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    1815, Vive le Roi quand même !

     

      

      

    Vive le Roi ! « On n'a peut-être pas fait pour moi ce qu'on aurait dû, disait le brave Allard, mais il me reste le souvenir de ce que j'ai fait''. M. de Calais, qui avait pris les armes dès l'affaire des moulins de Cornet, qui avait fait constamment la guerre, et qui s'était échappé du désastre de Savenay, n'eut jamais aucune récompense ; à peine si on fit attention à lui. M. des Nouhes, qui, après avoir réussi à faire soulever, en 1815, les Royalistes des environs des Aubiers, s'était fait remarquer par sa bravoure dans le corps de M. Auguste de La Rochejaquelein, n'obtint pas le moindre titre honorifique. On lui avait fait espérer la croix de Saint-Louis, mais on sut toujours l'oublier. M. Boutillier du Retail, brave officier de l'armée du Centre, dont la famille fut en butte à tant de maux, vit ses sollicitations croupir dans les cartons du ministère. Les simples volontaires royalistes étaient, comme leurs officiers, l'objet des avanies et des dénis de la part des fonctionnaires publics. » 

     

      On dégrade même les gendarmes jugés trop royalistes... 

     

      « Massonneau de Saint-Georges-sur-Loire, qui avait perdu vingt huit membres de sa famille pendant la guerre et qui, en 1815, s'était arraché d'auprès de sa femme, prête à accoucher, pour voler sous la bannière de d'Autichamp, en criant : ''Vive le Roi quand même ! avait obtenu, après les Cent-Jours, le grade de brigadier de gendarmerie, mais trouvé trop exalté royaliste par ses chefs, ils le remirent simple gendarme. Massonneau veut qu'on sache pourquoi il est dégradé. ''Rassemblez la brigade, dit-il à son commandant, dégradez-moi devant elle, et dites-lui que je subis cette humiliation parce que je suis trop royaliste : mais vous aurez beau faire, vous ne m'arracherez jamais du cœur mon amour pour le Roi ; plus tard on me renverra, on me réduira à la misère, eh bien ! je ne l'en aimerai pas moins encore, car, voyez-vous, notre dévouement pour lui, ça ne s'ôte pas d'un cœur vendéen. C'est dans mon cœur d'aimer les Bourbons, ça tient à moi comme mon âme à mon corps. Je retournerai chez nous ; je dirai à mes enfants : « Enfants ! Je n'ai plus de pain à vous donner, voilà un bissac, allez frapper à la porte des honnêtes gens ; dites   : Nous sommes les enfants de Massonneau, et on remplira de pain votre bissac'' ». 

     

      Voilà où en étaient réduits les plus fidèles serviteurs de la Monarchie. 

      

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée de Monsieur l'abbé Deniau TOME VI, pages 431-432,  Siraudeau éditeur à Angers. Photos de l'auteur. 

                                                          

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Vive le Roi !


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    La Seigneurie de Beaurepaire

     

             

    Le château de Beaurepaire vit le jour pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans, les premiers textes le mentionnent vers 1350. Né sous le signe des hostilités, il allait connaître au cours des siècles les épreuves du feu et du sang.

    Le manoir est le prototype même de la gentilhommière du bocage.

    Le vieux porche à portes charretière et piétonnière surmonté d’un blason aux armes des « De la Forest », est flanqué de deux tours défensives sur les quatre jadis existantes, on dit bien que dans une fut détenu un combattant vendéen et celle-ci fut nommée « la tour du chouan ». Le logis seigneurial quant à lui, fut reconstruit aux cours des 16ème et 17ème siècles.

    Ce logis possède une entrée décorée d’un bel arc en plein cintre donnant sur un large escalier à rampe droite. Les pièces intérieures possèdent des fenêtres à meneaux droits ou à croisés de pierre, ainsi que d’imposantes cheminées. Sous les bâtiments, existe une superbe cave voûtée. Les textes mentionnent une chapelle sous le vocable de St Georges, mais celle-ci fut détruite au cours des événements tragiques survenus en ce lieu, (les propriétaires actuels souhaitent dans un proche avenir la restaurer). Notons que la basse-cour comporte une tour porche ainsi qu’un pigeonnier le long du mur d’enceinte, celui-ci percé de meurtrières prouvant le caractère défensif de l’édifice.

    Le premier seigneur vers 1320 fut Nicolas Beau, qui eut pour enfant : Jean, Valet et Jeanne mariée le mardi d’après la St Martin d’hiver de l’an 1355 à Simon de la Forêt-Montpensier, chevalier habitant le Breuil-Chaussée. La famille De la Forêt ou « Forest » unie par mariages à l’illustre famille du Poitou, les « Du Vergier de la Rochejaquelein ». En effet, François du Vergier de la Rochejaquelein épousa vers 1570 Renée de la Forest, fille de René, seigneur de Beaurepaire en la paroisse de Terves ; Renée venue de François de Vignerot, Ecuyer, seigneur de Pont-Courlay devenant ainsi par la grâce de Dieu l’aïeule tout d’abord de la famille des Ducs de Richelieu par le fils de son premier lit, ensuite aïeule de l’illustre « Monsieur Henry » Généralissime des Armées Catholiques et Royales.

    Par mariages et successions, le domaine passa dans les familles suivantes :

    -          Josias de Sainte Maure, seigneur de la Guiroire, vers 1600

    -          Réné d’Appelvoisin en 1658

    -          Louis de Foudras, Comte de Château Thiers en 1705

    -          Hugues de Lezay, Marquis de Lusignem

    -          Luc Jerôme de Gibot, seigneur de Saint Mesmin

    Au cours de ces fameuses « Guerres de Géants » dixit Napoléon, le château de Beaurepaire eut à subir la rage des armées destructrices des armées républicaines. En effet, l’édifice fut brûlé deux fois par les colonnes infernales des républicains Westerman et Grignon, détruisant une importante partie des bâtiments dont la chapelle. Les occupants du château, de l’aveu même de la Marquise de la Rochejaquelein à la lecture de ses Mémoires, passaient pour être des fidèles de Monsieur Henri :

    -          Pierre Geay, fermier à Beaurepaire, participa au soulèvement de 1792 et devint capitaine de paroisse de Terves de 1793 à 1795.

    -          Jacques Martineau , métayer à Beaurepaire, fut aussi de ses fidèles participant à six batailles comme simple soldat dont celle du vendredi Saint 1794 au lieu dit «  St Benoit » (sur la route Boismé - Clessé) mais aussi celle de Vezins, St Pierre de Chemillé, La Chataigneraie, c’est dans cette bataille qu’il perdit son père. Dans l’année 1815, ne pouvant plus prendre les armes à cause de ses infirmités, Jacques Martineau fit partir quatre de ses domestiques dont l’un de ses frères tué à la bataille des Echaubrognes.

     

    Jacques Martineau cacha, aussitôt le serment des prêtres, des religieux dont l’abbé Proust curé de la paroisse et de nombreux royalistes ( les Blancs), dont Mr Du Fay et Mr Paulin régisseur à Clisson, dans une cache humide du château.

    -          Le fils Racaud fut élevé par la famille de La Rochejaquelein après que son père, domestique de Beaurepaire, eut été tué par les Bleus (les républicains) en voulant protéger « Monsieur Louis » au Bois Rocard, paroisse de Boismé le 28 juin 1832 lors du dernier soulèvement vendéen près d’un demi-siècle après la première « grand guerre ».

     

    A la Révolution de 1789, la seigneurie de Beaurepaire appartenait à Luc Gibot, seigneur de Lavau-Richer, paroisse de Chanteloup. Il en fut le dernier seigneur. Le domaine de 74 ha (terres, bois, garennes, étangs) fut vendu et passa entre les mains de divers propriétaires dont les derniers procèdent à une restauration prudente et passionnée.

     

    Christophe G

    Mai 2017

     

     

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

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  • 1832, état d'esprit du Vendéen et légitimité

     

     

          

     1832, suite.... 1793-1796, 1799, 1815, 1832... Cette longue période de guerre civile « a engendré toutes espèces de crimes et d'horreurs. Quand les passions humaines sont déchaînées, elles transforment les hommes en véritables sauvages ; ce qui faisait dire à un officier républicain employé dans les armées de l'Ouest :

     

      « J'ai lu tous les livres où les horreurs de la République sont racontées : eh bien ! Je vous le déclare, tout ce qu'on a écrit n'est rien. J'en ai vu, moi seul, cent fois plus. »

     

      C'est dire que les atrocités commises en Vendée dépassent l'imagination.

     

      « En juin 1832, Athanase de Charette* ex-colonel de cuirassiers et ex-pair de France, était jeune encore, et plein des idées chevaleresques de sa race, il brûlait de se rendre digne du nom qu'avait immortalisé son oncle et que son frère Ludovic avait si dignement soutenu en 1815.

     

    *Il était fils de Charette aîné, frère du général, et par conséquent neveu du héros vendéen. Il naquit à Nantes le 14 janvier 1796. Il fut tenu sur les fonts du baptême par le comte d'Artois, depuis Charles X. Il fut placé avec son frère Louis, tué en 1815, dans les gardes du Roi en 1814 (Pascallet, p.25).

     

      Energique et tenace dans ses idées, il était profondément dévoué à la duchesse de Berry et à son fils. Pour enflammer d'ardeur les officiers vendéens, il leur annonça que madame allait se rendre en Vendée et marcher à leur tête. Cette communication ne permit plus, même aux plus pusillanimes, de faire la moindre objection, leur honneur était en jeu, ils ne voulurent pas y faire défaut, malgré l'insuccès qu'ils prévoyaient.

     

      En effet, beaucoup étaient convaincus que le soulèvement de la Vendée, dans les circonstances actuelles, était inopportun et n'amènerait que des catastrophes. La Vendée n'avait plus la foi politique et l'élan d'autrefois. Un grand nombre de fils et des petits-fils des vétérans de l'ancienne guerre n'étaient plus dans les sentiments de leurs vieux pères. Egarés par la propagande révolutionnaire et découragés par l'ingratitude de la Restauration, ils avaient embrassé le parti de la Révolution. Ceux qui étaient restés franchement Royalistes se demandaient même, avant d'agir, si tous les moyens d'action avaient bien été sérieusement ordonnés. Les prêtres, quoique sympathiques à un soulèvement bien préparé et ayant des chances de succès, n'y donnaient leur adhésion, pour la plupart, que discrètement. Beaucoup manifestaient même de vives craintes sur le résultat définitif. Pour entraîner ceux qui paraissaient hésiter, on fit circuler le bruit que le Midi, le Maine et la Bretagne allaient se soulever en masse, que vingt deux régiments de ligne étaient gagnés à la cause royaliste, que les cours étrangères favoriseraient activement une levée de boucliers et qu'elles allaient déclarer la guerre à l'usurpateur. Ces communications confidentielles données avec un ton de conviction profonde finirent par faire disparaître les inquiétudes chez un grand nombre. »

     

      Nous connaissons la suite, ce fut un échec cuisant. Le gouvernement de Louis Philippe usa d'une certaine clémence envers la duchesse de Berry, mais il reporta toute sa rigueur envers ceux qui avait secondé les projets de l'exilée. Les têtes des chefs légitimistes furent mises à prix.

      Pour terminer et aiguiser votre curiosité, il semblerait intéressant de revenir sur la mission confiée par le roi Charles X à Monsieur de la Rochejaquelein, en juillet 1830.

      En effet, « Retiré au château de Rambouillet, un roi de France attend avec anxiété les nouvelles de Paris : la Monarchie vacille, les combattants s'avancent, le sang va couler.

      Le Roi, cependant à 12000 soldats fidèles qui peuvent vaincre ces parisiens révoltés, mais Charles X (nous sommes en juillet 1830) Charles X hésite, n'ordonne rien, ne répond pas aux demandes : le Roi attend.

      Il a envoyé un officier, Monsieur de la Rochejaquelein, à Gallardon, près de Chartres ; celui-ci doit consulter un paysan, Martin. De sa réponse dépend le sort de la France. La Rochejaquelein revient à Rambouillet dans la nuit.

      Martin a répondu : « Charles X ne régnera plus – il doit sortir de France au plus vite – il mourra à l'étranger ainsi que son fils Angoulême – ils ne reverront jamais la France – le petit-fils du Roi ne sera pas roi. » – Charles X écoute le message ; il se résigne tristement et il signe son abdication ainsi que son fils Angoulême. Et puis, tous deux partent pour l'exil...

      Qui est donc ce Martin, ce paysan, qui a prédit l'avenir de la famille royale, convaincu le Roi et changé ainsi le sort de la France ? 

      Dieu avait donc d'autres projets pour notre Pays, les jeux étaient faits, 1832 fut la suite de l'événement de 1830...

     

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome VI, pages 92,547,548. - Martin, le Paysan visionnaire du village de Gallardon, page 1 Préambule, de Noëlle Destremau.- Photo de l'auteur, Saint-Florent-le-Vieil, la colonne de la duchesse d'Angoulême..

                                                        

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    1832, suite....


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    Veillée des Amis du Pont-Paillat à Terves…

     

     

    Tout le monde connaît le principe d’une veillée vendéenne qui consiste à se retrouver entre amis et voisins autour du feu pour raconter des histoires, chanter, voire même danser dans certains cas. Les Amis du Pont-Paillat tiennent à cette tradition comme personne et chez nous, que fait-on ? Eh bien, on raconte des histoires… de Guerres de Vendée et du temps jadis. Après déjà deux veillées aux Epesses, une à Saint-Mesmin, voilà que Christophe, l’un de nos membres, proposait une soirée dans son logis du « Vieux-Beaurepaire », à Terves, aux portes de Bressuire.

    Le rendez-vous était fixé pour 19 h 30 hier soir et les voitures commençaient à affluer dans la cour de notre ami. Une fois tout le monde arrivé, Christophe referma les lourds vantaux du porche d’entrée et nous fûmes reçus dans le grand salon où trône l’immense cheminée du XVI° siècle. C’est là que nous avons pu l’entendre raconter l’histoire de la demeure depuis l’an 1350 jusqu’à aujourd’hui, de la famille de la Forest aux d’Appelvoisin, Tiercelin de Rancé, de Foudras, Lezay-Lusignan, de Gibot, jusqu’à lui-même et sa sympathique épouse Cécile. Nous apprîmes ainsi que les caves du château avaient servi de cachette au curé Pierre Proust, de Terves. De la suie au plafond, rappelle encore que des hommes ont évolué ici, la torche à la main, à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un… Reste le mystère de « la Tour du Chouan », dans la partie la plus ancienne des constructions, où un vendéen aurait été enfermé.

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

     

    Il y avait là des têtes connues : Xavier Paquereau, qui alimente ce blog très régulièrement, Angélique, notre amie boisméenne, spécialiste « mondiale » de son village, le désormais célèbre romancier Armand Bérard (allias Arnaud), Geneviève, Jordan, la famille Deborde, la très sympathique et très motivée Anne-Dauphine et bien entendu notre Nicolas, du blog Vendéens et Chouans (et accessoirement rédacteur en chef de la revue du Souvenir Vendéen)  particulièrement déridé hier soir.

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

    Véillée des Amis du Pont-Paillat à Terves....

     

    Après l’évocation de l’affaire des Moulins de Cornet à la Saint-Louis 1792, j’eus l’honneur de commencer la première histoire de la soirée avec un récit totalement méconnu du combat de Boismé du 18 avril 1794, lorsque les gars de Marigny réussirent à écraser une colonne infernale au Bouchaud. Combat, sur lequel, nous revenons encore, grâce aux précisions de Christophe et au témoignage de Jacques Martineau, combattant vendéen de Terves (portraituré par Louise de La Rochejaquelein dans l’album dit « Chauvelin », 1826).       De fil en aiguille (clin d’œil à Anne-Dauphine), la soirée s’écoula, si vite qu’encore une fois, nous n’eûmes pas le temps de raconter tout ce que ce petit pays Bressuirais recèle comme histoire mystérieuse ou terrible au cours de ce passé qui nous est si cher. La veillée arrivait à son terme et il était inévitable que les conversations glissent petit à petit sur des sujets plus politiques.

     

     Puis vint l’heure de rentrer au bercail, certains sur la Vendée départementale, d’autres sur Nantes…

    Un grand, très grand merci à Christophe et à sa famille pour cet accueil. Une petite notice sur ce magnifique logis sera publiée d’ici quelques jours sur ce blog.

     

    RL

    Mai 2017

     

    Le compte-rendu de Nicolas ici.

     

     


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    1832, la dernière guerre de Vendée...

     

     

     

           

     1832, la dernière Guerre de Vendée.... « La prise d'armes de 1832 compromit des hommes généreux qui s'armèrent la plupart pour ne pas forfaire au blason de leur famille, mais généralement avec la conviction qu'ils couraient à une défaite certaine »

     

      Mais qu'était devenue la Vendée en 1832 ?

     

      En 1789, on peut affirmer qu'un vertige criminel effroyable s'était emparé de la France révolutionnaire, ce mystère ne peut trouver son explication que dans un ordre d'une nature étrangère à l'intelligence humaine.

     

      « Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. »

     « Cette Révolution est radicalement mauvaise, aucun élément de bien n'y soulage l'oeil de l'observateur : c'est le plus haut degré de corruption connu, c'est la pure impureté. », disait  Joseph de Maistre.

     

      Cet ordre étranger, de nature démoniaque a engendré la République-Maçonnique et ses ''Droits de l'Homme'', il a corrompu tous les esprits et en quarante années a rendu ''l'esprit vendéen'' méconnaissable. Voici ce que nous dit Monsieur l'Abbé Deniau dans la conclusion de  son ''Histoire de la Guerre de la Vendée'' en 1878.

     

      « Mais alors, qu'était la Vendée ? Tant que les vétérans de la lutte de 1793 ont vécu, les nobles sentiments qui les ont illustrés y resplendissaient toujours. Chez leurs fils ces sentiments bien qu'attiédis s'y retrouvaient encore. Mais chez leurs petits-fils qu'en est-il demeuré ? Où trouver parmi eux de vrais légitimistes ? On peut les compter. Ont-ils mieux conservé leur foi religieuse que leur foi politique  ? Il y a sans nul doute parmi eux des hommes d'une vive foi, des âmes d'élite : leurs associations pieuses, leurs pèlerinages le proclament. Mais le grand nombre, sous le point de vue religieux, qu'est-il devenu ? Ils remplissent encore extérieurement leurs stricts devoirs envers Dieu. Combien qui ne l'honorent que du bout des lèvres ? Qu'est devenu leur respect et leur soumission envers leurs anciens seigneurs, leur vénération envers leurs prêtres ? Les nobles et les prêtres sont désormais pour beaucoup des hommes ennemis, du moins des hommes qui ne jouissent plus de toute leur confiance. Qu'avons-nous vu en 1870 ? Que répétait-ton alors journellement de bouche en bouche ? Que les nobles et les prêtres étaient cause de la guerre.

      Un jour, pourra-t-on croire que nos populations prétendaient que c'étaient les nobles et les prêtres qui avaient fait venir en France les Prussiens, qu'ils leurs faisaient passer des sommes fabuleuses, qu'ils voulaient l'extermination de leurs enfants et qu'ils cherchaient à rétablir la dîme et tous les anciens droits féodaux ? Pourra-t-on se figurer qu'aucun raisonnement ne pouvait les dissuader de pareilles inepties ? Voilà pourtant ce que nous avons vu de nos yeux, entendu de nos oreilles pendant plusieurs années consécutives. O Vendéens ! Après avoir tenu en si haute estime vos prêtres et vos seigneurs, comment êtes-vous tombés dans une aberration aussi déplorable et vous êtes-vous fait, sans le savoir, les échos trop retentissants de la Franc-maçonnerie ! Oui, victimes de fausses doctrines, des diatribes incessantes des journaux révolutionnaires contre la monarchie héréditaire et de la propagande impie qui a juré la destruction de votre foi, vous prêtez l'oreille, hélas à ces faux docteurs qui, sous le mirage de l'indépendance et du bien-être, vous faisaient espérer une paix et un bonheur chimérique.

     

      Quand serez-vous désillusionnés et quand reverra-t-on briller sur vos fronts l'auréole de la piété, du respect et du dévouement qui firent autrefois l'honneur et la gloire de vos aïeux ? Qu'un souffle d'en haut vous accorde cette divine faveur ! Et un jour, il faut l'espérer, votre cri de guerre sera encore : « DIEU ET LE ROI ! »

     

      Et pour conclure  : « Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France » (Joseph de Maistre).

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, Tome VI, pages 772.– Considérations sur la France de Joseph de Maistre, ch II, IV (1795) - Photo de Jacques Chauvet.

                                                              

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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