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    La famille d’Anne-Marie Emeriau, servante de Stofflet… 

     

     

     

    Article connexe ici.

     

    La famille de la servante de Stofflet....D’après Landrin, la famille de la servante du général Stofflet est éteinte. Parle-t-il des enfants de Stofflet et d’Anne-Marie Emeriau ou de la famille de  cette dernière ? Celle-ci, en effet, est pratiquement éteinte, sur huit enfants, il ne resterait que François Emeriau, tailleur d’habits à Chemillé en 1805, Anne-Marie et Charlotte ; les autres étant décédés avant la révolution.

     

    Michel Emeriau est né le 5 mars 1725 en la paroisse Saint-Gilles de Chemillé. Il épouse en première noce, le 17 février 1748, à Saint-Gilles* de Chemillé, Marie Madeleine Boutin, qui décède le 6 février 1755 et qui lui donnera trois enfants décédés en bas âge.

    Le 8 mai 1758, il épouse à Saint Léonard de Chemillé, Anne Girault, huit enfants naîtront de cette union. A cette époque il exerce la profession de tailleur d’habits et est bedeau de sa paroisse, il est dit : « bedeau du Chapître. »

     

    * « La paroisse Saint-Gilles : Après avoir déplacé le centre de la ville vers le Sud, les seigneurs de Chemillé entendirent doter le centre nouveau d’une paroisse. St-Gilles, sanctus Egidius, fut fondé durant la seconde moitié du XIe.s. Pierre II de Chemillé donna la présentation de la cure aux moines de Saint-Pierre, avec l’autorisation de l’évêque qui gardait la collation. C’était une petite paroisse, sans chapelles annexes et le curé à la portion congrue ne jouissait que d’un revenu de 300l par an. L’église avait été incendiée pendant la Révolution, seule la nef subsista, convertie en hôpital en 1827. » 

     

    Voici les enfants de ce deuxième mariage :

     

    1° François Emeriau, né le  23 juin 1759 à St-Gilles de Chemillé, qui épouse le 9 floréal de l’an 12 (29 avril 1804), à Chemillé, Marie Baron de la Chapelle      Rousselin. Il est, lui aussi, tailleur d’habits.

    2° Marin-Michel Emeriau, né le 7 août 1761 à St-Gilles † le 30 septembre 1765 à St-Gilles.

    3° René-Louis Emeriau, né le 15 mars 1763 † le 26 juillet 1766 à St-Gilles.

    4° Anne-Marie Emeriau, née le 23 décembre 1764 † le 10 octobre 1765 St-

        Gilles.

    Anne-Marie Emeriau, née le 7 mai 1766 à St Gilles, servante du général Stofflet de 1793, jusqu’en février 1796, et qui épouse à Neuvy, le 21 février 1797, Jean Réthoré, jardinier au château du Lavouër, chez Monsieur d’Armaillé. Employée au château, elle y décède le 6 avril 1837, sans postérité.

    La famille de la servante de Stofflet....

    6° Charlotte-Anne Emeriau, née le 26 mars 1768 à St-Gilles † ???

    7° Michel-Louis Emeriau, né le 3 septembre 1769 † le 22 août 1773 à St-Gilles.

    8° Anne-Françoise-Louise Emeriau née 18 septembre 1771 à St Gilles † 18 septembre 1781 à St-Gilles.

     

    Michel Emériau décède à la paroisse St-Gilles, le 27 août 1774.

    Anne Girault décède le 8 mai 1785 à l’âge de 57 ans, à cette époque Anne-Marie Emeriau est âgée de 21 ans.

       

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Registres paroissiaux et d’état civil de la commune de Chemillé.  

    . Acte de naissance d’Anne-Marie Emeriau - vue 165/349 – St-Gilles - année 1766. 

    . Célestin Port – Tome I page 719 – Dictionnaire de Maine-et-Loire. 

    . Photo : Servante, de Jean-Baptiste Siméon Chardin – peintre 1700-1779. 

                                                                

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le billet de fin d’année…

     

    Cette année 2019 fut l’une des plus épuisantes que j’ai pu connaître. Le travail « alimentaire », les séances de dédicaces à plein régime les week-ends entre la rentrée et ces derniers jours, la finalisation du tome II du « Souterrain au Trésor », auxquels se sont ajoutés encore une fois quelques soucis de santé, m’ont un tant soit peu freiné dans la publication des articles pour « Chemins secrets ». Heureusement que l’ami Xavier Paquereau a su tenir la boutique à certains moments.

    Une fois un peu plus reposé, l’aventure va continuer, rassurez-vous ; tout d’abord sur ce blog, avec une série d’articles plus ciblés sur la « petite histoire », celle que vous aimez et ensuite pour notre groupe des « Amis du Pont-Paillat ». Nous sommes au cœur de la saison des veillées, et c’est le moment de mettre à profit cette période pour échanger plus que jamais, toujours dans l’esprit convivial et familial qui nous anime.

    Plusieurs projets sont en cours, dont la sauvegarde et l’entretien de tombes ayant trait à la mémoire vendéenne. Vous en saurez davantage dans le cours de l’année 2020.

    Je vous souhaite à tous, lecteurs fidèles ou nouvellement abonnés, une très bonne année 2020.

    A très bientôt !

    RL

    Décembre 2019

     

     

    Le billet de fin d'année....

     

     

     


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    La Poitevinière, le 8 Brumaire de l’an VIII, le combat de la Pouèze 

     

      

    « Le 7 Brumaire (29 octobre 1799) après-midi, une fusillade très vive s’est engagée entre les républicains et les brigands dans les environs de la Poitevinière. Le 8, le combat a recommencé et a duré tout le jour : les brigands ont été mis en déroute complette ; ils ont perdu près de deux cents hommes ; nous avons eu dix à douze hommes tués dans les divers combats qui ont eu lieu. Quinze grenadiers étant malheureusement tombés entre les mains de ces scélérats, il les ont fait prisonniers, et les ont fusillés sur le champ. 

    Cette atrocité est digne des partisans de la royauté. 

    Soldats républicains, le sang de vos frères crie vengeance ». 

     

    Que s’est-il vraiment passé à la Poitevinière ? : Voici le contexte et le récit du côté royaliste.

     

    « Le 30 vendémiaire an VIII (22 octobre 1799) d’Autichamp envoie à chacun de ses chefs de division la lettre de convocation suivante : « Je vous annonce, Monsieur, qu’il est arrêté que la guerre contre la République commencera la semaine prochaine. Procurez-vous un lieu pour faire votre rassemblement avec succès. Vous convoquerez la division qui est à vos ordres, en secret et avec célérité, dans le lieu le plus convenable, mardi 29 octobre. Sitôt votre rassemblement fait, vous vous porterez à Beaupréau où vos troupes se joindront aux autres divisions. Si vous connaissez quelques capitaines dont les dispositions sont équivoques, vous ferez remettre aux prêtres des lieux les billets en priant de les donner à des hommes dévoués qui se feront un devoir et un honneur de faire la convocation. 

    Je vous fais passer, avec la présente, des billets portant mon nom ; vous y joindrez le votre, et manderez aux soldats d’avoir à se munir de pain pour trois jours. 

    D’Autichamp enjoint aussi de surveiller les côteaux du Layon, afin de n’être pas pris à dos, et part de la métairie de la Giraudière, dans la paroisse de Chanzeaux où il se tient caché depuis plusieurs mois avec Jean-François Soyer, la Béraudière, Chetou, Renou, Lusignan, ses principaux officiers, et se dirige sur Beaupréau. 

    Le 29, ses divisionnaires, conformément à son appel, se rendent à Beaupréau. En y arrivant, Monnier, qui vient de réunir 2000 hommes aux landes de la Varenne, dans la paroisse de Saint-Macaire, apprend que l’Huillier, dont le rassemblement s’était fait dans les landes de la Pouèze, près de la Poitevinière était aux prises avec une colonne républicaine qui venait de Chemillé. Il vole au secours de L’Huillier et le trouve en déroute. Monnier reprend le combat, mais, surpris par la nuit, il revient à Beaupréau sans être inquiété par les républicains qui suivent cependant d’assez près. Les officiers et le général en chef n’y étaient plus ; ils s’étaient retirés au Fief-Sauvin. Monnier va les y rejoindre à minuit avec ses soldats, laissant les Républicains en possession de Beaupréau. Le lendemain les Royalistes marchent sur cette ville pour les attaquer ; ils n’y étaient plus. » 

     

    Le combat de la Pouèze.... 

    Le combat de la Pouèze....

    Les pertes royalistes sont à mettre sur le compte de la troupe de L’Huillier : environ deux cents hommes.

    Le général d’Autichamp nous parle de la surveillance des coteaux du Layon. Les habitants royalistes de Saint-Lambert-du-Lattay, pour cacher leur petit nombre, reçurent dans leurs rangs des « snipers féminins », des filles déguisées en hommes, qui aimaient « faire des cartons » sur les patriotes campés sur le coteau opposé. Voici leurs noms :

    1° Perrette Reuiller.

    2° Françoise Samson.

    3° Catherine Chupin.

    Perrine Richou.*

    5° Jacquine Trouvé.

     La croix du Pont-Barré :

    Le combat de la Pouèze....

    « Dans les gardes que les paroisses riveraines du Layon montaient sur les bords de cette rivière, ils échangeaient souvent des coups de fusil avec les patriotes campés sur le coteau opposé. Pour cacher leur petit nombre, car dans ce moment la population était fort réduite, les habitants de Saint-Lambert-du-Lattay reçurent dans leurs rangs plusieurs filles déguisées en hommes : ces filles courageuses se plaisaient aussi elles à faire le coup de feu. Perrette Reuiller, Françoise Samson, Catherine Chupin, Perrine Richou, Jacquine Trouvé se montrèrent particulièrement pleines de résolution. On les voyait le fusil sur l’épaule, se tenir en sentinelle sur les coteaux. Ces filles n’avaient d’autre but en se travestissant que de soutenir la cause de la Religion. Néanmoins leur conscience criait, et elles s’inquiétaient de ce que leur dirait leur confesseur, elles finirent par déposer ces habits qui n’étaient pas de leur sexe (l’abbé Conin, l.c., p.265). » 

     

    *Perrine-Julienne Richou, née à Saint-Lambert-du-Lattay, le 27 janvier 1769, fileuse, (30 ans en 1799) veuve de Jean Benoist, tué au combat dans l’Armée Catholique et Royale (dossier Vendéen 1M9/313).

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Les Affiches d’Angers du 13 Brumaire an 8 – vue 13/31. 

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés - Dossiers Vendéens Perrine-Julienne Richou – 1M9/313. 

    . Archives Départementales du Maine et Loire – cadastre Napoléonien 1835 – La Pouèze, 3P4/253/1, la Poitevinière – 3P4/253/2. 

    . Géoportail, la Pouèze. 

    . Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau - Tome V – pages 791 et suivantes. 

    . Photo de l’auteur : La croix du Pont-Barré Saint-Lambert-du-Lattay. 

                    

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    L’énigme de l'abbé Jottreau…

     

     

    On ne sait pratiquement rien du malheureux curé Jottreau de Beaulieu-sous-Bressuire, duquel j’ai déjà parlé à plusieurs reprises dans ces pages, du moins pour en rappeler la sépulture toujours existante. C’est très probablement le 26 avril 1793 que le bourg de Beaulieu-sous-Bressuire est incendié par le 10ème bataillon du Var, dit « bataillon de Marseillais » (1), et que le curé Jottreau est fusillé en présence de la garde nationale de Bressuire. Il avait refusé le serment et dit des messes au château de la Dubrie, eté emprisonné à Poitiers, puis libéré. Le 23 janvier 1794, Beaulieu-sous-Bressuire verra passer l’horreur une seconde fois comme on le sait. Voir ici.

    Mais revenons à l’abbé Jottreau. Nous n’avons sur lui aucune information sinon un patronyme très commun dans la région, y compris à Brétignolles, village voisin de Beaulieu, où un Jean-Jacques Jottreau combattit dans les armées vendéennes. Pas de prénom ni de date de naissance. Même la date de sa mort n’est que supposée.

    Tombe de l’abbé Jottreau dans le cimetière de Beaulieu-sous-Bressuire :

    L'énigme de l'abbé Jottreau....

    L'énigme de l'abbé Jottreau....

    C’est probablement dans l’ancien cimetière qu’il fut tout d’abord enterré.

    Ici, sur le cadastre de 1811, marqué d’une croix rouge (AD79, 3 P 24/3).

    L'énigme de l'abbé Jottreau....

    La croix de la tombe vue plus haut semble indiquer un monument de la seconde moitié du XIX° siècle. A quelle date le cimetière fut-il changé de place ?

    Nous ne savons rien de l’abbé Jottreau et aucun registre n’est disponible avant 1795 et ceux tenus par le prêtre Le Mauviel dont on connaît l’histoire liée à la Petite-Eglise. Ces registres nous auraient été utiles car voilà un prêtre du nom de Jottreau que l’on retrouve vicaire pendant un court laps de temps à Saint-Maurice-des-Noues en Vendée. D’après les registres, ce vicaire tint son ministère entre le 24 avril et le 23 novembre 1761.

    Voici sa signature dans les registres de Saint-Maurice-des-Noues (2)

    L'énigme de l'abbé Jottreau....

    De Saint-Maurice-des-Noues, nous voilà faisant un bond à Montravers, village bien connu des amateurs de Guerres de Vendée, et que nous avons étudié à plusieurs reprises. Dans sa très utile monographie parue en 1910, l’abbé Gabilly, nous signale un abbé Jottreau, curé de « Mautravers » entre 1763 et 1771 (2). Depuis combien de temps cet abbé Jottreau était-il curé de Montravers (« Mautravers » selon l’orthographe de l’époque) ? Là, nous avons un problème, car deux années de registres manquent pour Montravers : les années 1761 et 1762. Voyez-vous où je veux en venir ? Eh oui ! Un Jottreau vicaire disparaît de Saint-Maurice-des-Noues en 1761 et un curé de ce même nom apparaît à Montravers en 1763… sachant qu’il pouvait être là dès 1761.

    A voir sa signature dans les registres de Montravers, nul doute que nous avons à la même personne (3) !

    L'énigme de l'abbé Jottreau....

     

    On trouve trace de sa signature du 12 janvier 1763 pour le baptême de Louise Grolleau, de la Tallerie, jusqu’au 30 avril 1771 pour le baptême d’Adélaïde Marie Jeanne Barrion, fille de Maître Alexandre Marie Barrion, notaire et procureur et damoiselle Marie-Jeanne Morna, son épouse. Le parrain sera Pierre-Marie Durand, docteur en médecine de la faculté de « Monpellier » et la marraine Jeanne Rousse (4).

    L’abbé Gabilly, qui a sûrement emmené bien des secrets dans sa tombe en 1924, pense que cet abbé Jottreau aurait pu quitter sa paroisse pour des raisons de santé. Il faudra attendre une année pour que Montravers retrouve un prêtre avec l’abbé Charles Violleau, que vous connaissez déjà. Si mon hypothèse est la bonne et que cet abbé Jottreau ayant desservi Saint-Maurice-des-Noues et Montravers, est le même que celui qui fut massacré à Beaulieu-sous-Bressuire, il devait avoir une soixantaine d’années s'il a été vicaire en 1761. Bien entendu, rien ne lie ce prêtre au martyr de Beaulieu-sous-Bressuire de manière formelle, mais cet article est appelé à évoluer car j’ai peut-être une nouvelle piste pour sortir ce curé martyr de l’oubli…

    A suivre…

     

    RL

    Nuit de Noël 2019

     

     

     

       Notes :

    (1)   Voir la très sérieuse étude de l’ami Pierre Périeau sur ce blog, sur la bataille de Thouars, ici.

    (2)   AD85, AD2E251/1.

    (3)   AD79, 1 MI EC 309 R842, v. 26/78.

    (4)   Abbé Jules Gabilly, « Histoire d’une paroisse du Bas-Poitou, Montravers du XII° au XX° siècle », 1910, reprint Hérault, Maulévrier, 1989, p. 233.


    3 commentaires
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    JOYEUX NOËL A VOUS TOUS ! 

     

                        Et comme à mon habitude, un Noël en Orthodoxie : 

     

    X. Paquereau

     

     

                      

                                                                                             


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