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    Saint Vincent-Fort-du-Lay et Puymaufrais

     

    villages oubliés

     

    A la mémoire du curé Desplobein

     

     

     

     

    Lorsque l’on regarde aujourd’hui une carte Michelin, on voit, au nord-ouest de Sainte-Hermine, un village du nom de « Saint-Vincent-Puymaufrais ». Les passionnés de patrimoine y voient la fameuse abbaye de « Trizay » sur laquelle nous allons revenir un peu plus loin. En réalité ce minuscule village est né de la réunion de deux paroisses : Saint-Vincent-Fort-du-Lay et Puymaufrais. C’est Amédée de Béjarry qui habitait le château de la Roche-Louherie,  placé entre les deux paroisses qui nous raconte le mieux la vie dans ce petit coin reculé de Vendée. Si « Puymaufrais » est devenu aujourd’hui « Saint-Vincent-Puymaufrais », en revanche « Saint-Vincent-Fort-du-Lay » n’existe plus.  Seul un « pâté de maisons » quelques bâtiments agricoles et un vieux et mystérieux cimetière siègent encore dans la place. A vrai dire, difficile d’imaginer qu’il y avait là une paroisse. Avec un peu d’imagination, on voit cependant qu’à l’emplacement de certains bâtiments de construction postérieure il pouvait bien y avoir un minuscule bourg.  Ne cherchons point d’église, toute trace de celle-ci a disparu. Elle se trouvait en face du cimetière, près du presbytère, encore existant.

    Voilà donc pourquoi on ne comprend pas tout, lorsque l’on suit les auteurs de cette région qui nous parlent tantôt de Puymaufrais, tantôt de Saint-Vincent-Fort-du-Lay.  Ne cherchez aucun « fort » aux alentours de Saint-Vincent, l’étymologie bizarre du nom viendrait du latin « furca », la « fourche » des deux Lays qui est toute proche. D’autres explications nous indiquent que l’origine du nom serait « ford », mot anglais signifiant « gué ». Bref, on est certain que c’est la proximité des deux Lays qui est à l’origine du nom.

     

       En ce qui concerne Puymaufrais, qui deviendra « Saint-Vincent-Puymaufrais », on connaît tout du moins l’histoire résumée de son curé racontée par A. de Béjarry. On sait en effet que le bon curé  Jacques-Sylvain Desplobein né à Chantonnay le 6 novembre 1752 (Le curé Desplobein est nommé curé à Puymaufrais en 1781 à 29 ans - le premier acte rédigé de sa main dans les registres paroissiaux date du vendredi 12 octobre 1781). Il avait été d’abord vicaire à l’ïle d’Yeu  et ensuite curé de la Crosnière (1). Après avoir vu l’église de Puymaufrais brûler il  s’en fut se cacher dans un souterrain de l’ancien monastère de l’Angle, près de Chantonnay (2). De là il se cachera à nouveau un peu plus tard dans une cave du château des Béjarry à La Roche-Louherie. Même si Chassin le dit « caché en 1798 » (3), cela ne l’empêche pas de desservir les paroisses avoisinant Puymaufrais (4). Le bon curé J.S. Desplobein ne sera jamais déporté malgré des recherches incessantes (5). Un peu plus tard, il rétablira le culte catholique dans le grenier de la maison de la Ricottière, non loin du bourg de Puymaufrais. Ce Logis appartenait à l’époque à M. Barré de la Ricottière, ancien gendarme de Lunéville, qui fera un jour réparer l’église. Les cérémonies dans le grenier dureront jusqu’en 1816 (6). L’abbé Desplobein sera, on s’en doute, opposé au concordat de 1801 sans toutefois créer de foyer de dissidence notable dans sa paroisse.

    Homme « d’une charité inépuisable », « d’une grande instruction »  notre curé attirera dans le modeste grenier qui lui sert d’église les paroissiens de Saint-Ouen (Paroisse disparue de nos jours également), de Sainte-Hermine, de la Réorthe et bien sûr de Saint-Vincent-Fort-du-Lay. On sait, toujours grâce à Amédée de Béjarry, que ce grenier avait vingt mètres de long sur cinq de large. Il était impossible que tout ce monde trouvât assez de place, et bon nombre de paroissiens assistaient à l’office depuis la cour ; voilà à quoi ressemblait la foi vendéenne d’alors… Point de feinte en matière de religion.  Nul doute que ce genre de manifestation a dû rapprocher bien des paroisses et sceller l’amitié  de biens des hommes. La Vendée ne faisait alors qu’une sous le tintement grêle et champêtre des quelques cloches encore en place. L’écrivain Emile Souvestre, que nos amis Bretons connaissent bien,  raconte que son aïeul a plus d’une fois assisté aux messes du curé Desplobein, célébrées la nuit, non loin de l’ancienne abbaye de Trizay (7).  Ceci devait être avant son départ pour l’Angle, près de Chantonnay.   Ajoutons que les environs de l’abbaye de Trizay étaient très boisés à cette époque et le sont encore par endroit. La carte de Cassini donne une proportion de bois plus importante que l ’IGN actuelle, et les cachettes ne devaient pas manquer, même si la route de     Sainte-Hermine à Bournezeau était à peu près à la même place qu’aujourd’hui. Ceux qui connaissent les « Souvenirs Vendéens » d’Amédée de Béjarry auront retenu de lui un prêtre envers et contre la République, qui du fond de son Sud-Vendée sut rester un fidèle partisan de l’ordre. On sait également que sa servante originaire de l’île d’Yeu et nommée Marguerite possédait un langage assez « fleuri » envers les républicains en particulier. Ce qui ne l’empêchait pas cependant de libérer sa fougue envers le curé Desplobein également, à en juger ce qui suit. Un jour que Jacques-Sylvain Desplobein était malade et que l’on en demandait des nouvelles à « Marguerite » elle répondit simplement comme la  fille de pêcheur de l’Ile d’Yeu qu’elle était: « Quand l’est à la maison, l’a l’air à moitié crevé ; quand l’est à l’église, on n’entend que sa goule ». On raconte encore au pays, qu’un jour que les républicains arrivent au presbytère pour arrêter le bon Desplobein, Marguerite toujours aussi « forte en goule » aurait admonesté son maître devant les bleus en lui disant : « toi le berger qu’est- que tu fais là ? Retourne donc à tes moutons !!!! » Desplobeins ne demanda pas son reste et la terrible bonne du curé venait, ni plus ni moins de lui sauver la vie… Il ne fera rien contre le concordat de 1801 mais refusera le traitement versé par l’état aux curés concordataires….

     

     

    M. Desplobein meurt à 72 ans le 1er juin 1824.

    Enterré au cimetière de Puymaufrais à côté de l’église, ses cendres furent transférées dans le cimetière actuel en 1907 lors d’une mission.

    Il prédisait que dans un avenir lointain des véhicules « sans attelage qui rouleraient vite……. ». Il ne s’était pas trompé de beaucoup sur cette affaire…. Une troublante et mystérieuse coïncidence veut que l’on retrouva ses restes par hasard…. en 2007. Un siècle après son transfert : septembre 2007,  un employé communal constate qu’un trou est en train de se former au pied de la croix centrale qui sert de monument aux morts. Le maire délégué de Saint-Vincent-Puymaufrais se souvient des récits de sa grand-mère qui parlait d’un curé enterré au beau milieu du cimetière. Rien ne dit à ce moment de qui il peut s’agir. L’ancien cimetière, comme dans la plupart de nos paroisses à changé de place et celui de Saint-Vincent-Puymaufrais a été transféré à son emplacement actuel en 1900. Oui mais voilà, en 1907, il y eut une mission, le 1er novembre précisément…. Et lors de cette cérémonie on exhuma de l’ancien cimetière les dépouilles de deux prêtres considérés comme saints dans le pays.

    “Dans le vieux cimetière dormaient deux anciens curés de Puymaufrais, dont l’un,   M. Desplobein, vivait à l’époque de la terreur et a laissé dans le pays une réputation de sainteté. On exhuma leurs restes, j’allais dire leurs reliques et sur leurs dépouilles réunies, l’office des morts fut chanté. Avant de les rendre à la terre et sur leur nouvelle tombe, le Père Rousset imagina d’interpréter, pour la population, le discours qu’auraient tenu les deux vénérables défunts s’ils avaient parlé et ce discours posthume « impressionna vivement » (Ansi s’exprime le curé Amossé de la Rhéorte dans la revue « La semaine catholique du Diocèse de Luçon » du 23 novembre 1907) . Tout cela est bien joli et terriblement passionnant mais qui sont ces deux prêtres ? Après une rapide enquête les historiens du pays ne trouvent que deux saints hommes enterrés à Puymaufrais entre 1750 et 1900 : Le curé Jacques-Sylvain Desplobein et son successeur François Biret (François Biret, est vicaire en 1823 et devient curé de Puymaufrais à la mort de desplobein en 1824. Il décède curé de la paroisse le 25 avril 1860 à l’âge de 63 ans), tous deux hautement considérés dans le pays et ayant laissé une empreinte de sainteté. Eh oui, la sépulture de notre ami Desplobein est bel et bien retrouvée et qui plus est en 2007, à une époque bien étrange…

     

    Aujourd’hui un fragment du crâne du curé Desplobein est conservé aux archives de la paroisse de Bournezeau dont dépend Saint-Vincent-Puymaufrais. Ainsi perdurent quelques miettes de « Vendée » venues tout droit de la terre.

     

    Dieu sait où exactement notre bon curé officiait et dans quelles aventures dangereuses il se trouva sans doute plus d’une fois. S’il est vrai que les Mauges et le Bressuirais regorgent de petits coins mystérieux,  cette partie du sud de la Vendée départementale n’en est pas moins riche en cachettes de toutes sortes, accessibles par des chemins aussi étranges qu’éloignés des grands axes de circulation. Même si aujourd’hui, la « route des vacances » passe à quelques pas de Trizay, il subsiste encore tout un réseau inextricable de sentiers qui donnent une idée de l’isolement dans lequel devaient se trouver certains villages.

     

     

    Actes de naissance et de décès de Jacques Sylvain Desplobeins

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

     

     

     

    Actes de naissance et de décès de Laurent Pierre François Benjamin Henry Gauly

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

     

        A Saint-Vincent-Fort-du-lay, c’est une toute autre histoire : Le curé Benjamin Gauly fut membre de l’administration départementale ! Mais si ! Gauly était né à la Réorthe le 16 juillet 1753. Nommé curé de Saint-Vincent-Fort-du-Lay en 1783, il assista à l’assemblée du clergé poitevin en 1789. Il y représentait d’ailleurs le curé Desplobein de Puymaufrais… Ayant publié une brochure en faveur de la constitution civile du clergé, nul doute que les relations entre lui et Desplobein durent cesser de suite ! Electeur du canton de Bournezeau en 1791 et 1792, il deviendra vice-président de l’administration départementale. Le 29 novembre 1793, soit un an après sa nomination au département, il jettera la soutane aux orties. L’année suivante, il démissionne de ses activités républicaines, s’installe à Féole près de       Sainte-Hermine pour s’y occuper, paraît-il,  d’agriculture. Il décèdera le 9 juillet 1839 à la Réorthe. Un détail : Le 5 septembre 1793, Gauly se servira de son autorité pour faire libérer deux jeunes gens de sa paroisse « menés de force par les brigands au combat de Luçon et qui ont pu échapper dès qu’ils ont pu. » (6 bis) On comprend que les Béjarry, dont le château était à l’origine situé sur la paroisse de Saint-Vincent-Fort-du-Lay, soient beaucoup plus « en phase » avec le curé Desplobein de Puymaufrais.

     

    Pour ce qui est de l’abbaye de Trizay, dont nous avons parlé plus haut, il faut savoir qu’à la veille de la Révolution, il n’y restait que cinq religieux. Ce chiffre résulte d’une déclaration des biens et revenus de l’abbaye en date du 6 janvier 1790 découverte aux archives nationales . Elle aurait été  incendiée dès le début de la guerre, lors de la « montée » de Marcé vers le Bocage ou après sa défaite du 19 mars à Saint-Vincent-Sterlanges (La première version nous paraît  plus vraisemblable, Marcé pressé de fuir avait sûrement autre chose à faire qu’à s’attarder avec des incendies). Ce qui est sûr, c’est que le château de la Roche-Louherie fut quant à lui attaqué la veille (18 mars) de cette défaite. C’est de là que viennent les fameux boulets qui décorent la clôture d’entrée. Le château subira une nouvelle attaque, le 25 juillet, lors de cette sortie en avant de Tuncq qui coûta la vie à Sapinaud de la Verrie dans la « Prée du Gué », entre Pont-Charron et Pont-Charrault. Cette fois-ci la Roche-Louherie sera incendiée et le repas prévu pour la garnison royaliste sera dévoré par les Bleus !

     

    Ces deux villages que nous venons de présenter brièvement ont subi de lourdes pertes matérielles durant les guerres de Vendée. Nous allons maintenant essayer de voir ce qui s’y est passé après. Pour cela il nous faut reprendre le chemin du passé, la lanterne à la main, sur les traces de notre brave curé Desplobein et de ses messes dans le grenier de la Ricottière. Le 6 août 1809, une lettre du maire de Puymaufrais (8) « à M. l’auditeur du conseil d’état, préfet de la Vendée » nous apprend que « Depuis onze ans, le culte s’exerce dans un grenier » que l’église doit être reconstruite et que la maison de la Ricottière, où s’exerce le dit culte, a entièrement brûlé et que le propriétaire doit faire reconstruire 9 autres maisons. En bref, les trois-quarts des habitations ont été incendiés. Le maire, très en colère de n’avoir toujours pas perçu les 1 200 francs promis pour son village, rappelle que « Puymaufrais est situé dans le plus mauvais fonds du département… que son revenu est estimé à 8 000 francs environ, alors que l’imposition foncière est de 2945,38 francs (de quoi ravir les amoureux de statistiques), que les 4/9° de ce revenu appartiennent à l’abbaye de Trizay dont les propriétaires ne sont point domiciliés dans la commune… » En outre 2/9° de ce revenu échoient à la maison de la Ricottière dont les propriétaires sont les seuls en mesure de pouvoir faire réparer l’église. Le coût de cette réparation s’est déjà élevé à 2571,90 francs et le maire n’hésite pas à joindre à son courrier un justificatif des comptes de sa commune.  La reconstruction de la nouvelle église va faire couler beaucoup d’encre, comme nous allons le voir tout à l’heure, mais au passage, arrêtons-nous à un détail qui semble prouver que la Providence semblait veiller sur ce lieu : Il y a aujourd’hui une chapelle à La Ricottière. Celle-ci abrite un autel en marbre blanc orné d’une croix noire qui date du XVIII° siècle. C’est l’ancien autel de l’église de Puymaufrais… Celle-ci avait été complètement dévastée par l’incendie. Pourtant lorsque l’on a déblayé les décombres l’autel était intact… Il sera réutilisé dans la nouvelle église jusqu’en 1863.  

     

    Le feuilleton de la reconstruction de l’église se poursuit sous la Restauration : Une lettre du maire de Puymaufrais, datée du 17 septembre 1823, insiste sur le fait que la maison de La Ricottière a été seule à coopérer aux travaux. 6 000 francs on déjà été dépensés et 4 000 restent encore à prévoir. Sur les      300 000 francs alloués par le gouvernement impérial pour la reconstruction des églises, il semble que Puymaufrais ait été oublié… La colère ne s’est pas éteinte depuis près de quinze ans !

    L’église sera pourtant bien terminée un jour, même s’il on demande encore 3 000 francs en « deux annuités égales » au ministre des cultes à la date… du 11 septembre 1879… C’était le clocher cette fois-ci qu’il fallait refaire… Nous voilà édifiés sur les problèmes de reconstruction liés aux Guerres de Vendée. A partir de la monarchie de juillet, les choses se gâtent entre Puymaufrais et Saint-Vincent-Fort-du-Lay. Le maire de cette dernière commune, vrai « philippard », farouchement opposé au passé Vendéen du lieu n’a de cesse de provoquer toutes sortes de tracasseries à l’encontre du village de Puymaufrais, beaucoup plus orienté vers les « choses vendéennes ».

    Le Citoyen Guichard, maire de Saint-Vincent–Fort-du-Lay, refuse de payer le fermage des terres qu’il exploite à la fabrique de Puymaufrais au prétexte qu’elle n’a aucun droit sur les biens de Saint-Vincent-Fort-du-Lay dont les revenus d’église ont pourtant disparu. Faute d’église vous l’avez compris. Il s’avère nonobstant que la fabrique de Puymaufrais avait bel et bien acheté ces biens,  en bonne  et due forme. En effet, même si la plupart des biens sis sur la paroisse disparue de Saint-Vincent–Fort-du-Lay ont été vendus « nationallement » (sic), un pré et quelques morceaux de terres arables sont devenus la propriété de la fabrique de Puymaufrais. Guichard se plaint dans une lettre datée du 28 janvier 1831 que « tous les revenus de sa commune sont destinés à l’église de Puymaufrais ». Le préfet, lassé par les missives intempestives de Guichard, lui rappelle que selon les dispositions impériales, Puymaufrais est dans son bon droit. Le décret précise que les fermages doivent êtres payés même si la fabrique qui les possède est liée à une commune étrangère (9).  Il faudrait ajouter encore que les deux paroisses ont été réunies « spirituellement » le 7 thermidor de l’an XI (26 juillet 1803). Guichard, qui continue ses invectives en 1832 ne sait pas que l’évêque lui-même, alerté par la fabrique de Puymaufrais a écrit au préfet. Celui-ci, rouge de colère, envoie une lettre particulièrement musclée à Guichard, qui se plie de mauvais gré à cette ultime décision . Fort heureusement, une ordonnance royale du 12 juin 1833 viendra réunir une bonne fois pour toutes les deux communes sous le nom de « Saint-Vincent-Puymaufrais ». Cela n’empêchera pas Guichard de se plaindre encore (soi-disant au nom des habitants) de ce que le curé de la commune fait trop de frais dans son presbytère et que la chose ne cadre pas avec la pauvreté qui sied aux ecclésiastiques.

     

    Je dédie ce petit texte à la mémoire du curé Desplobein mais aussi à M. Cottencin, nouvel habitant de l’abbaye de Trizay, dont la porte est toujours ouverte et dont le sens de l’hospitalité n’a d’égal qu’un profond sens des belles choses et de l’âme des pierres….

     

     

    RL

     

    Septembre 2004, Février 2009

    et Mars 2011

     

     

     

     

     

    Notes :

     

    (1)       La Crosnière, aujourd’hui lieu-dit de Beauvoir-sur-Mer et dont il ne reste plus que le cimetière avait été erigée en la paroisse « Notre-Dame du Pé » en 1772. Ravagée par les colonnes infernales, l’église et la cure incendiées, la paroisse fut rattachée à Beauvoir-sur-Mer en 1799. On sait d’autre part que la pittoresque servante du curé Desplobein, la fameuse « Marguerite » était originaire de l’Ile d’Yeu et avait même été matelot !

     

     

    (2) La chapelle de cet ancien prieuré existe toujours et se repère facilement dans les virages du « Logis de l’Angle » entre Chantonnay et Bournezeau. La chapelle, bien que transformée en bâtiment agricole est toujours là, pour le souterrain, c’est une autre histoire…

     

    (3)Les Pacifications de l’Ouest, tome III, p. 91. Le document cité par Chassin se trouve aux ADV, L 203. Dans le tableau des prêtres réfractaires on trouve le curé « Desplaubain » (sic) dans le canton de Chantonnay, au village de l’Angle  : « Ce prêtre réfractaire à toutes les loix est constamment resté dans la Vendée (et) disait depuis quelque temps la messe dans un village isolé. A cessé depuis la loi du 19 fructidor ».  Le document est daté de 1799.

     

    (4) ADV, 1 O 765.

     

    (5) ADV, L 274.

     

    (6) Amédée de Béjarry, Souvenirs Vendéens,  p. 15. C’est encore M. Desplobeins qui desservira la Gaubretière pendant un temps après la mort de M. You. Il s’était réfugié au village de « Vauvert » près de la Gaubretière. Paul Legrand, Notes historiques sur la paroisse de la Gaubretière, 1907, p. 51.

     

    (6 bis) Chassin, La Vendée Patriote, tome IV, p. 42-43. Les deux jeunes gens qui se nomment Louis Bristeau et Pierre Brochet ont été pris « chez le citoyen Maseau, de Beugné » ( Saint-Jean-de-Beugné). Dans cette lettre aux administrateurs de la Vendée, Gauly insiste sur le fait que les habitants de sa paroisse sont « paisibles » tout en ajoutant que « la municipalité saura faire connaître les coupables qui sont dans sa commune ». Il rappelle en outre que Saint-Vincent- Fort-du-Lay est peut-être la seule commune « qui ait entièrement payé toutes les contributions à ce jour ».

     

     

     (7)      Notons pour information, que cette abbaye cistercienne fut fondée vers 1124 et affiliée à l’abbaye de Pontigny (Yonne) en 1145.  Associée à l’abbaye de « l’Etoile », dans l’actuel département de la Vienne, elle donnera naissance à une autre fondation, celle des « Châtelliers » sur l’île de Ré. Comme toutes les abbayes du Bas-Poitou, elle subira les dévastations huguenotes en 1568 (celles d’un certain Jean Béjarry de la Guesmenière).AN, F 17 1179. Nous devons cette information à quelques heures passées sur Internet… On sait que Don Lerouge, prieur de l’abbaye est l’auteur en 1773 d’un ouvrage intitulé Principes du cultivateur. Au moment de la Révolution il publiera Voyage aux Pyrénées. Quant à l’abbé commendataire Rozand, il figure parmi le clergé le plus remarquable de cette période. On verra ce qu’en a dit Jean Artarit, op. cit. p. 273. A Trizay, se trouvait également, Poncet, un carme qui prêtera le serment à la constitution civile du clergé, mais rentrera dans le rang après 1801. Sans doute mal influencé en 1791 on ne pourra pas le comparer avec d’autres forcenés tel Dillon du Vieux-Pouzauges, pour ne citer que lui.  On notera en outre que les religieux de Trizay jouissaient d’une réputation très élogieuse. A. Billaud, dans sa  Guerre au Bocage Vendéen  (p. 14) n’y dénombre que deux carmes, au moment de la révolution, à tort selon nous.

     

    (8)      ADV 1 O 765. Ibidem pour tout ce qui va suivre.

     

    (9)      Décret daté du 31 juillet 1806.

     

     

     

     

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    Sainte-Gemme

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    Saint-Laurent du Tallud

     

     

    Tallud-Sainte-Gemme...

     

     

     

     

    Tallud-Sainte-Gemme est un village de 406 habitants né de la réunion en 1827 des paroisses de Sainte-Gemme-des-Bruyères et du Tallud-sur-Maine. Il ne reste rien de la paroisse "Saint-Laurent du Tallud", juste un lieu-dit avec son chemin menant à l’ancien château des Bruyères. Les colonnes infernales sont passées tout près d’ici puisque dans la « feuille de route » des colonnes de Prévignaud et Dalliac qui partent de Saint-Maixent, il est prévu qu’elles arrivent à la Caillère et au Tallud à la fin janvier 1794 (le 28 de ce mois, le château de Saint-Sulpice-en-Pareds est en flammes). Le 2 février, Prévignaud mettra  le feu au village de la Vendrie…

     

    Le dictionnaire de Cavoleau (Statistique ou description générale du département de la Vendée, réédition de 1844) indique, 591 habitants, 114 maisons, 4 moulins, un pays de bois et de landes…

     

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

    Lavoir caché...

     

     

     

     Trois ans plus tard, nous complétons cet article que nous avions laissé en suspens. Nous aurions pu nous contenter de n'y ajouter que les descriptions des églises ou parler des faits à l'époque révolutionnaire. Nous avons préféré laisser l'intégralité des informations sans en rien retrancher afin que le lecteur puisse y glaner les informations qu'il jugera utile, y compris sur des châteaux et lieu-dits attenant aux deux villages. La source de chaque texte est citée à la fin de ce dernier.

     

     RL

    Octobre 2014

     

     

     

    LE TALLUD-SAINTE-GEMME

     

     

     

    LE PALIGNY a donné au Poitou ses quatre derniers grands sénéchaux, messieurs Beufvier, marquis des Palignys (on a écrit d'abord les Palleniers, puis les Palliniers, les Paligniers, les Palignys et le Paligny. Les grands sénéchaux signaient d'abord des Palliniers, puis des Palignys. Le peuple n'a pas cessé de dire les Palleniers.)

     

    La charge de Grand Sénéchal fut, pendant plusieurs siècles, la première dignité de la province ; elle donnait à la fois le commandement des armées, et la direction de la justice et des finances. La trop grande importance de cette position présentait des dangers ; les usurpations des grands officiers de la Couronne avaient amené le démembrement de l'empire de Charlemagne ; ducs et comtes s'étaient rendus héréditaires et indépendants dans leurs gouvernements. La leçon ne fut point perdue ; aussi les rois s'appliquèrent-ils à amoindrir l'importance des grands sénéchaux, en leur enlevant d'abord le maniement des finances, puis le commandement militaire par l'établissement des gouverneurs, ne leur laissant que le droit de convoquer, assembler et conduire le ban et arrière ban de la noblesse, d'en faire la "montre" et revue, comme signe de leur ancien pouvoir. La justice se rendait dans toute la province en leur nom ; mais c'était encore par une fiction honorifique, car, comme ils étaient plus hommes de guerre que jurisconsultes et que, d'ailleurs, ils ne pouvaient être choisis parmi les "légistes", ou les gens de "robe longue", ils l'exerçaient par leurs lieutenants, avec la prérogative de l'intitulé et du prononcé de toutes les sentences en leurs noms, titres et qualités.

     

    Voici l'intitulé d'une sentence rendue sous le second sénéchal de la famille Beufvier :

     

    "Alexis Beufvier, chevalier, marquis des Palliniers, seigneur des Bredurières (le château des Bredurières était situé commune des Moutiers-sur-le-Lay), la Bouanchère (cette terre était venue aux Beufvier par Anne du Chaffault, mère de Séraphin), la Jollandrie, de Ry et autres places, conseiller du roi en tous ses conseils, grand sénéchal du Poitou, gouverneur et capitaine du château de Poitiers (le titre de Capitaine du château était purement honorifique aussi, car le château, bien qu'il en restât encore quelques tours, avait été détruit par les Ligueurs de Poitiers, en 1589), à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut ; - Savoir faisons qu'en l'audience demandée, etc."

     

    C'est la formule réservée aujourd'hui au chef de l'Etat.

     

    La liste de ces grands officiers, dressée par le chevalier Beufvier, en 1780, et complétée, en 1830, par M. Filleau, remonte à l'année 1127, et contient les plus grands noms de l'histoire. Ce sont, au XIIIe siècle, Aimery, vicomte de Thouars, le célèbre Savary de Mauléon, Hardouin de Maillé, Geoffroi de Rancon, Saint-Venant, Philippe de Beaumanoir ; au XIVe, les Anglais Guillaume Felton, James Audley, le sage et vaillant Chandos, Thomas Perey, pour le prince de Galles ; puis après, Vivonne, Rouault, Brézé, Beaumont, d'Estissac, Philippe de Comynes, d'Amboise, Rochechouart, La Trémouille.

     

    Après Georges de la Trémouille, seigneur de Royan, baron d'Olonne, d'Apremont, etc., quatre autres membres de cette illustre famille ont occupé les fonctions de grand sénéchal du milieu du XVIe siècle à 1697.

     

    A cette dernière époque, Séraphin Beufvier en fut pourvu par Louis XIV, "d'après la connaissance, est-il dit dans les lettres de nomination, de la conduite, fidélité et affection à notre service dudit etc." Il avait fait avec distinction les campagnes de Flandre et de Hollande. Il laissa ses charges à Alexis, son fils, dès 1715. Celui-ci les céda à son fils Marc-Antoine, qui mourut le 27 mars 1789. Anastase-Alexis-Eulalie Beufvier, marquis des Palignys, de Ry, etc., les exerça à son tour en vertu de la résignation que Marc-Antoine, son père, lui en fit le 7 mars 1769.

     

    Ainsi cette famille a rempli avec une grande distinction, pendant près de cent ans, et par quatre générations successives, les fonctions éminentes de grand sénéchal de Poitou et de capitaine du château de Poitiers.

     

    Anastase-Alexis présida, le 16 mars 1789, les trois ordres de la province réunis à Poitiers pour l'élection des députés aux Etats-Généraux ; il présida ensuite l'ordre de la noblesse. C'était un usage dans les Etats-Généraux que la noblesse et le clergé se couvrissent même devant le roi, tandis que le tiers-état restait la tête nue. Leur dernière réunion remontait à 1614. Mais, depuis, le tiers-état avait grandi sous la haute impulsion littéraire et philosophique du XVIIIème siècle. Il arrivait peu disposé à se soumettre à un cérémonial en désaccord avec les progrès du temps, avec les convenances d'une société nouvelle, et qui humiliait son amour-propre. D'une autre part, les exaltés de la noblesse ne voulaient rien céder de leurs antiques privilèges, et ne lui épargnaient aucune des blessures de l'étiquette, genre d'offense que le coeur de l'homme pardonne le moins. Dans cette lutte imprudente et sans profit, prélude des grandes scènes qui allaient se dérouler à Versailles, ils ne voyaient pas quels périls ils provoquaient, et pourtant la révolution menaçante était sous ce coup de chapeau. Pendant les jours qui précédèrent la séance d'ouverture, les esprits, déjà divisés par bien d'autres questions, s'étaient échauffés de part et d'autre ; tout faisait présager une assemblée orageuse. Le marquis des Palignys se tira de ces difficultés en homme d'esprit. Jallet, curé de Cherigné, un des assistants, a donné de ces circonstances un récit frappant :

     

    "Notre assemblée a commencé ses opérations avant-hier, écrivait-il le 18 mars à ses amis ; c'était un fort beau spectacle : il y avait plus de 2,000 personnes. M. le sénéchal ouvrit la séance par un discours qui fut fort applaudi ; c'est un homme de la plus belle figure. Il avait la robe noire, l'épée au côté, la grande cravate et un chapeau rond, orné d'un très gros panache noir. Le lieutenant-général parla ensuite, et après lui le procureur du roi. Le tout se passa avec beaucoup de décence.

     

    A l'arrivée de M. de Paligny, on cria : Bas les chapeaux ! Tout le monde se découvrit, excepté une dixaine de gentilshommes qui ne voulurent point ôter les leurs. Comme cela faisait du murmure, le sénéchal mit son chapeau, et dit : Tout le monde peut se couvrir. Aussitôt on battit des mains, on cria bravo ! et l'on se couvrit ..."

     

    Le Paligny devait hommage à la haute justice de la Mothe-Saint-Germain, en Tillay. Ce n'était point une habitation importante ; Séraphin Beufvier l'abandonna tout-à-fait vers 1700, pour le château des Bredurières. La maison moderne date de 1819.

      

    Une voie romaine, que nous croyons celle de Poitiers à Nantes, passait à peu de distance, au-dessus du village des Abbayes.

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

     


     LA GRIGNONNIERE disparaît dans un pli de terrain, entre deux petits étangs, sur un fond plein de sources. L'oeil d'abord attiré par sa tourelle en tuiles plates où les années ont posé leur cachet de lichens, est bien désenchanté lorsque l'on pénètre dans les salles, basses, mal éclairées, sans goût, la plupart inachevées, où tout est vermoulu, où tout penche vers sa ruine.

     

    La Grignonnière devait son existence et son nom aux Grignon, qui la possédaient à la fin du XIVème siècle et au commencement du suivant ; elle portait son hommage au Sgr de Réaumur. Elle entra dans la famille Béjarry par le mariage de Renée de Plouer avec Jacques Béjarry, seigneur de la Roche-Gueffier, la Guesmenière, le Petit-Châtelier, vers 1750. Son fils, François Béjarry, était gouverneur de la ville de Juliers aux Pays-Bas, vers 1630. M. Beauchet-Filleau en a conclu à tort qu'il avait émigré pour ses opinions religieuses, car c'est du roi de France qu'il tenait ce commandement.

     

    La famille Béjarry s'est fait une place honorable dans les guerres de religion et de la Vendée. Nous remettons à en parler au moment où nous en serons à la Roche-Louherie (com. de Saint-Vincent-Fort-du-Lay), le principal fief de la famille.

     

    Le chemin de Sainte-Gemme nous mène près du PLESSIS-L'AMIRAL, autrefois Plessis-Vincendeau. Ce nom lui vient de Jacques Chrestier-l'Amiral qui y faisait sa demeure en 1640. Le Plessis relevait de la Fosse (com. de Mouilleron). La maison fut brûlée dans les guerres de la Vendée ; elle a été reconstruite vers 1834.

     

    Jacques-Auguste de la Douëspe, sieur de la Biffardière, l'habitait alternativement avec la Biffardière (com. et près du Boupère), avant la révolution. Il avait d'abord accueilli les nouveaux principes, comme une conséquence des théories sociales qui occupaient alors les esprits même dans les classes élevées de la société. Mais les excès de la République n'avaient pas tardé à changer ses dispositions. Homme paisible, d'ailleurs, et inoffensif, il passait pour avoir une grande fortune et beaucoup d'écus. C'était un avantage qui rendait suspect ; être suspect c'était être digne de la mort, et la prison en était le chemin infaillible.

     

    Il fut arrêté comme prévenu d'être un des chefs des révoltés, et conduit en prison à Fontenay d'où il s'échappa le tridi, 3 frimaire an II (23 nov. 1793). Le Conseil Général du département fut vivement ému de voir lui échapper un prisonnier si dangereux. Il publia immédiatement une proclamation rappelant que "la peine de mort était la peine prononcée contre ceux qui favorisaient l'évasion des prisonniers ou qui les recelaient ; que la sûreté publique et l'intérêt de la société exigeaient également que cet homme subit la peine due au crime dont il allait être convaincu".

     

    Les prisons de Fontenay regorgeaient de détenus voués à la mort comme "suspects". Entassés dans des salles trop étroites pour les contenir, privés d'air, en proie aux maladies et manquant de tout, leur position était affreuse. Que pouvaient-ils craindre de plus ? Aussi les menaces redoutables du Conseil Général n'arrêtaient point les évasions. Le même jour, 3 frimaire, 22 personnes s'échappèrent à la fois.

     

    Cependant la proclamation produisit un effet funeste pour la Biffardière. Des gens du pays, ses voisins, l'arrêtèrent aux environs de la Grignonnière où il se tenait caché, et malgré les offres considérables qu'il leur fit, le conduisirent le 9 à Fontenay. Le tribunal criminel le jugea le 11 ; le 12 il était guillotiné.

     

    Le Conseil Général décida que "les noms des vertueux citoyens qui ont servi la République en livrant à la vengeance des lois l'un des conspirateurs contre la patrie, en résistant à l'appât de sommes considérables offertes avec instances par La Douëspe pour obtenir sa liberté, seraient inscrits au procès-verbal".

     

    La condamnation emportait la confiscation des biens au profit de la République ; le Conseil envoya des commissaires pour saisir les sommes considérables en or et son argenterie que la Biffardière avait cachées à la Rocardière.

     

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

     

     

    SAINTE-GEMME-DES-BRUYERES

     

     

     

    L'église se réduit à une nef unique, séparée du choeur par deux arcades supportant une coupole d'arête au-dessus de laquelle est le clocher. L'édifice à 24m50 de longueur sur une largeur qui varie de 4m65 à 5m50. La nef est couverte d'un plafond en planches ; le choeur, d'un plafond en plâtre ; le chevet est plat. A l'extérieur comme à l'intérieur, nous ne trouvons rien à remarquer, point de modillons, point de tour pour le clocher, mais seulement deux espèces de cônes en maçonnerie, entre lesquels est suspendue la cloche que rien ne recouvre. C'est le seul exemple d'une semblable disposition. Peut-être y eut-il autrefois un clocher-arcade ; mais l'inspection des murs ne nous permet point de croire qu'il y eut un clocher massif semblable à ceux du pays (NDLR : ce clocher a bien changé depuis).

     

    La voûte du clocher et le choeur sont du XVème siècle ; la nef est une réparation postérieure aux guerres de religion.

     

    Le curé avait le titre de prieur.

     

    Au mois de mai 1564, les curés de Sainte-Gemme et du Tallud firent leur déclaration de cessation de l'exercice du culte, comme tous les autres curés de la contrée.

     

    Cette commune, portait un joli nom : Sainte-Gemme-des-Bruyères. Son mariage avec le Tallud l'en a dépouillée. L'arbuste lui-même qui le lui donna, humble proscrit de l'agriculture, disparaît de ses collines. Bientôt, sur ce sol préféré des bruyères, on n'en trouvera plus d'autres que celles qui croissent dans les serres du Paligny.

     

    C'était en foulant leur tapis onduleux, par des chemins cent fois détournés, dans la solitude d'une campagne agreste comme un paysage de Bretagne, que l'on parvenait au petit manoir de LA BRUYERE. Rien de plus étrange que cette habitation. Walter-Scott n'a rien décrit de plus propre à recevoir une scène du moyen-âge.

     

    Ses murs noircis par le temps dominent sur une vallée inclinée vers le nord. Les constructions, ensemble de toutes les époques, difficiles à préciser, sont ajoutées l'une à l'autre, sans ordre, sans harmonie, sans qu'aucune pièce soit de plein pied avec une autre. Le pavillon carré, situé sur la cour, porte une tourelle de brique en encorbellement, et sur chaque face un moucharaby simulé. On trouvait au haut de ce pavillon "une chambre laquelle est pour la défense de la maison ; en laquelle il y a huit ouvertures de pierre de taille pour y mettre huit quanons, et comme l'on monte en ladite chambre, il y a une tourette faite en queue de lampe, en laquelle il y a neuf meurtrières pour mettre des mousquets ... Plus, à l'entrée de ladite maison, il y a une porte de bois avec une porte de fer par derrière" (tiré d'un inventaire du XVIe siècle).

     

    Attenant à celui-ci, un autre pavillon donne sur le ravin ; le corps du logis vient à la suite et s'appuie sur deux grosses tourelles rondes, basses, sans ornement, qui le flanquent à l'est. Ces deux tours nous paraissent ce qu'il y a de plus ancien ; nous pensons qu'on ne peut les attribuer qu'au XIVème siècle. Le reste nous semble de différentes années du commencement du XVIème siècle ; mais les appartements ont été revêtus de boiseries moulurées, vers la fin du XVIIème siècle par René Thomas des Houhes probablement. Enfin, plus tard, on a remplacé plusieurs des anciennes croisées par des fenêtres modernes.

     

    Cette seigneurie relevait de Bazoges à qui elle devait foi, "hommage-lige, cheval de service et devoir de rachat à mutation d'homme". Elle avait tous les privilèges appartenant aux petites seigneuries : droit de fuie, droit de garenne et d'étang.

     

    En 1394, elle était habitée par Jean de la Bruyère (on disait jadis Bruère) ; après lui, par Jean et ensuite par René de la Bruyère. La fille de celui-ci, la porta, vers 1500, dans la maison de Crunes ; elle vint aux Nouhes par le mariage de Rachel de Crunes avec Isaac des Nouhes, Sgr du Pally et de Beaumont, le 4 janvier 1615. La branche de la Cacaudière, dite d'abord de la Normandelière, descend du 3e fils de ce mariage. - Elle appartint à Gabriel des Nouhes de Beaumont, abbé des Fontenelles ; et après lui, à René-Thomas des Nouhes, Sgr de Beaumont, du Pally, lieutenant de vaisseau, qui l'habitait de 1700 à 1710. Celui-ci l'abandonna ensuite pour habiter le Pally (com. de Chantonnay). Le mariage de sa fille avec Louis-Jacob de l'Espinay, fit tomber la Bruyère dans la famille de l'Espinay qui l'a vendue aux Maignen, le 12 septembre 1790.

     

    La tempête révolutionnaire avait balayé la constitution de l'ancienne monarchie ; des institutions nouvelles appelèrent des hommes nouveaux. Les frères Maignen (on prononce Magnan), par leur instruction et leur capacité se trouvèrent des premiers désignés au choix du pays. Ils commencèrent leur carrière politique en entrant d'abord au district de la Châtaigneraye ; l'élection ensuite en porta un, François, à la Convention, et l'autre à l'administration du département où il resta jusqu'à la création des préfectures.

     

    François Maignen n'était pas orateur, aussi son rôle à la Convention fut sans éclat ; mais c'était un homme énergique, convaincu, inspirant la confiance par sa probité ; capable d'ailleurs, et destiné à l'une des deux chambres de l'Empire, le Sénat ou le Corps législatif, si la mort ne l'eut frappé encore jeune. Il est mort le 15 priairial an IV (3 juin 1796), étant membre du Conseil des Anciens au Corps Législatif. Il avait voté la mort de Louis XVI, entraîné par cette conviction qui maîtrisa un moment bien des consciences, à savoir que la mort du roi était nécessaire pour le salut de la République.

     

    Maignen ne pouvait nourrir contre ce prince la haine violente de la Montagne ; plusieurs de ses lettres montrent au contraire quelle estime il avait pour ses vertus. En juillet 1789, Monsieur, comte d'Artois, et Madame avaient signé au contrat de son cousin Maignen, placé dans une position élevée à Paris. Le 2 janvier 1792, il écrivait à un ami : "Notre bon roi a paralysé nos décrets ; il ne voit pas qu'on le trompe. Les méchants auront beau faire, la constitution se maintiendra". Et après : "Tout ce que l'on débite sur le roi est faux ; il veut la constitution, c'est son intérêt qu'il perdrait, si on lui faisait envisager un autre qu'il évitera. Il emploie la douceur inutilement envers les mécontens".

     

    Nous reviendrons plus tard sur le rôle politique de Maignen. Cependant nous croyons devoir, dès maintenant, publier une lettre inédite de lui, destinée à jeter un nouveau jour sur le procès du général Turreau dont on n'a pas craint d'écrire en ces derniers temps non pas la réhabilitation mais le panégyrique (Moniteur Universel de 1853). Après le 13 vendémiaire, une amnistie avait ouvert la porte des prisons à tous les généraux arrêtés pour les mêmes causes que Turreau ; mais, ce général persistant à demander des juges, fut traduit devant un conseil de guerre. Le Directoire, en lutte alors avec les partis contre-révolutionnaire, n'avait plus intérêt à proscrire les derniers instruments du Comité de salut public ; Turreau fut acquitté. C'était un acte politique ; on feint de ne pas le comprendre et le chef des colonnes infernales amnistié reçoit la couronne civique. Cette insulte à l'humanité et à l'histoire, nous la relevons. Le jugement avait été pour la forme ; les contemporains ne s'y sont pas trompés, et la lettre de Maignen va en devenir une preuve irrécusable, elle est datée du 18 nivôse an IV.

     

    "L'Official et Chapelain ont été appelés pour déposer ainsi que moi. L'Official a été assez lâche pour ne rien dire de toutes les vérités qu'il avait recueillies dans sa mission. Des collègues qui étaient présents à la déclaration de Chapelain m'assurent qu'elle est très-exactement insérée dans les journaux. Je lui ai fait mainte fois reproche de sa lâcheté ; il m'a dit qu'il craignait de s'exposer, qu'on avait défiguré ce qu'il avait dit, qu'on voulait le perdre, enfin il a été fou jusqu'à vouloir s'ôter la vie. Il est un peu plus tranquille maintenant, et j'espère que son dérangement sera de peu de durée.

     

    Quant à moi, il y a apparence que l'on me redoutait. Le 27, l'ordre de me présenter au tribunal pour déposer fut expédié ; il ne me fut remis par le gendarme que le 29, et Turreau fut acquitté le 28. Je n'étais pas le témoin des crimes attribués à ce général, mais j'eusse dit à ces juges débonnaires : comment voulez-vous connaître la vérité dans cette information, si vous ne prenez un autre moyen ? Vous appelez ceux qui n'ont rien vu, et ceux qui peuvent parler avec conviction vous les écartez ? Avez-vous d'abord par devers vous toutes les pièces produites contre cet homme à l'ancien Comité de salut public ? Les administrateurs, les réfugiés et les habitans paisibles de ces malheureux pays, les avez-vous appelés ? On a cru plus prudent de passer sur tout cela et plus favorable de déclarer que ces faits étaient faux et calomnieux. Notre Directoire est entouré de gens qui l'abusent beaucoup sur la Vendée, au point que l'on me dit sans cesse que je suis chez un homme trompé".

     

     

     

    LE TALLUD-SUR-MAINE

     

    La petite église du Tallud autrefois paroisse, dressait, il n'y a pas très longtemps encore, son petit clocher en forme de balcon en charpente. Elle est tombée faute d'entretien, étant devenue propriété particulière. Ce n'était qu'une petite chapelle de 16m85 de long sur 5m de large, mur compris, divisée par une arcade sans style, éclairée dans le chevet par une fenêtre que partageait un meneau formant des dessins bien sculptés, dans le goût du XVème siècle, actuellement brisés. Le chevet était plat. Au midi, le presbytère s'appuyait à l'église ; le cimetière était au nord.

     

    La paroisse était sous l'invocation de S. Laurent.

     

    Nous mentionnerons encore pour compléter le tableau des petites seigneuries féodales, la Pelletrie, la Riottière, qui fut aux Ranfray, la Maison-Neuve, pauvre village qui eut aussi sa maison noble, et le Pin. Quoique deux Béjarry aient pris la qualité, l'un de Sgr de la Rocardière, l'autre de Sgr de Sainte-Gemme, ni l'une ni l'autre de ces localités n'eut le titre de seigneurie.

     

    L. AUDÉ

     Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée

     1856 - 1ère série, vol. 2

     

     Le lecteur pourra se rendre compte de ce qui reste aujourd'hui avec la photo en début d'article, l'emplacement de l'église étant le bâtiment doté d'une niche statuaire. Ci-dessous, l'église Saint-Laurent du Tallud sur le cadastre de 1824. Il s'agit du bâtiment signalé en ruine par la couleur jaune.

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

     En outre, voici ce que l'on trouve dans le Bulletin de la Société d'archéologie et de la Statistique de... la Drôme !

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

     

     Quelques prêtres des deux paroisses :

     

     1765-1784 - J.M. Tocqué de la Thybeauderie, prieur-curé du Tallud.

     1786-1787 - 1789-1790 - Grignon, curé du Tallud.

     1789-1790 - Givault, curé de Ste-Gemme.

     

     Acte de naissance du curé Grignon :

     

    Tallud-Sainte-Gemme....

     

    Jean-Louis Grignon, curé du Tallud baptisé à Sigournay, le 21 janvier 1753, fils de Louis Grignon et de Louise Chartier, déporté.

    Embarquement du 11 septembre 1792 sur le brick Marie-Gabrielle.

     

    ***

     

     Le Tallud Sainte-Gemme (canton de Pouzauges)

     

    Divers auteurs signalent des souterrains sans les repérer. Toutefois les renseignements obtenus permettent, à défaut de localisation précise de donner un aperçu de leur importance.

     

    L'un siège dans les propriétés de M. le Baron du Fougerais. La découverte, presque toujours, a été fortuite, le couloir de l'entrée accidentelle est si étroit qu'on ne peut s'y glisser qu'à plat ventre. Il conduit par une pente assez rapide à 3 ou 4 mètres sous terre. Puis le souterrain s'élève peu à peu à hauteur d'homme et se divise en petites chambres rondes et en galeries voûtées d'une longueur totale de 24 mètres. Plusieurs de ces boyaux remontent vers la surface du sol en suivant des directions diverses. Le souterrain est creusé dans une espèce d'argile jaune, les traces de tige-pointe y sont très nettes.

     

    Bulletin de la Société préhistorique de France, 1921 (T18, A18, N°9)

     

     ***

     

     Avant la révolution de 1789, le territoire actuel du Tallud-Sainte-Gemme était divisé en deux paroisses : Ste-Gemme des Bruyères et le tallud. A quelle époques ces paroisses ont-elles été fondées ? Aucun document ne permet de le savoir. Il semble que notre petite patrie a été habitée de très bonne heure.

     

    Aux environs de la Gâchère, on a retrouvé une hache de pierre. Dans le bois de la Grignonnière, il existe encore un tumulus : petite élévation de terre sur laquelle on périt les guerriers et leurs armes. Dans un champ de la Gâchère encore, il y avait, il y a quelques années, des vestiges de construction gallo-romaine. Tout cela prouve que le pays de Ste Gemme a été occupé par des hommes dans les temps les plus reculés.

     

    L'existence de plusieurs souterrains démontre outre la présence de populations à l'époque des invasions barbares. Au 5e ou 10e siècle, la France fut envahie par les Barbares et les Normands qui venaient du Nord. Leur passage était souvent accompagné de pillages et de massacres ; aussi les hommes creusaient des souterrains pour s'y réfugier dès qu'il y avait danger pour leur vie. A Ste Gemme, on connaît l'existence de plusieurs souterrains : à la Gâchère, à la Grignonnière, et tout près du bourg dans un champ situé près du chemin qui conduisait autrefois à la Pouzinière. Il est à croire que les deux paroisses furent fondées à cette époque, car les historiens croient que le christianisme était répandu dans toutes les parties de la France au 10e siècle.

     

    Le premier document écrit dans lequel il est question du Tallud, est du 16e siècle. C'est un manuscrit de Luçon écrit en 1533. D'après ce manuscrit, l'église du Tallud était desservie alors par quatre prêtres-religieux. Elle faisait partie de l'archiprêtré de Pareds, où il y avait alors une église et un curé-archiprêtre.

     

    C'est à cette époque que le protestantisme commença à se répandre chez nous. Beaucoup de catholiques se laissèrent entraîner à l'erreur, la majorité resta cependant fidèle à sa religion, mais les protestants furent les plus forts. Plus riches que les catholiques, ils organisaient des bandes armées et réussirent à fermer la plupart des églises du bocage. Les prêtres furent obligés de se cacher ou de quitter leurs paroisses.

     

    C'est en l'année 1562 qu'éclatèrent les guerres de religion entre protestants et catholiques. Pendant plus de trente ans notre contrée fut livrée au brigandage. L'Evêque de Luçon, Mgr Tiercelin, ayant voulu visiter son diocèse en fut empêché par les protestants. Le 4 mai 1564, le curé de St-Germain l'Aiguillier déclare à son évêque qu'il ne peut pas dire la messe dans son église qui est à peu près détruite ; les protestants de sa paroisse et ceux de Mouilleron ont déclaré qu'ils le tueraient s'ils administraient les sacrements : on lui permit seulement de baptiser les enfants. A Mouilleron, les protestants s'emparent de l'église, y font leur prêche, jouissent des biens de la paroisse et empêchent le curé d'exercer son ministère. A Ste Gemme et au Tallud, les protestants exigent la fermeture des églises et les curés des deux paroisses sont obligés d'aller résider ailleurs : leur vie est menacée. La situation est la même aux Redoux où il y avait alors une paroisse : le curé avait dû fuir, à Chavagnes, à Pouzauges, à Monsireigne, à Tillay, où l'église fut entièrement démolie par les protestants, à St-Michel, au Boupère, à St-Vincent, au Puybelliard, à Bournezeau, à Mouchamps, à la Jaudonnière - Partout dans notre région, les protestants sont les maîtres quoique moins nombreux que les catholiques. Cela s'explique du fait que les hautes classes de la société embrassaient en grand nombre le protestantisme et par leur influence, entraînaient une partie du peuple.

     

    Le 24 août 1572, eut lieu le massacre de la Saint-Barthélémy. Notre pays ne semble pas en avoir souffert. Les historiens du temps n'en parlent pas. Mais ce crime abominable amena une guerre civile encore plus affreuse, les assassinats se multiplient de tous côtés. Le 3 février 1583, un certain nombre de brigands furent tués à Réaumur ; d'autres faits prisonniers furent pendus à Bazoges. On fit à ce sujet une complainte qui fut longtemps célèbre avec le titre suivant : Les trente voleurs de Bazoges.

     

    Jusqu'en l'année 1598, notre pays fut livré au brigandage. Les habitants vivaient dans la terreur, leur vie était sans cesse menacée. Les troubles cessèrent enfin lorsque Henri IV signa l'Edit de Nantes (13 avril 1598).

     

    L'Histoire ne nous donne pas d'indications précises sur les premiers hommes qui habitaient notre pays. Installés à la lisière des bois et aux bords des cours d'eau, ils logeaient dans des grottes ou des abris naturels, vivaient de pêche et de chasse, se servaient d'hameçons en os, de flèches et de couteaux en silex taillé.

     

    A ces populations primitives succédèrent, croit-on, les Hères et les Ligures qui furent plutôt pasteurs et agriculteurs. Ils se servirent d'abord d'instruments en pierre polie, puis d'outils de cuivre ou de bronze. On leur attribue les monuments appelés mégalithiques parce qu'ils étaient faits de grosses pierres comme les menhirs et les dolmens, consacrés probablement au culte des morts.

     

    C'est vers le 6e siècle avant Jésus-Christ que les Gaulois envahirent notre pays. Ils croyaient à la vie future et ensevelissaient avec soin leurs morts. Ils rendaient un culte au tonnerre, aux arbres, aux sources. Leurs prêtres, appelés druides, étaient aussi des savants, des juges et des chefs politiques.

     

    En l'an 58 avant Jésus-Christ, la Gaule fut envahie par les Romains qui s'en emparèrent après une guerre de huit années. Alors commença l'époque gallo-romaine qui dura environ 500 ans, jusqu'aux invasions des barbares. Dans une bulletin du 6 février, je disais que notre paroisse dût être habitée dans ces temps très reculés et j'en donnais pour preuve l'existence d'une hache en pierre, d'un tumulus, de souterrains. Divers renseignement me sont parvenus depuis un mois qui confirment cette opinion. Plusieurs haches ou silex taillés ont été trouvés aux environs de la Gâchère et de la Boutanière : en particulier une hache à boutons du poids de 285 grammes qui se trouve au musée de Nantes. Les hommes ne connaissaient pas alors le bronze, ni le fer : ils se servaient d'instruments très primitifs en pierre, plus tard, ils réussirent l'alliage du cuivre et de l'étain et formèrent ainsi le bronze, enfin ils fabriquèrent des instruments de fer. Sur notre territoire, on n'a pas trouvé d'instruments de bronze et de fer, mais la découverte de plusieurs haches de pierre prouve que certains points de notre territoire furent occupés dès les temps les plus anciens.

     

    Nous avons vu que même avant l'arrivée des Gaulois, notre pays fut habité par des populations primitives appelées Hères ou Ligures. Nous en avons pour preuve la découverte de plusieurs haches en pierre dont les hommes, dépourvus de tout autre instrument, se servaient pour la chasse et leurs différents besoins. Des vestiges, qui ont disparu aujourd'hui mais dont les savants attestent l'existence, confirment ce que nous avons dit : en particulier, il y avait jadis un dolmen dans le champ des Trois-Pierres, situé près de la Jaudonnière. Un menhir existait au lieu dit la Garne (section B du cadastre n° 167). Le tumulus de la Grignonnière remonte peut-être aussi à cette époque.

     

    De l'époque des Gaulois il n'en reste rien, sauf peut-être un souterrain découvert auprès du chemin qui va du Plessis à l'Izardière, à 200 mètres à peu près du Plessis. M. du Fougerais explora lui-même ce souterrain vers 1860 ; il se composait de plusieurs chambres et galeries de 24 mètres de longueur. Le couloir d'accès était si étroit qu'on ne pouvait s'y glisser qu'à plat ventre. Le souterrain était creusé dans l'argile jaune, en 1887, on voyait encore les traces des coups de pic. On ne trouva malheureusement aucun objet dans l'intérieur.

     

    Un autre souterrain fut mis à jour en 1907, dans le champ des Trois-Pierres dont il a été question plus haut. Il se composait d'un couloir de 16 mètres de long, on ne put avancer plus loin à cause des éboulements qui se produisirent là aussi, on ne trouva aucun objet. On ne peut donc pas savoir de manière certaine à quelle époque ont été creusés ces souterrains. Il est très possible qu'ils ne remontent qu'aux invasions barbares, entre le 6e et le 9e siècles avant (erratum ?)Jésus-Christ.

     

    L'époque gallo-romaine qui dura 500 ans nous a, au contraire, laissé des vestiges certains. Une voie, autrement dite une route construite par les Romains, passait à peu de distance de la Gâchère et des Ahaies : c'était, croit-on, la voie allant du Nantes à Poitiers. On a retrouvé, sur le bord de cette voie, des constructions qui datent sans aucun doute de cette époque, notamment près de la Gâchère et des Ahaies. Près de ce dernier village, en 1914, une statuette en marbre blanc fut trouvée : elle est de cette époque. Des fragments de poteries gallo-romaines ont été découverts dernièrement à la Gâcherie.

     

    E. Bourasseau

    Bulletin paroissial - 1938

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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