• Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Sainte-Foy-en-Mauges, paroisse disparue...

     

     

     C'est du côté de l'Anjou, aux frontières Nord-Est de la Vendée Militaire, que nous étions partis en balade ce dimanche. Sainte-Foy, qu'il ne faut pas confondre avec la chapelle de Haute-Foy près de Saint-Paul-du-Bois, fut rattachée à Saint-Lambert-du-Lattay en 1792. Voici ce que nous en dit Célestin Port dans son célèbre "Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire".

     

    RL

    Septembre 2014

     

     

     

     SAINTE-FOY

     

     

     

    Petite paroisse créée entre 1091 et 1104 par l'abbesse du Ronceray, Richilde, dans une lande inculte et inhabitée, in loco inculto et aspero, au milieu des bois, sans doute pour y retenir quelques pauvres bûcherons. Le petit hameau, viculus, qui s'y forma, obtint du comte Foulques, par l'incession de la fondatrice, une immunité complète de toute servitude et impôts extraordinaires, seul attrait qui put y attirer et retenir quelques pauvres familles, quod aliter non posset quibuslibet pauperibus locum illum incolere. Ces privilèges furent confirmés successivement par les comtes et par les seigneurs de Rochefort. A la demande de Clérembaud, seigneur de Rochefort, et à celle de Richilde, abbesse du Ronceray, Foulque, neveu de Geoffroy Martel leur abandonne les coutumes auxquelles il avait droit sur le bourg de l'église de Ste-Foy bâtie par cette abbesse, donation confirmée 18 ans plus tard par Foulque le jeune.

     

     Le presbytère se trouvait dans le bourg de St-Lambert (du Lattay) dès au moins 1481 dont il devint la cure au XIXe siècle.

     

     La paroisse comprenait la Baudrie, les Gats, l'Augeardière, la Musse, le Clotereau, Haute-Folie, les Salets ; 25 feux en tout, 60 communiants en 1766. Elle dépendait de la seigneurie de Cour-de-Pierre, appartenant aux abbesses du Ronceray, puis du châtelain des Buhards, cessionnaire des droits honorifiques de l'abbesse du Ronceray par acte du 8 juin 1696, sauf la présentation de la cure, que s'était réservée l'abbesse ; elle fut supprimée, avec l'accord de celle-ci par l'ordonnance épiscopale du 15 septembre 1768, qui érigeait la chapelle de Beaulieu en église paroissiale. Pourtant, le pouillé de 1783 l'inscrit encore, car il avait été fait appel de sa suppression ; l'affaire n'était pas encore réglée quand éclata la Révolution et, à la mort du curé Joachim Chartier en 1790, l'abbesse lui nomma un successeur.

     

     Curés :

     

    Jean Rontard, aîné, qui résigne, 1468 ; Jean Rontard, le jeune, bachelier en Droit canon, 1468, 1481 ; Jean Davy, 1511 ; François Challot, 1544, qui résigne ; Guillaume Bonhomme, docteur en théologie, janv. 1545 n.s., qui résigne ; Jean Fruchaut, 4 sept. 1545 ; Louis Hamonet, mort en 1557 ; Thomas Sochet, installé le 17 oct. 1557 ; Véterin Hamonet, 1565 "vétérinaire" ; René Bardaut, mai 1569, qui résigne ; Jean Leboucher, mars 1572 n.s. ; Godefroy Loriot, chanoine de St-Martin d'Angers, avril 1572 ; Trottier 1585 ; Gilles Duvau, mort en 1617 ; Alexandre Macé, nov. 1617 ; Pierre Racapé, 1620 ; Jean Le Houdayer, 1645, qui résigne ; Jacques Parent, juil. 1649. Son testament est du 15 août 1681. Il meurt le surlendemain âgé de 78 ans ; Briaudeau, 1681 ; Jean Blouin, qui bénit le 27 sept. 1695 les fonts paroissiaux, construits aux frais du seigneur Charles du Bellay, donateur en même temps du ciboire et du tabernacle. Il reçoit en 1698 pour l'église une petite fiole du sang de St François de Sales. Il résigne et se retire à Joué en 1721 ; Jean Jollivet, 1722-1738 ; P. Grossier, 1739-1762 ; Joachim Chartier, 1763, mort le 7 juil. 1790, qui avait fait reconstruire le presbytère ; Pierre Harmenot, 12 juil. 1790, aumônier de l'Hôtel-Dieu d'Angers. Il refuse le serment en 1791 et à partir du 5 juin 1791, date de l'installation du curé constitutionnel de St-Lambert, son église s'emplit de tous les fidèles réfractaires au schisme : "aujourd'hui c'est une cathédrale" écrivent dès le 6 le procureur de la commune et trois autres habitants de Saint-Lambert.

     

     L'abbé Hermenot sera guillotiné le 1er janvier 1794, place du Ralliement, mais le culte continua d'être assuré par les prêtres insermentés de la région. Cette église, dit le manuscrit de l'abbé Conin "est la seule en Anjou où le culte divin n'a point été interrompu durant la Révolution".

     

     ["Le 22 janvier 1794, les soldats de Cordelier y entassent fagots et paille et mettent le feu. "Déjà les flammes atteignent la voûte, lorsque la femme Martin se précipite dans l'intérieur et disperse de ses mains les fagots du bûcher. Les soldats menacent de la tuer, elle reste insensible : et à mesure qu'ils rejettent les fagots dans le brasier, elle les en arrache en disant : "J'aime mieux mourir que de voir mon église brûler". Cordelier émerveillé du dévoûment de cette femme, dit enfin à ses hommes : "Laissons donc cette église ; ce n'est pas la peine de s'arrêter à une pareille bicoque". Cette église de Sainte-Foy n'avait jamais été souillée par la présence d'aucun intrus ; le culte n'y a jamais été interrompu ; MM. de Cireuil, curé de Chaudefonds, Quincé, curé de Cernusson, Poineau, Soyer, Charruau, Deniau et Proveault y célébrèrent fréquemment la messe. De tous les environs, notamment de Mozé, de Mûrs, de Soulaines, on y apportait les morts pour y recevoir les honneurs funèbres et les prières de l'Eglise. L'abbé Bernier y prêcha plusieurs fois, et la foule était si nombreuse qu'il était obligé de se tenir à la porte pour y prendre la parole.

     

    A Noël 1794, on voulut y célébrer la messe de minuit. Afin d'éloigner les Bleus, Cadi fit allumer un grand feu dans un champ en vue des postes républicains, et circuler constamment tout autour dix à quinze hommes. Cette manœuvre fit croire à un attroupement considérable. Les Républicains de leur côté allumèrent des feux nombreux, et se tinrent toute la nuit sur leurs gardes, sans oser bouger, dans la crainte d'une surprise. Grâce à cette ruse, l'office de la nuit ne fut point troublé." (Histoire de la Vendée - abbé Deniau - 1878]

     

     Le culte catholique clandestin était exercé de 1794 à 1801 par Alexandre Poyneau, ancien curé de St-Maur et de 1794 à 1796 par Jacques-Jean Quincé.

     

     La vieille église, détruite vers 1833, occupait l'emplacement des premiers bâtiments, à droite, quand on vient de St-Lambert. C'était un rectangle terminé par un choeur circulaire, de 20 m sur 5m80 avec un petit clocher surmontant le portail, grand autel avec rétable du XVIIe s. entre les petits autels de la Vierge et de Ste Emerance. Au-devant, le cimetière. La métairie de Ste-Foy, appartenant à l'abbaye du Ronceray, fut vendue nationalement une première fois puis, le 15 messidor an IV à Jeanne-Charlotte Le Large, veuve Le Royer Chantepie.

     

     La paroisse fut réunie définitivement à celle de St-Lambert en 1802.

     

     Une croix de pierre, élevée solennellement en 1843, au carrefour des chemins de la Jumellière, de Ste-Foy et du Landreau, rappelle seule son existence. Une des faces du piédestal porte encastrée l'épitaphe du curé Parent, sur une plaque de cuivre, qui figurait autrefois au-dessus de sa tombe, à la gauche de l'autel.

     

     Au N.-O. s'élevait jusqu'en 1840 un tertre régulièrement circulaire, terminé en cône tronqué, de 50 m de diamètre à la base sur 5 à 6 m de hauteur, avec fossé d'enceinte, reste sans doute d'une motte féodale, et, au sud, des entrées de souterrains.

     

     Jacques-Jean-Symphorien Quincé, né à St-Jean-de-Linières, le 22 avril 1759. Vicaire à St-Aubin de Pouancé, puis, en 1788, à Mozé. Ayant refusé le serment, il se retire au château de Haute-Berge ; il est arrêté à Beaulieu le 26 juin 1791, puis, ayant retrouvé sa liberté, exerce clandestinement à Ste-Foy, Faye-d'Anjou, Denée, etc.

     Fixé en 1796 au château de la Fresnaye à Saint-Aubin-de-Luigné, il y "fanatisait les habitants qui se portaient en foule pour l'entendre.".

     Arrêté par l'administration du canton de Rochefort le 4 août (17 thermidor, an IV) et relaxé, il se porte sur Faveraye, St-Georges-Chatelaison, Cernusson.

     Nommé desservant de cette dernière paroisse au Concordat, il y meurt le 24 mai 1813.

     

     Sources : Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, Célestin port, 1876-1878, AD49.

     

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

     

     

    On voit nettement l'église de Sainte-Foy sur le cadastre de 1824.

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

     Son emplacement marqué d'une croix rouge sur la vue aérienne Géoportail de nos jours.

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

     

    Emplacement de l'église détruite en 1833.

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

     La croix de Sainte-Foy (cliquer sur les photos pour les agrandir).

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

    Au revoir, Sainte-Foy...

     

    Sainte-Foy-en-Mauges....

     

     


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