• Sanzay....

    Sanzay…

     

      Nous présentons ici un essai de martyrologe pour le village de Sanzay d’après le registre clandestin de l’abbé Jacques Charles Thibault. Le registre a été griffonné rapidement mais on y retrouve une feuille isolée nous donnant quelques compléments d’information. En dépit des doublons constatés entre le registre et cette feuille, on peut dénombrer 32 morts et disparus. Les parties en italique sont des NDLR.

     

    Sanzay....

    Sanzay....

     

     

    « Le quatre aoust 1792 j’ay été obligé de fuir et d’abandonner ma paroisse accause de la persécution après bien des travers j’y suis rentré le 28 novembre 1794 (et non 1795 comme cité par l’abbé Michaud). Thibault curé de Sanzay

    Dans mon absence il y a eû bien des baptêmes mariages et sépultures et surtout bien du monde  tués en les massacres et les batailles voicy autant que j’ay pu m’en instruire les noms des absents, des sépultures, baptêmes et mariages qui ont été fait pendant mon exil.

    Le quinze juin mil sept cent quatre vingt treize a été inhumé François Clémand Challet tué dans le combat agé d’environ seize ans, fis de François Chollet et de Marie Brosseau, ont assisté à la sépulture Pierre Veniaud laboureur et rené Veniau et autres qui ne signent

    Lenommé Jacques Challet fils de François Challet et de Marie Brosseau âgé de quatorze ans se trouve manqué depuis le passage de l’armée à Ancenis.

    Le onze mars mil sept cent quatre vingt quatorze a été inhumé le corps de Pierre Denis décédé le jour précédant tué par l’ennemi à l’âge de quatre vingt six ans. Ont assisté à la sépulture Pierre Denis son fils, jean Brémand, son voisin Jean Boissinot aussi son voisin et autres.

     

    Sanzay....

     

    Noms des personnes  qui ont été tuées par les soldats républiquains : morts

    Hommes :

    Pierre Barangé

    André Thibaud

    Benard

    Charé père

    Charé fils

    Louis Pitaud

    Baudrier

    Paindessous père

    Paindessous fils

    Pierre Boutet

    Louis Brandeau

    Louis Lunaud

    Marcombe

    François Mousset

    René Denais père

    René Denais fils

    Pierre Ecuyer (du village d’Auzay, tué à l’affaire du Moulin aux Chèvres, août 1793, note de l’abbé Michaud. On sait que ce combat eu lieu en fait le 3 juillet 1793).

    Ecuyer

    Bellebranche

    Robereau

    Pierre Denis

    Femmes ou filles :

    La femme de Barangé

    Marie Anne Lojais

    Jeanne Taillebot

    La petite Violleau

    La femme de Martineau

    Marie Denis, femme de Marcombe

    La femme de Robereau

    Comme énoncé plus haut une feuille volante contenue dans le registre nous donne des indications supplémentaires… Le papier était déchiré avant que l’abbé Thibaud n’y ait écrit ses actes.

     

    Sanzay....

     

    Le nommé jacques Marseau a passé avec la grande armée.

    Le nommé Pierre Cornuaud a été tué à la bataille du moulin aux chèvres.

    Le dix décembre 1793 le nommé Joseph Remaine, âgé de 21 ans  a été enlevé par les républiquains, on a plus entendu parler de lui depuis ce temps.

    Le nommé Pierre Legais, époux de Françoise Bernard, se trouve absent depuis le premier combat des Aubiers.

    Le nommé Mathurin Charré, laboureur, âgé de quarante cinq ans a été tué par les républicains huit jours après la St Michel.

    Le nommé Louis Pitaud, laboureur, agé de été tué le vingt six septembre par les républicains, agé de quarante six ans.

    Le nommé René Denais, âgé de quarante six ans, métayer au Vivier a été pris par les républicains et conduit à Saumur où il a été tué.

    Le nommé René Denais, âgé de 18 ans fils de René Denais laboureur et de Rose Emory a passé avec la grande armée.

    Le nommé Pierre Charré, fils de Mathurin Charré et de ( ? mots manquants) agé de trente ans environ est passé avec la grande armée.

    Le nommé Pierre Boutet agé de 26 (mot manquant) fils de feu Pierre Boutet laboureur et Jeanne Mêle a passé avec la grande armée.

    Le nommé Jean Richard agé de vingt quatre ans a passé dans la grande armée. "

     

    Nous savons par les notes de l’abbé Michaud (1859-1941) sur Sanzay que René Denais, 53 ans, (46 ans selon le registre ci-dessus) métayer au Vivier de Saint-Sauveur de Sanzay et François Mousset, 52 ans, également métayer, ont été arrêtés le samedi 24 août 1793 à Argenton-Château. Ils comparaîtront le mardi 27 août devant le comité de surveillance de Saumur. René Denais déclarera qu’il avait été placé comme chef de poste par monsieur de Laugrenière ne devant laisser entrer personne à Argenton sans passeport visé de Laugrenière lui-même ou des autres chefs vendéens. François Mousset quant à lui, déclare n’avoir point pris les armes. Son domestique, François Moreau a été emmené par les vendéens. Il déclare qu’à sa connaissance, Gaberieau et Bly, de Sanzay, sont avec les « brigands ». Le 18 août suivant, François Gros, Augustin Ferré et Louis Devy, d’Argenton-Château attestent que René Denais est membre du comité des « brigands », que François Mousset, propriétaire de la Rouillonnière n’est pas parti avec les vendéens mais qu’il a chez lui un neveu qui étant avec les « brigands » a été grièvement blessé à l’affaire de Châtillon, que ses domestiques sont aussi avec les « brigands » et qu’il y en a eu un de tué (suivant AD49, 2° registre du comité de surveillance de Saumur, L 1205-1207).

    Sanzay....

    Sanzay....

     

    Toujours suivant le travail de l’abbé Michaud, on apprend par des renseignements de police du 4 germinal an VI (samedi 24 mars 1798) que parmi les anciens chefs vendéens du pays se trouvait Pierre denis, dit « le Bourgeois », 50 ans, demeurant à Auzay de Sanzay, marié, syndic avant la révolution. « A été commissaire de Stofflet, est fort instruit pour un homme de sa classe, a de l’influence, paraît soumis » (AD79, L 105, confirmé par la consultation de l’acte de décès de sa fille Marie-Louise le 27 septembre 1778). Ce Pierre Denis avait été nommé avec François Mousset par la paroisse de Sanzay pour élire les députés du Tier-Etat en 1789 (Beauchet-Filleau, « Le Tiers-Etat en Poitou en 1789 »).

    Sanzay....

     

    Un membre de cette famille Denis fut massacré par les bleus dans sa maison d’Auzay. Ce Denis s’était marié deux fois ; de son second mariage il avait 7 ou 8 enfants dont plusieurs encore en bas âge. A l’arrivée inopinée des soldats, sa femme transporte aussitôt ses enfants dans le champ dit des « Ulmeraies », alors couvert de bois, quand elle revient pour chercher son mari qui était importent, elle ne trouva plus qu’un cadavre. Après avoir défoncé la cave, les bleus lui avaient tranché la tête à coups de sabre…

    Cette dernière note pourrait correspondre avec le Pierre Denis, âgé de 86 ans et tué par « l’ennemi » cité plus haut…

     

    RL

    Octobre 2016

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 25 Octobre 2016 à 06:34

    quelle belle recherche qui serait passée aux oubliettes si votre amour de cette "'histoire oubliée " n'avait pas fouillé dans ces registres , encore une fois BRAVO ! 

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