• Vieil-Baugé, décembre 1793....

                         

    Sur les Chemins de Galerne… le Vieil-Baugé.

           

     

    Vieil-Baugé, décembre 1793....Quand on fait le coup de feu contre une reconnaissance de cavalerie Vendéenne, c’est à ses risques et périls.

    Charles Hirly de la Gaste a très certainement voulu « faire un carton » sur un groupe de cavaliers et ce geste lui a été fatal. Les Vendéens lors de la campagne d’Outre-Loire ne tiraient que sur des gens qui offraient une opposition armée, entêtée ou provocatrice.

    La famille Hirly de la Gaste, une famille d’avocats, une drôle de famille ! (Encore des gens de la magistrature, groupe professionnel prégnant dans la maçonnerie révolutionnaire). La sœur de Charles Hirly de la Gaste : Marie-Anne Hirly de la Gaste, religieuse de l’Ordre de Cîteaux, fille de Charles-Jacques Hirly de la Gaste et de Anne-Perrine Cordon de Longuehaye, est née le 20 mai 1748 en la paroisse Sainte-Croix à Angers. Elle épouse, à 46 ans, le 15 Messidor de l’an 2 (3 juillet 1794), Nicolas Marchal, 57 ans, ancien Prieur de l’abbaye de Chaloché, prêtre régulier Cistercien… 

      Vous voyez, les religieux corrompus par les idées nouvelles, ce n’est pas nouveau. Aujourd’hui nous avons ceux qui suppriment l’eau bénite des bénitiers et qui obligent les paroissiens au port du masque. Le Malin sait bien l’importance de l’eau bénite… et certains clercs obéissent servilement aux idées du temps, ils sont passés dans l’autre camp. Priver d’eau bénite les fidèles, lors des entrées et sorties d’une église, est un acte grave, puisque cette eau protège des Démons; et il n’existe aucun risque de contagion. D’autant plus qu’à l’heure où je vous parle, le « Cobide » a pratiquement disparu.

     

    Je n’ai pas retrouvé l’acte de baptême de Charles Hirly de la Gaste à Angers, paroisse Sainte-Croix. Il est né vers 1752, puisque son acte de décès enregistré au Vieil-Baugé le 11 nivôse de l’an 2, nous informe qu’il est âgé de 41 ans. 

    Nous savons simplement qu’il est célibataire, domicilié à Baugé, et nous ignorons sa profession (avocat ? notaire?).

    Sa famille :

    Son grand-père, Charles-Julien Hirly sieur de la Gaste est avocat au parlement de Baugé.

    Son père, Charles-Jacques Hirly sieur de la Gaste est dit : « bourgeois de la ville d’Angers », décédé à Denée le 21 novembre 1774. Il avait épousé le 22 août 1747 à Angers Anne-Perrine de Longuehaye.

     

    Charles Hirly de la Gaste a été « tué par les Brigands le 11 frimaire de l’an 2 » (Dimanche 1er décembre 1793) ou le 12 ?

     

    Voici son acte de décès :

     

    « Aujourd’hui onze nivose l’an second de la République une et indivisible, à huit heures du matin, devant moi Pierre Lemer officier public membre du conseil général de la commune du Vieil Baugé, département de Maine et Loire nommé par délibération du vingt trois décembre mil sept cent quatre vingt douze, pour recevoir les actes destinés à constater la naissance, mariage et décès des citoyens, sont comparus en la maison commune, Charles Crespin Fabre maître d’école âgé de trente huit ans et Jean Le Roi cultivateur âgé de quarante ans, tous les deux demeurant en la commune de Baugé, chef lieu de district et Pierre Souillet cultivateur âgé de quarante ans demeurant en cette commune du Vieil Baugé, tous les trois amis de Charles Hirlys de la Gathe, âgé de quarante et un ans, domicilié en la commune de Baugé, natif de celle d’Angers, fils de défunt Charles Hirlis de la Gathe et d’Anne de Cordon de Longué, domiciliée en la ditte commune d’Angers, ses père et mère, Lesquels Charles Charles Crespin Fabre, Jean Le Roi, et Pierre Souillet m’ont déclaré que le dit Charles Hirlys de la Gathe a été tué par les Brigands, le onze frimaire dernier, dans cette dite commune du Vieil Baugé, près la Prée de la Grilliardière* située dite communauté, d’après cette déclaration, je me suis porté à la bonne foi, et à la déclaration des dits témoins, qui m’ont certifié que la mort de la personne du dit Hirlys de la Gathe était véritable dont j’en ai dressé le présent acte que Charles Crespin Fabre, Jean Le Roi et Pierre Souillet ont signé avec moi, fors jean Le Roi et Pierre Souillet ont signé avec moi, fors Jean Le Roi qui ne sait signé ; fait en la maison commune du Vieil Baugé les dits mois et an ci-dessus – trois mots foullés, approuvés.  

    Signé : Fabre Souillet et Lemer officier public. » 

     

    * La Grillardière se situe au Sud de Baugé, près du chemin de Baugé à la Ronde par Longué. 

     

    Atmosphère générale dans le secteur Sablé-La Flèche-Durtal-Clefs-Baugé au début de décembre 1793 :

    Les Vendéens arrivèrent à Sablé dans la journée du 9 Frimaire, (23 novembre 1793. Ils envoyaient des reconnaissances cavalerie vers Durtal, Baugé et Beaufort en éclairage de leur armée.

    Déjà lors de l’entrée de l’armée à Sablé, un coup de fusil fut tiré dans un jardin près de la porte Bouère, le tireur fut tué par les Vendéens.

    Le receveur de l’enregistrement nommé Boisard, tiens tiens…. (Un René Louis Boisard sieur de l’Epinière avait épousé Jacquine Hirly de la Gaste) qui s’enfuyait fut sommé de crier : Vive le Roi ! et de prendre la cocarde blanche. Il refusa de renier ses opinions et cria Vive la République ; il fut tué. A part Boisard et le tireur de la porte de la Bouère, il n’y eu pas d’autres victimes du passage des Vendéens à Sablé.

     

    Une correspondance militaire Républicaine dit :

     

    « Un détachement fut envoyé par les Royalistes à Baugé avec quelques pièces de canon, qu’au sortir de la Flèche, ils s’étaient divisés en deux colonnes, que l’une s’était portée sur Baugé et Beaufort et qu’après s’en être emparée elle avait poussé sa marche sur Saumur, et que l’aile droite s’était dirigée sur Durtal et Suette » 

     

    Cela se passait au premier passage des Vendéens à Baugé, juste avant l’attaque d’Angers, c’est à dire le Dimanche 1er décembre 1793 et le Lundi 2 décembre. Charles Hirly a été tué le Dimanche 1er décembre ( 11 Frimaire de l’an 2). Cela correspond au passage des Vendéens.

    Voilà l’explication de la mort de Charles Hirly au Vieil-Baugé, dans la Prée de la Grillardière, non loin  du chemin de Baugé vers Beaufort.

     

    Vieil-Baugé, décembre 1793....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- décès de la commune de Vieil-Baugé du mois de Nivôse de l’an 2. - Copie de l’acte de décès de Charles Hirly de la Gaste. Vue n°100/400 1793-anVI. Naissances paroisse Sainte-Croix d'Angers, vue n° 119/130, année 1748. Paroisse Saint Denis.  

    . Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau - Tome III - page 289. 

    . Blogue la Maraîchine Normande (9 mai 2019). 

    . Cadastre de Cassini 1744 – lexilogos - la grillardière au Sud de Baugé. 

    . Photo : de l’auteur. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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