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                            Saint-Michel-Chef-Chef, le 16 Nivôse de l'an 2...  

                          

                     

      

    Saint-Michel-Chef-Chef....Récemment évoqué dans ce blogue, le changement de nom des communes ne date pas d'aujourd'hui, mais de la Révolution. Il fait partie du plan établi sur le  long terme par ''l'Etat Profond'' pour déchristianiser la France.

     

    L'Archange Saint-Michel, chef de la milice céleste, est souvent représenté avec une balance. En effet, il procède au jugement des défunts par le biais de la balance avec laquelle il pèse les âmes sur leurs bonnes ou mauvaises actions... et c'est le plateau le plus lourd qui l'emporte...

    Je ne sais pas ce qu'a pu raconter l'équipe de ''bras cassés'' de municipaux de Saint-Michel-Chef-Chef, en arrivant devant l'Archange pour la pesée... Ne l'ont-ils pas renié par trois fois au cours de l'an 2 de la République ?

     

    Saint-Michel-Chef-Chef....

    « Aujourd'hui ce seize nivôse de l'an second de la République Une et Indivisible. Nous maire et officiers municipaux de la commune de Saint Michel Chef Chef, assisté des notables composant le conseil, tous étant assemblés pour satisfaire au Décret de la Convention Nationale, qui décrète la nouvelle dénomination des communes portant des noms de Saints.

    Déclarons que nous suprimons le nom de Saint Michel pour nous en tenir à la seule dénomination de Chef Chef, ce que tous ont consentis sous nos seings, à Chef Chef ce jour et an cy dessus. »

     

    « Séance du 24 nivôse l'an deuxième de la République française où présidoit Jacques Baconnais maire, Jean Forton, Pierre le Rai, officiers municipaux, Julien Guillon, Jacques Antoine Guérin, Jean Durand notables. Jean Baconnais a dit Citoyens la Convention par son décret du 25 Vendémiaire ayant invité les communes dont les noms qui peuvent rappeler les souvenirs de la Royauté, de la féodalité ou de la superstition aïent à changer de nom sur ce je vous le requère de vouloir délibérer.

    D'après la réquisition de l'Agent National tous ont donné leur opinion et se sont réunis à ce que dorénavant l'on suprimeroit le nom de Saint Michel de Chef chef pour s'en tenir au seul nom de Chefchef. Nom quelle portoit avant quelle fut érigée en paroisse. A Chefchef ce jour et an cy dessus, tous ont signés eccepté Jean Durand qui ne signe. »

     

    signé : Baconnais maire et consorts....

     

    «   Séance du premier Pluviose où présidoit Jacques Baconnais maire, Pierre le Rai, municipal, Jean Forton, Pierre Clavier, Louis Dupé, Jean Potet, Jean Rivau, Jean Durand, Charles Lormeaux, Jacques Grivaux, Jacques Antoine Guérin, Julien Guillon, après la réquisition de Jean Baconnais Agent national de cette commune, sur une nomination plus distincte de la ditte commune et qui n'ait aucun rapport avec l'ancien Régime, nous revenons sur les arrêtés des seize et vingt quatre nivôse, nous donnons à cette commune le nom de la commune des Sablons, ce que tous ont consentis. Aux Sablons ce jour et an cy dessus. Jean Forton municipal présents et ont tous signé ».

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés, commune de Saint-Michel-Chef-Chef - Délibérations municipales vues 15,16/37.- Gravure extraite du  blog '' le Boudoir de Marie-Antoinette.'' 

                                                                 

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le château de Puy-Guyon (2° partie)…

     

     

    Suite à la parution de la première partie concernant Puy-Guyon ici, nous étions partis hier, en petit comité pour une visite privée avec M. Nauleau, le propriétaire des lieux qui nous servit de guide.

    Il y avait 35 ans que je n’avais pas franchi ce porche d’entrée et peu de choses m’ont semblé changées.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le propriétaire commença à nous parler de la cour sous laquelle se trouvent encore des pavés, aujourd’hui recouverts de remblais et de la boue habituelle en cette saison dans une exploitation agricole. Première apparition, le mur côté Est du domaine, qui comporte encore les traces des fenêtres du logis qu’a connu Lescure. A ce mur est adossé un hangar, qui mine de rien en permet la préservation des pluies venues de l’Ouest.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La promenade démarre alors sur ce qui était probablement une allée cavalière au temps d’avant les Guerres de Vendée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    L’endroit est particulièrement vallonné avec un dénivelé de 30 mètres entre le sommet de la butte à notre droite et le ravin vers la rivière en contrebas, sur notre gauche. Il apparaît clairement que le talus sur notre droite n’est autre qu’une ancienne motte féodale. Cela saute aux yeux immédiatement, laissant supposer la probable présence d’un système de défense en bois aux alentours de l’An Mil. Un curieux trou maçonné de pierres dans le talus nous est signalé par le propriétaire. Il pourrait être un conduit d’aération du fameux souterrain que dont nous ferons la visite dans la 3° partie de cet article.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Poursuivant notre chemin, nous arrivons à un ravin, où repose la carcasse de la 2 CV d’un habitant du lieu que bon nombre de Cerizéens ont connu dans les années 70. Ce n’est pas de la 2 CV que je vais vous parler (même si les vieilles voitures ne me laissent jamais indifférent comme vous le savez), mais du « Trou de la Guillotine ». Au témoignage de M. Nauleau, le lieu porte ce nom de génération en génération, sans que l’on ait la moindre explication sur cette appellation sinistre. Westermann ou Grignon, qui ont incendié le château les 7 octobre 1793 et 25 janvier 1794, auraient-ils commis ici quelque exaction qui aurait marqué les mémoires ? On ne le sait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    A noter qu’en face de nous, se trouve le « Bois-Frotté », donnant sur la route de Montravers. Ce lieu était réputé pour être un vrai coupe-gorge pour les bleus et des « Chouans » y auraient tendus des embuscades. Les gens ne savent plus trop mais certains sont persuadés que le nom de « Frotté », serait lié à ces épisodes. Le souci est que Louis de Frotté, le chef chouan de Normandie n’a jamais mis les pieds ici. Mais qu’importe après tout : de légendes ou d’histoires de grand-mères, il y a souvent un fond de vrai et en ce mois de décembre froid et brumeux, les lieux apparaissent bien chargés et empreints de quelque chose qui provient des tréfonds du passé. Aux prémices de la tombée du soir, on imagine facilement quelques chapeaux rabalets glissant discrètement derrières les troncs d’arbres.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Toujours sur le domaine de Puy-Guyon, apparaît un étang abandonné, très ancien selon le propriétaire. Celui-ci n’apparaît pas sur le cadastre de 1809 et s’avère inutilisable de nos jours, les ragondins en ayant détruit la chaussée.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Devant nous, la motte féodale. Un chevreuil que nous n’avons pas eu le temps de photographier y grimpa rapidement et avec agilité le temps de notre visite.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    La chaussée de l’étang, côté Ouest. On imagine avec un peu de peine, les couples d’amoureux, à pied ou à cheval, pressés par la fraîcheur d’un soir d’été, de regagner à regret le château… A la manière des romans de l’ami Armand Bérart…

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Paysage d’évocation :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Nous remontons à présent le coteau en direction de ce qui fut probablement un petit jardin à la française.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte alors une anecdote des plus singulières survenue dans les années 70 : les paysans de Puy-Guyon ont entrepris une année de cultiver de l’avoine à cet endroit (parcelle N° 404 du cadastre napoléonien). Arrivé à maturation, les céréales se sont mises à créer de curieux dessins dans le champ. Certains plants poussaient plus haut que d’autres en dessinant des losanges et autres formes géométriques. Le lieu étant clos par des restes de murailles que l’on devine à peine dans les haies, il en fut conclu que là se trouvait un jardin d’agrément dans le goût du XVII° siècle. Louis-Marie de Lescure et sa célèbre épouse, s’y sont-ils promenés, comme ils le faisaient au château de Clisson en Boismé sous la célèbre charmille ?

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Vestige de poteau délimitant l’entrée du jardin :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    C’est là, sur cette parcelle qu’il se situait.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Après un crapahutage le long d’une pente très abrupte : la bergerie comme l’appellent, tous ceux de mes amis de ma génération qui connaissent Cerizay comme leur poche :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il s’agit d’une salle souterraine, dont la voûte parait ancienne, bien que consolidée avec du ciment plus ou moins récemment. Son aspect, largement modifié, fait immédiatement penser à un cercueil, dont la porte jadis solide, ravagée par la rouille, laisse dubitatif sur l’idée d’y entrer.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Dans la salle : une cheminée, les traces d’un lustre à bougeoir dont un ami se souvient.

     

    Ici vécut jusqu’en 1924, un rempailleur de chaises…

     

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

     

    Un coup d’œil sur  « l’Allée des Tilleuls » :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Il n’y a plus de tilleuls depuis bien longtemps et nous repartons vers le château. Aucun fantôme ne nous suit :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Quelques pierres de Puy-Guyon :

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    Carrelage de la cour.

    Le château de Puy-Guyon (2° partie)....

    M. Nauleau nous raconte encore une anecdote : lors de travaux, on trouva sous le poulailler actuel et à sa proximité, sous quelques centimètres de terre une couche de carrelage rouge… couverte de plusieurs centimètres de cendres ! Cet endroit correspond avec la partie que l’on peu voir sur le cadastre de 1809, comme étant ruinée. M. Nauleau, raconte encore que lors de travaux en contrebas, afin de construire une fosse à lisier, des canalisations de forme carrée sont apparues. Peut-être qu’il s’agissait là des eaux d’évacuations des cuisines du château. En tout cas cela correspond  très bien avec la vue cadastrale des bâtiments en ruine du cadastre de 1809.

    A suivre ici.

     

    RL

    Décembre 2017

     

     


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                              Le 1er juin 1793, Pierre-François Debucant, 

                           maire de Saint-Père-en-Retz, ''pète les plombs''…

     

     

                     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....Juin 1793.... le pays de Retz est devenu impraticable pour les Républicains. Réfugiés dans les bourgs, les municipaux ont la ''tremblotte'', les Royalistes remportent victoires sur victoires.

    Pierre-François Debucant, originaire de Paris, est instituteur depuis 1785 à Saint-Père-en-Retz. Le Dimanche 9 décembre 1792 il est proclamé maire au milieu des flonflons de la fête et des guirlandes tricolores... (vue n°45/71 délibérations municipales de St-Père-en-Retz).

     

    Le samedi 1er juin 1793 changement d'ambiance, les officiers municipaux et la garde nationale sont obligés de faire évacuer leur maire vers le district. Il est désarmé par le conseil municipal et conduit à Paimboeuf afin qu'on lui administre ''des petites boules roses'', remèdes convenables à son délire. 

    Devenu subitement fou il veut se suicider...et a pris toutes les dispositions nécessaires pour ne pas ''se rater' : un fusil, une corde pour se pendre et deux pistolets avec des munitions.

     

    « Aujourdhuy premier juin 1793, l'an 2ème de la République.

     

    Nous soussigné et officiers municipaux et gardes nationaux de St Père en Retz sur la déclaration publique nous faite part Pierre François Debucant, maire de st Père en Retz qu'il était résolu de se tuer et que même il avait préparé son fusil en conséquence tout le public persuadez de sa ferme résolution, la municipalité a pris sur elle de donner une réquisition à la force armée de laller désarmer, a fin de luy oter les moyens du suicide. Ce qui a été fait vers dix heures du matin, on luy a oté - 1° un fusil préparé avec une corde pour favoriser son dessein. 2° Deux pistolets chargés, quatre cartouches et deux balles ; et a été traduit à la chambre municipale pour sassurer de la personne et de luy demandez les raisons qu'il avait. Le dit Debucant a déclaré persister dans son dessein ; ce qui a fait qu'il a été mit en arrestation pour estre delà conduit sur le champs à Paimbeuf au district par la force armée, les quatre cartouches et les deux balles ont été déposé par luy même sur le bureau. Fait en municipalité les jour et an que dessus. 

     

    Signé : Le Duc aîné , Blanchard – Foucher et  consorts »

     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....

    (vue n°66/71 -1791-1793 délibérations municipales de St Père en Retz). 

     

    La médecine administrée n'a pas été très efficace puisqu'il meurt le neuf Floréal de l'an 4 (29 avril 1796) à Paimboeuf, à l'âge de 47 ans. Les renseignements sur les maires de Saint-Père-en-Retz fournis par Wikipédia sont erronés, puisqu'on y mentionne que Pierre-François Debucant a été maire jusqu'en 1800.

     

    Pierre-François Debucant est né dans la paroisse Saint Eustache à Paris en 1749. Il est le fils de Jacques Debucant et de Marie Barré. Il épouse en seconde noce Yvonne Prieur. Au moment des faits, il est instituteur et maire de Saint-Père-en-Retz. ''Réfugié'' à Paimboeuf en juin 1793, il est domicilié rue des Champs, lieu de son décès. (vue n°143/155 actes de décès de Paimboeuf, année 1796 - an 4).

     

    Pierre-François Debucant, maire de Saint-Père-en-Retz....

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés, commune de Saint-Père-en-Retz et Paimboeuf - Délibérations municipales de Saint-Père-en-Retz – et série G (L.Maître ) - Photo de l'auteur. 

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le trésor de Stofflet…

     

    Dans différents articles de ce blog, il a été abordé à plusieurs reprises les trésors de Charette ; je dis bien les trésors car je n’imagine pas les grands chefs vendéens n’avoir qu’une seule cachette, que ce soit pour leur numéraire, aussi bien que pour leurs armes. En février et mars 1796, disparaissent les deux derniers grands chefs vendéens, Stofflet et Charette, après avoir attendu de vains secours d’une monarchie en exil qui préférait les apparences de complots en dentelle que l’approche du terrain. Stofflet et Charette ont eu certes leurs défauts mais on ne pourra jamais leur reprocher de ne pas avoir été fidèles jusqu’au bout. Et si pour une fois, nous parlions un peu du trésor de Stofflet ? Ca vous tente ?

    Ce que je vais vous raconter n’a rien de nouveau pour « les initiés » aux Guerres de Vendée mais vous avouerez probablement après coup que cela vaut « son pesant d’or ».

     

    On retrouve aux archives militaires de Vincennes un curieux billet rédigé à la va-vite de la main d’Hédouville et qui fut exploitée par Chassin (1) :

     

    « A communiquer au général Hoche

    Envoyé  au général Hoche le ( ?) thermidor an 4

    Reçu en messidor an 4 (soit aux alentours des 18 et 19 juillet 1796)

     

    Stoflet avait ramassé un trésor qu’on peut évaluer à 4 ou 5 cent mille francs en or et argent, plus ou moins. Il n’a point voulu le faire connaître au prêtre Bernier, parce qu’il se défiait de lui.

    Un ecclésiastique ou prêtre réfractaire dont on ignore le nom, mais qu’on pourrait peut-être parvenir à découvrir, en avait connaissance. Ce prêtre a déclaré le lieu où était caché ce trésor, a d’Autichamp qui l’a enlevé et l’a de nouveau caché.

    On sait que Hénon de Maulévrier, dont le père était chantre de l’ancien curé de Maulévrier, était caissier de l’armée catholique. Il pourrait avoir quelques connaissances à cet égard.

    Les anciens sous-chefs de l’armée de Stoflet sont très mécontents que d’Autichamp se soit emparé seul de cet argent et ils pourraient concourrir à faire trouver le lieu où il a été caché, surtout si on les intéressaient à cette découverte. »

     

    Pas de signature. Le billet n’est pas officialisé.

     

    Le trésor de Stofflet....

     

    On notera au passage l’éternel appétit d’argent des républicains, prêts à tout pour obtenir de l’argent. Il est bien évident que s’il y avait eu le moindre paysan pour fournir un renseignement, il aurait été de suite fusillé après avoir parlé. Bref, on sait que le 7 avril 1878, trois journaliers qui travaillaient à redresser une allée du château de la Morosière à Neuvy-en-Mauges avaient fait une curieuse découverte. Cet épisode est connu mais je mets le lien sur cette histoire ici. Depuis l’allée où fut trouvé le trésor est surnommée « l’Allée de la Boursée ». 

     

    La fameuse allée sur Géoportail…

    Le trésor de Stofflet....

    Le trésor de Stofflet....

    ...Et sur le cadastre de 1827 (à cette époque le trésor y est toujours) :

    Le trésor de Stofflet....

     

    Le trésor retrouvé et qui représentait environ 40 000 francs de l’époque soit 127 000 € de nos jours était bien loin des 4 à 500 000 francs de 1796 décrits par Hédouville dans son courrier à Hoche (2). Un petit calcul savant nous fait obtenir 923 000 € dans l’hypothèse d’un trésor de 500 000 francs de 1795 (3). Si l’on doit tenir compte du coût de la vie entre l’époque de Stofflet et la nôtre, sans parler de la valeur archéologique et numismatique de la découverte d’une telle somme au bout de 220 ans, on arrive à quelque chose d’extravagant, sans doute au-delà des 4 000 000 d’Euros.

    La Morosière fut le dernier quartier général de Stofflet mais il a eu certainement, comme Charette, d’autres caches pour son argent. D’ailleurs, on sait que Forestier amena en Angleterre « une bouteille contenant 1300 Livres Sterling » provenant de « l’une des caches de Stofflet » (4). Forestier et d’Autichamp ont donc eu connaissance de ces caches. Est-ce que tout a été récupéré ? Rien n’est moins sûr et que d’Autichamp a-t-il fait de ce qu’il avait trouvé, comme vu plus haut ?

    Le trésor de Stofflet....

    Le chasseur de trésors Didier Audinot (encore lui !) raconte une trouvaille faite à La Tourlandry lors de la réfection du presbytère (5). Un ouvrier trouva, à 4 mètres de hauteur, sous le toit, dans un mur, une boîte de bois, contenant 188 des fameux « bons de Stofflet », dont on connaît l’histoire et qui avaient déclenché une polémique lors de leur émission. On sait par Coulon, le secrétaire de Stofflet qu’il y aurait eu une émission de bons à hauteur de 2 243 000 francs, soit 3 207 490 Livres, ce qui nous donne  4 554 636 €… A condition que cette émission de bons ait pu correspondre à un trésor réel et non un simple crédit sur le trésor royal à la Restauration, comme c'était probablement le cas. Les sommes citées ne sont bien entendu qu’un ordre d’idée selon des indices qui ne prennent pas en compte la différence de pouvoir d’achat et les besoins entre les deux époques.

    Le trésor de Stofflet....

    Arrêtons de nous donner le vertige avec des chiffres et réfléchissons un peu ensemble où pouvaient se situer les cachettes de

    Stofflet.

    La forêt de Vezins avec la Bauge des Buissons et le Cimetière des Martyrs figurent en tête du classement, notamment le puits qui alimentait en eau le camp ravagé le 25 mars 1794 par les « infernaux ». Le château du Lavouër, encore sur Neuvy-en-Mauges, pourrait être une piste mais celui-ci était le lieu de cachette de l’abbé Bernier. Gageons qu’au vu de ce qui a été dit plus haut, Stofflet n’avait guère confiance en lui sur ses derniers moments. Cet individu, bouffi d’orgueil et prêt à trahir pour sauver sa peau et acquérir quelques honneurs à donné au cours de l’histoire, des gages de sa duplicité.

    Mais alors, que reste-t-il ? La Saugrenière ? Il est peu probable que Stofflet ait eu le temps d’y cacher quoique ce soit, mais sait-on jamais. Qui sait si la ferme du « Pé-Grimault », où les chevaux de l’état-major de Stofflet étaient à l’écurie le soir du drame, n’a pas quelque chose à raconter… La Saugrenière et le « Puy-Grimault » (dit « Pé-Grimault ») sont des endroits fascinants dont on ne repart jamais sans une rêverie profonde.

    Reste un endroit dont nous n’avons pas encore parlé, bien loin des terres de Stofflet : le château de La Roche-Faton, à Lhoumois dans l’Est des Deux-Sèvres, en pleine Gâtine parthenaisienne. C’est là, dans la chapelle, que fut enterré Charles d’Autichamp, à sa mort, en 1859… Pouvait-il être encore en possession de quelque argent de l’armée de Stofflet ?

    RL

    Décembre 2017

     

    Le trésor de Stofflet....

     

     

    Notes :

    (1)  SHD, B 5/35-87, v. 8/9, repris par Chassin, « Les Pacifications de l’Ouest », tome II.

    (2)  On sait que le Franc remplace la Livre à partir du 3 germinal de l’an III (7 avril 1795). Il vaut 1 Livre et 3 deniers.

    (3)  J’ai d’abord converti la somme en Livres Tournois pour trouver un semblant de correspondance avec l’Euro.

    (4)  Chassin, ibid, tome III.

    (5)  « Trésors enfouis des Guerres de Vendée et de la Chouannerie », L’Etrave, Beauvoir-sur-Mer, 2002.


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    Compléments sur  l'histoire de Saint-Clémentin…

     

    Compléments sur Saint-Clémentin....

     

     

     

    « SAINT-CLÉMENTIN

    Lettre de M. Moifgas, Avocat & Feudiste, à Mortagne, bas Poitou, à M. Jouyneau Defloges.

     

    J'ai lu avec plaisir dans vos Feuilles, M., l'Histoire particulière de quelques lieux de cette Province ; & j'ai fait réflexion plusieurs fois depuis que ce seroit le moyen le plus sûr d'en donner un jour une exacte & complète de la Province entière, en en donnant une de chaque lieu, avec les anecdotes les plus intéressantes ; c'est ce qui me détermine à vous adresser une Notice sur le bourg de St-Clémentin, situé sur la petite Rivière d'Argentone, Sénéchaussée de Poitiers & Diocèse de la Rochelle. Cette Terre a le titre de Châtellenie & relève à hommage lige d'Argenton-Château, qui en est à une lieue & demie. La Baronie d'Argenton-Château relève de celle de Mortagne qui en est à 8 lieues. Cette dernière relève de la Duché-Pairie de Thouars, & cette Duché-Pairie reporte au Roi, comme, je crois, toutes les Duchés-Pairies.

    Le plus ancien Seigneur connu de St-Clémentin, qu'on trouve dans les titres de cette Terre, est Messire Jean de Montours, Chevalier, en 1402. Montours est dans la paroisse de St-Hilaire-d'Echaubrogne, Sénéchaussée d'Angers, & Diocèse de la Rochelle, dont Jean de Montours étoit Seigneur. La Terre de St-Clémentin fut saisie réellement sur les enfans de feu Joachim de Montours, à la Requête de Messire François de Champelain, Chevalier, Seigneur de Cerveau, en 1579, & à lui adjugée en 1582 en partie, & il acquit le surplus par échange la même année. Cette Terre fut encore mise en saisie réele vers la fin du 17e siècle & adjugée sur Messire Charles de Champelain, Marquis de Courcelle & Dame Marie de Neuville sa mère, à Dame Marie Mauras, épouse non commune en biens de Messire Guy-René de la Ville de Ferrolles, Chevalier, Seigneur des Dorides. Elle est possédée aujourd'hui par Messire Marie-François-Charles-Antoine de la Ville de Ferrolles, Chevalier, Seigneur des Dorides, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de St-Louis, Lieutenant au Régiment des Gardes Françoises. Il porte, d'argent, à la bande de gueule, deux Lions pour supports.

    Il y a à St-Clémentin un Prieuré en Commande, de l'ordre de St Benoît, possédé aujourd'hui par Messire Avice de Mougon, Prêtre, Doyen de St-Laud d'Angers. Il est Curé primitif. Ce Prieuré étoit autrefois chargé de donner tous les ans aux Pauvres de la paroisse 30 charges de blé. Il fut ordonné par l'Evêque de la Rochelle en 1662, qu'il auroit douze Prêtres qu'il dénomme, pour acquitter les Services de ce Prieuré, auxquels le Prieur étoit tenu de donner à chacun 150 # par an. Cette somme ne suffiroit pas aujourd'hui ; aussi n'y a-t-il plus pour ce Service que deux Prêtres, le Curé & le Vicaire. Le Prieur devoit en outre, à cause de l'Aumônerie de St-Jacques, réunie à son Prieuré, avoir cinq lits & de la paille pour les Pauvres, & fournir un Clerc pour l'instruction & prédicament desdits Pauvres.

    Il y a dans la paroisse de St-Clémentin, outre ce Prieuré, deux autres Prieurés simples, celui de Primard, à la présentation de M. l'Evêque de Nantes, & celui de Pouillet, à la présentation d'un particulier du pays ; plusieurs Chapelles, savoir, celle de N.D. de grâces, où on va dire la première Messe de deux Dimanches un ;  cette Chapelle est éloignée de l'Eglise de quelques 100 pas ; celle de St Ouin, à 40 ou 50 pas au-dessus, où on va en dévotion le jour du Patron ; celle de St-Jean de Cerveau, qui est dans l'Eglise, & dont le Service a été transféré en 1771 ou 1772, au Château des Dorides, paroisse des Aubiers ; celles de Bretette & des Sigonneaux : Les Confrairies du St Sacrement, du Rosaire & de St MIchel. Il y a sous le grand Autel un Caveau, dans lequel est un Tombeau de pierre où reposoit, dit-on, le Corps de St Clémentin, qui fut enlevé dans le temps des guerres civiles ; on ignore ce qu'on en fit.

    Il y a dans ce bourg plusieurs foires & marchés, comme vous l'avez annoncé dans votre Feuille du 11 Décembre 1777. Il paroît qu'il a été beaucoup plus considérable qu'il n'est aujourd'hui, si on en veut croire ce que disent les anciens du pays, & si on s'en rapporte aux vestiges des maisons, qui subsistent encore aux environs de ce bourg, que l'on qualifioit dans les anciens titres de Ville ; mais je crois que c'étoit l'usage des 13e & 14e siècles de qualifier ainsi presque tous les bourgs ; ou peut-être a-t-on traduit ainsi le mot Latin Villa, dont les Notaires se servoient indifféremment pour exprimer Ville ou Bourg, lorsqu'ils rédigeoient tous les actes en Latin, quoiqu'ils ignorassent entièrement cette Langue ; ce qui se prouve par les mots suivans, dont ils se servoient ordinairement, par exemple, una pieca terrae, une pièce de terre ; unum arpentum, una boessella mésona, quelquefois maisona, une maison ; unus jardinus, un jardin, &c. Villa, chez les premiers Romains, signifioit une métairie, une maison de campagne qui avoit du revenu. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'on donnoit, il y a quelque siècles, le nom de Ville, à presque tous les Bourgs. »

     

     

     

    Affiches de Poitou - du Jeudi 7 janvier 1779, BNF Gallica.


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