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    Une « boucherie » à Pouzauges…

     

    Il fait très chaud dans mon bureau au moment où j’écris cet article et pourtant je vous propose d’aborder le mois de décembre 1793, à Pouzauges. Tandis que la Grande Armée est en déroute du côté de Blain et s’approche de l’issue fatale de Savenay, Charette, lui, à choisi de pousser une pointe dans la Haute-Vendée. En Arrivant, il chasse devant lui les postes républicains de L’oie, du Boupère et Pouzauges qui fuient à la Châtaigneraie. Le curé Dillon du Vieux-Pouzauges, farouche révolutionnaire bien connu écrit ainsi le 17 décembre : (1)

    « La garnison de Pouzauges était allée l’attaquer (Charette, au Boupère), mais quarante hommes seulement avaient fait feu, le reste s’était enfui sans se battre et s’était replié sur Pouzauges. Toute la garnison avec la municipalité avait foutu le camp… »

    Charette passe ainsi à Cerizay en arrivant par la Petite-Boissière le 18 décembre 1793, y massacre le poste républicain comme nous l’avons déjà vu ici. Le lendemain, il part sur Châtillon en passant par Pouzauges, Saint-Michel-Mont-Mercure et Mallièvre. C’est là qu’un peloton du général républicain Joba attaque l’arrière-garde de Charette, commandée par Couëtus. Voici la version républicaine de ces faits, puisée aux archives militaires (2) :

     

    « Copie de la lettre des administrateurs du district de la Châtaigneraye au général Commaire

    Un détachement de 60 hommes commandé par Joba s’est porté aujourd’huy 29 frimaire (19 décembre 1793) à Pouzauges : ils ont fait boucherie des brigands qui y étoient en nombre. Nous n’avons qu’un homme légèrement blessé ; Joba croit avoir tué Jollis (3) l’un des commandants des rebelles. Cette armée scélérate est en pleine déroute et paroit se diriger sur la Pommeraye. On leur à pris des chevaux et des voitures chargées de bled. Il s’agit de profiter du moment pour exterminer jusqu’au dernier./.

    Pour copie conforme

    à l’original

    Preaud

    Adjoint »

     

    Voici à présent la version vendéenne, vue par Pierre-Suzanne Lucas de la Championnière (4) :

    « … Nos charrettes et nos malades furent aussi attaqués à Pauzauge (sic) : après que l’armée en fut partie, vingt-cinq cavaliers tombèrent sur l’arrière-garde commandée par M. de Couëtus et sabrèrent tous ceux que la maladie ou leurs blessures empêchèrent de se sauver : c’est là que périt le nommé Peigné de Machecoul ; il était ivre et ne put jamais monter à cheval. Un officier républicain de Bergerac avait été miraculeusement sauvé du massacre des Quatre-Chemins, et nous suivait à pied depuis ce moment ; il se trouva ce jour-là faire partie de l’arrière-garde et fut sabré, tant il est vrai qu’on ne peut éviter son sort. »

    Et vous, Pouzaugeais républicains comme vendéens, quelle est votre avis ?

    RL

    Juillet 2018

     

    Une "Boucherie" à Pouzauges....

      

    Notes :

    (1)  Jean Artarit, « Dominique Dillon , curé, Vendéen et révolutionnaire », CVRH, 1995, p. 136. D’après le fond Dugast-Matifeux, bibliothèque municipale de Nantes.

    (2)  SHD B 5/7-83, v. 16 et 17/17, bulletin analytique compris.

    (3)  On ne sait qui les républicains croient avoir tué, mais ce n’est certes pas Joly

    (4)  « Mémoires sur la Guerre de Vendée », rédigés en 1798 et publiés en 1902, p. 65.


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    Pierre Brochard, de la paroisse de Saint-André-de-la Marche, 

    tambour dans la compagnie des Chasseurs de Beaupréau. 

                 

                            

      

    Pierre Brochard...En 1793, Pierre Brochard est âgé de 12 ans... tambour, il accompagne son père dans les combats, ce dernier sera tué outre-Loire à la suite de la bataille de Savenay et fusillé à Nantes.

    Pierre Brochard est né le 1er juillet 1781 à Saint-André-de-la-Marche. Il est le fils de Pierre Brochard - fusillé à Nantes - tisserand et de Jeanne Goujon. En octobre 1793 il traverse la Loire avec la Grande Armée Catholique et Royale et fait toute la campagne. Rescapé de la bataille de Savenay, il traverse le fleuve et rentre en Vendée où il trouve sa maison pillée et dévastée. Il continue le combat dans l'armée de Monsieur Lhuillier comme tambour et est présent à presque toutes les affaires. Le 24 janvier 1803 (4 Pluviôse an 11) – (vue n°77/161) il épouse à Saint-André Renée Dabin, née le 17 mars 1774 à Saint-Macaire, fille de Jacques Dabin tisserand et de Jeanne Bretaudeau. De cette union sont issus, entre autres enfants :

     

    1° Renée-Marguerite Brochard, née le 20 septembre 1804 à St André (3 complémentaire an 13).

    Marie Brochard, née le 29 mars 1810 à St André.

    3° Jean-Baptiste Brochard, né le 7 décembre 1811 à St André.

    4° René Brochard, né le 24 mars 1815 à St André.

     

    Devenu veuf le 20 octobre 1833, il épouse le 26 mai 1834 à St André, Marie Morillion née le 19 mai 1800 à Saint-Germain-sur-Moine, fille de René Morillion, tisserand et de Marie Bégaud (vue n°84/184 -1829-1839 - St André), de ce deuxième mariage sont issus des jumeaux :

     

    1° Pierre Brochard, né le 28 août 1840 à St André- † le 9 septembre 1840.

    2° Rose Brochard, née le 28 août 1840 idem.

     

    Le 24 mai 1825, il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « Brochard Pierre, tisserand au bourg de St André de la Marche âgé de 44 ans

     A Messieurs,

     

    Les Commissaires chargés de proposer à son Excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre la distribution des fonds accordés en vertu de l'ordonnance de sa Majesté du 29 décembre 1824. 

    J'ai l'honneur de mettre devant vos yeux les services que j'ai rendu pendant la durée de la guerre de la Vendée. Au commencement de la guerre, j'étois encore jeune mais dévoué pour le soutien de la juste cause. Je me suis trouvé en toutes les grandes affaires qui ont eu lieu. J'ai été tambour dans l'armée de Monsieur Lhuillier chef de Division de Beaupréau dans la compagnie des Chasseurs. J'ai toujours soutenu le poste tant dans la Vendée que dans la Bretagne. Le poste était très fatiguant mais je l'ai toujours soutenu tout de même avec courage. 

    Dans la grande Bretagne j'ai perdu mon père qui fut pris après l'affaire de Savenay et sacrifié à Nantes, il était un brave soldat. 

    Je rentre en la Vendée après la défaite de l'armée à Savenay, je trouve notre pauvre maison toute pillée et dévastée à mon arrivé à Saint André, me voilà dans le plus pitoyable état, ayant perdu mon père, tout ce que nous avions. 

    Resté sans secours, fatigué de tant de traverses que j'avais essuyé que je puis vous aparé que ma santé n'en a pas été meilleure depuis, à toutes ces peines et misères ; j'espère que vous y serez attentifs. Vous n'abandonnerez pas un pauvre malheureux qui a tant souffert et tant fait pour la guerre. Vous verrez la perte de son père, la perte de toute sa fortune, être réduit à la plus grande indigence, n'ayant que mon pauvre métier de tisserand pour gagner ma vie et celle de ma famille, que cela vous touchera, vous me rendré participant auprès de son Excellence la Ministre de la Guerre des bienfaits de sa Majesté. 

     

    Vous obligeré Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.   

    ne sait signer. - A St André le 24 mai 1825. » 

     

    Certificat des Officiers : 

     

    « Nous soussignés, anciens chefs des armées Royales de l'Ouest certifions que nous avons parfaite connaissance que Pierre Brochard, tisserand à Sainte André de la Marche, marcha sous notre commandement dès le commencement de la guerre, qu'il a assisté à presque toutes les affaires en qualité de soldat tambour et qu'il a toujours servi avec honneur et distinction en foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison, son père mort à l'armée. 

    A St André de la Marche le 24 mai 1825. 

     

    Signé  : 

    Pierre Hulin- chef de Batallion – Tinguy ancien capitaine – Lhuillier Colonel chevalier de StLouis – Soyer – Le Marquis de la Bretesche- chef de Division. » 

     

    Pierre Brochard...

    Sources:  

    Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Pierre Brochard - dossier 1M9/88 - copie du certificat des officiers. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Saint-André-de-la-Marche.

    Photo de la figurine d'un tambour Vendéen de l’Atelier Barthélémy extraite de "Vendéens et Chouans".

     

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    14 juillet 2018,

    Les Amis du Pont-Paillat et la troupe des Cœurs de Chouans…

     

     

     

    Comme chaque année, le Souvenir Vendéen honore la mémoire de Jacques Cathelineau. Une fois encore, les Amis du Pont-Paillat ont répondu à l’appel avec une manifestation qui commençait pour eux dès 10 h 00 à Champtoceaux sur les rives somptueuses de la Loire. Il fallut attendre un peu avant que la trentaine de participants puisse se réunir enfin et prendre le traditionnel café servi par Jacqueline.

     

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

     

    De là, nous partîmes enfin pour Vau-Brunet, lieu de massacre de 28 personnes, sous la conduite de Nicolas, dans l’un de ces chemins creux si authentiques que l’on affectionne tout particulièrement aux Amis du Pont-Paillat. Un instant, devant les costumes de nos amis des Cœurs de Chouans et les nôtres, nous nous crûmes 224 ans en arrière et je demeure persuadé que notre cortège sillonnant ce chemin de douleur fut vu depuis l’Au-delà. C’est là que Nicolas nous exposa avec une précision d’horloger le déroulement des 3 massacres de Champtoceaux et dénoua tous les mystères qui s’attachent à la grotte aujourd’hui disparue de Vau-Brunet. La fraîcheur du chemin était la bienvenue et nous tardâmes un peu à revenir aux voitures.

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

     

    Nous rejoignîmes ensuite un second lieu de massacre, dans la Forêt du Parc, en direction de Saint-Laurent-des-Autels et ce fut encore une fois sous la conduite experte de Nicolas, que nous découvrîmes l’emplacement d’une fosse commune, dont l’histoire lui avait été racontée en détails par Jean-Camille Emeriau, l’historien du pays que les Amis du Pont-Paillat connaissent bien. Nadine, ma femme, ayant travaillé par le passé sur les victimes de Drain, nous pûmes assez facilement retrouver les noms des personnes de cette paroisse qui furent massacrées dans la forêt du Parc. Hélas, beaucoup de femmes et d’enfants en bas-âge. On connaît le courage et la mentalité des soldats de l’An II républicain et il serait superflu d’y apporter une quelconque démonstration.

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    L’heure du repas arrivait et Charles-Antoine nous attendait chez lui, à Saint-Laurent-du-Mottay, dans un véritable havre de paix au milieu de la campagne maugeoise. Ici, nous trouvâmes de l’ombre autant pour les gens que pour les voitures, ainsi qu’un apéritif préparé avec soin.

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

     

     Il était tentant de se laisser aller aux discussions sans fin sous les arbres après le repas, mais nous devions rejoindre Saint-Florent-le-Vieil pour la commémoration de nos amis du Souvenir Vendéen à la chapelle Saint-Charles, lieu de sépulture de Jacques Cathelineau et de son fils Jacques-Joseph, tué lâchement par les orléanistes au manoir de la Chaperonnière en 1832. En ce sens, les républicains ont eu plus de mérite de tuer le père que les vulgaires assassins qui ont tué le fils, à la manière que l’on connaît. A noter, qu’outre Patrick Garreau, la biographie de Jacques Cathelineau nous fut présentée par son descendant direct, Philippe de Cathelineau que les Amis du Pont-Paillat avaient déjà rencontrés chez Antoine, lors de la sortie sur Angers le 24 juin 2017.

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

     

    Mon Dieu qu’il faisait chaud dans cette chapelle ! Après le dépôt de gerbe et les honneurs rendus au Saint de l’Anjou, il était temps de suivre le très long convoi de voitures du Souvenir Vendéen, afin de nous rendre à notre dernière étape : le splendide et mystérieux château du Bas-Plessis, pour à nouveau, honorer Cathelineau, devant l’impressionnant monument qui lui est dédié dans le parc. Une allée de 280 mètres de longueur, parfaitement entretenue et dont le moindre brin d’herbe est surveillé avec soin, débouchant sur un monument à la gloire d’un roturier, de l’un de ces gens « qui ne sont rien »,  au sein d’une propriété de haute-noblesse : voici la France que l’on chérit…

    14 juillet 2018....

    14 juillet 2018....

     

    Le temps passé à saluer ceux que l’on connaît et à dire au-revoir à ceux que l’on quitte, puis il fallait bien rentrer à la maison. A l’heure où j’écris ces lignes, je sais que la flamme de la Vendée brille encore dans l’ombre d’une nuit d’été, quelque part dans les Mauges, car figurez-vous que nos amis des Cœurs de Chouans fêtaient ce jour-même, leurs vingt années d’existence !

     

    RL

    Juillet 2018

     

    Les compte-rendu de Nicolas est ici.


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    Sciées vivantes…

    Les abominations de la Flocellière…

     

     

    Le mardi 28 janvier 1794, la colonne infernale de Grignon arrive à la Flocellière. Je ne publie pas ici tout le détail des dénonciations publiées par Lequinio mais seulement ce qui concerne quelques détails sur les massacres dans la paroisse. Ces témoignages émanent de Vincent Chapelain, dont nous avons déjà parlé (1).

    On trouve aux Archives Nationales, un « Mémoire pour Grignon » de 85 pages, assez cocasse, dénonçant justement Vincent Chapelain, maire de la Flocellière, qui a osé s’élever contre la conduite de Grignon. Je cite (p. 33) : « Chapelain ne débite que des mensonges ». Les explications qui y sont données sur les causes de la Guerre de Vendée sont si rocambolesques que je n’estime pas indispensable la lecture de cet ouvrage, sauf peut-être afin de mieux comprendre comment les assassins de 1794 tenteront de se justifier après Thermidor. Le témoignage, entre autres choses de Chapelain sur la Flocellière :

     

    « Grignon m'enjoignit de le suivre à la Floutière, dont j'étois maire ; j'offris de lui donner une liste de grands coupables ; il me dit que c'étoit inutile ; il fit égorger les hommes de ma commune sans me consulter ; la troupe pilla, incendia à tort, et à travers ; je le mentionne pas les cadavres épars faits par le soldat ; on viola les femmes, et même trente passèrent sur une de 70 ans ; un oeil poché et d'autres désagrémens, n'en exemptèrent pas une autre. On coupa un patriote et sa servante, en morceaux, ainsi que deux vieilles femmes, dont l'une étoit en enfance, etc. etc ; quatre pages d'etc. etc. etc. Dix-neuf prisonniers envoyés du Boupère, et faits par la garde de cette commune, furent égorgés par ordre de grignon ; on en fusilla encore cinq d'une seule métairie de la Floutière ; quatre-vingt hommes, femmes et enfans se retiroient à la Châteigneray, avec des laissez-passer de la municipalité de St. Mars ; six soldats les arrêtent, les conduisent à la Floutière ; Grignon fit casser la tête à six hommes, et ne renvoya que les vieillards, les femmes et les enfans. Il refusa de rendre aux femmes et aux enfans des morts, l'argent qu'ils avoient. 

     Grignon me dit, qu'en entrant dans la Vendée, il avoit juré d'égorger tout ce qui se présenteroit à lui ; qu'un patriote n'étoit pas censé habiter ce local ; que d'ailleurs la mort d'un patriote étoit peu de chose, quand il s'agissoit du salut public ; je lui dis que cette dernière proposition étoit une vérité, mais qu'il ne falloit pas en abuser, du reste qu'il y avoit bien des patriotes qui, pour le bien public, affrontoient les dangers. 

    Je lui disois un soir : il y a quelques métairies ici où l'on trouveroit bien de l'argent ; il crut que je voulois les faire piller, et me dit : voilà où je vous connois républicains ; je baissai les yeux et ne répondis pas. Il disoit un jour : on est bien mal-adroit, on tue d'abord ; il faudroit d'abord exiger le porte-feuille, puis l'argent, sous peine de la vie, et quand on auroit le tout, on tueroit tout de même...»

    Ce texte est connu, comme d’une manière générale, les dénonciations exposées par le pourtant « très républicain » Joseph Lequinio. On pourrait douter un tant soit peu de ce témoignage mais nous avons la chance d’en avoir l’écho dans un témoignage vendéen déjà publié par ma femme ici et mais que je me permets de vous livrer à mon tour. Si on peut avoir le doute de la source, avouez que les faits racontés cadrent plutôt bien avec ce que nous avons vu plus haut :

    « …B : Et ensuite que s’est-il passé ?

    SV : A la Flocellière, je me cachais, surtout après Noël 1793, vu ce qui était arrivé à Savenay. Puis Séguy, procureur de la commune et Guignard, secrétaire, ont été guillotinés à Fontenay après avoir été dénoncés. Moi aussi j’avais fait partie du comité de la Flocellière.

    B : Vous aviez peur ?

    SV : Plus que ça, oui. Un véritable pillage du bourg, des hommes égorgés, des femmes violées et même coupées en morceaux. Les gars Lumineau massacrés à la Fromentinière, des demoiselles de Marboeuf sciées vivantes, tu m'entends, sciées vivantes. »…

     

    Bien entendu, le château de la Fromentinière actuel n’existait pas.     La Fromentinière sur le cadastre de 1840 des AD85 (3 P 090 AD 011).    

    Attention, le Nord se situe sur la gauche du plan.

    Sciées vivantes....

    Sur la vue aérienne de Géoportail. On comprend que le côté Est a probablement été reconstruit tandis que la partie Sud a disparu. A quoi ressemblait le logis en 1794 ?

    Sciées vivantes....

     

    On comprendra aisément que la forme de la cour du logis a dû bien changer depuis 1794 et que les bâtiments situés au Sud sur le cadastre ont aujourd’hui disparu.

    Sur place :

    Sciées vivantes....

    Sciées vivantes....

    Sciées vivantes....

    Sciées vivantes....

    Ainsi, encore une fois, ces détails de la petite histoire qui font la grande…

     

    RL

    Juillet 2018

     

     

     

    Notes :

    (1)  « Guerre de la Vendée et des Chouans, par Lequinio, représentant du peuple, député par le département de Morbihan. » Paris, Pougin, An III, octobre 1794.

    (2)  Archives Nationales, AD XVIII C 306-16. Ouvrage in-8, édité le 25 décembre 1794.

     

     

     


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      Qu'est, le maire de Pissotte, devenu ? 

                 

                            

    Au nom de la République Française

     

                      

    EGALITE - LIBERTE OU LA MORT 

     

     

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?« Nous Représentants du peuple envoyés par la Convention Nationale à l' armée des Côtes de la Rochelle, instruits que le C............ maire de Pissotte entretient des correspondances criminelles avec les Brigands :

    Enjoignons à l'administration du département de la Vendée de nommer un commissaire pris dans son sein pour se transporter avec force armée, que nous autorisons à quérir à la maison du dt........... maire de Pissotte, de s'assurer de sa personne et de ses papiers et dans le cas où le dit........ ne se trouvant pas chez lui :

    2° De faire apposer les scellés sur ses meubles et effets, comme devant être déclaré émigré ou faire partie de la force des rebelles. 

    Fait à Fontenay le Peuple, le 10 7bre 1793 ( 10 septembre 1793), l'an 2 de la République française une et indivisible ; s

    signé Bellegarde et Fayau. »

     

     

    Mais qui est le maire de Pissotte  ? son adresse ??

     

    Les communes ont été créées dans la suite des communautés d'habitants de l'Ancien Régime, et les premières municipalités ont été élues en février 1790. De 1790 à 1792, les élections sont censitaires. De l'automne 1792 à 1795, le suffrage est universel, à nouveau censitaire sous le Directoire (1795-1799), puis universel sous le Consulat et l'Empire (1799-1815). Mais c'est alors que commence le régime de la nomination des maires qui perdure sous les régimes suivants jusqu'à la seconde République (1848-1851) ; où les maires sont à nouveau élus alors que le suffrage redevient universel. Il le demeurera définitivement. Toutefois, le second Empire reprend la nomination des maires, à laquelle la troisième République renoncera en 1871.

    Il est à noter qu'aucun maire n'a véritablement été élu au suffrage universel direct. Ce sont les conseillers municipaux qui le choisissent. Mais à plusieurs reprises et sur des périodes assez longues, les maires ont été nommés par le pouvoir et imposé à leur conseil.

    En ce qui concerne Pissotte, en 1790, Nicolas-Louis-Antoine NICOLAS fait partie des électeurs du canton de l'Hermenault ( L168 pièces jointes ).

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

     

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

     

    Du 19 janvier 1793 jusqu'au 17 Brumaire de l'an 4 (8 novembre 1795), on lit que l'officier public Nicolas-Louis-Antoine NICOLAS signe les actes de l'état civil (AC 176).

    Le 2 Brumaire de l'an 4 (24 octobre 1795), c'est François Dutemps* qui a été élu agent municipal (maire) par l'assemblée municipale (L178 - cf pièces jointes).

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

     

    A partir du 30 Frimaire de l'an 4 (21 décembre 1795) les actes d'état civil sont signés ''François''.

     

    * Marie-Hyacinthe-François François du Temps, maire de Pissotte, né à l'Orbrie le 16 septembre 1769 et décédé à Pissotte le 2 août 1863, il avait épousé d'abord au Langon, le 21 octobre 1798, Marie-Louise-Emilie Guillet, née à Auzay le 3 septembre 1774, décédée à Pissotte le 5 juillet 1806, fille de Jean Guillet Sieur du Clouzy et de Marie-Louise-Stéphanie Gravier ; puis à Pissotte le 12 octobre 1811, Marie-Esther Sabouraud, née à Nieul-sur-l'Autize le 7 décembre 1792, décédée à Pissotte le 15 juillet 1862, fille de Pierre-Ambroise-Etienne Sabouraud, sieur de la Sablière et de Marie-Thérèse-Rosalie Boutheron. 

      

    Les Représentants du Peuple recherchent donc Nicolas-Louis-Antoine NICOLAS puisque celui-ci signe les actes d'état civil du 19 janvier 1793 jusqu'au 17 Brumaire de l'an 4 (8 novembre 1795).

    Nicolas-Louis-Antoine NICOLAS est né le 27 octobre 1739 à Pissotte (vue 21 BMS 1736/1750). Il est le fils de Nicolas NICOLAS Sieur de la Toumerie et de Françoise d'Enfer. Licencié ès Lois, il épouse en premières noces Françoise-Henriette du Temps, née le 8 mars 1739 à Pissotte ; fille de Jean François du Temps, licencié ès lois, maire, échevin de la ville de Fontenay et de Catherine-Henriette d'Enfer. Devenu veuf, il épouse à Bourneau, le 20 avril 1773 Julie-Louise-Justine Rousseau de Landérie (vue n°145/172) ; fille de Pierre Rousseau de Landérie, licencié ès lois et de Angélique Drillaud, née le 26 septembre 1750 à l'Hermenault. De ces deux unions sont issus six enfants, trois sont encore en vie en 1815 : un garçon et deux filles. Cette famille est domiciliée en 1793 aux Gourfailles à Pissotte.

     

    La famille est aisée puisque la succession de Louis-Antoine NICOLAS en 1815 (clas 2Q2970 n°536 -vue 157/215- succession du 9.2.1814 au 29.12.1815- succession du 1er janvier 1815, vue 140/193 -succession du 11 avril 1834 vue n°115/140) nous informe que son épouse, son fils Marie-Louis NICOLAS, et ses deux sœurs sont héritiers de :

     

    1° Une maison et enclôture des Gourfailles plus la métairie des Gourfailles, le tout situé dans les communes de Pissote et de Fontenay, estimée à douze cents francs de revenus au capital de 24000 francs.

    2° La métairie de la Lombardière exploitée par le nommé Poupin par ferme verbale 1320 frs de revenus au capital pour la moitié de 13200 francs.

    3° La métairie de Braille-les-Loups au village de la Chabossière  commune de Bourneau...

     

    Mais qu'est devenu le maire de Pissotte ?

         Par contre, nous ne savons rien concernant la suite donnée au courrier les Représentants du Peuple :

     

    Nicolas-Louis NICOLAS a-t-il vraiment entretenu des correspondances avec les insurgés ? Etait-il royaliste ? A-t-il reçu la visite de la force armée ? A-t-il été arrêté, ses papiers et ses biens saisis ?

    Les scellés sur ses meubles et effets ont-ils été apposés ? A t-il été déclaré émigré ou a t-il fait partie de l'armée des rebelles ? L'histoire locale reste muette sur le sujet.

    Ce que nous savons, c'est qu'il a échappé aux poursuites et est sorti indemne de la période révolutionnaire, puisqu'il meurt le 1er janvier 1815 aux Gourfailles à Pissotte (vue n°213/302) état civil de Pissotte). Son épouse, Justine Rousseau, propriétaire, décède à Fontenay le 11 avril 1834 (vue n°115/140 successions), en son domicile rue de la Fontaine, âgée de 83 ans, née à Bourneau (Décès de Fontenay vue n°32/119).

     

    Sources :   

    1-Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – Registres d'Etat civil de Pissotte – Bourneau – successions et absences) 

    2-Cadastre de 1810 commune de Pissotte section D, Les Gourfailles. 

    3-Les familles de Vendée – famille François du Temps – déposé le 1er mars 2010 par Christian Frappier, modifié le 12 décembre 2010 – Registres paroissiaux et d'état civil '' de châteaux et logis'' de Guy de Raigniac-   

    Dictionnaire des familles du Poitou. 

    Les autres sources sont énumérées dans le texte. 

    4-Photo de l'auteur.  

                                                        

    X.Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

    NDLR : On sait que les Gourfailles, citées dans ce texte, furent le siège du prieuré Saint-André des Gourfailles, fondé le 6 mai 1190 par Richard Cœur de Lion. Archives Historiques du Poitou, 1872, tome 1er, p.622.

     

     


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