• 16 octobre 1793... 

        

                

    16 octobre 1793....En ce 16 octobre 2018, juste un portrait et quelques mots....

     

    Quatre heures trente : « Mon Dieu ayez pitié de moi ! Mes yeux n'ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu ! Adieu ! » 

     

    « Le temps s'est un peu réchauffé – 10 degrés à onze heures – il fait beau, une légère brume, cet indéfinissable brouillard parisien, estompe les lointains... on l'attache. C'est long... atrocement long. Enfin la planche bascule, elle sent contre son cou dénudé le lourd collier de bois que l'on visse. Un déclic.... Il est midi un quart. » 

     

    Sources : Marie-Antoinette d'André Castelot de l'Académie française. 

    Photo : Portrait de Marie-Antoinette Reine de France. 

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    16 octobre 1793....


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     La Chapelle-Seguin…

     

     

     

     

    L’article qui occupait cette page datait de 2011 et demandait depuis longtemps une refonte complète. Les nombreuses mises à jour donnaient l’impression d’un texte élaboré à coups de truelle un vendredi soir à cinq heures moins le quart et il devenait urgent de raconter l’histoire de ce village d’une manière moins décousue. Ce n’est pas le seul article de ce blog qui était resté en chantier depuis longtemps mais ce soir, je me décide enfin à tout casser pour tout reconstruire sur celui-ci.

    Le minuscule village de la Chapelle-Seguin fait partie des ces nombreuses paroisses disparues après la révolution et que nous avons déjà recensées par le passé. Il y a cependant ici un drame sur lequel il est nécessaire de s’attarder concernant l’assassinat d’un prêtre, un prêtre jureur, certes, mais assassiné par ceux qui étaient censés être de la même opinion que lui. Ma femme ayant déjà longuement abordé les faits, je vais me contenter de présenter le village et plus particulièrement le lieu précis de l’assassinat. Son article, indispensable à la bonne compréhension de ce qui va suivre, est disponible ici.

     

    On devine ici sur les plans du cadastre de 1811 des AD79 (3 P 128/2), l’emplacement de l’église marquée d’une croix rouge, ainsi que le cimetière (croix bleue).

     

    La Chapelle-Seguin...

     

    Même chose sur la vue aérienne de Géoportail avec les contours du cimetière en blanc et la chapelle actuelle, construite en 1874, marquée d'une croix verte :

    La Chapelle-Seguin...

    Le 26 août 1796, les habitants font une pétition auprès de l’administration départementale pour demander un prêtre et que l’église de l’abbaye de l’Absie soit exempte de la vente des biens nationaux afin de servir de lieu de culte. C’est ainsi qu’il se présente 107 personnes  devant le vice-agent de la commune. Ils auront gain de cause par un arrêté du département qui du même coup fermait l’église du petit bourg de la Chapelle-Seguin le 22 mai 1797. La pauvre église du curé Burnet-Merlin sera démolie en 1850 sur décision du conseil municipal (1). Nous n’avons aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler cette église. Romane ? C’est possible si l’on se fie aux contreforts que l’on voit sur le cadastre.  On ne sait pas non plus en quel état elle était  pendant et après les Guerres de Vendée, mais la statue de la Vierge fut cachée durant les événements. Le bourg de l’Absie s’étant étoffé autour de son abbaye multiséculaire (2), une nouvelle ordonnance, royale celle-ci,  du 14 juillet 1836 y fixera le chef-lieu de la commune, laissant disparaître la Chapelle-Seguin qui ne sera plus qu’un hameau sans église et bientôt sans cimetière (3). Ce n’est qu’en 1874 que l’abbé Drochon, curé de l’Absie et membre de la Société des Antiquaires de l’Ouest et de la Société de Statistique des Deux-Sèvres, fera construire la petite chapelle que nous connaissons actuellement, située près de l’ancien cimetière.

     

    La Chapelle-Seguin...

    La Chapelle-Seguin...

    La Chapelle-Seguin...

    Voici donc, dans les grandes lignes, ce qui concerne l’église disparue de la Chapelle-Seguin.

    La paroisse est sans cesse traversée par les bandes rivales de Vendéens et de républicains. Ces derniers, souvent sortis du camp de Largeasse (4), tentent de contrôler le pays entre les camps de Chiché et de la Châtaigneraie, mais s’adonnent aussi beaucoup au pillage et aux fâcheuses habitudes de troupes sans commandement réel. Cette situation va perdurer longtemps et le général Vimeux lui-même écrit ceci le 20 juin 1794, alors que le camp de Largeasse n’est encore qu’un projet (5) (orthographe originale conservée) :

     

    « Du 2 messidor

    Je te renvoye mon cher camarade une adresse des officiers municipaux des communes de Seguin, Vernou (destinée ?) au district de Niort rélativement à l’abandon du poste de l’abesey (l’Absie) ce qui les expose aux incursions des brigands. Je t’invite à prendre en considération leur demande et à aviser aux moyens que la prudence te dictera pour calmer les inquiétudes des habitans de ces communes. Il est nécessaire que tu couvres, au moins pas des partouilles, sy tu ne le peut par des postes fixes. Ce payis ouvert et dont il faut préserver les propriétés des insultes des brigands : tu voudra bien me faire un raport sur les moyens ultérieurs que tu jugerais convenable de prendre pour assurer la conservation du pays menacé, et sur les établissements qu’elles exigent.

    Signé le général en chef

    Vimeux »

     

    Plus tard, lors de le reprise d’armes de 1799, la commune est à nouveau traversée par les belligérants et on trouve trace le 15 prairial an VII (mardi 3 juin 1799) (6) :

    «… Sur les sept heures du matin, une bande de 30 brigands se sont portés sur la commune de Vernou, arboré le drapeau blanc, abattu l’arbre de la liberté, désarmé plusieurs citoyens afin de les associer à leurs brigandages et dirigé ensuite sur la commune de la Chapelle-Seguin. »

     Venons-en à présent au curé Burnet-Merlin. Caché à la Baraudière, tout près du bourg, durant le passage de la colonne infernale de Prévignaud dite « colonne N°1 » de Prévignaud et Daillac (8), l’abbé Burnet-Merlin échappa aussi bien à la terreur révolutionnaire qu’aux coups de main des Vendéens qui n’appréciaient guère les curés constitutionnels. Pour autant, il ne fut pas assassiné par les uns ou les autres mais pas trois de ses paroissiens en avril 1794. 

    L’historien Marcel Garaud que nous avons vu avec l’article de ma femme nous donne les précisions suivantes quant à l’assassinat du curé Burnet-Merlin après avoir rappelé l’assassinat d’un autre prêtre, l’abbé Jouneau, chapelain de l’Absie,  tué, lui,  par les Vendéens (7) :

     

    «... Suivant la tradition, l’abbé Burnet-Merlin dut, devant ce péril (nota : les colonnes infernales), abandonner son presbytère et se cacher aux environs du village de la Baraudière, à quelques centaines de mètres du bourg de la Chapelle-Seguin, probablement chez un sieur Pierre-Philippe Denis, son sacristain, qui exerçait, en outre, la profession de tisserand et qu’on voit, en qualité d’officier public de la Chapelle-Seguin, dresser la plupart des actes de l’Etat civil, depuis le retour du curé. Il fut abattu au mois d’avril 1794 d’un coup de fusil tiré par un jeune homme nommé T..., à qui il avait fait faire la première communion. C’était le domestique d’un sieur M..., l’instigateur du crime, qui l’accompagnait. Suivant la tradition, l'abbé Burnet-Merlin avait été prié d'aller à Vernou pour administrer les derniers sacrements à un malade. Pour s'y rendre il avait laissé, à peu de distance, au sud du village de la Baraudière, la route allant de la Chapelle-Seguin à la Morinière et pris un sentier filant à travers champs vers le Moulin-du-Bois puis de là coupant le bois de Vernou. Ce sentier, qui existe toujours, part à angle droit de la route de la Morinière au milieu de la haie la séparant de la pièce dite "la Grande Grenouillère" (n° 71, section B du cadastre), puis, arrivé au centre de cette pièce, il tourne brusquement au sud pour atteindre en son milieu la haie séparant la Grande Grenouillère d'un champ auquel les indicateurs, lors de la levée du cadastre, ont donné le nom caractéristique de "Champ du Malheur" (n° 72, sect. B). Continuant dans la même direction, il entre dans la pièce suivante, dite "l'Ébaupin Simonet" (n° 73, sect. B). C'est au point où le chemin passe du Champ de Malheur dans l'Ébaupin Simonet que serait tombé l'abbé Burnet-Merlin. 

    L'instigateur du crime était-il au courant de l'appel fait au dévouement du curé ? ou bien surveillait-il ses allées et venues ? Dans tous les cas il était accompagné d'un domestique et tous les deux, armés de fusils, étaient bien décidés à tuer l'abbé Burnet-Merlin. Cependant seul le domestique tira. Au dernier moment le maître, effrayé du crime qu'il se disposait à commettre, jeta son arme et s'enfuit. Dans l'oratoire de la Chapelle-Seguin une petite verrière, placée au-dessus de l'autel, reproduit cette scène telle que la décrit la tradition. Jusqu'à la veille de la guerre de 1914, les fermiers qui exploitaient le Champ de Malheur avaient laissé inculte l'endroit où était tombée la victime. »

    Le dernier acte signé de sa main date non pas du 26 janvier 1794 comme l'indique Marcel Garaud, mais du 30 :

     

     

    La Chapelle-Seguin...

    L’assassinat du curé Burnet-Merlin représenté par un vitrail dans la chapelle du XIX° siècle. Il va sans dire que l’état de la chapelle mériterait qu’on s’y attarde et que dire de ce vitrail grandement menacé ?  

    Nicolas y avait consacré un article en 2016 ici.

    La Chapelle-Seguin...

    La Chapelle-Seguin...

     

    Au vu des indications de l’étude de Marcel Garaud, j’avais tenté en 2013 de situer approximativement le lieu du drame avec cette carte et une croix rouge:

     

    La Chapelle-Seguin...

     

    On peut vérifier les données de Marcel Garaud par les parcelles cadastrales mentionnées :

     

    La Chapelle-Seguin...

     

     

    Au cours de l’été 2017, je fus contacté par un monsieur qui connaît bien les lieux et qui me dit ceci :

    « Je suis né à la Baraudière de la Chapelle-Seguin où mon père, fermier, cultivait la ferme de la Bourdettrie (1ère ferme à droite en entrant dans le hameau de la Baraudière). Au Sud de la ferme, il y avait deux champs. Le « Petit champ de l’Aire » et « le Champ d’en haut » qui était tout plat et qui avait au Sud à 20 mètres de la haie un grand chêne. Bien que gênant pour la culture, mes parents m’ont toujours dit qu’il ne fallait pas le couper parce qu’un prêtre avait été assassiné à cet endroit. Etait-ce le curé Burnet-Merlin ? Je ne sais pas. »

     

    Nous y étions ! Dans la foulée, ce monsieur m’envoie le croquis suivant à partir du plan cadastral de l’endroit :

     

    La Chapelle-Seguin...

     

    Comme évidemment, le chêne a disparu dans les abominations du remembrement et les affres de l’ignorance, il a fallu reporter son emplacement sur une vue moderne :

     

    La Chapelle-Seguin...

     

    En calculant la distance avec Géoportail et en allant sur place avec un podomètre, j’en conclus que le lieu précis de la mort de notre pauvre curé se situe ici :

    La Chapelle-Seguin...

     

    Fut-il enterré au cimetière que l’on voit plus haut sur le cadastre et disparu de nos jours ? C’est probable. L’abbé Antoine Burnet-Merlin était un prêtre constitutionnel et en cela supposé ennemi de la Vendée. La vérité est à mon sens, plus complexe que cela et ce fut certainement l’espoir  apporté par les idées nouvelles autant que celui de pouvoir continuer son ministère en paix, qui le décidèrent à prêter le serment. Il ne méritait sûrement pas le triste sort qu’on lui fit et c’est à sa mémoire que ce travail est dédié afin que l’on se souvienne que dans notre pays, chaque coin de champ, chaque chemin, chaque fossé, conserve le souvenir d’un drame.

      

    RL

    Octobre 2018

      

      

      

     

    Notes :

     

    (1)  Notre ami le président du Souvenir Chouan de Bretagne apprendra ainsi que le maire de Gesté avait eu des prédécesseurs tout aussi actifs que lui… Il y a pourtant bien longtemps que tout le monde a oublié que la Chapelle-Seguin avait possédé une église.

    (2) Pour ceux qui s’intéressent aux abbayes de l’époque médiévale, il est bon de rappeler que l’abbaye de l’Absie participa avec celles de Saint-Maixent, Nieul-sur-l’Autise, Maillezais et Saint-Michel-en-l’Herm à l’assèchement du Marais Poitevin et au creusement du fameux « Canal des cinq abbés » (même si l’abbaye de Moreilles avait déjà initié le projet). Il est bon de le rappeler, car le tourisme à une fâcheuse tendance à cloisonner l’histoire pour des questions de limites régionales et départementales. Pensez donc, nous autres des Deux-Sèvres, nous dépendions d’une région dont le chef-lieu était à Poitiers et nous voilà maintenant bordelais, dépendant d’une ville à plus de trois heures de route où personne ne met jamais les pieds. Pour y faire quoi d’ailleurs ? Je vous le demande.

    (3)  Ce cas n’est pas le seul dans les Deux-Sèvres et je me permets de rappeler celui de la Boissière-Thouarsaise, transférée à Lageon pour les mêmes raisons.

    (4) Le camp de Largeasse a été étudié sur ce blog à plusieurs reprises et il en reste encore à raconter.

    (5)  Archives de Vincennes : SHD B 5/80, v. 48/148, registre de correspondance du général Vimeux. SHD B 5/9-53, v. 6/11, bulletin analytique seul renvoyant à la cote B 5/80.

    (6)  AD79, L 9. Procès-verbal des séances de l’administration du département. En L 56, également, dans une lettre de l’administration de Secondigny, il est question de ces bandes royalistes qui n’hésitent pas à traverser les communes de Gâtine par groupe de 40 ou 50 « sans trouver une masse d’hommes énergiques ». Il est rappelé la responsabilité des communes qui ne lutteraient pas assez efficacement contre ces agissements…

    (7)  La Chapelle-Seguin se trouvait entre les parcours des deux colonnes, mais on sait que celle de Prévignaud fut peu active, quand à celle du prétendu « Daillac », probablement confondu avec « Cortez d’Auliac », cette colonne ne s’est pas réellement formée.

    (8)  Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1er trimestre 1940, tome XII de la 3ème série, p. 311 et sq. On retrouve le texte intégral sur Gallica ici.

     


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    Challans, le 5 Messidor de l'an II, 

    les esprits ne sont pas apaisés...

     

     

                            

    Challans le 5 messidor an II....Sale temps pour la municipalité de Challans : Le 23 juin 1794, un marchand de Challans refuse que son cheval soit réquisitionné pour un guide de l'armée.

    Il  déchire l'ordre de réquisition, insulte l'officier municipal et profère des noms d'oiseaux envers la municipalité.

    Un aide de camp du général Boussard* cherche le guide qui devait se trouver sous les halles et s'adressant à un officier municipal lui dit : « Si tu ne trouves de suitte ce guide, je vais te faire prendre par quatre fusilliers pour te forcer à en servir toi-même ; il ajouta qu'il couvrait son aristocratie du ruban tricolore, et il demande que les faits soient dénoncés à l'administration du District. »

     

    Les faits sont rapportés en séance publique :

     

    « Séance publique et permanente du cinq Messidor deuxième année Républicaine à laquelle présidoit le citoyen Viaud et assistoient les citoyens ; Thulièvre, Rabreau,Morineau, Guillot, Pillet, Dugué et Boissard, tous officiers municipaux et notables, l'agent national présent. 

    Un membre a observé que venant de sommer le cheval du citoyen Grué**, marchand de cette commune pour monter un guide de l'armée, il a refusé de satisfaire à la sommation qui lui a été donnée, en la déchirant et en jurant contre le membre de la municipalité qui lui a remis et en jurant la municipalité, et a demandé qu'il fut puni pour cette désobéissance à la loi ; le Conseil Général, ouï l'agent national, considérant que le bien de service ne demande aucun retardement et qu'il est de nécessité qu'une pareille désobéissance ne reste pas impunie, a arrêté que le dit citoyen Grué** seroit mis en arrestation pendant vingt quatre heures, après lequel tems le gardien de la maison d'arrest est authorisé de le faire sortir.      

    Un autre membre a représenté que le citoyen Vitran, s'il ne se trompe, aide de camp du Général Boussard s'est transporté ce matin à la maison commune et a demandé où étoit le guide qui étoit sous les halles, que sur la réponse d'un de nos membres, qu'il devoit y être  ; à moins qu'il n'eût été employé pour servir de guide, cet aide de camp lui tint des propos les plus injurieux et le menaça, en lui disant ; toi officier municipal si tu ne trouves de suitte ce guide, je vais te faire prendre par quatre fusilliers pour te forcer à en servir toi même ; il ajouta qu'il couvroit son aristocratie du ruban tricolore, et il demande que les faits soient dénoncés à l'administration du district. 

    Le conseil prenant en considération l'exposé cy-dessus. Considérant que le manque de respect aux autorités constituées est une violation manifeste à la loi ; qui ne permet pas d'être passée sous silence, d'autant plus que cet aide de camp n'avoit aucun sujet de se plaindre, puisque le citoyen qu'il voulait faire trouver, de piquet sous les halles, étoit employé à servir de guide ; ouï l'agent national a arrêté qu'il seroit écrit à l'administration du district, pour lui faire connoître les propos injurieux qui ont été tenus à un de ses membres en fonction, et qu'une expédition du présent arrêté lui sera transmise ; et pour qu'elle employe les moyens qu'elle a en son pouvoir pour faire réprimer des propos aussi injurieux offensants pour des magistrats du peuple. 

    Fait et arrêté à la maison commune les jour, mois et an que devant, approuvé, deux mots en interligne, rejettés quatre mots rayés. 

     

    Signé Rabreau Off municipal- Pilet notable – Viaud Off municipal – Boisard notable. » 

     

    Challans le 5 messidor an II....

    *Au sujet du général Jean-Baptiste Boussard, je vous dirige vers le billet de la Maraîchine Normande en date du 20 novembre 2016 au sujet des généraux républicains morts en Vendée.

     

    ** Au sujet du marchand nommé Grué de Challans, il s'agit certainement de Jean Grué, marchand et commissionnaire, fils de Jacques Grué, marchand et de Françoise Favreau, époux de Gabrielle Dufief, décédé à Challans le 10 mai 1825 (vue n°124/511 décès Challans 1825).

     

     

    Sources :   

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – Délibérations communales de Challans – Prairial an 2 à juin 1806 – vue n°4 et 5/218. 

    Photos : de l'auteur. 

     

                                                            

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Intervention d’Amaury Guitard sur DIG Radio le 4 octobre 2018…

     

     

     

     

     

     

    Pour commander le livre, cliquer sur l’image :

    Intervention d'Amaury Guitard sur DIG Radio le 04/10/2018....


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    Le 23 Nivôse de l'an II, 

    la guillotine des Sables-d'Olonne est en panne...

     

             

    La guillotine des Sables....Impossible de guillotiner les condamnés à mort dans les vingt quatre heures, l'exécuteur des sentences criminelles s'énerve, il prend du retard et la prison du Minage est saturée. A priori, ce n'est pas un problème de panier défoncé par les dents des condamnés, mais plutôt un disfonctionnement dans l'assemblage des ''Bois de Justice''. A ce propos je vous invite à lire les ''Mille et un fantômes d'Alexandre Dumas'', dont voici un extrait (page 58).

     

    « Vous croyez qu'ils sont morts parce qu'on les a guillotiné, vous  ? 

    - Sans doute. 

    - Eh bien ! On voit que vous ne regardez pas dans le panier quand ils sont là tous ensemble ; que vous ne leur voyez pas tordre les yeux et grincer des dents pendant cinq minutes encore après l'exécution. Nous sommes obligés de changer de panier tous les trois mois tant ils en saccagent le fond avec les dents. C'est un tas de têtes d'aristocrates, voyez-vous, qui ne veulent pas se décider à mourir, et je ne serais pas étonné qu'un jour quelqu'une d'elles se mit à crier : Vive le Roi ! 

    Je savais tout ce que je voulais savoir : je sortis poursuivi par une idée : c'est qu'en effet ces têtes vivaient encore, et je résolus de m'en assurer. » 

     

    Revenons aux Sables d'Olonne en ce 12 janvier 1794.

     

    « Le 23 nivôse de l'an II, à l'ouverture de la séance est comparu le citoyen Ancelin*, exécuteur des sentences criminelles, qui a prévenu le Conseil Général que demain il y avait des exécutions à faire et qu'il était nécessaire de mettre la guillotine en état. 

    En conséquence, le citoyen Gassot**, menuisier, a été requis de suite pour réparer la guillotine  ». 

     

    * Ancelin-Asselin, famille de bourreaux originaire de Niort.

    ** Jean-Baptiste Gassot est né le 29 octobre 1746 à Machecoul (la Trinité), il est le fils de J.B Gassot, teinturier-chapelier et de Anne Longépée. Au moment de la Révolution, il est maître menuisier aux Sables d'Olonne.

     La guillotine des Sables....

    Les réparations durent deux jours, deux ou trois jours d'angoisse pour les condamnés; car il faut attendre le 27 nivôse avant de voir apparaître les noms des victimes, éxécutées les 25 et 26 nivôse, dans les registres d'état civil.

    En ce 14 janvier 1794, la guillotine semble fonctionner parfaitement puisque neuf têtes vont mordre le fond du panier.

     

    « Le vingt sept nivose, de la deuxième année de l'Erre Française, devant nous Charles Sané officier public de cette commune canton et district des Sables, département de la Vendée ; nommé en exécution de la loi, étant au lieu des séances de la commune, s'est présenté le citoyen Tireau, secrétaire de la Commission Militaire établie en cette commune, lequel nous a déclaré : 

    Que Pierre Troussicot, maréchal ferrant, natif et domicilié de la commune de Commequiers, district de Challans âgé de trente trois ans a été éxécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission, le vingt cinq du pésent mois de nivose. 

    Que Marie Roberteau, femme Martineau, maréchal ferrant de la commune de Beaulieu du district des Sables, âgée de quarante ans, a été exécutée , condamnée à mort par jugement de la dite Commission, le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Jacques Sire, journalier de la commune de Commequiers district de Challans, âgé de cinquante ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Jean Nicoleau, marchand, de la commune de Commequiers district de Challans âgé de trente sept ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que René Jutard, domestique de la commune de Commequiers, district de Challans âgé de vingt cinq ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission, le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que François-Aimé Roy, Régent de la commune d'Aubigny, district de la Roche sur Yon, âgé de soixante trois ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Florence-Marguerite Lefebvre veuve Obirn-O-Byrn* (Veuve de Jacques O-Byrn, Ecuyer, seigneur de Newtown, capitaine au régiment de Berwick, originaire d'Irlande) de la commune de Beauvoir district de Challans, âgée de cinquante ans a été exécutée le vingt six du présent mois de nivôse, condamnée à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Que Jacques Bernard, laboureur du village Duport de la commune de Beauvoir district de Challans, âgé de vingt ans a été exécuté le vingt six du présent mois de nivôse, condamné à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Que Louis Gouillon, laboureur du village de la Guérinière Isle de Noirmoutier, district de Challans, âgé de vingt deux ans, a été exécuté le vingt six du présent mois de nivose, condamné à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Desquels décès et exécutions nous avons rédigé le présent acte en présence du dit citoyen Tireau, qui a avec nous signé.  

    signé Tireau et Sané officier public. » 

    La guillotine des Sables....

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – Délibérations municipales des Sables d'Olonne, (vue 89/317). 

    Registres état civil des Sables d'Olonne cote AC194 – vue 39/97 décès. Copie des neuf décès jointe. 

    Archives Départementales de Loire-Atlantique tous droits réservés, registres état civil de Machecoul la Trinité - vue n°17/23. 

    Photo: de l'auteur. Et la guillotine aux enchères à Nantes – le Parisien du 25 mars 2014.  

     

                                                               

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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