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    La Roche-de-Mûrs, 

    un monument élevé à la mémoire de ''vils poltrons''…

     

                       

    C'est ainsi que le représentant du peuple Philippeaux nomme les soldats des 6e et 8e bataillons de Paris chargés de la défense d'Erigné et de la Roche-de-Mûrs. Ces bataillons de la deuxième formation furent constitués en mai 1793, le 6e dit du Luxembourg et le 8e dit des Lombards ; composés de poivrots, de criminels et de pillards, purs produits que seule la lie du peuple ''révolutionnaire'' de Paris puisse offrir comme soldats. Ces gens-là ne sont pas venus pour se battre, mais pour toucher la solde...

    En ce vendredi 26 juillet 1793, le 8e bataillon, commandé par le lieutenant-colonel Bourgeois tentera de résister à la Roche-de-Mûrs, mais ses soldats se jetteront volontairement dans les eaux du Louet au lieu de combattre. C'est pour ce haut fait d'armes que la république élèvera en 1889, à la mémoire de ces déserteurs (on a le centenaire que l'on mérite), ce pompeux monument que nous pouvons encore admirer aujourd'hui. Cet ouvrage est  le symbole vivant du mensonge permanent dont se nourri la république.

     

    Le 29 juillet 1793, les Affiches d'Angers se feront l'écho de cette magistrale raclée de la Roche-de-Murs.

     

      N° 114 – Affiches d'Angers ou Moniteur du Département de Maine-et-Loire du Lundi 29 juillet 1793, l'an deuxième de la République Française. Département de Maine-et-Loire.

     

     

    « Proclamation du citoyen PHILIPPEAUX, représentant du peuple, commissaire national dans les départements du Centre et de l'Ouest, aux administrateurs, fonctionnaires publics, civils, militaires et à tous les citoyens des districts et départements qui environnent la ville d'Angers.

     

    Citoyens, je viens d'arriver dans la ville d'Angers, à la barbe d'une colonne de brigands qui savent faire trembler les lâches, mais qui ne font jamais reculer de francs républicains  ; hier vers midi, le poste important des Ponts-de-Cé qu'il étoit si aisé de défendre a été abandonné lâchement à l'armée anti-chrétienne ; les parjures qui ont ainsi compromis la gloire et le salut de la république ont achevé de se couvrir d' opprobre, en faisant dans leur fuite des rapports fabuleux, capables d'inspirer la terreur et décourager les braves citoyens qui veulent effacer leur honte. Le mal est grand, puisque la république n'a pas été victorieuse, mais il est réparable, si on s'empresse de venir à son secours, ce sera pour les brigands un foible avantage, que d'avoir envahi les Ponts-de-Cé, si la ville d'Angers tient ferme contre leurs efforts ; trois ou quatre mille républicains, fidèles à leur poste, sont dans ses murs, résolus d'établir, au pied des remparts, le sépulcre des brigands qui oseroient en approcher ; mais pour rendre la victoire plus prompte et plus décisive, la patrie vous conjure, citoyens, de réunir vos forces à celles de vos frères les Angevins qui vous attendent avec impatience  ; leur ville est capable de consumer toutes les ressources de l'ennemi, venez la secourir en vous sauvant vous-même. Cette cité est la seule digne qui puisse préserver vos contrées de la scélératesse des brigands ; une fois rompue, ils se précipiteroient chez vous et y commettant mille horreurs. La Sarthe fait avancer trois mille hommes ; que les autres contrées voisines imitent son exemple ! Citoyens, vous seriez écrasés en détail, l'un après l'autre, si votre retard à secourir Angers permettoit aux rebelles de subjuguer cette ville. Empressez-vous de réparer la perfidie et la lâcheté des misérables qui ont trahi leurs serments ; que ceux là ne trouvent aucun asyle chez vous ; qu'ils soient désarmés et conduits en prison comme déserteurs ; que ceux qui opposeroient la violence ou commettroient quelques brigandages soient repoussés par la force comme ennemis publics. Les brigands sentiront la différence d'avoir à combattre des braves gens, ou de mettre en fuite de vils poltrons ; vous aurez sauvé votre patrie ; et couvert de gloire, vous jouirez du bonheur qu'elle réserve aux hommes libres.  »

     

    Angers, 27 juillet 1793 ; l'an second de la république française.

     

                                                                                       

    Signé : PHILIPPEAUX

     

        Sources: Archives Départementales du département du Maine et Loire tous droits réservés, les Affiches d'Angers n°114 du 29 juillet 1793, vue N° 34. Photo : " Vendéens et Chouans", article du 25 juin 2017.

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    La Roche de Mûrs....


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    Jean Charrier, blessé au combat de Saint-Fulgent 

    de onze coups de pointe de sabre... le 9 janvier 1794 

     

      

     

    Jean Charrier....Le jeudi 9 janvier, Monsieur de Charette « rassemble un millier d'hommes aux Essarts et va, à leur tête, attaquer Saint-Fulgent qui était occupé par un détachement de patriotes et de quelques troupes de lignes de la dernière réquisition. Ces soldats y dressaient en ce moment un très-grand arbre de la liberté. Charette s'empare de Saint-Fulgent, renverse l'arbre de la liberté et poursuit les Bleus qui n'échappèrent à ses coups qu'à la faveur de la nuit. Ses soldats rentrèrent dans le bourg, exténués de fatigues, et ne purent monter la garde, Charette s'en aperçut ; et pendant que tous dormaient d'un profond sommeil, lui, avec quelques hommes seulement, veilla sur le grand chemin. Sa vigilance ne fut pas inutile. Le lendemain matin, un détachement, parti de Chantonnay, se présenta pour relever le poste de Saint-Fulgent dont il ignorait la défaite. Charette le laisse approcher ; profitant de sa méprise, il l'aborde en faisant sur lui une décharge générale ; les Bleus font aussitôt volte face, et s'enfuient à toutes jambes vers les Quatre-Chemins ; leur fuite est si rapide que les soldats de Charette ne peuvent les atteindre. Rendus au château de l'Oie, les républicains essayent d'y résister, mais après avec perdu quelques hommes seulement, ils prennent de nouveau la fuite ; Charette empêcha ses soldats de les poursuivre, il faisait un froid excessif.

     

    Après cette double victoire ; Joly, qui avait rejoint Charette, lui conseilla de ne pas retourner à Saint-Fulgent, mais de se diriger sur les Essarts, dans la persuasion que les cantonnements républicains mis en éveil par la fusillade des deux engagements qui viennent d'avoir lieu, vont se réunir pour l'écraser dans ce bourg. Charette n'écoute point cet avis et revint à Saint-Fulgent pour y faire reposer sa troupe. A son arrivée dans ce bourg, des femmes vinrent le prévenir que pendant qu'il poursuivait les Bleus du côté des Quatre-Chemins, des gendarmes étaient venus à Saint-Fulgent et leur avaient dit qu'il y ''aurait grande compagnie pour le lendemain '' ; Charette ne voulu point tenir compte de leur avertissement et il laissa sa troupe se reposer, sans aucune défiance, des fatigues de la journée. Cependant pour plus de sûreté, il consentit à envoyer sur la route de Montaigu une compagnie de cavaliers qui rentra précipitamment quelques instants après. C'était l'adjudant-général Joba qui venait de Montaigu à la tête d'environ 1200 hommes. Sur les six heures du matin, il attaque vigoureusement Charette. Les Royalistes surpris sont forcés d'accepter un combat auquel ils n'étaient nullement préparés, et après un quart d'heure de lutte ils s'enfuient de tous côtés au milieu des ténèbres, sans savoir où ils allaient ni quel serait le lieu de ralliement. Charette, accompagné de dix hommes seulement, erre dans l'obscurité, sur la paroisse de la Copechanière, et, quand le jour paraît, il s'enfonce dans la forêt de Grala... »

     

    C'est donc vers 6 heures trente que Jean Charrier est laissé pour mort. Le registre des pensions (du 16 mai 1816 SHD XU 33-1, vue n°32/80-Vendée) nous indique sous le n°300 « Jean Charrier, 36 ans de Talmont-Saint-Hilaire, tailleur de pierres, deux enfants, soldat,  blessé au combat de Saint-Fulgent de onze coups de sabre de pointe sur le corps, laissé pour mort sur la place »

    Il est proposé pour une pension de cent francs.

     

      Jean Charrier était bien jeune en 1794, puisqu'il n'avait qu'à peine 15 ans quand il reçu un déluge de coups de pointe de sabre, un véritable acharnement. C'est encore un combattant, à l'instar de beaucoup d'autres, qui échappe à la mort par miracle.

     

    Jean Charrier-Charier est né le 23 septembre 1779 au village de Villeneuve paroisse de Saint-Etienne-du-Bois. Il est le fils de Pierre Charrier et de Marie Mignen, victimes du génocide.

    Jean Charrier....

     

           Voici un extrait de son acte de mariage, le 14 novembre 1809 :

    « Jean Charrier, garçon, tailleur de pierres, âgé de trente ans, natif du village de Villeneuve commune de Saint-Etienne-du-Bois en ce département, le 23 septembre 1779, fils de Pierre Charrier et de Marie Migeren …. lequel a prêté serment entre nos mains, n'avoir aucune connaissance du lieu de décès ni de celui du dernier domicile de ses dits père et mère. »

    Il épouse  :

     

          Rose Rabillaud, servante, âgée de vingt sept ans, native de cette commune, née le 26 octobre 1782, fille de feu Pierre Rabillaud décédé en cette commune le 20 avril 1807 et de Louise Rocheteau, décédée aussi dans cette commune le 5 septembre 1793 » (Vues 242,243,244/292 registre des mariages de Talmont-Saint-Hilaire – An IX-1811). 

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres paroissiaux de Saint-Etienne-du-Bois, vue n°198/238 année 1779 baptême – Talmont-Saint-Hilaire mariages, 1809, vues 242,243,244/292, An IX-1811 – SHD XU 33-1 du 16 mai 1816  Vincennes - Abbé Deniau, Histoire de la Guerre de la Vendée Tome IV pages 124,125 - Photo de l'auteur.  

     

                                                                     

                                                             

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le combat de Saint-Benoît de Clessé…

     

    Lors d’une récente veillée dans l’antique maison de notre ami Christophe, nous avions eu l’occasion, au coin du feu, d’évoquer le combat de Boismé du Vendredi Saint 18 avril 1794, au cours duquel Marigny avait eu raison d’une colonne infernale. Nous avions parlé de Jacques Martineau et de ses états de service. Ce dernier mentionne les campagnes suivantes pour 1794 :

    « …Dans l’année 1794, lui et son père prirent les armes et assistèrent pendant la campagne, 1° à la bataille de Chanteloup de Vezins, 2° à celle de Vezins, 3° à celle de St Pierre de Chemillé, 4° à celle du vendredi saint à Boëmé et 5° à la grande bataille de la Châtaigneraie où son père fut tué ; et après la mort de son père dans la même année il fut encore au choc de St benoist commune de Clessé. Pendant cette campagne, les républicains enlevèrent tous les effets et bestiaux et la maison paternelle de sa femme a subi le même sort… »

    Copie de sa demande de pension : (1)

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

     

    Nous allons voir dans les lignes qui suivent qu’il faut toujours reprendre les sources originales au lieu de donner carte blanche à un historien, fut-il Savary lui-même et ses correspondances qui ont été reprises et republiées à l’envi, y compris par l’incontournable Chassin. Ce n’est sûrement pas par mauvaise foi et tout le monde peut se tromper ou mal interpréter une correspondance.

    Commençons donc, si vous le voulez bien par un état de situation du district de Bressuire découvert aux Archives Nationales (2). La position de celui-ci n’étant pas tenable à Bressuire, il avait été évacué à Saint-Jouin-de-Marnes, dans un pays plus favorable à la république. Le district est dans un état lamentable. Depuis les colonnes infernales qui ont échoué à exterminer totalement la population, le « vrai peuple », celui que la république ne veut pas voir, est à nouveau en état d’insurrection générale et le foutoir le plus total règne sur les pseudo-administrations gouvernementales. Les administrations de Thouars, Bressuire et Parthenay réclament les copies des lois de l’été 1793. Elles ont des difficultés à faire respecter la très centralisatrice loi du 14 frimaire. Il y est dit que les « scélérats  doivent être entièrement exterminés », on y parle des « monstres qui égorgent tous ceux qui se présentent à leur vue », (vue 10 du document cité en note 2) en omettant bien entendu de signaler ce que la république à ordonné six mois auparavant contre ceux qui désormais, ne font que se défendre. On y signale que le « territoire du district de Bressuire est presqu’entièrement incendié et une grande partie de la population est détruite » (on se demande par qui, vue 13, ibidem) et « sans cesse tourmenté par des hordes de brigands ». Ce document est à lire en entier pour celui qui veut se faire une idée complète.

    Copie de la vue 10 :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Les escarmouches, les vengeances et les règlements de compte vont bon train et comme jamais. Pendant ce temps, le gouvernement républicain, comme à son habitude ne cherche qu’à faire rentrer les « contributions » et les « confiscations » (je cite !) sur une population restante exsangue, ruinée et qui ne peut plus supporter d’engraisser les potentats locaux et les agents gouvernementaux.  

     

    S’il n’y a ni mystère sur le combat du Vendredi Saint 18 avril 1794 à Boismé ni sur celui de la Châtaigneraie du 25 avril, on se demande en quoi a consisté ce « choc de St-Benoist » et a quelle date il a eu lieu. C’est donc depuis la veillée chez Christophe que je me suis permis de me pencher un peu plus sur le sujet. On trouve dans l’ouvrage de Philbert Doré-Graslin à la date du 25 juillet 1794 (3) : 

    « Un détachement du camp de Chiché allant à Boismé et au château de Clisson, propriété de Lescure, essuie une vive fusillade. »

    Il ne fait aucun doute que Philbert Doré-Graslin utilise comme référence la correspondance mis au jour par Savary (4) qui rapporte une lettre du général Bonnaire à Vimeux :

    « Le général Legros m’annonce du camp de Chiché qu’un détachement sorti le 25, se dirigeant par Boëmé et Clisson, a essuyé une vive fusillade à laquelle il a riposté plus vivement encore. Il est rentré avec seize personnes trouvées sans armes et soixante-seize pièces de bétail. »

    A ce stade, une petite enquête sur les archives du Fort de Vincennes s’impose et bingo ! le document original existe bel et bien… ou du moins son bulletin analytique (5) :

    « La Châtaigneraie, 9 thermidor an 2 (dimanche 27 juillet 1794), du général divisionnaire Grignon au général en chef Vimeux,

    Le général Legros lui annonce qu’un détachement sorti du camp le 7 (vendredi 25 juillet 1794) passant par Boïmé et rentré par Clizaye a ramassé, après avoir essuyé une vive fusillade, 16 personnes sans armes et 76 pièces de bétail. »

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    La cote de ce bulletin analytique nous renvoie sur la correspondance de l’Armée de l’Ouest. On y découvre une précision concernant 12 bœufs : (6)

    « Legros lui annonce qu’un détachement sorti du camp le 7 passant par Boïmé et rentré par Clizaye a ramassé, après avoir essuyé une forte fusillade : 16 personnes sans armes, et 76 pièces de bétail, 12 bœufs gardés pour les charrois, le reste conduit au district. »

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Nous ne faisons bien entendu pas le détail de toutes les sorties de troupes depuis le camp de Chiché qui ont eu lieu dans les jours précédents ou suivants et nous nous attachons spécialement à cette journée du 7 thermidor (25 juillet 1794). Nous ne pouvons que constater que Savary ne reproduit pas fidèlement la pièce originale. Incapable d’identifier ce lieu de « Clizaye », il entreprend de lui substituer celui de « Clisson », le célèbre château de Boismé mais il y a un problème et de taille !

    Eh oui, Clisson se trouve à l’Ouest de Boismé et on voit mal pourquoi les troupes républicaines se seraient senties obligées de passer par ce lieu pour rentrer au camp de Chiché qui se trouve à l’Est ! Réfléchissons un peu… Les républicains opèrent une razzia et rentrent à Chiché après avoir essuyé une vive fusillade. Se pensant en sécurité, ils n’ont pu que descendre vers le Sud et ainsi rejoindre non pas « Clizaye » mais « Clessé » ! Bon sang de bois ! En effet, le risque semblait sûrement moins important de tomber sur des combattants vendéens en partant vers Clessé, appuyé par le camp de Largeasse, qu’en remontant vers le Nord, à fortiori si la colonne est chargée par des civils sans armes et des bestiaux que les insurgés ne manqueront pas de vouloir délivrer et récupérer.

    C’est là qu’intervient la demande de pension de Jacques Martineau citée plus haut et son fameux « choc de St-Benoist ».

    Maintenant suivons un peu la possible marche de la colonne républicaine depuis Boismé avec le cadastre de 1811 et les anciens chemins (celle de Chiché à Boismé est assez simple à reconstituer). Le grand chemin actuel de Boismé à Clessé n’existe pas, bien entendu.

    De Boismé aux Bordes et à la Maurière sur le cadastre de Boismé, 1811 : 

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Sur le cadastre de Clessé, 1811. La Basse-Roche, la Haute-Roche, et Saint-Benoist. Attention à la désorientation de la feuille. Le Nord est à gauche du plan : 

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Saint-Benoist possède un point haut, couronné de deux moulins, lieu idéal pour les vendéens qui guettent leurs agresseurs. Les républicains rentrent au camp de Chiché, peut-être par Puy-Fleury (Pied-Fleury) et Laubreçais, peut-être par la route d’Amailloux. En tout cas, sûrement pas par Boismé, où ils sont déjà passés et encore moins par le château de Clisson qui est dans la direction opposée à leur retour. On notera qu'une tradition locale nous rapporte qu'une baïonnette aurait été trouvée lors de travaux à St-Benoist.

    Ainsi, et grâce à la demande de pension d’un ancien soldat vendéen, peut-on s’expliquer un combat, bien peu cité et sur lequel tous les historiens ont recopié aveuglément Savary, sans chercher davantage sur l’incohérence de ce qui était reproduit.

     

    RL

    Juin 2017

     

    Saint-Benoist et ses moulins :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

       Le chemin par lequel sont probablement passés les républicains (crédit photo : Angélique B-G) :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

     

     Notes :

    (1  1) AD79, R/69, copie appartenant à Christophe.

    (2  2) AN F7 3690/1-12

    (3  3)  Itinéraires de la Vendée Militaire, Garnier, 1979, p. 145.

    (4  4)  Tome IV, p. 45.

    (5  5)  SHD B 5/9-98, vue N° 19/19.

    (6  6)     SHD B 5/10-1 vue 20/26

     

     Article connexe sur Clessé ici

      


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  •                                                         

    Une Messe clandestine qui tourne mal, 

    Chéméré-le-Roi, le Dimanche 7 floréal de l'an 3

     

                       

    Le Dimanche 26 avril 1795 (7 floréal an3), Monsieur l'abbé Bachelier, prêtre réfractaire, va célébrer la Messe à la Grande-Guyonnière, chez la famille Leduc à Chéméré-le-Roi. Dès le début de l'office, les Républicains envahissent le domaine et prennent en otages, l'abbé Pierre Bachelier, le fermier, Pierre-Jean-Joseph Leduc et son fils aîné Jean-René Leduc. Ils ont été dénoncés par un bon voisin...

     

    Pierre-Jean-Joseph Leduc est né le 17 novembre 1730 à Chéméré-le-Roi. Il est le fils d'Honorable Homme Pierre III Leduc, Sieur de la Grande maison, négociant et de Demoiselle Marie-Perrine Thuillier, originaire de Saulges.

    Il exerce la profession de marchand itinérant et de fermier à la Grande-Guyonnière. 

    Il a épousé à Préaux, Louise Chantelou, née vers 1745, fille de Nicolas Chantelou et de Louise Robin, décédée le 26 août 1796 à Chéméré-le-Roi. De cette union sont issus :

     

    1° Louise-Jeanne Leduc, née le 20 septembre 1768 à Chéméré.

    2° Marie-Nicole Leduc, née le 1erseptembre 1771 à Chéméré.

    3° Jeanne-Mathurine Leduc, née le 2 août 1773 à Chéméré.

    4° Jean-René Leduc, né le 7 janvier 1775 + 30 mai 1778 à Chéméré.

    Jean-René Leduc, né le 9 janvier 1777 à Chéméré et † le 18.3.1852 ) à Chéméré, propriétaire.

    6° Pierre-René Leduc, né le 21 juillet 1778 à Chéméré.

    7° Guillaume-François-Jean Leduc, né le 6 janvier 1780 à Chéméré.

     

    Voici donc la composition de cette famille au moment des faits.

    La Grande Guyonnière sur le cadastre de 1834...

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

          Sur l'IGN moderne :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

         Et en vue aérienne Géoportail :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

     

    Suite à cette dénonciation, les soldats décident de transférer à Laval les trois prisonniers afin qu'ils soient jugés......

     

    « On montre encore à la Grange-Coyère l'endroit où un prêtre réfractaire, l'abbé Bachelier, se cacha à plusieurs reprises. Avant 1791, il était titulaire d'un bénéfice dans la paroisse de Chéméré-le-Roi. Pour se soustraire aux recherches dont il était l'objet, il se réfugiait tantôt sur une commune, tantôt sur une autre, ne quittant chaque cachette que lorsqu'il ne s'y croyait plus en sûreté.

    Il sut ainsi, pendant plusieurs années, échapper à toutes les poursuites. Mais le Dimanche 26 avril 1795, au moment où il allait célébrer la messe à la ferme de la Grande Guyonnière en Chéméré-le-Roi, il fut arrêté par un détachement de soldats et de gardes nationaux de Ballée. Qu'une dénonciation avait mis sur ses traces. En même temps furent arrêtés le fermier nommé Leduc et son fils aîné âgé de 16 ans. Les soldats résolurent de conduire leurs prisonniers à Laval et se mirent avec eux en route pour cette ville.

      Arrivés au bourg de la Cropte, le détachement s'arrêta pour dîner et enferma l'abbé Bachelier et ses deux compagnons dans un toit à porcs. Après leur repas arrosé, paraît-il, de copieuses libations, les soldats retirèrent leurs captifs du toit à porcs et reprirent le chemin de Laval. Mais ils n'avaient pas quitté le territoire de la commune qu'ils s'arrêtèrent à nouveau. Craignant que leurs prisonniers ne fussent graciés par le tribunal de Laval, ils se jetèrent sur eux, les percèrent à coups de baïonnettes, les dépouillèrent complètement, puis, les laissant sur le terrain, retournèrent à Ballée.

    L'abbé Bachelier et Leduc père étaient morts ; mais le jeune Leduc* respirait encore. Revenu à lui après le départ de ses meurtriers, il se traîna péniblement jusqu'à la ferme la plus proche dont les habitants, émus de pitié, le recueillirent, lui donnèrent généreusement les soins que réclamait son état et le tinrent caché jusqu'à sa complète guérison. Mais la commotion morale éprouvée par le jeune homme avait été telle, que pendant de longs mois, il resta dans un état complet de prostration et que sa raison, en fut profondément altérée pendant plusieurs années.

    Quant aux cadavres de l'abbé Bachelier et de Leduc père, ils furent inhumés la nuit suivante dans le cimetière de Saint-Denis-du-Maine. On dit que plus de cinq cents chouans assistèrent à cette sépulture. »

     

      Les auteurs de ce massacre d'une sauvagerie inouïe : La garde nationale et les républicains de Ballée, les Chasseurs de la 6ème demi-brigade d'infanterie légère.

     

    * Jean-René Leduc a survécu à ses blessures, il est décédé à Chéméré-le-Roi le 18 mars 1852 où il était propriétaire. 

     

    Sources:Archives Départementales du département de la Mayenne tous droits réservés; bases monographiques communales de la Cropte, vues 15,16/19. Les registres paroissiaux et d'état civil de Chéméré-le-Roi et de Préaux. Cadastre de 1834 Chéméré-le-Roi, la Grande Guyonnière, tableau assemblage vue 1/1 – Géoportail, la Grande Guyonnière aujourd'hui – Article de la Maraîchine Normande du 20 août 2015 - Photo de l'auteur.                                                                     

                                                             

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

     

     

     

     

     


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    Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 29…

     


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