• La Fougereuse....

     

     

     La Fougereuse

     

     

        La Fougereuse qui n’a rien à faire dans le département des Deux-Sèvres et qui appartient toujours culturellement à l’Anjou est bien le berceau originel de « Saint-Maurice-la-Fougereuse ». La paroisse de la Fougereuse possédait une chapelle tout près de son église en 820. Cette dernière devint le siège d’une communauté de moniales fondée par Guy de la Fougereuse. Au XIII° siècle, la paroisse fut transférée au « Plessis-Cofred » à l’actuel emplacement du bourg de Saint-Maurice. L’église de cette nouvelle paroisse fut dédiée à Saint-Maurice selon le souhait de l’évêque de Poitiers.

     

    L’ancien couvent fontevriste de la Fougereuse existe toujours, ruiné mais majestueux dans sa robe de pierre datant de la Renaissance. Le prieuré fut vendu le 22 thermidor de l’an II (samedi 9 août 1794) à « Joseph-Pierre Poupard demeurant commune de Saint-Jouin-de-Marnes et François Grimaud, marchand (tanneur ? illisible) demeurant à Thouars, ce dernier représenté par le citoyen Poupard. Clôture du ci-devant couvent de la Haye-Fougereuse renfermé de murs partie en ruine, contenant environ 180 boisselées de terre y compris les cours, jardins et masses de bâtiments brûlés » (1). Les bâtiments sont brûlés, passage des colonnes infernales oblige…..

     

    Des tas de choses à raconter : L’ancien vicaire de la Fougereuse, M. Jarry, fut caché aux Echaubrognes (2) dans la fameuse ferme du Vivier où de nombreux prêtres connus furent soustraits aux recherches républicaines, il fut même un temps curé de la paroisse Saint-Pierre des Echaubrognes.

     

    Le samedi 1er juin 1793, le général Salomon basé à Thouars, profite de la dispersion de l’armée vendéenne après sa victoire à Fontenay pour attaquer La Fougereuse avec 3 000 hommes (3). La Rochejaquelein et Lescure qui répondent à l’appel à l’aide de Stofflet pour libérer Vihiers ne trouvent plus Salomon qui a réintégré ses quartiers de Thouars. Les Vendéens ne se sentant pas en force vis à vis des importantes forces républicaines stationnées du côté de Doué-la-Fontaine et de Saumur se replient sur Cholet. Ce sont là les préparatifs de ce qui sera pour la Vendée, l’immense victoire de Saumur…

      

    A suivre, la copie d'une lettre envoyée par Grignon à Commaire le 15 octobre 1793 et relatant ses exploits du 13.

     

    RL

    Mai 2011- Mars 2012-Novembre 2017

     

     

     

     

     

     

    Notes :

     

    (1)                   ADDS, Q 64, ventes des biens nationaux. Les 180 boisselées correspondent aujourd’hui à 8,8 ha environ.

    (2)                   Nous parlerons de ces paroisses jumelles dans un prochain article.

    (3)                   Selon Crétineau-Joly, tome 1er, p. 167 qui date, à tort, ce combat du 3 juin.

     

     

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      Lettre du général républicain Grignon, du 15 octobre 1793, stipulant que le 13 il a incendié le bourg de la Fougereuse en prenant le soin de n'excepter aucune maison. (Archives du S.H.A.T., Vincennes, SHD B 5/7-14)

      

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         De l’adjudant-général Grignon au général divisionnaire Commaire (Grignon ne sera promu Général de brigade que le 28 novembre 1793).

     

          "Au quartier général de Saumur le 24 vendémaire an 2

         Le 15 octobre 1793, l’an second de la République Française, une & indivisible.

      Extrait d’une lettre de l’adjudant général Grignon au général divisionnaire Commaire commandant la force armée à Saumur.

     

         Général

        D’après vos ordres, je me suis transporté hier 13 du présent, avec un détachement de 300 hommes,une pièce de canon, soixante dragons ou hussards, à la Fougereuse lieu de rassemblement des brigands, après avoir fait mes dispositions, et avoir reconnu la position de l’ennemi, j’ai disposé ma troupe de manière à envelopper le bourg de la Fougereuse, tout étoi disposé pour forcer l’ennemi jusque dans ses retranchemens. On a charge un avant poste qu’ils avoient, qui s’est retiré dans le château, faisant de la un feu de fil sur nos hussards, qu’ils ne purent atteindre ; je fis avancer la pièce de canon dans la grande allée,  faisant face au château ; où il étoient environ 500 retranchés, ils firent résistance, s’étant mis a labrie du canon par leurs retranchemens ; mais nos tirailleurs et nos hussards, les ayant chargés avec vigueur, les débusquèrent ; il avoient barrés les rues avec des charettes et des arbres, il n’avoient laissés qu’un chemin de communication pour se replier à la forêt de Tatou ( ?), distante d’une lieu, dont il profitèrent pour se replier. On en tua une trentaine, on leur prit quelque fusils, et deux caisse marquées au fleurs de lys. On mit après cela le feu dans tout le bourg sans excepter une seule maison. Leur soupe étoit trempée et leur viande servie ; mais ils n’ont pu la manger. Nous les avons poursuivis ; mais craignant que l’ardeur de nos dragons et hussards, et volontaires, ne se porta trop loin et ne les exposat, je les ai fait replier, et nous sommes rentrés à Doué, il étoi près de minuit, très fatiguéset bien mouillés.

      J’ai donné ordre de rassembler tous les bestiaux pris qu’on a ramené en quantité,  j’ai écrit aux différents municipalités des environs, de faire déffense à tout citoyen d’acheter, aucun effet et bestiaux sans y être autorisé, et cela sous leur responsabilité. J’attends vos ordres général à l’effet de savoir ce que je dois faire de ces animaux. Dans notre route, nous avons brûlé aussi le château de Beaurepaire, autre retraite des scélérats en de ça de la Fougereuse.

         Signé Grignon adjudant général de Doué."

     

    ***

     

       Le 4 thermidor an 2 (22 juillet 1794), il est encore question de la Fougereuse, de la part de Caffin :

         « Sortie concertée entre Caffin et Grignon pour se porter sur la Fougereuse où se retirent les brigands d’où ils envoyent des détachements pour égorger les patriotes et les empêcher de faire la récolte. » 

       SHD B 5/9-92

       SHD B 5/10-1, v. 19/26

     

       On sait que Grignon se plaint le 19 thermidor (6 août 1794) que des rassemblements de brigands l’inquiètent sans cesse depuis la Fougereuse, Saint-Clémentin et les Cerqueux.

       SHD B 5/10-1, v. 22/26

     

      Ruines du château de la Haye sur le cadastre de 1813 où se déroula le combat contre Grignon. On y voit également les restes du couvent :

     

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