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    Le château de Puy-Guyon (2° partie)…

     

     

    Suite à la parution de la première partie concernant Puy-Guyon ici, nous étions partis hier, en petit comité pour une visite privée avec M. Nauleau, le propriétaire des lieux qui nous servit de guide.

    Il y avait 35 ans que je n’avais pas franchi ce porche d’entrée et peu de choses m’ont semblé changées.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le propriétaire commença à nous parler de la cour sous laquelle se trouvent encore des pavés, aujourd’hui recouverts de remblais et de la boue habituelle en cette saison dans une exploitation agricole. Première apparition, le mur côté Est du domaine, qui comporte encore les traces des fenêtres du logis qu’a connu Lescure. A ce mur est adossé un hangar, qui mine de rien en permet la préservation des pluies venues de l’Ouest.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La promenade démarre alors sur ce qui était probablement une allée cavalière au temps d’avant les Guerres de Vendée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    L’endroit est particulièrement vallonné avec un dénivelé de 30 mètres entre le sommet de la butte à notre droite et le ravin vers la rivière en contrebas, sur notre gauche. Il apparaît clairement que le talus sur notre droite n’est autre qu’une ancienne motte féodale. Cela saute aux yeux immédiatement, laissant supposer la probable présence d’un système de défense en bois aux alentours de l’An Mil. Un curieux trou maçonné de pierres dans le talus nous est signalé par le propriétaire. Il pourrait être un conduit d’aération du fameux souterrain que dont nous ferons la visite dans la 3° partie de cet article.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Poursuivant notre chemin, nous arrivons à un ravin, où repose la carcasse de la 2 CV d’un habitant du lieu que bon nombre de Cerizéens ont connu dans les années 70. Ce n’est pas de la 2 CV que je vais vous parler (même si les vieilles voitures ne me laissent jamais indifférent comme vous le savez), mais du « Trou de la Guillotine ». Au témoignage de M. Nauleau, le lieu porte ce nom de génération en génération, sans que l’on ait la moindre explication sur cette appellation sinistre. Westermann ou Grignon, qui ont incendié le château les 7 octobre 1793 et 25 janvier 1794, auraient-ils commis ici quelque exaction qui aurait marqué les mémoires ? On ne le sait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    A noter qu’en face de nous, se trouve le « Bois-Frotté », donnant sur la route de Montravers. Ce lieu était réputé pour être un vrai coupe-gorge pour les bleus et des « Chouans » y auraient tendus des embuscades. Les gens ne savent plus trop mais certains sont persuadés que le nom de « Frotté », serait lié à ces épisodes. Le souci est que Louis de Frotté, le chef chouan de Normandie n’a jamais mis les pieds ici. Mais qu’importe après tout : de légendes ou d’histoires de grand-mères, il y a souvent un fond de vrai et en ce mois de décembre froid et brumeux, les lieux apparaissent bien chargés et empreints de quelque chose qui provient des tréfonds du passé. Aux prémices de la tombée du soir, on imagine facilement quelques chapeaux rabalets glissant discrètement derrières les troncs d’arbres.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Toujours sur le domaine de Puy-Guyon, apparaît un étang abandonné, très ancien selon le propriétaire. Celui-ci n’apparaît pas sur le cadastre de 1809 et s’avère inutilisable de nos jours, les ragondins en ayant détruit la chaussée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Devant nous, la motte féodale. Un chevreuil que nous n’avons pas eu le temps de photographier y grimpa rapidement et avec agilité le temps de notre visite.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La chaussée de l’étang, côté Ouest. On imagine avec un peu de peine, les couples d’amoureux, à pied ou à cheval, pressés par la fraîcheur d’un soir d’été, de regagner à regret le château… A la manière des romans de l’ami Armand Bérart…

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Paysage d’évocation :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Nous remontons à présent le coteau en direction de ce qui fut probablement un petit jardin à la française.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte alors une anecdote des plus singulières survenue dans les années 70 : les paysans de Puy-Guyon ont entrepris une année de cultiver de l’avoine à cet endroit (parcelle N° 404 du cadastre napoléonien). Arrivé à maturation, les céréales se sont mises à créer de curieux dessins dans le champ. Certains plants poussaient plus haut que d’autres en dessinant des losanges et autres formes géométriques. Le lieu étant clos par des restes de murailles que l’on devine à peine dans les haies, il en fut conclu que là se trouvait un jardin d’agrément dans le goût du XVII° siècle. Louis-Marie de Lescure et sa célèbre épouse, s’y sont-ils promenés, comme ils le faisaient au château de Clisson en Boismé sous la célèbre charmille ?

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Vestige de poteau délimitant l’entrée du jardin :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    C’est là, sur cette parcelle qu’il se situait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Après un crapahutage le long d’une pente très abrupte : la bergerie comme l’appellent, tous ceux de mes amis de ma génération qui connaissent Cerizay comme leur poche :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il s’agit d’une salle souterraine, dont la voûte parait ancienne, bien que consolidée avec du ciment plus ou moins récemment. Son aspect, largement modifié, fait immédiatement penser à un cercueil, dont la porte jadis solide, ravagée par la rouille, laisse dubitatif sur l’idée d’y entrer.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Dans la salle : une cheminée, les traces d’un lustre à bougeoir dont un ami se souvient.

     

    Ici vécut jusqu’en 1924, un rempailleur de chaises…

     

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Un coup d’œil sur  « l’Allée des Tilleuls » :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il n’y a plus de tilleuls depuis bien longtemps et nous repartons vers le château. Aucun fantôme ne nous suit :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Quelques pierres de Puy-Guyon :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Carrelage de la cour.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte encore une anecdote : lors de travaux, on trouva sous le poulailler actuel et à sa proximité, sous quelques centimètres de terre une couche de carrelage rouge… couverte de plusieurs centimètres de cendres ! Cet endroit correspond avec la partie que l’on peu voir sur le cadastre de 1809, comme étant ruinée. M. Nauleau, raconte encore que lors de travaux en contrebas, afin de construire une fosse à lisier, des canalisations de forme carrée sont apparues. Peut-être qu’il s’agissait là des eaux d’évacuations des cuisines du château. En tout cas cela correspond  très bien avec la vue cadastrale des bâtiments en ruine du cadastre de 1809.

    A suivre ici.

     

    RL

    Décembre 2017

     

     


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    Cinq prisonnières à Cerizay…

     

     

    Sur mes 48 ans d’existence, en voilà 46 que je vis à Cerizay. Je pensais tout savoir de la petite ville « aux deux légendes ». Eh bien non, j’en apprends encore. Et puis je dois vous avouer que ce soir, je vais prendre du plaisir à vous parler de chez moi, une nouvelle fois. Pas d’inquiétude, je n’oublie pas les autres régions de Vendée Militaire et le tour de la vôtre viendra. Au hasard des correspondances conservées aux archives militaires de Vincennes, je suis retombé il y a déjà plusieurs jours sur cette correspondance du général Vimeux du jeudi 7 août 1794 (1) qui fut par ailleurs exploitée par La Maraîchine normande ici :

     

    « Au Quartier général de Fontenay le Peuple le 20 thermidor l’an 2ème de la République française une et indivisible.

     

    VIMEUX, Général en chef,

    Aux citoyens composans le Comité de Salut public de la Convention nationalle.

    Citoyens représentans,

    Je m’empresse de vous faire passer l’interrogatoire que le Comité de surveillance de cette commune a reçu de cinq femmes qui étoient restées prisonnières chez les brigands et qui se sont rendües à la suite d’une colonne commandée par le général Beaupuy que j’avois chargé d’une expédition sur Cérizay où les brigans formoient un rassemblement. Comme il est possible que les déclarations de ces femmes ayent quelque connexité avec la conspiration dont la liberté a été menacée et que vous avez si heureusement déjouée, je ne balance pas à vous donner connaissance directement du procès verbal auquel elles ont donné lieu, et qui vient de me parvenir dans l’instant.

    Comptez, je vous prie, citoyens représentans, sur mon zèle et mon dévouement entier aux intérês de la République.

     

    Salut et Fraternité

    Vimeux »

     

    ***

     

    « Aujourd’huy dix huit thermidor l’an 2ème de la république francaise une et indivisible (5 août 1794), les citoyennes Gautreneau femme Payneau, Payneau femme Belliard juge de paix de Cerizay, la Charrier femme Baudry boullanger de Cerizay, Marie Metayer femme Chasserieau de Cerizay, Rose Carteau femme de Louche, maçon, et Marie Neveu veuve Robin aussy de Cerizay touttes prisonnières des brigands dans le bourg de Cerizay, et délivré par la force armée le 16 de ce mois (3 août 1794) ont déclarés avoir entendus dire plusieurs fois aux chefs des brigands qui sont les nommés Richard de Cirières, Beaurepaire le jeune, le nommé Tessier de Courlay, Stophelet, Charrette, Sapinneau de la Gaubretière qui leur donnoit pour la dernière fois le conseil de faire rentrer leurs maris qui étoient réfugiés parmi les patriottes, car sous quinze jours la convention et la république entière n’extisteroient plus ; les susdittes ont déclarées que les brigands connaissaient par des émissaires touttes les forces et démarches de nos troupes, quelles ont pour exemple le dernier mouvement qu’on à fait sur Cerizay le 16. La veille le comité des rebelles reçût une lettre qui annonçaient l’arrivée de nos troupes, et de suitte les brigands se mirent en devoir d’évacquer ce qu’ils avoient de plus précieux : demande faitte aux déclarante si les brigands étoient en force, elles ont estimées qu’il pouvoient être neuf à dix mille hommes au total, divisés dans ce moment sur divers points : demandé ou il faisoient leur rassemblement pour venir attaquer la Chataigneraye, ont déclarés qu’ils le faisoient le plus souvent à Cerizay :

    Interrogé si les brigands avoient moissonnés, ont déclarés qu’ils avoient ramassés le plus de bariques qu’il avoient pûs, les avoient remplis de grains pour les cacher dans leurs souterains. Leurs répaires en hyver sont dans les champs de genet, et la, sans crainte d’être aperçûs, ils sçavent quand la troupe passe, et échappent ainsy à la poursuite.

    Que les répaires sont

    1° La Patellière commune de Combrand à trois quarts de lieu de Cerizay dans les bois, et les *** (illisible).

    2° La Marminière, commune de Mêmin environnés de Bois à trois quart de lieues, entre Cerizay, Memin (Saint-Mesmin, qui porta aussi le nom de Beauvallon-sur-Sèvre, NDLR) et Montravers.

    3° Dans les bois de la Grande Boissière à deux lieues de Cerizay, trois quarts de lieues de Chatillon.

    4° La Brunnière commune de la Pommeraye à deux lieues de Cerizay entre Cerizay et Pouzauges.

    5° enfin dans les bois qui environnent Cerizay.

    Lecture faite de la présente déclaration on dit contenir vérité et y persister ce ont signées, hors ceux qui ont déclarées ne le sçavoir. Signées au registre, Gautronneau Madelaine, Charrier, *** (illisible), Payneau, Marie Métayer.

    Pour copie conforme ./.

    Guery aîné Contantin »

     

     

    La date du 3 août 1794 est celle du combat de Noirlieu et les Vendéens sont en bien mauvaise posture.

    Le 4 (août), Bonnaire, écrit à Vimeux depuis La Châtaigneraie (2) :

    « Les deux colonnes du camp de Fontenay, aux ordres de l’adjudant-général Travot, et du pont Charon, aux ordres de l’adjudant-général Saint-Sauveur, ont exécuté hier le mouvement qui leur était ordonné sur Pouzauge et Cerizais. L’ennemi réuni en grand nombre a été attaqué à Cerizais, et à perdu près de quinze cents hommes. Le général Beaupuy, qui a dirigé l’attaque en personne, peut rendre un compte satisfaisant de la troupe. »

    A la même date, on trouve dans le « 5° tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest »  (3)

    « Grignon lui mande (à Vimeux) qu’il a battu complètement les brigands hier à Noirlieu, tué environ 200 hommes et pris beaucoup de bestiaux – projet de se concerter avec lui pour se porter sur La Fougereuse. » (4)

    Toujours le même jour (5) :

    « Au général divisionnaire Grignon

    Du 17 thermidor (4 août 1794)

    J’ai reçu mon camarade ta lettre du 17 du courant, qui m’annonce tes succès sur Noirlieu. Je t’observe que l’adjudant général Bernardel n’avoit pas suivi l’indication que tu as faite au général Legros et qu’il se fut porté ainsi qu’il en avoit d’ordre du chef de l’état-major sur Chanteloup et Courlay et que de ton côté tu eusses attaqué Noirlieu . Les brigands se seroient réfugiés sur Cerizay ou une colonne les attendoit, ce qui auroit rendu nos succès plus complets. Partout tu vois combien il est essentiel de ne point changer les dispositions générales qui sont arrêtées. Cependant j’aplaudis à ta marche qui a été parfaitement conduite. L’adjudant général Bardon réclame d’être employé dans cette qualité, tu vérifiras s’il a été nomé adjudant général et alors il n’y a point de difficulté, et tu dois l’employer et le reconnaître en cet égard.

    Salut et fraternité signé Vimeux. »

     

    ***

     

    Du lendemain :

    « Au citoyen Bo représentant du peuple à Nantes et près l’armée.

    Citoyen représentant tu étois informé que deux colonnes partaient de la Chateigneraye et du camp de Chiché devoient se porter sur Cerizay où il avoit un rassemblement de brigands. Cette expédition en ce lieu eu effet. Les brigands attaqués sur plusieurs points ont fui partout en abandonnant une quantité de bestiaux que l'on porte à 600 têtes et 900 moutons avec mulets et chevaux, le général Beaupuy qui commandoit une colonne a ramené 400 têtes de bétail épars. Les brigands ont perdu dans cette sortie et sur tous les points environ 900 hommes. Ainsi tu vois que cette expédition n’est pas sans fruit. Vive la république, il a été pris un drapeau sur les scélérats.

    Salut et fraternité et fraternité signé Vimeux. »

     

    Quelques notes sur les femmes « libérées » par les républicains :

    L’une d’elles est l’épouse de François-Louis Béliard, juge de paix et farouche républicain qui décèdera à Cerizay le 8 mars 1806. Magdelaine Charrier, est la femme de Pierre-Gabriel Baudry. Elle décèdera au bourg de Cerizay le 3 décembre 1821, âgée de 66 ans. Rose Carteau est la femme de Joseph Delouche, maçon, décédé au bourg de Cerizay à l’âge de 65 ans, le 20 septembre 1820. Je n’ai pas cherché une éventuelle parenté avec Adrien-Joseph Delouche, maire de Bressuire et qui sera pris dans les événements de 1792.

    Abordons pour terminer, les lieux cités (hormis les bois – tout le monde sachant à quoi ressemble un bois).

    La Pastelière de Combrand : ce magnifique petit château du XVI° siècle a servi d’hôpital pour les Vendéens. Il sera épargné par les destructions et la colonne infernale de Grignon n’y passa pas.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    Les Marmenières de Saint-Mesmin, tout près de la Sèvre. On sait que M. Garnier des Marmenières avait été fusillé par les républicains à Bressuire en février 1794. Son épouse disparaîtra dans les prisons de Thouars :

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    La Brunière de La Pommeraie-sur-Sèvre :

    Ce manoir était l’habitation d’un officier de l’Armée du Centre, Sicard de la Brunière, inspecteur général de la division de Pouzauges dont " La Maraîchine normande" nous raconte la curieuse histoire ici.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

     L’histoire de Cerizay est encore loin d’être terminée. A suivre…

     

    RL

    Novembre 2017

     

     

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/10-12, v. 1 à 4.

    (2)  Savary, tome IV, p. 65.

    (3)  SHD B 5/10-1, v. 19/26.

    (4)  On sait que Grignon arrive par la droite avec 800 hommes.

    (5)  SHD B 5/81 v. 55/129. 


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    Le château Puy Guyon (1ère partie)…

     

     

    De nos jours, il ne reste rien sinon le porche d’entrée, de ce château ayant appartenu à Louis-Marie de Lescure, à Cerizay. Si l’on se réfère à la sinistre légende de « La Gourre d’or », Guillaume Chabot, qui en est le seigneur, l’aurait cédé à Jean Moreau en 1275 (ou 1285 suivant les récits). Ce dernier aurait fait creuser la fameuse mine d’or maudite. C’est aussi l’un des seigneurs du lieu qui aurait ramené de Palestine un coussin ou « chevet » ayant appartenu à la Vierge et sur lequel l’enfant Jésus aurait dormi. On sait que cet objet fut donné par testament du 27 décembre 1373, par Pierre de Puyguyon à la chapelle de Beauchêne et sera détruit dans l’incendie de cette dernière, allumé par les protestants lors des Guerres de Religion.

    Le château, dont deux tours, à ce que l’on dit dataient du XV° siècle avait sans doute été remanié plusieurs fois comme l’atteste l’année 1721 sur l’une des pierres du porche d’entrée.

     

    On retrouve trace aux archives départementales de Vendée en cote B 248 (Justices inférieures d’Ancien Régime), le 18 juin 1757 d’une vente faite par « Jeanne Dugas, fille majeure, et Catherine Dugas, veuve de François Rambaud, tisserand, à Henriette Elisabeth de Granges de Surgères, veuve de Alphonse de Lescure, seigneur dudit lieu, demeurant en son château de Puy-Guyon (paroisse de Cerisay), de trois chambres basses et la moitié d’un jardin, à Beauchaigne, susdite paroisse, et plusieurs autres immeubles, moyennant diverses charges et conditions. »

    Le château de Puy Guyon....

     

    En 1785, le château du Grand-Appelvoisin, non loin de Beauchêne est agrégé à Puy Guyon. Puis, de part la succession de Louis-Marie de Lescure, Puy Guyon échoit à Anne-Angélique du Vergier de la Rochejaquelein, épouse de Marie-Joseph, marquis de Chauvelin, fille de la célèbre marquise. Le domaine se constitue alors des éléments suivants :

    Le château et ses réserves

    La métairie de Puyguyon

    La borderie de Bois-René

    La métairie de la Bernelière

    celle de la Godillière

    celle de la Pigerie

    celle de Bournigal

    celle de la Largère

    celle du Grand Appelvoisin

    celle du Petit Appelvoisin

     

    Comme on le sait, son fermier général à l' époque des Guerres de Vendée était Jean-Charles-Elie Bernard

     

    Le 7 octobre 1793, Puy Guyon sera incendié par Westermann en même temps que le château de la Forêt-sur-Sèvre. Le 25 janvier 1794, nouvel incendie et Grignon écrira à Turreau (Savary, tome III, p. 84) :

     

    « Hier, j’ai parcouru les environs de Cerizais ; j’ai fait brûler un château appartenant à Lescure et deux ou trois autres… »

     

    En 1809, le château accuse un état de semi-ruine comme en atteste le cadastre (bâtiments colorisés en jaune) :

    Le château de Puy Guyon....

     Aujourd'hui en vue aérienne, devenu exploitation agricole :

    Le château de Puy Guyon....

    Le porche d’entrée : 

    Le château de Puy Guyon.... 

    Le château de Puy Guyon....

    Le château de Puy Guyon....

     

    En 1815, Puy Guyon servira de point de ralliement pour les chefs Vendéens et Louis de la Rochejaquelein.

    Bien plus tard une curieuse annonce de vente se retrouve dans le journal « Le Constitutionnel » du 14 juin 1864 :

     

    Le château de Puy Guyon....

     

    La dernière tour encore debout s’écroula au cours de l’année 1914 et les agriculteurs de la ferme découvrirent plus tard, au cours de travaux, le pavage d’une salle et des écuelles de poterie fleuries. Un souterrain refuge partait de l’arrière du château en direction du « Bois-Frotté », j’avais eu l’occasion d’y entrer en 1982. Le boyau était en partie bouché par divers objets et des bidons d’huile en interdisaient l’accès, du moins aux humains, car une nuée de chauve-souris avait jaillie du fond de l’obscurité.

    A suivre ici.

     

     

    RL

    Novembre 2017

      


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    Cerizay, la Roche,

    des Guerry aux Leschalier de Lisle…

     

     

    Extraits de l’allocution de Pierre, lors de la sortie à Cerizay des « Amis du Pont-Paillat le 4 décembre 2016 :

     

    Richard m’a demandé de faire un papier sur mes ancêtres cerizéens. J’ai accepté avec plaisir car ils se mêlent à plus de 150 ans de l’histoire de la Commune. Deux noms surgissent : Guerry et Leschallier de Lisle.

    La famille Guerry tout d’abord, de très modeste extraction. Ils sont originaires de Saint-Mesmin, commune voisine, et exercent la profession de journaliers. Du mariage de Pierre Guerry et de Marie Barbier nait vers 1783 Pierre Guerry, ancêtre à la destinée étonnante.

     Un excellent article du blog Chemins secrets nous apprend que ce Pierre Guerry aurait vu toute sa famille massacrée par les colonnes infernales dans la Douée de la vieille cour. Portant peu dans son cœur les principes républicains, il se bat en Vendée et devient un temps maire de Cerizay en 1816.

    Cet homme d’origine modeste épouse une demoiselle d’ancienne noblesse, Elisabeth de Buzelet. C’est par ce mariage que la Roche rentre dans la famille. Elle tenait la Roche de son père, Dominique de Buzelet, mort misérablement à Cerizay après son retour d’exil. Sa veuve, née Bodet de la Fenestre, vieille famille de Chanteloup, à proximité d’ici, restée seule à la Roche, a dû fuir lors du passage des colonnes infernales qui ne laissèrent pas pierre sur pierre du Château.  Madame de Buzelet revient plus tard avec ses deux filles, dont Elisabeth, vivre dans une dépendance.  Vint l’Empire et la Vendée fut encore malmenée par Bonaparte. La signature du Concordat mit le feu aux poudres à Cerizay ; ce fut l’origine de la Petite Eglise et les dames de Buzelet se mirent à comploter. Terriblement inquiétées par la Police, un ordre d’expulsion fut même donné à la mère qui tergiversa pour y échapper. Seule la mort la sauva d’un nouvel exil. Restées seules à la Roche, les deux filles tinrent bon. Elles hébergèrent de nombreux prêtres recherchés par la Police.

    C’est durant cette période qu’Elisabeth de Buzelet rencontra Pierre Guerry, recherché un moment pour ses activités anti gouvernementales. Ils  se marièrent.

     Pierre Guerry meurt en 1857 riche propriétaire terrien, emportant dans la tombe les cris de sa famille noyée par les bleus. Ils ont eut une fille, Léontine. C’est par elle que les Leschallier de Lisle arrivent à Cerizay. Le plus ancien ancêtre de la famille de Lisle vivait à Saint Fulgent, ou il était notaire et sergent royal de la châtellenie de Saint Fulgent. On soupçonne une origine plus ancienne Lavalloise, mais non établie à ce jour.

    En effet, Léontine épouse  le 27 octobre 1840 Julien de Lisle, né à Sainte Florence.

    De ce mariage est issu :

    Jules-Henri, dont on retrouve une courte biographie ici, sur le blog de Nadine.

    Henri Leschallier de Lisle, maire de Cerizay de 1871 à 1907, conseiller général des Deux-Sèvres, avait épousé Marie Joséphine Giraud, d’une famille bourgeoise originaire de Maillezais, fille d’un député de la Vendée, Alfred, auteur entre autres d’un recueil de poésies intitulé les Vendéennes. Catholique et Royaliste, il fut inquiété pendant la période des inventaires. C’est à lui que nous devons la construction de la Roche telle qu’elle subsiste de nos jours. Il meurt en 1907. Il eut de son mariage Alfred de Lisle, né en 1881 et mort en 1942. Celui-ci fut également Maire de Cerizay et conseiller général des Deux-Sèvres.

    Alfred de Lisle épouse Madeleine d’Aboville, vieille famille normande implantée en Morbihan. Pour la petite histoire, le château des d’Aboville, Kerantré, situé à Crac’h, servit de refuge à Cadoudal pendant la chouannerie et l’on y voit encore une petite table que le géant breton brisa de son poing. C’est mon arrière grand-père. Il eut plusieurs enfants, dont Henri, également maire de Cerizay durant les tristes évènements de 1944 et jusqu’en 1959, et Xavier, mon grand père, qui passa toute sa jeunesse à la Roche.

    Je cite un passage du livre de Constant Vaillant, historien de Cerizay : « La paroisse et la commune, tout comme les déshérités, doivent beaucoup à cette famille, qui savait accueillir charitablement au château les plus pauvres, leur donnant gîte et couvert. Large fut leur participation à la construction de l’église et maintes œuvres sociales. Quand aux catholiques, ils ne sauraient oublier l’œuvre maîtresse : la construction de l’école Saint-Joseph, au Raffou à la fin du siècle dernier, au lendemain de la laïcisation des écoles ».

    Dévolue par succession à Henri, La Roche est vendue en 1980 et les de Lisle quittent Cerizay….De cette période subsistent une rue Leschallier de Lisle,  un nom sur le monument aux morts (René, frère de mon grand père, mort des suites de la campagne de 1940), des tombes dans le cimetière et quelques photos en noir et blanc, jaunies par le temps….Ainsi passe la gloire du monde…Je vous remercie pour votre attention.

     

    Pierre Couëtoux du Tertre pour Chemins secrets

    Décembre 2016

     

        La « Vieille Roche », qui a connu les événements de la Vendée :

    Cerizay, la Roche....

     

        Les lieux sur le cadastre de 1809 :

    Cerizay, la Roche....

     

     

        Le château actuel, construit à la fin du XIX° siècle :

    Cerizay, la Roche....


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    Charette à Cerizay…

     

      Il est un peu surprenant de trouver Charette dans cette localité des Deux-Sèvres mais pourtant il y est bien passé, précisément dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 décembre 1793 à une époque ou la Grande Armée était Outre-Loire, entre le carnage du Mans et sa terrible fin de Savenay. Charette pensait pouvoir recruter de ce côté en l'absence de l'Armée Catholique et Royale et apprend la présence d'un détachement de républicains dans la petite ville.

    Après avoir fait halte à la Petite-Boissière, il repart à la nuit tombée en direction de Cerizay. Comme le lecteur s'en doutera, Charette et ses 4 000 hommes ne sont pas passés par la grande route actuelle qui n'existait pas. Nous allons donc essayer de reconstituer ce parcours sur la route qui existait entre Châtillon (Mauléon) et Cerizay en 1793. Ce parcours aurait demandé un trop grand nombre de cartes et de matrices cadastrales et le lecteur pourra suivre ce cheminement sur l'IGN de Géoportail et sur le cadastre en ligne des AD79 pour les communes de la Petite-Boissière, Combrand et Cerizay.

     Il est probable que partant de La Petite-Boissière, la petite armée bas-poitevine aura pris la direction de l'Etry (orthographiée « Laiterie » en 1812), puis sera passée non loin de Bois-Vert où Henri de la Rochejaquelein séjournera une semaine plus tard. Son parcours probable rejoint ainsi la route de Cerizay par La Vergnaie-l'Abbé, La Carotte, passant un peu à l'Est de la Garnaudière, filant entre le château de la Girardière (où Marigny fut tué le 10 juillet 1794) et Pelouaille pour arriver finalement devant le « Château aux Sept Tours », dont le donjon en ruine dominait Cerizay et sa vieille église romane.

     La route que Charette a probablement empruntée. Ici au départ de la Vergnaie-l’Abbé » :

    Charette à Cerizay....

     Ici sur le plan de 1809. Attention à celui-ci qui est désorienté. Le Nord se retrouve sur la gauche de l’image :

     Charette à Cerizay....

     La route se poursuit en direction de la Carotte…

    Charette à Cerizay....

    Charette à Cerizay....

     Après la Carotte, longeant la Garnaudière, en direction de la Girardière et de Pelouaille…

     Charette à Cerizay....

     

    Une partie du parcours de Charette et de ses hommes, en rouge sur la carte IGN :

     Charette à Cerizay....

     

     On sait qu'une fois dans le bourg de Cerizay , les gars de Charette vont tomber sur un poste républicain de 200 hommes qui seront quasiment tous égorgés dans la nuit noire. Leur commandant, qui tentait de les rallier succomba à deux coups de sabre (Savary, tome II, p. 479, repris par Bittard des Portes, p. 259).Ce qui va suivre n'est qu'une supposition personnelle mais quel était le meilleur endroit pour stationner une troupe à Cerizay ? Il y avait certes le château de la Roche, mais on voit mal les républicains se tenir aussi loin du bourg et Charette n'aurait sans doute pas eu l'idée de pousser au Sud de la ville. En revanche il existait un relais de Poste, construit en 1752 et qui possédait de grandes écuries, le tout à proximité du cimetière, soit à peu près à l'emplacement de l'actuel cinéma. On peut donc imaginer que c'est tout près de cet endroit que les 200 républicains se sont fait écharper. (1) Le Roi de la Vendée repartira ensuite en direction de Saint-Michel-Mont-Mercure.

     Le relais de Poste aujourd'hui, ancien siège d'une agence du Crédit Lyonnais.

     Charette à Cerizay....

     Il n'y a à notre connaissance aucune autre trace de passage de Charette dans la "ville aux deux légendes" et les bas-bocains et maraîchins ont eu bien du mérite de faire toute cette route dans cette partie du Bocage inconnue pour eux.

     RL

    Avril 2016

     Note :

     (1) Peut-être est-ce d'ailleurs à ce même endroit que l'adjudant-général Beker sera "conduit mystérieusement" pour y rencontrer Stofflet le 26 mars 1795, en vue de pourparlers de paix.

     


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