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    Le 23 Nivôse de l'an II, 

    la guillotine des Sables-d'Olonne est en panne...

     

             

    La guillotine des Sables....Impossible de guillotiner les condamnés à mort dans les vingt quatre heures, l'exécuteur des sentences criminelles s'énerve, il prend du retard et la prison du Minage est saturée. A priori, ce n'est pas un problème de panier défoncé par les dents des condamnés, mais plutôt un disfonctionnement dans l'assemblage des ''Bois de Justice''. A ce propos je vous invite à lire les ''Mille et un fantômes d'Alexandre Dumas'', dont voici un extrait (page 58).

     

    « Vous croyez qu'ils sont morts parce qu'on les a guillotiné, vous  ? 

    - Sans doute. 

    - Eh bien ! On voit que vous ne regardez pas dans le panier quand ils sont là tous ensemble ; que vous ne leur voyez pas tordre les yeux et grincer des dents pendant cinq minutes encore après l'exécution. Nous sommes obligés de changer de panier tous les trois mois tant ils en saccagent le fond avec les dents. C'est un tas de têtes d'aristocrates, voyez-vous, qui ne veulent pas se décider à mourir, et je ne serais pas étonné qu'un jour quelqu'une d'elles se mit à crier : Vive le Roi ! 

    Je savais tout ce que je voulais savoir : je sortis poursuivi par une idée : c'est qu'en effet ces têtes vivaient encore, et je résolus de m'en assurer. » 

     

    Revenons aux Sables d'Olonne en ce 12 janvier 1794.

     

    « Le 23 nivôse de l'an II, à l'ouverture de la séance est comparu le citoyen Ancelin*, exécuteur des sentences criminelles, qui a prévenu le Conseil Général que demain il y avait des exécutions à faire et qu'il était nécessaire de mettre la guillotine en état. 

    En conséquence, le citoyen Gassot**, menuisier, a été requis de suite pour réparer la guillotine  ». 

     

    * Ancelin-Asselin, famille de bourreaux originaire de Niort.

    ** Jean-Baptiste Gassot est né le 29 octobre 1746 à Machecoul (la Trinité), il est le fils de J.B Gassot, teinturier-chapelier et de Anne Longépée. Au moment de la Révolution, il est maître menuisier aux Sables d'Olonne.

     La guillotine des Sables....

    Les réparations durent deux jours, deux ou trois jours d'angoisse pour les condamnés; car il faut attendre le 27 nivôse avant de voir apparaître les noms des victimes, éxécutées les 25 et 26 nivôse, dans les registres d'état civil.

    En ce 14 janvier 1794, la guillotine semble fonctionner parfaitement puisque neuf têtes vont mordre le fond du panier.

     

    « Le vingt sept nivose, de la deuxième année de l'Erre Française, devant nous Charles Sané officier public de cette commune canton et district des Sables, département de la Vendée ; nommé en exécution de la loi, étant au lieu des séances de la commune, s'est présenté le citoyen Tireau, secrétaire de la Commission Militaire établie en cette commune, lequel nous a déclaré : 

    Que Pierre Troussicot, maréchal ferrant, natif et domicilié de la commune de Commequiers, district de Challans âgé de trente trois ans a été éxécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission, le vingt cinq du pésent mois de nivose. 

    Que Marie Roberteau, femme Martineau, maréchal ferrant de la commune de Beaulieu du district des Sables, âgée de quarante ans, a été exécutée , condamnée à mort par jugement de la dite Commission, le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Jacques Sire, journalier de la commune de Commequiers district de Challans, âgé de cinquante ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Jean Nicoleau, marchand, de la commune de Commequiers district de Challans âgé de trente sept ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que René Jutard, domestique de la commune de Commequiers, district de Challans âgé de vingt cinq ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission, le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que François-Aimé Roy, Régent de la commune d'Aubigny, district de la Roche sur Yon, âgé de soixante trois ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la ditte Commission le vingt cinq du présent mois de nivose. 

    Que Florence-Marguerite Lefebvre veuve Obirn-O-Byrn* (Veuve de Jacques O-Byrn, Ecuyer, seigneur de Newtown, capitaine au régiment de Berwick, originaire d'Irlande) de la commune de Beauvoir district de Challans, âgée de cinquante ans a été exécutée le vingt six du présent mois de nivôse, condamnée à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Que Jacques Bernard, laboureur du village Duport de la commune de Beauvoir district de Challans, âgé de vingt ans a été exécuté le vingt six du présent mois de nivôse, condamné à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Que Louis Gouillon, laboureur du village de la Guérinière Isle de Noirmoutier, district de Challans, âgé de vingt deux ans, a été exécuté le vingt six du présent mois de nivose, condamné à mort par jugement de la ditte Commission. 

    Desquels décès et exécutions nous avons rédigé le présent acte en présence du dit citoyen Tireau, qui a avec nous signé.  

    signé Tireau et Sané officier public. » 

    La guillotine des Sables....

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – Délibérations municipales des Sables d'Olonne, (vue 89/317). 

    Registres état civil des Sables d'Olonne cote AC194 – vue 39/97 décès. Copie des neuf décès jointe. 

    Archives Départementales de Loire-Atlantique tous droits réservés, registres état civil de Machecoul la Trinité - vue n°17/23. 

    Photo: de l'auteur. Et la guillotine aux enchères à Nantes – le Parisien du 25 mars 2014.  

     

                                                               

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Intervention d’Amaury Guitard sur RCF le 28 septembre 2018

      

     

    Intervention d'Amaury Guitard sur RCF le 28/09/2018....

     

     


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    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars…

     

     

    La 34ème sortie de Amis du Pont-Paillat nous amenait à Thouars ce samedi 22 septembre pour y évoquer la grande bataille du 5 mai 1793. Je ne vais pas entrer dans les détails de ce combat étant donné que Pierre, notre guide du jour a prévu un article qui paraîtra sous peu sur ce blog.

    C’est avec quelques gouttes de pluie vite dissipées que nous avons été accueillis en face de la mairie de Sainte-Radegonde, face à l’emplacement du vieux pont de Vrines. Le pont sur lequel les Vendéens passèrent n’existe plus, on en devine cependant aisément les piles, affleurant dans les eaux du Thouet, très basses en ce moment. Néanmoins, sur la passerelle de béton moderne, nous eûmes la surprise de voir un soldat du bataillon du Var nous menaçant d’un sabre avec son accent du Sud. C’était Guy, faisant le clown, comme à son habitude.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Pierre démarre son exposé, très fortement documenté :

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Un peu de marche nous conduisit au moulin à vent de Vrines, portant à tort une plaque « PC du général Quétineau ».

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Après les explications de Pierre, Nicolas nous livra une petite biographie de « l’évêque d’Agra », qui avait rejoint les Vendéens à la bataille de Thouars.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Notre route se poursuivait en voiture jusqu’au « Gué au Riche », autre lieu de passage de l’armée vendéenne. C’est là que nous nous arrêtâmes pour déjeuner.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Il était temps d’entrer dans Thouars par le « Pont des Chouans » et ainsi d’investir la vieille ville comme jadis les Vendéens.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Passage à l’église Saint-Médard devant laquelle Nicolas évoqua les frères Jagault.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Puis au Parc Imbert, où « Monsieur Henri » tenta d’entamer une nouvelle fois la muraille avec la complicité de « Texier » de Courlay.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Devant l’hôtel de la Charpagne…

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Thouars étant une ville extrêmement riche d’un point de vue historique, il eut été dommage de ne pas marquer un arrêt à l’église Saint-Laon, sur le tombeau de Marguerite d’Ecosse.

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    Les Amis du Pont-Paillat à Thouars....

    La sortie s’achevait sur la passerelle Saint-Jacques, où Pierre acheva son exposé de la prise de Thouars. Un grand merci à lui et surtout un grand bravo pour ses recherches très pointues que nous retrouverons prochainement dans ses pages.

     

    RL

    Septembre 2018

    Le compte-rendu de Nicolas ici.

      


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    Conférence d’Amaury Guitard au château de la Chardière…

     

    Chemins secrets avait déjà annoncé il y a quelques jours la conférence et la sortie du livre de l’ami Amaury à l’occasion des journées du patrimoine.

    Ces samedi 15 et dimanche 16 septembre, c’est dans le cadre enchanteur du château de la Chardière en Chavagnes-en-Paillers qu’Amaury s’est livré au difficile mais passionnant métier de conférencier. Exercice réussi avec brio et je ne résiste pas à l’envie de vous en diffuser une vidéo. L’histoire de la Vendée a besoin de sang neuf afin d’assurer son avenir et il est particulièrement roboratif de voir qu’en ce domaine, la jeunesse ne boude ni les archives ni la littérature.

    RL

    Septembre 2018

     


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    Bouillé-Loretz...

     

     

    Il est assez inhabituel de voir des combattants vendéens dans l’extrême Nord-Est des Deux-Sèvres et c’est pourquoi j’ai choisi de parler de cette petite affaire qui eu lieu le 21 juillet 1794. On sait que les Vendéens ont en projet d’attaquer Thouars au cours de l’été qui suit le passage des colonnes infernales. Le combat de Noirlieu (1) s’inscrit dans cette logique et sans doute y a-t-il eu lieu quelques essais de reconnaissance par le Nord de Thouars, qui pourraient expliquer cette présence de « brigands » dans cette contrée pourtant largement acquise à la république.

    Déjà le 19 juillet, Grignon sent bien que sa position à Thouars n’est pas assurée. Ainsi, écrit-il à Vimeux la lettre suivante (2)

    « Du 19 juillet. Le général Grignon, au général Vimeux. (Thouars.)

    Je n’ai que sept cents hommes armés ; il me faudrait au moins deux mille hommes pour seconder et protéger les opérations de la commission d’agriculture et des arts ; cependant je ferai tout ce qui dépendra de moi pour cela. »

    Puis deux jours plus tard, c’est Caffin qui fait un rapport à Vimeux. Visiblement, les Vendéens sont passés au Nord de Thouars (3) :

    « Avis que les brigands se portent du côté de Bouillé Lorette (Bouillé-Loretz). Reconnaissance de cavalerie qui se porte à Sarcey (Cersay) où l’on a trouvé 3 habitans assassinés. Elle va à Bouillé St Paul et à Massé (Massais) sans rien découvrir. »

    Reste à savoir qui étaient ces « brigands » en balade quelque part entre l’Argenton et Montreuil-Bellay.

    A suivre…

    RL

    Septembre 2018

     

     

    Notes :

     

    (1)  J’ai mis en lien hypertexte l’histoire de ce combat avec un article que je souhaite compléter et augmenter depuis déjà longtemps, sans pour autant parvenir à m’y résoudre de manière définitive.

    (2)  Savary, tome IV, p. 35.

    (3)  SHD B 5/9-91, v. 21/21, bulletin analytique seul renvoyant au registre du « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest » : SHD B 5/10-1, 5ème tableau, Caffin, p. 36, v. 21/26.

     

     

    Bouillé-Loretz....


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