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    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre…

     

    La colonne infernale de Jean-Alexandre Caffin, adjoint de Jean-Pierre Boucret passe à Saint-Amand-sur-Sèvre le 25 janvier 1794. Les personnes que nous citons ci-dessous n’ont évidemment pas toutes été tuées à cette date. On sait en outre que la population passe de 1 220 habitants en 1790 à 767 en 1800.

    Nous reprenons la liste figurant dans l’ouvrage de Françoise de Chabot « Un Canton du Bocage Vendéen…, 1891 », faute de pouvoir trouver les actes originaux qui pour les communes des Deux-Sèvres, concernées par les Guerres de Vendée sont la plupart du temps inexistants…

    RL

    Janvier 2018

     

    Liste de ceux qui sont morts les armes à la main ou qui ont été massacrés par les Républicains

    entre 1793 et 1800.

     

     

    Registre paroissial de Saint-Amand pour l’année 1794,

    « coté et paraphé » par l’abbé Bernier.

     

     

    1.   Gonor René, tailleur, 56 ans, « tué le 15 janvier, pour cause de religion, par les Républicains de la    garnison de Mallièvre ».

    2.   Poirier Etienne, journalier, 42 ans, id.

    3.   Ligonnière Pierre, 32 ans, id.

    4.   Bodin Jacques, journalier 32 ans, id.

    5.   Mota René, tisserand, 36 ans, id.

    6.   Ripeau Pierre, journalier, 52 ans, id.

    7.   Charbonneau Pierre, id., 41 ans, id.

    8.   Souchet Pierre, tuilier, 22 ans, id.

    9.   Baubrieaud François, tisserand, 38 ans, id. N° 9 de la liste de Montravers.

    10.        Saulet Louis, journalier, « le 15 janvier, a été fusillé pour cause de la religion, et n’est mort qu’un mois après ses blessures ».

    11.        Le Boiteux Pierre, homme de confiance de M. de Vasselot, 46 ans, tué pour cause de sa religion et enterré entre la Pommeraie et Montravers.

    12.        Brebion Thérèse, veuve Tisseau, de la Lande, 34 ans, tuée le 25 janvier par l’armée de Grignon, pour cause de sa religion, et a été enterrée près du Deffend.

    13.        Vendée (Vandé ?) Jacquette, veuve Puau, de la Lande, 31 ans, id.

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    14.        Simoneau Charles, journalier, id.

    15.        Bruneau Marie, veuve Cailleau, de la Lande, 40 ans, id.

    16.        Puau Jean, bordier du Rochet, 55 ans, id.

    17.        Puau Marie-Jeanne Remond femme, id.

    18.        Turpeau Jean, bordier, 31 ans, id.

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

    19.        Faverot Jean, 23 ans, « le 25 janvier, a été tué pour cause de sa religion par la troupe de Grignon, près du Rochet, et à été enterré dans le même lieu ». 

     

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

     

     

    20.        Gauchard Louis, 18 ans, id., enterré près la Gaudrandière.

    21.        Gauchard René, métayer, 55 ans, id., id.

    22.        Gauchard Louis, 25 ans, id., id. 

     

    Le martyrologe de Saint-Amand-sur-Sèvre....

     

    23.        Albert Joseph, domestique, 24 ans, « le 3 janvier, a été tué à Bressuire pour cause de sa religion ».

    24.        Puaude (Puaud ?) Marie, de la Giraudière, 30 ans, « le 6 mars, est morte de ses blessures ».

    25.        Moricet Louis, 38 ans, id., le 13 mars.

    26.        Palueau François, domestique, 50 ans, id., le 26 mars.

    27.        Jadeau René, bordier, 32 ans, mort de ses blessures aux Aubiers, le 12 avril.

    28.        Soulard François, domestique, 19 ans, est resté au combat de la Châtaigneraie, le 8 mai ; il n’y a pas de témoins de sa mort, elle est seulement probable.

    29.        Deveau Jean, id.

    30.        Graubau Mathurin, domestique, id.

    31.        Huvelin, resté à la bataille de Chemillé, 10 mai.

    32.        Chupin, a été tué le 8 mai à la Châtaigneraie.

    33.        Guillet Alexis, est resté à la bataille de Chemillé ; des témoins ont déclaré l’avoir entendu rendre le dernier soupir.

    34.        Baré Joseph-Armand, 20 ans, id., id.

    35.        Gabard Jean-Mathurin, du Pons, 16 ans ; des témoins affirment l’avoir vu sabrer près Chemillé, le 10 mai.

    36.        Gabard Mathurin du Pons, 21 ans, mort de ses blessures, le 10 juillet.

    37.        Palardi (Pallard ?) Pierre, 57 ans, « brutalement tué d’un coup de fusil dans l’exercice de la place de commissaire royal ».

    38.        Brosseau Marie, « le 16 août, a été mise à mort à Cerizay, la grande Marion, qu’on dit être native de la paroisse de Saint-Michel, et depuis plus de dix ans domestique sur cette paroisse. »

    39.        Soulard Mathurin, 58 ans, tué à Secondigné (Secondigny). 

     

     « N.B. Plusieurs actes sont transposés ou imparfaits, parce que je n’ai pu, dans la persécution, les faire à heure et à temps, je les ai recueillis au milieu des déroutes et des combats.

    Cependant j’ai copié sur des feuilles volantes les noms, les dates fort exactement, et j’ai toujours appelé des témoins dignes de foi, et quand j’en ai manqué, je n’ai mis dans les actes que ce qui est de notoriété publique… ma connaissance ».

    Signé Feuille.

     

    Registre paroissial pour 1795 et 1796, signé

    par Le François, relig. carm. Prêtre à Saint-Amand.

     

     

    40.        Gaufreteau Alexandre, voiturier, 57 ans ; le 27 décembre 1793, «  a été tué pour sa religion et ensuite porté dans le cimetière des cette paroisse. »  Certifié par Le François, relig. carm. Prêtre à Saint-Amand.

     

    Listes générales des individus condamnés par jugements ou mis hors la loi par décrets, et dont les bien ont été déclarés confisqués au profit de la république, an II et III.

     

    Liste III.

     

     

    41.        Albert François, brigand de la Vendée, commission militaire Savenay, 3 nivôse (23 décembre).

    42.        Chucheteur (en fait Guicheteau) François, id., id., 4 nivôse (24 décembre).

    43.        Gabard Pierre, id., id., id.

    44.        Gabard Jean, id., id., 6 nivôse (26 décembre).

    45.        Pohut Louis, id., id., 5 nivôse (25 décembre).

     

    Liste IV.

     

    46.        Benetreau Louis, Brigand de la Vendée, commission militaire Nantes, 15 nivôse (4 janvier).  

    47.        Bonnet Pierre, id., id., 16 nivôse (5 janvier).

    48.        Charrier Mathurin, id., id., 17 nivôse (6 janvier).  

    49.        Grolor Pierre, id., id., 12 nivôse (1er janvier).  

    50.        Moreau Guillaume, id., id., 14 nivôse (3 janvier).

     

    Etat des veuves et des orphelins de Vendéens tués dans les armées Royales.

     

     

    51.        Barret Jacques, né en 1766, tué à Noirmoutier.

    52.        Croix Mathurin, né en 1759, tué à Luçon, 1793.

    53.        Berteau René, né en 1752, tué à Bressuire, 3 janvier 1794.

    54.        Guérin J.-B., né en 1766, tué à Fontenay, 23 janvier 1794.

    55.        Grimaud Jean, né en 1758, tué à la Flocellière, 26 janvier 1794, lors de l’incendie du pays.

    56.        Robelin Jacques, né en 1766, tué à Luçon, 1793.

    57.        Bacle François, né en 1766, tué à la Châtaigneraie, 1793.

    58.        Brillanceau Pierre, né en 1756, tué en août 1793.

    59.        Gaborit Pierre, né en 1756, tué à Cerizay, 3 février 1794.

    60.        Rousseau Pierre, fusillé pendant la guerre.

    61.        Rochais père, tué au Moulin aux Chèvres.

    62.        Sarrazin, massacré.

    63.        Sarrazin (femme), massacrée.

    64.        Rabau, mort les armes à la main.

    65.        Favereau père, tué Outre-Loire.

    66.        Daguisé père, massacré dans la guerre.

    67.        Durand, tué.

    68.        Gatard, mort les armes à la main.

    69.        Albert, id.

    70.        Soulard, id.

    71.        Chauveau, mort Outre-Loire.

    72.        Métais, père, tué à Martigné.

    73.        Coutant, mort pendant la guerre.

    74.        Coutant frère, id.

    75.        Coutant frère, id.

     

     

    Archives du tribunal de Nantes, commission Bignon.

     

    76.        Goloré Pierre, 40 ans, condamné le 1er janvier 1794.

    77.        Jaufrier François, 27 ans, condamné le 6 janvier.

     

     

         Le Souvenir Vendéen a complété depuis cette liste qui sera dévoilée lors de la sortie du 17 février prochain. 

     

      


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    Le 5 février 1794, Jeanne Bondu, 7 ans, 

    est laissée pour morte au massacre de Gesté.

     

     

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....Le mercredi 5 février 1794, « Dans l'après-midi, le général Cordellier surgit à l'improviste dans le bourg de Gesté. Il amène des prisonniers récoltés au cours de route depuis Montrevault. Il arrête les quelques personnes trouvées sur place à réparer leurs demeures. Dans la soirée, Cordellier ordonne de conduire les trois cents prisonniers au château du Plessis où le feu est mis. A la lueur de ce brasier, les prisonniers sont massacrés dans une allée du parc. Puis il poursuit son chemin vers Montfaucon-sur-Moine... »

     

    Jeanne Bondu est née le 20 décembre 1779 à Pont-Saint-Martin, elle est la fille de Jean Bondu, Tuilier et de Marie Bernard. Elle s'est mariée le 22 juin 1807 à Gesté avec Joseph Durand*, tisserand, né le 12 décembre 1772 à Gesté.

     

    *Combattant vendéen, grièvement blessé, fera l'objet du prochain billet. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

     

    Elle dépose une demande de pension le 28 juin 1825.

     

    « Jeanne Bondu, femme Durand, tisserand à Gesté – arrondissement de Beaupréau, âgée de 47 ans »

    A son Excellence, Monseigneur, Secrétaire d' Etat au département de la Guerre.

    Monseigneur,

     

    Au mois de février 1795 (février 1794), une colonne républicaine passant par Gesté, commit un massacre horrible sur les vieillards, les femmes et les enfants. Je fus du nombre de ces innocentes victimes, quoique dans un âge tendre, je n'avois que sept ans ; je fus, dis-je impitoyablement sabrée, mutilée et laissée pour morte sur le carreau. Les cicatrices qui couvrent mon corps atteste irréfragablement la véracité du fait.

    Par suite de mes blessures, je ressens souvent des douleurs les plus vives qui m'ôtent l'usage du travail.

    Je suis sans fortune ni aucune ressource ; j'ai cinq enfants tous en bas âge, et un autre que je porte dans mon sein, l'état de mon mari est loin de subvenir à nos premiers besoins ; il faut donc le dire, mes pauvres petits enfants sont réduis à implorer les secours humains d'âmes charitables ; ces petits malheureux vont aux portes, tendent la main et m'apportent le pain qui les nourrit ; dans cet état d'infortune aussi triste que déplorable ; qu'il me soit permis Monseigneur, de vous supplier de jeter un regard de pitié sur une misérable famille plongée dans la plus profonde indigence, et surtout de lui faire avoir de l'inépuisable bonté de notre Monarque bien aimé, les secours qu'elle a droit d'en attendre, ce sera une œuvre de charité qui accroitroit le nombre de vos bienfaits, oui Monseigneur votre cœur sensible, généreux, vous porte à soulager le malheur et adoucir le sort des victimes du sol vendéen.

    J'en suis une aussi ai-je des droits à votre sollicitude paternelle ; avec cette douce espérance je ne cesserai d'invoquer l'éternel pour la bénédiction de vos jours.

    Je suis avec un profond respect, Monseigneur de votre Excellence, la plus dévouée et la plus humble de vos servantes

           Gesté, le 28 juin 1825. » Ne signe.

     

    Certificat des officiers de santé :

     

    « Nous soussignés, officiers de santé à Gesté, arrondissement de Beaupréau, département de Maine-et-Loire, certifions que Jeanne Bondu, femme Durand de cette commune a sur la tête trois cicatrices dont une longue de trois pouces* et adhérante dans toute cette étendue à l'occipital, d'où la dite Durand nous a dit qu'il était sortie des fragments d'os et une autre cicatrice sur la partie postérieure du cou. »

     

    Gesté le 28 juin 1825 signé : les chirurgiens.

     

    *Environ 8cm de longueur.

     

    Nota   : Durand Pierre* de Saint Aubin est marqué pour avoir une pension, mérite, vue la gravité de ses blessures, plus de 50 francs. 

    J'ai vu ses blessures au pied, à la tête et au genou.

    *Joseph. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

    Sources:     

    - Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés Dossiers Vendéens 1M9/67.- Etat civil de la commune de Gesté. 

    - Itinéraires de la Vendée Militaire- Journal de la Guerre des Géants 1793-1801 par P.Doré-Graslin – Editions Garnier 1979. 

    -Photo : Les charniers du Mans de Vendéens et Chouans. 

                                                            

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Un curieux plan contre la Vendée…

     

    On trouve aux archives de Vincennes deux propositions de plan pour combattre les Vendéens sous la cote SHD B 5/8-125. Commençons par le premier qui est aussi le plus court mais aussi et surtout le plus loufoque. Ce « projet anonyme tendant à la destruction des brigands de la Vendée », n’est ni daté ni signé. On comprendra cependant rapidement qu’il n’a pas été rédigé par un militaire de métier mais plutôt par un drôle d'illuminé. Je crois qu’il vaut son pesant de cacahuètes pour rire un bon coup.

    RL

    Janvier 2018

    Article connexe ici.

     

    « Il ÿ a dans la Vendée des brigands proprement dits, des excès ( ?) apatiques et des hommes fatigués de cet état violant de guerre éternelle, les brigands sont le moins nombreux mais ils sont plus actifs plus rémuans et conséquament ils sont maitres du paÿs le sabre à la mains. Ils font marcher tous les habitans et les entrainent avec eux dans les combats.

    Si nos soldats avançoient avec des proclamations pacifiques et sans commettre d’excès la grand majoritté quitterait les rébelles et se mettrait sous la protection de la république ; ce qu’ils ne peuvent faire tandis que nos armées dans l’éloignement les laissent sous les couteaux des brigands.

    Il ne fait pas leur laisser de circonscription territoriale pour établir leur brigandage et former leur rassemblement. Plus le paÿs insurgé sera coup& par nos troupes et plus nos armées auront de mobilité moins les rebelles auront de facilité a se rassembler en masse.

    Ainsi plus le local posédé par l’enemi sera vaste plus il sera difficile à vaincre.

    Pour détruire le monstre de la Vendée il faut le percer au cœur et bouleverser toutte sa centralitté.

    Je propose donc d’établir un poste de six mille hommes au centre et je les placerai au confluent de la Sèvre et Deloing (de l’Ouin) sur les montagnes detresevent (de Treize-vents) près St Laurent dans les terres de la Touche Laité (Touchelete), la Rouillardière (Pouillardière), le Rafou, la Rouillères, le Gats, la Martinière qu’on peut trouver sur la carte de Cassini. L’eau y est an abondance et excellente : il ÿ avoit autrefois dans ces voisinages cinquante rouëes de moulin à l’eau : ou n’y manque pas de bléds ni de viande, le païs en fournit en abondance : le local n’est pas couvert de bois, cependant on en trouverait pour la troupe. Ce terrein est extremement montueux et fort propre a la deffense mais très difficile pour l’attaque.

     

    Carte de Cassini citée :

    Un curieux plan contre la Vendée....

     

          Pour le centre………..6000 hommes

          Je placeroye a la circonférence du paÿs

          1e. a Michel Mont Mercure…. 2000

          2e. a Chateaunai (Chantonnay)…. 2000

          3e. a Montaigu …..2000

          4e.  a Clisson …….2000

          5. a Jalais…..3000

          6. a Chemillé….. 2000

          7. a Vihiers….. 3000

          8. a Argenton…..2000

          9. a Cerizais….2000

          10. a la Roche sur ÿon 1500

          11. a Machecoup… 1500

          12 a la Chataigneraÿe… 1000

          13. a St Lambert… 1000

          14. a Doué…1000

           Hommes 32000

          15. Moncoutan…1000

          33000

    Un curieux plan contre la Vendée....

    Sans conter tous les postes des Sables, St Giles, Paimbeuf ; Nantes ; Angers Saumur ; érveau (Airvault), Partenaï, Niort, Fontenaÿ ; et Lusson ou il faudrait quelque garnison pour le service des places mais a coup sur cette seulle disposition des forces finit la guerre de la Vendée dans vingt quatre heures dans ce moment surtout ou les rebelles n’ont que de petits rassemblements de quelques centaines de sélérats.

    Alors pour troubler et deconcerter les rebelles par un mouvement universel je ferais partir la troupe de la manière suivante.

    Mon centre partirait sur six colonnes dans le même jour et sur six points opposés ; il se rendrait a autant de psotes de la circonférence. Dans le même jour ; mille hommes de chacun de ces postes partiraient sur une routte différente pour remplacer l’armée du centre.

    Le lendemain je ferais remplacer tous les postes de la circonférance les uns par les autres en leur faisant faire par segments le tour du cercle.

    Je répéterai plusieurs fois cette maneuvre en la variant et je suis sur qu’il n’y aurait plus de Vendée.

    Je donnerai protection aux hommes qui se soumettraient, j’ achèterai des espions ; je poursuivrai les rebelles par tout ou ils seraient en peloton dans les rochers et les bois.

    Tout a coup je dissoudrai mon armée pour jetter deux cents (hommes) dans chaque commune sous la responsabilité d’un commandant intelligent et vertueux avec des guides surs. Ils enleveraient les grands coupables dont on ferait un tableau secret. Ce coup de main durerait deux jours puis je reconstruirai l’armée, je recommencerai une ou deux fois.

    Je recuillerai d’abord les jeunes gens de la requisition qui voudraient suivre, je les ferai passer sur les derrières peu a peu par la modération et la douceur j’en augmenterai le nombre et je finirai par enlever les rebelles de vive force. La jeunesse ainsi ramassée il n’ÿ aurait plus rien a craindre.

    Il resterait des volleurs épars : je ferai lever le peuple en masse et je ferai une ou plusieurs battuës généralles ; j’ÿ employerai même des chiens.

    Il ne faut pas craindre pour les subsistances et fourrages, la Vendée a prouvé combien elle avait de réssources dans ce genre.

    Si la guerre dure encore, si elle a subsisté quinze jours, il ne faut en accuser que la trahison ou l’impéricie. »

     

    Schéma du plan proposé :

    Un curieux plan contre la Vendée....

     


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    Saint-Hilaire-de-Loulay, le 26 Fructidor de l'an 2, 

    mort violente de Joseph Ordonneau. 

     

     

     

    Joseph Ordonneau, guide de colonne infernale....Honoré Martin, guide des Colonnes-Infernales est mort assassiné dans un pré de la Bougonnière à Saint-Hilaire-de-Loulay, le 21 Messidor de l'an 2 (9 juillet 1794).

    Le 26 Fructidor de l'an 2 (12 septembre 1794), c'est au tour de Joseph Ordonneau, dix huit ans, d'être tué près de cette métairie par un cavalier vendéen.

    Ce lieu, à environ deux kilomètres de Montaigu est situé à proximité du grand chemin menant à Clisson. Il s'avère que cet endroit, près du moulin à vent de la Bougonnière, est particulièrement dangereux pour tout républicain isolé. En effet, le corps n'a pu être récupéré que le deuxième jour des Sans-Culottides (18 septembre 1794) ; «En raison du danger qu'il y avait à sortir de cette commune ».

     

    Joseph Ordonneau, guide de colonne infernale....

    Voici l'acte de décès de Joseph Ordonneau :

     

    « Le deuxième jour des Sans Culotides, l'an deuxième de la République française une et indivisible. En conséquence de la déclaration à nous faite par Véronique Ordonneau, fille âgée d'environ vingt et un ans, habitante de cette commune ; Antoine Burdia. Caporal au cinquième régiment d'artillerie âgé de trente deux ans, actuellement en garnison en cette commune et Jacques Texier, pionnier, âgé de quarante six ans, domicilié de cette commune, savoir par la dite Véronique Ordonneau que le vingt six Fructidor dernier sur une heure de l'après midi, Joseph Ordonneau, son frère, employé à la Commission, âgé d'environ dix huit ans, fils de Alexis Ordonneau et de Françoise Lussaud, étant dans une pièce de….... dépendant de la Bougonnière près cette commune et de la commune de Hillaire de Loulay où il ramassait du............ fut assassiné par un Brigand à cheval à coups de …... sabre ? Que craignant le même sort elle se sauva dans la commune et par le dit Antoine Burdia et Jacques Texier qui ont trouvé le dit Joseph Ordonneau mort dans l'endroit indiqué par sa sœur, ils l'ont enterré ce jour sur la réquisition de la dite Véronique Ordonneau n'ayant pu le faire plus tôt par le danger qu'il y avait à sortir de cette commune ; en conséquence, nous ont requis acte de leurs déclarations. Nous Commissaire municipaux conformément à la loi du vint septembre mil sept cent quatre vingt douze (vieux stile) qui détermine le mode de constater l'état civil des citoyens et a déffaut de juge de paix du canton de Montaigu et même d'officiers publics ; sur les lieux avons reporter le présent acte qui a été signé par nous et par le dit Burdia, les autres déclarants ayant déclaré ne savoir signer de ce enquis.

    Signé Burdia et Chapelain, commissaire municipal ».

     

    Joseph Ordonneau, guide de colonne infernale....

    Joseph Ordonneau est né le 3 février 1777 à Montaigu, il est le fils de Alexis Ordonneau, menuisier et de Françoise Lussaud-Lusseau, mariés le 25 janvier 1766 à Saint-Nicolas de Montaigu(vue n°3/10).  Sa sœur, Véronique Ordonneau est née le 28 novembre 1773 à Saint-Jacques de Montaigu. Elle aura un enfant d'une relation avec Philippe Chauveau, le 24 décembre 1795 : Louis-Philippe Ordonneau). Célibataire, elle décède le 9 août 1845 à Montaigu, chez Antoine Bourdiat, agent de police.

     

    Sources:     

    -  Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. Décès de Montaigu -  1794, vue 54/54. Mariages, Saint Nicolas- 1766, vue n°3/10- Baptêmes 1777 – Montaigu, vue 193/303.

    -  Cadastre Saint-Hillaire-de-Loulay 1818- tableau assemblage, la Bougonnière. 

    -  Photo : de l'auteur 

                                                             

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le 24 janvier 1794, Marie-Anne Blanvilain, 6 ans, 

    rescapée du massacre de la Jumellière, 

     

     

     

    Marie-Anne Blanvilain, rescapée de la Jumellière....Une première demande de pension enregistrée le premier janvier 1816 laissait supposer que Marie-Anne Blanvilain avait été blessée légèrement lors du massacre de la Jumellière, le 24 Janvier 1794. Il n'en est rien.

     

    Revenons au 24 janvier 1794... Le Colonne-Infernale n°5 de Cordelier arrive à la Jumellière, « brûlant toutes les habitations et massacrant toutes les personnes qu'il rencontra. » C'est à la Jumellière qu'il écrivit le 23 janvier, cet affreux rapport : '' Je me suis chauffé amplement, ce matin, avant de partir de Beaulieu, de même qu'en passant à Saint-Lambert''. Il resta deux jours à la Jumellière pour faire la chasse ''aux Brigands'' cachés dans les bois qui se trouvent entre ce bourg et Chemillé, et pour se livrer, d'après son propre langage ''à des opérations dans les environs''. Il arrêta aussi Thubert, l'intrus de Melay, qui, malgré les renseignements qu'il venait de lui donner sur un rassemblement de paysans, lui paraissait, en sa qualité ''de prêtre'' infiniment suspect. ''Je crois que son compte est bon, écrivait-il, le 23, à Turreau.... Tu penses bien que pendant nos différents séjours, nous ne nous tiendrons pas à rien faire.'' Il fit passer vingt* personnes au fil de la baïonnette, et, de toute la municipalité, le maire seul fut épargné en sa qualité de ''citoyen''. Cordelier quitta la Jumellière le 25.... vers Saint-Lezin. »

     

    *Nous ne connaissons pas les noms, ni le nombre exact des victimes, trente deux ou une centaine, suivant les auteurs... ?? Sauf deux : Marie-Anne Blanvilain et sa grand-mère maternelle, Jeanne Noyer.** 

    ** Sa grand-mère paternelle, Françoise Martin étant décédée avant le 17 décembre 1790 (voir acte de décès de Jacquine-Elisabeth Blanvilain – décès 1790, vue 647/647) - Il ne peut s'agir que de Jeanne Noyer, mais son acte de décès est daté du 17 ventôse an 2 (7 mars 1794) ?? 

     

    En ce début de 1794, la situation de la famille Blanvilain est la suivante :

    Le père, Jacques-Marcel Blanvilain, serger, est capitaine dans la cavalerie Vendéenne et est âgé d'environ 33 ans. Il est le fils de Pierre Blanvilain, sabotier et de Françoise Martin et épouse le 18 juillet 1785 à La Jumellière, Marie-Anne-Charlotte Paillou, fille de Pierre Paillou, boucher et de Jeanne Noyer. De cette unions sont issus :

     

    1° Jacques Blanvilain, né le 11 mai 1786 à la Jumellière † le 17 mai 1786.

    2° Marie-Anne Blanvilain, née le 19 février 1788 à la Jumellière.

    3° Rose Blanvilain, née le 2 novembre 1789 à la Jumellière.

    4° Jacquine Blanvilain, décédée le 20 frimaire an 2 (10 décembre 1793) à l'âge de trois ans.

     

    Le nom de Marie-Anne Blanvilain apparaît dans un dossier de demandes de pensions du 1er janvier 1816 dans une liste de 17 femmes et filles blessées dans les premières guerres de Vendée, (Archives départementales de la Vendée SHD XU 39-17, vue n°4/4),dont la teneur suit :

    «N°366 et n°13 – Blanvilain Marie-Anne, couturière - ''A reçu plusieurs blessures au massacre de la Jumellière contre les vendéens (âgée alors de 6 ans) - Deux cicatrices au dessous de l'oeil gauche existent et indiquent la suite d'une longue suppuration Son père mort à l'Armée Vendéenne comme capitaine de cavalerie l'a laissée sans ressource, sa fortune ayant été perdue''. - Née à la Jumellière – domiciliée à Beaupréau – Proposée pour une pension annuelle de 100 francs en secours ».

     

    Marie-Anne Blanvilain, rescapée de la Jumellière....

    Marie-Anne Blanvilain, rescapée de la Jumellière....

    Voici des extraits de son dossier déposé aux archives Départementales du Maine et Loire en date du 8 juillet 1824.

    La première pièce :

    « Enregistré à la mairie de la Jumellière sous le n°43 ; le maire F.de Cacqueray.

    A son Excellence Monseigneur le Secrétaire d'Etat au Département de la Guerre,

    Monseigneur,

    Supplie très humblement Marie-Anne Blanvillain demeurante au bourg et commune de la Jumellière, canton de Chemillé, département de Maine et Loire de prendre en considération l'état d'infirmité dans lequel l'ont réduit plusieurs coups de sabres et de fusils, qu'elle reçut des Républicains pendant la guerre de la Vendée en mil sept cent quatre vingt quatorze, ce qui la rend hors d'état d'exercer aucun état manuel. En conséquence, Monseigneur daignant faire droit à sa supplique la faire jouir des faveurs accordées par sa Majesté aux Vendéens blessés, ce qu'octroyant, vous soulagerez la suppliante dans son état d'infortune.

    Daignez Monseigneur être convaincu des sentiments et des hommages respectueux avec lesquels la suppliante a l'honneur d'être de votre Excellence, la très humble et très obéissante servente. 

     

    Pour Marie-Anne Blanvillain, le maire de la Jumellière. Signé Cacqueray. »

     

    Marie-Anne Blanvilain, rescapée de la Jumellière....

    Le certificat des chirurgiens :

     

    « Nous soussignés chirurgiens exerçant l'un à Chemillé et l'autre à la Jumellière 4ème arrondissement de Maine et Loire – Certifions que Marie-Anne Blanvilain âgées de 36 ans ; demeurant au bourg de la Jumellière : porte à la partie externe gauche du front une cicatrice de forme allongée, longue de deux pouces, commençant immédiatement sur l'arcade sourcillère et allant se terminer obliquement vers la partie externe de la base coronale – Une autre cicatrice de forme à peu près ovale à la partie supérieure de la pommette s'étendant du milieu de bord extérieur de l'orbite gauche au bord externe de la pommette, la première cicatrice nous a paru être le résultat d'une plaie ou blessure faite par un instrument tranchant tel qu'un sabre, la dernière au contraire paraît être le résultat d'une blessure faite par un instrument contondant tel que le bout du canon d'un fusil : et que tout cela nous a été déclaré par la dite fille Blanvillain, ces deux blessures ont occasionné et occasionnent encore de très grands maux de tête à la dite Marie Blanvillain et l'empêche parfois de se livrer à ses travaux ordinaires. Telle est la vérité en faveur de laquelle nous avons signés. 

     

    A la Jumellière le 8 juillet 1824. signatures des chirurgiens et du maire. »

     

    Marie-Anne Blanvilain, rescapée de la Jumellière....

    Acte de Notoriété :

     

    « L'an mil huit cent vingt quatre, le 8 juillet, devant nous Jacques-Charles Thibault juge de paix du canton de Chemillé arrondissement de Beaupréau, département de maine et Loire, assisté de notre greffier sont comparus :

     

    1° Mathurin Mizandeau, cultivateur, âgé de 56 ans.

    2° François Blanvilain, marchand, âgé de 53 ans.

    3° Jacques Marais, propriétaire, âgé de 60 ans.

    Demeurant tous trois à la Jumellière.

    Lesquels nous ont déclaré et certifié par serment que la nommée Marie Blanvilain âgée de 36 ans, demeurant à la Jumellière ; a eu le malheur de tomber sous les coups des Républicains qui la sabrèrent et la laissèrent pour morte pendant la guerre de la Vendée, et que sa grand-mère fut tuée à ses côtés et qu'elle est maintenant réduite à un état déplorable, ne pouvant se livrer à aucun travail. Lecture faite il y ont persité et ont signé avec nous. 

     

    signé : F Blanvilain – Marais  et Mizandeau. Le Greffier. »

     

    Sources:     

    -Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. SHD XU 39-17, vue n°4/4. 

    -Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés – Etat civil de la Jumellière, acte de baptême vue n°616/647 année 1788- Acte de mariage, vue 580/647 année 1785 – acte de baptême année 1789, vue 634/647 – acte de baptême et décès année 1786 vue 591/647. 

    Dossiers Vendéens -1M9/59 vues 1,2,3,5/6. 

    -Abbé Deniau – Histoire de la Guerre de la Vendée – Tome IV – page 172- 

    -Photo : de l'auteur et charniers du Mans de Vendéens et Chouans. 

                                                            

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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