• Saint-Christophe la Chartreuse....

     Saint-Christophe la Chartreuse…

     

     

     

    Nous voici à présent près de Rocheservière et de lieux que le général Charette fréquentait assidûment.

     

    Rocheservière, tout d’abord qui contenait deux paroisses. Notre-Dame de Rocheservière qui deviendra commune et Saint-Sauveur. Cette dernière n’était au XIII° siècle qu’une chapelle qui fut détruite par les protestants le 6 avril 1568, puis à nouveau détruite par les révolutionnaires. Suite à l’effondrement de l’église Notre-Dame, Saint-Sauveur accueillera néanmoins les habitants de Rocheservière pour les offices religieux. Sa nef sera mise à terre en 1860 et ce qui nous parvient aujourd’hui ne correspond plus qu’au chœur de Saint-Sauveur.

     

    Deux autres paroisses seront rattachées à Rocheservière en 1827 : La Grolle et Saint-Christophe la Chartreuse.

     

    A Saint-Christophe, c’est toute une histoire qui va capter notre attention et nous allons essayer de la résumer. En 1779, avait été installée une cloche de 500 livres nommée Pélagie-Augustine. La révolution arrive et le curé Vincent Poisson est exilé en Espagne. On sait que depuis le décret du 22 septembre 1793, les cloches doivent être saisies par les pseudo-autorités républicaines pour être fondues afin de faire des canons. François Méchineau, un colporteur bien connu des environs, arrive un jour de décembre 1793 dans le village pour annoncer que les bleus arrivent pour prendre la cloche de Saint-Christophe. S’en suit une panique générale dans la population pour sauver Pélagie-Augustine. Il faut la descendre du clocher et ce n’est pas une mince affaire. C’est le charpentier René Bretin qui s’occupe de l’opération après qu’on l’ait  fait sonner une dernière fois. Toute la population qui n’est pas à la guerre se décide à accompagner la cloche dans son périple incertain et on ne sait trop quoi faire. Jacques Moreau a fourni une solide charrette et Jean Oliveau ses deux meilleurs bœufs. Il est question de la cacher dans un souterrain du château de Rocheservière, mais arrivés à hauteur des bois de Grammont, un éclaireur annonce que Rocheservière grouille de bleus…. La cacher dans un taillis ? L’enterrer ? Comment faire ? Rose Mauvillain voudrait qu’on la jette dans l’étang de Grammont mais il n’est pas assez profond. C’est alors qu’un petit valet de la métairie de Rouville dont le nom se perd dans les tréfonds du passé a l’idée de la jeter dans un trou de la Boulogne. En dégringolant de la charrette, la malheureuse cloche heurte un rocher et se fêle. Après bien des efforts, on parvient à la faire glisser dans les eaux particulièrement profondes à cet endroit. S’en suit un bouillonnement sinistre et Pélagie-Augustine a disparu. Les paroissiens disent une dernière prière avant de s’en retourner à leur village désormais muet. Trois jours plus tard, les républicains arrivent, et furieux de ne rien trouver dans le clocher mettent le feu à l’église…

     

    Ce n’est qu’en 1807, que l’on ira repêcher Pélagie-Augustine qui dormait dans les eaux noires de la Boulogne, mais malheureusement, elle ne sonnera jamais plus à Saint-Christophe de son tintement grêle si connu des habitants. On se souviendra longtemps dans le village du « Trou de la Cloche » où Pélagie-Augustine fut noyée. En 1827, comme nous l’avons vu plus haut, Saint-Christophe sera rattachée à Rocheservière avec la Grolle et Saint-Sauveur, Pélagie-Augustine partira dans le clocher de Rocheservière auprès d’autres congénères. Encore une fois malheureusement, en 1946, le curé de Rocheservière fera fondre Pélagie-Augustine…. C’est ainsi que cette malheureuse cloche, qui fut tant regrettée par les habitants du village, termina sa carrière…

     

     

       L’église de Saint-Christophe est déclarée « petite, brûlée et abandonnée » en 1796 par les autorités républicaines. Il n’était point question que Pélagie-Augustine puisse y retourner. Cent ans plus tard, il ne reste plus que quelques murs d’environ deux mètres de haut laissant encore deviner les amorces des baies. En 1908, on peut encore y voir des fondations en forme de croix d’environ     180 m² ainsi que l’ancien cimetière.

     

    Sa consoeur du village de la Grolle est quant à elle déclarée en bon état en 1796, malgré le fait qu’elle ait été incendiée le 27 février 1794 par la colonne infernale de Cordelier (1)(elle avait aussi subi ce même supplice en 1568, de la part des protestants). Dans un grand état de délabrement, elle sera abattue en 1832 alors que sa cloche, (qui datait de 1504) ainsi que son carrelage avaient été plus tôt,  rejoindre  Saint-Sauveur de Rocheservière. Ses derniers vestiges disparaîtront en 1878 et le vieux cimetière où se trouvent encore quelques ossements six années plus tard. On se souviendra des registres clandestins de l’abbé Mitrecey qui continua son ministère, au service des paroissiens de La Grolle et de Saint-Christophe la Chartreuse pendant les heures les plus noires de l'histoire vendéenne…

     

    Note:

     

    (1) Des femmes de la Grolle seront massacrées en plein travaux des champs.

      

                                                                                            RL

    Novembre 2011

      

    Notre-Dame et Saint-Sauveur de Rocheservière

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    La Grolle : monument à la mémoire des victimes

      

      

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    Souvenir...

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    Vieux moulin...

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  • Commentaires

    2
    Samedi 20 Août 2016 à 20:24

    Eh oui, Nadine avait déjà regardé sur Poilley dans le 35 ainsi que sur plusieurs communes de la Manche. Julien Mitrecey conserve son mystère pour l'instant.

     

    1
    Samedi 20 Août 2016 à 20:14
    Je viens de parcourir le livre de Jean Michenaud, « La pratique religieuse du Moyen Age au XXe siècle en relation avec Saint-Sauveur de Rocheservière. Il y est question de l’abbé Mitrecey. Quelle chance ! Depuis le temps qu’on cherche la date et le lieu du décès de ce prêtre, l’auteur écrit que l’abbé Mitrecey est mort à Poilly (Ille-et-Vilaine) en 1809.
    Finalement, pas de chance : pas de Poilly en Ille-et-Vilaine, juste un Poilley et rien au AD35. Rien non plus aux AD50, commune de Poilley. Ni aux AD89 et 51 où il y a bien de communes de Poilly. Ils sont chiants ces auteurs à recopier n’importe quoi…
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