• Une "Boucherie" à Pouzauges....

     

    Une « boucherie » à Pouzauges…

     

    Il fait très chaud dans mon bureau au moment où j’écris cet article et pourtant je vous propose d’aborder le mois de décembre 1793, à Pouzauges. Tandis que la Grande Armée est en déroute du côté de Blain et s’approche de l’issue fatale de Savenay, Charette, lui, à choisi de pousser une pointe dans la Haute-Vendée. En arrivant, il chasse devant lui les postes républicains de l'Oie, du Boupère et de Pouzauges qui fuient à la Châtaigneraie. Le curé Dillon du Vieux-Pouzauges, farouche révolutionnaire bien connu écrit ainsi le 17 décembre : (1)

    « La garnison de Pouzauges était allée l’attaquer (Charette, au Boupère), mais quarante hommes seulement avaient fait feu, le reste s’était enfui sans se battre et s’était replié sur Pouzauges. Toute la garnison avec la municipalité avait foutu le camp… »

    Charette passe ainsi à Cerizay en arrivant par la Petite-Boissière le 18 décembre 1793, y massacre le poste républicain comme nous l’avons déjà vu ici. Le lendemain, il part sur Châtillon en passant par Pouzauges, Saint-Michel-Mont-Mercure et Mallièvre. C’est là qu’un peloton du général républicain Joba attaque l’arrière-garde de Charette, commandée par Couëtus. Voici la version républicaine de ces faits, puisée aux archives militaires (2) :

     

    « Copie de la lettre des administrateurs du district de la Châtaigneraye au général Commaire

    Un détachement de 60 hommes commandé par Joba s’est porté aujourd’huy 29 frimaire (19 décembre 1793) à Pouzauges : ils ont fait boucherie des brigands qui y étoient en nombre. Nous n’avons qu’un homme légèrement blessé ; Joba croit avoir tué Jollis (3) l’un des commandants des rebelles. Cette armée scélérate est en pleine déroute et paroit se diriger sur la Pommeraye. On leur à pris des chevaux et des voitures chargées de bled. Il s’agit de profiter du moment pour exterminer jusqu’au dernier./.

    Pour copie conforme

    à l’original

    Preaud

    Adjoint »

     

    Voici à présent la version vendéenne, vue par Pierre-Suzanne Lucas de la Championnière (4) :

    « … Nos charrettes et nos malades furent aussi attaqués à Pauzauge (sic) : après que l’armée en fut partie, vingt-cinq cavaliers tombèrent sur l’arrière-garde commandée par M. de Couëtus et sabrèrent tous ceux que la maladie ou leurs blessures empêchèrent de se sauver : c’est là que périt le nommé Peigné de Machecoul ; il était ivre et ne put jamais monter à cheval. Un officier républicain de Bergerac avait été miraculeusement sauvé du massacre des Quatre-Chemins, et nous suivait à pied depuis ce moment ; il se trouva ce jour-là faire partie de l’arrière-garde et fut sabré, tant il est vrai qu’on ne peut éviter son sort. »

    Et vous, Pouzaugeais républicains comme vendéens, quelle est votre avis ?

    RL

    Juillet 2018

     

    Une "Boucherie" à Pouzauges....

      

    Notes :

    (1) Jean Artarit, « Dominique Dillon , curé, Vendéen et révolutionnaire », CVRH, 1995, p. 136. D’après le fond Dugast-Matifeux, bibliothèque municipale de Nantes.

    (2)  SHD B 5/7-83, v. 16 et 17/17, bulletin analytique compris.

    (3)  On ne sait qui les républicains croient avoir tué, mais ce n’est certes pas Joly.

    (4)  « Mémoires sur la Guerre de Vendée », rédigés en 1798 et publiés en 1902, p. 65.


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