• Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay....

     

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay... 

                

     

     

    Stanislas-François Arnaud est né le 16 avril 1735 à Aizenay, il est le fils de Jacques Arnaud et de Catherine Rigalleau. Il est curé de Chantonnay pendant 26 ans, prêtre réfractaire, il émigre en Espagne et revient en Vendée durant l’hiver 1800-1801.

    Il découvre son église dévastée, privée de sa charpente et à ciel ouvert*… Pour financer la restauration, le 12 mars 1801, il appuie une proposition de la commune tendant à vendre en terreau, la bonne terre d’un jardin adjacent à la cure… et s’adresse au Préfet Merlet (la république vendant des terres volées à l’Église...).

     

    * L’église fut incendiée, mais relativement épargnée car elle servait d’entrepôt aux Bleus. 

     

    « Monsieur,  

     

    Aussitost la permission qu’a bien voulu m’accorder Mr le ministre et dont vous avé connoissance je me suis empressé de sortir de l’espagne et de rentrer dans ma paroisse. J’ay cru devoir cet empressement au milieu de l’hiver à mon Saint ministère dont l’exercice grâces à Dieu est libre ; j’ay cru ce devoir aux désirs impatients biens prononcés de mes paroissiens. Mon absence de plus de huit ans, après avoir vécus ensemble pendant 26 ans en bonne amitié, j’ose m’en glorifier, n’a fait que resserrer nôtre attachement mutuel. Grâces à Dieu nous voilà réunis, je souhaitte planter et arroser, suivant les forces de mon âge avancé, et prie avec instance le Seigneur de donner l’accroissement,  je l’espère en toute confiance. 

    Je sçavois les désastres du paÿs, je n’ignorois pas le dévastement de mon église, mais je l’avoüe, je ne la croyois pas dans un dénüement de tout, aussi complet et dans un  état aussi scandaleux. 

    Notre église autrefois par ses revenus, étoit devenue décente, elle est respectable au dehors par son bâtiment vaste, ses murailles sont excellentes, sa position avantageuse, elle ne l’étoit pas moins par son ornement intérieur. Autant elle étoit jadis propre à édifier à consoler, autant aujourd’huy elle est propre à occasionner de la peine et la tristesse la plus amère. Elle est devenue, je ne dis pas une place publique, un lieu de passage, mais je le dis en gémissant elle est devenue un cloaque d’immondices, un repaire pour tous les crimes. Je vois avec plaisir qu’on s’empresse de la fermer, mais je vois avec douleur que l’argent manque pour la couvrir. Il ne reste pas une thuile, pas une latte, pas un chevron, la dépense est considérable, les facultés pécuniaires dans la commune sont épuisées néantmoins on à fait une souscription, mais il s’en faut bien qu’elle soit suffisante mesieurs de la commune et messieurs du conseil ont cru avec votre agrément trouver un moyen efficace pour suppléer à ce qui manque pour au moins la couvrir. Il y a disent-ils adjacent à l’église et à la cure mise à la disposition de la commune un jardin passable, mais non de la grandeur marquée par le loy de 90 ou 91, on peur rendre cette terre ou terreau excellente suivant l’expérience des jardins voisins, pour faire venir du grain et seconder les mauvaises terres et le produit de ce terreau superficie de ce jardin seroit employé pour suppléer aux offres faites et pourroit suffire pour faire au moins la couverture absolument indispensable et entièrement pressée. 

    Votre zèle pour le bien public m’est trop connu pour douter de votre consentement pour la vente de cette terre ou terreau au profit de notre église. J’ose dire que ce seroit un meurtre de la laisser périr, et je ne balance pas à prononcer que ce seroit manquer un moyen sûr, et le seul capable de prouver l’union, la fraternité, je dirais même la prospérité. Il est évident que c’est dans les temples, où le peuple rassemblé s’unit dans le Seigneur, de voix, d’esprit et de coeur, que c’est là où il entend la voix de son pasteur, que c’est là ou le zèle du ministre aidé et secondé par le gouvernement, prouve pour le spirituel et pour le temporel des avantages aussi grands qu’ils sont réels. Qui ne sçait que c’est ainsy que le père commun écouté par ses enfants, leur donne des conseils salutaires, explique à chacun ses obligations la société est rendue aimable, la paix s’établie et se consolide, le pauvre est assisté, le malade est visité, l’orphelin est serré, le malheureux est soulagé, la jeunesse est instruite, le bon ordre est établi, et tous sont consolés.  

    Sans un lieu de rassemblement, tout manque voir même la tranquilité publique.  

    Je crains Monsieur, de vous ennuyer, j’aurois bien des petites observations à faire pour le rétablissement de l’ordre moral et social si dérangé. 

    Je sçais que votre vigilance est des plus active pour connoître les moyens les plus propres pour la paix, pour l’union et le bonheur public. J’espère donc que j’auray été précédé dans ce que je pourrois vous dire, je me borne à vous supplier d’octroyer nôtre demande pour la vente de la terre ou terreau du jardin adjacent à la cure, au profit et pour le besoin de nôtre église. 

      J’ai reçu la surveillance que vous avé bien voulu me faire passer pour monsieur notre maire, je vous prie d’en recevoir mes remerciements et de m’accorder la satisfaction de me croire très respectueusement,  

    Monsieur, 

    Vôtre très humble et très respectueux serviteur Arnaud curé de Chantonnay.  

     

    Chantonnay le 12 mars 1801. » 

     

    D’après le cadastre Napoléonien de 1824, l’église semble avoir retrouvé sa toiture, nous remarquons le presbytère et le jardin adjacent où le terreau a été extrait.

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay....

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay est décédé en ce lieu le 21 mars 1809.

     

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Vendée - tous droits réservés  – Correspondances du Préfet Merlet avec les ecclésiastiques – class 2NUM110/0 correspondances reçues de différents prêtres – class 2NUM/110/32-8. Vue n°5/17. 

    . Registres paroissiaux et d’état civil de la commune de Chantonnay. (Décès de l’Abbé Arnaud - vue n°28/460 – AD2E051/6 NMD 1809-1814. 

    . Dictionnaire des noms de Vendée : Stanislas-François Arnaud. 

    . Cadastre Napoléonien de Chantonnay section C du bourg 1ère feuille (parcelle 1-315 – l’église et le presbytère). 

                                            

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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