• Sieyès....

     

     

    Le crépuscule d'un Conventionnel notoire: L'abbé Sieyès, régicide. 

     

                        

       Si quelques-uns des conventionnels qui s'étaient particulièrement distingués périrent sur l'échafaud, d'autres, plus heureux, sortirent indemnes de la tourmente. Tel fut le cas de l'Abbé Sieyès, Emmanuel-Joseph Sieyès est né à Fréjus le 3 mai 1748 et est mort à Paris le 20 juin 1836.  

      Ce fils d'un employé des impôts et Maître de poste entre dans les ordres comme prêtre en 1772 sans aucune vocation. Lors de la Révolution il rédige le Serment du Jeu de Paume et collabore à la rédaction de la Constitution. 

       Elu à la Convention, il siège à ''la Plaine'' mais lors du procès du Roi il se rallie à l'ultra gauche ''la Montagne'' et vote la mort. Par la suite, ce régicide abandonne la prêtrise.

     

      En 1816, il est en exil...

     

       « A Bruxelles, parmi les proscrits se trouvait Sieyès, qui, après avoir lancé la célèbre formule  «  Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? Rien ! Que doit-il être ? Tout ! » avait parcouru beaucoup de chemin dans l'arène révolutionnaire, puis était passé de la République à l'Empire, un Sieyès vieilli, malade, un peut tombé en enfance.  

      Il avait oublié bien des choses, mais conservait de la Terreur un souvenir qui le hantait. 

    M. Albert Tournier, dans son livre les Conventionnels en exil, raconte qu'il disait chaque matin à son valet de chambre : «  Si M. de Robespierre vient me demander, vous lui direz que je suis sorti ». 

      En fait, il ne sortait guère que pour se rendre chez Cambacérès, qui vivait à Bruxelles en grand seigneur, au milieu d'une petite cour composée de réfugiés connus : Sieyès, David, Ornano, Exelmans, etc.

     

      Sieyès souffrait beaucoup de l'exil, désirait vivement rentrer en France et sollicitait une mesure de grâce. Aussi ne voyait-il presque personne, craignant de compromettre sa cause. 

      « Je n'ai jamais voulu, disait-il, que le bien de mon pays et crois l'avoir utilement servi. Le roi finira bien par me rendre justice ».

     

      Ce qu'il attendait du roi, il l'obtint d'une nouvelle révolution : ce fut, en effet la révolution de 1830 qui mit fin à son exil. 

      Dès son retour à Paris, il y retrouva Barras, qui avait été très surveillé, mais, n'ayant pas adhéré au gouvernement de Bonaparte, avait pu rester en France. Barras vivait princièrement, ayant deux voitures, une demi douzaine de chevaux, sept domestiques, et donnait chaque soir à dîner. Mais ce n'était plus le beau Barras d'autrefois : souffrant d'hydropisie, il ne pouvait sortir qu'en voiture, encadré par son valet de chambre et deux domestiques. 

      Sieyès retrouva son fauteuil à l'Académie française, dont il reprit possession avec une joie d'enfant. 

      Il put, pendant près de six années, jouir d'un repos bien gagné, oublier « monsieur de Robespierre », ses tracas et ses craintes sur le velours académique. 

      Il mourut le 20 juin 1836. Il avait quatre-vingt-huit ans... 

     

      Enterré civilement, Sieyès était probablement franc-maçon, il fréquenta diverses loges. On lui attribue une déclaration d'une effrayante froideur lors du jugement du roi Louis XVI : « La mort, sans phrases », mais le procès-verbal de la séance n'en fait pas mention. Peu courageux, il se fait oublier pendant la Terreur et fréquente peu l'Assemblée, il est terrorisé par Robespierre... 

     

     Sources : Jules Mazé – Sous la Terreur – librairie Hachette – Paris n° 4760 dépôt légal 2ème trimestre 1947 – pages 243 à 245. Crédit photo – Wikipédia. 

     

                                                                            X.Paquereau pour Chemins Secrets. 

     

    Sieyès....


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :