• Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

     

    Saint Vincent-Fort-du-Lay et Puymaufrais

     

    villages oubliés

     

    A la mémoire du curé Desplobein

     

     

     

     

    Lorsque l’on regarde aujourd’hui une carte Michelin, on voit, au nord-ouest de Sainte-Hermine, un village du nom de « Saint-Vincent-Puymaufrais ». Les passionnés de patrimoine y voient la fameuse abbaye de « Trizay » sur laquelle nous allons revenir un peu plus loin. En réalité ce minuscule village est né de la réunion de deux paroisses : Saint-Vincent-Fort-du-Lay et Puymaufrais. C’est Amédée de Béjarry qui habitait le château de la Roche-Louherie,  placé entre les deux paroisses qui nous raconte le mieux la vie dans ce petit coin reculé de Vendée. Si « Puymaufrais » est devenu aujourd’hui « Saint-Vincent-Puymaufrais », en revanche « Saint-Vincent-Fort-du-Lay » n’existe plus.  Seul un « pâté de maisons » quelques bâtiments agricoles et un vieux et mystérieux cimetière siègent encore dans la place. A vrai dire, difficile d’imaginer qu’il y avait là une paroisse. Avec un peu d’imagination, on voit cependant qu’à l’emplacement de certains bâtiments de construction postérieure il pouvait bien y avoir un minuscule bourg.  Ne cherchons point d’église, toute trace de celle-ci a disparu. Elle se trouvait en face du cimetière, près du presbytère, encore existant.

    Voilà donc pourquoi on ne comprend pas tout, lorsque l’on suit les auteurs de cette région qui nous parlent tantôt de Puymaufrais, tantôt de Saint-Vincent-Fort-du-Lay.  Ne cherchez aucun « fort » aux alentours de Saint-Vincent, l’étymologie bizarre du nom viendrait du latin « furca », la « fourche » des deux Lays qui est toute proche. D’autres explications nous indiquent que l’origine du nom serait « ford », mot anglais signifiant « gué ». Bref, on est certain que c’est la proximité des deux Lays qui est à l’origine du nom.

     

       En ce qui concerne Puymaufrais, qui deviendra « Saint-Vincent-Puymaufrais », on connaît tout du moins l’histoire résumée de son curé racontée par A. de Béjarry. On sait en effet que le bon curé  Jacques-Sylvain Desplobein né à Chantonnay le 6 novembre 1752 Le curé Desplobein est nommé curé à Puymaufrais en 1781 à 29 ans (le premier acte rédigé de sa main dans les registres paroissiaux date du vendredi 12 octobre 1781). Il avait été d’abord vicaire à l’ïle d’Yeu  et ensuite curé de la Crosnière (1). Après avoir vu l’église de Puymaufrais brûler il  s’en fut se cacher dans un souterrain de l’ancien monastère de l’Angle, près de Chantonnay (2). De là il se cachera à nouveau un peu plus tard dans une cave du château des Béjarry à La Roche-Louherie. Même si Chassin le dit « caché en 1798 » (3), cela ne l’empêche pas de desservir les paroisses avoisinant Puymaufrais (4). Le bon curé J.S. Desplobein ne sera jamais déporté malgré des recherches incessantes (5). Un peu plus tard, il rétablira le culte catholique dans le grenier de la maison de la Ricottière, non loin du bourg de Puymaufrais. Ce Logis appartenait à l’époque à M. Barré de la Ricottière, ancien gendarme de Lunéville, qui fera un jour réparer l’église. Les cérémonies dans le grenier dureront jusqu’en 1816 (6). L’abbé Desplobein sera, on s’en doute, opposé au concordat de 1801 sans toutefois créer de foyer de dissidence notable dans sa paroisse.

    Homme « d’une charité inépuisable », « d’une grande instruction »  notre curé attirera dans le modeste grenier qui lui sert d’église les paroissiens de Saint-Ouen (Paroisse disparue de nos jours également), de Sainte-Hermine, de la Réorthe et bien sûr de Saint-Vincent-Fort-du-Lay. On sait, toujours grâce à Amédée de Béjarry, que ce grenier avait vingt mètres de long sur cinq de large. Il était impossible que tout ce monde trouvât assez de place, et bon nombre de paroissiens assistaient à l’office depuis la cour ; voilà à quoi ressemblait la foi vendéenne d’alors… Point de feinte en matière de religion.  Nul doute que ce genre de manifestation a dû rapprocher bien des paroisses et sceller l’amitié  de biens des hommes. La Vendée ne faisait alors qu’une sous le tintement grêle et champêtre des quelques cloches encore en place. L’écrivain Emile Souvestre, que nos amis Bretons connaissent bien,  raconte que son aïeul a plus d’une fois assisté aux messes du curé Desplobein, célébrées la nuit, non loin de l’ancienne abbaye de Trizay (7).  Ceci devait être avant son départ pour l’Angle, près de Chantonnay.   Ajoutons que les environs de l’abbaye de Trizay étaient très boisés à cette époque et le sont encore par endroit. La carte de Cassini donne une proportion de bois plus importante que l ’IGN actuelle, et les cachettes ne devaient pas manquer, même si la route de     Sainte-Hermine à Bournezeau était à peu près à la même place qu’aujourd’hui. Ceux qui connaissent les « Souvenirs Vendéens » d’Amédée de Béjarry auront retenu de lui un prêtre envers et contre la République, qui du fond de son Sud-Vendée sut rester un fidèle partisan de l’ordre. On sait également que sa servante originaire de l’île d’Yeu et nommée Marguerite possédait un langage assez « fleuri » envers les républicains en particulier. Ce qui ne l’empêchait pas cependant de libérer sa fougue envers le curé Desplobein également, à en juger ce qui suit. Un jour que Jacques-Sylvain Desplobein était malade et que l’on en demandait des nouvelles à « Marguerite » elle répondit simplement comme la  fille de pêcheur de l’Ile d’Yeu qu’elle était: « Quand l’est à la maison, l’a l’air à moitié crevé ; quand l’est à l’église, on n’entend que sa goule ». On raconte encore au pays, qu’un jour que les républicains arrivent au presbytère pour arrêter le bon Desplobein, Marguerite toujours aussi « forte en goule » aurait admonesté son maître devant les bleus en lui disant : « toi le berger qu’est- que tu fais là ? Retourne donc à tes moutons !!!! » Desplobeins ne demanda pas son reste et la terrible bonne du curé venait, ni plus ni moins de lui sauver la vie… Il ne fera rien contre le concordat de 1801 mais refusera le traitement versé par l’état aux curés concordataires….

     

     

    M. Desplobein meurt à 72 ans le 1er juin 1824.

    Enterré au cimetière de Puymaufrais à côté de l’église, ses cendres furent transférées dans le cimetière actuel en 1907 lors d’une mission.

    Il prédisait que dans un avenir lointain des véhicules « sans attelage qui rouleraient vite……. ». Il ne s’était pas trompé de beaucoup sur cette affaire…. Une troublante et mystérieuse coïncidence veut que l’on retrouva ses restes par hasard…. en 2007. Un siècle après son transfert : septembre 2007,  un employé communal constate qu’un trou est en train de se former au pied de la croix centrale qui sert de monument aux morts. Le maire délégué de Saint-Vincent-Puymaufrais se souvient des récits de sa grand-mère qui parlait d’un curé enterré au beau milieu du cimetière. Rien ne dit à ce moment de qui il peut s’agir. L’ancien cimetière, comme dans la plupart de nos paroisses à changé de place et celui de Saint-Vincent-Puymaufrais a été transféré à son emplacement actuel en 1900. Oui mais voilà, en 1907, il y eut une mission, le 1er novembre précisément…. Et lors de cette cérémonie on exhuma de l’ancien cimetière les dépouilles de deux prêtres considérés comme saints dans le pays.

    “Dans le vieux cimetière dormaient deux anciens curés de Puymaufrais, dont l’un,   M. Desplobein, vivait à l’époque de la terreur et a laissé dans le pays une réputation de sainteté. On exhuma leurs restes, j’allais dire leurs reliques et sur leurs dépouilles réunies, l’office des morts fut chanté. Avant de les rendre à la terre et sur leur nouvelle tombe, le Père Rousset imagina d’interpréter, pour la population, le discours qu’auraient tenu les deux vénérables défunts s’ils avaient parlé et ce discours posthume « impressionna vivement » (Ansi s’exprime le curé Amossé de la Rhéorte dans la revue « La semaine catholique du Diocèse de Luçon » du 23 novembre 1907) . Tout cela est bien joli et terriblement passionnant mais qui sont ces deux prêtres ? Après une rapide enquête les historiens du pays ne trouvent que deux saints hommes enterrés à Puymaufrais entre 1750 et 1900 : Le curé Jacques-Sylvain Desplobein et son successeur François Biret (François Biret, est vicaire en 1823 et devient curé de Puymaufrais à la mort de desplobein en 1824. Il décède curé de la paroisse le 25 avril 1860 à l’âge de 63 ans), tous deux hautement considérés dans le pays et ayant laissé une empreinte de sainteté. Eh oui, la sépulture de notre ami Desplobein est bel et bien retrouvée et qui plus est en 2007, à une époque bien étrange…

     

    Aujourd’hui un fragment du crâne du curé Desplobein est conservé aux archives de la paroisse de Bournezeau dont dépend Saint-Vincent-Puymaufrais. Ainsi perdurent quelques miettes de « Vendée » venues tout droit de la terre.

     

    Dieu sait où exactement notre bon curé officiait et dans quelles aventures dangereuses il se trouva sans doute plus d’une fois. S’il est vrai que les Mauges et le Bressuirais regorgent de petits coins mystérieux,  cette partie du sud de la Vendée départementale n’en est pas moins riche en cachettes de toutes sortes, accessibles par des chemins aussi étranges qu’éloignés des grands axes de circulation. Même si aujourd’hui, la « route des vacances » passe à quelques pas de Trizay, il subsiste encore tout un réseau inextricable de sentiers qui donnent une idée de l’isolement dans lequel devaient se trouver certains villages.

     

     

    Actes de naissance et de décès de Jacques Sylvain Desplobeins

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

     

     

     

    Actes de naissance et de décès de Laurent Pierre François Benjamin Henry Gauly

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

    Saint-Vincent et Puymaufrais....

     

     

     

        A Saint-Vincent-Fort-du-lay, c’est une toute autre histoire : Le curé Benjamin Gauly fut membre de l’administration départementale ! Mais si ! Gauly était né à la Réorthe le 16 juillet 1753. Nommé curé de Saint-Vincent-Fort-du-Lay en 1783, il assista à l’assemblée du clergé poitevin en 1789. Il y représentait d’ailleurs le curé Desplobein de Puymaufrais… Ayant publié une brochure en faveur de la constitution civile du clergé, nul doute que les relations entre lui et Desplobein durent cesser de suite ! Electeur du canton de Bournezeau en 1791 et 1792, il deviendra vice-président de l’administration départementale. Le 29 novembre 1793, soit un an après sa nomination au département, il jettera la soutane aux orties. L’année suivante, il démissionne de ses activités républicaines, s’installe à Féole près de       Sainte-Hermine pour s’y occuper, paraît-il,  d’agriculture. Il décèdera le 9 juillet 1839 à la Réorthe. Un détail : Le 5 septembre 1793, Gauly se servira de son autorité pour faire libérer deux jeunes gens de sa paroisse « menés de force par les brigands au combat de Luçon et qui ont pu échapper dès qu’ils ont pu. » (6 bis) On comprend que les Béjarry, dont le château était à l’origine situé sur la paroisse de Saint-Vincent-Fort-du-Lay, soient beaucoup plus « en phase » avec le curé Desplobein de Puymaufrais.

     

    Pour ce qui est de l’abbaye de Trizay, dont nous avons parlé plus haut, il faut savoir qu’à la veille de la Révolution, il n’y restait que cinq religieux. Ce chiffre résulte d’une déclaration des biens et revenus de l’abbaye en date du 6 janvier 1790 découverte aux archives nationales . Elle aurait été  incendiée dès le début de la guerre, lors de la « montée » de Marcé vers le Bocage ou après sa défaite du 19 mars à Saint-Vincent-Sterlanges (La première version nous paraît  plus vraisemblable, Marcé pressé de fuir avait sûrement autre chose à faire qu’à s’attarder avec des incendies). Ce qui est sûr, c’est que le château de la Roche-Louherie fut quant à lui attaqué la veille (18 mars) de cette défaite. C’est de là que viennent les fameux boulets qui décorent la clôture d’entrée. Le château subira une nouvelle attaque, le 25 juillet, lors de cette sortie en avant de Tuncq qui coûta la vie à Sapinaud de la Verrie dans la « Prée du Gué », entre Pont-Charron et Pont-Charrault. Cette fois-ci la Roche-Louherie sera incendiée et le repas prévu pour la garnison royaliste sera dévoré par les Bleus !

     

    Ces deux villages que nous venons de présenter brièvement ont subi de lourdes pertes matérielles durant les guerres de Vendée. Nous allons maintenant essayer de voir ce qui s’y est passé après. Pour cela il nous faut reprendre le chemin du passé, la lanterne à la main, sur les traces de notre brave curé Desplobein et de ses messes dans le grenier de la Ricottière. Le 6 août 1809, une lettre du maire de Puymaufrais (8) « à M. l’auditeur du conseil d’état, préfet de la Vendée » nous apprend que « Depuis onze ans, le culte s’exerce dans un grenier » que l’église doit être reconstruite et que la maison de la Ricottière, où s’exerce le dit culte, a entièrement brûlé et que le propriétaire doit faire reconstruire 9 autres maisons. En bref, les trois-quarts des habitations ont été incendiés. Le maire, très en colère de n’avoir toujours pas perçu les 1 200 francs promis pour son village, rappelle que « Puymaufrais est situé dans le plus mauvais fonds du département… que son revenu est estimé à 8 000 francs environ, alors que l’imposition foncière est de 2945,38 francs (de quoi ravir les amoureux de statistiques), que les 4/9° de ce revenu appartiennent à l’abbaye de Trizay dont les propriétaires ne sont point domiciliés dans la commune… » En outre 2/9° de ce revenu échoient à la maison de la Ricottière dont les propriétaires sont les seuls en mesure de pouvoir faire réparer l’église. Le coût de cette réparation s’est déjà élevé à 2571,90 francs et le maire n’hésite pas à joindre à son courrier un justificatif des comptes de sa commune.  La reconstruction de la nouvelle église va faire couler beaucoup d’encre, comme nous allons le voir tout à l’heure, mais au passage, arrêtons-nous à un détail qui semble prouver que la Providence semblait veiller sur ce lieu : Il y a aujourd’hui une chapelle à La Ricottière. Celle-ci abrite un autel en marbre blanc orné d’une croix noire qui date du XVIII° siècle. C’est l’ancien autel de l’église de Puymaufrais… Celle-ci avait été complètement dévastée par l’incendie. Pourtant lorsque l’on a déblayé les décombres l’autel était intact… Il sera réutilisé dans la nouvelle église jusqu’en 1863.  

     

    Le feuilleton de la reconstruction de l’église se poursuit sous la Restauration : Une lettre du maire de Puymaufrais, datée du 17 septembre 1823, insiste sur le fait que la maison de La Ricottière a été seule à coopérer aux travaux. 6 000 francs on déjà été dépensés et 4 000 restent encore à prévoir. Sur les      300 000 francs alloués par le gouvernement impérial pour la reconstruction des églises, il semble que Puymaufrais ait été oublié… La colère ne s’est pas éteinte depuis près de quinze ans !

    L’église sera pourtant bien terminée un jour, même s’il on demande encore 3 000 francs en « deux annuités égales » au ministre des cultes à la date… du 11 septembre 1879… C’était le clocher cette fois-ci qu’il fallait refaire… Nous voilà édifiés sur les problèmes de reconstruction liés aux Guerres de Vendée. A partir de la monarchie de juillet, les choses se gâtent entre Puymaufrais et Saint-Vincent-Fort-du-Lay. Le maire de cette dernière commune, vrai « philippard », farouchement opposé au passé Vendéen du lieu n’a de cesse de provoquer toutes sortes de tracasseries à l’encontre du village de Puymaufrais, beaucoup plus orienté vers les « choses vendéennes ».

    Le Citoyen Guichard, maire de Saint-Vincent–Fort-du-Lay, refuse de payer le fermage des terres qu’il exploite à la fabrique de Puymaufrais au prétexte qu’elle n’a aucun droit sur les biens de Saint-Vincent-Fort-du-Lay dont les revenus d’église ont pourtant disparu. Faute d’église vous l’avez compris. Il s’avère nonobstant que la fabrique de Puymaufrais avait bel et bien acheté ces biens,  en bonne  et due forme. En effet, même si la plupart des biens sis sur la paroisse disparue de Saint-Vincent–Fort-du-Lay ont été vendus « nationallement » (sic), un pré et quelques morceaux de terres arables sont devenus la propriété de la fabrique de Puymaufrais. Guichard se plaint dans une lettre datée du 28 janvier 1831 que « tous les revenus de sa commune sont destinés à l’église de Puymaufrais ». Le préfet, lassé par les missives intempestives de Guichard, lui rappelle que selon les dispositions impériales, Puymaufrais est dans son bon droit. Le décret précise que les fermages doivent êtres payés même si la fabrique qui les possède est liée à une commune étrangère (9).  Il faudrait ajouter encore que les deux paroisses ont été réunies « spirituellement » le 7 thermidor de l’an XI (26 juillet 1803). Guichard, qui continue ses invectives en 1832 ne sait pas que l’évêque lui-même, alerté par la fabrique de Puymaufrais a écrit au préfet. Celui-ci, rouge de colère, envoie une lettre particulièrement musclée à Guichard, qui se plie de mauvais gré à cette ultime décision . Fort heureusement, une ordonnance royale du 12 juin 1833 viendra réunir une bonne fois pour toutes les deux communes sous le nom de « Saint-Vincent-Puymaufrais ». Cela n’empêchera pas Guichard de se plaindre encore (soi-disant au nom des habitants) de ce que le curé de la commune fait trop de frais dans son presbytère et que la chose ne cadre pas avec la pauvreté qui sied aux ecclésiastiques.

     

    Je dédie ce petit texte à la mémoire du curé Desplobein mais aussi à M. Cottencin, nouvel habitant de l’abbaye de Trizay, dont la porte est toujours ouverte et dont le sens de l’hospitalité n’a d’égal qu’un profond sens des belles choses et de l’âme des pierres….

     

     

    RL

     

    Septembre 2004, Février 2009

    et Mars 2011

     

     

     

     

     

    Notes :

     

    (1)       La Crosnière, aujourd’hui lieu-dit de Beauvoir-sur-Mer et dont il ne reste plus que le cimetière avait été erigée en la paroisse « Notre-Dame du Pé » en 1772. Ravagée par les colonnes infernales, l’église et la cure incendiées, la paroisse fut rattachée à Beauvoir-sur-Mer en 1799. On sait d’autre part que la pittoresque servante du curé Desplobein, la fameuse « Marguerite » était originaire de l’Ile d’Yeu et avait même été matelot !

     

     

    (2) La chapelle de cet ancien prieuré existe toujours et se repère facilement dans les virages du « Logis de l’Angle » entre Chantonnay et Bournezeau. La chapelle, bien que transformée en bâtiment agricole est toujours là, pour le souterrain, c’est une autre histoire…

     

    (3)Les Pacifications de l’Ouest, tome III, p. 91. Le document cité par Chassin se trouve aux ADV, L 203. Dans le tableau des prêtres réfractaires on trouve le curé « Desplaubain » (sic) dans le canton de Chantonnay, au village de l’Angle  : « Ce prêtre réfractaire à toutes les loix est constamment resté dans la Vendée (et) disait depuis quelque temps la messe dans un village isolé. A cessé depuis la loi du 19 fructidor ».  Le document est daté de 1799.

     

    (4) ADV, 1 O 765.

     

    (5) ADV, L 274.

     

    (6) Amédée de Béjarry, Souvenirs Vendéens,  p. 15. C’est encore M. Desplobeins qui desservira la Gaubretière pendant un temps après la mort de M. You. Il s’était réfugié au village de « Vauvert » près de la Gaubretière. Paul Legrand, Notes historiques sur la paroisse de la Gaubretière, 1907, p. 51.

     

    (6 bis) Chassin, La Vendée Patriote, tome IV, p. 42-43. Les deux jeunes gens qui se nomment Louis Bristeau et Pierre Brochet ont été pris « chez le citoyen Maseau, de Beugné » ( Saint-Jean-de-Beugné). Dans cette lettre aux administrateurs de la Vendée, Gauly insiste sur le fait que les habitants de sa paroisse sont « paisibles » tout en ajoutant que « la municipalité saura faire connaître les coupables qui sont dans sa commune ». Il rappelle en outre que Saint-Vincent- Fort-du-Lay est peut-être la seule commune « qui ait entièrement payé toutes les contributions à ce jour ».

     

     

     (7)      Notons pour information, que cette abbaye cistercienne fut fondée vers 1124 et affiliée à l’abbaye de Pontigny (Yonne) en 1145.  Associée à l’abbaye de « l’Etoile », dans l’actuel département de la Vienne, elle donnera naissance à une autre fondation, celle des « Châtelliers » sur l’île de Ré. Comme toutes les abbayes du Bas-Poitou, elle subira les dévastations huguenotes en 1568 (celles d’un certain Jean Béjarry de la Guesmenière).AN, F 17 1179. Nous devons cette information à quelques heures passées sur Internet… On sait que Don Lerouge, prieur de l’abbaye est l’auteur en 1773 d’un ouvrage intitulé Principes du cultivateur. Au moment de la Révolution il publiera Voyage aux Pyrénées. Quant à l’abbé commendataire Rozand, il figure parmi le clergé le plus remarquable de cette période. On verra ce qu’en a dit Jean Artarit, op. cit. p. 273. A Trizay, se trouvait également, Poncet, un carme qui prêtera le serment à la constitution civile du clergé, mais rentrera dans le rang après 1801. Sans doute mal influencé en 1791 on ne pourra pas le comparer avec d’autres forcenés tel Dillon du Vieux-Pouzauges, pour ne citer que lui.  On notera en outre que les religieux de Trizay jouissaient d’une réputation très élogieuse. A. Billaud, dans sa  Guerre au Bocage Vendéen  (p. 14) n’y dénombre que deux carmes, au moment de la révolution, à tort selon nous.

     

    (8)      ADV 1 O 765. Ibidem pour tout ce qui va suivre.

     

    (9)      Décret daté du 31 juillet 1806.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    2
    Dimanche 22 Février 2015 à 11:21

    Merci Guy. Une première mouture de cet article avait été publiée dans la bulletin de "Savoir" de l'association Vendée Militaire il y a une dizaine d'années. Mon intérêt pour ce prêtre et ces deux villages n'est donc pas nouveau. J'espère que l'on te verra à la journée du mois de mai, tu y trouveras une ambiance bon enfant et des paysages superbes. wink2

    1
    Guy
    Dimanche 22 Février 2015 à 10:18
    Très très interessant
    Super rédactionnel.. Bravo
    Je pense que l auteur. Est celui qui se fait appeler
    Loup
    Felicitations
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