• Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

    Thouarsais, Bouildroux, 

    Pulteau et quelques souvenirs…

     

    C’est par un inhabituel jeudi, que nous sommes partis pour un village où il y avait bien longtemps que votre serviteur n’avait pas mis les pieds. L’après-midi devant nous, le soleil tant attendu après un interminable hiver, voici donc le village de Thouarsais-Bouildroux en vue, ou plutôt le village de Thouarsais auquel fut rattaché celui de Bouildroux par ordonnance royale du 3 octobre 1827.

    Lors de la constitution civile du clergé, la paroisse de Thouarsais est administrée par le curé Simon Camus. Ce dernier sera tué à la terrible déroute du Mans du 12 décembre 1793, pendant la Virée de Galerne.

     

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Eglise de Thouarsais.

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

      

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

      

    Trois cents mètres à vol d’oiseau au Nord-Ouest de l’église de Thouarsais se trouve, je vous le donne en mille… l’église de Bouildroux. Aujourd’hui ruinée, mais comportant de beaux restes de voûtes et de niches destinées à contenir les livres saints, elle était administrée par le curé Jacques Palvadeau, qui obéit à la loi de déportation et embarqua aux Sables-d’Olonne le 9 septembre 1792 pour l’Espagne (op.cit.  Jean Artarit « Dominique Dillon, Curé, Vendéen et révolutionnaire », CVRH, 1995). Jacques Palvadeau avait été curé de Bazoges-en-Pareds juste avant son entrée en fonction à Bouildroux. Il rentrera en France assez rapidement car on retrouve sa signature sur le registre clandestin de Thouarsais pour les années 1794 à 1798.

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Eglise de Bouildroux.

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

      

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    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Environ, 500 mètres après l’église de Bouildroux, nous trouvons le moulin du Chiron (un chiron en vendéen, est l'équivalent d'un menhir chez les bretons, du moins une énorme pierre de granit dressée), dépendant de Bazoges-en-Pareds.

         

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

    Nous poursuivons notre route, cette fois-ci sur la commune de Bazoges-en-Pareds pour nous rendre au château de Pulteau, dénommé aujourd’hui « Château des noces », où se produisit un bien terrible drame…

    Allons à la source des témoignages et reprenons l’ouvrage de Joseph Lequinio de Kerblay, fameux révolutionnaire, qui consigna les plus terribles dénonciations contre les colonnes infernales et contre ce système de massacre, de vol, de viol et d’incendie qu’il refuse en bloc. Lequinio, pense, avec assez de bon sens, que l’on amènera pas les vendéens à devenir républicains en les massacrant (« Guerre des Vendéens et des Chouans, par Lequinio, représentant du peuple », 1er brumaire an troisième – 22 octobre 1794, Paris, Pougin, reprint, Pays et Terroirs, Cholet, 1995. P .79 pour ce qui va suivre.).

    Témoignage de Loyau, habitant du château de Pulteau, nous respectons l’orthographe originale :

    "Je déclare qu'étant depuis quelques jours avec ma femme et une de mes nièces à ma maison de Putteaux, Commune de Besoges, District de la Châtaigneraie, j'ai eu connoissance le 8 Pluviôse (1) qu'une colonne de l'armée républicaine étoit arrivée à la Châteigneraye, que d'là elle devoit se porter à la Caille (2), chef-lieu de Canton, à trois quarts de lieues de la maison de Putteaux . Bien persuadé qu'un patriote n'avoit rien à craindre l'armée, jallai le lendemain, jour de la décade, sur les neuf heures du matin ; j'entends dans le village dont ma maison fait partie le bruit des chevaux ; à ce bruit je sors dans ma cour et je m'avance pour aller au-devant de l'armée. Le Ier cavalier qui m'apperçoit brûle deux amorces sur moi ; je lui dis que je suis patriote et que les armes républicaines ne doivent être tournées que contre les ennemis de la chose publique ; je vais alors parler à un chef qui n'étoit pas encore dans ma cour ; le cavalier que je venoit de quitter apperçoit dans la cour ma femme et ma nièce ; il va sur elles le pistolet à la main et leur demande le porte-feuille ; je rentre dans la cour qui, quoique grande se trouve remplie par la cavalerie et plusieurs volontaires ; je fus consigné dans ma maison avec ma femme et ma nièce ; un officier m'arracha une montre et mon porte-feuille, et le pillage le plus horrible eut lieu. Ce que les brigands n'avoient pas emporté, les patriotes l'enlevèrent. L'armée qui avoit investi le village et qui s'étoit portée dans les villages voisins, s'étoit emparée de plusieurs habitans. Ces habitans furent fusillés sans forme de procès ; 27 périrent dans ma cour. Dans ce nombre des hommes tranquilles furent sacrifiés. Les membres de la commission municipale coururent les plus grands dangers ; ils furent traités de brigands, et pillés comme tels.

     

    A Fontenay, le 28 Août, l'an deuxième de la République française, une et indivisible.

    Signé : Loyau."

    Entrée du Château de Pulteau.

     

    Thouarsais, Bouildroux, Pulteau et quelques souvenirs....

     

     

    Ainsi, 27 morts de plus le 28 janvier 1794, dans un secteur qui passait pour être plutôt patriote. On notera au passage, une fois de plus, cet insatiable appétit de « portefeuille » de la part de la république, toujours en vigueur aujourd’hui.

    Un clair de Lune calme et un brin nuageux, s’est installé ce jeudi soir sur la Vendée. Une chouette effraie ulule , quelques grenouilles coassent et de sempiternels camions passent au loin sur la rocade…

     

    RL

    Avril 2013

    Notes :

    (1)  Lundi 27 janvier 1794.

    (2)  La Caillère, aujourd’hui réunie à Saint-Hilaire-du-Bois sous le nom de commune, « La Caillère-Saint-Hilaire ».

     

     

     


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