• Françoise Durand, de la paroisse de Roussay, 

    veuve de Pierre Papin disparu après la bataille du Mans... 

        

        

     Françoise Durand.... Françoise Durand est née et a été baptisée le 28 octobre 1765 à Saint-André-de-la-Marche, elle est la fille de Thomas Durand, meunier au moulin de la Gouberte et de Renée Durand mariés le 17 janvier 1758 à Roussay. De cette union sont issus :

     

    1° Thomas Durand, né le 7 août 1759 à Saint-André.

    2° Joseph Durand, né le 13 octobre 1762 à Saint-André.

    Françoise Durand, née le 28 octobre 1765 à Saint-André.

    4° Jean Durand, né le 6 octobre 1768 à Saint-André.

    5° Marie Durand, née le 11 février 1772 à Saint-André.

    6° René Durand, né le 31 août 1773 à Saint-André.

     

      Elle se marie le 30 janvier 1787 à Roussay avec Pierre Papin, tisserand, demeurant à Roussay, originaire de Saint-Germain-sur-Moine, fils de François Papin, métayer, et de Laurence Bouyer. Cette union restera sans postérité.

     

      Le 14 mai 1825, elle dépose à la mairie de Roussay, une demande de pension comme veuve de soldat Vendéen.

     

      « Françoise Durand, demeurante à Roussay, veuve de Pierre Papin.

      A Messieurs les Commissaires de la distribution des fonds accordés par l'Ordonnance de sa Majesté du 29 décembre 1824.

     

      J'ai l'honneur de mettre devant vos yeux que feu mon mary a toujours servi en les armes royales de ce païs, en qualité d'Adjudant, qu'il a passé la Loire où il est mort à la suite de l'affaire du Mans.

      Resté avec trois enfants en bas âge, sans fortune, n'y revenus n'ayant jamais participée dans aucun secours, je suis dans la plus grande indigence.

      Messieurs, je vous supplie de jettez un coup d'oeil sur une pauvre malheureuse veuve, en ce moment votre assistance pour la rendre participante des bienfaits de sa Majesté.

      Vous obligeré votre très humble et obéissante servante.  Ne sait signer.

                               (J'ai aussi un enfant mort à l'armée).   »

    Françoise Durand....

     

     

      Au cours de l'année 1800, personne ne s'étonne au village de Roussay lorsque Thomas Fontenit, âgé de 18 ans remet en marche le métier à tisser abandonné par Pierre Papin. ''La Françoise'' est encore jolie malgré ses 35 ans, et Thomas est aussi tisserand, il vient donc en aide à cette veuve, son aînée de dix sept années...

      En raison de la différence d'âge et à cause de son travail, personne ne prête attention aux allées et venues de Thomas chez la veuve Papin. Ils sont du même village et honorablement connus. Jusqu'au jour où le ventre de Françoise commence à s'arrondir, l'âge ?  Le doute s'installe, le temps passe, les mauvaises langues commencent à se délier, le ventre s'arrondit encore... C'est le scandale, Françoise est enceinte ! Monsieur le curé n'est pas content, il va falloir les marier.

      Ce mariage reste un grand mystère, que s'est-il passé ? Habituellement, les amantes sont de jeunes servantes subordonnées à leur maîtres, cédant aux classiques promesses de mariage ou une aventure passagère entre une servante et un valet, cela ne semble pas être le cas ici. Dans le cas présent, Françoise Durand et Thomas Fontenit assument pleinement leur coupable relation et régularisent leur situation par un mariage, malgré leur grande différence d'âge.

      Donc le 12 Brumaire an dix, c'est le mariage : Thomas Fontenit, né à Roussay le 19 avril 1782 (vue n°86/177), âgé de 19 ans, fils de Michel Fontenit et de Marie Chupin, épouse Françoise Durand, veuve de Pierre Papin, née le 28 octobre 1765 à Saint-André-de-la-Marche, âgée de 36 ans, (âgée de 40 ans dans l'acte de mariage), il ne faudrait tout de même pas exagérer.... Un mariage bien assorti ma foi, puisque trois enfants naîtront de cette union :

     

    1° Jean-Baptiste Fontenit, né le 29 Pluviôse de l'an 10 (18 février 1802) à Roussay. Décédé le 2 fructidor de l'an 13 à Roussay.

    2° Françoise Fontenit, née le 5 Messidor an 12 (24 juin 1804) à Roussay.

    3° Joseph Fontenit, né le 28 juin 1807 à Roussay, mort aux Armées.

     

      Thomas Fontenit est décédé le le 5 avril 1821 à l'âge de 40 ans à Roussay.

      Françoise Durand est décédée le 14 avril 1826 à l'âge de 62 ans à Roussay

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Dossiers Vendéens n° 1M9/152 – copie de la vue n°4/6 - Registres d'état civil de la commune de Saint-André-de-la-Marche, Roussay – Archives familiales - Photo de l'auteur, le bocage à Roussay.. 

                                                              

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

     

     


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    Les Mémoires de l’abbé Remaud, 1ère partie…

     

     

     

    Nous publions ici les Mémoires de l’abbé Remaud, piochés dans la « Vendée historique » de l’excellent Henri Bourgeois. L’introduction ne manque pas de ce sel si cher au célèbre avocat, dans tous les sens du terme, de la Vendée. On y verra ressurgir avec délice, les querelles chères à l’auteur admonestant le travail de Benjamin Fillon quand il n’excellait pas dans les passes d’armes entre « légendaires et documentaires ».

     

    RL

    Avril 2017

     

    Extrait de La Vendée Historique, N° 61, 5 juillet 1899.

     

     

     

     

    Mémoires de l'abbé Remaud

    ancien commissaire-général de l'armé de Charette

     

     

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    Quelques mots d'introduction

     

     

     

    Né à Chavagnes-en-Paillers, le 8 octobre 1756, Pierre-François Remaud y fut pendant deux ans, de 1786 à 1788, vicaire de son frère, l'abbé Pierre-Marie Remaud, alors curé de la paroisse. Ayant encouru la disgrâce de Mgr de mercy, évêque de Luçon, il continua néanmoins à résider à Chavagnes, à titre de précepteur dans la famille de Guerry de Beauregard. la Révolution le surprit dans l'exercice de ces focntions.

    Comme son frère, il refusa courageusement de prêter serment à la Conctitution civile du Clergé, et fut réduit à se cacher dans le pays, jusqu'au jour où éclata l'insurrection du Bocage. S'il faut en croire son témoignage, ce fu en quelque sorte à son corps défendant que l'ancien vicaire de Chavagnes se vit contraint, dès le début, de prendre fait et cause pour l'insurrection. Mais la contrainte dura peu, et l'abbé Remaud, d'abord simple aumônier, accepta bien vite - et de bonne grâce - un rôle plus militant dans l'armée de Charette. Au titre d'aumônier,  il joignit bientôt celui de commissaire-général et, jusqu'au bout, demeura l'un des plus zélés partisans et le confident de prédilection du général en chef du Bas-Poitou.

     

    Lors de la pacification du Consulat, l'abbé Remaud, jusque-là réfractaire parce qu'on ne cessait de le persécuter, fut nommé curé de Maché et se rallia avec enthousiasme au nouveau gouvernement. Avec trop d'enthousiasme peut-être, au dire de Benjamin Fillon, qui, dans une note inédite, insinue que l'ancien commissaire-général de Charette "s'enrôla dans la police du Consulat, et ensuite dans celle de l'Empire."

    Que l'abbé Remaud se soit rallié - même avec enthousiasme - au gouvernement du Consulat et de l'Empire, rien de plus naturel : il n'était pas le seul. Mais qu'il soit allé jusqu'à s'enrôler dans la police secrète et à se paire payer pour dénoncer les royalistes réfractaires, voilà ce don il est permis de douter, malgré la parole que nous donne Benjamin Fillon.

    Il suffit, au contraire, après avoir lu les premiers Mémoires de l'abbé Remaud, de faire un rapprochement entre l'esprit qui les anime et la date à laquelle ils ont été écrits, pour être convaincu que si l'auteur, au mois d'avril 1803, tenait à proclamer sa reconnaissance envers "l'homme extraordinaire" qui avait relevé les autels, il entendait bien ne rien renier de sa participation à la glorieuse insurrection qui venait de prendre fin.

    Vainement Benjamin Fillon - toujours dans la même note inédite, et à l'appui de son insinuation - allègue-t-il la correspondance échangée, plus tard, entre le curé de Maché et le dernier Préfet de l'Empire. Cette correspondance ne prouve qu'une chose : c'est que l'abbé Remaud était devenu bonapartiste ardent, et, si l'on veut, qu'il faisait tous ses efforts pour s'opposer, autour de lui, au renouvellement d'une insurrection qui n'aurait pu se justifier par les raisons dont s'étaient autorisés les insurgés de 93. Mais, de là à nous représenter l'ancien compagnon de Charette comme un vulgaire salarié de la police secrète, il y a loin ce me semble !...

    Aussi loin que de la vérité à la parole souvent suspecte de Benjamin Fillon !

    Cela dit, je reconnaîtrai bien volontiers – parce que l’impartialité m’en fait un devoir – qu’il y aurait certaines réserves à faire sur le compte de l’abbé Remaud. Mgr de Beauregard ne semble point l’avoir eu en grande estime, et ses brusques changements d’opinions aux trois époques de la première Restauration, des Cent-Jours et de la rentrée définitive de Louis XVII, rendraient la tâche quelque peu difficile à qui voudrait entreprendre, en sa faveur, un pur et simple panégyrique. Mais pour n’avoir pas mérité les honneurs d’un panégyrique, il ne s’ensuit point nécessairement qu’on doive être cloué au pilori : les prisons seraient par trop encombrées si tous ceux qui ne peuvent prétendre au titre de héros devaient être considérés comme des criminels, et si j’admets qu’il serait imprudent de réclamer le procès de canonisation du prêtre trop politicien que fut l’abbé remaud, je me refus pourtant à croire, jusqu’à preuve du contraire, qu’il ait mérité d’être damné !

    L’abbé Remaud mourut à Maché, le 24 septembre 1830.

    Pendant son séjour en Angleterre, il avait écrit une sorte d’histoire à peu près complète de l’insurrection vendénne. Malheureusement, lors de son retour en France, il négligea d’emporter avec lui son manuscrit, et il lui fut impossible de le retrouver plus tard. Mais il a laissé de curieux Mémoires inédits, rédigés postérieuremet à la pacification, et ce sont ces Mémoires, dont une copie se trouve à la bibliothèque de Nantes, que la Vendée Historique entreprend de publier aujourd’hui.

     

    Les manuscrits de l’abbé Remaud sont au nombre de trois.

    Le premier a pour titre : Ma vie pendant la Révolution. Il fut rédigé en 1803, après que l’auteur eut été installé à Maché.

    Le second, rédigé au mois de décembre 1814, est intitulé : Manuscrit présenté à Messieurs les Commissaires du Roi, chargés de constater l’état des blessures et des services des Vendéens pendant la guerre civile de la Vendée, par M. l’abbé Remaud, ancien commisssaire général de l’armé catholique et royale de la Vendée sous les ordres du général Charette.

    Le troisième, daté du 16 août 1817, est un Rapport sur la pérsécution de la religion et de ses ministres dans la Vendée, pendant la Révolution, présenté à Monseigneur l’Evêque de La Rochelle, par l’abbé Remaud, desservant de Maché et Saint-Paul, Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien commissaire général de l’armée royale de la Vendée.

    Ces trois manuscrits offrent un ensemble de Mémoires des plus curieux, mais ils n’ont peut-être pas la même autorité historique.

    S’il me fallait, à ce point de vue, faire un choix entre eux, je n’hésiterais pas à placer le premier bien au-dessus des deux autres. En 1803, en effet, l’abbé Remaud paraît n’avoir écrit que pour un petit cercle d’amis et de confrères, et sans aucune arrière-pensée d’intrigue ou d’ambition. Plus tard, en 1814 notamment, préoccupé surtout de faire sa cour en vue d’une récompense à obtenir. Il faut savoir en convenir, et j’ai cru que l’impartialité me faisait un devoir d’en prévenir à l’avance le lecteur.

    Sous le bénéfice de cette observation, on lira avec intérêt, j’en suis convaincu, les curieux Mémoires de l’ancien commissaire-général de l’armée de Charrette. La forme en est littéraire et le style coulant. Benjamin Fillon, sans les avoir jamais lus, ne s’était pourtant point gêné pour en plaisanter, à priori, « le baragouinage à peine intelligible… ».

    Le lecteur va pouvoir apprécier du même coup : et le « baragouinage » de l’abbé Remaud, et la sûreté d’informations du farceur à froid qu’était Benjamin Fillon !

     

    H.B.

     

     

     

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    Ma vie pendant la Révolution

     

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    Je vivais paisible à Chavagnes, au sein de ma famille, quand la Révolution commença, en 1793, uniquement chargé alors de l’éducation du jeune Guerry de Beauregard. Il semblait que je devais être un des moins recherchés pour mes opinions religieuses et politiques. Le calme dont je jouissais ne fut pas long. On exigea de tous les prêtres le serment prescrit par la Constitution civile du Clergé. Je fus enveloppé dans la mesure générale de proscription, parce que je refusai de le faire. Cependant je demeurai dans le lieu de mon domicile ordinaire sans de trop grands dangers jusqu’au mois de juillet 1792. A cette époque, les mesures de rigueur devinrent générales, il fallut se cacher ou partir pour l’exil. Je préférai la mort au bannissement de la plupart de mes camarades. Je demeurai dans la Vendée au milieu des dangers.

    Je fus assez heureux alors de pouvoir offrir un asile à cinq de mes amis, MM. Allain, prieur de Saint-André-Goule-d’Oie ; Remaud, curé des Clouzeaux, massacré depuis : mon malheureux frère, mort curé de Chavagnes ; Dolbec, curé de Saint-Cécile, massacré depuis dans la paroisse du Poiré ; Brillaud, vicaire de Saint-Fulgent, furent mes compagnons d’infortune. Je les conservai avec moi tant que je pus leur procurer des subsistances ; ma maison fut découverte pour receler des prêtres réfractaires. Bientôt après nous fumes enveloppés par la force armée. Nous eûmes le bonheur de nous sauver par une espèce de prodige, mais il fallut nous séparer ; nous ne pûmes jamais nous revoir tous réunis.

    Quand on n’a point vu la France dans ces temps de calamités, on ne peut s’en former une véritable idée. Rien n’était plus difficile que de pouvoir se procurer une retraite tant soit peu sûre. La peine de mort était prononcée contres tous ceux qui recelaient des prêtres insoumis. Par un sentiment bien naturel, nous ne pouvions exposer personne à une mort certaine pour nous avoir donné l’hospitalité. Nous prîmes tous, d’un commun accord, la détermination d’aller loger dans les bois.

    Nous y fûmes à peine rendus, nos petites huttes pour passer la nuit étaient à peine finies, que des chasseurs républicains nous découvrirent. Il fallut partir et abandonner les bois ; quand même nous n’aurions pas éprouvé ce contre-temps, il eut été impossible de pouvoir occuper longtemps les lieux ; l’eau nous manquait absolument. Je me rappelle encore avec attendrissement combien il nous en coûta cher pour nous séparer. Nous étions tous malheureux et pour la même cause, ce sentiment avait encore ajouté à ceux qui nous unissaient déjà. Il fallut se dire adieu, et, pour deux d’entre nous, ces adieux furent éternels.

    Je pourvus, autant qu’il était en mon pouvoir, au placement de deux de mes amis, qui, étant étrangers au pays, devaient naturellement y trouver plus difficilement que nous des connaissances bien sûres. MM. Allain et Brillaud furent sauvés au château de l’Hulière, où j’étais particulièrement connu. Le curé des Clouzeaux, avec mon frère, se retira chez ma sœur, et je fus accueilli par Mlle M.. (Mlle Mainguet que l’auteur désignera plus tard en toutes lettres) avec M. Dolbec, curé de Sainte-Cécile ; nous nous rendîmes au milieu d’une nuit obscure à Maché, où elle résidait alors.

    Nous trouvâmes, mon malheureux camarade et moi, dans cette nouvelle demeure, tous les égards dus au malheur, j’ose dire tous les soins de l’amitié.

    Nos jours auraient été heureux, s’ils n’avaient pas été empoisonnés par la crainte de voir arriver du mal à ceux qui demeuraient avec nous. Cette idée affreuse ne laisse jamais de repos. Nous entendions souvent des menaces et des imprécations ; enfin, jour et nuit, on menaçait d’incendier la maison de notre retraite. Nous voulions la quitter, dans la crainte de quelques grands malheurs ; mais nous fûmes charitablement retenus par la maîtresse de la maison, qui nous répétait sans cesse qu’elle n’avait pas plus à redouter que nous, et qu’elle avait fait le sacrifice de sa vie en nous donnant l’hospitalité.

    Nous passâmes ainsi cinq mois pendant un hiver rigoureux ; mon camarade tomba malade ; il fut soigné avec toutes sortes d’égards. Il commençait à peine à se guérir, quand la guerre de Vendée vint changer nos tristes destinées.

     

     

    Abbé REMAUD.

     

     

    (A suivre)

     

     

    Les Mémoires de l'abbé Remaud, 1ère partie....

     

     


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    Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 23…

     


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    Une nouvelle association pour la Durbelière…

     

     

    Le projet mijotait depuis juillet 2016, issu de la volonté de M. Yves Chouteau, maire délégué de Saint-Aubin-de-Baubigné et de Laurent Marolleau, nouveau et dynamique président de cette association qui est officiellement née aujourd’hui, après plusieurs réunions et débats. Forte de 25 membres pour l’instant, l’association aura pour buts l’entretien, la sauvegarde et la mise en valeur du célèbre château de la Durbelière. Plusieurs personnalités locales ont apporté leur soutien à ce projet, tels M. Robin, vice-président de l’Agglo2b. Une première animation sur le site aura lieu le 29 août 2017 et dont le programme ne tardera pas à être dévoilé. Les journées du patrimoine verront également proposer diverses visites et activités.

    Le tarif de l’adhésion est fixé à 10 € par an et les bulletins sont à renvoyer à la mairie : Mairie de Saint-Aubin-de-Baubigné, Place de la Roche, 79700 SAINT-AUBIN-DE-BAUBIGNE. On peut également contacter M. Marolleau, le président au 06 74 85 62 58.

     

    RL

    Avril 2017

     

    Une nouvelle association pour la Durbelière....

     

     

     


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    Le curé de la Godière…

     

     

    Voici une petite anecdote concernant la Petite-Eglise et un personnage tout aussi méconnu que le lieu que j’aborde ce soir.

    Le 6 janvier 1832, Joseph Texier meurt à Courlay en ayant refusé la religion bonapartiste. Il devient de plus en plus compliqué pour les fidèles courlitais de trouver des prêtres ayant conservé les principes d’avant la révolution. L’abbé Lebreton est mort à Cirières en 1830, l’abbé Fossey meurt aux Aubiers en 1834 et le tout dernier, l’abbé Osouf rendra son âme à Dieu en 1847 toujours aux Aubiers. A partir de 1834 arrive à Courlay un prêtre du diocèse de Lyon, nommé Maisonneuve. Ce dernier aurait été ordonné en 1791 par un évêque constitutionnel, qui l’aurait interdit par la suite pour « mauvaises mœurs » (1). Nous avons là un prêtre constitutionnel, nommé par un évêque constitutionnel se disant réfractaire et qui plus est de « la Petite-Eglise » ce qui aurait été plausible étant donné son origine lyonnaise si son inconduite manifeste ne lui avait valu quelques ennuis avec les locaux. Si l’abbé Maisonneuve vient dire la messe à la Plainelière de Courlay, il s’est néanmoins installé à la Godière de Clazay, non loin d’ici. La famille Texier ainsi que le marquis de La Rochejaquelein intervinrent pour le faire chasser et lui substituer l’abbé de Mérinville qui acheva de jeter l’interdit sur le prêtre-aventurier qui cessa ses fonctions en 1836. Une méchante chanson à son encontre avait même été composée :

     

    « Le curé de la Godère

    Est en grande colère

    Contre Mossieu Texier

    Qu’a voulu le chasser. »

     

    Le pauvre curé Maisonneuve décéda à la Godière, oublié de tous.

     

    Le curé oublié, oui, mais pas sa cloche… En effet, l’abbé Maisonneuve avait fait construire une hutte à la Godière qui lui servait de chapelle et qui possédait par on ne sait par quel prodige une cloche. Cette cloche finit par atterrir (peut-être un jour de Pâques !) à Pugny où les cloches du village avaient été volées par le gente révolutionnaire dans le but de les fondre pour l’artillerie de cette armée parisienne en guerre contre l’Europe entière. La pauvre cloche de l’abbé Maisonneuve avait une voix bien trop frêle pour l’église de Pugny et fut fondue pour en faire une nouvelle qui eut comme marraine mademoiselle Bouilleau, de La Châtaigneraie et pour parrain monsieur Puichaud, tous deux propriétaires à Pugny (2). On adjoint à cette cloche une seconde, plus petite et les deux furent bénites par monsieur Texier en 1887.

    Il n’y a évidemment plus de souvenirs de la hutte de l’abbé Maisonneuve à la Godière mais peut-être son fantôme rôde y rôde-t-il encore les nuits d’hiver…

     

    RL

    Avril 2017

    Notes :

    (1)  Bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 1968. Pierre Dane « Les Dissidents du Bocage… », 2004. Guy Coutant de Saisseval « Une survivance de la Guerre de Vendée… 1991, Hérault Editions.

     

    (2)  Etienne Mulon, « Pugny en Poitou revit son passé », 1980. L’auteur de cet ouvrage attribue au curé Guillon de Pugny, décédé en 1811, l’obtention de la cloche de la Goderie alors que le curé Maisonneuve officia entre 1834 et 1836…

     

     

     

     

    Le curé de la Godière....

     

    Le curé de la Godière....

     

     


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