• Troubles au château de Pugny (3° partie)....

     

    Troubles au château de Pugny (3° partie)…

     

    Nous terminons la liasse F7 3695/1-10 des Archives Nationales avec le point de vue du département de la Vendée sur l’insurrection du château de Pugny. Dans l’avenir, nous passerons en revue les correspondances des différentes administrations des autres départements sur l’ensemble des échauffourées de 1792. Un peu de patience, le travail sera long…

    RL

     Septembre 2017

     

    Troubles au château de Pugny (3° partie)....

     

     

    Extrait du procès verbal de la séance du conseil permanent du département de la Vendée

    Du mercredi soir 22 août 1792 l’an 4° de la liberté.

    Deux commissaires l’un du district et l’autre de la municipalité de la Chataigneraie, se sont introduits et déposent sur le bureau une lettre des deux administrationts, relative à l’attroupement qui a fait l’objet de la séance de ce matin. Ils annoncent avoir des renseignements plus étendus que ceux contenuts dans la lettre remise à l’assemblée qui les invitent en conséquence à s’expliquer, ce qu’ils ont fait par le rapport suivant qu’ils ont déposé par écrit.

    Un rassemblement considérable s’est formé dans les paroisses qui avoisinent le ci-devant château de Pugny, que l’on assure être au nombre de quatre mille hommes, portant pour la plupart des cocardes blanches. Il parait que le lieu central de ce rassemblement est dans le château de Pugny et dans lequel sont plusieurs ennemis et notamment des prêtres réfractaires à la loi et à l’arrêté du département des Deux-Sèvres. Ces gens attroupés qui ont grossi leur nombre en forçant les citoyens des paroisses sur lesquelles ils ont passés à se réunir a eux sous peine de mort, se transportèrent dimanche dernier jour d’assemblée de canton pour l’ élection des gardes nationales qui marehassent (sic) aux frontières, au bourg de Moncoutant, où ils firent une explosion des plus considérables et ravagèrent une partie de la maison du sieur Duvivier, et blessèrent presqu’à mort un citoyen de cette paroisse. Le lundi a été assé tranquile ; mais le rassemblement a toujours  continué à se faire au château de Pugny. Hier 21 ils retournèrent au bourg de Moncoutant, où ils se mirent à ravager les maison du sieur Duvivier, ainsi que celle de plusieurs autres citoyens. Sortant de là il se sont rendus de suite à la Forêt Sur Sèvre chez le sieur Bugeau, administrateur de Châtillon, où ils ne trouvèrent que l’Epouze et le fils, avec un citoyen de la Forêt Sur Sèvre leur fit toutes les représentations possibles ; malgré ces représentations il ne put empêcher le pillage et l’incendie de cette maison. L’argent et les assignats ont été volés et les meubles et linges coupés et brûlés. Cette troupe a ensuite marché au nombre de trois mille sur le district de Chatillon dans les vues ouvertement manifestées de l’incendier ; le surplus s’est répandu par peloton sur les paroisses de Saint Pierre du Chemin, Menomblet, Cheffois, Montournais, St Mémin et autres paroisses circonvoisines., toujours en forçant les citoyens sous peine de mort à se réunir à eux. Ils sont armés de différents intruments aratoires et même de plusieurs fusils qu’ils ramassent dans les endroits où ils passent.

    Les chefs désignés de cet attroupement, tant par le sieur Bugeau fils qu’autres citoyens, sont les sieurs Delouche, et Fineau (ou Fesneau, NDLR) le premier maire, et le second procureur de la commune de la municipalité de Bressuire, Baudry d’Asson, demeurant près de la Forêt-sur-Sèvre et Dean de la Saumorière (de Hanne de La Saumorière) du bourg de Moncoutant.

    Le sieur Feneau et Delouche à l’occasion d’une insurrection arrivée depuis peu dans la ville de Bressuire, dont ils sont les auteurs son poursuivis et ont été obligés de se cacher pour se soustraire aux peines qu’ils ont encourues.

    Dimanche dernier dans le moment où est attroupé étaient à Moncoutant ils forcèrent la gendarmerie nationale de Bressuire à laisser la cocarde tricolore et la désarmèrent.

    Ce rapport ayant fait connaître la gravité des circonstances, la nécessité de prendre des mesures promptes et efficaces pour dissiper un attroupement inquiétant par le nombre d’hommes dont-il est formé, alarmant par les excès aux quels il s’est déjà livré dans plusieurs communautés du département des Deux-Sèvres et dont une partie paraît menacer la sûreté du citoyen des communautés de ce  département voisines du lieu où l’attroupement s’est formé. M. le commissaire procureur-général-syndic a demandé que les six compargnies du département de la Loire Inférieure qui sont maintenant à Chantonnay soient requises de se porter dans les endroits inquiétés par l’attroupement qu’elles dissiperont de concert avec la force publique déjà requise.

    Cette demande est appuyée, un membre propose de nommer un commissaire qui sera chargé de la réquisition et de tous les pouvoirs de l’administration.

    Un autre membre demande qu’au lieu d’un commissaire il en soit nommé deux.

    Cette dernière demande et les autres propositions précédemment faites sont adoptées par l’arrêté suivant.

    Le conseil général sur le rapport qui lui a été fait par deux commissaires l’un du district et l’autre de la municipalité de la Châtaigneraie et duquel il résulte que l’attroupement qui s’est déjà formé au château de Pugny, qui s’est ensuite porté sur plusieurs communautés du département des Deux-Sèvres et dont une partie inquiète maintenant quelques communautés du département de la Vendée.

    Considérant qu’il est nécessaire de prendre les mesures les plus promptes pour arrêter les progrès de ce rassemblement et les malheurs qui en sont la suite.

    Considérant que les gardes nationales de cette ville qui pourraient être requises ne sont pas en nombre suffisant et que d’ailleurs leur présence est indispensable pour maintenir la tranquilité publique au chef lieu du département.

    Instruit qu’il se trouve maintenant à Chantonnay six compagnies du département de la Loire Inférieure qui dont marche pour l’armée du midi et qui sont suffisamment armés et pourvus de munitions, attendu la nécessité et l’urgence des circonstances et convaincus du zèle et du civisme des gardes nationales du département de la Loire inférieure.

    Le commissaire procureur-général-sindic entendu a arrêté et arrête ce qui suit.

    Art 1er

     

    Il sera fait sur le champ une réquisition au commandant de ces six compagnies du département de la Loire Inférieure pour se porter aussitôt avec les commissaires du département ci-après nommés dans tous les endroits du district de la Châtaigneraie et partout où besoin sera et où la tranquilité publique est menacée.

    Art 2

     

    Le conseil nomme pour ses commissaires MM Mercier et Bourdin deux de ses membres, lesquels sont investis de tous les pouvoirs de l’administration et autorisés à faire tout réquisitoire nécessaire, donner les ordres et délivrer les mandats pour les payements, faire fournir l’étape et générallement remplir toutes les fonctions et employer s’il est nécessaire tous les tous les pouvoirs de l’administration du département.

    Autorisant encore les commissaires à faire au détachement de la garde nationale de cette ville partie ce matin et aux autres parties de la force publique du département qui seront employés au rétablissement du bon ordre et a dissiper les attroupements, toutes les réquisitions qu’ils jugeront convenables.

    L’assemblée invite ses commissaires à instruire les municipalités des lieux de leur passage, des mouvemens  qui existent et à les prévenir de surveiller et à faire surveiller par les gardes nationales de leurs communautés les ennemis du bien-public.

    Et pour subvenir aux premières dépenses l’assemblée arrête qu’il sera délivré à ses commissaires une somme de trois mille livres à prendre par emprunt sur les fonds des chemins vicinaux de 1788 versés entre les mains du sieur Laval receveur-général des finances de l’exercice 1788, à l’ffet de quoi il sera délivré sur le dit sieur Laval et au profit du secrétaire général qui en remettra le montant aux dits commissaires un mandat de la dite somme de trois mille livres payable savoir quinze cents livres en assignats de 100 # et quinze cents livres en assignats de cinquante livres.

    Fait à Fontenay en conseil général du département de la Vendée le 22 août 1792 l’an 4° de la liberté.

     

    C.J Girard Président

    Jn Ma Cougnaud

     

    Troubles au château de Pugny (3° partie)....

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :