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    Monsieur le vicomte Gohin de Montreuil    

     

     

              

    M. le vicomte Gohin de Montreuil....  Monsieur le Vicomte Gohin de Montreuil, chevalier de Saint-Louis, dépose une demande de secours au Roi en 1818.

     

      Courrier de la Maison du Roi à Paris le 22 septembre 1818

     

      « Au Ministère de la Maison du Roi, le Conseiller d'état, commissaire délégué pour instruire les demandes de secours ou pensions sur la liste civile ; s'informe auprès du Préfet de Maine-et-Loire de la personnalité de M. le vicomte de Montreuil (Gohin)

     

      Monsieur le Préfet,

     

      M. le vicomte de Montreuil Gohin, chevalier de Saint-Louis, demeurant à Angers a demandé une pension sur la liste civile.

      Il expose qu'il est entré en 1783 à l'école militaire, qu'il en est sorti en 1786 : qu'il a servi en France jusqu'en 1791 et à l'armée de Condé jusqu'en 1794 : qu'il est passé à cette époque dans la Légion Britannique : qu'il y a servi jusqu'en 1801 : qu'il est rentré en France à cette époque : qu'il a trouvé tous ses biens vendus et qu'il ne peut se passer des bienfaits du Roi pour vivre.

      Je vous serai obligé, Monsieur, de vouloir bien prendre sur cette demande les renseignements indiqués par l'instruction que j'ai eu l'honneur de vous adresser le 15 juillet dernier.

      Agréez, Monsieur le Préfet l'assurance de ma considération très distinguée.

     

      La réponse datée du 24 octobre 1818 :

     

    « Monsieur le Conseiller d' Etat,

     

      J'ai l'honneur de vous adresser les renseignements que vous m'avez demandés par votre lettre du 22 septembre dernier, sur M. le vicomte de Montreuil de Gohin, chevalier de Saint-Louis, demeurant à Angers, lequel a sollicité une pension sur la liste civile.

      M. Demontreuil de Gohin est effectivement entré en 1783 à l'école militaire, d'où il est sorti en 1786, il a servi en France jusqu'en 1791 et à l'armée de Condé jusqu'en 1794 ; j'ignore ses services à l'étranger, mais je puis vous assurer Mr le Conseiller d'Etat que Monsieur Demontreuil a trop de délicatesse et d'honneur pour avancer des faits qui ne seraient pas exacts.

      Une grande partie de ses biens a réellement été vendue, et s'il a vécu jusqu'à ce jour avec ce qu'il a conservé, ce n'a pas été sans s'imposer des privations ; son épouse lui a apporté de la fortune, mais elle n'est pas assez considérable pour donner à ses enfants une éducation convenable et leur conserver dans la société le rang où il est né.

      Du reste, je puis vous assurer que Mr Demontreuil de Gohin ne s'est jamais écarté de la ligne de ses devoirs envers notre auguste monarque, et qu'il a toujours eu une conduite morale et politique digne d'éloges. »

     

    signé : illisible.

     

      Il doit s'agir de Jean-Pierre Gohin de Montreuil, né le 6 avril 1768 paroisse de Bonne Nouvelle à Paris ; fils de Pierre-André Gohin de Montreuil, Lieutenant Général des armées du Roi et de Hélène-Agnès de Stapleton, née commune de Chantenay près Nantes, mariée ville de Redon près Vannes. Il est lieutenant au régiment de Turenne en 1790 puis au régiment d'Autichamps.

      Il épouse le 2 Messidor an 12 (21 juin 1804) à Angers (3e arrondissement) Mademoiselle Angélique-Lancelote- Marie Ferron de Quengo, âgée de 20 ans, née commune de Pleurtuit, arrondissement de Saint-Malo le 24 janvier 1784 et domiciliée à Angers rue Lionnois. Elle est la fille de Joseph-Placide Ferron, lieutenant de Vaisseau décédé à Dinan et de Marie-Magdeleine Turpin de Crissé sa veuve, née et mariée commune d'Angrie. De cette union est issue :

     

    1° Marie-Angélique de Gohin, née le 17 avril 1807 à Angers (vue n°83/283).

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Dossiers Vendéens n° 1M9/268 de Montreuil (Gohin) - Registres état civil de la ville d'Angers, registre des mariages année 1804-3éme arrondissement.vue n°81/88 -  Photo de l'auteur. 

                                                              

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1794, Saint-Etienne-de-Corcouée en pays de Retz...... 

     

         

     

     

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....Dans toute guerre civile, il existe de braves gens... C'est pour cela que la Vendée est ''une terre de martyrs et de genêts en fleurs''.

     

    « Un meunier de Saint-Etienne-de-Corcoué avait embrassé le parti de la Révolution ; en 1794, il se fit guide des colonnes infernales et participa à leurs meurtres et à leurs pillages, souvent lui-même massacrait de sa propre main les paysans les plus riches pour s'approprier leur argent. Sa soif de sang et de rapine était si insatiable, que chaque jour il se lançait à la recherche de nouvelles victimes. Le soir venu, il s'enfermait dans sa maison et mettait tout son bonheur à compter, à la lueur d'une chandelle de résine, les écus qu'il avait volés. Il allait ensuite les entasser dans un lieu secret connu de lui seul. Un jour, il avait conduit une colonne incendiaire chez sa belle sœur pour la faire égorger avec ses filles. '' Elles ne pourront faire connaître, se disait-il à lui même, comment je suis devenu riche''. Mais un instant auparavant une autre colonne les avait emmenées à Saint-Jean-de-Corcoué, où elles furent incarcérées dans une chapelle. Furieux d'avoir manqué son projet, il se rend en hâte chez le commandant de Saint-Etienne-de-Corcoué et lui demande à exécuter lui-même les prisonnières. Le commandant recule d'horreur à sa proposition et refuse de lui livrer les prisonnières. L'infâme meunier menace de le dénoncer. ''Quand on tue des Royalistes, dit-il, on n'assassine pas, on purge la France de ses ennemis''. Pour toute réponse, l'officier indigné lui tourne le dos. Le meunier se rend à Villeneuve, où se trouve le général, pour se plaindre de son subordonné. '' Les prisonnières, lui dit-il, sont en possession de correspondances royalistes, et on ne veut pas que je les saisisse.'' Le général lui donne l'ordre de massacrer ses parentes et de leur arracher leurs papiers. Transporté de joie, il arrive au galop à Saint-Etienne, et exige du commandant l'exécution de l'ordre qu'il vient d'obtenir. L'officier qui par humanité voulait sauver les femmes prisonnières, lui répond qu'il ira lui-même leur retirer des mains les correspondances qu'elles possèdent ; il ne les trouva nanties que de livres de piété et de chapelets. ''Voilà, dit le commandant au dénonciateur, les séditieuses correspondances que vous suspectiez. - C'est assez pour mériter la mort, s'écrie le misérable meunier, sans délai il faut exécuter l'ordre que j'ai apporté.'' Le commandant ne trouvant plus de prétexte pour refuser, monte à cheval pour n'être pas témoin du massacre des malheureuses femmes, auquel il ne peut s'opposer. Le féroce meunier, libre alors de ses allures, s'arme d'un sabre, de pistolets, de poignards et court à la chapelle où sont en prières sa belle sœur, ses nièces et d'autres femmes. Et afin d'être plus libre dans ses mouvements, il quitte sa veste, relève les manches de sa chemise et se précipite avec fureur sur les victimes qu'il sabre, qu'il taillade et qu'il mutile. Bientôt le sang coule à grands flots sur le carreau. Un enfant, qui venait pour visiter sa mère, est témoin de cette scène affreuse ; il s'enfuit saisi d'effroi et va raconter ce qu'il a vu. L'assassin n'est pas aussi ému ; après avoir arraché le dernier soupir aux prisonnières, il va se laver au ruisseau voisin, et rentre tranquillement dans sa maison. Il s'était déjà couvert de tant de crimes qu'une aussi monstrueuse scélératesse ne lui faisait plus d'impression. Cependant il était un objet d'horreur pour tous les habitants. Tous ses vols l'avaient rendu riche. A la paix il fit de nombreuses acquisitions, mais plus il acquérait de biens, plus il excitait l'animadversion publique.

    Aux Cent Jours, les soldats de M. de Goulaine* passant chez lui, voulurent profiter de l'occasion pour débarrasser le pays d'un pareil monstre. M. de Goulaine s'y opposa ; il consentit seulement à ce qu'on lui administrât une bonne volée de coups de plat de sabre. Les paysans, malgré ses cris, n'y firent pas défaut. Il eut encore d'autres fâcheux contre-temps.

     

      *Monsieur Charles, Benjamin, Marie de Goulaine était chevalier de Saint-Louis, maréchal de camp, domicilié au château de la Grange-Barbâtre, né à la Grolle et décédé le 8 octobre 1821 à Saint-Etienne-de-Corcoué, à l'âge de 76 ans. 

     

     

      Plus tard, le misérable meunier tomba dans un état affreux de souffrances. On l'entendait mugir et hurler, les souvenirs du sang innocent qu'il avait versé, venaient s'ajouter à ses douleurs physiques. Dans ses accès de fureur, il criait : '' ayez pitié de moi ! '' D'autres fois il disait : '' Tuez-moi donc comme je vous tuais, achevez-moi, achevez-moi.'' Un jour, sa femme épouvantée court chercher un prêtre. ''Que venez-vous faire ici ?'' dit le moribond en apercevant ce prêtre ; et il s'emporte contre sa femme qui l'a introduit près de son lit ; '' Tu cries sans cesse, reprit cette femme : Les voilà ! Les voilà ! Ils viennent me chercher pour m'entraîner dans l'enfer ! Qui peut t'arracher de l'enfer, si ce n'est un prêtre ?'' Le prêtre cherche à calmer cet homme désespéré et lui parle des miséricordes de Dieu et de sa mère qui est au ciel. « Ah ! ma mère ! Elle a été égorgée dans la forêt de Roche-Servière et j'assistais à ce massacre ! Il n'y a plus de pardon pour moi ! Je ressens déjà les tourments des démons.'' Le prêtre l'exhorte à espérer malgré ses crimes et à offrir à Dieu ses souffrances pour leur expiation. '' Mais, reprend le malade, toutes ces femmes, tous ces petits enfants que j'ai massacrés, ne crient-ils pas vengeance contre moi ?'' Dans son accès de délire, il se relève, étend ses bras comme pour repousser la vision qui se présente devant lui, ses cheveux gris se hérissent sur sa tête, la sueur qui inonde son visage et la frayeur qui contracte ses traits le rendent hideux à voir. Le prêtre lui présente le crucifix, et à force d'exhortations l'amène enfin à se confesser. L'agitation dès lors cesse, bientôt le repentir succède au désespoir. Il appelle près de lui les enfants de ceux qu'il a égorgés et les supplie de lui pardonner, puis, faisant un effort suprême, il se traîne à leurs genoux et les conjure de le fouler sous leurs pieds pour se venger de ses forfaits. Cette attitude émeut ceux qui l'entourent ; vaincus par ses regrets qui paraissent sincères, ils le suivent à l'église où le bon prêtre les engage à prier pour le converti. Ce meunier vécut encore plusieurs années. Sa conduite devînt assez régulière, il allait à la messe, faisait l'aumône aux pauvres. Mais avec le temps sa première ferveur s'attiédit, l'amour de l'argent le fit de nouveau travailler le dimanche. Or, un dimanche, sa femme ne le voyant pas revenir à l'heure du dîner (midi à l'époque, le souper étant le repas du soir), est inquiète, elle court au moulin pour savoir ce qu'il est devenu. Elle le trouve baigné dans son sang : l'aile de son moulin qu'un coup de vent subit venait de mettre en mouvement lui avait fracassé la tête.

    Sa mort fut regardée, dans tout le pays, comme une juste punition du ciel ».

    Le lieu du massacre sur le cadastre de 1839 : 

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

    Et sur la vue aérienne Géoportail :

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    La tradition orale de Saint-Etienne-de-Corcoué ne semble pas avoir laissé le nom du meunier ainsi que les noms des victimes du massacre de la Chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué.  Et Monsieur l'Abbé Deniau, par discrétion, a fourni quand même assez d'éléments permettant une identification assez sûre du meurtrier. 

    Il s'agit donc aujourd'hui, d'essayer de retrouver un meunier ayant conduit une colonne incendiaire chez sa belle sœur et ses filles dans le but de les égorger. Celles-ci étant détenues dans la chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué, il obtient des républicains ''le feu vert'' pour les massacrer. Devenu riche par ses vols et ses massacres, il fait des acquisitions à la paix. 

    Encore vivant aux Cent-Jours (1815), Monsieur de Goulaine* lui fait administrer une volée de coups de plat de sabre par ses soldats.  

    Ce meunier décède un dimanche matin, quelques années après la Restauration à Saint-Etienne-de-Corcoué, tué par une aile de son moulin.... Le moulin se trouve à une certaine distance de son domicile, puisqu'on l'attend pour le repas du midi et que sa femme inquiète court vers le moulin et le trouve mort :'' baigné dans son sang''.

     

    En parcourant les actes de décès de 1815 à 1825, deux meuniers décèdent un dimanche matin.

    Le premier : Charles Bretagne, décède le dimanche 10 février 1816 à 9 heures du matin à son domicile au moulin à eau de la Forchetière.

    L'année 1816 semble assez proche des événements des Cent-Jours et Monsieur l'abbé Deniau nous dit que ce meunier a vécu plusieurs années après ces événements. De plus, un témoin présent lors du contrat de mariage de sa fille, Marie Bretagne, qui épouse le 8 juin 1809 à St Etienne-de-Corcoué, Jean Bossis, farinier ; est un ancien officier vendéen : Mr Augustin-Joseph Mornet-Dutemple*. Cet élément élimine de fait notre farinier; un officier royaliste ne pouvant se compromettre avec la famille d'un assassin.

     

    *Augustin-Joseph Mornet-Dutemple est né à la Benate le 10 janvier 1774, est décédé à la Gautrie à Saint-Etienne-de-Corcoué le 1er Janvier 1830, ancien capitaine de la paroisse de Saint-Etienne, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, avait reçu une épée de récompense en 1824 ; commandant de la Garde nationale, il avait épousé Marie-Modeste Hervouët. (vue n°1/10 décès année 1830) 

     

    Par contre, le personnage que nous allons découvrir maintenant est beaucoup plus intéressant, son parcours et surtout sa mort ''collent'' avec le récit de Monsieur l'Abbé Deniau, à un détail près : la mère du meunier, Jeanne Bouanchaud, n'a pas été tuée dans la forêt de Rocheservière, mais est décédée le 27 février 1787 à la Paquetière à Saint-Etienne-de-Corcoué.

     

    Jean-Baptiste  Gaillard est né le 29 août 1752 à Saint-Etienne-de-Corcoué (vue n°3/12 année 1752). Il est le fils de Jean Gaillard, farinier († 12.6.1787) et de Jeanne Bouanchaud, mariés à St-Etienne-de-Corcoué le 6 septembre 1751. Il se marie le 24 février 1778 à Saint-Etienne (vue n°2/15 -1778) avec Marie-Anne Delomeau, fille d'Etienne Delomeau et de Marie-Anne Beziau de la paroisse de Legé. Il exerce le métier de meunier et est domicilié  au village de la Normandière en 1796. De cette union sont issus :

     

    1° Jean-Baptiste Gaillard, né le 10 janvier 1779 à St Etienne-de-Corcoué et décédé le 14 janvier.

    2° Marie Gaillard, née le 27 avril 1780 à St Etienne-de-Corcoué.

    3° Jean-Baptiste Gaillard, né le 25 mai 1785 à St Etienne-de-Corcoué.

    4° Rosalie-Pélagie Gaillard, née 9 janvier 1788 à St Etienne-de-Corcoué.

    5° Anonyme Gaillard, né le 16 août 1796 et décédé le 17 au village de la Normandière à St Etienne de Corcoué.

     

    Le 17 août 1796 décès de Marie-Anne Delomeau au village de la Normandière, âgée de 36 ans et son enfant âgé d'un jour, baptisé et inhumé avec sa mère le 18. (vue n°21/29, année 1796).

    Veuf, Jean-Baptiste Gaillard épousera Jeanne Michaud. En 1824, ce couple est domicilié à la Boulangerie à St Etienne-de-Corcoué.

     

    Voici donc l'acte de décès de Jean-Baptiste Gaillard, en consultant la table des décès, nous remarquons une marque (un point) près de son nom ; comme si quelqu'un de la mairie avait voulu se rappeler de ce meunier ? (acte n°22, vue n°5/10 du 22 août 1824) :

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    «L'an mil huit cent vingt quatre, vingt deux août, huit heures du soir. Devant nous Aimé-Fidèle Menu, maire officier de l'état civil de la commune de Saint-Etienne-de-Corcoué, canton de Legé, quatrième arrondissement du département de la Loire Inférieure, sont comparus Jean-Baptiste Gaillard âgé de trente neuf ans, meunier, demeurant au Marché-Bachelier et Jean Gris âgé de trente neuf ans, meunier, demeurant au bourg, les deux commune du dit Saint-Etienne ; le premier fils et le deuxième gendre du décédé ci-après nommé ; lesquels nous ont déclaré que Jean-Baptiste Gaillard, né en cette commune, âgé de soixante quatorze ans (72 en réalité), meunier, demeurant en cette commune à la Boulangerie veuf en première noce de Marie-Anne Delhommeau époux en seconde noce de Jeanne Michaud, fils des feu Jean et de Jeanne Bouanchaud, est décédé ce jour, à midi et demi en cette commune à son moulin, près Favet ; les comparants ont signé avec nous après lecture ».

     

    signé : Jean-Baptiste Gaillard – Jean Gris – A.F Menu, Maire.

     

      Nous sommes le dimanche 22 août 1824, ce meunier est bien attendu pour le dîner à midi, son épouse, Jeanne Michaud , inquiète* nous dit l'abbé Deniau, part de la Boulangerie et court vers le moulin à vent de Favet et découvre son mari mort à midi et demi, c'est le temps qu'il faut pour parcourir la distance entre la Boulangerie et le moulin Favet. L'abbé Deniau nous dit que sa femme le trouve la tête fracassée par l'aile de son moulin mise en mouvement par un coup de vent subit : le vent ou un règlement de compte ???

      * Si l'épouse de Jean-Baptiste Gaillard est inquiète, c'est que connaissant le passé de son mari, elle s'attend à quelques ''mauvais coups'', non ? 

    Saint-Etienne-de-Corcoué, 1794....

     

     

    Au sujet des victimes de la chapelle de Saint-Jean-de-Corcoué ? Ce n'est pas Marie Braud épouse de Louis-Joseph Gaillard, qui se sont mariés le 7 février 1786 à St Etienne, puisque le 31 mai 1798 elle déclare avoir donné naissance à Julie Gaillard le 8 avril 1794 (naissance posthume).

    Peut-être Marie Jeanne Mignen qui a épousé Charles-Prudent Gaillard, boulanger, le 28 octobre 1788 ? Ou alors faut-il chercher du côté de Marie-Anne Delomeau-Delhomeau, première épouse de Jean-Baptiste Gaillard, originaire de Legé  ??

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée de Monsieur l'abbé Deniau TOME VI, pages 148,149,150 - Siraudeau éditeur à Angers. Archives départementales de la Loire Atlantique, St Etienne-de-Corcoué, St Jean-de-Corcoué, - cadastre de 1839 B3 section du bourg st Jean-de-Corcoué ; cadastre 1840 - E1- Coins (section des) St Etienne-de-Corcoué- Tables alphabétiques des successions et absences 1825-1831 vue n°48/118- Jean-Baptiste Gaillard - Photo de l'auteur. 

                                                              

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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    1815, Vive le Roi quand même !

     

      

      

    Vive le Roi ! « On n'a peut-être pas fait pour moi ce qu'on aurait dû, disait le brave Allard, mais il me reste le souvenir de ce que j'ai fait''. M. de Calais, qui avait pris les armes dès l'affaire des moulins de Cornet, qui avait fait constamment la guerre, et qui s'était échappé du désastre de Savenay, n'eut jamais aucune récompense ; à peine si on fit attention à lui. M. des Nouhes, qui, après avoir réussi à faire soulever, en 1815, les Royalistes des environs des Aubiers, s'était fait remarquer par sa bravoure dans le corps de M. Auguste de La Rochejaquelein, n'obtint pas le moindre titre honorifique. On lui avait fait espérer la croix de Saint-Louis, mais on sut toujours l'oublier. M. Boutillier du Retail, brave officier de l'armée du Centre, dont la famille fut en butte à tant de maux, vit ses sollicitations croupir dans les cartons du ministère. Les simples volontaires royalistes étaient, comme leurs officiers, l'objet des avanies et des dénis de la part des fonctionnaires publics. » 

     

      On dégrade même les gendarmes jugés trop royalistes... 

     

      « Massonneau de Saint-Georges-sur-Loire, qui avait perdu vingt huit membres de sa famille pendant la guerre et qui, en 1815, s'était arraché d'auprès de sa femme, prête à accoucher, pour voler sous la bannière de d'Autichamp, en criant : ''Vive le Roi quand même ! avait obtenu, après les Cent-Jours, le grade de brigadier de gendarmerie, mais trouvé trop exalté royaliste par ses chefs, ils le remirent simple gendarme. Massonneau veut qu'on sache pourquoi il est dégradé. ''Rassemblez la brigade, dit-il à son commandant, dégradez-moi devant elle, et dites-lui que je subis cette humiliation parce que je suis trop royaliste : mais vous aurez beau faire, vous ne m'arracherez jamais du cœur mon amour pour le Roi ; plus tard on me renverra, on me réduira à la misère, eh bien ! je ne l'en aimerai pas moins encore, car, voyez-vous, notre dévouement pour lui, ça ne s'ôte pas d'un cœur vendéen. C'est dans mon cœur d'aimer les Bourbons, ça tient à moi comme mon âme à mon corps. Je retournerai chez nous ; je dirai à mes enfants : « Enfants ! Je n'ai plus de pain à vous donner, voilà un bissac, allez frapper à la porte des honnêtes gens ; dites   : Nous sommes les enfants de Massonneau, et on remplira de pain votre bissac'' ». 

     

      Voilà où en étaient réduits les plus fidèles serviteurs de la Monarchie. 

      

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée de Monsieur l'abbé Deniau TOME VI, pages 431-432,  Siraudeau éditeur à Angers. Photos de l'auteur. 

                                                          

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Vive le Roi !


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    Les Mémoires de l’abbé Remaud, 7° partie…

     

     

    La Vendée Historique, 20 octobre 1899.

     

    Je songeai à former un établissement à la campagne ; mais il faillait encore, malgré la précaution que j’avais prise de changer de nom, que quelqu’un garantit la ferme que je voulais prendre. Mlle M… et ses parents me rendirent ce service. Une maison de campagne fort agréable dans la commune de Saint-Herblain, située à une lieue, de Nantes, fut mise dans les affiches : on afferma fort cher cette campagne, parce qu’elle était entourée de murs fort élevés, qui semblaient mettre à l’abri d’une surprise. On y fit pratiquer une cache ; je me rendis l’habiter avec mes amies.

    J’eu le bonheur de rencontrer dans cette commune un maire qui était un parfait honnête homme. Je le demandai ; je lui fis part de mon affligeante position. Il y fit sensible ; il me promit sûreté et protection. J’ai passé effectivement trois années fort paisiblement dans cette maison de campagne, me livrant aux innocents plaisirs de l’agriculture dans un jardin délicieux. J’y aurais volontiers passé le reste de ma vie ; mais je faisais sur cette ferme des pertes si énormes chaque année, que je ne pouvais la conserver sans déranger sensiblement la fortune de ma bienfaitrice.

    Pendant que je demeurais dans la commune de Saint-herblain, il s’éleva de nouveaux troubles dans la Vendée, et même dans le département de Loire-Inférieure. Les chefs des royalistes crurent pouvoir relever avantageusement leur parti. Je fus informé de ce projet et des mesures qu’on devait prendre. On me notifia les ordres de M. le lieutenant-général du royaume, pour reprendre les rênes de l’administration dans le pays insurgé. Je refusai formellement de me réunir à eux. Je me fis plusieurs ennemis dans le parti. La ville de Nantes fut attaquée par les insurgés, je demeurai tranquille dans ma solitude.

    Je ne fus pas longtemps à me féliciter sur ma résolution. Ce parti des insurgés fut anéanti ; Bonaparte s’empara du gouvernement dans le journée du 18 brumaire. Un des premiers actes du Consulat de Bonaparte prononça ma mise en liberté. Je reçus du département de Nantes un sauf-conduit. Je me rendis devant l’administration ; on me délivra acte de mise en liberté. Je respirai enfin. Il y avait près de cinq ans que j’étais obligé de me cacher, depuis la fin des premiers troubles de la Vendée.

    Quel ne dût pas être mon étonnement, quand je reçus, à cette même époque, une lettre de M. Voyneau, se disant représentant de Mgr l’Evêque de Luçon, qui m’annonçait que le Supérieur m’avait censuré pour avoir écrit une relation de la guerre civile en Vendée ! Je croyais avoir assez fait pour mériter quelques droits à son estime ; je répondis à cette lettre ; j’annonçai ma ferme résolution de demeurer désormais tranquille et de ne plus me mêler des affaires de l’Eglise et de l’Etat.

    Dans ces sentiments, je pris mes mesures pour revenir dans la Vendée finir paisiblement mes jours dans mes propriétés. Au moment où je formais ce projet, ma vie fut encore abreuvée d’une nouvelle amertume. Je perdis un frère que j’aimais tendrement et dont j’étais également aimé. Il mourut à Chavagnes, au milieu de son troupeau, la dixième année de la persécution. Cet évènement a répandu dans mon âme une tristesse qui n’en sortira jamais.

    L’époque de la fin de la ferme où j’étais allait expirer : je préparai mon départ, et je revins à Maché le 13 mars pour finir mes jours au sein de quelques amis fidèles, dans cette même maison où j’avais été sauvé du temps de la terreur, dix années auparavant.

    C’est là où j’ai cédé au désir de mes amis de mettre par écrit les principaux évènements d’une vie qui semblait devoir être heureuse, et qui a été partagée par toutes sortes de malheurs. Je les résume en disant que j’ai souffert, comme prêtre une double persécution. Après que j’ai eu échappé au fer de mes ennemis, le clergé m’a persécuté lui-même, sa conduite a été aussi remplie d’injustice que de contradiction (Ces faits se prouvent par la lettre du vicaire-général Voyneay et la correspondance de M. de Mercy.).

    Comme français, j’ai éprouvé d’autres tourments. Je me suis trouvé, par l’effet de la révolution, dans la nécessité d’occuper une des premières places dans l’administration civile qui a désolé ma patrie. Cette place m’a exposé à des fatigues inouïes et à des dangers qu’il est impossible de calculer. En outre de la haine de parti, elle m’a nécessairement procuré celle des patriotes, dont j’administrais les biens au nom du roi.

    A la suite de cette guerre, pendant laquelle ma vie était exposée nuit et jour, j’ai fait un long et pénible voyage, dans lequel j’ai éprouvé tous les dangers de la terre et de la mer. Ce voyage, que j’ai fait pour la cause de la religion et de l’honneur, a été suivi, pour moi, de nouvelles mesures de rigueur de la part du gouvernement.

    Enfin, un homme extraordinaire a paru….. Bonaparte m’a rendu a liberté. Je suis revenu dans la Vendée pour y vivre en simple particulier, au milieu de quelques amis toujours et partout fidèles.

    J’ai besoin de tous les moments qui me restent à passer sur la terre pour remercier la Providence de la protection spéciale qu’elle n’a cessé de m’accorder, surtout pendant les orages qui ont si souvent grondé sur ma tête depuis la révolution.

    Je déclare au petit nombre de mes amis, destinés à lire ce petit ouvrage, qu’il ne contient pas un seul fait dont je ne puisse donner la preuve la plus authentique. On y trouvera, peut-être, quelques répétitions, mais elles sont devenues presque inévitables, dans le récit que j’ai fait d’actions qui ont souvent été elles-mêmes une répétition de malheurs qui se ressemblaient plus ou moins.

    Pendant mon voyage, j’ai reçu l’ordre de faire des mémoires sur la guerre civile de la Vendée. J’ai employé six mois entiers à ce travail ; je l’ai soumis à plusieurs personnes éclairées, qui ont eu la bonté de me dire qu’elles en étaient satisfaites. Je l’ai consigné dans des mains sûres ; il était sous cachet. J’ai fait des tentatives pour me procurer cet ouvrage ; jusqu’à ce moment, elles ont été infructueuses. J’attendrai, dans le calme où je vis maintenant, que quelques voyageurs sûrs et fidèles puissent s’en charger. Quand il me sera parvenu, je le réunirai à cette petite brochure, que j’engage mes amis à lire avec l’indulgence et la bonté qui caractérisent leur attachement pour moi.

     

    A Maché, le 25 avril 1803.

     

    P.-F. REMAUD.

     

     

     

    FIN

     

    Les Mémoires de l'abbé Remaud, 7° partie....


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    La Seigneurie de Beaurepaire

     

             

    Le château de Beaurepaire vit le jour pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans, les premiers textes le mentionnent vers 1350. Né sous le signe des hostilités, il allait connaître au cours des siècles les épreuves du feu et du sang.

    Le manoir est le prototype même de la gentilhommière du bocage.

    Le vieux porche à portes charretière et piétonnière surmonté d’un blason aux armes des « De la Forest », est flanqué de deux tours défensives sur les quatre jadis existantes, on dit bien que dans une fut détenu un combattant vendéen et celle-ci fut nommée « la tour du chouan ». Le logis seigneurial quant à lui, fut reconstruit aux cours des 16ème et 17ème siècles.

    Ce logis possède une entrée décorée d’un bel arc en plein cintre donnant sur un large escalier à rampe droite. Les pièces intérieures possèdent des fenêtres à meneaux droits ou à croisés de pierre, ainsi que d’imposantes cheminées. Sous les bâtiments, existe une superbe cave voûtée. Les textes mentionnent une chapelle sous le vocable de St Georges, mais celle-ci fut détruite au cours des événements tragiques survenus en ce lieu, (les propriétaires actuels souhaitent dans un proche avenir la restaurer). Notons que la basse-cour comporte une tour porche ainsi qu’un pigeonnier le long du mur d’enceinte, celui-ci percé de meurtrières prouvant le caractère défensif de l’édifice.

    Le premier seigneur vers 1320 fut Nicolas Beau, qui eut pour enfant : Jean, Valet et Jeanne mariée le mardi d’après la St Martin d’hiver de l’an 1355 à Simon de la Forêt-Montpensier, chevalier habitant le Breuil-Chaussée. La famille De la Forêt ou « Forest » unie par mariages à l’illustre famille du Poitou, les « Du Vergier de la Rochejaquelein ». En effet, François du Vergier de la Rochejaquelein épousa vers 1570 Renée de la Forest, fille de René, seigneur de Beaurepaire en la paroisse de Terves ; Renée venue de François de Vignerot, Ecuyer, seigneur de Pont-Courlay devenant ainsi par la grâce de Dieu l’aïeule tout d’abord de la famille des Ducs de Richelieu par le fils de son premier lit, ensuite aïeule de l’illustre « Monsieur Henry » Généralissime des Armées Catholiques et Royales.

    Par mariages et successions, le domaine passa dans les familles suivantes :

    -          Josias de Sainte Maure, seigneur de la Guiroire, vers 1600

    -          Réné d’Appelvoisin en 1658

    -          Louis de Foudras, Comte de Château Thiers en 1705

    -          Hugues de Lezay, Marquis de Lusignem

    -          Luc Jerôme de Gibot, seigneur de Saint Mesmin

    Au cours de ces fameuses « Guerres de Géants » dixit Napoléon, le château de Beaurepaire eut à subir la rage des armées destructrices des armées républicaines. En effet, l’édifice fut brûlé deux fois par les colonnes infernales des républicains Westerman et Grignon, détruisant une importante partie des bâtiments dont la chapelle. Les occupants du château, de l’aveu même de la Marquise de la Rochejaquelein à la lecture de ses Mémoires, passaient pour être des fidèles de Monsieur Henri :

    -          Pierre Geay, fermier à Beaurepaire, participa au soulèvement de 1792 et devint capitaine de paroisse de Terves de 1793 à 1795.

    -          Jacques Martineau , métayer à Beaurepaire, fut aussi de ses fidèles participant à six batailles comme simple soldat dont celle du vendredi Saint 1794 au lieu dit «  St Benoit » (sur la route Boismé - Clessé) mais aussi celle de Vezins, St Pierre de Chemillé, La Chataigneraie, c’est dans cette bataille qu’il perdit son père. Dans l’année 1815, ne pouvant plus prendre les armes à cause de ses infirmités, Jacques Martineau fit partir quatre de ses domestiques dont l’un de ses frères tué à la bataille des Echaubrognes.

     

    Jacques Martineau cacha, aussitôt le serment des prêtres, des religieux dont l’abbé Proust curé de la paroisse et de nombreux royalistes ( les Blancs), dont Mr Du Fay et Mr Paulin régisseur à Clisson, dans une cache humide du château.

    -          Le fils Racaud fut élevé par la famille de La Rochejaquelein après que son père, domestique de Beaurepaire, eut été tué par les Bleus (les républicains) en voulant protéger « Monsieur Louis » au Bois Rocard, paroisse de Boismé le 28 juin 1832 lors du dernier soulèvement vendéen près d’un demi-siècle après la première « grand guerre ».

     

    A la Révolution de 1789, la seigneurie de Beaurepaire appartenait à Luc Gibot, seigneur de Lavau-Richer, paroisse de Chanteloup. Il en fut le dernier seigneur. Le domaine de 74 ha (terres, bois, garennes, étangs) fut vendu et passa entre les mains de divers propriétaires dont les derniers procèdent à une restauration prudente et passionnée.

     

    Christophe G

    Mai 2017

     

     

    La seigneurie de Beaurepaire, Terves....

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