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Précigné et de la Chapelle-d'Aligné. Signature de l'Abbé Glatier en 1791, vue n°276/279 Précigné. 

    Photo: de l'auteur. 

                                                         

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Joseph Ogereau de la Roche Malard, paroisse de Melay, 

    ses trois frères sont tués au combat. 

                   

                   

     

    Joseph Ogereau....Joseph Ogereau-Augereau est né le 13 décembre 1761 à Melay près de Chemillé et a été baptisé le 14 décembre. Il est le fils de Joseph Ogereau, métayer à la Roche-Malard et de Marie Martineau.

    En 1825 le maire de Melay nous informe que trois de ses frères ont été tués au service du Roi ainsi que trois frères de son épouse, la famille Bidet de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde.

    Afin d'identifier les tués de 93, nous avons reconstitué la famille telle qu'elle se présentait au moment de la Révolution.

    Joseph Ogereau père, épouse à Melay, le 27 novembre 1752, Françoise Morin qui décède le 9 mai 1756 à l'âge de 31ans. De cette union sont issus :

     

    1° Louis Ogereau, né le 10 octobre 1753 à Melay.

    2° Louise-Françoise Ogereau, née le 6 mai 1756 à Melay. Le 5 juillet 1757, il se remarie à Melay avec Marie-Angélique Martineau âgée de 24 ans, d'où :

     

    1° Jacques Ogereau, né le 3 septembre 1758 à Melay - tué.

    2° Marie Ogereau, née 10 février 1760 à Melay.

    Joseph Ogereau, né le 13 décembre 1761 à Melay.

    4° Jean Ogereau, né le 13 décembre 1761, † 20 février 1762 à Melay

    5° Mathurine Ogereau, née le 3 novembre 1763 à Melay.

    6° Louise Ogereau, née le 9 décembre1765 à Melay.

    7° René-Marie Ogereau, né le 8 février 1768 à Melay - tué.

    8° François Ogereau, né le 16 avril 1770 à Melay - tué.

    9° Jean Ogereau, né le 16 avril 1770 à Melay, frère jumeau. †17.12.1811 Saumur.

     

    Il est donc très vraisemblable que Jacques, René-Marie et François Ogereau furent tués dans les combats de 1793 et 1794, Louis Ogereau, le demi-frère, aîné de la famille, âgé de 40 ans en 1793, me semblant trop avancé en âge pour prendre les armes.

    En 1793, Joseph Ogereau participe à toutes les prises et reprises d'armes jusqu'à la pacification et est blessé à plusieurs reprises, la première blessure ayant été reçue au côté droit, entre le Bois Grolleau et Vezins.

    Au moment de la pacification, le 5 Ventôse de l'an VI, (23 février 1798), il en profite pour épouser à Melay, Jeanne Bidet, née le 20 mai 1773 à Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, fille de Jean Bidet, métayer, et de Perrine Caillault (vue n°15/124 – mariages an V-1814 Melay) d'où sont issus six enfants :

     

    1° Jeanne Ogereau, née le 26 Ventôse de l'an VI... (16 mars 1798) à Melay.

    2° Françoise Ogereau, née le 9 Ventôse de l'an 10 (28 février 1802) idem.

    3° Marie Ogereau, née le 4 Ventôse an 12 (24 février 1804)  idem.

    4° Renée-Michelle Ogereau, née le 29 Frimaire an 14 (20 décembre 1805).

    5° Jeanne-Florence Ogereau, née le 27 février 1809 à Melay.

    6° Jean Ogereau, né le 26 octobre 1811 à Melay.

     

     

    Le 20 mars 1824 il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « A son Excellence le Ministre de la Guerre, 

     

    Monseigneur,

     

    Le Nommé Augereau Joseph, métayer, né à Melay canton de Chemillé (Maine et Loire) et y domicilié, à l'honneur de vous exposer qu'il a servi avec honneur et bravoure dans les armées de l'Ouest dites de la Vendée à toutes prises et reprises d'armes depuis 1793 jusqu'à la Restauration ; étant père de famille de six enfants, il a recours à votre Excellence Monseigneur, il vous supplie de le comprendre dans les dons accordés par sa Majesté eu égard à ses blessures. 

    Ce qu'octroyant, vous ferez justice à un père de famille qui en sera éternellement reconnaissant. 

    A Melay, le 20 mars 1824, le dit Augereau a déclaré ne savoir signer 

    signé Aug de la Béraudière, maire. » 

     

    Nota  : 

     

    « Le dit Augereau Joseph a perdu trois de ses frères en combattant dans les rangs de l' Armée Royale de la Vendée et sa femme a perdu trois de ses propres frères qui combattaient pour la même cause, ce que nous certifions, nous maire de la commune de Melay. 

     

    Signé Aug de la Béraudière Maire – le 2 mai 1824.» 

     

    Certificat de notoriété :

    «  Le 29 avril 1824  

     

        Devant nous Jacques-Charles Thibault juge de paix du canton de Chemillé arrondissement de Beaupréau, département de Maine et Loire assisté du Sieur Paul Pousset notre greffier, sont comparus Messieurs :

     

    1° Joseph Lambert, tisserand âgé de quarante six ans 

    2° Jacques Dixneuf métayer âgé de cinquante six ans. 

    3° Pierre Rompillon métayer, âgé de cinquante ans. 

     

    Lesquels nous ont déclaré et certifié que le sieur Ogereau, métayer demeurant de la commune de Melay a servi dans l'Armée Royale Vendéenne à toutes les prises et reprises d'armes et qu'il a reçu une blessure au côté gauche entre le Bois Grolleau et Vezins et une autre blessure au doigt majeur de la main droite ; qu'il s'est toujours très bien comporté en brave soldat vendéen. 

    Ce qu'ils nous affirment sincère et véritable et ont les dits témoins signé avec nous et notre greffier après lecture, fort le dit Rompillon qui a déclaré ne le savoir faire, de ce enquis.  

    signé Lambert – Jacques Dixneuf – Thibault – Pousset, greffier. » 

    Joseph Ogereau....

     

    Joseph Ogereau est décédé le 16 octobre 1839 à Melay. 

    Jeanne Bidet, son épouse, est décédée le 28 mars 1849 à Melay. 

     

    Sources:   

    Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Joseph Ogereau-Augereau - dossier 1M9/-29. - copie du certificat de notoriété - pièce n°2/7. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Melay et généanet.  

    Photo tirée de « Secrets de chemins n°4 » - Juillet-Août 2008, d’après l’affiche du film « Jean Chouan », 1926. 

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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