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                   Le 29 Fructidor an IV, un duel au sabre à Montaigu

     

     

                                                

    Duel au sabre à Montaigu....Autrefois, dans une paroisse, les conflits amoureux, de voisinages, etc... se réglaient à coups de poings dans un lieu retiré, à huis-clos, et le perdant acceptait sa défaite. La Maréchaussée n'intervenait jamais puisqu'elle n'était pas informée. Courageux et taiseux, les vendéens savaient s'affronter sans crainte et sans témoins.

     

    Plus tard, au cours de la ''Grande Guerre'', nous verrons chez les républicains, des duels au sabre comme celui de Montaigu en l'an IV.

     

    Aujourd'hui, il faut le reconnaître, nous vivons une époque ''formidable''.

    En effet, n'importe qui peut décrocher son téléphone et vomir des insultes à votre encontre, sans risquer de recevoir immédiatement votre poing dans la figure, quel confort !

    S'épargnant ainsi la désagréable sensation du ''bourre-pif'', votre agresseur peut s'exclamer en rajustant son costard trois pièces et sa cravate : « T'as vu ce que je lui ai mis dans la ''gueule''. » Il paraît que c'est ça le courage, sauf que : les messages vocaux, à défaut du poing, deviennent aussi des armes, car ils s'écoutent et se conservent... Il faut bien quelques inconvénients, vous en conviendrez...

     

    Revenons près du champ de foire de Montaigu le 29 Fructidor de l'an IV (15 septembre 1796)... Nous remarquerons qu'après la mort d'un Chasseur de la Vendée, le juge de paix n'entreprend aucune recherche afin de découvrir le meurtrier. Voici le procès-verbal de Jean-Charles Trastour, juge de paix à Montaigu :

     

    « L'an quatre de la République Française une et indivisible, le vingt neuf Fructidor sur les sept heures et demie du soir, nous, Jean Charles Trastour juge de paix, officier de police judiciaire du canton de Montaigu département de la Vendée soussigné ; Sur l'avis qui nous a été donné qu'il s'étoit commis un duel dans une pièce de terre près le champ de foire de cette commune entre deux particuliers dont la mort de l'un d'eux nommé Alexis Camus Chasseur de la Vendée en garnison à Montaigu s'en étoit suivie ; étant accompagné du citoyen Pierre Martin Thibaud notre secrétaire greffier, des citoyens Simon et Pineau agent et adjoint municipal de cette commune et du citoyen Julien François Dabin chirurgien, les tous de la commune de Montaigu ; duquel dit Dabin nous avons requis l'assistance à l'effet d'être, en sa présence procédé aux opérations cy-après dont nous lui avons fait reconnaître ; pour y visiter le particulier dont il s'agit, nous nous sommes transportés dans une pièce de terre appartenant cy-devant à Duchaffault joignant d'un bout le champ de foire de Montaigu commune de Saint Hilaire de Loulay où étant à quelques pas de distance de l'autre bout de la dite pièce près le mur du jardin du citoyen Richard, nous y avons apperçu des traces de sang et étant avancé au delà près la haye et dans le fossé de la dite pièce où plusieurs personnes étaient assemblées, nous avons requis un factionnaire qui se trouvait parmi eux de faire retirer d'auprès du cadavre, qui était dans le fossé et d'empêcher que personne ne s'éloigna de l'endroit sans notre permission, jusqu'à ce que nous ayons procédé aux opérations qui font le sujet de notre transport et avons remarqué que le dit cadavre étoit en chemise par le haut du corps ayant un pantalon de toile grise, pieds et tête nuë, ensuite de quoi nous avons requis le dit Citoyen Dabin chirurgien de faire à l'instant la visite du dit cadavre, à quoi procédant, le dit Dabin a remarqué un coup de pointe de sabre  portée dans la partie antérieure moyenne et infférieure de la poitrine de manière que le sternum a été traversé ainsi que le cœur ; qui lui, répond et dont il a dressé son procès verbal séparément.

    Desquelles déclarations il résulte que le dit Camus est mort de mort violente et qu'il a été tué par un coup de pointe de sabre ; En conséquence et attendu que la cause de sa mort est connuë et que toute autres recherches à cet égard seroient inutiles, nous avons déclaré que rien ne s'opposait a ce que le corps du dit Camus ne fut inhumé suivant les formes ordinaires et à cet effet, nous l'avons fait transporter à la maison commune du dit Montaigu. 

    Fait et clos et arrêté le présent procès verbal les jours et an que dessus et se sont les dits Citoyens Simon, Pineau et Dabin avec nous soussignés, la Minute et signée Simon, Pineau et Dabin, Trastour juge de paix et Thibaud le greffier. 

    D'après la lecture de ce procès verbal, que les dits Thibaud et Dabin ainsi que le dit juge de paix ont déclarés être conforme à la vérité et la représentation qui m'a été faite du corps qui est désigné ; j'ai rédigé, en vertu des pouvoirs qui me sont délégués, le présent acte que le dit juge de paix Thibaud et Dabin ont signé avec moi. 

    Fait à la maison commune de Montaigu les dits jours mois et an que devant. » 

     

    Signé : Trastour juge de paix - Dabin, chirurgien - Simon, agent - Thibaud secrétaire greffier. 

                            

    Extrait du registre de l'état civil vue 23/26 :

     

    « Le citoyen Alexis Camus, Chasseur de la Vendée, natif de la commune de Passy près Paris de............ et de............. sa mère, a été trouvé mort le jour d'hier dans une pièce de terre appartenant  cy-devant Duchaffault près le champ de foire de Montaigu, néanmoins commune de Saint Hilaire de Loulay dans ce canton*.  » 

    Nous pouvons donc situer le lieu du duel près de la Robinière, et non loin du chemin de Montaigu à Treize-Septiers. C'est à la Robinière que Jacques Vachon avait découvert en 1824 une partie du trésor de l'Amiral du Chaffault...

    Duel au sabre à Montaigu....

    Duel au sabre à Montaigu....

     

    Sources:     

    -Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. Actes de décès de la commune de Montaigu, An IV, vues 23,24/26. Cadastre 1814 Montaigu, section A 1814 et tableau assemblage 1814 près de l'ancien calvaire. Le champ de foire.

    - Photo : de l'auteur. 

                                                     

     

     X.Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Palluau-sur-Indre, 1796 (3ème partie)…

     

     

    Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/36-51.

     

    Lettre de Lazare Hoche au Directoire du 16 mars 1796 :

    Palluau-sur-Indre, 1796 (3ème partie)....

    « Au quartier-général de Tours le 26 ventose 4e année républicaine.

    Le général en chef

    aux citoyens compostant le Directoire exécutif

     

    Citoyens

     

    Ainsi que je vous l’ai annoncé par ma lettre d’hier, vous pouvez être tranquille sur le soulèvement de l’Indre. Une lettre du divisionnaire Canuel écrite ce jour de Loches à l’administration départementale affirme que le rassemblement n’est que de qunize à dix huit cents hommes, dont un tiers seulement est armé de fusils. Les troupes qu’il commande s’élèvent à peu près au même nombre. Il attaque demain. Demain ainsi j’arriverai sur le terrein.

    J’ai cru devoir saisir cette circonstance pour donner grand exemple ; six bataillons me suivent j’espère à leur arrivée désarmer tout le pays et en tirer à titre d’amende, les grains nécessaires à l’approvisionnement de Belle isle en Mer, et Noirmoutier pour les quels on est fort embarassé.

    Quelques personnes croiron pouvoir profiter de cette circonstance pour demander des changemens, des épurations, j’invite le Directoire à ajourner quelque temps sa décision, afin de n’avoir pas à revenir sur elle. Il faut prendre des informations préalables et souvent quiconque crie très haut qui a le plus de reproches à se faire.

    L. Hoche

    Palluau-sur-Indre, 1796 (3ème partie)....

     

    ***

    Lettre de Canuel, même date :

    « Loches ce 26 ventôse an 4e de la République.

    Le général de division Canuel aux administrateur du département d’Indre et Loire.

    Citoyens,

    Je viens de voir l’adjudant général Devaux. Les renseignements qu’il m’a donnés sur le rassemblement des brigands, et ceux que j’ai peu recueillir dans ce pays me font croire que les rebelles sont au nombre de 15. à 1800. hommes et non de huit mille comme on l’avoit écrit à votre administration. Je pars à l’instant avec Devaux et les troupes que j’ai amenées de Tours hyer pour Châtillon d’où je dirigerai mes opérations pour combattre sur le champ ces 15 à 1800. hommes insurgés que se tiennent dans ce moment à Palluau et environs et dont un tiers tout au plus est armé de fusils.

    Je me flatte que cette seule expédition va les disperser entièrement, leurs ôter l’envie de s’attrouper de nouveau, et que le département jouira tout à l’heure de sa première tranquillité. Pour votre commune, citoyens, et pour ses environs, il n’y a pas lieu déjà d’avoir la moindre inquiétude et je vous prie d’inspirer ces sentiments de confiance à vos concitoyens.

    Je vous salue,  singé Canuel.

    P.S. Ecueillé est actuellement occupé par nos troupes.

    Pour copie conforme

    Preau »

     

    ***

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (3ème partie)....

     

     

    « Châteauroux, le 26 ventôse, an 4e de la République française, une & indivisible

    L’administration

    centrale

    du département de l’Indre,

    Au citoyen ministre de la guerre.

     

    Citoyen ministre,

    Nou vous adressons copie de l’arrêté que nous avons pris sur le rapport qui nous a été fait par le général Desenfans, de l’action qui s’est engagée hier entre lui, et les rebelles de Palluau, et de l’action qui s’est engagée à St Médard, où le citoyen Robert lieutenant de gendarmerie et un gendarme ont été blessés. Les mentions qui nous en avons ordonnées nous ont paru méritées, et nous pensons que vous ne refuserez pas à ces braves défenseurs les témoignages de bravoure et de reconnoissance que nous leurs avons accordes ; ainsi qu’à tous ceux qui ont combattus ave ceux.

    Salut et respect. »

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (3ème partie)....

     


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    La Commanderie du Temple…

     

    Il faisait beau en cet après-midi de mai et ce fut l’occasion de nous diriger vers le pays mauléonnais et plus précisément au village du Temple, connu autant pour sa mine d’uranium que pour sa commanderie éponyme. C’est bien entendu la commanderie qui nous a intéressés et je vous en propose ce soir un petit historique, assorti de quelques photos sous un soleil radieux.

    Fondée vers 1175, la commanderie porta tout d’abord le nom de Saint-Sauveur-des-Cordes, puis de Saint-Sauveur-du-Bois. On la retrouve en 1215 sous le vocable de Saint-Sauveur-de-Mauléon. A cette date, le seigneur de Bressuire était astreint à lui verser trois septiers de blés ainsi que cent sols, lors de la fête de Noël. Ce dernier n’était visiblement pas très empressé à s’acquitter de ses devoirs et les templiers s’en plaignirent, notamment du fait que l’argent versé l’était en monnaie angevine. Après la chute de l’ordre du Temple le 22 mars 1312, ce sont les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui deviennent alors maîtres de la commanderie. Charles VII les autorise à la fortifier par une lettre datée de 1438. A la révolution, le domaine est vendu comme bien national à M. Chauvin, de Fontenay-le-Comte. Vendu plusieurs fois, il reste aujourd’hui une propriété privée malgré le fait que son actuelle grange ou du moins, une partie aujourd'hui détruite fut longtemps église de la paroisse du Temple.

    La commanderie, son église et le cimetière sur le cadastre de 1812 (AD79 3 P 152/2) :

    La Commanderie du Temple....

     

     

    Et en vue aérienne Géoportail de nos jours :

    La Commanderie du Temple....

     

    Quelques photos sur place :

    La Commanderie du Temple....

    La Commanderie du Temple....

    La Commanderie du Temple....

    La Commanderie du Temple....

    La Commanderie du Temple....

    La Commanderie du Temple....

    En 1848, la nouvelle église du bourg fut édifiée avec des pierres venant de l'ancienne chapelle de la commanderie et se trouve actuellement en travaux de restauration.

    RL

     

    Mai 2018


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    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)…

     

     

    Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/36-50.

     

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de St Aignan.

    Séance du 21 ventôse l’an 4 de la République française une et indivisible.

    L’administration assemblée et composée des citoyens Pioche, président, Martineau, Beau, Rupert, Guitton, Maréchal agents, Clivot, Péan, Bouchet, Delorme, adjoints, Péan commissaire du pouvoir exécutif et Juchereau secrétaire.

    Le commissaire du pouvoir exécutif a annoncé à l’administration que depuis plusieurs jours il est informé qu’il existe dans les environs de Palluau département de l’Indre, des rassemblements soit de jeunes gens de première réquisition, soit d’autres malveillans ayant à leur tête des hommes qui ne cherchent qu’à porter le trouble et le ravage dans ces contrées, que d’après les renseignements qu’il est procuré, il y auroit tout lieu de craindre que ce ne soit le principe d’une grande incendie et qu’il est de la prudence et du devoir d’une administration sage de prévenir dès l’origine des malheurs qu’une trop grande sécurité pourroit rendre irréparable. Après avoir rapporté plusieurs faits et circonstances dont il a acquis la connoissance par le témoigne (sic) digne de foy, il a fait part à l’administration de la correspondance active et soutenue qu’il a à entretenir à ce sujet tant avec le ministre de la police général, qu’avec le commissaire du pouvoir exécutif près le département de Loir et Cher et celuy près le département d’Indre et Loire. Enfin il a requi que l’administration qui avoit déjà précédemment des notions sur les faits dont il s’agit, animé du même esprit que le commissaire du pouvoir exécutif et ne désirant rien tant que de seconder ses vuës.

    Considérant qu’on ne peut apporter de trop promptes et de trop grandes précautions pour réprimer l’espèce de fermentation qui se manifeste dans les contrées de Palluau et des environs et pour empêcher qu’elles ne fasse des progrès funestes.

    Considérant que l’esprit public et le patriotisme sont presque inconnus dans ces pays, où la constitution a été rejetté à la presque unanimité, que conséquemment on ne peut guère douter des mauvaises dispositions de la majorité des habitans de ces contrés.

    Considérant que le peu de distance qui nous sépare rend le danger plus imminent, nécessite de plus grandes précautions.

    Estime qu’il y a lieu de demander au département, 1°. Qu’il mette à la disposition de cette administration cinquante fusils au moins, de la poudre et des bales. La quantité nécessaire pour utiliser le service de la garde nationale, 2°. Qu’il autorise une garde soldée suffisante pour faire un service soutenu autant de tems que les circonstances l’exigeront, et attendu l’urgence, l’administration arrête provisoirement, 1°. Que la garde sera montée la nuit en cette commune par les jeunes gens non sujets à la première réquisition, qu’ils seront présidés, dirigés et commandés par les citoyens plus expérimentés d’un patriotisme reconnu, sauf à la faire monter de jour par les autres citoyens et surtout par les plus aisés.

    2° Que la gendarmerie nationale faire tous les jours des patrouilles soutenues sur les routes et dans les communes environnantes ; que les gendarmes fairont exhiber à tous les individus ayant leur domicile hors de ce canton, leurs passeports, et amèneront au commissaire ceux qui seront arrêtés sans en être munis. ; et enfin qu’ils fourniront chaque décade au commissaire du pouvoir exécutif, une feuille du service qu’ils auront fait dans les communes confirmées ( ?) laquelle sera certifiée par les agents ou adjoints respectifs. Cette dernière mesure est mise sous la responsabilité du sous-lieutenant de la gendarmerie, des infractions de la quelle le départment sera instruit. Pour copie conforme, Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

     

    « Comme agent municipal de la commune d’Ecueillé je dépose qu’ayant été obligé de se sauver des dangers occasionnés par un attroupement détaché de l’armée de Pallau, un nombre de cinq cents contre quarante deux hommes de troupes, et vingt hommes des habitans d’Ecueillé mal armés, nous voyant hors d’état de pouvoir leur résister, nous avons fait feu sur eux et battù en retraitte, et la troupe ainsy qu’une partie des citoyens d’Ecueillé se sont retirés au canton de mon trézor (Montrésor), A Nouan le 24 ventose l’an 4e de la république. Signé Olissard agent municipal.

    La gen-darmerie de Saint Aignan a passé dans cette commune, et à pris les renseignements concernant les troubles faits par les insurgés à Ecueillé. Fait à Nouan le 24 ventose an 4 de la république française. Signé Durand agent municipal.

    Vû passer à Montrézor, les quatre gendarmes pour se rendre à l’insurrection qui se passe dans la commune d’Ecueillé. Montrézor ce 24 ventose l’an 4e. Signé Chevalier agent. Pour copie certifiée conforme.

    Signé Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de Selles-sur-Cher.

     

    Séance du 24 ventôse 4e année républicaine

     

    L’administration extraordinairement assemblée et composée des citoyens Dubuisson président, Dauvorgne agent municipal de la commune de Selles, Guréinet commissaire du directoire exécutif et Blouet secrétaire en chef.

    Délibérant en présence des commandant et officier de la garde nationale de la commune et Péan commandant, Bozard commandant en second, Gaullier porte drapeau, Bigot Dulac sergent major, Bigot Jouanneau et Bigot Belleros capitaine, Jacques Dulac Souchet lieutenant.

    L’agent municipal de Selles a déposé sur le bureau une lettre qui lui a été adressée sous la date de ce jour par l’agent municipal de la commune de Valancay.

    Lecture faire de ladite lettre il en résulte qu’une députation de la commune de Lucay a prévenu l’administration du canton de Vallancay, qu’une troupe d’insurgés s étoit portée sur la commune d’Ecueillay dont les habitans s’étoient rendus qu’ils peuvent se porter aujourd’huy à Vallancay qui étant sans secours et sans armes, engage l’administration à l’aide de ses forces.

    Sure ce l’administration considérant que dans un moment où la malveillance de concert avec les amis des Rois s’agite en tous sens pour séduire et corrompre les citoyens des administrateurs zélés et patriotes doivent adopter tous les moyens propres à arrêter le succès de leurs entreprises et repousser leur marche.

    Oüi, le commissaire du directoire exécutif a arrêté les dispositions suivantes :

     

    Art. 1er

    L’administration municipale du canton de Valancay sera prévenue sur le champ, qu’il sera établi avec elle, une correspondance active à partir de cejourd’huy, dont le point de réunion sera au lieu de… commune de… chez le citoyen Pierre Cholet, cultivateur afin que de son côté l’administration de Valancay adopte les mêmes mesures, que le soir à quatre heures et tous les jours à dix heures et à quatre seront les heures de départ de la correspondance de cette administration, avec elle, provisoirement l’administration lui faira passer les forces qui sont à sa disposition.

     

    Art. 2e

    La poudre, le plomb et les bales qui sont à la disposition des marchands de cette commune seront constatées sur le champ, ses propriétaires les conserveront avec défense d’en disposer jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné. L’administration nomme à cet effet les citoyens Giens, Borteau, Trotillon père et Brisson fils.

     

    Art 3e

    Les fusils, pistolets, sabres, piques et généralement toutes les armes à la disposition des citoyens de cette commune seront constatées par le même commissaire dénommé cy dessus

     

    Art 4e

    Les canons à la disposition de l’administration seront amenés sur la place d’arme et netoyés par les citoyens Benoît Raboteau et Chabault que l’administration nomma a cet effet, pour arpès ce netoyement opéré, être gardés par les gardes nationales.

     

    Art 5e 

    Il sera écri au commandant de la garde nationale de faire monter la garde jour et nuit à partir de ce moment qu’à cet effet, le corps de garde sera vidé de tous matérieaux qui pourroient l’obstacler.

     

    Art 6e

    Le commandant de la garde nationale de cette commune tiendra prêt à partir au premier ordre de cette administration vingt hommes armés, et équippés pour secourir la commune de Valncay.

     

    Art 7e

    Le brigadier de gendarmerie nationale tiendra également ses gendarmes prêts à partir au premier ordre que l’administration lui donnera.

     

    Art 8e

    L’administration municipale du canton de Romorantin sera invitée à secourir la commune de Valancay par l’envoy d’une force de cinquante hommes au moins, la quelle passera dans cette commune où elle recevra le logement et les vivres.

     

    Art 9e

    L’administration départementale sera instruite sue le champ des dipositions qui viennent d’être prises, elle sera invitée de faire passer au canton de Selles des armes et munitions nécessaires en pareil cas et dont elle est absolument dégarnie.

     

    Art 10e

    L’administration déclare qu’elle prent l’engagement de vaincre les insurgés et de ne poser les armes que lorsqu’elle aura anéanti les hordes des ennemis communs de la France.

    Certifié conforme, signé Bleré.

    Pour copie conforme

    Illisible »

    ***

     

    « Selles sur Cher 24 ventose 4e année républicaine.

    L’administration municipale du canton de Selles sur Cher à celle départementale de Loir et Cher.

    Citoyens,

    Des secours prompts en hommes, armes, et munitions, tel est l’objet de notre demande, tels sont nos besoins.

    Dans ce moment les rebelles triomphent dans Ecueillay et la mort les attend à Valancay si cette dernière commune est secourue de tous les besoins que nous réclamons auprès de vous.

    La lecture de la délibération que nous venons de prendre, vous convaincra de la situation mal-heureuse dans laquelle se trouvent Valencay et communes environnantes. Salut et fraternité. Signé Dubuisson, D’auvergnes, Guérinet. »

     

    ***

     

    Carismont 24 ventose l’an 4e de la république française une et indivisible.

    Les administrations municipales du canton de St Aignan aux administrateurs du département de Loir et Cher, Salut et fraternité.

    Citoyens

    Les renseignements les plus précis donnés par des témoins occulaires, nous confirment les rassemblements contre révolutionnaires qui menacent d’envahir notre canton. Nous ne sommes pas en état de faire la moindre résistance faute d’armes, de munitions et de bras. Nous avons le besoin le plus urgent des trois objets. Expédiez-nous sur le champ des armes, des munitions, des hommes, envoyez nous de la force. Nous sommes absolument dépourvûs. Nous faisons toutes nos dispositions pour enballer les papiers de l’administration et les envoyer à Blois. Nous y joignons d’autres objets.

    Encore une fois, des armes, des munitions, des hommes. Nous les attendons avec le plus vif empressement. Signé Pioche président, Pean commissaire, Bertreau agent, Clivot agent et Juchereau secrétaire. »

    ***

     

     

    « Valencay 24 ventose an 4e

    L’administration municipale du canton de Valencay à l’administration du département de Loir et Cher.

    Citoyens

    Nous vous prévenons qu’il circule dans ce pays-cy une horde de sélérats dont une partie s’est déjà emparée le 23 de ce mois du bourg d’Ecueillay. En ce moment nous sommes menacés de leur insurrection.

    Prenez sur ce les mesures que votre prudence vous dictera. Salut et fraternité ./. signé Le Gendre et Du Chalais. »

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)....

     

     


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    Perrine Terrien…

     

     

    « Tout est exécrable dans ce malheureux pays, et cette race doit être anéantie jusqu'au dernier. » 

     

    Garnier de Saintes 

                                     

       

    Perrine Terrien....Perrine Terrien est née le 16 avril 1756 à la Blouère, elle est la fille de Pierre Terrien métayer au village de l'Olivet et de Jeanne Gibouin. Elle épouse le 25 novembre 1777 à Saint Martin de Beaupréau, Claude Macé décédé à Beaupréau en Janvier 1794, des suites des fatigues de la campagne d'Outre-Loire, ou mort outre-Loire ?

    Mais avant de présenter Claude Macé, j'ai voulu m'attarder sur la famille Terrien de Villedieu-la-Blouère, famille me semblant assez représentative de ce qui s'est vraiment passé dans la Vendée Militaire, c'est à dire un massacre programmé à grande échelle, un génocide.

    En effet, lors de la demande de pension de Perrine Terrien comme veuve d'un combattant royaliste, le 10 juin 1825 à Beaupréau, elle nous dit :   

     

    «  J'ai vu périr tant en combattant que massacrés par les Républicains huit de mes frères et sœurs* et tout mon ménage a été pillé. »

     

    * Elle parle certainement de ses frères, sœurs, beaux-frères et belles sœurs.  

     

    Quelques années avant la Révolution, la famille Terrien est composée des parents et de douze enfants.  Jeanne Gibouin, la mère, décède le 15 avril 1785 et le père, Pierre Terrien, décède le 2 janvier 1788 à Villedieu-la-Blouère.  

     

    1° Jeanne Terrien, née 22 mars 1754 à la Blouère, décédée le 26 février 1774 à Villedieu. (20 ans).

    2° Perrine Terrien, née le 16 avril 1756 à la Blouère, décédée le 3 octobre1833 à Beaupréau marié avec Claude Macé, mort à Beaupréau suite aux fatigues endurées outre-Loire en janvier 1794 ou mort outre-Loire ?

    3° Marie Terrien, née le 29 mai 1758 à la Blouère, massacrée ?

    4° Pierre Michel Terrien, né le 31 juillet 1760 à la Blouère, tué ?

    5° René Terrien, né le 4 avril 1763 à la Blouère, marié le 10 février 1790 à Saint-Philbert avec Renée Moreau, tués ?

    6° Julien Terrien, né le 2 juin 1765 à la Blouère, tué ?

    7° Michel Terrien, né le 16 juillet 1766 et décédé le 22 juillet 1766.

    8° Joseph Terrien, né le 15 mars 1768 à la Blouère, tué ?

    Anne Terrien, née le 3 avril 1770 à la Blouère, elle épouse à 19 ans, le 10 février 1790, à Saint-Philbert-en-Mauges René Moreau, âgé de 20 ans, qui sera tué à la bataille de Torfou le 19 septembre 1793.

    Elle sera massacrée à l'âge de 23ans, le 1er février 1794 à la métairie des Cimbronnières à Saint-Philbert, avec ses deux petits enfants : Pierre, 13 mois et René, 2 ans (vues n°470/487 et 87/137 registres Saint-Philbert-en-Mauges). 

    Perrine Terrien....

     

    10° Michelle Terrien, née le 1 mars 1773 à la Blouère, décédée le 22 décembre 1775.

    11° Jean Terrien, né le 23 mars 1776 à la Blouère, tué ?

    12° Jeanne Terrien, née le 27 avril 1780 et décédée le 21 juin 1782.

    Quatre enfants étant décédés avant 1793, huit sont vivants au début des Guerres de Vendée. En 1799, Perrine Terrien est pratiquement la seule rescapée de sa famille...

     

    Le 10 juin 1825 Perrine Terrien veuve de Claude Macé dépose une demande pension à Beaupréau en ces termes :

     

    « A Messieurs les Membres de la Commission départementale créée en exécution de l'Ordonnance Royale du 9 décembre 1824, Expose :

     

    Perrine Terrien, native de la Blouère demeurant à la Roche-Baraton en cette commune, veuve de Claude Macé mort dans la campagne d'Outre-Loire, ainsi qu'il est justifié par l'acte de décès ci-joint, qu'elle resta chargée de huit enfants en bas âge dont l'aînée avait à peine 12 ans. Son mari s'était constamment battu sur la rive gauche de la Loire qu'il ne quitta qu'avec l'Armée Vendéenne lorsqu'elle passa ce fleuve au mois d'octobre 1793.

    A titre de veuve, elle réclame le bénéfice des dispositions de l'article 2 de l'Ordonnance précitée au quel elle a droit en raison de ses malheurs et des services de son mari.

    Elle a vu périr tant en combattant que massacrés par les Républicains, huit de ses frères et sœurs, tout son ménage pillé ; Elle a fourni à l'Armée Vendéenne plus de dix huit douzaines de froment, quatre bœufs gras et vingt six moutons.

    Tel est Messieurs, l'exposé fidèle de ses malheurs et pertes ; elle vous supplie d'y avoir égard et de vouloir solliciter les secours aux quels elle peut prétendre.

      Dans cet espoir, elle vous prie, Messieurs, d'agréer l'assurance de son profond respect. 

    ne signe. Vu par nous, Maire de Beaupréau, le 10 juin 1825. »

     

    Certificat des officiers.

     

    « Nous soussignés, anciens officiers supérieurs Vendéens certifions que Joseph-Claude Macé, mari de Perrine Terrien, fut un des premiers à prendre les armes en 93 pour la cause de la légitimité et a montré dans tous les combats où il s'est trouvé autant de bravoure que de dévouement, qu'il passa la Loire avec l'Armée Vendéenne dans les rangs de laquelle il a péri en combattant pour son Dieu et pour son Roi.

    En foi de quoi avons délivré à sa veuve le présent certificat pour servir et valoir ce que de raison. 

    Signé: Lhuillier, colonel chevalier de Saint louis cdt la division de Beaupréau – Soyer, Chevalier de Saint-Louis – Supiot Adjudant Major.

    Perrine Terrien....

     

    Claude Macé est décédé à 45 ans, en Janvier 1794 à Beaupréau, des suites des fatigues endurées lors de la campagne d'outre-Loire ou mort outre-Loire ? (Vue n°77/101 NMD 1789-an VIII Beaupréau).

     

    Perrine Terrien....

     

    Claude Macé est né le 28 mars 1746 à Beaupréau, il est le fils de Pierre Macé, métayer à Mercillié et de Renée Audouin. Métayer, il épouse le 25 novembre 1777 à St Martin de Beaupréau, Perrine Terrien, née le 16 avril 1756 à la Blouère, fille de Pierre Terrien métayer au Village d'Olivet à la Blouère et de Jeanne Gibouin. De cette union sont issus huit enfants :

     

    1° Perrine Macé ° le 25 mars 1779 à Beaupréau.

    2° Marie Macé ° le 16 février 1781 à  idem.

    3° Jacques Macé ° 25 février 1793 à idem.

    4° René Macé, ° 31 janvier 1785 à idem.

    5° Anne Macé, ° 4 novembre 1786, à idem.

    6° Renée Macé, ° le 10 mai 1789 à idem.

    7° Pierre Macé, ° le 17 septembre 1791 à idem.

    8° Jeanne Macé, ° 20 mars 1793 à idem.

     

      Perrine Terrien est décédée le 3 octobre 1833 à la Roche Baraton à Beaupréau.

     

    Sources:    

    -Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés- Dossiers Vendéens – Perrine Terrien-1 M9/336.  

    -Registres état civil des communes de Villedieu-la-Blouère - Beaupréau (St Martin)- Saint-Philbert- en-Mauges. - copie du certificat des officiers, copie acte décès de Claude Macé, vues n° 4/7 et 7/7. - Cadastre 1834 de Saint-Philbert-en-Mauges, tableau d' assemblage  : les Cimbronnières. 

    - Photos: de l'auteur. 

                                                        

     

    X.Paquereau pour Chemins Secrets 


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