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    Combrand : Le crâne du général Marigny

     

     

    Né à Luçon le 2 novembre 1754, Gaspard de Bernard de Marigny fut le commandant de l’artillerie de l’Armée Catholique et Royale en 1793. Après la défaite de Cholet le 17 octobre, il suivit la foule de Vendéens qui s’engageait outre-Loire, espérant un appui de la part des Anglais et des Chouans du Maine et de Bretagne. La bataille de Savenay du 23 décembre mit fin à cette triste aventure et ce n’est qu’à la mi-mars 1794 qu’il put revenir dans le pays cerizéen pour combattre les colonnes infernales du général républicain Turreau, entouré des paysans qui l’adulaient. Malheureusement, suite au serment de la Boulaye le 22 avril 1794, Marigny manqua de se réunir à Stofflet, Charette et Sapinaud de la Rairie pour aller combattre les républicains, en Anjou du côté de Saint-Florent-le-Vieil deux jours plus tard. Arrivé en retard, il se brouilla avec Stofflet et rentra du côté de Cerizay sans avoir participé au combat. Les Vendéens gagnèrent cependant la bataille mais sans en tirer l’avantage qu’aurait pu leur procurer la présence des troupes de Marigny.

    Il fut donc condamné à mort par les gens de son propre camp. Malade, il se trouvait en repos au château de la Girardière à Combrand lorsque le 10 juillet, des chasseurs de Stofflet se présentent pour l’arrêter. On le fait sortir par la porte de la cuisine du château. Il est fusillé soit dans le dos, soit en ayant présenté sa poitrine et commandé lui-même le tir selon les versions. Le propriétaire du château, M. Serin de la Cordinière, prit l’un de ses plus beaux draps pour servir de linceul à celui qui était son ami. En 1844, le neveu de Marigny, Augustin de Mont de Benque, fit élever sur sa tombe un monument en forme de pyramide que l’on retrouve dans le cimetière actuel de Combrand. Cependant, cette tombe se trouvait à l’origine dans l’ancien cimetière qui fut transféré à l’emplacement que l’on connaît en 1904. Lors du transfert des ossements, le 29 novembre, on découvrit, en présence du député de l’arrondissement, M. Savary de Beauregard, que la tombe contenait plusieurs squelettes dont celui de M. Serin de la Cordinière et un autre dont le crâne était perforé d’une balle. Ce dernier ne pouvait être que celui de Marigny, qui ne fut pas tué tout de suite mais achevé à coup de pistolet. On doit cette information au témoignage d’Elie Tricot, adjoint au maire de l’époque, rapporté par son gendre, M. Verdon. Le bulletin municipal de Combrand de l’année 1989 rapporte ces détails sous la plume de monsieur Gérard Gaborit, ancien maire.

    RL

    Octobre 2020

    Article également transmis au Courrier de l’Ouest

     

         Croix du Souvenir Vendéen à la Girardière :

    Le crâne de Marigny....

     

           Tombe du général Marigny dans le cimetière de Combrand :

    Le crâne de Marigny....

     

     

     


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    16 octobre 1793... 

     

     

     

    16 octobre....Le 16 octobre 1793, il y a 227 ans, la reine Marie-Antoinette qui n’était plus que la « veuve Capet » gravissait les marches de l’échafaud pour être guillotinée à l’âge de trente huit ans ; le sang de la Reine va teinter les nuages...

     

    « Dès cinq heures, dans Paris on bat le rappel, les canons sont placés « aux endroits stratégiques ». A sept heures toutes les troupes sont sur pied, des patrouilles sillonnent les rues. Le jour est à peine levé lorsque Rosalie entre dans le cachot de la condamnée. Les deux bougies achèvent de se consumer. 

    Un jeune officier de gendarmerie se tient dans l’angle gauche de la pièce. Ce n’est plus Busne. Il vient d’être arrêté, sur la dénonciation de l’un de ses hommes qui l’a vu offrir un verre d’eau à la Reine et la raccompagner chapeau bas…. » 

     

    16 octobre....

    Commencement des malheurs de la France….

     

    Sources : 

     

    . Marie-Antoinette d’André Castelot juillet 1993 imprimerie Hérissey à Evreux (Eure). Pages 546, 547.

    . Photo de l’auteur :  Un soleil rouge d’octobre, le sang de la Reine teinte les nuages...

    . Guillotine : Le blogue de Maître Chat Lully.

     

                                                                    X. Paquereau pour Chemins Secrets


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    Vent de Galerne... 

    Challain-la-Potherie : un Bleu victime des Chouans 

     

     

     

     

     

    Un Bleu victime des Chouans à Challains-la-Potherie....« Angers, 3 Brumaire an 7 (24 octobre 1798). 

    Le 29 Vendémiaire dernier (20 octobre 17978), un grenadier du cantonnement de Chanveau*, canton de Pouancé, département de Maine-et-Loire, s’est écarté et était déjà à l’extrémité de la commune. Des brigands armés font feu sur lui, et non content de lui avoir brisé les deux cuisses, ils l’achèvent à coups de sabres. 

    Le commandant du cantonnement s’aperçoit de l’absence de ce grenadier ; le connaissant incapable de désertion, il craint pour son sort. Une battue est aussitôt faite qu’ordonnée. A force de recherches on parvient à trouver le cadavre mutilé dans une genetière  où les brigands voulaient l’enterrer. Le métayer à qui appartient cette genetière, est arrêté. Il a assuré qu’il avait été forcé, par 10 hommes armés, à transporter le grenadier du lieu où il a été tué, dans sa genetière. Des réponses équivoques font violemment soupçonner cet homme. Des indices postérieurs font connaître que des femmes ont nettoyé l’endroit où le crime a été commis. Leur dessein était sans doute, de détruire toutes les traces de sang, et de prévenir les suites de cet assassinat. »

     

    * Saint-Michel-et-Chanveaux, à 8km de Chalain ? 

     

    « Angers, 3 Nivôse. » (23 décembre 1798). 

     

    Le 28 Vendémiaire dernier (19 octobre 1798), sur le territoire de la commune de Chalain*, un assassinat a été commis envers un grenadier du cantonnement de Chanveau, canton de Candé. Nous avons fait connaître, dans notre feuille du 4 Brumaire suivant, quelques circonstances de ce délit.  

    Le 12 Frimaire dernier, le tribunal civil du département a examiné cette affaire ; il est convaincu que les nombreux vols et assassinats qui se commettent dans les campagnes, proviennent en grande partie de l’insouciance et du peu d’activité des habitants des communes rurales. En conséquence voulant donner à la société un exemple sévère et juste, il a condamné la dite commune de Chalain à payer la somme de 1,000 francs pour servir de dommages et intérêts à la veuve ou aux héritiers du malheureux grenadier, conformément à la loi du 10 Vendémiaire an 4, sur la police intérieure des communes. 

    Cet homme s’appelait Joseph Meunier ; il était de Sciet, canton de Viltaux, département de la Côte-d’Or, et faisait partie de la 10e demi-brigade d’infanterie de ligne. » 

    * Challain-la-Potherie (la Potherie sur la carte de Cassini 1744).

     

    Quand la République est incapable de trouver les coupables, elle condamne toute une commune à l’amende. Respect aux habitants de Challain-la-Potherie qui ont su tenir leurs langues face à l’oppression.

    En ce qui concerne la victime : le canton de Viltaux n’existe pas en Côte-d’Or, il doit s’agir de Vitteaux ? D’autre part la commune de Sciet n’existe pas non plus. On voit tout le sérieux de l’affaire, la République est incapable d’identifier et d’enregistrer sérieusement ses morts. Peut-être s’agit-il de Cessey-lès-Vitteaux ? L’acte de décès n’a pas été enregistré à Challain, ni à Saint-Michel-et-Chanveaux, ni à Pouancé, en Vendémiaire de l’an 7...

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés – Les Affiches d’Angers -Brumaire an 7 - vue n°5/31 Quartidi 4 Brumaire n°17 –  An 7 de la République. Les Affiches d’Angers – Nivôse an VII – vue n°3/31. 

    . Carte de Cassini lexilogos 1744 – Pouancé 

    . Photo de l’auteur : Girouette et neige de Nivôse. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Sur les chemins de Galerne... 

    Condamnations de deux ex-chouans... 

     

     

     

    Condamnations de deux ex-chouans....Urbain-Pierre Lebrun est né le 19 avril 1751 à Fougeré en Anjou, il est le fils de Jean Lebrun, bécheur, et de Jeanne Allory. Il se marie le 25 janvier 1779 à Fougeré avec Anne Richard, née le 1er janvier 1759 à Fougeré, fille de Nicolas Richard et de Anne Lemonnier.

    De cette union sont issus :

    1° Jean Lebrun ° 8 septembre 1779 à Fougeré.

    2° Anne Lebrun, née le 1er février 1782 à Fougeré.

    3° Jacques Lebrun, né le18 novembre 1784 à Fougeré.

    4° François-Urbain Lebrun, né le 19 mai 1787 à Fougeré.

    5° Marguerite Lebrun, née le 8 mai 1790 à Fougeré.

    6° Louis Lebrun, né le 24 avril 1792 à Fougeré.

    7° Jeanne Lebrun, née le 26 août 1795 (9 fructidor an 3) à Fougeré.

     

    C’est à partir du 26 août 1795 que Urbain-Pierre Lebrun disparaît et ne donne plus aucune nouvelle à sa famille. Il semble avoir chouanné dès 1794. A cette époque il est cultivateur à la Hourdrière, commune de Fougeré. Son épouse, Anne Richard, décède en ce lieu le 28 Thermidor de l’an VII (15 août 1799).

     

    Le 22 novembre 1814 Marguerite Lebrun épouse à Vaulandry Jacques Allory, à cette occasion il est dit qu’Urbain Lebrun « est absent depuis quinze ou vingt ans de son pays de Fougeré. » Idem lors du mariage de Anne Lebrun, le 8 octobre 1814 à Angers - 3e Arrondissement. « Urbain Lebrun absent depuis environ vingt ans suivant un acte de notoriété devant le Juge de Paix du canton de Baugé établi le 12 septembre dernier).  Il semblerait que ce chouan soit mort au combat entre 1795 et 1800.

    Nous aurons les dernières nouvelles d’Urbain Lebrun par le numéro 93 des Affiches d’Angers, en date du 6 Germinal de l’an X, (27 mars de l’an 1802) :

     

      « Tableau des affaires jugées pendant le mois de Ventôse par les tribunaux criminel et spécial de Maine-et-Loire. »

      « Tribunal Criminel. » 

     

    « Du 16 – Urbain Lebrun, ex-chouan, né et domicilié sur la commune de Fougeray, arrondissement de Baugé, et contumax, convaincu de complicité de vols et assassinats commis en l’an 3 et 4, a été condamné à la peine de mort. » 

     

    Pour clôturer l’affaire Lebrun, une petite idée au sujet de la constitution physique de François Lebrun, l’un de ses fils en 1807, émanant du 40e régiment de Ligne.

     

    « François Lebrun fils d’Urbain et de Anne Richard, né le 3 mai 1787 à Fougeré – Armées Impériales – taille : 1,65m – visage ovale – front petit – yeux noirs – nez aquilin – bouche moyenne – menton à fossette – cheveux et sourcils châtains – Conscrit de 1807 n° 5076 – rayé pour longue absence – Le 6 septembre étant à l’hôpital du 13 février % - 14 mars 1807 - 40e Rgt d’Infanterie de Ligne. » 

    Un deuxième chouan, acquitté…

     

    « Tribunal Spécial. » 

     

    « Du 22 – Jean Clavier, fils, ex chouan, domicilié commune de Vaulandry, arrondissement de Baugé, accusé d’avoir recelé tout ou partie d’un fusil volé avec effraction extérieure dans la maison de campagne de la Mézangère, dans la nuit du 23 brumaire dernier, a été déclaré convaincu, mais acquitté sur l’intention. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de la paroisse Fougeré, de Vaulandry et Angers.  

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Les Affiches d’Angers – vues n°5 et 6/31. 

    . Mémoire des Hommes - 40e régiment d’infanterie de ligne -3 prairial an XIII (23 mai 1805 au 14 avril 1808 SHD/GR21 YCC351 – vue 351/556. 

    . Photo de l’auteur : Pistolets de carrosse et de Maréchaussée de France vers 1780. 

     

                                                                    

    X. Paquereau pour Chemins Secrets.


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    La République a fait de la Loi une force injuste... 

     

     

     

    La force injuste de la loi....Déjà en l’an 6, le délit d’opinion, c’est à dire la liberté de penser est punie d’une manière implacable par la Gueuse. Comme aujourd’hui, il vaut mieux tuer, violer, assassiner que de refuser de porter le masque : Pas de masque, une amende, pas content ? Une autre amende. Toujours pas content ? Interpellation musclée, agressive et invasive, suivie directement d’une garde à vue. Toujours pas content ? Comparution immédiate devant un juge, amende et prison, avec ou sans sursis et tout ça avec un décret contredisant une loi, il faut le faire.

    La loi est devenue une prostituée, on fait ce qu’on veut avec, à partir du moment où l’on a l’argent et le pouvoir. Comme disait le chef de la mafia Khazar :

    « Laissez-nous gérer l’argent d’une nation, et nous ne soucions pas de savoir qui fait la loi. » 

    A cette époque, comme nous allons le voir à travers les diverses condamnations qui vont suivre, il était aussi préférable de voler, de faire des faux en écritures, d’être bigame ou d’acheter sciemment des effets volés, que de crier : Vive le Roi !

     

    « Angers - Tribunal Criminel.  

     

    Extraits des jugements rendu par le Tribunal Criminel, pendant la session de nivôse. » 

     

    « Séance du 15. Julie Blanchet, femme Meignan, de la commune d’Angers est accusée de propos contre-révolutionnaires, a été acquittée et mise en liberté. » 

    « Séance du 16. Pierre Rideau, domicilié commune de Soulaines convaincu d’avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, en criant Vive le Roi, vive notre bon commandant Sapineau (l’un des principaux chefs de la Vendée), à bas la république, et menaçant les patriotes, etc., a été condamné à la peine de mort. Jean Gazeau, de la commune de Mozé, co-accusé, a été acquitté et mis en liberté. » 

    « Pierre Malherbe, domicilié de la commune de Mervé, département d’Ille-et-Vilaine, convaincu de faux en écritures, a été condamné à 8 ans de fers. Sa co-accusée, Jacquine Aubry, bigame, a été acquittée. » 

    « Séance du 17. Jean Mélisson, domicilié commune d’Angers, convaincu de vol et d’effraction pendant la nuit a été condamné à 14 ans de fers. » 

    « Madeleine Rabaté, veuve Desportes, domiciliée à Chalonnes, accusée d’avoir sciemment acheté à vil prix des effets volés, a été acquittée. » 

    « Séance du 18. Jean Audio, Marie Sureau, sa femme, Jeanne Audio, leur fille, domiciliés commune de Montigné, convaincus d’avoir, pendant la nuit, depuis le mois de frimaire, an 3, jusqu’au 27 prairial suivant, soustrait différens objets mobiliers, de la maison de Louis Lemercier, où demeurait  ladite fille Audio, en qualité de fille de confiance ; ont été condamnés, savoir : Audio père, à 10 ans de fers, Marie Sureau et Jeanne Audio à 10 ans de réclusion. » 

    « Séance du 19. André Pelletier, domicilié commune de Saumur, convaincu d’avoir méchamment lacéré ou détruit le titre d’une créance de 90 livres restant de plus grosse somme due à Olivier Licois, de la commune de Beaufort, sans en avoir acquitté les causes, a été condamné à 4 ans de fers. » 

    « Pierre Guyon, maçon, en la commune d’Aubin-de-Pouancé, accusé d’avoir soustrait diverses sommes en numéraire dans deux maisons où il faisait un travail de salarié, a été acquitté. » 

    « Séance du 20. Joseph Loiron, de la commune de Beaufort, René Bossein, de celle de Fontaine-Guérin, convaincu de vol à force ouverte pendant la nuit, et à l’aide d’armes à feu, ont été condamnés à 24 ans de fers. » 

    « Séance du 21. Jean Chaussée, domicilié de la commune de Bonchamp, département de la Mayenne ; Jérôme Livenais, de celle de Vergonnes, Pierre Lucas, dit la Soupe, de celle de Châteaubriand, accusés de divers vols à force ouverte et assassinats, mais non convaincus, ont été acquittés et mis en liberté. » 

    « Séance du 22. Jean Patureau, de la commune de Nueil-sous-Passavant, convaincu de vol de chevaux pendant la nuit, a été condamné à 6 ans de détention. » 

    Conclusion : Vous êtes Vendéen, Royaliste et vous le faites savoir, d’avance votre compte est bon : c’est la PEINE DE MORT, d’où la force injuste de LA LOI. Vous êtes condamné pour ce que vous êtes et non pour ce que vous avez fait, comme aujourd’hui.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- Les Affiches d’Angers – Quartidi 4 Pluviôse, an 6 – n°62 – Mardi 23 janvier 1798 – vue n° 4/31. 

    . Photo : Guillotine- le Parisien – 25 mars 2014. 

                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     


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