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    René Ferrant, marinier, pousseur de cadavres ?

     

     

     

     

    René Ferrand, pousseur de cadavres ?Sous la première république, les dénonciations affluent car elles sont le plus sûr moyen pour les citoyens de prouver leur patriotisme et de ce fait, de se prémunir contre une éventuelle arrestation. Cette République porte en son sein la dénonciation à travers ses Comités de Surveillance et ses Comités de Sûreté Générale, qui sont de véritables officines de délation au service de ce nouveau Régime.

    Sur une simple lettre d'un voisin malveillant, d'un jaloux, d'une connaissance qui écoute vos propos, vous pouviez être envoyé à la guillotine. Il y a toujours quelqu'un qui vous veut du bien, c'est bien connu. Encore aujourd'hui la République encourage à dénoncer ses voisins. Comment dénoncer ses voisins grâce au webà voir également, les "valeurs de la république" ici.

      Le citoyen René Ferrant, né à Tours, marinier, va en faire la terrible expérience et être envoyé devant le Tribunal révolutionnaire à Paris pour être entendu par le Président de ce tribunal. Nous ne connaissons pas le résultat du jugement. Le nom de René Ferrant n'apparaît pas dans la liste des guillotinés de cette époque.

     

      Ce qui est intéressant, c'est que cette dénonciation du 9 Brumaire de l'an 3 (30 octobre 1794) nous confirme que les républicains fusillaient, noyaient leurs opposants politiques et écorchaient leurs cadavres afin de les transformer en culottes de peau, portées par certains de leurs officiers et de leurs généraux, (Voir la peau humaine tannée du musée de Nantes) ; ou bien les transformaient en reliure cuir pour leur Constitution de 1793. (Voir l'exemplaire de cette Constitution au musée Carnavalet).

       Une culotte souple, une bibliothèque aux ouvrages reliés en peaux de royalistes, ça fait froid dans le dos, mais à l'époque chez ''les esprits Charlie'' c'était ''tendance'' !

     

      Voici la lettre, le nom et l'adresse de ce brillant patriote, délation bien inutile puisque déjà le 7 Brumaire une lettre du Président Leblois accusateur près le Tribunal Révolutionnaire à Paris, invitait le Comité d'Orléans à faire traduire le dit Ferrant dans les prisons du Tribunal Révolutionnaire.          

     

     

      « Dénonciation contre Ferrant marinier.

      Aujourd'hui neuf brumaire de l'an trois de la république Française une et indivisible sur l'invitation faitte au ci-après nommé est comparu le citoyen François Chevallier, marchand cordier demeurant à Orléans rue de la Tour Neuve près le port, section de Brutus.

      Lequel déclare avoir entendu dire au citoyen René Ferrant, qu'il avait été requis pour jeter à l'eau les citoyens qui avaient été fusillés au Ponts de Cé à Angers ; Et qu'il avoit été requis également pour repousser à l'eau les cadavres qui avaient été noyés dans ces deux endroits.

      Que de plus il avait aussi dit qu'il avait vu le chirurgien major écorcher de ces hommes pour en avoir la peau.

      Et est tout ce qu'il a dit scavoir lecture à luy faitte a dit contenir vérité fait au Comité Révolutionnaire de Surveillance au district d'Orléans les jour et mois susdits. 

                                                                      Signé  : F Chevallier. »

     

      « Prévenu d'être de complicité avec les ex membres du Comité Révolutionnaire.

    Lettre au Citoyen Leblois accusateur public près le Tribunal Révolutionnaire à Paris.

      Orléans, le 9 Brumaire l'an 3 de la République une et indivisible.

      Le Citoyen Ferrand au Citoyen Le Blois accusateur Public près le tribunal révolutionnaire à Paris.

     

    Citoyen,

      Je suis détenu depuis six jours dans la prison d'Hilaire d'Orléans sans en savoir le motif.

      Cependant on m'accuse d'avoir participé aux noyades qui ont eu lieu au Pont de Cée. Je n'en connais aucune, sinon que j'y ay été requis l'année dernier par deux officiers municipaux et le commandant de la place y étant avec mes batteaux venant d'Orléans chargés pour Nantes ; pour y pousser hors bord les corps des morts, des malheureux que l'on fusillait, ce que j'ai été obligé de faire en étant requis par les autorités constituées et au nom de la Loi.

      De ces officiers je ne connais que le citoyen Gatine pour lors officier municipal au Pont de Cée près d'Angers.

      On m'accuse de même d'avoir encore participé à celles qui ont eu lieu à Nantes ; rien de si faut puisqu'il est vray quelle se faisait dans le même temps que la fusillade du Pont de Cée ou j'étois requis. Comme je vous le dit de l'autre part c'est pourquoi je vous déclare que je n'ay eu aucune connaissance de ce fait, et personne n'est dans le cas de m'accuser d'avoir fait autre chose que ce dont j'étais forcé de faire au Pont de Cée ; sans savoir si je faisait bien ou mal ; y étant comme je le répette forcé par la municipalité et le commandant.

      Enfin cette réquisition fini j'eus main levée pour conduire mes bateaux à Nantes ; pour lesquels ils étaient destinés, et lorsque j'y fut arrivée, les noyades et fusilliades n'y avait heureusement plus lieux.

      Voilà citoyen tous les renseignements que j'ay a donner dans cette affaire.

      Il est bien malheureux pour moi de me voir retenu sans en savoir la cause en me faisant un tort considérable ayant entrepris à mon passage ce jour dernier à Amboise la conduite de huit cent pièces de vin destinées pour l'approvisionnement de Paris, pour lequel chargement j'ay déjà fait baisser trois de mes batteaux pour Amboise avec une permission du citoyen Dumas inspecteur de la navigation de l'intérieur résidant à Orléans, j'en ay encore quatre autres dans ce port qui ne peuvent partir vue mon arresttation ; en conséquence citoyen, tu voudra bien prendre en considération l'exposé cy-dessus n'étant rien que la vérité. Salut et Fraternité ; signé R.F

     

    René Ferand marinier à Bellecoste district de Tours département de Indre et Loire. 

     

      Courrier de René Ferrant au Représentant du Peuple d'Orléans.

     

      «  Au citoyen Brival Représentant du peuple à Orléans,

      Citoyen Représentant,

      Le nommé René Férand, voiturier par eau de Belle Coste sur Loire (Saint-Cyr sur Loire) district de Tours département d'Indre et Loire.

      Expose qu'il est retenu dans la prison Hilaire d'Orléans sans en savoir le motif ;

      On m'accuse d'avoir participé aux noyades du pont de Cée ; je n'en connais aucunes.

      Il est cependant vray que j'ai été requis au Pont de Cée, y étant avec mes batteaux, par deux Officiers Municipaux et le Commandant de la Place, dont un de ces officiers étoit le citoyen Gatine officier municipal le seul que je puisse nommer ignorant le nom des autres, à l'effet de pousser hors du bord de la rivière les corps morts des malheureux que l'on sacrifiait à la fusilliade, ce que j'ay été obligé de faire malgré ma sensibilité y étant requis par les authorités Constituées et au nom de la Loi ; a qui je ne pouvais refuser.

      On m'accuse encore d'avoir participé à la noyade qui cest faite à Nantes. Comment pouvait il se faire que je fus à Nantes dans ce même moment j'étais requis au pont de Cée pour faire un service aussi terrible ; ors cette réquisition fini j'eus main levée de mes batteaux par les Autorités Constituées du Pont de Cée pour conduire mes bateaux à Nantes où je suis arrivée ; Mais heureusement toutes les noyades et fusillades dont il est question étoient fini et je prouve que personne n'est dans le cas de m'inculper pour ses faits. J'ay même preuve a en donner dans ce pays et que mon dénonciateur prouve ce qu'il avance.

      J'expose actuellement que j'ay entrepris dernièrement a mon passage a Amboise la conduite de huit cent barriques de vin destinées pour l'approvisionnement de Paris, pour lequel chargement j'ay déjà fait partir trois batteaux pour charger le dit vin en partie au port d'Amboise d'après une permission du citoyen Dumas Inspecteur de la Marine de l'Intérieur résident à Orléans ; et promesse de m'en remettre un autre pour baiser mes quatre batteaux restant pour aller charger le reste du cottingent dans le dit port d'Amboise. Ces quatre batteaux restant dans le port de cette commune vüe mon arrestation.

      En conséquence Citoyen Représentant j'espère que tu prendra en considération l'exposé cy-dessus, et fera droit à une juste réclamation./. »

     

      Mais le Comité Révolutionnaire et de Surveillance du district d'Orléans ne l'entend pas de cette oreille et René Ferrant est dirigé vers le Tribunal Révolutionnaire de Paris. Prévenu d'être de complicité avec les ex-membres du Comité Révolutionnaire de Nantes, il écrit le 9 Brumaire de l'an 3 au Citoyen Leblois accusateur Public près le Tribunal Révolutionnaire à Paris. Mais le Comité se conformant à la lettre reçue le 7 Brumaire du Citoyen Leblois qui l'invitait à le faire traduire à Paris, René Ferrant est mis en route « dans les plus brefs délays » et conduit par la Gendarmerie Nationale d'Orléans à Paris.

     

      Le 18 Brumaire René Ferrant est interrogé par Pierre Forestier, juge du Tribunal Révolutionnaire établi à Paris « sans aucun recours au Tribunal de Cassation ».

      « René Ferrand, âgé de 36 ans, né à Tours département d'Indre et Loire, maître de bateaux, demeurant à Tours.

    D- S'il n'a pas été requis pour conduire des détenus de Nantes à Angers par la rivière de la Loire ?

    R- Que non,

    D- S'il n'a pas participé aux noyades qui ont été exercées au Pont de Cé ?

    R- Qu'il n'y a point eu de noyades au Pont de Cé que par conséquent il n'a pas pu y participer.

    D- S'il n'a pas été requis pour jetter à l'eau les citoyens qui ont été fusillés à ce dernier endroit ?

    R- Qu'il n'a point été mis en réquisition pour cet effet, mais qu'il a été commandé par un officier municipal qui est monté dans le bateau avec lui pour repousser les cadavres qui se trouvaient sur le rivage au milieu de la rivière.

    D- S'il n'a pas de concert avec un chirurgien écorché de ces noyés pour en avoir la peau ?

    R- Que non, qu'il est bien vraye qu'un chirurgien major dont il ignore le nom en a écorché en sa présence pour en avoir la peau et la graisse mais qu'il ne l'a point aidé.

    D- S'il n'a prêté aucun secours à ceux qui ont fait les noyades et les fusillades ?

    R- Que non.

    D- S'il a un conseil ?

    R- Non, lui avons nommé le Citoyen Bouttroue.

    Lecture faite a persisté et dit ne savoir signer en conséquence avons signé.  »

    signé Josse commis greffier et Forestier Juge.

    René Ferrand, pousseur de cadavres ?

     

     

     Alors ? René Ferrant, coupable ou innocent ?

     

      Il est quand même étonnant que son nom soit déjà connu du Tribunal Révolutionnaire de Paris avant le 7 Brumaire de l'an 3 (28 octobre 1794) puisque le Président du Tribunal Leblois transmet une lettre au Comité d'Orléans à cette date. Qu'une dénonciation soit transmise au Comité d'Orléans le 9 Brumaire (30 octobre 1794). Que le nommé Ferrant précise qu'il est emprisonné depuis 6 jours, donc depuis le 3 Brumaire (24 octobre 1794). Que son transfèrement au Tribunal Révolutionnaire de Paris a été exécuté avec diligence puisque le 18 Brumaire (8 novembre 1794) il est interrogé par le Président de ce tribunal.

      Sachant que le procès de Jean-Baptiste Carrier va commencer.

      En effet, le 29 octobre 1794 la Convention forme une commission d'enquête et le 13 novembre l'Assemblée vote la levée de l'immunité parlementaire de Carrier. Le 27 novembre il est mis en accusation et condamné à mort et guillotiné le 26 Frimaire de l'an 3 (16.12.1794).

     

       René Ferrant est peut-être ce voiturier par eau, né vers 1758 à Saint-Cyr-sur-Loire, fils d'Urbain Ferrant et de Jeanne Thierry qui épouse à Saint-Cyr-sur-Loire, le 26 février 1782, (Vue n°7/19 année 1782- Saint-Cyr-sur-Loire) Françoise Soudée, (née le 15 mars 1757 à Saint-Cyr et décédée le 28 juin 1816 à Saint-Cyr, veuve de René Ferrand., marinier). Il semblerait que ce soit notre homme...

     

    Sources: Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. - Archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales – Réf ANW71-1, Tours,Orléans et Paris 9,18 Brumaire an III- procédure engagée contre René Ferrand, accusé d'avoir participé aux noyades de Nantes. 30 ; octobre 1794 - copie de la vue n°7/9 du dossier -  Le Souvenir Chouan de Bretagne, article publié le 22 mars 2013 au sujet de Jean-Clément Martin et son révisionnisme) – Archives Départementale d'Indre et Loire tous droits réservés, commune de Saint-Cyr-Sur-Loire. Mariages 1782 et décès 1816. - Photo  : Souvenir Chouan de Bretagne, article du 22 mars 2013 Jean-Clément Martin .

     

    Article connexe sur la Maraîchine normande.


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    Veillée des « Amis du Pont-Paillat »

    1er avril 2017…

     

     

     

    Les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés hier soir à Saint-Mesmin à l’invitation de Marc, Lydie et Wilfried pour une veillée traditionnelle, comme nous avons dorénavant pris l’habitude d’en faire, à la nuit tombée, pour raconter mille histoires et contes qui ont traversé le temps. Tout le monde était là ou presque. Guy était retenu en bivouac avec nos amis les « Cœurs de chouans » et Chachou n’avait pu se libérer, à son grand regret semble-t-il.

    La soirée commença par l’évocation de Saint-Mesmin dans le passé. Mêlant anecdotes amusantes et scènes tragiques, nous arrivâmes au passage des colonnes infernales et des horreurs qui hantent encore l’ancien chemin de Cerizay à Pouzauges. Il nous semblait que les crépitements du feu dans la cheminée voulaient rappeler l’incendie du bourg tandis que nous imaginions l’angoisse dans laquelle devait se trouver un prêtre réfractaire caché non loin de la maison.

    Veillée des APP du 1er avril 2017....

    Veillée des APP du 1er avril 2017....

    Veillée des APP du 1er avril 2017....

    Veillée des APP du 1er avril 2017....

     

    Puisqu’il faut bien aussi aborder des sujets plus gais, nous laissâmes Marc nous réciter quelques poèmes de Pierre d’Angles.

     

    La soirée s’écoula très vite, trop vite peut-être, et il fallut rentrer après avoir évoqué quelques anecdotes concernant des histoires de spectres qui terrorisaient nos aïeux et qui sont encore quelquefois d’actualité…

    C’est un grand, très grand merci, que je me permets d’adresse à la famille Deborde pour son accueil chaleureux et son sens de l’organisation sans faille.

    Nos prochains rendez-vous sont pour très bientôt, avec une journée sur Angers et une autre veillée dans un très ancien logis du Bressuirais qui promet d’être des plus authentiques…

     

    RL

    Avril 2017

     


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    Monsieur l'abbé Le Monnier de la Bissachère... 

     

     

     

     L'abbé de la Bissachère....Pierre-Jacques Le Monnier de la Bissachère est né le 10 février 1763 à Grez-Neuville en Anjou. Il est le fils de honorable homme Pierre Le Monnier, marchand-fermier et de Demoiselle Françoise Boussin de la paroisse de Pruillé. Le parrain a été Le Sieur Jacques-François Goudé, cousin de Feneu et marraine, Demoiselle Françoise Chantel épouse du Sieur Jean Boussin, grand-mère de l'enfant.

     

      Pierre Le Mosnier, marchand, 27 ans, fils de Pierre Le Mosnier, bourgeois et de défunte Renée Collas de la paroisse de Saint-Aubin de Pouancé, épouse le 4 octobre 1757 à Gez-Neuville, Françoise Boussin âgée de 20 ans, fille d'honorable homme Jean Boussin, Marchand et d'honorable femme Françoise Chantel. De ce couple sont issus :

     

    1° Françoise-Perrine Le Monnier, née à Pouancé le 5 septembre 1758 paroisse de la Madeleine, fille d'honorable homme Pierre le Monnier, sieur de la Bissachère et y demeurant (vue n°221/294)  ; décédée à l'âge de huit ans à Grez-Neuville, le 23 mai 1767.

     

    Pierre-Jacques  Le Monnier, né le 10 février 1763 à Grez-Neuville, (vue n°49/620), prêtre missionnaire, il part en 1789 pour la Cochinchine. Il y séjourne dix sept années et échappe aux persécutions religieuses de 1792 à 1801. Il voyage au Cambodge et au Laos. Il quitte le Tonkin et s'installe à Londres vers 1807. En 1817, il rentre en France où le Duc de Richelieu lui demande conseil afin de reprendre des relations commerciales avec la Cochinchine. Il décède à Paris, presque aveugle, le 1er janvier 1830.

      Il dépose une demande de pension en avril 1820. Courrier du Ministère de la Maison du Roi.

     

    « Paris le 17 avril 1820. Le Conseiller d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de secours et pensions sur la liste civile.

     

      A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire

      Monsieur le Préfet,

      Monsieur l'abbé de la Bissachère (Jacques-Pierre), né à Grez-Neuville (Maine et Loire) ancien prêtre attaché à la Trinité d'Angers, revenu depuis peu d'Angleterre sollicite une pension alimentaire.  Il expose qu'il a émigré en 1792, qu'il a exercé ses fonctions de missionnaire pendant plusieurs années à la Cochinchine, est revenu en Angleterre où il s'est livré au ministère jusqu'en 1817, qu'il est rentré en France. Il est aujourd'hui à peu près aveugle. Il ajoute qu'il a perdu tous les biens situés commune de Pouancé, d'Armaillé, Grez-Neuville, Juigné, Bessay et de Montreuil-Belfroy (Maine et Loire) et que son frère unique a été fusillé à Segré pour avoir combattu pendant deux ans avec 200 hommes pour la cause royale.

      Je vous serai obligé de vouloir bien faire prendre des renseignements sur l'exposé de cet ecclésiastique quant à son émigration et ses circonstances notamment sur la perte de fortune qu'il a pu essuyer à raison de cette émigration ; les ressources qu'il pourrait avoir conservée et de me faire connaître votre opinion sur le mérite de sa réclamation.

     

      J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée.

      Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.

     

    Signé : Rochefort. »

     

      D'après les renseignements pris par Monsieur le Préfet : En juillet 1820, Monsieur l'abbé de la Bissachère habite à la maison des missions étrangères à Paris. Avant la Révolution, il était vicaire à Bourgueil qui faisait partie du Diocèse d'Angers, aujourd'hui du Diocèse de Tours. Qu'il est sorti de France en 1789, est allé en qualité de missionnaire aux Indes Orientales et est rentré en france en 1817.

      Ses biens dont sa mère (décédée à Angers depuis 1 an environ) jouissait dans le département étaient peu considérables, elle les avait placés à viager sur sa tête et sur celle de Monsieur l'Abbé de la Bissachère et sur sa sœur ; ils jouissent chacun de 600frs de rente.

      Cet ecclésiastique n'avait qu'un frère qui fut fusillé à Segré pour avoir combattu pour la cause Royale.

      Enfin, Mr de la Bissachère est attaché à la maison des missions étrangères comme procureur du Temporel, auprès de laquelle il y reçoit la nourriture sans payer pension.

     

    3° Françoise-Olympe Le Monnier, née le 11 novembre 1768 à Grez-Neuville, le parrain est Pierre Le Monnier, frère de l'enfant et la marraine Marie Boussin tante de l'enfant.

     

    Jean-Marie Le Monnier, né le 10 décembre 1769 à Grez-Neuville, (vue n°162/620), fusillé à Segré pour avoir combattu pendant deux ans avec 200 hommes pour la cause Royale. (L'attaque de Segré du 21 juillet 1795 commandée par Turpin de Crissé ?).

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Dossiers Vendéens n° 1M9/57- Bissachère Pierre-Jacques de la – Registres d'Etat-Civil des Communes de Grez-Neuville, Pouancé: actes de baptêmes et mariage. Photo de l'auteur.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

     

     

     


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    La mort de Monsieur de Charette vue par la presse républicaine... 

     

     

     

    La mort de Monsieur de Charette.... Le 9 germinal de l'an 4 (29 mars 1796)... « Une douzaine de généraux, les musiques militaires et les cinq mille hommes quittent lentement la place des Agriculteurs (place Viarme), à Nantes pour regagner le quartier général et leurs cantonnement, tandis qu'au détour d'une rue, disparaît le cercueil du ''grand brigand'' enfin mort... ».

     

      Cela met fin à trente sept mois d'une guerre atroce où les républicains ont fait disparaître par le meurtre environ 400 000 Vendéens dont 80% étaient des femmes, des enfants  et des vieillards, et brûler par incendies volontaires le patrimoine immobilier d'environ 500 paroisses. Nous entrons donc dans une période d'un calme tout à fait relatif...

     

      Avant Michelet, les Affiches d'Angers, dans le numéro 104 du 26 germinal de l'an 4 trouvent le moyen de se livrer à un procédé déloyal en utilisant un négationnisme et un révisionnisme primaire afin de salir la mémoire de ce grand général.

      En effet, on y apprend que Monsieur de Charette est ''un auteur et provocateur de rébellion, de massacres inouïs et l'instrument de la mort de peut être un million d'êtres humains'', rien que ça !

      Quelques jours seulement après la mort du dernier général royaliste, les républicains tentent ainsi d'échapper à leurs responsabilités et à masquer le génocide. Ces criminels, comme leurs héritiers politiques d'ailleurs, nient les faits, s'octroient une auto-amnistie et une impunité générale en accusant les autres de leurs propres crimes.

    La mort de Monsieur de Charette....

     

     

     

     

     

     

     

    « Nantes 11 germinal. Le 9, à dix heures du matin, Charette comparut devant un tribunal, composé de neuf militaires qu'il avait choisi dans une liste de dix huit qui lui avait été présentée ; son acte d'accusation ne commence que de la pacification ; pas un mot sur ses crimes antérieurs.

      Charette, qui avait modestement salué ses juges, assis sur une chaise très élevée, avoua presque tout, notamment d'avoir combattu par l'ordre de Monsieur pour avoir un roi et l'ancienne monarchie ; il nie avoir eu correspondance avec le gouvernement anglais ; mais il avoue avoir correspondu avec quelques anglais, avec Polignac, d'Entraigne et le roi de Véronne, qui lui avait écrit de sa propre main, en lui envoyant le brevet de maréchal-de-camp ; il convint avoir reçu des munitions d'Angleterre, et seulement 15000 liv. En numéraire.

      Interrogé si, lors de la pacification, on lui avait promis un roi : jamais dit-il, dans les conférences publiques, mais bien dans les conversations particulières : le seul individu qu'il ait nommé est Lefebvre, de Noirmoutier, qui, avec une chasse-marée, laissait sa correspondance par la côte de Saint-Jean-de-Mont.

      Les moyens de défense de Charette et de son défenseur officieux furent de prétendues lettres écrites par un adjudant au curé de Mormaison, qui lui promettaient la permission de sortir du territoire de la république, s'il voulait mettre bas les armes, et qui, sur son acceptation, lui assuraient une suspension d'armes jusqu'à ce que cet officier eût reçu des pouvoirs suffisans de traiter.

      Charette assura que, s'il ne se fût pas fié à ces promesses, il n'eût pas été pris. Les déclarations par écrit de cet adjudant, des généraux Travot et Valentin, attestent que sa conduite, depuis l'époque de ces lettres, n'était point du tout celle d'un homme qui veut la paix, mais celle d'un forcené qui veut tout exterminer avant de succomber. L'accusé demanda la grâce qu'avait obtenue Cormatin, d'être conduit à Paris.

      Les conclusions du rapporteur ne furent pas en sa faveur. Le tribunal étant sorti pour délibérer, pendant une heure qu'il fut aux opinions et à rédiger le jugement, Charette se promena et conversa tranquillement avec tout ce qui l'entourait, particulièrement avec le général Travot dont il se loua singulièrement. Pendant son interrogatoire, il le qualifia plusieurs fois de brave et généreux. Piqué sans doute contre le général Valentin de ce qu'il l'avait fait courir pendant huit lieues, il n'en dit ni bien ni mal.

      Le tribunal rentré, le président ayant prononcé l'arrêt de mort et la confiscation de tous ses biens, il demanda le curé de Mormaison ; son éloignement de quatre lieues, et sa qualité de prêtre inconstitutionnel ne l'ayant pas permis, il eut pour confesseur le citoyen Guibert, curé constitutionnel de notre commune.

      Entre quatre et cinq heures du soir, le 9 germinal, en présence de toute la garde nationale, de toute la garnison en armes et d'un peuple immense, sur la place des Agriculteurs, après avoir conféré quatre minutes avec le général Travot, lui avoir dit que le général Jacob, qui est détenu, n'était point coupable de la déroute du camp des Sorinières, qu'il avait été attaqué par des troupes trop supérieures pour y résister ; après avoir embrassé deux fois son confesseur, qui voulait qu'il se mît à genoux et qu'il eût un bandeaux ; enfin, après avoir tiré sa main blessée d'une écharpe, debout, les bras le long de ses hanches, les yeux ouverts, sans brésiller lors des mouvements et du signal fait pour sa mort, périt François-Athanase Charette dit la Contrie, âgé de 33 ans, né à Couffé, département de la Loire-Inférieure, lieutenant de vaisseaux avant la révolution, se qualifiant du titre de lieutenant-général, auteur et provocateur de rébellion, de massacres inouïs, l'instrument de la mort peut-être d’un million d'être humains, dans le même endroit où son cousin, le marquis Charette de la Colinière, chef de chouans, fut aussi fusillé le premier de ce mois.

     

      En descendant la Loire, à l'occasion du coup de canon que tirait la chaloupe canonnière où il arrivait, pour avertir celle qui était en avant, Charette dit : cela est bien indiscret et peut nous faire égorger, car avec trois cents hommes j'enlèverais quelqu'un conduit comme je le suis. Il entendait sans doute parler des chouans qui sont sur la rive droite de ce fleuve, car du côté gauche rien n'est à craindre de la part des brigands. »

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Les Affiches d'Angers ou Moniteur du Département de Maine-et-Loire – numéro 104 du 26 germinal de l'an 4e de la République Française une et indivisible et l'ère vulgaire le vendredi 15 avril 1796, vue n°27  -  Itinéraire de la Vendée Militaire par P Doré Graslin, Editions Garnier 1979, page 200 - Photos de l'auteur, la Chabotterie. 

                 

                                           

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 

     

    La mort de Monsieur de Charette....


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    Les hommes aux ''cols noirs'', novembre 1797...

     

     

     

     Les cols noirs.... La République est une véritable dictature. En effet, sur la simple lettre d'un criminel de guerre, chef d'une Colonne Infernale, le général Dusirat* ; l'administration municipale de la ville d'Angers sous la forme d'un arrêté, interdit le port du col de couleur noire** et demande que l'on exerce une surveillance des individus portant cette particularité... Il appert que cet attribut vestimentaire est le signe de ralliement des voleurs, des brigands et malfaiteurs, qui infestent le territoire de ce département. (sous-entendu les royalistes). Mais, je vous rassure, les scélérats ne sont pas ceux que l'on croit.

     

      *De son vrai nom : Pierre-Marie-Gabriel Vidalot du Sirat, vous ne trouverez pas les meurtres commis par ce ''scélérat'' en Vendée dans wikipédia, mais dans un article de la Maraîchine Normande...

      ** Depuis Vauban, l'utilisation du col noir est prescrite dans les armées en temps de guerre et le col blanc en temps de paix, voir aussi (Tome II du dictionnaire de l'armée de terre de Saint Bardin p 1346, intitulé : col de troupe).

     

      « L'administration municipale d'Angers, vu l'arrêté de l'administration centrale, du premier jour complémentaire au cinquième, pris en conséquence de la lettre du général Dusirat, portant en somme que, d'après les rapports qui lui sont parvenus, tous s'accordent à signaler les voleurs et les brigands qui spolient les malles et les voitures publiques, vêtus de différentes manières, presque tous portant le collet noir à leurs vestes et à leurs habits, et qu'il a donné les ordres pour exercer la plus scrupuleuse surveillance sur les individus revêtus de ce signe de la royauté ; qu'en conséquence, il invite l'administration centrale d'engager les citoyens qui jusqu'à ce jour n'ont porté des collets noirs que comme un costume à la mode, à l'abandonner entièrement.

      Ledit arrêté donné aux administrations municipales, comme un avis que l'administration centrale donne à ses concitoyens, d'abandonner un costume devenu dans son arrondissement un point de ralliement pour tous les malfaiteurs et ennemis de la république.

      Considérant qu'il résulte de la lettre du général Dusirat, que les voleurs et les brigands qui infestent les routes et font métier d'y voler, se sont signalés en portant un collet noir à leurs vestes ou habits ; qu'il en pourrait résulter que de bons citoyens, qui n'ont porté ces collets que comme un costume à la mode, seraient assimilés aux scélérats qui font métier de spolier et assassiner sur les routes, après avoir entendu un membre faisant pour la vacance du commissaire du directoire exécutif.

      Invite ses administrés qui peuvent avoir l'habitude de porter ces collets noirs à leurs habits, d'abandonner ce costume qui est devenu le signe de ralliement des voleurs et des brigands qui infestent le territoire de ce département.

      Arrête que le présent sera consigné pour valoir publicité dans les affiches du département de Maine et Loire.

      Fait en administration municipale, à Angers, le deuxième jour complémentaire, an cinquième de la République  »

     

     

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Les Affiches d'Angers, ou Moniteur du Département du Maine et Loire n°182, mercredi 20 septembre 1797 de l'ère vulgaire et 4éme jour complémentaire de l'an 5. Photo : Antikcostume - vente de costumes pour la reconstitution historique et la collection. 

     

                                                              

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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