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    Pierre-Marie Bouyer de Frossay...                     

     

        

     

    Pierre-Marie Bouyer....Proposé pour un sabre d’honneur puisqu’il n’a pas pu bénéficier d’un secours en raison de son aisance...

    Pierre-Marie Bouyer sert comme sergent-major dans la cavalerie Vendéenne du 3ème Corps, Division du Pays de Retz en Loire-Inférieure et plus précisément, il s’occupe du secrétariat du Commandant de la cavalerie.

      Il fut certainement un brillant cavalier puisque ses chefs le proposent pour recevoir un sabre d’honneur. C’est un personnage aisé, à la tête d’une famille nombreuse. En 1825, il est agriculteur, adjoint du maire de sa commune, trésorier de la Fabrique et propriétaire.

     

    Voici ce qu’on dit de lui :

     

    « La conduite fut toujours digne d’éloges dans toutes les occasions. Sa famille est nombreuse et il est au dessus du besoin. N’ayant par conséquent pas été admis aux secours, la Commission le présente avec intérêt pour la récompense honorifique qu’il a bien mérité par ses signalés services. » 

     

    Pierre-Marie Bouyer....

    Pierre-Marie Bouyer....

    Pierre-Marie Bouyer est né le 24 mars 1778 au manoir du Pin ou Pain, dans le bourg de Frossay, au foyer de Pierre Bouyer, Maître tonnelier et marchand et de Marie Julienne Hoiry. Il se marie le 23 Brumaire an 12 (5 novembre 1803 à Frossay) avec Anne Dousset, née le 23 mars 1780 La Championnière à Frossay. De cette union sont issus :

    1° Pierre Bouyer, né le 20 Brumaire an 13 (11 novembre 1804) à Frossay.

    2° Marie-Perrine Bouyer, née le 5 décembre 1806 à Frossay.

    3° Joseph-François Bouyer, né le 29 mars 1808 à Frossay.

    4° Anne Bouyer, née le 1er mars 1810 à Frossay.

    5° Marie-Louise-Elisabeth Bouyer, née le 29 mai 1813 à Frossay.

    6° Jean-Marie Bouyer, né le 1er janvier 1816 à Frossay.

    7° Jeanne-Marie Bouyer, née le 6 mai 1818 à Frossay.

    8° Augustin-Marie Boyer, né le 4 septembre 1822 à Frossay, † 13 septembre  1822 à Frossay.

    9° Charles Bouyer, né le 14 janvier 1824 à Frossay † le 26 avril 1824 à Frossay.

    10° Charles-Marie Bouyer, né le 12 juin 1825 à Frossay, Prêtre.

     

    Pierre-Marie Bouyer....

    Pierre-Marie Bouyer....

    Pierre-Marie Bouyer est décédé à la Cour du Pain à Frossay, le 14 septembre 1849 à l’âge de 71 ans.

    Pierre-Marie Bouyer....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. - Pensions et gratifications accordées aux anciens combattants des Armées Royales de l’Ouest- tableaux par département – Loire-Atlantique – Etat nominatif de 9 combattants proposés pour des récompenses honorifiques – Class SHD XU 29-23 – 24 novembre 1825 – le n°5 Bouyer Pierre-Marie – vue n°2/3. 

    . Archives départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés – Registres paroissiaux de Frossay, acte de baptême de Pierre Marie Bouyer – année 1778 – vue n°10/23. 

    Acte de décès de Pierre Marie Bouyer, année 1849, acte n°48 – vue n°9/12. 

    Signature de Pierre-Marie Bouyer – actes de naissances de l’année 1824 vue n°1/16. 

    . Généanet – famille Bouyer- arbre de edwige 1406. 

    . Photo : de l’auteur. 

    . Carte Postale de Frossay – Vieux manoir de la Cour du Pain de 1378 – source généanet déposée par Soreaujb. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Louis Coussays, officier chez les Paydrets...

     

                           

     

    Louis Coussays....Qui dit mieux ?  En trois combats il totalise un coup de feu, trois coups de sabres et une coup de baïonnette et rend paisiblement son âme à Dieu le 22 février 1848, dans sa maison, au bourg de Port-Saint-père, à l’âge de 96 ans.

    Le fait d’être resté célibataire, y étant certainement pour quelque chose, situation lui évitant beaucoup de contrariétés… (on peut blaguer non ?)

    Louis Coussaye-Coussays est le fils d’un notaire de Port-Saint-Père, il prend les armes en 1793. En plein pays de Retz, il participe à l’épopée du général Charette en de multiples combats que nous ignorons, puisque nous savons seulement qu’il touchait une pension de 200 francs en 1816. Il est porté sur le registre des gratifications accordées à 16 officiers identifiés de Loire-Inférieure, le 16 février 1816.

    A cette époque il est l’adjoint du maire de Port-Saint-Père. On nous dit qu’il  « se trouve dans une situation médiocre » au niveau fortune,  qu’il est « l’adjoint du maire, âgé de 62 ans, qu’il a reçu en trois batailles : un coup de feu, trois coups de sabre et un coup de bayonnette et qu’il touche une pension de 200 francs en tant qu’ancien sous-lieutenant. »

    Louis Coussays....

     

    Son père, François-Angélique Coussays est né le 29 janvier 1715 à Machecoul et est décédé le 5 novembre 1763 à Nantes. Notaire, lieutenant d’une des compagnies de Gardes Côtes de la paroisse de Sainte Croix de Machecoul, il épouse le 7 mai 1742 à Port-Saint-Père Bonne-Angélique Vesneau, née le 16 novembre 1715 à Port-Saint-Père et décédée en ce lieu le 19 février 1785. De cette union sont issus :

     

    1° François-Angélique Coussays, né le 16 avril 1743 à Port-Saint-Père, prêtre déporté en Espagne, Recteur de l’Ile de Bouin et † à Bouin le 5 juillet 1815.

    2° Marie-Bonne-Angélique Coussays, née le 6 avril 1744 à Port-Saint-Père.† à Machecoul le 30 mai 1821.

    3° Pierre Coussays, né le 3 septembre 1745 à Port-Saint-Père, † 29 décembre 1748 à Port-Saint-Père.

    4° Jean Coussays, né le 27 juillet 1746 à Port-Saint-Père.

    5° Jérôme Coussays, né le 3 décembre 1747 à Port-Saint-Père, notaire, † 20 mai 1833 à Port-Saint-Père.

    6° Françoise Coussays, née le 24 septembre 1748 à Port-Saint-Père.

    Louis Coussays, né le 2 janvier 1752 à Port-Saint-Père, officier Vendéen, adjoint au maire de P.St.Père. † 22 février 1848 à 96 ans.

    8° Rosalie Coussays, née le 16 février 1753 à Port-Saint-Père.

     

    Louis Coussays....

    Louis Coussays....

    En 1836, Louis Coussays est rentier, domicilié au bourg de Port-Saint-Père il a à son service une servante : Marguerite Landrin, veuve Salmon.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. - Pensions et gratifications accordées aux anciens combattants des armées royales de l’Ouest- Gratifications accordées à 16 officiers le 16.2.1816 class SHD XU 36-2.

    . Archives départementales de Loire-Atlantique, tous droits réservés - Copie de l’acte de décès de Louis Coussays – acte n° 22 – état civil de Port-Saint-Père, année 1848, vue n°5/14. Copie de l’acte de Baptême, vue n°2/13 année 1752. Recensement année 1836 - Port-Saint-Père.

    . Généanet – famille Coussays - arbre de Pascal Le Labourier. 

    . Photo : de l’auteur 

     

                                                              

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Louis Charbonneau, tué à la deuxième bataille de Luçon... 

     

       

     

    Louis Charbonneau....Le Conseil supérieur de l’Armée Catholique et Royale, en rendant compte de cette bataille du 30 juillet 1793, s’exprima de la sorte :

     

    «  Nos troupes s’avancèrent, le 30, sur Luçon. L’armée républicaine les attendait rangée en ordre de bataille au delà de Bessay ; on l’attaqua avec vigueur. Nos troupes essuyèrent le feu le plus terrible de sa part sans en être effrayé. Notre artillerie, mieux servie que jamais leur répondit par des décharges multipliées ; chaque boulet plongeait directement dans les rangs ennemis et les sillonnait. Déjà les bataillons républicains se disposaient à fuir, leur centre était enfoncé, leurs soldats effrayés, tout nous présageait une victoire assurée, quand les lâches pillards, qui se traînaient à l’arrière garde, semèrent l’alarme dans tous les corps de l’armée, en prenant la fuite. Ce contre-temps fâcheux nécessita la retraite. M. le prince de Talmond la protégea avec un bataillon de cavalerie qui s’élança plusieurs fois dans les rangs de l’ennemi, détruisit presque entièrement un détachement de hussards et fit des prodiges de valeur. Les Suisses et les dragons ne se distinguèrent pas moins. Le nombre des prisonniers, des morts et des blessés est peu considérable de notre côté ; nos troupes ont laissé entre les mains de l’ennemi deux pièces de canon ; au reste, notre armée n’était forte que de douze à quinze mille hommes réunis à la hâte dans les paroisses voisines. 

    Le général en chef et ses braves compagnons d’armes se sont exposés aux plus grands dangers ; la Providence et leur sang-froid les ont préservés de tout accident funeste. Le cheval de Monsieur de Lescure a été blessé ; un gros de cavalerie qui s’acharnait à sa poursuite fut mis en déroute. Le Riche de Langerie, qui faisait ses premières armes, a eu son cheval tué sous lui. 

    Tel est le récit de cette action de cette action que, par intérêt pour la vérité, nous nous faisons un devoir de rapporter avec autant d’exactitude et de fidélité que nos succès et nos victoires. » 

     

    Très peu de morts du côté Vendéen, mais Louis Charbonneau de Rochetrejoux est resté sur le champ de bataille... 

       

     

    « 2 pluviôse an 14 – acte de notoriété n°49 .  

     

    Par devant Jean François Barbot, notaire  public du canton de Pouzauges au département de la Vendée résidant commune de Saint Michel Mont Mercure et Brunet son collègue résidant au Boupère, les deux soussignés : 

    Fut présente Catherine Préau-Péault veuve de Louis Charbonneau demeurant à la métayrie de Boismoraud  commune de Saint Paul en Paraid. 

    Laquelle a dit qu’il luy était impossible de justifier et faire connaître l’époque de la mort du dit Louis Charbonneau son défunt mary sans recourir à la notoriété publique attendu qu’il a été tué # à une des batailles qui a eu lieu près Luçon : #  entre les insurgés et les troupes républicaines quy a déterminé ladite Préau à faire comparaître volontairement devant nous et à cet instant : les citoyens Charles Préaut cultivateur âgé de trente cinq ans, Jacques Préault, cultivateur, âgé de trente trois ans, et frère de la dite Catherine Préault demeurant au dit lieu de Boismorand, (Bois-Morand) Jean Suaudeau, journalier âgé de vingt sept ans demeurant à Lachenaud. Charles Ravelaud, laboureur, demeurant à la Coudrinière ; Pierre Gautier laboureur demeurant à la Nardussière ?, âgé de quarante deux ans, René Bauchet, journalier, demeurant à Lachenaud, âgé de vingt six ans et Pierre Texier, bordier demeurant à la Coudrinière, âgé de vingt neuf ans : les tous de la commune de Saint-Paul-en-Paraids. 

    Lesquels ont déclaré et attesté avoir connu parfaitement le dit Louis Charbonneau mary de la requérante demeurant alors à la Baudière en la commune de Rochetrejou lequel sêtant trouvé à la deuxième bataille de Luçon lequel y fut tué et resta sur la place, ce que les déclarants disent être à leur connaissance et certifient exact tel que la vérité. 

    Dequoy laditte Catherine Préau veuve Charbonneau a requis acte que nous notaires soussignés : reçu : pour luy servir ce que de droit ; fait et passé à la Chanbeaudière commune Saint Michel Mont Mercure étude de Barbot, lu de nous, cejourd’huy avant midi le deux pluviose an douze de la République française une et indivisible ; lecture faite y ont tous persisté et déclaré ne savoir signer, de ce interpeller suivant la loy. Deux mots rayés nuls. # en l’an deux de la République.  

     

    signé: Brunet Notaire – Barbot Notaire. » 

     

    Louis Charbonneau....

      Louis Charbonneau est né le 17 mai 1754 au Boupère, il est le fils de Pierre Charbonneau et de Louise Gaborit. Il épouse le 18 février 1784 à Saint-Paul-en-Pareds, Jeanne Bedon, puis, le 27 juin 1792 à Rochetrejoux Catherine Péault-Préau, née le 21 avril 1767 à Saint-Paul-en-Pareds.

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres paroissiaux et état civil du Boupère, de Saint-Paul-en-Pareds.

     

    . Cadastre Napoléonien de 1825 - hameau de la Baudière à Rochetrejoux -class 

      3P192-1 Tableau Assemblage. 

    . Histoire de la guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome II- pages 417, 418. -  

      Siraudeau éditeur à Angers. 

    . Photo : de l’auteur 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    L’arsenic et la Vendée...

     

     

    C’est un article complètement revu que je vous propose en remplacement de celui paru sur ce blog en décembre 2013 et qui était très incomplet. Ce n’est pas que celui-ci sera nécessairement exhaustif mais au moins repartons-nous sur de bonnes bases.

    Les idées les plus diverses ont fleuri pour tenter de se débarrasser des Vendéens entre 1793 et 1794 et tout le monde connaît les essais de fumigènes mentionnés par Savary, qui pourtant favorable au régime républicain (1) s’en désole. Nous allons voir à présent un autre moyen qui fut tenté, du moins dont il fut question : l’arsenic. Là aussi, beaucoup de tri à faire entre les vérités attestées et ce qui pourrait n’être que de pures inventions. Pures inventions ? Oui, je me permets de le dire car les sources les plus fréquemment citées sur le sujet proviennent de Crétineau-Joly, certes très doué pour raconter les choses, mais peu regardant sur les sources et toujours prêt à vous dénicher un document qui va dans le sens de ses opinions politiques. Moi aussi, j’ai des opinions politiques, mais il me semble qu’il faut savoir de temps en temps les mettre dans sa poche et étudier sérieusement les documents avant d’en tirer un moyen de persuasion idéologique qui risque de vous revenir dans la figure si l’on a pas suffisamment vérifié ses assertions.

    Jacques Crétineau-Joly cite une lettre de Savin à Charette du 25 mai 1793 (2) qui me paraît bien longue et bien écrite, seulement deux mois après le début de la guerre :

    « Je dis que, quel que soit le nombre de nos ennemis, nous devons peu nous en inquiéter. Tout ce dont nous sommes certains, c’est qu’ils sont implacables. Ils tuent tous les prisonniers ; ils emploient contre nous tous les genres de destruction possible : le fer, le feu et le pillage leur sont familiers. Ils séduisent et emmènent avec eux nos gens des paroisses qu’ils soumettent. Nous devons aussi par représailles n’avoir aucune indulgence et employer tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour les détruire. La ruse est souvent plus utile que la force. On nous fait une guerre atroce ; le poison est le seul moyen que nos ennemis n’aient pas encore employé contre nous, mais il est à craindre que leur scélératesse n’en vienne jusque là. Trop de gens nous ont averti à cet égard pour que nous puissions douter qu’ils n’aient pas eu cette idée. Nous fûmes vraiment étonnés de la quantité prodigieuse d’arsenic que nous trouvâmes à Palluau au commencement de la guerre, lorsque je les ai chassés de Palluau jusqu’au delà d’Aizenay. On nous a même constamment assuré qu’un étranger, qu’ils avaient avec eux et qui fut tué à cette affaire, était chargé d’exécuter le projet d’empoisonnement contre nous. »

    Une bien curieuse lettre, dont Crétineau-Joly nous dit : « Si cette pièce est publiée, la Révolution ne doit s’en prendre qu’à elle-même qui l’a conservée comme un monument de ses excès. » Fort bien ! Mais où est-elle cette lettre ? Comme pour celle de Westermann « écrasant les enfants sous les pieds des chevaux » à Savenay, on n’en trouve aucune trace nulle part, sauf dans l’ouvrage de Crétineau-Joly...

    Et à présent, c’est Carrier lui-même dans une lettre duquel, le même Crétineau-Joly met les mots suivants, le 9 novembre 1793 à « ses collègues et aux officiers sous les armes » (3) :

    «  Ce que vous faites est bien beau sans doute, mais où cela mènera-t-il la nation ? A une victoire peut-être. Que font au peuple vos victoires qui ne terminent rien ? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avez à délivrer le pays d’un chancre qui le dévore (4). Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner du pain, que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de Brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau, et la patrie est sauvée. Vous tuez les soldats de La Rochejaquelein à coups de baïonnette, tuez-les à coup d’arsenic ; cela est moins dispendieux et plus commode. Je vous ouvre cet avis, auquel j’ai fait adhérer ma société populaire, et, avec des sans-culottes comme vous, je n’ai pas besoin d’en dire davantage. »

    L'arsenic et la Vendée....

    Crétineau-Joly donne force détails et précise :

    « A la lecture de cette proposition dont Santerre et Rossignol ont conçu l’idée, Kléber pousse ce cri d’indignation : « Si Carrier était ici, je lui passerais mon sabre à travers le corps. » Mais Turreau et Prieur, les collègues de Carrier à l’assemblée conventionnelle, se gardent bien de manifester un pareil sentiment d’honnêteté. Ils hésitent d’abord, et, après s’être interrogés du regard : « Il y a pourtant bien quelque chose à faire, dit Prieur. - Oui réplique Kléber, il y a combattre les Brigands jusqu’à la mort, mais non pas jusqu’à l’infamie ; et si cette discussion s’entame, je me retire, citoyens. »

    Aucune trace de cette missive ni d’un quelconque compte-rendu de séance. Il est à craindre que Crétineau-Joly n’ait une fois de plus monté ces textes à partir de bribes de lettres diverses comme il l’a probablement fait pour la fameuse fausse lettre de Westermann à Savenay (5). Bien d’autres tomberont dans le panneau, ou plutôt « les panneaux », de Henri Bourgeois à Reynald Sécher et tous ceux qui encore aujourd’hui les recopient pour « faire du neuf avec du vieux ».

    Le 2 novembre 1793, soit sept jours avant cette « réunion », Carrier participe à  un conseil de guerre à Nantes en compagnie de Bourbotte, Merlin, Turreau et Francastel, mais il n’y est nullement question d’arsenic. Par souci d’éviter une longueur inutile à cet article, je ne publie pas ce rapport mais Kléber est également présent et il ne semble pas qu’il ait passé son « sabre au travers du corps de Carrier » (6)...

    Pour preuve, les individus présents à ce conseil de guerre, ci-dessous :

    L'arsenic et la Vendée....

     

    Mais alors, cette histoire d’arsenic ne serait qu’une pure invention ? Eh bien, non, mais ce n’est pas de Carrier que l’idée provient mais de notre ami François-Joseph Westermann....

    On trouve aux archives de Vincennes un bulletin analytique précisant ceci (7) :

    « 27 novembre 1793 (8)

    Le général Vestermann (sic) (9) à Rennes au Comité de Salut Public.

    Extrait :

    Il demande pour en finir avec les rebelles, qu’on lui envoie six livres d’arsenic dans une voiture d’eau de vie.

    Voir au 7 décembre 1793

    Feuillet d’extraits à la correspondance. »

     

    L'arsenic et la Vendée....

     

    A ma connaissance, deux historiens ont vu ce bulletin analytique : Henri Bourgeois qui le cite dans un numéro de « La  Vendée Historique » et plus près de nous, Claude Petitfrère (10). Comme on pouvait s’y attendre, le « feuillet de correspondance » inventorié par ce bulletin analytique est introuvable mais ce dernier a au moins le mérite d’exister. Et s’il existe, c’est qu’il renvoie ou renvoyait forcément à une pièce que nous n’avons pas ou plus... Ce fait est corroboré par une autre pièce des archives militaires, à nouveau un bulletin analytique isolé (11) :

     

    « 3 frimaire an 1er

    23 novembre 1793

     

    Westermann Général

    Propose la mesure du poison pour exterminer les brigands en cas de revers de la part des troupes de la république. 

    Copie »

     

    L'arsenic et la Vendée....

     

    L’inventaire des archives militaires précise la source de l’information : registre de correspondance n° 4933. Celui-ci n’est visiblement pas en ligne. Sans doute se trouve-t-il aux Archives Nationales en AF II. Il serait curieux de lire ce qu’a écrit Westermann et je suis très étonné que les partisans de la thèse du « génocide » qui agitent constamment les mêmes sources souvent erronées ou apocryphes ne se soient pas davantage penchés sur cet écrit de Westermann. Longtemps j’ai été partisan d’une reconnaissance de génocide pour la Vendée avant, finalement de m’apercevoir que je faisais fausse route car l’emploi de ce terme est inutile. François-Noël (dit Gracchus) Babeuf avait le premier eu la meilleure définition de ce qui s’était passé en Vendée : un « populicide ».

    En quoi est-ce différent ?

    Si le génocide est : « un crime consistant en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe » ; le populicide lui, est l’assassinat du Peuple, tout simplement...

     

     

    RL

    Mai 2020

     

     

    Notes :

     

    (1) Savary, tome II, p. 51. Crétineau-Joly, tome 1er, p. 248 et 249. A lire également ici, l’article de Nicolas Delahaye qui tente de démêler le vrai du faux dans cette affaire. 

    (2) Crétineau-Joly, tome 1er, p. 249 et 250.

    (3) Ibid. p. 381 et 382.

    (4) On se souvient du discours de Barère de Vieuzac à la Convention le 1er août 1793, qui parlait justement de « chancre qui dévore le cœur de la république ». L’analogie avec le discours de Carrier est curieuse, voire suspecte.

    (5) J’avais déjà démonté ce mythe ici. Noël Stassinet m’avait emboîté le pas dans la revue du « Souvenir Chouan de Bretagne », N° 47, juin 2019, p. 62 et 63, en puisant aux mêmes sources. En outre, une très intéressante étude de la méthodologie de Crétineau-Joly sur cette fameuse lettre a été publiée par Paul Tallonneau dans le « Bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres », tome 1er, 2ème semestre 1993, p. 527 à 537. Je n’arrive pas à comprendre comment encore aujourd’hui, on peut publier ce faux document à tout-va, y compris dans les ouvrages d’historiens réputés sérieux.

    (6) SHD B 5/7-33, v. 6 à 8/10. Un rapport à consulter pour ceux qui s’intéressent au véritable rôle de Haxo, souvent vu comme un « gentil général ».

    (7) SHD B 5/7-57, v. 1/11.

    (8) Le calendrier révolutionnaire entré en vigueur le 6 octobre 1793 n’est pas encore totalement adopté dans les correspondances. Le décret qui officialise son utilisation date du 4 novembre 1793.

    (9) Westermann (« Homme de l’Ouest » en Allemand ! Ce n’est pas une blague !) se prononçait « Vestermann ».

    (10) In « Annales historiques de la Révolution française », « La Vendée en l’an II : défaite et répression », N° 300, année 1995,  p. 183, note n° 37.

    (11) SHD B 5/16-29, v.15/15.

     

     


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              Pierre Bazot, compagnon d’armes du général Tranquille...                      

     

      

     

    Pierre Bazot ...Pierre Bazot est né le 11 mars 1771 à Gouis près de Durtal en Anjou. Il est le fils de Vincent Bazot et de Louise Perdreau. Le 21 Vendémiaire de l’an 6 (12 octobre 1797), il épouse à Durtal, à l’âge de 26 ans, Anne Gautier, âgée de 20 ans, fille de Pierre Gautier, serger à Gouis et de Jeanne Jary. A cette époque il exerce le métier de tisserand. De cette union sont issus onze enfants dont six survivront, entre autres :

    1° Pierre Bazot, né le 16 thermidor an 6 (3 août 1798) à Gouis.

    2° Louis-Jean Bazot, né le 23 nivôse an 8 (13 janvier 1800) à Gouis.

    3° Anne Bazot, née le 5 juin 1807 à Gouis.

     

    Pierre Bazot ...

    Le 17 mai 1825, il présente un certificat de Monsieur le Maréchal de Camp Tranquille*, un autre de son capitaine et un extrait du chirurgien constatant ses blessures, comme ancien soldat des armées Royales.

     

    « A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire Chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’Honneur.  

     

    Monsieur le Préfet, 

     

    A l’honneur de vous exposer, Pierre Bazot, tisserand demeurant commune de Durtal, section Gouis, que dès le commencement des malheurs qui renversèrent le thrône et l’autel, il suivit les principes que lui avoient inspirés les auteurs de ses jours en lui apprenoit qu’il devoit sans cesse combatre pour le rétablissement de son souverain légitime, ces ce qu’il a constemment fait. 

      C’est pourquoi, Monsieur il vous adresse sa supplique ; pour que vous lui veniez en aide, pour lui aider à élever sa femme et les six enfants, et joint à la présente. 

    1° un certificat de service de Monsieur le Maréchal de Camp Tranquille, 

    2° une autre de son capitaine, 

    3° un certificat du chirurgien de Beaugé qui constate ses blessures, 

    4° son extrait de naissance. 

    5° un certificat du premier adjoint au maire de Durtal, qui constate sa position actuelle. 

      Veuillez, Monsieur le Préfet, prendre le tout en considération vous obligerons. 

      Votre très humble serviteur, ne sait signer.  

      Durtal le 17 mai 1825. » 

     

    « Je soussigné, officier Vendéen, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis, Maréchal de Camp, 

    J’atteste et certifie que le Sieur Pierre Bazau a servi dans l’armée Royale de l’Ouest, a fait la campagne de 1793 dans l’armée de Vendée commandé par Monsieur le général de Larochejacquelin, est entré sous nos ordres en 1794, 1795 et 1796, ce brave militaire a toujours mérité notre estime par sa bonne et loyale conduite, en foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison, fait au château de Miné  le 14 mai 1825.  

    Signé : Tranquille, Maréchal de Camp*.  

     

    Vu à la Mairie d’Echemiré, le 14 mai 1825. » 

     

    Pierre Bazot a servi sous le commandement du « Général Gollier dit Grand-Pierre » et a commencé le service dans la Grande Armée de la Vendée. ; a continué dans la compagnie du capitaine Charnassé et a participé aux affaires de Châteauneuf (Châteauneuf-sur-Sarthe), Daumeray et Montinier (Montigné-les Rairies) et autres. « A été blessé à Montinier dans le bras droit et l’épaule gauche par armes à feu. Il est père de onze enfants dont six vivants. »

     

    Au moment de sa demande, il touche déjà une pension de 50 francs.

     

     Sources :

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés, commune de Durtal-Gouis.  Registres paroissiaux et état-civil -Vue 40/90 mariages an 6 – etc. 

    Dossiers Vendéens class 1M9/38 

    . Cadastre Napoléonien de 1831, Durtal-Gouis – class 3P4/133/1 Durtal.

    . Généanet – arbre généalogique famille Bazot-Basot. 

    . Photo : de l’auteur 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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