• Stofflet le 25 février 1796....

                         

    Jean-Nicolas Stofflet, Angers, le 25 février 1796, 

    à dix heures précises du matin... 

                            

                                

     

    Stofflet le 25 février 1796....« Je n'ai de trésor et de propriété que mon sang et ma vie ; l'un et l'autre après Dieu appartiennent à mon Roi. »

     

    « Le 25 février 1796, à dix heures précises du matin, Stofflet et ses compagnons d'infortune furent conduits au supplice entre deux haies de gardes nationaux d'Angers, et au milieu de la populace révolutionnaire de la ville, accourue pour contempler la fin du héros qui naguère la faisait trembler. Stofflet marchait tête haute, comme il marchait toujours aux combats, et montrait une impassible fermeté.

    Arrivé au Champ-de-Mars, en face d'une manufacture qui deux ans auparavant lui avait servi de redoute pour attaquer la ville, il embrassa ses amis, ses compagnons de victoire et de supplice. Lichstenheim et Desvarannes étaient à ses côtés ; venaient ensuite Moreau et Pineau. Tous se recommandaient aux prières des personnes qui les entouraient et se félicitaient de mourir pour leur Dieu et pour leur Roi. Ils pardonnaient à leurs juges et à leur bourreaux et à ceux qui les avaient trahis. Un instant leurs cœurs se reportèrent vers les êtres aimés et leur adressèrent un dernier adieu. Un souvenir de sa province natale passa dans l'âme de Stofflet ; il demanda si un Lorrain ne se trouvait pas parmi les troupes qui formaient le sombre cortège ; un homme sortit des rangs, et le général lui fit cadeau de sa montre, unique objet dont il put disposer.

     

    On veut lui bander les yeux. « Stofflet repousse le bandeau de sa main mutilée, et s'écrie du ton le plus ferme et le plus absolu : '' Sachez qu'un général vendéen n'a pas peur des balles''. »

    « Puis, debout, calme, tenant d'une main Lichstenheim et de l'autre montrant son cœur, il suit de l'oeil les divers temps du commandement et ordonne le feu d'une voix ferme en criant : Vive la religion ! Vive le Roi !  Deux mots qui résument toute sa vie guerrière.... »

     

    Le général Hédouville apprend au Directoire que Stofflet et ses complices ont été fusillés ce jour à 9 heures du matin.

     

    « Au quartier général à Angers, le 6 ventose l'an 4 de la République.

     

    Le général de division Hedouville chef de l'état major de l'Armée des Côtes de l'Océan au Directoire exécutif. 

     

    Citoyens Directeurs, 

    Stofflet et ses cinq complices ont été jugés la nuit dernière et fusillés ce matin à neuf heures excepté son jeune domestique que le conseil militaire a condamné à la déportation jusqu'à la paix – Le chef de parti ne nous a donné aucun renseignement qui puisse nous être utile. Son interrogatoire, dont je joins ici la copie, n'a pas été fait avec toute l'adresse qu'on aurait pu employer, mais je crois de quelque manière qu'on s'y seroit pris, il n'auroit pas parlé. Je vous envoye aussi la copie d'une lettre trouvée sur ce parjure ; elle vous prouvera l'impudence et la mauvaise foi de Charette dont le général Hoche n'est sûrement pas le dupe. 

    Nous avons eu ce matin un succès aux mines de Montrelais près d'Ingrandes : un rassemblement de 500 Chouans a été mis en déroute complette par 200 Républicains de ce cantonnement qui en ont tué vingt et blessé un grand nombre, nous avons à regretter deux volontaires. 

    Le général Hoche vous apprend sans doute dans la lettre ci-jointe que nous venons de prendre cinquante sept chevaux à Charette et ce qui est encore plus intéressant que les jeunes gens rentrent dans leurs foyers et déposent leurs armes chez les commandants de nos cantonnements. » 

     

    Salut et Respect, signé Hédouville. 

     

    Stofflet le 25 février 1796....

     

    Sources:     

    -Archives départementales de la Vendée – SHD B5/35-87. Lettre du général Hédouville au Directoire. 

    -Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau, tome V- pages 563,564, Siraudeau, éditeur. 

    -Photo : La Maraîchine Normande – article du 1er octobre 2012.

     

                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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