• Urbain Coeur-de-Roy....

                         

                    Urbain Coeur de Roy, de Soulaines-sur-Aubance.              

                                     

     

     

    Urbain Coeur-de-Roy....Urbain Coeurderoy-Coeur-de-Roy est né le 13 mai 1766 à Soulaines-sur-Aubance. Il est le fils d’ Urbain Coeur de Roy, meunier et de Perrine Vétault. Il se marie le 5 septembre 1786 à Soulaines avec Louise-Perrine Aigrefeuille, née le 11 janvier 1769 à Soulaines, fille d’ Alexandre Aigrefeuille et de Perrine Besnard.

     

    De cette union sont issus :

    1° Urbain Coeurderoy, né le 19 juin 1787 à Soulaines.

    2° Louise-Perrine Coeurderoy, née le 2 janvier 1790 à Soulaines.

    3° Marie Coeurderoy, née le 31 juillet 1791 à St Melaine.

    4° Frédéric Coeurderoy, né en 1793 ? - décédé le 6 mars 1794.

     

    En 1793, Urbain Coeurederoy est meunier aux moulins de Charruau dont il est propriétaire ainsi que de deux moulins à vent situés aux Huttieres.

    En mars 1793 il est nommé commandant de bataillon par Monsieur d'Autichamp. Ses moulins seront brûlés, sa maison pillée et ses quatre chevaux fournis à l'Armée Royale.

    Cet officier sera capturé près de Nantes et tué dans cette ville.

     

    Le 24 mai 1825, ses enfants déposent une demande de pension dont la teneur suit :

     

    « A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire ;

     

    Monsieur,

     

    Urbain Coeur de Roy, profession de meunier, âgé de trente huit ans, Louise Coeur de Roy, âgée de trente cinq ans, Marie Coeur de Roy âgée de trente quatre ans, tous trois né et habitants la commune de Soulaines ont l'honneur de vous exposer que feu Urbain Coeur de Roy leur père commun, profession de meunier, habitant de son vivant la ditte commune, qu'en 1793, a fait partie de l'Armée Royale de la Vendée, et fut nommé dès le premier instant, commandant de batallion  par Monsieur D'Autichamp ayant commandé avec zèle et courage dans les rangs des défenseurs de la religion et du trône, il fut pris par les Républicains proche Nantes, et conduit dans cette ville, il fut fait mourir en cet endroit, les exposants ont l'honneur de vous représenter que vu le grade de leur père et l'enthousiasme intrépide qu'il avait montré en la ditte armée, a attiré la vengeance des Républicains sur leur peu de propriété, qu'il ont été dépouillié de tous leurs moyens d'existence dont le détail suit :

     

    1° Deux moulins à vent situé au lieu des Huttiers (Huttières) en cette commune, qui ont été totalement brûlé estime six mil francs - 6000 frs - dans les dits moulins il a brûlé quatre vingt septiers de froment estimé deux mille six cent francs – 2600frs.

    2° Deux moulins à eau situé sur la rivière de l'Aubance en cette commune, qui ont été détruits, estimé cinq mille francs – 5000frs.

    3° La maison paternelle totalement dévastée, les portes et croisée arrachée et emporté et généralement tout ce qu'il y avait en la ditte maison, cette perte estimée quinze cent francs – 1500frs.

    4° Quatre chevaux fourni à l'armée, huit cent francs – 800 frs.

    5° Sept charretées de foin et quatre cent d'avoine, estimé huit cent francs – 800 frs.

     

    De plus,comme leur père avait placé son argent à payer le bled qui était dans ses moulins au moment de l'incendie, au moment de partir dans la ditte armée Royale de la Vendée, fut obligé pour se mettre en marche, de faire un emprunt de 2400 frs, et n'est jamais rentré dans ses foyers depuis cette époque, ce qui a porté une perte considérable à ses enfants, comme ne pouvant payer cette somme, ils composèrent avec les dits sieur Raineau et Mlle Vallas pour prendre ces sommes en rente viagère et ont toujours payé depuis cette époque les intérêts à la ditte Vallas dont il joinne a la présente leur quittance ; le dit Raineau est mort depuis trois ou quatre ans, ces ce qui a plongé les dits exposant à la plus grande détresse, ont mêmme été obligé pour satisfaire a une obligation de vendre trois quartiers de vigne, et un quartier et demi de pré, tous ces objets consciencieusement estimé se monte à la somme de dix neuf mille un cent toutes les pertes ci-dessus ont frapé sur les les biens appartenant à leur père, en quoi consistait leur unique ressource, sont dans un profond besoin.

    C'est pour quoi Monsieur le Préfet, ils ont l'honneur de vous adresser leurs très humbes et très respectueuse demande tendante à obtenir une part dans les secours que la bonté paternelle du Roy, a mis à la disposition du Ministre de la Guerre par son ordonnance du 29 décembre dernier – Le faisant, vous rendrez justice à de pauvres victimes des fléaux de la Révolution, qui vous en conserveront une éternelle reconnaissance ; à Soulaines le 22 mai 1825 – Louise et Marie Coeur de Roy ne savent signer.  

     

    Signé Coeurderoy. »

     

      Le maire de Soulaines, Monsieur Le Breton, certifie que Louise, Perrine Aigrefeuille, veuve d'Urbain Coeurderoy est dans le besoin...

    « Je soussigné maire de la commune de Soulaine certifie que Louise Perrine Aigrefeuille, veuve Urbain Coeur de Roy n'a jamais divorcé avec son mari, et qu'elle est actuellement veuve, qu'elle ne jouit que d'une pension de cent francs  ; que ses moyens d'existence consiste dans son travail et dans un revenu de soixante francs, est néanmoins dans le besoin, fait à Soulaine le 24 mai 1825. 

     

    signé Le Breton, Maire. »

     

    Urbain Coeur-de-Roy....

     

    Sources:     

    -Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés - Dossiers Vendéens -1M9/118 et 1M9/22. 

    -Registres d'Etat civil de Soulaines-sur-Aubance. 

    -Cadastre de Soulaines 3P4/356/3 6A2 - Plan napoléonien 1808 - le moulin de Charruau. 

    -Photo: de l'auteur. 

                                                  

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

    Compléments

     

     

    A la fin de l’expédition d’outre Loire, Urbain Cœur de Roy fut pris par les républicains près de Nantes. Conduit à cette ville, il fut enfermé à l’Entrepôt des cafés, sinistre prison où étaient entassés dans des conditions abominables des milliers de Vendéens rescapés de la Virée de Galerne. Le 17 janvier 1794, il passa devant la commission Bignon, chargée de juger les prisonniers vendéens, et fut condamné à mort. Aussitôt le jugement tombé, il fut, aux côtés des 96 autres hommes  jugés et condamnés à mort ce jour-là, emmené dans les carrières de Gigant, et fusillé.

     

    Vincent Doré pour Chemins secrets

     

     

     

    Principale source : Alfred Lallié, La justice révolutionnaire à Nantes et en Loire-inférieure. 


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