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    Idées de vacances... 

     

           

     

    Comme chaque année, je vais vous quitter pour quelque semaines, pour des vacances bien méritées.

    Après le covid-arnaque, l’état de la France m’a rendu de mauvaise humeur et encore plus hors système que jamais, j’ai donc besoin de repos. C’est pourquoi je vais remonter le temps avec mon détecteur de métaux. Mais au fait que trouve t-on sur les lieux des combats de la Vendée et d’Outre-Loire ?

    Voici quelques objets découverts avec mes deux premiers appareils, à la fin du siècle dernier en Vendée, à Cholet, Coron, Mortagne-sur-Sèvre, La Tremblaye, Saint-Christophe du Bois, sans oublier l’Outre-Loire, Baugé, les Landes de Clefs, Durtal, La Flèche etc.

    Idées de vacances....

    Avec une bonne carte et les autorisations nécessaires et en observant les points particuliers du paysage, vos sorties devraient vous réjouir le cœur.

    Les objets les plus courant sont les balles, les boutons d’uniformes, les boucles de laiton, les pièces de monnaie, tous les objets en laiton qui restent pratiquement intacts. Vous remarquerez un pommeau de sabre de Chasseur à Cheval du modèle 1792, une bouterolle de fourreau de sabre d’un volontaire, des boucles de fusil et même une alliance découverte avec des boutons de la 1ère République, des monnaies et un éperon qui s’est désagrégé sur place.

    Donc bonnes vacances à tous et à bientôt.

     

     

    Sources : 

     

    . Photos : Xavier Paquereau. 

                                                         

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les justifications du général Grignon (4)....

     

     

    3ème partie ici.

     

    Tout comme Turreau qui produisit un mémoire en 1795 (13), Louis Grignon va tenter de se justifier et c’est son mémoire que je vais vous présenter désormais en plusieurs épisodes, celui-ci comportant 84 pages. Grignon l’a écrit pendant son emprisonnement au Luxembourg et il sera publié le 5 nivôse de l’an III, soit le 25 décembre 1794. On en trouve l’original aux Archives Nationales (14).

    Justifications du général Grignon (4)....

     

    « MEMOIRE

    pour Grignon

    Général divisionnaire de l’Armée de l’ouest

     

    Le général Grignon est inculpé sur sa conduite dans la Vendée. Peu s’en faut qu’on ne le compare à ces tigres qui appellent aujourd’hui, pour la seconde fois, sur leurs têtes toutes les vengeances divines & humaines. C’est à-peu-près ainsi du moins qu’il est présenté dans le dernier ouvrage de Lequinio, qui, au surplus, ne s’appuie que sur des dénonciations qu’il est aisé de détruire (voyez le dernier ouvrage de Lequinio sur la guerre de la Vendée).

    Que ce portrait est loin de la vérité ! A peine Grignon a-t-il connu l’ordre de son arrestation qu’il s’est constitué volontairement.

    S’il n’avoit à se défendre que devant l’Assemblée du Peuple, ou devant ses compagnons d’armes, après avoir rendu un compte exact de sa conduite, il pourroit se contenter de répondre comme ce Romain, si justement célèbre : « montons au Capitole ; allons remercier les Dieux de nos succès. » Il seroit sûr d’entrainer la foule & de dissiper ainsi l’accusation ; mais d’autres temps nécessitent de sa part un autre genre de défense, & ce qui a si bien réussi à Scipion l’Africain pourroit bien ne pas réussir à Grignon, s’il ne parloit que de ses exploits. D’ailleurs, tout irréprochable qu’est ce général, quels que talens militaires qu’il ait développés, quel qu’amour qu’il ait montré pour sa Patrie, quels que rapports enfin qu’il y ait entre le Général Romain & lui, il n’a garde de se comparer à ce grand homme ; il est donc question de se défendre.

    Il est pressé de la faire : à peine a-t-il le temps de rassembler ses matériaux ; mais, toutes les fois qu’il a battu les ennemis, il n’étoit pas préparé à les recevoir. Ce qu’il a fait avec succès pour la République il peut le faire avec succès pour lui-même, & sa défense n’en sera pas moins victorieuse.

    Avant de l’entreprendre, il est nécessaire de tracer très - sommairement l’histoire de la funeste guerre de la Vendée.

    C’est en novembre 1792 que commença cette guerre désastreuse.

    Des prêtres (des ministres d’un Dieu de paix se permettre des excès de cette nature !) des Prêtres, mécontens du Décret sur la Constitution civile du Clergé, fomentèrent une première insurrection partielle dans le centre du bas-Poitou ; il parvinrent à faire prendre les armes à plus de six mille habitans... »

     

    Grignon se trompe évidemment de date, l’insurrection du Bressuirais a eu lieu fin août 1792 après d’autres échauffourées l’année précédente.

     

    « Combattez, leur disoient-ils ; vous êtes appelés à rétablir le culte de vos pères ; le Ciel sera le prix de vos efforts. »

    Ces malheureux, dans leur aveuglement stupide, armés de simples bâtons, bravoient tous les dangers, affrontoient la mort, se succédoient sur des monceaux de cadavres & marchoient au combat comme à la victoire ou au martyre.

    Ainsi, c’est au fanatisme religieux qu’est dûe la première guerre.

    Grignon, sa femme & ses enfans habitoient alors une petite terre au Pouy-la-Montagne.

    Grignon, qu’il ne faut pas confondre avec d’autres Généraux qui n’ont écouté que leur ambition, & qui n’ont vu dans la Révolution que les moyes de se satisfaire, retiré depuis quelque temps du service, vivot alors modestement du produit de son champ qu’il cultivoit de ses propres mains.

    Aux premiers bruits de cette insurrection subite, tous les voeux le nomment ; la vois générale l’appèlle à la défense de la contrée ; il est élu par le Peuple Adjudant général ; il est fait commandant dans toute la partie orientale.

    Il se concerte avec les Administrations ; elle prennent concuremment des mesures si justes & si promptes, qu’en moins de huit jours, Grignon réussit à étouffer cette semence de guerre instestine. C’est à lui, à lui seul, à la sagesse & à l’intelligence avec lesquelles il a su exécuter ces mesures, que sont dûs ces premiers succès. Il a dissipé les rassemblemens ; il s’est saisi des chefs.

    Les uns ont été fusillés, les autres ont été mis en liberté, sans qu’il y ait pris part. Nouveau Cincinnatus, de la même main dont il avoit vaincu les rébelles, il a été reprendre le soc de la charrue.

    Ces mises en liberté, pour le moins inconsidérées & indiscrètes, ont sans doute été cause, au moins en partie, d’une seconde insurrection plus redoutable que la première, mais dont la source a, pour ainsi dire, changé d’objet, ou du moins une autre espèce de motif s’est jointe au premier.

    Les habitans de ces malheureuses contrées ne tardèrent pas à s’appercevoir qu’ils avoient été trompés par leurs Prêtres. Mais, incapables de se soustraire au joug & de se corriger par l’expérience, susceptibles de toutes sortes d’impressions, ils devinrent la proie des nobles. Cette classe ambitieuse & superbe, qui croit ne pouvoir subister qu’avec le trône, & pour qui l’égalité est un supplice, vit le parti qu’elle pouvoit en tirer ; elle s’empara de ces esprits crédules ; elle se réunit à la secte des Prêtres ; elle joignit ses inspirations aux leurs. Ces lieux, jadis si fertiles & si paisibles, qui naguères avoient été le foyer du fanatisme religieux, devinrent en même-temps le foyer du plus insensé royalisme, & pour la seconde fois le théâtre d’une guerre sanglante.

    Ainsi, c’est au fanatisme religieux & royaliste qu’est dûe la seconde guerre.

    Une femme (qui le croiroit ?) une femme noble (le préjugé peut-il avoir autant d’empire ? L’orgueil de ce qu’on appeloit la naissance peut-il porter à de pareils forfaits ?) une femme, enfin, puisqu’il faut le dire, conçut seule & exécuta ce projet sinistre.

    Jeanne Lescure fut cette détestable héroïne. Que n’est-elle restée dans le néant ! ou que n’a-t-elle mieux employé ses ressources !

    Une fortune de plus de cent mille livres de rentes, dont elle disposoit en l’absence de son père, des relations dans plus de vingt Communes, lui donnoient une grande influence. Elle protégeoit les prêtres pour ses besoins perfides ; elle se coalisoit avec eux ; elle les distribuoit & les faisoit cacher déguisés. Ces furieux erroient de ferme en ferme ; ils versoient à grands flots leurs poisons ; ils fanatisoient par leurs discours religieux, tandis que Jeanne Lescure fanatisoit de son côté par ses discours royalistes, errante elle-même de village en village. C’est ainsi que la portion des François, la plus vertueuse peut-être, est devenur parricide & le fléau de son pays ; c’est ainsi que, par des efforts combinés d’un double fanatisme, on est parvenu à allumer un incendie qui a manqué d’embrâser la France entière, & qui n’est pas encore éteint.

    Il ne falloit qu’un prétexte ; on le trouve dans le recrutement qu’on veut mettre à exécution dans les premiers jours de mars 1793.

    La jeunesse est convoquée ; les paysans s’assemblent à Cholet, ville du Poitou ; ils se jettent sur la Garde nationale, la font prisonnière & s’emparent de ses armes.

    On envoie contr’eux deux escadrons du dix-neuvième Régiment de Dragons. Ces deux escadrons sont enveloppés ; les rébelles s’emparent encore des armes ainsi que des chevaux ; ils se forment une cavalerie.

    Enflés de ces premiers succès, ils parcourent les châteaux ; ils s’approprient les armes de toute espèce qu’ils y trouvent. Le nombre des rébelles grossit tous les jours ; il s’élève bientôt à douze & quatorze mille. Ils prennent de la consistance ; ils se décorent du titre d’armée catholique & royale. Jeanne Lescure force son frère de prendre le commandement de cette armée nouvelle ; elle-même, oubliant son sexe & sa foiblesse, porte par-tout la terreur & l’épouvante, donne l’exemple de l’audace & d’un courage dignes d’une meilleure cause : elle se montre par-tout dans les combats. Les succès des rébelles ont la rapidité de l’éclair ; ils passent leurs espérances. Ils prennent, presqu’en même temps, Cholet, Maulevrier, Mont-Claude (Montglonne : Saint-Florent-le-Vieil).

    Les administrations de Maine & Loire, la Vendée, les Deux-Sèvres, la Loire-Inférieure se concertent comme l’année précédente ; mais, réduites à leurs propres forces, elle ne font que des efforts impuissans.

    Elles invitent à marcher tous les habitans restés fidèles ; ils sont battus par-tout sur tous les points.

    Enfin, le voeu unanime appèle encore Grignon à la place d’Adjudant général ; il est chargé d’organiser les bataillons ; il va s’établir à Doué & les organise ; il est bientôt à la poursuite des brigands.

    La Convention, à qui l’on dégusoit les forces des rébelles, envoie des généraux avec quelques troupes. Ces généraux sont successivement battus ; Leigonier, Quétineau, Béruyer, Duhou vous avez tous éprouvé le même sort ; vous avez tous été battus dans la même semaine.

    Enfin, pendant six mois, nous n’avons eu que des revers.

    Grignon est le seul qui, par sa prudence & son habileté dans les retraites, n’a jamais essuyé de désavantages.

    Dans toutes ces affaires, Jeanne Lescure animoit les rébelles par sa présence ; elle étoit infatigable ; elle soutenoit leur courage & partageoit leurs fureurs.

    On dit ( & fasse le ciel que ce ne soit point une erreur !) que dans une de ces mêlées où la terre a été jonchée de tant de cadavres, vers le milieu de septembre 1793, cette nouvelle Pentésilée ( Reine des Amazones. Après avoir donné, dit-on, plusieurs marques de valeur, elle fut tuée devant Troie.) a enfin été abandonnée par la fortune, & qu’elle a périe sous les murs de Thouars. Quels maux elle a fait à la France ! Combien de sang elle a fait répandre ! Quelles suites désastreuses ont eu ses forfaits ! Que ne les a-t-elle expiés autrement que dans les combats !... »

    Bien entendu, cette Jeanne de Lescure n’est qu’une fable inventée par les républicains qui ont souvent oublié qu’eux-mêmes, fomenteurs de la révolution, étaient souvent des bourgeois qui n’avaient guère à craindre de la famine. Il tenteront ainsi mille théories pour expliquer que le « vrai peuple » n’ait pas forcément apprécié qu’on l’envoie aux frontières et qu’on augmente ses impôts « au nom du peuple », quand les républicains eux-mêmes se dispensent de la plupart des obligations révolutionnaires. Voyons un peu ce que le marquise de la Rochejaquelein dit de Jeanne Robin, puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit. Quand à Louis-Marie de Salgues de Lescure, il n’eut qu’une demi-sœur morte à la naissance (15) :

    « Un mois environ avant ce combat, plusieurs soldats se rendant à l’armée étaient venus coucher à la Boulaye. L’un d’eux, m’abordant, me dit avoir un secret à me confier, et m’apprit qu’il était une fille. Elle me dit que n’osant se présenter pour avoir une veste légère de siamoise, comme on en distribuait aux soldats pauvres, et mourant de chaud dans ses habits, elle se confiait à moi, me demandant le plus grand secret, car tous les généraux, et notamment M. de Lescure, avaient plusieurs fois déclaré qu’ils feraient tondre et chasser la première femme, déguisée ou non qui suivrait l’armée. Je demandai à cette fille son nom, sa paroisse ; elle me répondit qu’elle s’appelait Jeanne Robin et était de la paroisse de Courlay. Je lui promis non seulement de garder le secret, mais encore de la prendre chez moi après la guerre, si elle était vertueuse ; au contraire, si c’était du libertinage qui la faisait suivre l’armée, je la dénoncerais moi-même ; je lui dis que j’allais écrire à son vicaire, homme de mérite et frère des braves Texier, les héros de Courlay, pour connaître sa conduite ; elle m’en parut fort aise, m’assurant qu’il savait qu’elle se battait pour son Dieu et son Roi. Je lui donnai une veste, j’écrivis au vicaire ; il me manda qu’effectivement cette fille était à l’armée pour de bons motifs ; qu’il avait cependant cherché à la détourner de son dessein, mais, le jugeant pur, il y avait consenti, et elle avait même communié avant son départ ; depuis elle n’était jamais retournée à Courlay, et elle se cachait dans cette paroisse. Je gardai le secret de cette fille, je confiai seulement à M. de Lescure son histoire, sans vouloir dire son nom, ni sa figure, ni son pays.

    La veille du combat de Thouars (16), Jeanne entra à l’état-major et dit : « Mon général, je suis une fille, Mme de Lescure sait mon secret, j’ignore si elle vous l’a fait connaître ; en tout cas, elle a dû prendre des informations sur mon compte, et elles auront été favorables. Je viens à vous parce que je n’ai pas de souliers et je dois me battre demain. Tout ce que je vous demande, si vous voulez me renvoyer, c’est d’attendre après le combat, et je m’y conduirai si bien que,  j’en suis sûre, vous me direz de rester à l’armée. » Effectivement, pendant la bataille, elle s’attacha à suivre M. de Lescure et lui criait : « Mon général, jamais vous ne me passerez, je serai toujours aussi près des Bleus que vous. » Elle fut blessée à la main, elle lui montra son sang qui coulait en lui disant : « Ce n’est rien que cela. » On la perdit de vue depuis, et comme on trouva le corps d’une femme parmi les morts, on a toujours cru qu’elle avait été tuée dans la mêlées, où elle se précipitait comme une furieuse : ce trait a donné lieu à l’histoire fabuleuse de Jeanne Lescure, qui n’a jamais existé. »

    Justifications du général Grignon (4)....

    Le corps de Jeanne Robin aurait été retrouvé à Thouars, près de la porte de Paris, puis exposé dans l’église Saint-Laon. Après la seconde guerre mondiale, des ossements furent découverts au pied des remparts, dans le parc Imbert. Sans doute des combattants vendéens ; y avait-il Jeanne Robin parmi eux ?

    Nous sommes très loin des 100 000 livres de rentes enviés par Grignon et cette jeune paysanne était sûrement moins riche que le général incendiaire lui-même.

     

    A suivre ici.

    RL

    Juillet 2020

     

     

    Notes :

    (13) Les mémoires et la correspondance de Turreau ont été publiés et commentés par Michel Chatry en 1992 dans son ouvrage « Turreau en Vendée », Editions du Choletais.

    (14) AD XVIII C 306-16.

    (15) Mémoires, édition Bourloton, 1889, p. 235 et 236.

    (16) Le second combat de Thouars, du 14 septembre 1793.

     

     


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    Le 11e de Hussards est entaché de sang français. 

     

           

     

    Le 11° de hussards est entaché de sang français....Outre le jugement des six hussards du 11ème régiment, vous constaterez l’imprécision, le peu de sérieux et le peu de cas que l’on fait des vols commis, des mauvais traitements et du meurtre de Pierre Monnoir de la Commune de L’Auréole (La-Chapelle-Saint-Sauveur). C’est un jugement mené « par dessus la jambe ». L’Officier public ne mentionne même pas les causes de la mort de Pierre Monnoir du hameau de la Bricaudière.

      On nous parle du meurtre du citoyen Laumonoir domicilié à la Brigaudière commune de l’Auréolle, qui aurait eu lieu le 8 pluviôse de l’an 3 (27 janvier 1795), alors que le décès a été enregistré à l’état civil, le 3 germinal de l’an 3 (23 mars 1795), à 9 heures du matin… S’agit-il vraiment de Pierre Monnoir ? Beaucoup d’éléments plaident en sa faveur.

     

    Voici la copie du jugement :

     

    « Egalité, Liberté, Justice.  

     

    Jugement rendu par le Tribunal-Criminel Militaire du deuxième arrondissement de l’ Armée de l’Ouest. 

    Qui, sur la déclaration du Juré, condamne les nommés Pierre Philippy, Jean Fouilly, et Charles Pinard, Hussards au onzième régiment, à la peine de deux années de fers ; et Nicolas Imbert, Jean Hayer, et Jean Cheneidre, aussi Hussards au même régiment, à trois mois de prison

     

    AU NOM DE LA LOI  

     

    Le 25 Germinal, troisième année républicaine.(14 avril 1795)  

     

    Vu la déclaration du Jury, portant qu’il y a lieu à accusation contre les nommés Pierre Philippy, âgé de 20 ans, natif de Bimsback,  district de Sarre-Libre, département de la Moselle, ; Jean Fouilly, âgé de 25 ans, natif de Chomely, district du Puy, département de la Haute-Loire ; Charles Pinard, âgé de 19 ans, natif de Souangy, district de Vitry, département de la Marne ; Nicolas Imbert, âgé de 18 ans, natif de Sarre-Libre, même district département de la Moselle ; Jean Hayer, âgé de 19 ans, natif de Molsing (Molsheim), district d’Agneau, département du Bas-Rhin ; et Jean Cheneidre, âgé de 19 ans, natif de Strasbourg, même district , département du Bas-Rhin, tous six hussards au onzième régiment ; 

    Vu aussi l’acte d’accusation dressé par le citoyen Olivier, officier de Police Militaire à la résidence d’Ancenis contre lesdits Pilippy, Fouilly, Pinard, Imbert, Hayer, et Cheneidre, prévenus d’être, le 8 Pluviôse dernier, sortis de leur cantonnement sans permission, de s’être portés en la commune de l’Auréolle, district d’Ancenis, et là Philippy, Fouilly et Pinard d’avoir attenté à la sûreté et à la propriété de plusieurs citoyens, en forçant les uns à leur donner des assignats, et en prenant chez les autres du pain, du lard, du beurre et de la graisse, d’avoir commis des voies de faits envers la veuve Minot, habitante de ladite commune, et de lui avoir volé la somme de 60 livres en assignats ; et Imbert, Hayer et Cheneidre, de s’être rendu les complices de ces délits en faisant vedette devant la maison de ladite Minot ; et Philippy, d’avoir en outre volé à la femme Bournancé, quatre mouchoirs de coton, et d’avoir commis un meurtre sur la personne du nommé Laumonoir, demeurant au village de la Brigaudière (Bricaudière), commune de l’Auréolle ; après avoir fait subir un nouvel interrogatoire, au moyen du Citoyen Brosse, Allemand, canonnier au cinquième régiment d’artillerie, qui leur a servi d’interprète, après avoir fait prêter serment aux citoyens Julien Vaillant, veuve Minot, Bourlier, plaignants, Julien Coy dit Camelot, Marchand, Perinne Giloteau, fille de Giloteau, laboureur ; Magdeleine Barbot femme Avrilleau, boulanger ; Anne Lohier, femme de François Gourmancé, charpentier; Etienne Lambert, Métayer ; Louis Brut, Métayer ; Jacques Langevi, Laboureur ; demeurant séparément en la commune de l’Auréolle, témoins ; et avoir reçu leurs dépositions orales ; après avoir entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire, les accusés ainsi que leur conseil dans leurs moyens de défenses, et la déclaration du juré, portant : 

    Qu’il est constant que, le 8 pluviôse dernier, il a été attenté à la sûreté des citoyens sur diverses personnes de la commune de l’Auréolle ; 

    Qu’il n’est pas constant qu’il ait été commis des voies de fait sur la personne de la veuve Minot ;  

    Qu’il est constant qu’il lui a été enlevé dans son porte-feuille une somme de soixante livres en assignats ; 

    Qu’il est constant que les nommés Philippy, Fouilly et Pinard sont les auteurs de ces délits ; 

    Qu’il n’est pas constant qu’Imbert, Hayer et Cheneidre, aussi Hussards au même régiment, en soient les complices ; 

    Qu’il n’est pas constant que ces trois premiers Hussards aient forcé deux autres particuliers, à leur donner, à l’un une somme de cinq livres, à l’autre de leur montrer son portefeuille ; 

    Qu’il n’est pas constant  qu’il ait été volé chez différents autres particuliers, du pain du lard, du beurre et de la graisse 

    Qu’il n’est pas constant que Philippy ait enlevé à la femme Bournancé quatre mouchoirs de coton ; 

    Qu’il est constant que Philippy a commis un meurtre sur la personne du nommé Laumonoire, habitant de l’Auréolle ; 

    Qu’il n’est pas constant ait commis un crime avec des intentions criminelles ; 

    Qu’il est constant que Philippy, Fouilly et Pinard ont attenté à la sûreté de la veuve Minot, et qu’ils l’ont volée avec des intentions criminelles ; 

    Qu’il est constant que tous les six quitté leur cantonnement sans permission, et qu’ils ne sont pas excusables pour ce dernier fait. 

    Nantes le 25 Germinal, troisième année républicaine. 

    Signé Simoneaux père, chef du Juré. » 

     

    Donc ces braves militaires sont juste coupables d’avoir quitté leur cantonnement sans permission, pour le reste, c’est de la rigolade… Ils vont très bien s’en tirer, avec des peines légères, malgré la gravité des faits.

     

    « LE TRIBUNAL, après avoir entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire sur l’application de la Loi, article XVIII de la section III du vol du code pénal militaire, du 12 mai 1793, vieux style en ce qui concerne lesdits Philippy, Fouilly et Pinard, ledit article conçu en ces termes : 

      « Tout militaire ou tout autre individu de l’armée, qui sera convaincu d’avoir attenté, en quelque lieu que ce soit, à la sûreté ou a la liberté des citoyens, sera puni de six mois de prison ; et s’il y a vol ou voie de fait, la peine sera de deux ans de fers ; et en cas d’assassinat il sera puni de mort ». 

    En premier lieu condamne lesdits Philippy, Fouilly et Pinard, à la peine de deux ans de fers, et ordonne qu’ils seront de suite transférés à la prison du Bouffai, à l’exception de Pinard qui, vu l’état de maladie qu’il éprouve, sera reconduit à l’hospice de l’hôpital militaire ; 

    En second lieu, par rapport aux dits Hayert, Imbert et Cheneidre ; après avoir également entendu le Substitut de l’Accusateur Militaire en ses conclusions tendant à ce qu’ils fussent condamnés à quatre mois de prison, par voie de police correctionnelle, en conséquence de l’article XIII, titre XIII du jugement et de l’exécution du Décret du 3 pluviôse, deuxième année républicaine, conçu en ces termes : 

    « Le Tribunal Militaire sera compétant pour prononcer les peines de discipline et de police correctionnelle, résultant des procès portés devant lui ; mais dans ce cas, le Président, le vice-Président et le Substitut de l’Accusateur Militaire, ou l’Accusateur si le Substitut a porté la parole dans l’affaire, se réuniront pour prononcer ; après avoir pris lecture de la déclaration des Jurés, et avoir entendu l’Accusateur Militaire ou son Substitut, ainsi que l’accusé et son conseil, s’ils veulent parler. »

     

    Le Vice-Président a requis la réunion de l’Accusateur Militaire et du citoyen Coulon, Officier de Police Militaire, appelé pour Juge, d’après la loi du 4 pluviôse dernier ; en conséquence lesdits Accusateur Militaire et Coulon, réunis au Vice-Président, s’étant retirés dans la chambre du Conseil pour délibérer, et étant rentrés ; 

     

    Vu la déclaration des Jurés, et ayant aucunement égard aux conclusions dudit Substitut, décharge lesdits Imbert, Hayer et Cheneidre, Hussards au onzième régiment, de l’accusation portée contre eux, relativement à l’attentat, à la sûreté, à la propriété des personnes, ainsi qu’au vol et voies de fait ; et néanmoins, qu’ils ont sorti de leur cantonnement sans permission, les condamne par voie de police correctionnelle à la peine de trois mois de prison, y compris le temps de leur détention.

    Ordonne au surplus que le présent jugement sera à la diligence dudit Substitut de l’Accusateur Militaire, imprimés au nombre de deux cents exemplaires, affichés par-tout où besoin sera, et envoyé au Conseil d’Administration du corps des condamnés.

     

    Fait en l’audience publique, les jour mois et an que dessus, où présidoit Fay, assistoient David, Vaugeois et Coulon, Juges ; présent Aude, Substitut de l’ Accusateur Militaire, qui ont signé. Ainsi signé au registre : Fay, David, Vaugeois, Coulon, officier de Police Militaire ; Aude et Berthet, faisant fonction de Greffier. 

     

    Pour copie conforme au registre.

    Papin Greffier. 

     

    A NANTES de l’Imprimerie Debrun Aîné, place de l’Egalité. »

     

    L’officier de l’état civil de la Chapelle-Saint-Sauveur, en Loire-Inférieure, n’enregistre aucun décès à la date du 8 Pluviôse de l’an 3 (27 janvier 1795) au nom de Laumonoir domicilié à la Brigaudière commune de l’Auréolle.

    Par contre, un décès au nom de Pierre Monnoir, domicilié à la Bricaudière est enregistré le 3 germinal de l’an III (23 mars 1795).

    Pierre Monnoir, laboureur, est décédé le 2 germinal de l’an III à 9 heures du matin à l’âge de 28 ans. Il avait épousé le 27 septembre 1790,  Anne Goffard et avait eu de cette union une petite fille, Anne-Perrine Monnoir décédée à l’âge de deux ans, le 19 nivôse de l’an III.

    Le recensement de 1795 de cette commune, nous informe que Anne Goffard s’est remariée à René Gautier et est toujours domiciliée à la Bricaudière.

     

    Le 11° de hussards est entaché de sang français....

       

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée. - Commissions et Tribunaux Militaires près l’armée de l’Ouest (oct 93-déc 95) class B1/337-339 – B1/338 C.M de Nantes et Ancenis (sept 94-déc 95) – SHD B1/338-5, vue n°4/5. 

    . Archives Départementale de la Loire-Atlantique, tous droits réservé, registres paroissiaux et d’état civil de la Commune de La Chapelle-Saint-Sauveur. Acte de décès de Pierre Monnoir de la Bricaudière, vue n°8/13. Recensement de l’année 1795, vue n°4/11.

    . Photo : Hussard en Vendée – Amicale des anciens du 8ème Hussards.. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Les justifications du général Grignon (3)...

     

     

    2ème partie ici.

     

    Continuons la longue litanie des témoignages en faveur de Grignon. C’est un peu fastidieux mais il est nécessaire de les consulter afin de bien comprendre la défense du général de colonne infernale.

    « Vingt deuxième régiment d’infanterie légère

    Nous soussignés membres du conseil d’administration du vingt deuxième régiment d’infenterie légère, certifions que depuis pus d’un an que le corps s’est trouvé sous les ordres du général divisionnaire Grignon, soit par détachement soit en totalité, nous n’avons rien remarqué dans sa conduite ni dans ses discours qui ne soit conforme aux principes et aux sentimens d’un bon républicain, et d’un militaire vigilant et courageux, que son attention a prévenir tous les besoins du soldat mérite les plus grands éloges, qu’il a veillé avec la plus grande exactitude a la conservation des propriétés des patriotes reconnus et qu’enfin sa conduite militaire et révolutionnaire le rend digne de la bienveillance nationale, autant que sa suspension lui a attiré de toute sa division des regrets justement mérités.

    Fait au bivouac de Millé sous Chavagnes en conseil d’administration le 3 vendemiaire de l’an 3ème de la république française une et indivisible :/ :

    Lhomme, Thiery sergent, Allin, Main, Bonnefon, sergent major, Corbineau, Lenoir, Millef, Arnote adjudant major, Blalamant, Bernie, Magriere, Duclos, Kwecher capitaine. »

     

    « Armée de l’Ouest 2ème bataillon de l’Eure

    Nous membres composant le conseil d’administration ; et officiers du 2ème bataillon de l’Eure certifions que depuis le mois de brumaire dernier jusqu’au commencement de fructidor aussi, que nous avons marché contre les brigants de la Vendée sous le commendement du général divisionnaire Grignon ; il nous a toujours donné des preuves évidentes de son civisme et de sa bravoure, et ces connaissances militaires nous ont dans différentes affaires que nous avons eu contre les ennemis de la république fait avoir de grands succès sur ces tyrants, surtout dans le mois de ventose dernier, que nous les avons mis cinq fois dans une décade en déroute ; en foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui valoir et servir ce que de raison.

    Fait a Thouard le 4ème jour des sansculotide de la 2ème année républicaine :/.

    Delamarre, Commay sergent major, Delamarre capitaine commandant,  Marie capitaine, Lefage adjudant major, Bemel, Laugeois, Ménard, Levasseur, Perdrin, Davout, Puquelin, Poquel lieutenant, Blorrel, Eruis, Lenien, Nicolas capitaine, Lieuris sergent major, Lemau. »

     

    « Municipalité de Mont Fidèle

    département de Maine et Loire

    Nous maire et officiers municipaux de la commune de Mont Fidèle cydevant Brissac certifions que le citoyen Grignon adjudant général commandant une colonne qui est restée stationnée environ huit jours a l’époque du 12 septembre ( ?) 1793 (vieux stile) s’est conduit en bon républicain et a fait observer à sa troupe la plus sévère discipline.

    A la chambre commune le 1er sansculotide de la 2ème année de la république française une et indivisible ; signé, Jouber, maire, Grimault, officier, Pelletier agent municipal, Courreau, officier municipal, Adam secrétaire. »

    « Nous René Héttreau officier municipal, et moi Jean-Jacques Hettreau agent national, nous certiffions que le citoyen Grignon général divisionnaire a toujours agi dans notre commune en brave républicain, lors de la déroutte de Brissac passent par notre commune poursuivi des brigands de la Vendée un seul hussard avec lui, le hussard lui a dit mon général nous sommes perdus. Le général lui a dit mon ami, plutos mourir que de tomber leur pouvoir, voila la conduite du général en passent par notre dit commune.

    A la chambre commune de l’Ouest, le 2ème jour de la sanculotide, l’an 2ème de la république française une et indivisible, et de la mort du tyran.

    Singé, Hettreau, agent national, René Hettreau, officier municipal, Courjurel, maire. »

    « Des commissaires municipaux provisoire de la commune de Vézin district de Cholet département de Maine et Loire, certifions que le citoyen Grignon adjudant général de l’armée de l’Ouest qu’il a été en station avec la troupe audit Vézin pendant huit à dix jours, s’y est comporté de la manière a mériter les éloges dus a un brave militaire républicain, par les différentes maneuvres qu’il lui a fait faire même opérer l’ordre publique et la destruction des rebelles qu’il a fait arrêter dans la commune de la Tours Landry qui lui avait été désignée pour suspecte, plusieurs hommes et femmes qu’il a fait filer sur Doué, certifions en outre que la discipline et la subordination militaire y ont régné et que nous n’avons eu qu’à nous louer, tant de l’adjudant général que des officiers et des soldats contre lesquels il ne nous est venu aucune plainte. En foi de quoi nous avons délivré le présent pour servire et valoir ce que de raison.

    Fait en maison commune de la municipalité de Vezin le trois frimaire de  l’an 2e de la république française, signé Perier, maire et Brunez. »

     

    « Le conseil de la commune de Thouars d’après la demande qui lui en a été faite par le citoyen Grignon général divisionnaire certifie a qui il appartiendra que le général pendant le temps qu’il a resté dans cette commune, a mis tout le zèle et toute l’activité nécessaires dans l’exercice de ses fonctions militaires. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servire et valoi ce que de raison.

    Fait en la maison commune de Thouars séance publique tenante, le deux fructidor an second de la république française une et indivisible. Signé, Meschin, maire, par le conseil général de la commune Raimond, faisant pour secrétaire.

    Vü et approuvé par nous administrateurs du directoire et agent national du district de Thouars, qui en confirmant l’attestation de la municipalité de cette ville place d’après nos connaissances personnelles, déclarons que le citoyen Grignon pendant qu’il a commandé la garnison de cette place, s’est comporté en bon républicain et brave militaire. Jaloux de remplir ses devoirs, a Thouars en directoire le deux fructidor de l’an 2e de la république française une et indivisible. Signé, Noirault, Bruneau, Mallé, Grellé, Doré, agent national, Lacourbe.

    Vû par nous membres du comité révolutionnaire du district de Thouars qui attestons que le citoyen Grignon général s’est d’après nos connoissances personnellers bien comporté pendant le tems qu’il à tenu son quartier général a Thouars. Thouars en comité le deux fructidor l’an 2e de la république, une et indivisible. Signé, Augé, Crépenier, Bonnin, Hubert, Chauvin, Jouber, Gachignard, Gindreau.

    Nous maires officiers municipaux et notables, habitants des communes de Nueil près Passavant chef lieu de canton, Passavant, Cleré, les Cerqueux, La lande, près Les Vaches (Les Verchers) et autre communes circonvoisins du district de Vihiers département de Maine et Loire, certifions et attestons a tous qu’il appartiendra que le citoyen Grignon qui avoit été nommé général divisionnaire a une colone de l’armée de l’Ouest 3e division s’est a notre connoissance comporté en bon républicain et bon général ; qu’il n’a cessé de venir a notre secours, ou d’envoyer des froces, touttes les fois que l’ennemi s’est porté dans nos communes, qu’il a contribué le huit floréal dernier a repousser  les brigands de la commune de Nueil et a délivrer nos frères qui étoient dans le clocher ou il a empeché l’ennemi d’avancer, qu’il eut été a désirer pour la conservation du pays et pour la destruction entière des brigands qu’il eut continué ses fonctions a cause des connoissances loccalles, en foi de quoi nous avons délivré le présent pour servire ce que de raison le 2ème jour complémentaire de l’an second de la république une et indivisible. Caffe, officier municipal, De Nuel, Bauchai officier municipal, Guérin, agent national de Passavant, Guiard, maire, Dertrand maire de Concourson, Thouet, Chouteau, officier municipal, Guerin, René Jamin, maire de Cleré, Jamain notable, Grolleau, Lepin, Baudineau, Gannault, Baudinguart, Pierre Chauteau notable, Mignot, Gautier notable, Sidenne ( ?), Deffois maire des Cerqueux, Geller, juge de paix du canton de Nuel, Murret agent national des Cerqueux, Gendon officier municipal, C.M Leroi, Balin maire de Saint Paul, Maindon, J. Diard de la Lande, Guilbault agent national de la commune de Saint-Paul.

    Municipalité du Puy Notre Dame actuellement La Montagne district de Saumur, département de Maine et Loire

    Sur le rapport du conseil général de la commune du Puy La Montagne cidevant Notre Dame ; nous soussignés, maire et officiers municipaux de la dite commune, certiffions et attestons, que le citoyen Grignon général divisionnaire, s’est comporté dans tous les temps, qu’il a parû soit pour les affaires particulières, soit pour celles de la République audit lieu du Puy, en bon républicain, et y a donné les preuves du plus pur civisme et du zèle d’un vrai deffenseur de la patrie ; comme les aussi qu’il a payé et acquitté sur ces rôles des impositions de la dite commune, toutes ces contributions, pour quoi nous lui avons délivré le présent certificat de civisme, qu’il mérite a notre connoissanace a tous égards, pour lui servire et valoir ce que de raison. Fait en la maison commune dudit lieu du Puy La Montagne le vingt trois fructidor de l’an second de la République française. Signé, Dileau, agent national, J. Gillon municipal, Gourdault, P. Huluaud, notable, Roblain, notable, Lamoureux, notable, Thouaré, Venaudin, notable, J. Grellepon, Riolle, maire, Villiers, officier municipal.

    Vû par nous administrateurs du district révolutionnaire de Saumur, en directoire du district de Saumur, séance publique du 24 fructidor, l’an 2e de la république française une et indivisible. Signé, Biffault, agent national, Tramblé, F. R. Allain, Guillemet président, F.L. Joullain, vû arriver le 27 fructidore l’an 2e de la République française, une et indivisible, signé, Berard, Boyer, maire. »

    «  Vu et collationné conforme aux originaux, par nous membres du comité de surveillance révolutionnaire du district de Blois, le quatorze vendemaire troisième année républicaine. Approuvé le renvoi... 

    Signatures »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Justifications du général Grignon (3)....

     

    Malgré tous ces appuis, certes commandés par l’intéressé, celui-ci n’est plus en odeur de sainteté auprès de révolutionnaires qui aujourd’hui crachent sur ce qu’ils adoraient hier. La chute de Robespierre ajoutée aux nombreuses dénonciations des autorités constituées contre Grignon seront plus puissants que des témoignages de civisme de la part de militaires. A noter que dès le départ (voir la 1ère partie de ce travail), le représentant Ingrand ne dénonce pas Grignon clairement comme suspect d’être contre-révolutionnaire mais comme « habitant du pays où il fait la guerre ». Cette locution est pour le moins trouble car si les autres généraux sont en général accusés d’incompétence, Grignon peut passer au mieux pour quelqu’un qui cherche à se venger des gens de son propre pays, au pire d’être plus ou moins leur complice. C’est à vous de choisir le sens de la phrase d’Ingrand selon votre sensibilité politique... Et pourtant, parler de la chute de Robespierre, c’est beaucoup dire car les principaux instigateurs du populicide vendéen sont toujours en place, en particulier Bertrand Barère de Vieuzac et Lazare Carnot. Ceux qui me connaissent pourront difficilement m’accuser d’admirer Robespierre mais il suffit de lire les signatures des documents d’époque pour se rendre compte à qui incombent les plus grandes responsabilités. Accuser Robespierre des crimes commis en Vendée, c’est apporter de l’eau au moulin des robespierristes !

    Grignon n’est donc pas en odeur de sainteté et l’extrait d’un courrier du comité révolutionnaire de Fontenay à la Convention du 5 octobre 1795 nous le prouve (10) :

    « Dites nous hommes de sang, dites à la France entière, vous Thureau, Huchet, Grignon, Carrier, Hentz, Francastel, comment la guerre de la Vendée s’est rénouvellée... »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Il faut dire que les habitants de Fontenay et de la Plaine, pourtant réputés patriotes et qui s’étaient vus, eux et leurs familles, sans oublier leurs propriétés, victimes des exactions des colonnes infernales, n’avaient guère gouté cette forme civisme qu’on leur avait imposé. Et même si Grignon lui-même ne mit pas les pieds dans le Sud de la Vendée, sa réputation a horrifié les républicains du cru qui ont rapidement compris que la guerre ne pouvait que reprendre, les paysans, mêmes neutres d’opinion, allant rejoindre les bandes de Charette, aussi bien pour se venger que se tenir en sécurité.

    Pourtant le 4 mai 1795, Grignon était en liberté, en témoigne le résumé d’une lettre du représentant Morisson, signée de Fontenay (11) :

    « Fontenai le 15 floréal an 3e de la république

    Renvoi du comité des dépêches et de correspondance à celui de salut public pour en donner connoissance à la convention nationale

    Morisson représentant du peuple près l’armée de l’ouest

    Observe a la convention nationale qu’il vient de voir dans les papiers publics le décret qu’elle a rendu sur la mise en liberté du général Grignon.

    Surprise de ce représentant à ce sujet ayant appris dans sa tournée dans toute la Vendée, les atrocités et les horreurs les plus abominables commises par ce général. Dénonciations d’icelles par les meilleurs habitans de toute la Vendée.

    Doute que l’on fermiroit dans ces contrées dans la justice de la convention si Grignon, Huchet et quelques autres des anciens généraux de la Vendée étoient en liberté.

    Pièces existantes contr’eux aux comités. »

    Justifications du général Grignon (3)....

    Justifications du général Grignon (3)....

     

        Charles-François-Gabriel Morisson (1751-1817) député de la Vendée de 1791 à 1797 est ce que l’on appelle un « modéré ». Sorti de la Grande Terreur sans trop de soucis, il est envoyé en mission dans les départements de l’Ouest après le 9 thermidor en vue de contribuer à la pacification. Bien évidemment, il a en horreur le système de « dépopulation » voulu par Turreau et le Comité de Salut public. Néanmoins toujours discret et réservé, il n’attaque pas directement Grignon mais s’étonne de sa mise en liberté, tandis que les dénonciations des « meilleurs habitans de la Vendée » pleuvent contre le général incendiaire. Ce que le pauvre Morisson ne sait pas encore, c’est qu’à la Restauration, son esprit réservé va le desservir et il ne sera aucunement récompensé des sympathies royalistes dont Garnier de Saintes le soupçonnait. Refusant de juger Louis XVI, Morisson avait déclaré « moi, je ne crois pas que Louis soit justiciable ». Mal lui en pris car, Turreau et d’autres criminels furent eux, largement mis en valeur. On ne parlera pas des Vendéens qui eurent droit à quelques queues de cerises en remerciements des pires sacrifices.

    Grignon, lui se lance dans un immense plaidoyer pro domo dirigé en particulier contre Joseph Lequinio et Vincent Chapelain, imprimé le 25 décembre 1794, deux mois après le brûlot de Lequinio que l’on connaît (12). On apprend un tas de choses (plus ou moins exactes) grâce au mémoire de Grignon, comme par exemple le fait qu’il adorait son épouse et ses enfants. Si si ! Je ne plaisante pas. C’est ce mémoire que je vous propose maintenant de découvrir.

    A suivre ici.

    RL

    Juin 2020

     

     

    Notes :

    (10) SHD B 5/10-63.

    (11) Archives Nationales, AFII 270 A 14, 2274, carton 270, v. 10/18 des AD85.

    (12) « Guerres de la Vendée et des Chouans », Paris, Pougin, 30 vendémaire an III (21 octobre 1794).

     

     


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    Les gars du Loroux... 

     

           

     

    Les gars du Loroux....Les gars du Loroux-Bottereau passaient pour d’excellents soldats. Disciplinés, inflexibles, ils formaient le « noyau dur » de l’Armée Catholique et Royale lorsque leur Division était engagée avec la « Grande Armée ».

    Cette excellente Division, de 3000 hommes environ, était commandée par François-Jean-Hervé de Lyrot. En 1793, Lyrot de la Patouillère est âgé de 62 ans. « Ce noble angevin a fait une carrière militaire puis s’est retiré sur son domaine de Saint-Germain-sur-Moine dans les Mauges. Il commande dans le vignoble nantais. Avec ses « gars du Loroux » (Le Loroux-Bottereau), il est aux côtés de Charette lors de l’attaque de Nantes. En décembre 1793, il s’empare un temps d’Ancenis puis se porte sur Savenay. Il meurt au combat, sans doute le 23 décembre. »

    Arrivée trop tard à la bataille de Cholet, la Division engage un combat d’arrière garde très efficace après la bataille. Puis c’est la « Virée de Galerne » qui se termine tragiquement pour cinq insurgés des familles Paquereau-Pasquereau du Loroux. (Certainement des frères et des cousins…)

     

      En effet nous retrouvons dans les condamnés à morts de la ville du Mans, en nivôse de l’an 2 ici.  

     

    1° « Paquereau Pierre, fermier, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 12 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel de la Sarthe.» 

    Pierre Paquereau est peut-être le fils de Laurent Paquereau et de Marie Pineau, mariés le 29 septembre 1744 au Loroux, laboureur à la Thébaudière, né le 15 juin 1755 et marié le 17 juin 1783 à Catherine Aubert, née le 21 juin 1765 au Loroux. Le remariage de Catherine Aubert, le 22 septembre 1795 à Jean Bertonnière est un élément permettant d’identifier avec plus de précision ce Pierre Paquereau comme étant celui guillotiné au Mans le 20 nivôse de l’an 2, (9 janvier 1794), à l’âge de 38 ans.

     

    2° « Paquereau Laurent, domicilié à Loroux-Bottereau, département de Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 20 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe.» 

    Dans le document référencé ci-dessus :

    « Paquereau Laurent, 35 ans, fermier au Loroux » serait né vers 1757-1758. Il semblerait être le frère du précédent, donc fils de Laurent et de Marie Pineau, de la Thébaudière car il est né le 2 septembre 1757 au Loroux, † guillotiné au Mans, le 20 nivôse, (9 janvier 1794).

     

    3° «Paquereau Julien, garçon laboureur, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 18 nivôse, an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe.» 

    « Paquereau Julien, 34 ans, garçon laboureur, » serait né vers 1759-1760, il semble également le frère du précédent car il est né le 22 septembre 1760 au Loroux. † guillotiné au Mans, le 7 janvier 1794.

     

    4° « Paquereau Joseph, domicilié à Loroux-Bottereau, département de la Loire-Inférieure, condamné à mort le 30 nivôse an 2, par le Tribunal Criminel du département de la Sarthe, comme brigand de la Vendée. » 

    « Paquereau Joseph, 20 ans, métayer » serait né vers 1773 au Loroux. Il semble être le fils de Julien Paquereau et de Marie Jouys-Jouis, métayers à la Fennetière au Loroux, mariés le 8 juillet 1766. Joseph est né le 29 mars 1773 au Loroux.

     

    Pasquereau Jean, laboureur, âgé de 48 ans, de la commune du Loroux Bottereau, district de Clisson, † guillotiné à Sablé, département de la Sarthe, le 23 nivôse de l’an 2, (12 janvier 1794),» serait né vers 1745 au Loroux.

    Jean Pasquereau est né le 19 mars 1745 au Loroux, il est le fils de Jean Pasquereau et de Jeanne Bonneau (vue n°14/44 - baptêmes paroisse du Loroux). Il se marie le 14 mai 1771 avec Marie Mercier, née le 24 septembre 1743 à la Chapelle-Basse-Mer.

    Au mariage d’un de leur fils, le 14 avril 1807 au Loroux, (Jean Pasquereau et Radegonde Chéné), il est dit : « Les témoins ont tous juré et affirmé que Jean Paquereau et Marie Mercier, père et mère de l’époux sont décédés en cette commune en le temps de la guerre civile de la Vendée et que les décès n’ont pu être constatés à cette époque.» † décédés au Loroux ou Outre-Loire ?

    Le mariage de Jean Pasquereau et de Radegonde Chesné nous révèle curieusement quatre enfants légitimes nés avant le mariage républicain de 1807. Je soupçonne un mariage religieux clandestin vers 1795-1796. C’est dire l’état d’esprit anti-républicain de ce couple.

    L’officier public écrit en 1797, lors de la première naissance : « Marie Chesné, son épouse en légitime mariage. »

     

    1° Marie Pasquereau, née le 23 thermidor de l’an 5 (10 août 1797).

    2° Jeanne Pasquereau, née le 11 brumaire de l’an 7. (1er novembre 1798).

    3° Louise Pasquereau, née le 2 vendémiaire de l’an 10. (24 septembre 1801).

    Julienne Pasquereau, née le 9 nivôse de l’an 13. (31 décembre 1803).   

     

    Les gars du Loroux....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Sarthe tous droits réservés. - Décès de la ville de Sablé-sur-Sarthe années 1793-1803 -vues 58,59 jusqu’à la vue 74/243 et suivantes. 

    . Archives Départementale de la Loire-Atlantique, tous droits réservé, registres paroissiaux et d’état civil de la Commune du Loroux-Bottereau. 

    . Généanet – arbre de neroun et de Nicole Priou. 

    . Le Journal des Guillotinés de septembre 1989 -Mensuel n°3. 

    . Photo : Guillotine, les Heures les Plus Claires - Carte du Pays du Loroux extraite de Vendéens et Chouans.

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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