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    Le château de Puy-Guyon (3° partie)…

     

    Après la seconde partie déjà vue ici, voici le dernier volet sur Puy-Guyon  que tout le monde attend, avec bien entendu le souterrain ! Avant que de présenter quelques photos, lisons la description qu’en a faite le docteur Boismoreau de Saint-Mesmin en 1914. Pour ceux qui s’intéressent aux souterrains, on retrouvera un autre travail de ce chercheur ici.

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    « Découverte et description du Souterrain-refuge de Puy-Guillon, près Cerisay (Deux-Sèvres)

    Dr Boismoreau, Saint-Mesmin-le-Vieux (Vendée)

    Bulletin de la Société préhistorique de France/Année 1914/Volume 11/Numéro 2 /pp. 119-123.

    Généralités. – A quelques centaines de mètres après le bourg de Cerisay, chef-lieu de canton des Deux-Sèvres, en suivant la grande route de Bressuire aux Sables-d’Olonne, on remarque, sur la droite, au sommet d’une côte assez dure, une superbe allée de vieux tilleuls.

    Si l’on s’engage dans cette allée, longue et large, on arrive sur un point culminant qui domine l’horizon et forme un véritable retranchement. On distingue les ruines d’un vieux mur de clôture, qui domine une vallée assez profonde au fond de laquelle coule un ruisseau. De ce côté l’attaque armée était, jadis, très difficile. Sur cette même hauteur, mais un peu plus à l’Ouest, on distingue les ruines d’un très vieux château. Les ruines, aujourd’hui, sont démolies, sans respect pour de curieuses sculptures qui dominaient les mâchicoulis. Ce n’est qu’un amas de pierres, envahies par les ronces !

    C’est la demeure des seigneurs de Puy-Guillon (1). De très intéressantes recherches seraient à faire sur ces ruines. Le point où elles s’élèvent constitue un poste de défense naturelle, arrangé par l’homme. Camp gaulois, très probablement. Peut-être des recherches attentives permetteraient-elles de trouver des silex et haches de Néolithiques, car l’endroit est merveilleusement situé pour se défendre – Le souterrain ou grotte, que nous allons étudier, a été creusé à une date certainement fort ancienne. Ce fut, sans doute, le premier refuge humain de ces lieux, à moins que des cabanes ne l’aient précédé.

    Quoiqu’il en soit le souterrain a précédé toute construction de pierres, et demeure, intact, au milieu des ruines.

    Découverte. – Ce souterrain est connu dans toute la région ; mais nous ne croyons pas qu’il ait été étudié. Nous ne pouvons pas dire que nous l’avons découvert ; mais nous pensons être le premier à le signaler. Peu de visiteurs s’y risquent maintenant, bien qu’on puisse le visiter en toute sécurité, car la voûte est très solide et durera des siècles ! Il est, en effet, creusé dans un chaple granitique très dur, comme celui de l’Oudrière, qui lui ressemble beaucoup ; aucun éboulis ne s’y manifeste (2).

    Nous l’avons visité pour la première fois en 1912. Nous l’avons montré, au cours de nos excursions préhistoriques, à M. de la Dr Marcel Baudouin, qui nous a engagé à publier nos notes à ce sujet.

    Sa description sera du reste assez sommaire.

    Topographie.- Il est absolument inutile d’insister sur ces points. La ferme de Puy Guillon, construite avec les matériaux de l’ancien château, est connue ; le chemin qui y conduit s’abouche à la grande route. L’allée des tilleuls est un excellent repère ; elle est unique dans le pays.

    On n’a qu’à se diriger vers les ruines, situé, situées dans la cour même de la métairie, au nord-ouest.

    Le terrain est essentiellement granitique ; l’altitude assez élevée par rapport à la vallée voisine.

    Description du souterrain-refuge.- I. Entrée. – a) Porte. – Si nous pénétrons dans les ruines, nous entrons dans une grande pièce où se trouve une magnifique cheminée romane, vouée à l’impitoyable massue du casseur de pierres. Ces ruines sont exposées au soleil couchant ; vers le Nord, le terrain s’élève et forme une petite colline. A l’opposé de la cheminée romane, on remarque un mur épais constituant une aile du château. Dans ce mur, au niveau du sol, on remarque une très curieuse porte romane : c’est l’entrée du souterrain (Fig 1).

    Passons dans les gravats, les briques brisées, les ronces, les épines et arrivons près d’elle. Elle est formée par deux pieds droits en granite et une voûte, de granit également, affectant la forme classique du style roman. Les pierres sont bien taillées et réunies par un excellent mortier. La voûte est intacte ; elle est un peu surbaissée. La largeur de la porte est de 0m90. La hauteur atteint un mètre.

    Cette entrée de souterrain est à signaler. Il convient de la rapprocher de celle de la grotte cachette ou souterrain de la Brunetière, à la Roche-sur-Yon (Vendée), qui lui ressemble point pour point (3).

    En arrière de la porte, on remarque l’emplacement de gonds aujourd’hui disparus.

    b) Couloir maçonné. – Cette porte, passée on pénètre dans un couloir voûté avec des pierres et muré sur ses côtés. Ce couloir a 3m50 de longueur et 1m50 de largeur. A gauche, en entrant, existe une petite niche, maçonnée, à un mètre de la porte, dans le mur, à un mètre du niveau du sol. Cette niche fait 0m70 sur 0m70. Elle atteint un mètre de profondeur (4).

    Le sol du couloir va en descendant ; la pente fait bien 25/100. Au bout d’un mètre on peut se relever et se tenir franchement debout.

    Le couloir est droit et presque dans l’axe de la porte.

    c) Escalier. – Après ce couloir, on remarque, de suite, un escalier. Il fait 4 mètres de longueur, 1m80 de largeur, 1m50 de hauteur, au début, en bas, il atteint 2 mètres.

    On compte sept marches taillées dans une granulite très dure. Ces marches sont assez irrégulières, quoique bien creusées.

    L’escalier dévie vers le Nord et n’est plus dans l’axe du corridor. Les parois sont taillées dans la granulite, la voûte est romane, de grande dimension.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Fig. 1. –Plan schématique du souterrain de Puy-Guillon (D.S.). – Echelle : 5/1000. – légende : P. Porte romane ; - C. Couloir maçonné et voûté de pierres ; - E, Escalier ; - D, Diverticule ; - Ch. Chambre : - T, Trou dit acoustique ou d’air ; - N, Niche ; - M, Mur du château.

    II. Souterrain proprement dit. – La dernière marche descendue nous sommes dans le refuge. C’est une vaste chambre, irrégulièrement ronde, faisant 7 mètres de long, sur 3m50 de large, dimensions prises dans les plus grands axes. A gauche, cette chambre est flanquée d’un diverticule que nous étudierons tout d’abord (Fig 1).

    A 0m50 du sol, dans la paroi latérale, on remarque un orifice rond, faisant 1m10 de diamètre, épais de 0m40 à peu près. Cet orifice franchi on tombe dans une chambre ronde, de 1m10 de hauteur et de 1m70 de diamètre. La même se trouve, dans les mêmes dispositions, aux souterrains de l’Oudrière et de la Haute-Fosse. C’est un poste de sentinelle (Fig. 1 ; D).

    Sortons du repaire D ; nous pénétrons dans la grande chambre, qui est très vaste et fait 1m60 de hauteur. La voûte est hardie et fort solide, plutôt romane. Dans les parois rien de particulier, sauf une prise d’air ou un trou acoustique au fond. Il est difficile de se prononcer.

    Le plans que nous donnons (Fig. 1) permet de se rendre compte de la disposition exacte du souterrain ; nous n’insistons pas davantage.

    Généralités.- La longueur totale est de 17 mètres. La partie la moins large est la porte de l’orifice du diverticule ; la plus large est dans la grande chambre. Le souterrain est suffisamment haut pour qu’on puisse se tenir debout, sauf à l’entrée et dans le diverticule.

    La capacité est assez considérable et un nombre relativement assez grand de personnes peuvent y séjourner, une vingtaine par exemple, au maximum.

    Le souterrain a très certainement été creusé à la tige-pointe comme la plupart des refuges du bocage ; l’escalier avec l’aide d’autres instruments.

    Le sol est extrêmement résistant et le tout d’une grande solidité. Le chaple est presque aussi dur que du rocher.

    Fouilles. – Aucune fouille n’est possible ; il n’y a pas d’éboulis ; le souterrain est presque dans le même état qu’au début.

    Date de fondation. – La porte est romane ; le couloir aussi ; pas de doute à ce sujet !

    Mais le souterrain proprement dit est bien plus ancien ! Ce n’est qu’après coup que ces constructions de pierres sont venues se joindre au refuge et en modifier l’entrée primitive. Il y a eu là une série indéniable d’utilisations successives ; le cas est fréquent en l’espèce.

    L’escalier lui-même a pu être fait après coup. En tous les cas, il a dû remplacer une pente assez forte et ne semble pas avoir été uniquement creusé, avec les mêmes outils qui ont servi à forer le refuge.

    Les traces de tige-pointe ne sont pas nettes du tout.

    L’escalier et la porte sont sans doute de la même époque, c’est-à-dire du XI° au XII° siècle probablement.

    Mais le fond du refuge est bien plus vieux. Le diverticule de gauche est une preuve, car il n’a aucun rôle, si l’escalier large et haut existait au début. Cet escalier a dû être fait, en élargissant le conduit du côté droit. L’examen de la voûte semble plaider en faveur de cette hypothèse.

    Le souterrain proprement dit a tous les caractères habituels des vieux souterrains du pays, bien que plus petit, avec son poste de sentinelle et son trou acoustique. C’est une grotte artificielle, dissimulée, construite sur une hauteur pour surveiller la vallée ; c’est un poste d’observation, qui a précédé toute construction de pierres.

    Un souterrain est voisin, celui de Montboisé, que nous avons étudié et fouillé (4). Nous avons pu le dater d’une façon presque certaine, trouvailles en mains, du V° ou VI° siècle. Le souterrain du Puy-Guillon, sans doute, est la même époque, sauf sa première partie. »

     

    Notes :

    (1)  Nous avons eu dans les mains un ouvrage concernant la Vierge Miraculeuse de Beauchêne, bourg voisin du vieux Château de Puy-Guillon. Il y avait des notes intéressantes sur les seigneurs de Puy-Guillon, dont la famille, depuis longtemps, ne possède plus le château ni les terres.

    (2)  Le souterrain de l’Oudrière est dans la commune de Saint-Mesmin, en Vendée ; nous le publierons plus tard.

    (3)  Dr Marcel Baudouin. – La Grotte cachette ou souterrain de la Brunetière, à la Roche-sur-Yon (Vendée). – Malines, 1911, 13 p., 18 fig.

    (4)  A la Haute-Fosse, on remarquait, à l’entrée, une niche pareille (Cf. Dr Boismoreau et L. Rousseau. Découverte, étude et description du souterrain-refuge de la haute-Fosse, commune de Mouillerons-en-Pareds (Vendée). – Bulletin de la société préhistorique française, 1912).

     

    ***

     

    C’était là, l’ultime étape de notre visite de Puy-Guyon. Il aura d’abord fallu couper la végétation qui obstruait en partie l’entrée du souterrain puis, marcher sur une corniche de terre longeant l’ancienne muraille du château. L’entrée est là, trou noir béant. Le porche s'est effondré en 2012, suite à des infiltrations d'eau.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Reste de l’entrée en plein cintre, tombé dans la végétation.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Il faudrait créer un moule pour remonter les voussoirs, chantier qui ne serait probablement pas simple et sûrement pas l’œuvre d’un homme seul.

    Deux cavités carrées encadrent l’entrée principale à l’extérieur

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Une fois dans l’entrée, on remarque une niche sur la gauche dont la position est curieuse. Il s’agit visiblement d’une archère mais bouchée, elle ne donne qu’à l’intérieur de la muraille. Que peut-il y avoir à l’intérieur de cette muraille ? Se peut-il qu’il y ait des pièces murées ? La chose laisse un peu rêveur…

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Traces des gonds et de la fermeture d’une ancienne porte :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Nous descendons à présent une pente abrupte et l’escalier décrit par le docteur Boismoreau est plutôt sommaire. Il n’y a plus guère de traces de marches que sur les côtés et il faut descendre prudemment, de peur de faire tout le parcours sur les fesses.

     Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

     

    Il faut allumer rapidement les lampes spéléo pour découvrir la niche à gauche au bas de l’escalier. Ici, un homme pouvait se cacher et trucider à son aise ce qui se présentait.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Nous arrivons rapidement au fond du boyau. Les travaux de creusement semblent s’être arrêtés brutalement. Contrairement à la description du docteur Boismoreau, on ne tient plus debout aujourd’hui dans la salle. Je fais 1.80 m et je devais courber la tête. Beaucoup de poussière de remblais jonche le sol, à travers diverses pierres.

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Une chauve-souris nous tient compagnie :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Il faut à présent remonter vers la lumière du jour et reprendre l’escalier taillé à même la roche :

    Le château de Puy-Guyon (3° partie)....

    Ainsi s’achève cette petite aventure à Puy-Guyon. Afin d’éloigner toute tentative de curieux plus ou moins bien intentionnés, voleurs de pierres, chasseurs de trésor et illuminés en tout genre, je tiens à signaler que le lieu est privé et fermé au public.

     

    RL

    Décembre 2017

      

     

     


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    Le château de Puy-Guyon (2° partie)…

     

     

    Suite à la parution de la première partie concernant Puy-Guyon ici, nous étions partis hier, en petit comité pour une visite privée avec M. Nauleau, le propriétaire des lieux qui nous servit de guide.

    Il y avait 35 ans que je n’avais pas franchi ce porche d’entrée et peu de choses m’ont semblé changées.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le propriétaire commença à nous parler de la cour sous laquelle se trouvent encore des pavés, aujourd’hui recouverts de remblais et de la boue habituelle en cette saison dans une exploitation agricole. Première apparition, le mur côté Est du domaine, qui comporte encore les traces des fenêtres du logis qu’a connu Lescure. A ce mur est adossé un hangar, qui mine de rien en permet la préservation des pluies venues de l’Ouest.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La promenade démarre alors sur ce qui était probablement une allée cavalière au temps d’avant les Guerres de Vendée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    L’endroit est particulièrement vallonné avec un dénivelé de 30 mètres entre le sommet de la butte à notre droite et le ravin vers la rivière en contrebas, sur notre gauche. Il apparaît clairement que le talus sur notre droite n’est autre qu’une ancienne motte féodale. Cela saute aux yeux immédiatement, laissant supposer la probable présence d’un système de défense en bois aux alentours de l’An Mil. Un curieux trou maçonné de pierres dans le talus nous est signalé par le propriétaire. Il pourrait être un conduit d’aération du fameux souterrain que dont nous ferons la visite dans la 3° partie de cet article.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Poursuivant notre chemin, nous arrivons à un ravin, où repose la carcasse de la 2 CV d’un habitant du lieu que bon nombre de Cerizéens ont connu dans les années 70. Ce n’est pas de la 2 CV que je vais vous parler (même si les vieilles voitures ne me laissent jamais indifférent comme vous le savez), mais du « Trou de la Guillotine ». Au témoignage de M. Nauleau, le lieu porte ce nom de génération en génération, sans que l’on ait la moindre explication sur cette appellation sinistre. Westermann ou Grignon, qui ont incendié le château les 7 octobre 1793 et 25 janvier 1794, auraient-ils commis ici quelque exaction qui aurait marqué les mémoires ? On ne le sait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    A noter qu’en face de nous, se trouve le « Bois-Frotté », donnant sur la route de Montravers. Ce lieu était réputé pour être un vrai coupe-gorge pour les bleus et des « Chouans » y auraient tendus des embuscades. Les gens ne savent plus trop mais certains sont persuadés que le nom de « Frotté », serait lié à ces épisodes. Le souci est que Louis de Frotté, le chef chouan de Normandie n’a jamais mis les pieds ici. Mais qu’importe après tout : de légendes ou d’histoires de grand-mères, il y a souvent un fond de vrai et en ce mois de décembre froid et brumeux, les lieux apparaissent bien chargés et empreints de quelque chose qui provient des tréfonds du passé. Aux prémices de la tombée du soir, on imagine facilement quelques chapeaux rabalets glissant discrètement derrières les troncs d’arbres.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Toujours sur le domaine de Puy-Guyon, apparaît un étang abandonné, très ancien selon le propriétaire. Celui-ci n’apparaît pas sur le cadastre de 1809 et s’avère inutilisable de nos jours, les ragondins en ayant détruit la chaussée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Devant nous, la motte féodale. Un chevreuil que nous n’avons pas eu le temps de photographier y grimpa rapidement et avec agilité le temps de notre visite.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La chaussée de l’étang, côté Ouest. On imagine avec un peu de peine, les couples d’amoureux, à pied ou à cheval, pressés par la fraîcheur d’un soir d’été, de regagner à regret le château… A la manière des romans de l’ami Armand Bérart…

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Paysage d’évocation :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Nous remontons à présent le coteau en direction de ce qui fut probablement un petit jardin à la française.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte alors une anecdote des plus singulières survenue dans les années 70 : les paysans de Puy-Guyon ont entrepris une année de cultiver de l’avoine à cet endroit (parcelle N° 404 du cadastre napoléonien). Arrivé à maturation, les céréales se sont mises à créer de curieux dessins dans le champ. Certains plants poussaient plus haut que d’autres en dessinant des losanges et autres formes géométriques. Le lieu étant clos par des restes de murailles que l’on devine à peine dans les haies, il en fut conclu que là se trouvait un jardin d’agrément dans le goût du XVII° siècle. Louis-Marie de Lescure et sa célèbre épouse, s’y sont-ils promenés, comme ils le faisaient au château de Clisson en Boismé sous la célèbre charmille ?

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Vestige de poteau délimitant l’entrée du jardin :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    C’est là, sur cette parcelle qu’il se situait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Après un crapahutage le long d’une pente très abrupte : la bergerie comme l’appellent, tous ceux de mes amis de ma génération qui connaissent Cerizay comme leur poche :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il s’agit d’une salle souterraine, dont la voûte parait ancienne, bien que consolidée avec du ciment plus ou moins récemment. Son aspect, largement modifié, fait immédiatement penser à un cercueil, dont la porte jadis solide, ravagée par la rouille, laisse dubitatif sur l’idée d’y entrer.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Dans la salle : une cheminée, les traces d’un lustre à bougeoir dont un ami se souvient.

     

    Ici vécut jusqu’en 1924, un rempailleur de chaises…

     

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Un coup d’œil sur  « l’Allée des Tilleuls » :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il n’y a plus de tilleuls depuis bien longtemps et nous repartons vers le château. Aucun fantôme ne nous suit :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Quelques pierres de Puy-Guyon :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Carrelage de la cour.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte encore une anecdote : lors de travaux, on trouva sous le poulailler actuel et à sa proximité, sous quelques centimètres de terre une couche de carrelage rouge… couverte de plusieurs centimètres de cendres ! Cet endroit correspond avec la partie que l’on peu voir sur le cadastre de 1809, comme étant ruinée. M. Nauleau, raconte encore que lors de travaux en contrebas, afin de construire une fosse à lisier, des canalisations de forme carrée sont apparues. Peut-être qu’il s’agissait là des eaux d’évacuations des cuisines du château. En tout cas cela correspond  très bien avec la vue cadastrale des bâtiments en ruine du cadastre de 1809.

    A suivre ici.

     

    RL

    Décembre 2017

     

     


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    Cinq prisonnières à Cerizay…

     

     

    Sur mes 48 ans d’existence, en voilà 46 que je vis à Cerizay. Je pensais tout savoir de la petite ville « aux deux légendes ». Eh bien non, j’en apprends encore. Et puis je dois vous avouer que ce soir, je vais prendre du plaisir à vous parler de chez moi, une nouvelle fois. Pas d’inquiétude, je n’oublie pas les autres régions de Vendée Militaire et le tour de la vôtre viendra. Au hasard des correspondances conservées aux archives militaires de Vincennes, je suis retombé il y a déjà plusieurs jours sur cette correspondance du général Vimeux du jeudi 7 août 1794 (1) qui fut par ailleurs exploitée par La Maraîchine normande ici :

     

    « Au Quartier général de Fontenay le Peuple le 20 thermidor l’an 2ème de la République française une et indivisible.

     

    VIMEUX, Général en chef,

    Aux citoyens composans le Comité de Salut public de la Convention nationalle.

    Citoyens représentans,

    Je m’empresse de vous faire passer l’interrogatoire que le Comité de surveillance de cette commune a reçu de cinq femmes qui étoient restées prisonnières chez les brigands et qui se sont rendües à la suite d’une colonne commandée par le général Beaupuy que j’avois chargé d’une expédition sur Cérizay où les brigans formoient un rassemblement. Comme il est possible que les déclarations de ces femmes ayent quelque connexité avec la conspiration dont la liberté a été menacée et que vous avez si heureusement déjouée, je ne balance pas à vous donner connaissance directement du procès verbal auquel elles ont donné lieu, et qui vient de me parvenir dans l’instant.

    Comptez, je vous prie, citoyens représentans, sur mon zèle et mon dévouement entier aux intérês de la République.

     

    Salut et Fraternité

    Vimeux »

     

    ***

     

    « Aujourd’huy dix huit thermidor l’an 2ème de la république francaise une et indivisible (5 août 1794), les citoyennes Gautreneau femme Payneau, Payneau femme Belliard juge de paix de Cerizay, la Charrier femme Baudry boullanger de Cerizay, Marie Metayer femme Chasserieau de Cerizay, Rose Carteau femme de Louche, maçon, et Marie Neveu veuve Robin aussy de Cerizay touttes prisonnières des brigands dans le bourg de Cerizay, et délivré par la force armée le 16 de ce mois (3 août 1794) ont déclarés avoir entendus dire plusieurs fois aux chefs des brigands qui sont les nommés Richard de Cirières, Beaurepaire le jeune, le nommé Tessier de Courlay, Stophelet, Charrette, Sapinneau de la Gaubretière qui leur donnoit pour la dernière fois le conseil de faire rentrer leurs maris qui étoient réfugiés parmi les patriottes, car sous quinze jours la convention et la république entière n’extisteroient plus ; les susdittes ont déclarées que les brigands connaissaient par des émissaires touttes les forces et démarches de nos troupes, quelles ont pour exemple le dernier mouvement qu’on à fait sur Cerizay le 16. La veille le comité des rebelles reçût une lettre qui annonçaient l’arrivée de nos troupes, et de suitte les brigands se mirent en devoir d’évacquer ce qu’ils avoient de plus précieux : demande faitte aux déclarante si les brigands étoient en force, elles ont estimées qu’il pouvoient être neuf à dix mille hommes au total, divisés dans ce moment sur divers points : demandé ou il faisoient leur rassemblement pour venir attaquer la Chataigneraye, ont déclarés qu’ils le faisoient le plus souvent à Cerizay :

    Interrogé si les brigands avoient moissonnés, ont déclarés qu’ils avoient ramassés le plus de bariques qu’il avoient pûs, les avoient remplis de grains pour les cacher dans leurs souterains. Leurs répaires en hyver sont dans les champs de genet, et la, sans crainte d’être aperçûs, ils sçavent quand la troupe passe, et échappent ainsy à la poursuite.

    Que les répaires sont

    1° La Patellière commune de Combrand à trois quarts de lieu de Cerizay dans les bois, et les *** (illisible).

    2° La Marminière, commune de Mêmin environnés de Bois à trois quart de lieues, entre Cerizay, Memin (Saint-Mesmin, qui porta aussi le nom de Beauvallon-sur-Sèvre, NDLR) et Montravers.

    3° Dans les bois de la Grande Boissière à deux lieues de Cerizay, trois quarts de lieues de Chatillon.

    4° La Brunnière commune de la Pommeraye à deux lieues de Cerizay entre Cerizay et Pouzauges.

    5° enfin dans les bois qui environnent Cerizay.

    Lecture faite de la présente déclaration on dit contenir vérité et y persister ce ont signées, hors ceux qui ont déclarées ne le sçavoir. Signées au registre, Gautronneau Madelaine, Charrier, *** (illisible), Payneau, Marie Métayer.

    Pour copie conforme ./.

    Guery aîné Contantin »

     

     

    La date du 3 août 1794 est celle du combat de Noirlieu et les Vendéens sont en bien mauvaise posture.

    Le 4 (août), Bonnaire, écrit à Vimeux depuis La Châtaigneraie (2) :

    « Les deux colonnes du camp de Fontenay, aux ordres de l’adjudant-général Travot, et du pont Charon, aux ordres de l’adjudant-général Saint-Sauveur, ont exécuté hier le mouvement qui leur était ordonné sur Pouzauge et Cerizais. L’ennemi réuni en grand nombre a été attaqué à Cerizais, et à perdu près de quinze cents hommes. Le général Beaupuy, qui a dirigé l’attaque en personne, peut rendre un compte satisfaisant de la troupe. »

    A la même date, on trouve dans le « 5° tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest »  (3)

    « Grignon lui mande (à Vimeux) qu’il a battu complètement les brigands hier à Noirlieu, tué environ 200 hommes et pris beaucoup de bestiaux – projet de se concerter avec lui pour se porter sur La Fougereuse. » (4)

    Toujours le même jour (5) :

    « Au général divisionnaire Grignon

    Du 17 thermidor (4 août 1794)

    J’ai reçu mon camarade ta lettre du 17 du courant, qui m’annonce tes succès sur Noirlieu. Je t’observe que l’adjudant général Bernardel n’avoit pas suivi l’indication que tu as faite au général Legros et qu’il se fut porté ainsi qu’il en avoit d’ordre du chef de l’état-major sur Chanteloup et Courlay et que de ton côté tu eusses attaqué Noirlieu . Les brigands se seroient réfugiés sur Cerizay ou une colonne les attendoit, ce qui auroit rendu nos succès plus complets. Partout tu vois combien il est essentiel de ne point changer les dispositions générales qui sont arrêtées. Cependant j’aplaudis à ta marche qui a été parfaitement conduite. L’adjudant général Bardon réclame d’être employé dans cette qualité, tu vérifiras s’il a été nomé adjudant général et alors il n’y a point de difficulté, et tu dois l’employer et le reconnaître en cet égard.

    Salut et fraternité signé Vimeux. »

     

    ***

     

    Du lendemain :

    « Au citoyen Bo représentant du peuple à Nantes et près l’armée.

    Citoyen représentant tu étois informé que deux colonnes partaient de la Chateigneraye et du camp de Chiché devoient se porter sur Cerizay où il avoit un rassemblement de brigands. Cette expédition en ce lieu eu effet. Les brigands attaqués sur plusieurs points ont fui partout en abandonnant une quantité de bestiaux qu’l on porte à 600 têtes et 900 moutons avec mulets et chevaux, le général Beaupuy qui commandoit une colonne a ramené 400 têtes de bétail épars. Les brigands ont perdu dans cette sortie et sur tous les points environ 900 hommes. Ainsi tu vois que cette expédition n’est pas sans fruit. Vive la république, il a été pris un drapeau sur les scélérats.

    Salut et fraternité et fraternité signé Vimeux. »

     

    Quelques notes sur les femmes « libérées » par les républicains :

    L’une d’elles est l’épouse de François-Louis Béliard, juge de paix et farouche républicain qui décèdera à Cerizay le 8 mars 1806. Magdelaine Charrier, est la femme de Pierre-Gabriel Baudry. Elle décèdera au bourg de Cerizay le 3 décembre 1821, âgée de 66 ans. Rose Carteau est la femme de Joseph Delouche, maçon, décédé au bourg de Cerizay à l’âge de 65 ans, le 20 septembre 1820. Je n’ai pas cherché une éventuelle parenté avec Adrien-Joseph Delouche, maire de Bressuire et qui sera pris dans les événements de 1792.

    Abordons pour terminer, les lieux cités (hormis les bois – tout le monde sachant à quoi ressemble un bois).

    La Pastelière de Combrand : ce magnifique petit château du XVI° siècle a servi d’hôpital pour les Vendéens. Il sera épargné par les destructions et la colonne infernale de Grignon n’y passa pas.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    Les Marmenières de Saint-Mesmin, tout près de la Sèvre. On sait que M. Garnier des Marmenières avait été fusillé par les républicains à Bressuire en février 1794. Son épouse disparaîtra dans les prisons de Thouars :

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

    La Brunière de La Pommeraie-sur-Sèvre :

    Ce manoir était l’habitation d’un officier de l’Armée du Centre, Sicard de la Brunière, inspecteur général de la division de Pouzauges dont " La Maraîchine normande" nous raconte la curieuse histoire ici.

    Cinq prisonnières à Cerizay....

    Cinq prisonnières à Cerizay....

     

     L’histoire de Cerizay est encore loin d’être terminée. A suivre…

     

    RL

    Novembre 2017

     

     

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/10-12, v. 1 à 4.

    (2)  Savary, tome IV, p. 65.

    (3)  SHD B 5/10-1, v. 19/26.

    (4)  On sait que Grignon arrive par la droite avec 800 hommes.

    (5)  SHD B 5/81 v. 55/129. 


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    Le château Puy Guyon (1ère partie)…

     

     

    De nos jours, il ne reste rien sinon le porche d’entrée, de ce château ayant appartenu à Louis-Marie de Lescure, à Cerizay. Si l’on se réfère à la sinistre légende de « La Gourre d’or », Guillaume Chabot, qui en est le seigneur, l’aurait cédé à Jean Moreau en 1275 (ou 1285 suivant les récits). Ce dernier aurait fait creuser la fameuse mine d’or maudite. C’est aussi l’un des seigneurs du lieu qui aurait ramené de Palestine un coussin ou « chevet » ayant appartenu à la Vierge et sur lequel l’enfant Jésus aurait dormi. On sait que cet objet fut donné par testament du 27 décembre 1373, par Pierre de Puyguyon à la chapelle de Beauchêne et sera détruit dans l’incendie de cette dernière, allumé par les protestants lors des Guerres de Religion.

    Le château, dont deux tours, à ce que l’on dit dataient du XV° siècle avait sans doute été remanié plusieurs fois comme l’atteste l’année 1721 sur l’une des pierres du porche d’entrée.

     

    On retrouve trace aux archives départementales de Vendée en cote B 248 (Justices inférieures d’Ancien Régime), le 18 juin 1757 d’une vente faite par « Jeanne Dugas, fille majeure, et Catherine Dugas, veuve de François Rambaud, tisserand, à Henriette Elisabeth de Granges de Surgères, veuve de Alphonse de Lescure, seigneur dudit lieu, demeurant en son château de Puy-Guyon (paroisse de Cerisay), de trois chambres basses et la moitié d’un jardin, à Beauchaigne, susdite paroisse, et plusieurs autres immeubles, moyennant diverses charges et conditions. »

    Le château de Puy Guyon....

     

    En 1785, le château du Grand-Appelvoisin, non loin de Beauchêne est agrégé à Puy Guyon. Puis, de part la succession de Louis-Marie de Lescure, Puy Guyon échoit à Anne-Angélique du Vergier de la Rochejaquelein, épouse de Marie-Joseph, marquis de Chauvelin, fille de la célèbre marquise. Le domaine se constitue alors des éléments suivants :

    Le château et ses réserves

    La métairie de Puyguyon

    La borderie de Bois-René

    La métairie de la Bernelière

    celle de la Godillière

    celle de la Pigerie

    celle de Bournigal

    celle de la Largère

    celle du Grand Appelvoisin

    celle du Petit Appelvoisin

     

    Comme on le sait, son fermier général à l' époque des Guerres de Vendée était Jean-Charles-Elie Bernard

     

    Le 7 octobre 1793, Puy Guyon sera incendié par Westermann en même temps que le château de la Forêt-sur-Sèvre. Le 25 janvier 1794, nouvel incendie et Grignon écrira à Turreau (Savary, tome III, p. 84) :

     

    « Hier, j’ai parcouru les environs de Cerizais ; j’ai fait brûler un château appartenant à Lescure et deux ou trois autres… »

     

    En 1809, le château accuse un état de semi-ruine comme en atteste le cadastre (bâtiments colorisés en jaune) :

    Le château de Puy Guyon....

     Aujourd'hui en vue aérienne, devenu exploitation agricole :

    Le château de Puy Guyon....

    Le porche d’entrée : 

    Le château de Puy Guyon.... 

    Le château de Puy Guyon....

    Le château de Puy Guyon....

     

    En 1815, Puy Guyon servira de point de ralliement pour les chefs Vendéens et Louis de la Rochejaquelein.

    Bien plus tard une curieuse annonce de vente se retrouve dans le journal « Le Constitutionnel » du 14 juin 1864 :

     

    Le château de Puy Guyon....

     

    La dernière tour encore debout s’écroula au cours de l’année 1914 et les agriculteurs de la ferme découvrirent plus tard, au cours de travaux, le pavage d’une salle et des écuelles de poterie fleuries. Un souterrain refuge partait de l’arrière du château en direction du « Bois-Frotté », j’avais eu l’occasion d’y entrer en 1982. Le boyau était en partie bouché par divers objets et des bidons d’huile en interdisaient l’accès, du moins aux humains, car une nuée de chauve-souris avait jaillie du fond de l’obscurité.

    A suivre ici.

     

     

    RL

    Novembre 2017

      


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    Cerizay, la Roche,

    des Guerry aux Leschalier de Lisle…

     

     

    Extraits de l’allocution de Pierre, lors de la sortie à Cerizay des « Amis du Pont-Paillat le 4 décembre 2016 :

     

    Richard m’a demandé de faire un papier sur mes ancêtres cerizéens. J’ai accepté avec plaisir car ils se mêlent à plus de 150 ans de l’histoire de la Commune. Deux noms surgissent : Guerry et Leschallier de Lisle.

    La famille Guerry tout d’abord, de très modeste extraction. Ils sont originaires de Saint-Mesmin, commune voisine, et exercent la profession de journaliers. Du mariage de Pierre Guerry et de Marie Barbier nait vers 1783 Pierre Guerry, ancêtre à la destinée étonnante.

     Un excellent article du blog Chemins secrets nous apprend que ce Pierre Guerry aurait vu toute sa famille massacrée par les colonnes infernales dans la Douée de la vieille cour. Portant peu dans son cœur les principes républicains, il se bat en Vendée et devient un temps maire de Cerizay en 1816.

    Cet homme d’origine modeste épouse une demoiselle d’ancienne noblesse, Elisabeth de Buzelet. C’est par ce mariage que la Roche rentre dans la famille. Elle tenait la Roche de son père, Dominique de Buzelet, mort misérablement à Cerizay après son retour d’exil. Sa veuve, née Bodet de la Fenestre, vieille famille de Chanteloup, à proximité d’ici, restée seule à la Roche, a dû fuir lors du passage des colonnes infernales qui ne laissèrent pas pierre sur pierre du Château.  Madame de Buzelet revient plus tard avec ses deux filles, dont Elisabeth, vivre dans une dépendance.  Vint l’Empire et la Vendée fut encore malmenée par Bonaparte. La signature du Concordat mit le feu aux poudres à Cerizay ; ce fut l’origine de la Petite Eglise et les dames de Buzelet se mirent à comploter. Terriblement inquiétées par la Police, un ordre d’expulsion fut même donné à la mère qui tergiversa pour y échapper. Seule la mort la sauva d’un nouvel exil. Restées seules à la Roche, les deux filles tinrent bon. Elles hébergèrent de nombreux prêtres recherchés par la Police.

    C’est durant cette période qu’Elisabeth de Buzelet rencontra Pierre Guerry, recherché un moment pour ses activités anti gouvernementales. Ils  se marièrent.

     Pierre Guerry meurt en 1857 riche propriétaire terrien, emportant dans la tombe les cris de sa famille noyée par les bleus. Ils ont eut une fille, Léontine. C’est par elle que les Leschallier de Lisle arrivent à Cerizay. Le plus ancien ancêtre de la famille de Lisle vivait à Saint Fulgent, ou il était notaire et sergent royal de la châtellenie de Saint Fulgent. On soupçonne une origine plus ancienne Lavalloise, mais non établie à ce jour.

    En effet, Léontine épouse  le 27 octobre 1840 Julien de Lisle, né à Sainte Florence.

    De ce mariage est issu :

    Jules-Henri, dont on retrouve une courte biographie ici, sur le blog de Nadine.

    Henri Leschallier de Lisle, maire de Cerizay de 1871 à 1907, conseiller général des Deux-Sèvres, avait épousé Marie Joséphine Giraud, d’une famille bourgeoise originaire de Maillezais, fille d’un député de la Vendée, Alfred, auteur entre autres d’un recueil de poésies intitulé les Vendéennes. Catholique et Royaliste, il fut inquiété pendant la période des inventaires. C’est à lui que nous devons la construction de la Roche telle qu’elle subsiste de nos jours. Il meurt en 1907. Il eut de son mariage Alfred de Lisle, né en 1881 et mort en 1942. Celui-ci fut également Maire de Cerizay et conseiller général des Deux-Sèvres.

    Alfred de Lisle épouse Madeleine d’Aboville, vieille famille normande implantée en Morbihan. Pour la petite histoire, le château des d’Aboville, Kerantré, situé à Crac’h, servit de refuge à Cadoudal pendant la chouannerie et l’on y voit encore une petite table que le géant breton brisa de son poing. C’est mon arrière grand-père. Il eut plusieurs enfants, dont Henri, également maire de Cerizay durant les tristes évènements de 1944 et jusqu’en 1959, et Xavier, mon grand père, qui passa toute sa jeunesse à la Roche.

    Je cite un passage du livre de Constant Vaillant, historien de Cerizay : « La paroisse et la commune, tout comme les déshérités, doivent beaucoup à cette famille, qui savait accueillir charitablement au château les plus pauvres, leur donnant gîte et couvert. Large fut leur participation à la construction de l’église et maintes œuvres sociales. Quand aux catholiques, ils ne sauraient oublier l’œuvre maîtresse : la construction de l’école Saint-Joseph, au Raffou à la fin du siècle dernier, au lendemain de la laïcisation des écoles ».

    Dévolue par succession à Henri, La Roche est vendue en 1980 et les de Lisle quittent Cerizay….De cette période subsistent une rue Leschallier de Lisle,  un nom sur le monument aux morts (René, frère de mon grand père, mort des suites de la campagne de 1940), des tombes dans le cimetière et quelques photos en noir et blanc, jaunies par le temps….Ainsi passe la gloire du monde…Je vous remercie pour votre attention.

     

    Pierre Couëtoux du Tertre pour Chemins secrets

    Décembre 2016

     

        La « Vieille Roche », qui a connu les événements de la Vendée :

    Cerizay, la Roche....

     

        Les lieux sur le cadastre de 1809 :

    Cerizay, la Roche....

     

     

        Le château actuel, construit à la fin du XIX° siècle :

    Cerizay, la Roche....


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