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    Les Amis du Pont-Paillat à Angers…

     

     

     

    Le 24ème jour du mois de juin de l’an de grâce 2017, les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés à Angers pour la découverte de divers lieux liés aux guerres de Vendée.

    La journée a débuté au champ des martyrs d’Avrillé. Après un café apprécié de tous, les participants, dont certains costumés, se sont rendus au champ des martyrs, humble enclos cerné de murs d’ardoises, perdu au milieu des habitations… En ces lieux ont été fusillées près de 2000 personnes, de tous âges et de toutes conditions, entre janvier et avril 1794. Enterrées sur place, les victimes furent placées dans des fosses communes que l’on devine encore. Des ossements ont été placés dans une urne, enterrée au pied du calvaire qui embrasse l’enclos. Une modeste chapelle, érigée il y a plus d’un siècle, appelle au recueillement. Les murs sont tapissés des noms de près de 800 victimes, classées par origine géographique et de modestes vitraux rappellent quelques postures héroïques de certaines d’entre elles. Un Salve Regina a été chanté dans la chapelle, en l’honneur des malheureux ayant perdu la vie en ces lieux.

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

     

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

     

     

    A l’issue de cette prière, les participants ont pris la direction de Mûrs-Erigné pour se rendre à la Roche de Mûrs. Ce promontoire rocheux, dominant le Louet, offre une superbe vue sur les plaines angevines et la ville d’Angers, la ville noire. Après avoir pique-niqué, les Amis du Pont-Paillat se sont éloignés de la foule d’Angevins se rendant à un spectacle et se sont dirigés vers le monument de la Roche, une orgueilleuse colonne installée en 1889 à la mémoire de l’attitude héroïque des troupes républicaines lors de la bataille du 26 juillet 1793. La réalité est toute autre, lesdits soldats ayant préféré fuir devant les troupes vendéennes et sauter de la falaise pour s’écraser plus bas. C’est donc dans un haut lieu du révisionnisme républicain que les APP ont rétabli la vérité historique, n’en déplaise à la République surplombant les lieux depuis plus de 100 ans.

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

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    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

     

    Direction ensuite l’église Saint-Aubin des Ponts-de-Cé, quasi millénaire, aussi modeste qu’ancienne, dans laquelle se trouvent de belles et anciennes fresques murales. Si les APP s’y sont rendus, c’est qu’elle a servi de prison aux Vendéens durant la révolution, dont beaucoup ont perdu la vie sur les bords de la Loire toute proche. En effet, il est un lieu aux Ponts-de-Cé, ignoré par beaucoup, voire oublié de tous, appelé la Prée des Martyrs, sur lequel nous nous sommes rendus. C’est aujourd’hui un lieu bucolique, calme, silencieux, un champ de maïs ressemblant à beaucoup d’autres, un lieu de promenade prisé des Ponts-de-Céais qui ignorent pour la plupart qu’ils marchent sur les ossements des vendéens massacrés en ces lieux, sortis de leurs froides geôles, pour certains la Cathédrale Saint-Maurice d’Angers, pour d’autres l’église Saint-Aubin des Ponts-de-Cé. A genoux, regardant la Loire, les malheureux, près de 2000, furent fusillés dans le dos. Certains, peu nombreux, parvinrent à s’échapper et à rejoindre l’île aux chevaux, située en face du champ, et qui existe encore aujourd’hui. Les autorités républicaines comptaient sur le courant de la Loire pour emporter au loin les corps des sacrifiés. Trop nombreux, ils s’entassaient sur les rives et finirent par être enterrés sur place. Certaines victimes furent écorchées, leur peau tannée aux Ponts-de-Cé pour en faire des pantalons de cavaliers….Il arrive, la nuit, d’entendre des pleurs ou des lamentations…. Hallucinations ? Son du courant de la Loire contre les rives et les rochers ? Manifestation des âmes des victimes ? A chacun d’avoir son interprétation. Une humble croix, perdue au milieu des haies, élevée par le Souvenir Vendéen est le seul témoignage des horreurs qui se sont déroulées dans la Prée des Martyrs.

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

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    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

     

    Les participants se sont rendus ensuite, pour clore la journée, chez Antoine, habitant à proximité de ce lieu de sinistre mémoire. Là ils ont pu rencontrer le docteur Philippe de Cathelineau, descendant direct du généralissime vendéen Jacques Cathelineau, et son épouse. Après avoir présenté son prochain ouvrage intitulé Requiem pour la Vendée, Philippe de Cathelineau a offert aux APP un profond et bel exposé sur la magnifique exhortation de son illustre aïeul. A sa femme, entourée de ses nombreux enfants, qui s’inquiétait du devenir de leur humble famille si Jacques prenait la tête des insurgés du Pin-en-Mauges, le Saint de l’Anjou eut cette  phrase : « Aie confiance, Dieu pour qui je vais combattre, aura soin de vous ! », et Philippe de Cathelineau de disserter sur cette phrase magnifique…

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

    Les Amis du Pont-Paillat à Angers....

       

        La journée s’est achevée sur un verre de layon, à la fraîcheur appréciée, puis les APP se sont retournés chez eux « changer de chemise ».

     

    Pierre Couëtoux du Tertre

    1er juillet 2017

     NDLR : le compte-rendu de Nicolas est ici.

     


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  •                                                         

    La Roche-de-Mûrs, 

    un monument élevé à la mémoire de ''vils poltrons''…

     

                       

    C'est ainsi que le représentant du peuple Philippeaux nomme les soldats des 6e et 8e bataillons de Paris chargés de la défense d'Erigné et de la Roche-de-Mûrs. Ces bataillons de la deuxième formation furent constitués en mai 1793, le 6e dit du Luxembourg et le 8e dit des Lombards ; composés de poivrots, de criminels et de pillards, purs produits que seule la lie du peuple ''révolutionnaire'' de Paris puisse offrir comme soldats. Ces gens-là ne sont pas venus pour se battre, mais pour toucher la solde...

    En ce vendredi 26 juillet 1793, le 8e bataillon, commandé par le lieutenant-colonel Bourgeois tentera de résister à la Roche-de-Mûrs, mais ses soldats se jetteront volontairement dans les eaux du Louet au lieu de combattre. C'est pour ce haut fait d'armes que la république élèvera en 1889, à la mémoire de ces déserteurs (on a le centenaire que l'on mérite), ce pompeux monument que nous pouvons encore admirer aujourd'hui. Cet ouvrage est  le symbole vivant du mensonge permanent dont se nourri la république.

     

    Le 29 juillet 1793, les Affiches d'Angers se feront l'écho de cette magistrale raclée de la Roche-de-Murs.

     

      N° 114 – Affiches d'Angers ou Moniteur du Département de Maine-et-Loire du Lundi 29 juillet 1793, l'an deuxième de la République Française. Département de Maine-et-Loire.

     

     

    « Proclamation du citoyen PHILIPPEAUX, représentant du peuple, commissaire national dans les départements du Centre et de l'Ouest, aux administrateurs, fonctionnaires publics, civils, militaires et à tous les citoyens des districts et départements qui environnent la ville d'Angers.

     

    Citoyens, je viens d'arriver dans la ville d'Angers, à la barbe d'une colonne de brigands qui savent faire trembler les lâches, mais qui ne font jamais reculer de francs républicains  ; hier vers midi, le poste important des Ponts-de-Cé qu'il étoit si aisé de défendre a été abandonné lâchement à l'armée anti-chrétienne ; les parjures qui ont ainsi compromis la gloire et le salut de la république ont achevé de se couvrir d' opprobre, en faisant dans leur fuite des rapports fabuleux, capables d'inspirer la terreur et décourager les braves citoyens qui veulent effacer leur honte. Le mal est grand, puisque la république n'a pas été victorieuse, mais il est réparable, si on s'empresse de venir à son secours, ce sera pour les brigands un foible avantage, que d'avoir envahi les Ponts-de-Cé, si la ville d'Angers tient ferme contre leurs efforts ; trois ou quatre mille républicains, fidèles à leur poste, sont dans ses murs, résolus d'établir, au pied des remparts, le sépulcre des brigands qui oseroient en approcher ; mais pour rendre la victoire plus prompte et plus décisive, la patrie vous conjure, citoyens, de réunir vos forces à celles de vos frères les Angevins qui vous attendent avec impatience  ; leur ville est capable de consumer toutes les ressources de l'ennemi, venez la secourir en vous sauvant vous-même. Cette cité est la seule digne qui puisse préserver vos contrées de la scélératesse des brigands ; une fois rompue, ils se précipiteroient chez vous et y commettant mille horreurs. La Sarthe fait avancer trois mille hommes ; que les autres contrées voisines imitent son exemple ! Citoyens, vous seriez écrasés en détail, l'un après l'autre, si votre retard à secourir Angers permettoit aux rebelles de subjuguer cette ville. Empressez-vous de réparer la perfidie et la lâcheté des misérables qui ont trahi leurs serments ; que ceux là ne trouvent aucun asyle chez vous ; qu'ils soient désarmés et conduits en prison comme déserteurs ; que ceux qui opposeroient la violence ou commettroient quelques brigandages soient repoussés par la force comme ennemis publics. Les brigands sentiront la différence d'avoir à combattre des braves gens, ou de mettre en fuite de vils poltrons ; vous aurez sauvé votre patrie ; et couvert de gloire, vous jouirez du bonheur qu'elle réserve aux hommes libres.  »

     

    Angers, 27 juillet 1793 ; l'an second de la république française.

     

                                                                                       

    Signé : PHILIPPEAUX

     

        Sources: Archives Départementales du département du Maine et Loire tous droits réservés, les Affiches d'Angers n°114 du 29 juillet 1793, vue N° 34. Photo : " Vendéens et Chouans", article du 25 juin 2017.

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    La Roche de Mûrs....


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    Le combat de Saint-Benoît de Clessé…

     

    Lors d’une récente veillée dans l’antique maison de notre ami Christophe, nous avions eu l’occasion, au coin du feu, d’évoquer le combat de Boismé du Vendredi Saint 18 avril 1794, au cours duquel Marigny avait eu raison d’une colonne infernale. Nous avions parlé de Jacques Martineau et de ses états de service. Ce dernier mentionne les campagnes suivantes pour 1794 :

    « …Dans l’année 1794, lui et son père prirent les armes et assistèrent pendant la campagne, 1° à la bataille de Chanteloup de Vezins, 2° à celle de Vezins, 3° à celle de St Pierre de Chemillé, 4° à celle du vendredi saint à Boëmé et 5° à la grande bataille de la Châtaigneraie où son père fut tué ; et après la mort de son père dans la même année il fut encore au choc de St benoist commune de Clessé. Pendant cette campagne, les républicains enlevèrent tous les effets et bestiaux et la maison paternelle de sa femme a subi le même sort… »

    Copie de sa demande de pension : (1)

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

     

    Nous allons voir dans les lignes qui suivent qu’il faut toujours reprendre les sources originales au lieu de donner carte blanche à un historien, fut-il Savary lui-même et ses correspondances qui ont été reprises et republiées à l’envi, y compris par l’incontournable Chassin. Ce n’est sûrement pas par mauvaise foi et tout le monde peut se tromper ou mal interpréter une correspondance.

    Commençons donc, si vous le voulez bien par un état de situation du district de Bressuire découvert aux Archives Nationales (2). La position de celui-ci n’étant pas tenable à Bressuire, il avait été évacué à Saint-Jouin-de-Marnes, dans un pays plus favorable à la république. Le district est dans un état lamentable. Depuis les colonnes infernales qui ont échoué à exterminer totalement la population, le « vrai peuple », celui que la république ne veut pas voir, est à nouveau en état d’insurrection générale et le foutoir le plus total règne sur les pseudo-administrations gouvernementales. Les administrations de Thouars, Bressuire et Parthenay réclament les copies des lois de l’été 1793. Elles ont des difficultés à faire respecter la très centralisatrice loi du 14 frimaire. Il y est dit que les « scélérats  doivent être entièrement exterminés », on y parle des « monstres qui égorgent tous ceux qui se présentent à leur vue », (vue 10 du document cité en note 2) en omettant bien entendu de signaler ce que la république à ordonné six mois auparavant contre ceux qui désormais, ne font que se défendre. On y signale que le « territoire du district de Bressuire est presqu’entièrement incendié et une grande partie de la population est détruite » (on se demande par qui, vue 13, ibidem) et « sans cesse tourmenté par des hordes de brigands ». Ce document est à lire en entier pour celui qui veut se faire une idée complète.

    Copie de la vue 10 :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Les escarmouches, les vengeances et les règlements de compte vont bon train et comme jamais. Pendant ce temps, le gouvernement républicain, comme à son habitude ne cherche qu’à faire rentrer les « contributions » et les « confiscations » (je cite !) sur une population restante exsangue, ruinée et qui ne peut plus supporter d’engraisser les potentats locaux et les agents gouvernementaux.  

     

    S’il n’y a ni mystère sur le combat du Vendredi Saint 18 avril 1794 à Boismé ni sur celui de la Châtaigneraie du 25 avril, on se demande en quoi a consisté ce « choc de St-Benoist » et a quelle date il a eu lieu. C’est donc depuis la veillée chez Christophe que je me suis permis de me pencher un peu plus sur le sujet. On trouve dans l’ouvrage de Philbert Doré-Graslin à la date du 25 juillet 1794 (3) : 

    « Un détachement du camp de Chiché allant à Boismé et au château de Clisson, propriété de Lescure, essuie une vive fusillade. »

    Il ne fait aucun doute que Philbert Doré-Graslin utilise comme référence la correspondance mis au jour par Savary (4) qui rapporte une lettre du général Bonnaire à Vimeux :

    « Le général Legros m’annonce du camp de Chiché qu’un détachement sorti le 25, se dirigeant par Boëmé et Clisson, a essuyé une vive fusillade à laquelle il a riposté plus vivement encore. Il est rentré avec seize personnes trouvées sans armes et soixante-seize pièces de bétail. »

    A ce stade, une petite enquête sur les archives du Fort de Vincennes s’impose et bingo ! le document original existe bel et bien… ou du moins son bulletin analytique (5) :

    « La Châtaigneraie, 9 thermidor an 2 (dimanche 27 juillet 1794), du général divisionnaire Grignon au général en chef Vimeux,

    Le général Legros lui annonce qu’un détachement sorti du camp le 7 (vendredi 25 juillet 1794) passant par Boïmé et rentré par Clizaye a ramassé, après avoir essuyé une vive fusillade, 16 personnes sans armes et 76 pièces de bétail. »

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    La cote de ce bulletin analytique nous renvoie sur la correspondance de l’Armée de l’Ouest. On y découvre une précision concernant 12 bœufs : (6)

    « Legros lui annonce qu’un détachement sorti du camp le 7 passant par Boïmé et rentré par Clizaye a ramassé, après avoir essuyé une forte fusillade : 16 personnes sans armes, et 76 pièces de bétail, 12 bœufs gardés pour les charrois, le reste conduit au district. »

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Nous ne faisons bien entendu pas le détail de toutes les sorties de troupes depuis le camp de Chiché qui ont eu lieu dans les jours précédents ou suivants et nous nous attachons spécialement à cette journée du 7 thermidor (25 juillet 1794). Nous ne pouvons que constater que Savary ne reproduit pas fidèlement la pièce originale. Incapable d’identifier ce lieu de « Clizaye », il entreprend de lui substituer celui de « Clisson », le célèbre château de Boismé mais il y a un problème et de taille !

    Eh oui, Clisson se trouve à l’Ouest de Boismé et on voit mal pourquoi les troupes républicaines se seraient senties obligées de passer par ce lieu pour rentrer au camp de Chiché qui se trouve à l’Est ! Réfléchissons un peu… Les républicains opèrent une razzia et rentrent à Chiché après avoir essuyé une vive fusillade. Se pensant en sécurité, ils n’ont pu que descendre vers le Sud et ainsi rejoindre non pas « Clizaye » mais « Clessé » ! Bon sang de bois ! En effet, le risque semblait sûrement moins important de tomber sur des combattants vendéens en partant vers Clessé, appuyé par le camp de Largeasse, qu’en remontant vers le Nord, à fortiori si la colonne est chargée par des civils sans armes et des bestiaux que les insurgés ne manqueront pas de vouloir délivrer et récupérer.

    C’est là qu’intervient la demande de pension de Jacques Martineau citée plus haut et son fameux « choc de St-Benoist ».

    Maintenant suivons un peu la possible marche de la colonne républicaine depuis Boismé avec le cadastre de 1811 et les anciens chemins (celle de Chiché à Boismé est assez simple à reconstituer). Le grand chemin actuel de Boismé à Clessé n’existe pas, bien entendu.

    De Boismé aux Bordes et à la Maurière sur le cadastre de Boismé, 1811 : 

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Sur le cadastre de Clessé, 1811. La Basse-Roche, la Haute-Roche, et Saint-Benoist. Attention à la désorientation de la feuille. Le Nord est à gauche du plan : 

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

    Saint-Benoist possède un point haut, couronné de deux moulins, lieu idéal pour les vendéens qui guettent leurs agresseurs. Les républicains rentrent au camp de Chiché, peut-être par Puy-Fleury (Pied-Fleury) et Laubreçais, peut-être par la route d’Amailloux. En tout cas, sûrement pas par Boismé, où ils sont déjà passés et encore moins par le château de Clisson qui est dans la direction opposée à leur retour. On notera qu'une tradition locale nous rapporte qu'une baïonnette aurait été trouvée lors de travaux à St-Benoist.

    Ainsi, et grâce à la demande de pension d’un ancien soldat vendéen, peut-on s’expliquer un combat, bien peu cité et sur lequel tous les historiens ont recopié aveuglément Savary, sans chercher davantage sur l’incohérence de ce qui était reproduit.

     

    RL

    Juin 2017

     

    Saint-Benoist et ses moulins :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    Clessé : le combat de St-Benoist....

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

       Le chemin par lequel sont probablement passés les républicains (crédit photo : Angélique B-G) :

    Clessé : le combat de St-Benoist....

     

     

     Notes :

    (1  1) AD79, R/69, copie appartenant à Christophe.

    (2  2) AN F7 3690/1-12

    (3  3)  Itinéraires de la Vendée Militaire, Garnier, 1979, p. 145.

    (4  4)  Tome IV, p. 45.

    (5  5)  SHD B 5/9-98, vue N° 19/19.

    (6  6)     SHD B 5/10-1 vue 20/26

     

     Article connexe sur Clessé ici

      


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  •                                                         

    Une Messe clandestine qui tourne mal, 

    Chéméré-le-Roi, le Dimanche 7 floréal de l'an 3

     

                       

    Le Dimanche 26 avril 1795 (7 floréal an3), Monsieur l'abbé Bachelier, prêtre réfractaire, va célébrer la Messe à la Grande-Guyonnière, chez la famille Leduc à Chéméré-le-Roi. Dès le début de l'office, les Républicains envahissent le domaine et prennent en otages, l'abbé Pierre Bachelier, le fermier, Pierre-Jean-Joseph Leduc et son fils aîné Jean-René Leduc. Ils ont été dénoncés par un bon voisin...

     

    Pierre-Jean-Joseph Leduc est né le 17 novembre 1730 à Chéméré-le-Roi. Il est le fils d'Honorable Homme Pierre III Leduc, Sieur de la Grande maison, négociant et de Demoiselle Marie-Perrine Thuillier, originaire de Saulges.

    Il exerce la profession de marchand itinérant et de fermier à la Grande-Guyonnière. 

    Il a épousé à Préaux, Louise Chantelou, née vers 1745, fille de Nicolas Chantelou et de Louise Robin, décédée le 26 août 1796 à Chéméré-le-Roi. De cette union sont issus :

     

    1° Louise-Jeanne Leduc, née le 20 septembre 1768 à Chéméré.

    2° Marie-Nicole Leduc, née le 1erseptembre 1771 à Chéméré.

    3° Jeanne-Mathurine Leduc, née le 2 août 1773 à Chéméré.

    4° Jean-René Leduc, né le 7 janvier 1775 + 30 mai 1778 à Chéméré.

    Jean-René Leduc, né le 9 janvier 1777 à Chéméré et † le 18.3.1852 ) à Chéméré, propriétaire.

    6° Pierre-René Leduc, né le 21 juillet 1778 à Chéméré.

    7° Guillaume-François-Jean Leduc, né le 6 janvier 1780 à Chéméré.

     

    Voici donc la composition de cette famille au moment des faits.

    La Grande Guyonnière sur le cadastre de 1834...

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

          Sur l'IGN moderne :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

         Et en vue aérienne Géoportail :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

     

    Suite à cette dénonciation, les soldats décident de transférer à Laval les trois prisonniers afin qu'ils soient jugés......

     

    « On montre encore à la Grange-Coyère l'endroit où un prêtre réfractaire, l'abbé Bachelier, se cacha à plusieurs reprises. Avant 1791, il était titulaire d'un bénéfice dans la paroisse de Chéméré-le-Roi. Pour se soustraire aux recherches dont il était l'objet, il se réfugiait tantôt sur une commune, tantôt sur une autre, ne quittant chaque cachette que lorsqu'il ne s'y croyait plus en sûreté.

    Il sut ainsi, pendant plusieurs années, échapper à toutes les poursuites. Mais le Dimanche 26 avril 1795, au moment où il allait célébrer la messe à la ferme de la Grande Guyonnière en Chéméré-le-Roi, il fut arrêté par un détachement de soldats et de gardes nationaux de Ballée. Qu'une dénonciation avait mis sur ses traces. En même temps furent arrêtés le fermier nommé Leduc et son fils aîné âgé de 16 ans. Les soldats résolurent de conduire leurs prisonniers à Laval et se mirent avec eux en route pour cette ville.

      Arrivés au bourg de la Cropte, le détachement s'arrêta pour dîner et enferma l'abbé Bachelier et ses deux compagnons dans un toit à porcs. Après leur repas arrosé, paraît-il, de copieuses libations, les soldats retirèrent leurs captifs du toit à porcs et reprirent le chemin de Laval. Mais ils n'avaient pas quitté le territoire de la commune qu'ils s'arrêtèrent à nouveau. Craignant que leurs prisonniers ne fussent graciés par le tribunal de Laval, ils se jetèrent sur eux, les percèrent à coups de baïonnettes, les dépouillèrent complètement, puis, les laissant sur le terrain, retournèrent à Ballée.

    L'abbé Bachelier et Leduc père étaient morts ; mais le jeune Leduc* respirait encore. Revenu à lui après le départ de ses meurtriers, il se traîna péniblement jusqu'à la ferme la plus proche dont les habitants, émus de pitié, le recueillirent, lui donnèrent généreusement les soins que réclamait son état et le tinrent caché jusqu'à sa complète guérison. Mais la commotion morale éprouvée par le jeune homme avait été telle, que pendant de longs mois, il resta dans un état complet de prostration et que sa raison, en fut profondément altérée pendant plusieurs années.

    Quant aux cadavres de l'abbé Bachelier et de Leduc père, ils furent inhumés la nuit suivante dans le cimetière de Saint-Denis-du-Maine. On dit que plus de cinq cents chouans assistèrent à cette sépulture. »

     

      Les auteurs de ce massacre d'une sauvagerie inouïe : La garde nationale et les républicains de Ballée, les Chasseurs de la 6ème demi-brigade d'infanterie légère.

     

    * Jean-René Leduc a survécu à ses blessures, il est décédé à Chéméré-le-Roi le 18 mars 1852 où il était propriétaire. 

     

    Sources:Archives Départementales du département de la Mayenne tous droits réservés; bases monographiques communales de la Cropte, vues 15,16/19. Les registres paroissiaux et d'état civil de Chéméré-le-Roi et de Préaux. Cadastre de 1834 Chéméré-le-Roi, la Grande Guyonnière, tableau assemblage vue 1/1 – Géoportail, la Grande Guyonnière aujourd'hui – Article de la Maraîchine Normande du 20 août 2015 - Photo de l'auteur.                                                                     

                                                             

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

     

     

     

     

     


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  • Le martyrologe du Bressuirais…

     

    Cet article sera complété au fur et à mesure des trouvailles dans les registres des archives départementales des Deux-Sèvres, qui on le sait sont très parcellaires. J’invite les « Amis du Pont-Paillat » et les chercheurs de ce petit coin à venir compléter cette liste par des noms qui n’ont jamais été cités auparavant dans les ouvrages et articles consacrés aux villes et villages du Nord du département des Deux-Sèvres.

    RL

    Juin 2017

     

    1)   Bressuire, pour Noirterre. Reconstitution de l’Etat-Civil disparu, 1791-1816, année 1792, acte pour 1794 daté du 16 juillet 1817.

    «  Le dit Jean Pennetier voulant faire constater le décès de Jacques Robin (Bobin ?) bordier et de Marie Angélique Pennetier son beau-frère et sa sœur il nous présentait pour témoins les mêmes individus dénommés cy dessus (d’après l’acte précédent) lesquels ont déclaré que les dits Jacques Robin et Marie-Angélique Pennetier ont été assassinés en cette commune le vingt mai mil sept cent quatre vingt quatorze et qu’il ne fut point rédigé acte de ces décès acause des troubles de la Vendée. A lecture donné au comparant ainsi qu’aux témoins ils ont déclaré ne savoir signer. »

     

    2)   Ibidem pour Saint-Aubin-du-Plain.

    « Louis Antoine Niort, cultivateur âgé de soixante ans demeurant à Méchoux (Rocheroux ?) de cette commune lequel à dit que voulant faire constater le décès de Louise Billi sa première femme il nous avait présenté pour témoins Jacques Chiron propriétaire âgé de soixante ans et Louis Grimault sabotier âgé de soixante ans tous deux tous deux demeurant en ce bourg lesquels ont déclaré et affirmé que la dite Louise Billi première femme dudit Niort fut assassinée par les armées sur la commune de Saint Aubin du Plain dans le courant du mois d’août 1794, qu’il ne put être rédigé acte de ce décès acause des troubles de la Vendée et après lecture donnée aux comparants de leur déclarations ils ont tous signé et approuvé… (illisible).

    Louis Antoine Niort, Jacques Chiron, Grimault. »

     

     

     

    Le martyrologe du Bressuirais....

     


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