• Stofflet et les deux attaques de Bressuire....

     

    Stofflet et les deux attaques de Bressuire…

     

     

    Bressuire ne semble guère avoir porté chance aux républicains. Prise le 2 mai 1793 par les Vendéens, la ville devait être exceptée de l’incendie général par Turreau fin janvier 1794. Le 14 mars 1794, Grignon la brûlera pourtant, ne laissant dit-on que deux maisons debout. Le nombre d’habitants passa ainsi de 1 957 habitants en 1792 à 630 en 1800. Le 24 février 1794, Stofflet, en guerre contre les colonnes infernales, arrive de Cerizay, pris deux jours plus tôt et fond sur Bressuire. Les bleus survivants, terrorisés, s’enfuient vers Parthenay, Thouars et Airvault. A suivre, ce qu’en disent les correspondances républicaines trouvées aux archives militaires.

    Le 5 février 1794, Augé est déjà inquiet (1) :

     

    « Camp volant de Bressuire à St Maixent.

    Armée de l’Ouest

    Au nom de la République française une et indivisible

    Au quartier de Bresuire le 17ème pluviôse l’an 2e de la République française.

     

    Augé commandant la place de Bressuire au citoyen Bourgeois commandant la place des Sorinières d’après le conseil de guerre tenu à son bureau.

    Citoyen commandant

    Je te prie de me faire passer au vîte cinq a six cents hommes : trois divisions ennemies manifestant par leurs manœuvres une attaque prochaine pour la place que je commande, ont déjà repoussé plusieurs détachements dont un a Cerizé (Cerizay), l’autre à Courlay. Il ne cessent journellement d’égorger les habitants chés eux ; on évalue la force de la 1ère division qui est du côté de la forest en Chanmemerle ( la forêt de Chantemerle près de Moncoutant) à trois cents. Celle de Cerisé a deux cent cinquante, trois ou quatre pelotons maneuvrant pour nous inquiéter pendant qu’ils forment leur plan d’attaque, son évalué de 70 a 80 hommes. Je fais de tems à autre marcher sur ces petits pelotons mais tu peux penser qu’elle est ma servitude, n’ayant que deux cens hommes, et la plupart mal armés ; a qui il est joint environ cent cinquante bourgeois compris la cavalerie. Je n’ignore pas que tu prendra en considération la demande que je te fais et que n’épargnera rien pour la sureté de la chose publique.

    Nous sommes tes frères d’armes.

    Les membres du conseil de guerre ainsi signé a l’original Augé commandant de la place. Degravier capitaine, Rasteau capitaine, Daniel capitaine.

    (1°S) Je t’observerai que j’avais envoyé une ordonnance a Cholet pour y réclamer des troupes, n’étant pas de retour.  J’ai cru par mesure de salut public ne pas retarder plus longtems par les dangers que menassent cette place ; nous comptons sur ton zèle pour nous envoyer les troupes que nous te réclamons et qui nous sont de la dernière nécéssité pour opposer resistance a nos ennemis.

    Ainsi signé a l’original Augé commandant de la place, Rasteau capitaine, Degravier capitaine, Daniel capitaine.

    Pour copie conforme

    Bourgeois

    Vu l’urgence des cas, le représentant du peuple dans le département de la Vienne autorise le commandant de la place de Poitiers a faire partir le nombre d’hommes demandé autant que possible, en se concertant avec les corps administratifs et les différents chefs de chaque corps.

    A Poitiers 18 pluviose an second de la République française une et indivisible et le 1er de la mort du tiran./. (la minute est signée Ingrand) 1.

    Pour copie conforme

    Illisible

    Secrétaire

     

    Toujours Augé,  le 6 février 1794. Il s’inquiète de son manque d’hommes à Bressuire et annonce l’attaque de la garde nationale de Moncoutant dont nous avions déjà parlé ici (2) :   

     

    « Augé, commandant la place de Bressuire, au général Commaire. (Bressuire.)

    Ma position devient de plus en plus alarmante. Je viens d’apprendre qu’un rassemblement de brigands avait attaqué et intercepté, près du bourg de Courlay, la garde nationale de Moncoutant, qui escortait une dixaine de voitures chargées de grains et de fourrages. Plusieurs de ces braves gens ont péri. Ma garnison est composée en tout de quatre cent cinquante hommes, tant de détachemens que de bourgois , et j’ai huit postes à garder. J’ai recours à toi pour m’aider dans cette circonstance. Calcule mes besoins et envoie-moi du secours. »

     

    Même chose trouvée aux archives de Vincennes (3) :

     

    « Position de Bressuire

    18 pluviose

    An 2

     

    Mention en marge :

    Extrait d’une lettre du général Augé envoyée par les général Commaire le 18 pluviose.

    Augé, général de division

     

    Le général Augé ayant appris qu’un rassemblement de brigands avoit pris un convoi, près du bourg de Courlay, a fait de suite monter à cheval quarante hommes qui sont partis pour se réunir aux communes patriotes ; il n’a pu faire mieux sans compromettre la place qui lui est confié. Il a fait doubler les postes à l’instant même et fait mettre en surveillance le reste de sa petite garnison. Elle est composée en total de 350 450 hommes tant de dêtachement que de bourgois, et il a 8 postes à garder. Il demande du renfort au général Commaire. »

     

    Vue de Bressuire et de ses remparts par Thomas Drake en 1856 (Album Vendéen, Drake et Lemarchand) :

    Stofflet et les deux attaques de Bressuire....

     

    La prise de Bressuire par les Vendéens aura lieu le 24 février 1794 et c’est ainsi que Duval annonce la mauvaise nouvelle aux représentants du peuple à Rochefort (4) :

     

     « Armée de l’Ouest

    A nom de la République française

    Etat-major général

    Le 7e jour  de la 1ère décade du 6e mois  l’an 2e de la République française (25 février 1794)

    Le général de brigade Duval aux représentans du peuple, à Rochefort

    Par ma dernière lettre, je vous donnais avis, citoyens représentans, qu’il s’étoit reporté des troupes sur Bressuire afin d’en enlever les grains qu’on y avoit laissés emmagasinés. Le district de Parthenay m’annonce qu’une colonne de brigands s’y est portée hier 6 ventos, qu’il y a éxisté deux attaques à différentes heures, qu’immédiatement on a évacué cette place, en y laissant seulement trois cents hommes pour protéger le reste des grains qu’on n’avoit pu enlever ; ce que voyant, les brigands a à heures du soir le même jour sont entrés dans Bressuire sur différens points et ont massacrés tout ce qui y étoit. Je vous avoue sincèrement qu’il m’est impossible de rien comprendre à pareilles maneuvres ; en effet, si le général divisionnaire qui commande par là, n’a pas cru que la colonne qu’il avoit envoyée à Bressuire pour enlever les grains, fut capable de résister au parti-brigand qui s’y étoit déjà porté, et qui pouvoit s’y porter en plus grand nombre ; pourquoi y avoir laissé trois cents hommes exposés à toute la fureur brigandine ?

    Citoyens représentans, voila deux évacuations subites de cette place, qui me paroissent incompréhensibles. La première s’est faite sans avoir vû l’ennemi, et sans avoir ôté les magasins, et les brigands n’y ont paru qu’au moment où l’on s’est présenté pour les enlever, c’est-a-dire, au moins dix jours après l’évacuation ; on finit par y laisser trois cents hommes, et ils sont victimés.

    Dès le moment de la première apparition de tous ces partis-brigands, ainsi que je vous en donnois avis, j’instruisis le général en chef, je lui dépeignis la situation de tout le pays découvert, je m’efforcai de lui faire envisager qu’il étoit a craindre que les brigands ne fissent une pointe pour sortir d’un affreux climat où il n’existoit plus pour eux ni toits ni fours, ni moulins, tout ayant été la proie des flammes, ce qui me faisoit craindre qu’ils ne sortissent forcément des déserts de la Vendée, pour entrer dans de nouvaux climats y porter le feu et la désolation. Fort de cette opinion, je priai, je sollicitai le général en chef d’établir des forces respectables sur tous les points militaires situés au midi de la Vendée, et qui ont été les seuls exceptés de l’incendie générale.

    Mes réclamations on été vaines, et ma lettre est restée sans réponse, ainsi qu’une infinité d’autres et qui suivant moi, n’intéressent pas moins la République. Peut-être ne sont elles pas parvenues au général, c’est ce que j’ignore. J’ai fait assembler hier les braves communes dont je vous déja parlé, j’y ai joint deux cents hommes des trois cents formant la garnison de Parthenay avec cinquante chevaux ; cette colonne sera d’environ huit cents hommes ; voila avec qu’elle force je fais attaquer un parti de brigands qui a déjà paru très considérable et qui s’augmente chaque jour. Je ne doute nullement de la valeur de ces braves habitans. Que ne feroient-ils pas, vû ce qu’ils ont déjà fait, si j’avois des troupes pour grossir leur nombre, c’est ce que je n’ai jamais pu obtenir, et c’est ce que je ne pourrai jamais comprendre.

    Il y a trois jours que la plus petite de ces communes vient de donner un nouvel exemple bien frappant de sa valeur. Un détachemen de brigands s’étant porté sur une maison un peu détachée de l’endroit y a massacré les propriétaires, les habitans toujours surveillans n’ayant d’autres armés que des fourches et des haches, n’en ont pas moins eu la noble audace de courir sur leurs ennemis et d’en tuer soixante.

    Je viens d’écrire à Bournet pour lui demander un demi bataillon, s’il ne peut me l’envoyer tout entier. Je l’établirai à Parthenay pour le joindre au besoin aux braves habitans dont j’ai tant de plaisir a vous entretenir et si je ne parviens a empêcher la trouée sur laquelle je crois mon opinion fondée, je n’aurai rien a me reprocher. Mon activité et ma surveillance, j’ose le dire, depuis longtems ne dorment pas. Il y a assés de tems que j’expose mes craintes. Fasse le Dieu de la liberté, qu’elles ne se réalisent jamais.

    Salut et fraternité

    Signé Duval

    Pour copie conforme

    Demanget, secrétaire de la commission. »

     

     

    Le même jour Duval «écrit à Bournet (5) :

     

    « Armée de l’Ouest

    République française

    Au nom de la république française

    Le 7e jour de la 1ère décades du 6ème mois de l’an 2e de la république française une et indivisible

    Le général de brigade Duval à Bournet général de brigade commandant la 12ème division

    En réponse à mes lettres concernant les incursions que les brigands font du côté de la Chapelle St Laurent, les représentans m’instruisent qu’en cas de besoisn, tu me fera passer des secours. Par ta lettre tu me fait la même offre en m’observant qu’il faut entre nous la corréspondance la plus active, je ne manquerai surement pas à t’instruire de tout ce qui parviendra a ma connoissance et je commence à l’instant.

    Les autorités de Partenay m’annoncent que les troupes envoyées à Bressuire pour en enlever les grains immenses qu’on y avoit laissé en avacuant, ont été attaquée hier 6 ventose par deux différents forces et que la troupe a encore évacué une seconde fois, a cela près de 300 hommes qu’on y a laissé, pour garder diton, le reste des grains. A 4 heures du soir l’ennemi voyant le peu de force à Bressuire y est entré et a égorgé nos frères. Mon ami, je me perd dans toutes ces manœuvres, elles sont horribles. Qui les commande ! je n’en sçai rien, Bressuire est sous le commandement du général divisionnaire.

    Je vais encore une troisième fois faire une tentative, fasses le Dieu de la liberté que je réussisse aussi bien que les premières. Je joint 200 hommes de la garnison de Partenay, composée de 300 a 600 braves habitans des communes limitrophes à celle de Larjasse (Largeasse) pour fondre sur ces monstres. Voila tout ce qui est en mon pouvoir, voila avec qu’elle force j’ai détruit en deux mois, près de deux mille monstres. On ne vit jamais plus grand courage que celui des habitans. Il y a trois jours, la plus petite de ces communes (le village de Trayes selon moi) armée seulement de fourches et de haches a eu la belle audace de tomber sur un parti brigand armée de fusils et en à tué 60. Jugés de ce qu’elles fervient (sic), pour ce qu’elles ont fait, si elles étoient soutenues ainsi, mon ami, au nom du Dieu qui nous aime tous deux, de la liberté, fait moi passer quélque peu de force, ne fut ce qu’un demi bataillon, si tu ne peut mieux faire et pourvû qu’il soit bon, je te promet de faire humainement, tout ce qu’il est possible de faire pour empecher la pointe qu’a coup sur les brigands tentent de faire. La Vendée ne leur offre plus les moyens d’exister. Plus d’habitations, plus de fours, plus de moulins, concluons donc qu’ils sont obligés de changer de climat alors la désolation dt l’épouvante se mettra par tout. Qui sait encore si de nouveaux monstres cachés n’attendent pas cette trouée pour se joindre aux restes impure de l’éxécrable Vendée ! Je ne suis pas visionaire, mais en bon républicain je dois tout perser dans une juste distance et il est de fait si visible, que les révoquer en doute, serait l’ouvrage d’un aveugle.

    Dans la première évacuation de Bressuire j’instrusis le général en chef, je lui dépeignis la situation du paï découvert qui je voyoi sous mes yeux, qu’il ne pouvoit voir. J’implorai sa sollicitude pour qu’il y fit passer des troupes. Ma lettre est demeurée sans réponse.

    J’attend la tienne.

    Salut et fraternité

    Signé Duval.

    Pour copie conforme, le général de brigade commandant la 12ème division militaire

    Signé Bournet./ »

     

    Du point de vue Vendéen, Louis Monnier nous oppose une très intéressante version, qui fourmille de détails (6) :

    « … De là nous allâmes à Bressuire, (Louis Monnier arrive des Herbiers et de Saint-Michel-Mont-Mercure) où il y avait une forte ganison, composée surtout d’une nombreuse cavalerie, et de 1.000 hommes d’infanterie. Chaque soldat avait à peine six coups à tirer. Les bleus ne nous attendaient point ; ils étaient dans la plus grande sécurité. Ces cavaliers avaient des manteaux blancs. Nous les aperçûmes dans un grand champ, à côté de la grande route, ils passaient la revue de leur chef. Le général, qui avait disposé l’armée pour cerner la ville, me donna la droite à commander, il prit la gauche, arriva près de cette cavalerie et fit sur elle une décharge à cinquante pas. Ils rentrèrent promptement dans la ville. Le général sabra lui-même la sentinelle qui était à la porte de la ville, elle crut heureusement que c’est un des siens. Notre colonne entra pêle-mêle. J’étais alors à l’autre extrémité de la ville ; en entrant j’aperçus, dans une grande rue, une foule de bleus qui se sauvaient. Le feu commença et fut vif. Le général qui les poursuivaient dans toutes les rues ne faisait point de quartier ainsi que ses soldats. Les bleus, au nombre de 300, cherchèrent, pour un instant, leur salut dans l’église, en fermèrent les portes et s’y crurent en sûreté. Ce n’était  pas une guerre ce jour-là, c’était un massacre ; les rues étaient jonchées de morts. Ceux qui se sauvèrent hors la ville, furent tués par les paysans du pays, de sorte que cette garnison fut détruite. Les bons chevaux qui restèrent, montèrent nos cavaliers qui en avaient besoin. On revint à l’église. Nous pensions que du clocher qui est extrêmement élevé (il fait 56 mètres), ils nous auraient visés par les ouvertures. On commença par percer des trous dans la grande porte. On ne leur demanda point de se rendre ; d’ailleurs on ne faisait plus de prisonniers. Ils étaient tous dans le chœur de l’église. Les autres portes furent trouées également, et on fit feu pendant près d’une demi-heure. Il y en eut qui pour se préserver, se mettaient le long des murs, mais par les autres portes nous voyions clairement chaque côté de l’église. A la fin, on défonça la grande porte et on entra dans l’église où le sang coula à ruisseler. Plusieurs, pour se sauver se mirent parmi les morts, mais nos soldats, qui fouillèrent, n’en laissèrent pas échapper un seul. Nos soldats, qui n’avaient plus de cartouches, s’en munirent ainsi que de bons fusils. Nous restâmes deux jours à Bressuire pour nous reposer. Je me promenai dans une rue avec des nos officiers ; une vieille femme qui était à la porte d’une maison d’assez belle apparence, crut que nous allions la tuer ; elle me dit : « Ah mes bons amis, ne me faites point de mal, je vais vous dire quelque chose. Venez avec moi. » Nous armâmes nos fusils et nous entrâmes dans la maison. Après cela, elle me dit : « Tenez, ôtez cette armoire ; il y a une porte derrière, vous allez trouver de grandes caisses ; je ne sais pas ce qu’il y a dedans. » C’était une cave, où il y avait d’excellent vin rouge en bouteille. La cave était noire, la femme nous donna de la lumière. Nous vîmes cinq caisses, dont chacune contenait plus de 200 cartouches. Je dis à mes officiers : « Restez-là, je vais aller en rendre compte au général. » Le général, qui était à déjeuner, me dit : « Vous n’en prenez pas votre part ? Je vous ai attendu longtemps. Je me suis mis à manger, pour aller ensuite passer l’armée en revue, et partir. » Je lui dis : « Nous avons eu une belle affaire hier. Mais ce que nous avons pris à l’ennemi sur le champ de bataille ne vaut pas ce que je viens de découvrir et qui nous fera faire d’autres victimes. Grâce au courage de nos soldats, j’espère bien que nous rentrerons dans notre pays. » J’engageai le général à venir voir ma découverte, sans lui dire positivement ce que c’était. Il y vint, et jamais il ne fut plus content que cette trouvaille de 1.200 cartouches. Il donna un louis d’or à cette femme. L’armée se mit en marche sur Saint-Clémentin, près d’Argenton-Château, où il y avait 2.400 bleus qui ramassaient les grains du pays et qui en remplissaient l’église que nous trouvâmes comble. »...

     

    Même si Stofflet et Monnier sont partis, Carpentier écrit à Huché le 28 février 1794 la missive suivante (7) :

     

    « Le général Carpentier, au général Huché. (Doué.)

    Les brigands sont encore actuellement à Bressuire et à Argenton. Une patrouille m’apprend qu’à Argenton, ils chargent des voitures et qu’ils ont mis le feu aux magasins de fourrages. Je présume qu’ils vont prendre la route des Aubiers pour aller déposer leurs richesses dans la forêt de Vezin.

    Je suis réduit à douze cents hommes, dont quatre cents sont partis au secours de Thouars menacé et trois cents à Vihiers : ainsi je peux marcher sur les birgands. Je te renouvelle la demande de mes bataillons.

    Demain partira pour Chollet un convoi de trente et quelques pièces d’eau-de-vie et quinze voitures de farine, escorté par quinze cents hommes. Je t’invite à donner connaissance de ces détails au général en chef. »

     

    Ainsi donc se déroula la prise de Bressuire un mois après le premier passage de la colonne infernale de Grignon.

    Une partie du bourg de Bressuire sur la section Notre-Dame du cadastre de 1811 ( AD79, 3 P 41/3). Les bâtiments colorisés en jaune indiquent un état de ruine :

     

    Stofflet et les deux attaques de Bressuire....

     

    Le château sur la section Saint-Jean (Ibid, 3 P 41/4) :

    Stofflet et les deux attaques de Bressuire....

    Section Saint-Jacques (ibid, 3 P 41/5). On se fait une idée de l’état de ruine de la ville, 17 ans après les incendies :

    Stofflet et les deux attaques de Bressuire....

    Pour autant les aventures de la petite ville ne s’arrêtent pas là, car Stofflet remettra le couvert deux ans plus tard, le 3 février 1796. Informé que Piet de Beaurepaire est parvenu à rassembler une bande de paysans aux alentours des Aubiers, il le rejoint et s’empare une nouvelle fois de Bressuire. Les bleus sont écrasés dans leurs retranchements et abandonnent la porte Labâte aux Vendéens. Les survivants se réfugient dans le château tandis que les Vendéens ramassent encore un important butin. Les républicains du château ne sont pas inquiétés et Stofflet préfère attaquer un convoi de vivres et de munitions, mené par une quarantaine d’hommes sur la route de Châtillon-sur-Sèvre. Les bleus, affolés et désespérés, poussent de grands cris en direction de Bressuire, pensant rameuter la garnison à leur secours. Peine perdue, il est trop tard…

    Goupilleau de Montaigu s’émeut de cette défaite au Directoire le 16 février dans une longue lettre où il s’insurge contre la politique de Hoche qui rallume la guerre civile et rappelle que « Stofflet, dont les mécontents viennent de tous côtés grossir l’armée, s’empare de Bressuire. » (8) Le soir même, Stofflet couche à Voultegon.

    Il y a tant de choses à raconter encore sur nos petits coins du Nord-Deux-Sèvres, ce sera pour une autre fois…

    RL

    Juin 2018

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/8-35, v. 8 et 9/9.

    (2)  Savary, tome III, p. 156.

    (3)  SHD B 5/8-36, v. 1 et 2, bulletin analytique compris.

    (4)  SHD B 5/8-62, v. 6 à 8/14, bulletin analytique compris.

    (5)  SHD B 5/8-62, v. 9 à 11/14, bulletin analytique compris.

    (6) Mémoires de Louis Monnier, annotés par l’abbé Deniau, Germain et Grassin, Angers, 1896, p. 73 et 74.

    (7)  Savary tome III, p. 235 et 236.

    (8)  SHD B 5/35-56, v. 14/16.

     

     


  • Commentaires

    1
    christophe
    Lundi 25 Juin à 08:30

    très intéressant cet article, merci RL !

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