• François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

    François Coudrin, capitaine de paroisse de Montravers...

     

     

     Tandis que d'autres célèbrent le passage à la nouvelle année avec force ripaille et débordements en tout genre, nous avons choisi de travailler à nouveau sur la Vendée Historique et plus précisément sur Montravers, petit village oublié du Nord des Deux-Sèvres où nous étions avec notre avant-dernier article.

     

    Lors de l'insurrection de 1793, les montraversais se sont choisi Jaques Vaye comme capitaine de paroisse. Celui-ci est tisserand et décèdera à l'âge de 78 ans, au service du curé Violleau dont nous avons déjà raconté brièvement l'histoire ici.

     

     Peut-être un peu trop âgé pour continuer à mener des combattants (il a plus de 45 ans), Jacques Vaye a probablement laissé son commandement au jeune François Coudrin à partir de 1794. Il figure dans la liste du Tome V de Crétineau-Joly & Drochon où son nom est orthographié « Vé ». 

     

    Jacques Vay (écrit Vé), SHD XU 33-13, 6 décembre 1815.

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

     

     

    François Coudrin, dit « le Jeune » afin de le distinguer de son oncle portant le même prénom est né le 27 août 1773 à Montravers de René Coudrin et de Marie-Anne Baudin. Il exercera le métier de charron au village de la Tallerie, comme son père.

     

    Acte de naissance et de baptême d'après le curé Violleau ci-dessous :

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

    François Coudrin a donc 21 ans en 1794. Il a déjà fait la campagne de 1793 comme simple soldat. Dans son nouveau grade de capitaine, il sera en activité sans discontinuer jusqu’en 1796. Il reprendra les armes en 1799 et sera encore à son poste en 1815. Il sera blessé d’un coup de sabre au poignet gauche à Luçon en 1793, probablement lors de la troisième affaire du 14 août. De son mariage avec Marie Bodin, il aura :

     

       Marie, née en 1799 (date inconnue par faute de registre).

       Jeanne-Renée, née le 28 fructidor an IX (15 septembre 1801)

       Rosalie, née le 15 germinal an XIII ( 5 avril 1805).

       Louise-Marie, née le 23 août 1809.

     

    Un cinquième enfant oublié par l'abbé Gabilly dans sa monographie sur Montravers (1910):

     Josef (sic), né le 4 décembre 1813.

     

     François Coudrin deviendra maire de Montravers de 1816 à 1825 et c'est en cette qualité qu'on le retrouve contresignant les demandes de pensions de soldats de la paroisse que l'on trouve aux AD79 (R/69, liasse de Montravers, préciser au chef de salle, afin que l'on ne vous ramène pas les treize paroisses du Nord-79). Notons qu'une liste de 54 noms de combattants fut publiée en 1910 par l'abbé Gabilly et que nous avions reprise dans notre cahier "Promenades en Bressuirais", Vendée Militaire, 2003.

     Le 11 juillet 1817, Louis XVIII lui attribue un brevet et un fusil d'honneur. Le ministère de Decazes, ami de Fouché, le "Mitrailleur de Lyon" et qui ne supporte pas les Vendéens, retardera sans doute les honneurs dus à ces paysans, qu'un autre appellera du nom de "Géants". C'est ainsi que le brevet et le fusil ne seront expédiés chez François Coudrin, que le 30 janvier 1821 ! La fille aînée de François Coudrin, Marie, qui s'est mariée le 22 juin 1833 avec Jean Guillet, tailleur de pierres,  de Saint-Mesmin et qui habite une maison de la "Grande-Branle" de Saint-Mesmin que nous connaissons bien, a conservé pendant longtemps le fusil d'honneur de son père, avant qu'il ne soit vendu en pièces à un brocanteur... Ce genre d'histoire n'est pas exceptionnel car Dominique Lambert de la Douasnerie relate, dans le SAVOIR N° 68 (p. 26) qu’une famille des Mauges, il y a une soixantaine d’années, laissait les enfants jouer aux Cow-Boys et aux Indiens avec le fusil d’honneur de l’ancêtre récompensé pour ses glorieux états de service…

     

    François Coudrin (indiqué par erreur comme né en 1778) dans le registre du 4° corps de l'Armée Royale, SHD XU 15-49, 1815.

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

     

     François Coudrin décèdera le 7 avril 1838.

     

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

     Sa tombe n'existe plus dans le cimetière de Montravers mais nous avons découvert celle de sa fille Rosalie et qui est aujourd’hui menacée de destruction.

     

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

     

     

    Une croix de bois, quelque part, près du village de "Pierre-Couverte" sur des chemins que François Coudrin a sûrement parcouru, juste pour se souvenir, qu'ici vécut un peuple de "Géants".

     

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     

     

     

     

    RL

     Décembre 2004,

     les premières minutes du

     Jour de l'An 2014,

     

     

     Un grand merci à mon épouse pour sa précieuse collaboration à la lecture des registres... 

    Sources: "Histoire d'une paroisse du Bas-Poitou, Montravers....", 1910, AD79, R/69, SHD, registres paroissiaux et d'état-civil.

     

    Mise à jour : photos du fusil de François Coudrin en cliquant sur l'image :

     

    François Coudrin capitaine de paroisse de Montravers....

     


  • Commentaires

    9
    Marigny
    Vendredi 29 Juillet 2016 à 11:49

    Je découvre ce site très intéressant, bien rédigé, avec un regard d'historien comme je l'aime.

    Spécialiste des armes militaires je viens de publier un livre sur les armes de la grande armée vendéenne chez Crépin-Leblond si vous êtes intéressé?

    Je connais personnellement très bien l'histoire et le propriétaire de cette arme de récompense qui est un ami.

    Originaire de Courlay c'est évidemment avec" gourmandise" que je regarde ce fusil.

    Un de mes aieux a battu la campagne et ma famille s'est unie à la famille Texier ce dont je suis honoré.

    En dehors d'un parent coté "femme" qui a fait toute la campagne et a eu la chance de revenir je n'ai pas trouvé mon patronyme dans les combattants et pourtant un de mes aieux est né en 1763 à Courlay où il exerçait le beau métier d'agriculteur.

    Beaucoup de mes parents sont évidemment dissidents.

    Continuez à nous enchanter par vos découvertes.

    VLR

      • Vendredi 5 Août 2016 à 15:23

        Désolé de ne pas avoir validé plus tôt votre commentaire, je n'étais pas chez moi.

        Je note dans un coin votre demande et je vous préviens si je trouve quelque chose.

        Pas de souci si la rédaction d'un billet vous fait envie. Il faudra pour cela nous arranger par mail, tout comme pour les sorties des "Amis du Pont-Paillat" si elles vous intéressent.

        Bien à vous,

         

        RL

      • Marigny
        Jeudi 4 Août 2016 à 18:31

        Bonjour

        Merci, j'ai conversé ce matin? grâce à vous? avec Xavier, il m'a recommandé de vous écrire en tant que "pays", et voisin du président du SV.

        Si vous pouvez, au hasard de vos recherches, trouver un Louis Puaud natif de Courlay en 1763 cultivateur de son état, soldat du Roi, ce serait pour ce qui me concerne un immense honneur.

        Il y a de fortes chances que ce soit le cas les indifférents ou républicains étaient rares en ces terres du capitaine Texier, mais seule une preuve indiscutable d'archive peut faire foi les à peu près ne sont pas de mise.

        Je continue la lecture de votre blog et je suis sous le charme.

        Bien entendu si je peux dans mon prérimètre de compétence rédiger quelques "billets" je m'en ferais un devoir

        J'apprécie beaucoup le groupe mémoriel du Pont Peillan mais comme toutes les bonnes choses elles se dégustent donc je lis avec autant de bonheur que d'attention.

        Pour être complet je précise que je suis adhérent du SV.

        Amitiés.

         

         

      • Vendredi 29 Juillet 2016 à 22:06

        Merci cher monsieur de vos compliments. Comme vous avez dû vous en apercevoir,

        les photos du fusil de François Coudrin m'ont été communiqué par un ami, Xavier Paquereau, qui écrit également sur ce blog. Ce fut une grande joie de savoir que le fusil existe toujours, conservé avec soin.

        Un descendant de vendéen de Courlay ne peut, par ailleurs que m'être sympathique étant moi-même de Cerizay !

        RL

    8
    Mardi 23 Février 2016 à 20:59

    Fantastique ce travail de recherche et quel émerveillement que cela doit produire lorsque l'on découvre une telle tombe !!! chapeau bas les gars !!

    7
    Mercredi 1er Janvier 2014 à 23:32

    Merci Nicolas. Le problème des "méthodes" des historiens dont tu parles c'est de réapprendre à conter les événements au lieu d'aligner de froides statistiques qui n'intéressent personne et qui font que l'histoire s'oublie, ce qui est tout de même un comble.

    6
    Mercredi 1er Janvier 2014 à 11:19

    Merci Richard pour ces recherches dont bien des historiens ont oublié les méthodes...

    5
    Mercredi 1er Janvier 2014 à 00:26

    Un bien bel article pour commencer l'année 2014 et très émouvante cette pensée pour Rosalie. Merci Le Loup

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