• Les fusillades de Bournan....

     

    Souvenirs des fusillades du Saumurois,

    Bournan…

     

     

    Le 20 mai 2017, les « Amis du Pont-Paillat » avaient fait une sortie en pays saumurois et nous nous étions rendus sur le lieu des fosses communes de Bournan. Cet article est donc un aide-mémoire sur un lieu qui existe toujours et où l’on peut aller se recueillir. Nicolas avait évoqué la sortie ici. Pour compléments, l’article de Nadine ici. Je tiens à m’excuser pour la piètre qualité des photos, récupérées in extremis après un crash informatique survenu l’an dernier à la maison.

    RL

    Janvier 2019

     

    Les fusillades de Bournan....

     

    « Les 19 et 26 décembre 1793, eurent lieu, sur les buttes de Bournan (Bagneux), deux fusillades, par les soins de la Commission militaire présidée par Félix.

    Le 31 octobre 1794, Raymond Chevalier, adjudant de la place de Saumur, âgé de 29 ans, âgé de 29 ans, fit à la municipalité de Saumur la déclaration suivante : « L’hiver dernier, le général Commaire, commandant alors la force armée à Saumur, envoya demander au bureau de l’état-major de la place, au commandant Richard, quel endroit était le plus propre pour faire fusiller les brigands de la Vendée, de manière que le mauvais air et la corruption des corps morts ne pussent infecter les habitants de Saumur. On lui indiqua la montée de Bournan comme le lieu le plus propre à cette expédition et où le grand air pourrait évaporer plus facilement les mauvaises exhalaisaons que doivent nécessairement produire de semblables expéditions. D’après ce renseignement, le général Commaire envoya un ordre par écrit au commandant de la place à l’effet de commander la force armée pour faire fusiller 17 brigands. On les prit le matin à la prison de la Tour-Grenetière, d’où ils furent conduits à la montée de Bournan, sous prétexte d’aller à la promenade. Dès l’instant qu’ils furent rendus à l’endroit désigné, les gendarmes de la 35e division de la gendarmerie à pied, qui avaient été commandés et les escortaient, les fusillèrent, après en avoir reçu l’ordre du général Commaire, qui était présent et leur donna le signal de faire feu (19 décembre 1793). – A peu près dans le même temps, la Commission militaire séante à Saumur, se transporta dans la ci-devant église de Nantilly pour voir 200 brigands, qui avaient déposé les armes à Angers, après l’affaire de Savenay. Après un interrogatoire très succint et très court, on désigna 235 d’entre eux pour être fusillées le soir du même jour. La Commission militaire n’’excepta de cet ordre barbare que les jeunes gens au-dessous de 18 ans (1). Elle envoya au commandant de la place Richard un réquisitoire pour commander 300 hommes armés, à l’effet de faire fusiller les 235 brigands qu’elle avait désignés. Dans l’après-midi ces homme furent pris dans l’église de Nantilly et conduits à Bournan, sous prétexte d’y prendre l’air. Arrivés au lieu indiqué, en présence de la Commission militaire, du général Commaire et d’une partie de son état-major, le signal du feur fut donné, et les 235 malheureux furent mis à mort, à l’exception de deux qui s’évadèrent (26 décembre).  – C’est tout ce que je sais des fusillades qui ont eu lieu à Saumur, ayant obtenu dans ces temps de calamité une permission du commandant de la place d’aller à Romorantin pour vaquer à des affaires de famille. »

    Déposition de René Chereau, ancien maire de Cholet, au sujet de la fusillade du 26 décembre 1793 : « Etant à Chacé, lieu où je demeure depuis mon évacuation de Cholet, j’ai entendu en décembre 1793 une fusillade considérable qui se faisait à la butte de Bournan. Ayant demandé à plusieurs citoyens qu’elle était cette fusillade, ils me répondirent que c’étaient environ 200 brigands qu’on fusillait ; ils étaient sortis de la ci-devant église de Nantilly, où ils étaient détenus. »

    Au sujet de la même fusillade du 26 décembre 1793, Gaudichon, commissaire des guerres, fit la déclaration suivante : « Au mois de décembre 1793, étant à cheval et revenant de Saint-Florent, je fus rencontré par quelques officiers généraux marchant, avec une escorte assez nombreuse, à la tête d’une file de malheureux attachés les uns aux autres, qu’on me dit être des rebelles de la Vendée. On me sollicita d’accompagner la Commission militaire. Chemin faisant vers la butte de Bournan, je remarquai Félix, président de cette Commission, qui interrogeait sur leur âge différents jeunes gens faisant partie des rebelles. Frappé de ces questions, j’en demandai la cause. Félix me répondit qu’il pouvait soustraire à la fusillade tous les jeunes gens au-dessous de 18 ans. Arrivé sur le terrain, je remarquai un jeune malheureux, âgé de 17 ans, que Roussel, membre de la Commission, sur mon rapport et mon invitation, fit détacher et reconduire à Nantilly, d’où ils avait été tiré. Alors 235 furent fusillés, pris le petit bois qui se trouve à gauche sur la hauteur de Bournan. Le détachement était commandé par le divisionnaire Commaire. »

    Déposition de Jean-Augustin Thibault, ci-devant concierge de la ci-devant église de Nantilly, âgé de 44 ans, domicilié à Saumur : « Vers le 25 ou 30 décembre 1793, j’étais encore concierge de la ci-devant église de Nantilly, qui servait de maison d’arrêt pour les brigands. Un de ces jours (26 décembre), sur les 10 heures du matin, un officier de la Commission militaire établie à Saumur que je reconnus pour tel par le ruban et la médaille qui y était suspendue qu’il portait au cou (je ne puis dire son nom, mais je le reconnaîtrais si je le voyais, il demeurait rue Nationale à côté de la maison occupée par le citoyen Cailleau), se transporta à la maison d’arrêt et me dit de dresser quatre tables, ce que je fis. Le membre de la Commission militaire écrivit et fit écrire les nom et âge des détenus, dont le nombre montait à 335 environ. Ce recensement fait, il me donna ordre de mettre dans le chœur les jeunes gens de 18 ans et au-desous, sous prétexte de les garantir de la maladie qu’avaient les autres détenus, ce que je fis à l’aide de la garde qui était présente. Cet officier de la Commission me défendit de donenr du pain à ces derniers sans vouloir m’en dire la raison, et m’observa d’en donner seulement aux jeunes gens qui étaient renfermés dans le chœur. Ces détenus furent conduits à la butte de Bournan, où ils furent fusillés et massacrés à coups de sabres et de baïonnettes, ainsi que la garde qui les conduisait et beaucoup d’autres personnes m’en ont fait le rapport. Quant aux jeunes gens renfermés dans le chœur, ils en sortirent vers la mi-janvier 1794 avec plusieurs autres qui y avaient été transférés depuis, et ils furent fusillés du fusillés du côté de Parnay. Une partie de ceux qui ont été fusillés sur la butte de Bournan, avianet déclaré s’être rendus à Angers et y avoir déposé leurs armes pour se retirer d’aves les brigands. »

    Sur cette fusillade de Parnay, qui eut lieu à la fin de janvier 1794, nous avons encore trois témoignages.

    Déposition d’Antoine Poitou, cordonnier à Saumur, âgé de 30 ans : « le 7 janvier 1794, je fus nommé gardien des détenys à la maison d’arrêt de la ci-devant église de Nantilly, qui contenait alors 150 prisonniers ; je n’étais chargé que de leur distribuer des subsistances, l’officier du poste étant toujours chergé des clefs de cette maison. Un mois après, 112 des prisonniers (le surplus étant mort) furent enlevés de cette maison dans des charrettes et conduits à Parnay par une escorte de 150 hommes. Ils furent fusillés à Parnay, suivant les rapports qui m’en ont été faits. Un de ces hommes étant trop malade pour être transporté avec les autres, le commandant du détachement le fit porter par mon cousin et moi au bord d’un trou destiné à enterrer les morts, et il le fit fusiller par quatre hommes de garde. Au nombre des 112 prisonniers, étaient 50 enfants de 12 à 18 ans et la plus grande partie de 12 à 15 ans qui avaient été exceptés de la fusillade de Bournan quelque temps auparavant. Ces enfants criaient comme des malheureux et demandaient à être employés au service de la République. Malgré leurs cris et leurs prières réitérées, ils furent de même que les autres emmenées et fusillés à Parnay. Pendant le temps que les enfants sont restés détenus dans la maison de Nantilly, le citoyen Cailleau, maire de Saumur, m’a recommandé, à chaque fois qu’il me voyait, le plus grand soin de ces jeunes infortunés. »

    Déposition de Jean-François Bucaille, cultivateur à Souzay : « L’hiver dernier, j’ai eu connaissance qu’il a été fusillé environ 110 brigands de la Vendée à Parnay. On les laissa nus sur la place. Parmi eux, il y avait beaucoup d’enfants au-dessous de 15 ans. Pour éviter la peste, les officiers municipaux de Souzay et de Parnay firent faire des fossés et firent enterrer ceux qui avaient été fusillés. Je crois que le citoyen Simon, gendre de Hubert, était à la tête de la troupe. Un de ces malheureux qui avait tombé d’une charrette, fut fusillé près de ma demeure et jeté dans les carrières. »

    Déposition de Pierre Lamiche, agent national de Souzay : « Vers le mois de février 1794, il fut conduit à Souzay 112 individus sortant de la Vendée. Ils étaient détenus depuis longtemps à Saumur, dans le temple dédié à l’Etre suprêùe. Ces individus, qui n’étaient presque tous que des jeunes gens de 13 à 25 ans, arrivèrent à Souzay sous l’escorte d’une force armée. Lepetit, membre du comité révolutionnaire de Saumur, ou bien Simon, paraissait commander cette expédition. Ces jeunes gens furent fusillés, et je fus requis pour les enterrer. »

    Abbé Uzureau, in l’Anjou Historique, N° 6, mai-juin 1916. »

     

     

    (1)  Le 23 décembre 1793, la Commission militaire « requiert et invite le Comité révolutionnaire de Saumur de distraire des prisonniers faits sur les brigands et de ceux qui se sont rendus à la République, les garçons jusqu’à dix-huit ans, les filles et les femmes jusqu’à vingt  ans, pouruv que ni les uns ni les autres ne soient fils ou parents des ci-devant nobles et émigrés. » ( AD 49, L 1221)

     

    Les fusillades de Bournan....

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