• Suicide d'un chasseur à cheval....

     

     

    Clisson (Loire Inférieure) en ce 28 nivôse de l'an V

     

    Un chasseur à cheval ivre se suicide.

     

     

     

     

    Suicide d'un chasseur à cheval....« Aujourd'hui vingt huitième jour du mois de nivôse, l'an cinquième de la république française, (mardi 17 janvier 1797) à midi, par devant moi Gabriel Bregeon, adjoint municipal, faisant la fonction d'officier public de la commune de Clisson, est comparu dans la maison commune Jean-Augustin Nicolleau, juge de paix du canton de Clisson; lequel assisté de Jean-François Méchineau, âgé de trente et un ans et d'Augustin Gautret, âgé de vingt quatre ans, tous deux chirurgiens et domiciliés en cette commune de Clisson département de la Loire Inférieure; lequel nous a déclaré à moi Gabriel Brégeon qu'aÿant été instruit qu'un homme était mort dans la cour de la maison appartenant au citoyen Cornu, située section de la Trinité, il s'était transporté sur le lieu et y avoir rédigé le procès-verbal dont la teneur suit :

     

    L'an cinq de la république française une et indivisible, le vingt septième jour du mois de Nivôse, sept heures du soir . Nous Jean-Augustin Nicolleau, juge de paix, officier de police judiciaire du canton de Clisson, département de la Loire Inférieure, étant instruit par la rumeur publique qu'un meurtre venait d'être commis dans la cour de la maison appartenant au citoyen Cornu; situé dite ville et commune de Clisson, quartier de la Trinité, étant accompagné des citoyens Méchineau et Gautret, officiers de Santé, demeurant ville et commune de Clisson, dont nous avons requis l'assistance, à l'effet d'être en leur présence- procéder aux opérations ci-après dont nous leur avons fait connaître l'objet : pour y visiter le particulier mort dont nous a instruit la rumeur publique, nous nous sommes transportés à la cour de la maison ci-dessus mentionnée, où étant entrés, nous avons requis notre huissier de veiller à ce que qui que ce soit ne s'en éloigne sans notre permission, jusqu'à ce que nous ayons procédé aux opérations qui sont le sujet de notre transport, Nous avons aperçu à peu de distance d'un portail fermé et donnant sur la grande rue, qu'on nomme rue de la Trinité, un homme couché sur le dos, habillé de vert, comme les chasseurs de la Vendée cantonnés à Clisson, dont la figure était inconnaissable, ayant son chapeau, où était une ganse or et un plumet vert enfoncé dans la cornière gauche, à un pied de distance de la tête, et un pistolet d'arçon neuf, entre les jambes et à douze ou quinze pouces éloigné de sa main droite, et tout baigné dans son sang, sans que nous ayons aperçu ailleurs que dans l'endroit où il était étendu aucunes autres traces de sang. De suite nous avons requis lesdits Méchineau et Gautret, officier de Santé, d'en faire la visite; à quoi procédant les dits officiers de Santé ont remarqué que toute la face a été emportée par un coup de feu; la mâchoire inférieure fracturée et divisée en deux pièces égales, couvertes de poudre ainsi que les dents provenant du même coup de feu, le nez et les joues divisées en lambeaux ainsi que le front, enfin que cet homme a été tué par le même coup de feu porté dans sa bouche, n'ayant pu trouver ni balle ni plomb, et que c'est tout récemment, puisqu'il est encore chaud. Desquelles déclarations il résulte que cet homme est mort de mort violente, et qu'il a été tué par une arme à feu; en conséquence et attendu que la cause de sa mort est connue, et que toutes autres recherches à cet égard devient inutiles, nous avons déclaré que rien ne s'opposait à ce que ledit corps ne fut inhumé suivant les formes ordinaires, à l'endroit se sont trouvés les citoyens Belorde, capitaine commandant les chasseurs de la compagnie de la Vendée et l'arrondissement; qui nous a déclaré que l'homme mort était un de ses chasseurs nommé François-Marguerite Siret, né à Varades, département de Loire Inférieure, le huit avril mil sept cent soixante quinze.......... Rousseau, chasseur de la même compagnie a déclaré connaître le mort et n'en pouvait dire davantage; Claude de la Noë, taillandier, demeurant ville et commune de Clisson, quartier de la trinité, a de même déclaré connaître le mort pour se nommer Siret et pour l'avoir eu chez lui à manger habituellement, ajoutant que pour le temps avant qu'il eut appris la mort du chasseur dont est cas, ce dernier était venu lui demander s'il n'avait point de cartouches à lui donner, et que le voyant épris de vin, il ne voulu pas lui en donner; Sébastien Barbotin, marchand, demeurant au même lieu, a déclaré bien connaître le mort pour être Siret, d'autant mieux qu'il logeait chez lui; ajoutant que peut-être trois quarts d'heures avant d'apprendre sa mort, il était venu à son logement, et avait demandé à une de ses sœurs si elle n'avait point de cartouches ou de la poudre à lui donner; et que d'après sa réponse de n'en avoir pas; pour en trouver, il bouleversa trois lits; la sœur de ce dernier appelée a fait la même déclaration que son frère».

     

     

    D'après la lecture de ce procès-verbal, que Jean-François Méchineau et Augustin Gautret ont déclaré être conforme à la vérité ; j'ai rédigé le Présent acte que Jean-Augustin Nicolleau, juge de Paix, Jean-François Méchineau et Augustin Gautret ont signé avec moi.

    Fait à la maison commune de Clisson, les jours, mois et an ci-dessus ».

     

    signé Gautret Méchineau, Bregeon.

     

     

     

    Le chasseur à cheval de la Vendée, Jean-Marguerite Siret est né le huit avril mil sept cent soixante quinze à Varades, il est le fils d'honorable homme Jean Siret, maître de Poste et de Demoiselle Charlotte, Louise Boquet; son parrain était Messire François Loyand ex-Recteur de la paroisse de Varades, cousin, et marraine Demoiselle Marguerite Richard sa tante . Il s'est suicidé à l'âge de 21 ans.

     

    Suicide d'un chasseur à cheval....

     

     Un mot sur l'uniforme de notre chasseur à cheval : Les chasseurs à cheval, depuis leur institution se virent affecter la couleur verte pour fond de leur habillement. Cet uniforme a été soumis à une grande instabilité et à une grande disparité pendant la période révolutionnaire. Il faudra attendre l'Empire pour obtenir une réglementation stable. Nous savons que le 3 Janvier 1789 il y a adoption du chapeau prussien à ganses blanches ou jaunes et bordé de laine noire. François-Marguerite Siret « est habillé de vert comme les chasseurs de la Vendée, son chapeau comportait une ganse or et un plumet vert enfoncé dans la cornière gauche ».

     

    Le tableau joint illustre la proposition faite à Monsieur le Duc de Guines (2 avril 1789) visant à faire l'essai d'une nouvelle tenue pour les chasseur à cheval. Source : Forum du 12ème Chasseurs.

     

    Suicide d'un chasseur à cheval....

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire Atlantique – commune de Clisson an V D -3E43/12 vue 6 - Varades Saint Pierre 1775 BMS 3E213/8 vue 18. Photo : Sabre d'officier de chasseur à cheval an XI et boutons d'uniformes républicains 1793 – collection particulière.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     


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