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    La Terreur dans le Saumurois

    4ème partie…

     

     

    3ème partie ici.

     

    Les prisonnières saumuroises transférées à Blois

     

    Voici la déposition que fit devant la municipalité de Saumur Françoise-Perrine-Ambroise Sestier, veuve de Claude-César-Marin Budans, âgée de 52 ans, domiciliée à Saumur : « Le 13 février 1794, je partis pour Saumur, avec plusieurs autres comme moi, pour Blois, escortées par des gendarmes et autres, sous le commandement de Lepeit, membre du Comité révolutionnaire de Saumur. Pendant la route, je ne me suis aperçu d’aucun mauvais traitement, si ce n’est qu’on nous a laissées manquer de pain et de paille la première couchée jusqu’à Tours seulement (1). »

     

    L’affaire des chapelets de Saumur

     

    C’est le 9 mars 1794 que les représentants Hentz et Francastel approuvèrent un arrêté du Comité révolutionnaire de Saumur concernant les chapelets qui restaient en magasin chez les fabricants de cette ville. Voici quelques déclarations relatives à ce cambriolage.

    Déposition de Genet : « Un jour, Lepetit vint chez le commandant de la place, alors Richard, dont j’étais le secrétaire, pour demander une force armée à l’effet de faire des perquisitions dans les magasins de chapelets de Saumur. Je la lui refusai jusqu’à ce que le Comité révolutionnaire ne l’eût requise formellement. Je lui observai que s’il s’emparait des tous les chapelets des magasins, il faudrait qu’il en fit un inventaire, afin de savoir ce que chaque négociant avait dans les endroits où il les déposerait. »

    Dépositions de Mayaud frères et Estevon, de Saumur : « Le 10 mars 1794, à 10 heures du matin, ayant appris que deux commissaires du Comité révolutionnaire de Saumur étaient entrés dans notre magasin et y avaient enlevé quelques douzaines de chapelets, en annonçant qu’ils allaient revenir pour s’emparer de tout ce qui nous en restait, P. Mayaud, l’un de nous, alla au Comité révolutionnaire pour s’instruire de ce que cela voulait dire.  Il trouva Lepetit, qui répondit que c’était une mesure révolutionnaire et qu’il n’y avait pas de réclamation à faire. Sollicité de donner au moins quelqu’un pour faire l’invezntaire de concert, Lepetit répondit qu’on n’en avait pas le temps, parce qu’il fallait que cela fût exécuté de suite ; et qu’au reste cette précaution serait absolument inutile. En conséquence P. Mayaud se retira et se rendit à la maison, où avec son frère et leur famille ils se mirent en devoir de faire l’inventaire de ce qui allait être enlevé de chapelets et autres objets du même genre. Ils les descendirent du grenier où ils en avaient une bonne partie, à l’entrée de leur magasin. Un instant après, arrivèrent les commissaires du Comité révolutionaire, Lepetit et Moret, armés et accompagnés d’une voiture attelée de quatre chevaux, qu’ils firent charger par les volontaires. Pendant ce chargement, Lepetit nous fit beaucoup de rodomontades et de reproches d’avoir continué un semblable commerce, malgré l’exposé que nous lui fîmes que si nous l’avion pas fait depuis deux ans, plus de 100 à 150 familles  auraient manqué de pain. Il nous dit que le Comité révolutionnaire avait pris cette mesure sur la représentation qu’il lui avait faite d’après l’insulte qu’il avait reçue la veille chez un ouvrier en chapelet. Après le chargement de cette première voiture, comme il y en avait encore autant, on revint faire un second tour, qui fut aussi considérable que le premier. Le total de cette perte est de plus de 32.000 livres. »

    Déposition de Vachon aîné, officier municipal de Saumur : « Le 10 mars 1794, me rendant pour dîner, je vis près de 20 volontaires conduits par Lepetit et Moret, membres du Comité révolutionnaire de Saumur, et deux autres personnes à moi inconnues, qui s’arrêtèrent vis-à-vis les citoyens Auger, Lemane et Cie. Ils y entrèrent, jetèrent les chapelets dans une charrette sans précaution, de sorte que des gens de campagne, des volontaires ramassèrent des chapelets et les emportèrent, entre autres des masses de cristal qui n’étaient point des chapelets. Chez les citoyennes Angibault, ils en firent autant, et je fus étonné de voir des gardes chez elles après leur visite faite ; je vis dans le vestibule du Comité révolutionnaire une des citoyennes Angibault attendre sous la garde d’une sentinelle le moment où elle serait interrogée. Le lendemain, on vint chez moi pour la même expédition. Ayant vu la veille ce qu’on faisait chez mes confères, j’avais de suite fait un inventaire de mes chapelets et autres marchandises. Je portai cet inventaire au Comité révolutionnaire, en offrant la copie. Je fus assez mal reçu : on me dit que cet inventaire était inutile. En conséquence, je fus faire ma déclaration à la municipalité et j’inscrivis l’inventaire sur un livre à ce destiné. Lorsqu’ils vinrent chez moi le lendemain, je présentai à Moret et Berot, membres du Comité révolutionnaire, mon inventaire pour le vérifier. Ils le refusèrent. Pensant qu’ils avaient des ordres, j’obéis, ne connaissant rien autre chose que d’obéir aux lois. »

     

    Cambriolage des bagues.

    Déposition de Louise Fremery, épouse de Jean-François Minier, orfèvre à Saumur : « En mai 1794, il se présenta à moi un étranger, accompagné de Moret, membre du Comité révolutionnaire de saumur. Ils me demandèrent si j’avais des bagues. Ma fille leur demanda quelle espèce de bagues ils voulaient, pour hommes pour femmes. Ils répondirent qu’ils voulaient les voir. Dans cet instant, entra un autre étranger, accompagné de Lepetit, membre Comité révolutionnaire. Tous quatre se mirent à examiner les bagues. Je croyais qu’ils voulaient en acheter, mais l’un d’eux en ôta une d’un boîtier portant une figure. Ils demandèrent à ma fille : « Qu’est-ce que c’est que cette figure-là ? » Elle leur répondit qu’elle ne la connaissait pas ; ceux qui les achetaient les baptisaient comme ils voulaient. Ils dirent que cette figure était celle de marie-Antoinette, une autre, celle de Capet, une troisième, la figure de Sully. A ces désignations, ma fille leur dit qu’elle avait ces bagues depuis vingt ans, lui étant venues de la succession de Minier, fils aîné, orfèvre à Paris. Ils persistèrent à dire que ces bagues étaient contraires à la loi. Je leur dis : « Donnez-les moi, je vais les rompre, ce qu’ils refusèrent. Ils prirent les trois bagues, ainsi qu’une autre qui portait un trophée d’armes. Je leur observai que cette dernière bague ne portait point de caractères prohibés, à quoi ils répondirent qu’ils savaient ce qu’ils faisaient. Ma fille et moi leur demandâmes qui ils étaient. Les deux étrangers répondirent qu’ils étaient commissaires du pouvoir exécutif et les deux autres, membres du Comité révolutionnaire (2). Ils demandèrent une boîte pour envelopper ces bagues, qu’ils ficelèrent et cachetèrent. Ils rédigèrent un procès-verbal, dans lequel je demandai qu’il fût fait mention de mes offres et celles de ma fille de rompre ces bagues, et du refus que les commissaires et les membres du Comité en avaient fait. Je signai le procès-verbal. Après quoi ils se retirèrent, sans vouloir en laisser copie. Le lendemain, les quatre se représentèrent chez moi et me proposèrent de signer le procès-verbal qu’ils avaient à la main. Je leur dis qu’en ayant signé un la veille, je ne voyais point de nécessité d’en signer un second. Ils me dirent que celui de la veille était trop raturé, quoiqu’il ne le fût aucunement. J’exigeai que ce procès-verbal fût annulé, ce qu’ils refusèrent en disant : « N’aie point d’inquiétude, il ne t’en arrivera rien ; ile ne s’agit que d’envoyer et la boîte et le procès-verbal au Comité de Salut public. » J’obtins cependant avec peine que ma signature fût biffée, après quoi je signai le second procès-verbal (3). »

     

    Saumur, dessin de Hubert Clerget (1818 - 1899) :

    La Terreur dans le Saumurois (4)....

     

    Divers.

     

    Déposition de bouffard, juge au tribunal du district de Saumur : « Etant au mois de janvier 1794 dans un des bureaux du district de Saumur, Meignan, ex-curé de Saint-Jacques de Saumur, entra dans ce même bureau. Il raconta les avantages remportés par les troupes républicaines sur les rebelles de la Vendée dans le pays de Savenay. Meignan termina ce récit en disant qu’il avait lui-même poursuivi les rebelles de la Vendée dans leur déroute et qu’il avait fait fusiller plusieurs femmes de la ci-devant caste nobiliaire, qu’il avait trouvées dispersées dans les campagnes. Meignan assura qu’au nombre des femmes qu’il avait fait fusiller, étaient la dame Chabot des Coulandres, qui avait été auparavant femme du sieur de la Roche Saint-André, la demoiselle de la Roche Saint-André, sa fille, et la dame de l’Ecorce. Entendu froidement de la part des autres auditeurs, ce récit fit plus d’impression sur moi, qui connaissais particulièrement les femmes que Meignan venait de nommer (4) ».

    Déposition de Persac : « Il y a un an que je sui parti sous les ordres du général de brigade Moulin en qualité de brigadier de la cavalerie nationale de Saumur. A Saint-Sulpice, nous avons arrêté un vieillard, qui nous a dit avoir 80 ans et être ancien curé. Le général Moulin nous ordonna de le monter derrière un de nous, ce que fit Vernet. Le veillard tomba deux ou trois fois de cheval. Le général exigeant que nous le suivissions, nous lui déclarâmes qu’il était impossible de le faire avec cet homme. Alors il nous ordonna de le remettre au 10e bataillon de Paris. Cinq minutes après, nous entendîmes plusieurs coups de fusil ; et on dit que c’était le vieillard qui venait d’être fusillé. »

    Déposition de Julien Huard, marchand à Saumur : « J’étais en détachement dans la colonne de l’adjudant-général Robineau en station à Beaulieu. D’après la proclamation du représentant du peuple aux habitants de rentrer chez eux, grand nombre le faisaient et rendaient leurs armes. Grignon fit fusiller plusieurs individus qui rendaient leurs armes, et cette proclamation fut sans effet. L’adjudant-général Robineau fit de vifs reproches à Grignon de ce qu’il avait transgressé la proclamation des représentants du peuple, en faisant fusiller ceux qui rentraient ; il lui répondit que s’il ne suivait pas cette marche, la campagne serait manquée comme l’année dernière. »

    ***

    C’est le 14 août 1794 que le Comité révolutionnaire de Saumur reçut la première dénonciation contre Lepetit. On vient de lire l’enquête dont il fut l’objet dans les derniers mois de l’année 1794. Enfin au mois de mars 1795 le Comité de Sureté générale ordonna à l’accusateur public près le tribunal criminel de Loir-et-Cher d’instruire contre lui. « les fusillades et massacres qui ont eu lueu à Chinon, Tours, Amboise, Blois et Beaugency, sont l’objet de cette instruction », écrivait l’accusateur public au district de Saumur, le 13 mars 1795. Aussitôt les administrateurs du district demandèrent à toutes les autorités constituées et fonctionnaires publics du district des renseignements sur la conduite de Lepetit dans le pays. La municipalité de Dampierre fit une information contre lui, qui fut envoyée à Blois (5). Le 24 avril 1795, le district de Saumur adressait cinq autres pièces à l’accusateur public près le tribunal criminel de Loir-et-Cher : « La première se compose des dénonciations faites à la municipalité sur les fusillades et atrocité commises envers les détenus (voir ci-dessus) ; la 2e contient des notes sur ce que la municipalité de Saumur sait de relatif à Lepetit ; la 3e est un arrêté (21 novembre 1793) par lequel le Comité révolutionnaire censure la conduite de Lepetit, pour s’être trouvé à la tête d’un rassemblement qui brisait dans les églises de Saumur tous les objets du culte (voir ci-dessus) ; la 4e est un Mémoire des juges du tribunal du district de Saumur dans l’affaire Lepetit (4 mai 1794) ; la 5e est un rapport des cruautés souffertes par les citoyennes defay, domiciliées à Saint-Macaire-du-Bois, que nous a envoyé le juge de paix du Puy-Notre-Dame (6). Le 27 mai 1795, le district de Saumur mandait au même : « Nous t’adressons deux pièces que vient de nous remettre Tricault, jusge de paix du premier territoire du canton de Saumur ; elles sont relatives à l’affaire intentée contre Lepetit. »

    A Blois, on instruisait le procès de Lepetit, mais le terroriste ne put jamais être arrêté par la police, malgré toutes les recherches faites à Saumur et ailleurs. Quelques mois après, il bénéficia du décret d’aministie, voté le 26 octobre 1795, qui prononça l’abolition des procédures pour faits purement relatifs à la Révolution.

    Abbé Uzureau

     

    Voir ici les recherches faites par ma femme sur le personnage de Lepetit.

    RL

    Décembre 2019

     

     

    Notes :

    (1)  Le 19 février 1794, Lepetit écrivait, de Blois au Comité révolutionnaire de Saumur : « Le représentant du peuple de Garnier, qui est à Blois, vient de prendre un arrêté par lequel il me renvoie à Chartres avec toute ma séquelle. Je ne suis pas trop content de cette nouvelle disposition, car je suis déjà d’une lassitude extrême, et je crains bien de ramasser une nouvelle maladie ; car l’odeur exhalée par ces maudites femmes est telle, qu’une d’elles m’ayant écrit ce matin pour d’inutiles réclamations, sa lettre a failli me faire tomber à la renverse, quand je l’ai développée. Il en meurt tous les jours une ou deux. Un d’elles est accocuhée hier la nuit, je ne connaissais pas sont état et elle ne l’avait fait connaître à personne, c’est pourquoi ele n’a pu recevoir aucun secours. Moret et Juteau ont vu le mal qu’on a eu à faire partir toutes ces femmes de Saumur. Eh bien ! c’est tous les jours deux fois la même chose quand il faut monter et descendre. » ‘Archives de Maine-et-Loire, L 1225.)

    (2)  C’est le 13 avril 1794 que le Comité de Sûreté générale donna à Sollier et à Fort, membres du Comité de surveillance des Amis de la Patrie, à Paris, la mission de se rendre à Saumur, Vannes et autres villes à l’effet d’en faire disparaître « toute espèce de signes inventés par le fanatisme ». Le 5 mai, ils se présentèrent au Comité révolutionnaire de Saumur et déposèrent leurs pouvoirs sur le bureau ; en même temps ils requirent le Comité saumurois de leur adjoindre deux de ses membres pour faire la visite dans tous les magasins « qui pourraient encore recéler des ces sortes de hochets ». Dans tout Saumur ils découvrirent vingt-cinq grosses bagues ayant au chaton une figure du Christ.

    (3)  Marie Minier confirma la déposition de sa mère.

    (4)  Peffault de la Tour dit : « Meignan se vanta d’avoir employé l’autorité qui lui donnait la fonction de commissaire dans la vendée, fonction donnée par le district, pour exiger qu’on fusillât plusieurs femmes de Montaigu prises par nos troupes. C’étaient de très honnêtes femmes et très respectables par leurs bonnes mœurs et qualité bienfaisantes. »

    (5)  Le 29 mars 1795, le district de Saumur écrit à l’accusateur public près le tribunal criminel de Loir-et-Cher : « Nous t’envoyons l’information faire par la municipalité de Dampierre ; tu y trouveras en détail les horreurs dont Lepetit s’est rendu coupable. »

     

    (6)  Ces dames avaient été conduites à Chartres par Lepetit.

     


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                       Jean Réthoré, le jardinier du château du Lavouër...

     

       

     

     

    Le jardinier du Lavouër....

    Article précédent ici.

    Nous ne connaîtrons jamais les raisons du mariage de Jean Réthoré avec l’ancienne servante du général Jean-Nicolas Stofflet. Une différence d’âge de vingt deux années… Quels ont été les motifs du jardinier pour agir ainsi ?

    Il était veuf depuis seize ans, avec sept enfants d’un premier mariage, dont quatre vivants en 1781 ; a-t-il fait acte de charité envers la servante qui partagea la vie aventureuse du général Stofflet de 1793 à 1796, et qu’il avait croisée souvent au Lavouër ?

    Toujours est-il qu’ils décéderont tous les deux au Lavouër chez M. De La Forest d’Armaillé, à vingt ans d’intervalle.

     

    Jean Réthoré est né le 18 février 1744 à Neuvy, il est fils de Louis Réthoré, laboureur et de Marie Boulestreau. Il épouse à Neuvy, le 16 février 1767 Marie-Perrine Roreteau-Rorteau, née en 1741 à Sainte-Christine, fille de Jean Rorteau et de Marie Gourdon. De cette union sont issus :

    1° Louis Réthoré, né le 19 janvier 1768 à Neuvy à la Gobertière.

    2° Nicolas Réthoré, né le 30 mai 1769 à Neuvy. † 6 juin 1769.

    3° Marie-Renée Réthoré, née le 7 juin 1770 à Neuvy.

    A cette époque Jean Réthoré est laboureur-métayer à la Gobertière.

    Vers 1771, il devient journalier, peut-être employé au Lavouër.

    4° Jean Réthoré, né le 6 février 1772 à Neuvy.

    5° Sébastien Réthoré, né le 27 juin 1774 à Neuvy.

    6° Pierre Réthoré, né le 7 mai 177 à Neuvy † le 10 janvier 1780.

    7° Joseph Réthoré, né le 7 juillet 1780 † le 17 août 1781.

    Marie-Perrine Rorteau † à Neuvy le 7 décembre 1781.

     

      Au cours des guerres de Vendée, aidé de René Vigneau, autre jardinier, et de Victoire, la cuisinière il sauve à trois reprises le château du Lavouër de l’incendie.

    Capturé dans la nuit du 23 au 24 février 1796, le général Jean-Nicolas Stofflet est fusillé à Angers le 25…

    Le 21 février 1797, à Neuvy, Jean Réthoré, 54 ans, épouse Anne-Marie Emeriau, célibataire âgée de 31 ans, fille de Michel Emeriau, tailleur d’habits à Chemillé et de Anne Girault.

    Le jardinier du Lavouër....

    Le 5 juin 1817 Jean Réthoré décède au château du Lavouër. Veuve, Anne-Marie Emeriau a très certainement été employée comme cuisinière au château. C’est ce qu’affirmait Landrin, ancien officier de Stofflet en signalant que « Cette fille (ancienne servante de Stofflet) est aujourd’hui (en avril 1825) cuisinière chez Monsieur d’Armaillé à Nevy. »

    Le jardinier du Lavouër....

    Pour conclure, Anne-Marie Emeriau est bien décédée le 6 avril 1837, au château du Lavouër, chez Monsieur d’Armaillé. Son union avec Jean Réthoré est restée sans postérité.

    Le jardinier du Lavouër....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés- Registres paroissiaux et d’état civil de Neuvy-en-Mauges. 

    1- Acte de mariage du 3 ventôse an 5 (21 février 1796) – (vue n° 72/104). 

    2- Acte de décès de Jean Réthoré, (vue n°56/106). 

    3- Acte de décès de Anne-Marie Emeriau, (vue n°11/121). 

    . Crédit photo : l'auteur.

         A suivre ici.

                                                                  

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    La Terreur dans le Saumurois

    3ème partie…

     

    2ème partie ici.

     

    Fusillades de prisonniers angevins à Doué-la-Fontaine

     

    Pierre, officier de la police militaire et de sûreté générale, écrit, d’Angers, le 3 novembre 1794, au district de Saumut : « Jean-Jacques Guillemette, ex-commandant de la place de Doué, est en arrestation à Angers en ce moment, par suite de dénonciations qui ont été faites contre lui. On l’accuse : 1° de s’être emparé en décembre 1793 de voitures, d’effets précieux qui venaient de la Vendée ou de maisons d’émigrés et qui étaient adressés au commandant de la place de Doué ; 2° d’avoit été, accompagné de plusieurs gendarmes, dans un château près Brissace et de s’être emparé de beaucoup d’argenterie ; 3° d’avoir fait fusiller sans formalités, à peu près dans le même temps, à Doué, beaucoup d’hommes, femmes et jeunes gens, étant toujours ivre et dans un état de fureur inouïe contre les malheureuses victimes qu’il immolait à sa rage impitoyable. »

    Nous avons trois dépositions faites aux autorités saumuroises contre le féroce Guillemette.

    Déposition de Dominique Peffault de la Tour, docteur médecin à Saumur, qui avait fait partie du convoi de prisonniers partis d’Angers le 30 novembre 1793 pour se rendre à Doué : « Lors de mon arrivé à Doué, sur les 11 heures du soir, avec 7 ou 800 hommes, sans compter les femmes qui nous avaient précédés, tous attachés deux à deux par les bras avec des cordes et par un double lien, ne formant tous qu’une chaîne, nous fûmes reçus à coups de bâtons, de plats de sabres ; quelques coups de baïonnettes en blessèrent plusieurs. Guillemette, commandant de la place de Doué, en tua trois devant moi à coups de pistolet dans la cour de la prison, qui consistant en des caves. Il tira les mêmes deux ou trois fois, disant qu’ils remuaient encore. Il chargeait lui-même ses pistolets. On nous assure qu’il en avait été tué six hors la porte par le même, qui ordonna à la torupe de charger les armes pour nous tuer tous, ce qui ne fut pas exécuté. Mais journellement on faisait des châines de quarante jusqu’à cent (ce qui eut lieu au moins quatre fois) pour les fusiller, exécutions à la connaissance des habitants de Doué (1). – Lorsque nous étions dans le grenier du château des Ponts-de-Cé, il en fut fusillé au moins 150 d’une fois près la butte d’Erigné, ordres donnés dans l’un et l’autre endroit par la Commission militire, à l’exception des coups de pistolets tirés par le commandant Guillemette, qui avait l’air de ne consulter que sa rage. »

    Déposition de l’huissier Dunoy : « Il arriva à Doué un nombre de prisonniers détenus par la loir qui venaient d’Angers et des Ponts-de-Cé. Ils arrivèrent sur les 11 heures du soir à Doué. Quand ils furent arrivés à l’entrée de la prison, le commandant de la place de Doué, nommé Guillemette, s’y transporta. Il les traita de brigands, agit sur eux de voies de fait, les poussant par le dos avec les baïonnettes de la garde ; il faussa plusieurs des baïonnettes, cassa son sabre sur eux ; la furie s’empara de lui, il attrapa les fusiles de la garde et passa par un pré qui donne sur les caves ; à mesure que les détenus entraient dans cette cave, il tirait sur eux ; il en tua cinq ; il en aurait tué bien d’autres si un officier, appelé Gaudichon, je crois, ne lui eut ôté les armes des mains, suivant la déclaration que la garde me fit le lendemain. – Peu de temps après, Guillemette fit sortir 59 de ces mêmes prisonniers, les fit attacher deux à deux, les fit conduire au canton des Trois-Pilliers, sur le chemin de Doué, et les fit fusiller par les grenadiers de la Convention ; il les fit jeter dans une fosse, d’où onr avait tiré de la pierre. Avant de les fusiller, on le fit sortir et entrer dans un pré joignant la prison ; un canonnier qui était concierge, nommé par Guillemette sans doute, les fouilla tous, ôta les montres à ceux qui en avaient et leur enleva à tous leurs portefeuilles et leurs assignats. – Au château de Doué, où j’étais concierge, ce même canonnier venait tous les jours ; lorsqu’il voyait des malades, il leur ôtait leurs montres et leurs habillements, en disant qu’ils les portait chez le commandant de la place, même leurs assignats ceux qui en avaient. – Fauconnier, ci-devant juge du tribunal du district d’Angers, vint à mourir. Son domestique me remit son portefeuille, dans lequel il y avait deux assignats de dix livres pièce, et un écrit par lequel il apparaissait qu’il avait déposé 1.200 livres, une montre en or, un couvert d’argent, huit livres cinq sols chez l’ancien concierge, nommé Cherrière, gendarme à Doué. Je retins cet écrit et ne voulus pas le remettre parce qu’il appartenait aux héritiers. Le canonnier en question vint à force armée m’arrêter chez un de mes frères à 9 heures du soir avec violences et menaces, en disant à la force armée : « Piquez-moi ce bougre-là ». et me traitant de bavard. Il me conduisit à la maison d’arrêt de Doué, où il me fit fouiller, il voulut m’ôter quatre assignats de cinquante livres ; je fus obligé de faire descendre un officier municipal pour me les sauver ; en le voyant, il me les laissa. Il voulait toujours avoir ce même écrit ; je ne l’avais pour lors. Il m’a détenu dans la prison pendant deux jours, en me menaçant de me faire fusiller si je ne remettais pas cet écrit. Je fus donc obligé de le lui remettre pour avoir ma liberté. Non content de cela, il exigea de Duval, commandant de la garde nationale de Doué, un écrit qu’il répondait de ma personne, ce que Duval fit pour me remettre en liberté. »

    Déposition d’Elie Trouillard, tonnelier à Doué : « Le 6 décembre 1793, je fus requis, de la part de Jolivet, officier municipal de Doué, qui me conduisit avec plusieurs autres (Bougellière, commandant de la garde nationale de Doué, et Chauvière, capitaine des sapeurs de la Chapelle-sous-Doué) au bois de Brossay, à l’effet de faire des fosses. Quand elles furent faites, Guillemette, commandant de la place de Doué, m’ordonna, ainsi qu’à ceux qui étaient venus avec moi, de nous retirer à l’écart.

    Les bois de Brossay aux environs de l’abbaye d’Asnières. Crédit photo : Pierre Périeau.

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    Après nous être enfoncés de 4 à 500 pas dans le bois, nous entendîmes plusieurs décharges de coups de fusils. On nous fit ensuite revenir. Guillemette nous commanda alors de retourner les cadavres pour voir s’ils étaient bien morts. Dans le nombre de 68 environ, il s’en trouva plusieurs qui n’avaient pas encore rendu le dernier soupir. Alors Guillemette ordonna aux grenadiers de la Convention de les finir, ce que ces derniers exécutèrent à coups de fusils et de sabres. Alors Jolivet, Guillemette, Bougelière et Chauvière nous ordonnèrent de mettre tous les cadavres dans les trous que nous avions faits, ce qui fut exécuté et nous les recouvrîmes de terre. – Pareille fusillade s’est renouvelée cinq à six fois, tant aux carrières de pierre de Baugé (Chauvière présent à que sur la levée au-delà de La Chapelle-sous-Doué (Mathurin Rullier, officier municipal de La Chapelle, présent), et deux fois aux carrières des Miguères, sur la route de Doué à Vihiers. Chaque fusillade fut commandée par Guillemette, commandant de la place, ou Morry, son adjudant, à l’exception de la dernière qui fut commandée par le chef d’un détachement qui partit pour Argenton-Château le 1er janvier 1794. Ces dernières fusillaes ont été moins nombreuses que la première. Il restait à peu près 15 détenus dans les prisons ; ils ont été fusillés à Doué à la prison de la Porte-Bonnin. J’ignore par quels ordres cela a été fait, mais à son retour Guillemette nous a commandés de les enterrer. »

    La porte Bonnin. Crédit photo : Pierre Périeau.

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

    La Terreur dans le Saumurois (3)....

     

    J’ai déjà publié la partie de l’étude de l’abbé Uzureau concernant les fusillades de Bournan et Parnay ici.

    A suivre ici.

     

    Note :

     

    (1)  La Commission militaire fit faire de nombreuses fusillades, sur le territoire de la commune de Douces, par l’abbaye d’Asnières-Bellay, les 7, 8, 10, 12, 23 et 24 décembre 1793.

     

     


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    Sur les pas de Jean-Nicolas Stofflet... 

     

           

            Article précédent ici.

     

    Dans un billet en date du 12 mars 2016 concernant la servante du général Stofflet, je vous avais laissé au château de la Morosière à Neuvy-en-Mauges, en compagnie du jardinier de Monsieur René La Forest d’Armaillé, un certain Jean-Baptiste Jouanneau, époux de Renée Dumont.

    C’était oublier qu’en 1807, Monsieur Etienne-Ambroise La Forest d’Armaillé, maire de Neuvy, employait lui aussi un jardinier au Château du Lavouër : un certain Monsieur René Vigneau

    Les deux châteaux ayant servi de quartier général à Stofflet, le Lavouër jusqu’en fin 1795, puis la Morosière, jusqu’à sa mort le 25 février 1796 à Angers ; j’avais fait cette ouverture en espérant découvrir du côté de l’épouse de ce nouveau jardinier, la fameuse « fille qui est aujourd’hui (1825) cuisinière chez Monsieur d’Armaillé à Nevi » ; dont nous parle Landrin dans ses confessions sur la vie intime de son général.

    Sur les pas de Stofflet... et de sa servante....

     

    Les recherches entreprises me forcent à abandonner cette piste et à plutôt privilégier ma première hypothèse qui semble l’emporter.

    Mais avant de jeter l’éponge attardons nous sur les termes employés par Landrin au sujet de cette jeune personne attachée à Stofflet. Il la désigne comme : fille, cuisinière, ménagère. En septembre 1794 Monsieur de la Bouëre nous parle d’une gouvernante, d’une femme et d’une servante.

      En lisant Landrin, nous serions tentés de dire qu’il s’agit d’une jeune femme, et en retenant les termes de Monsieur de La Bouëre, nous serions plutôt tenté de dire qu’il s’agit d’une femme mûre.

    Nous avons le choix entre Renée Dumont, âgée de 20 ans et Jeanne Brillouët, épouse du jardinier René Vigneau, âgée de 36 ans, sachant que Jean-Nicolas Stofflet est âgé de 42 ans en 1795.

    Avoir une femme mariée comme maîtresse est à première vue plus « confortable » dans la situation de Stofflet, les grossesses étant mises sur le compte du mari, à noter que, Jeanne Brillouët  mettra au monde une fille, Jeanne, le 14 juillet 1796… Mais, si Jeanne Brillouet avait été sa concubine, il ne l’aurait pas éloignée à chaque grossesse, puisqu’elle était mariée.

    En conséquence, et au regard des éléments en notre possession, je retiendrais Renée Dumont,  jeune, célibataire, sans gêne, ayant du tempérament, puisqu’elle donne naissance à un enfant trois mois après son mariage… et rassemble quatre témoins de qualité le jour de ses noces.

    René Vigneau est né le 29 novembre 1759 à Saint-Florent-le-Vieil et épouse le  1er novembre 1788 à Neuvy, Jeanne Brillouët, née le 13 janvier 1759 à Neuvy. Il est jardinier au château du Lavouër appartenant à la famille de La Paumelière, puis le jardinier de Monsieur Etienne-Ambroise La Forest d’Armaillé, époux de Pauline-Mélanie- Mabille de la Paumelière.

    René Vigneau demeure à la Moutonnerie, située à la sortie du bourg de Neuvy-en-Mauges, pas très loin du Lavouër.

     De René Vigneau et de Jeanne Brillouët sont issus au moins deux enfants* :

     1° Marie-Anne Vigneau, née le 24 août 1790 à Neuvy.

     2° Jeanne Vigneau, née le 14 juillet 1796 (26 Messidor an 4) à Neuvy, mariée le 7 mai 1822 à Neuvy avec Louis Véron, tisserand.

    *Aucune naissance n’a été enregistrée à Neuvy pour la période 1791-1795. René Vigneau était pourtant le gardien du château à cette époque, mais il a participé aux combats, car il est dit « rentier de l’état » dans son acte de décès, le 26 mars  1819, son principal domicile étant « la Moutonnerie », située à la sortie du bourg de Neuvy (Ce qui sous-entend des navettes entre le Lavouër et la Moutonnerie).  

    Jeanne Brillouët est décédée à la Moutonnerie le  17 janvier 1825. Notaire à Drain, Landrin n’était peut-être pas au courant de son décès lorsqu’il écrit le 1er avril 1825… elle est cuisinière chez M. d’Armaillé à Nevy, s’il s’agit de la personne recherchée.

    Il y a quelque temps, au cours d’une lecture, j’avais griffonné dans le coin d’une feuille les renseignements suivants tirés de : (Patrimoine de France - Château le Lavouër).

    « Mme de la Paumélière, à bout de ressources, dit à ses domestiques qu’elle ne pouvait les conserver près d’elle, n’ayant plus de quoi les payer et les nourrir. Mais, pas un de ces braves gens ne voulut l’abandonner, « Jamais nous ne vous quitterons, dirent-ils, nous avons des bras et nous vous nourrirons ».  

    Les noms de ces dévoués serviteurs méritent un souvenir éternel. Le jardinier Vigneaux et son aide Réthoré* gardèrent le Lavouër pendant toute la guerre avec la cuisinière Victoire. Ils y éteignirent trois fois l’incendie, que les soldats de Thureau et les gardes nationaux y avaient allumé. Nanon Reuillé ne quitta jamais Madame de la Paumélière pendant toute la guerre. » Etc...

    Victoire….. la cuisinière… La cuisinière de Stofflet ?

    Peut-être... à moins qu’une autre femme ne vienne brouiller définitivement les cartes en présentant des atouts assez convaincants, ne contrariant en rien cette nouvelle hypothèse, bien au contraire (âge, situation, concordances de dates, de lieux, en accord avec les termes de M. de La Bouëre : une gouvernante, une femme, une servante).

    * Jean Réthoré, aide-jardinier au château du Lavouër à Neuvy en Mauges employé par la famille de la Paumelière puis, par Monsieur Etienne-Ambroise la Forest d’Armaillé, maire de Neuvy, a été baptisé à Neuvy le 18 février 1744, il est le fils de Louis Réthoré, laboureur, et de Marie Boulestreau.

    Il épouse à Neuvy, en première noce, Marie-Perrine Roreteau, le 16 février 1767. Devenu veuf et âgé de 54 ans, il épouse le 3 Ventôse an 5 à Neuvy (21 février 1797),  Anne-Marie Emeriau, célibataire, âgée de 31 ans.

    Anne-Marie Emeriau est née paroisse Saint Gilles de Chemillé, le 7 mai 1766. Elle est la fille de Michel Emeriau, tailleur d’habits et d’Anne Girault, mariés le 8 mai 1758 à St Léonard de Chemillé.

    En 1794 elle est âgée de 28 ans et est célibataire. Il semblerait que Jean Réthoré et Anne-Marie se soient connus au château du Lavouër au cours des guerres de Vendée, puisque dès le début de l’année 1797, ils se marient.

    Le général Stofflet ayant été fusillé le 25 février 1796…

    A partir de 1807 Mr La Forest d’Armaillé, ayant épousé Pauline de la Paumelière s’installe au Lavouër et conserve comme aide-jardinier Jean Réthoré, puisque celui-ci décède au château le 5 juin 1817 à six heures du soir. Vous me suivez ?

    Que devient alors son épouse ? : Elle reste au Lavouër, où elle décède le 6 avril 1837 à midi. Donc, Anne-Marie Emeriau, étant veuve, pouvait très bien être employée comme « cuisinière chez Monsieur d’Armaillé à Nevy » comme l’affirme en 1825, Landrin, ancien officier de Stofflet.

    Sur les pas de Stofflet... et de sa servante....

    Que sont devenus les enfants de Stofflet (au maximum deux) et d’Anne-Marie Emeriau ?

    Ils sont sans doute décédés en bas âge car Landrin nous dit que : « sa famille est éteinte. » Dans le cas contraire, l’Abbé Bernier se sera chargé de les éloigner afin d’éviter le scandale. Je n’ai trouvé aucune naissance d’enfants naturels au nom d’Emeriau à Chemillé pour la période concernée.

    A suivre ici.

     

            Sources :

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – registres paroissiaux et d’état civil de Saint-Florent-le-Vieil – Neuvy-en-Mauges. 

    . Registres d’état civil de Neuvy et Chemillé concernant le couple Jean Réthoré, vue n°57/319 année 1744 – vue n°56/106 année 1817 décès, vue n°72/104 197, mariage- vue n°292/319 mariage année 1767. Anne-Marie Emeriau - vue n°165/349, baptême 1766 St Gilles Chemillé - vue n°11/121- actes de décès 1837 – décédée à midi, le 6 avril 1837 au Château du Lavouër à Neuvy.

    . Chemins Secrets, mon billet du 12 mars 2016. 

    . Photo : le château du Lavouër du blog Vendéens et Chouans. 

                                      

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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