• Révélations sur les généraux de colonnes infernales (2)....

     

    Révélations sur les commandants des Colonnes Infernales... 

    (Deuxième partie)

     

     

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (2)....Deux généraux veillant à leurs propres intérêts, dissimulent la réalité et guident notre regard dans une certaine direction et pas dans une autre.

    Ils mentent par omission en oubliant volontairement de mentionner les massacres, vols, viols, incendies, pillages… et s’abstiennent de dire toute la vérité sur leurs auteurs, qui sont-ils ?

    Soyez rassurés, les complices des assassins ont une excellente carte de visite, une réputation inoxydable : ce sont de bons républicains.

     

    Le général en Chef  Vimeux, réputé pour être clairvoyant et ses troupes pour n’exercer aucunes exactions sur la population Vendéenne :

     

    « J’ai mis à chacun de ses officiers la note que ma conscience m’a dictée et d’après les renseignements que j’ai pris sur leur compte. » 

     

    « Antoine Vimeux, est âgé de 57 ans, né à Amiens département de la Somme, domicilié à Amiens jusqu’à son entrée en service. - 32éme Régiment cy-devant Bassigny – Garnisons : Brest, Tours, Wissembourg, Mayence, La Vendée, et Nantes.- Soldat le 14 mars 1753, sergent en 1760, porte drapeau en 68, sous- lieutenant en 1778, capitaine en 86, en 1791, lieutenant-colonel, en 1792 chef de brigade, en 93 général de brigade, en 93 à Mayence et général divisionnaire.- aucun emploi avant son entrée en service, son père est charron. »  

    Malgré ses services en Vendée et à Nantes, il semble ne pas être au courant des évènements, il dira : « Je ne savais pas. »

     

    Le général Jean-Baptiste-Camille de Canclaux a été suspendu de ses fonctions le 29 septembre 1793 après un combat à Clisson et un succès à St Symphorien en Vendée et se retire au château de Saussay à Ballancourt-sur-Essonne (Oise). Il est réintégré le 8 octobre 1794, et a loupé l’épisode des Colonnes Infernales, mais était-il sensé ignorer la tragédie ?

    Après la chute de Robespierre il devient commandant en chef de l’Armée de l’Ouest, il ne sait rien non plus au sujet des exactions des chefs de Colonnes Infernales…

    Ces gens là n’ont pas d’opinion propre, mais quand le vent tourne, ils tournent avec le vent. Royalistes sous Louis XVI, Révolutionnaires en 89, Bonapartistes sous Bonaparte et de nouveau Royalistes en 1815 etc... jusqu’à voter la mort d’un frère d’armes, le Maréchal Ney, n’est-ce pas Canclaux ?

     

    Et ces braves généraux pensent quoi du Général...

     

    Louis Grignon ? le cousin de Caffin. Il commande la Colonne Infernale n°2  avec Lachenay. Il a 46 ans en 1794. originaire de Louerre (Anjou) il fait carrière dans l’armée aux côtés de son cousin Jean-Alexandre Caffin. La colonne que lui confie Turreau conserve un triste souvenir de cruautés. Début janvier 1794, il ravage le Bressuirais et le Haut-Bocage. A la chute de Robespierre, il est emprisonné, amnistié, il réintègre les rangs de l’armée en 1802.

    Le 30 janvier 1794, Grignon et Lachenay se rencontrent au château de Pouzauges. A la fin du repas avec leur état major, ils ordonnent qu’on leur amène une trentaine de femmes qu’ils violent et font fusiller au pied du donjon. On suit sa colonne à la lueur des incendies, Un incendiaire et un violeur ce Grignon…

     

    Vimeux inscrit la même appréciation qu’à son cousin :

     

    « Bon officier, exact, attaché à ses devoirs et à la patrie.  

     

    Louis Grignon, général de division, 46 ans, né à Loire (Louerre) district de Saumur, département de Maine et Loire – domicilié à Doué et Saint-Macaire - il sert dans les gardes françaises, Poitou Infanterie, Corps Royal de la Marine – retiré du service avant 1789 – 10 ans de service dans les 3 corps dénommés – profession exercées avant son engagement : laboureur et fils de laboureur.   

    Cet officier m’est peu connu mais par des renseignements pris sur son compte m’assure qu’il est bon républicain et dans les principes révolutionnaires, il est Divisionnaire et bien placé. 

    signé Vimeux. » 

     

    Et du général Lachenay ? : Pas un mot sur Lachenay.

     

    Mais le billet de Monsieur Bruno Griffon de Pleineville pour Chemins Secrets en date du 18 décembre 2016 est très explicite. C’est un être immoral, un trousseur de jupons incorrigible… et un bon à rien. Jean-Baptiste Lachenay est né le 25 avril 1760 à Paris, il est le fils de Louis Lachenay, Garde Française et de Marie-Elisabeth Fournel.

    Le Ministre de la Guerre écrit à son sujet : « Cet officier déshonore l’uniforme par sa conduite – Il faut le remplacer le plus tôt possible. »

      Inutile de faire un dessin sur les actions exercées en Vendée par ce violeur potentiel.

    Peut-être y aura-t-il du nouveau du côté du général de division Jean-Pierre Boucret ? Celui qui incendie Châtillon le 23 janvier 1794, Saint Amand le 25, les Epesses le 26, le bourg est pillé, le château du Puy-du-Fou s’embrase. Pendant trois jours c’est la fête, vols, viols, incendies, pillages, tortures, la colonne s’acharne sur ce pays, puis se jette sur Chambretaud…

    Nos deux généraux ne parlent pas de Boucret.

    On ne parle pas non plus du général de brigade François-Raymond Duval, le commandant de la première Colonne, ni de son adjoint Prévignaud (Il n’y a pas eu de Daillac commandant la seconde colonne de Prévignaud, NDLR).

    Alors, le Général Vimeux va peut-être nous parler des fours du Général Amey ? (génocide par les fours du 19 février 2018 de Richard Lueil).

     

    Pour le cas Amey, le général en chef Vimeux « botte en touche » :

     

    « Je ne le connois pas assez pour donner mon avis sur son compte. » 

     

    Un petit rappel au sujet de François-Pierre-Joseph Amey : il a 26 ans en 1794, originaire de Célestat, il est général de division, fils de François-Pierre Amey chirurgien-major au régiment Suisse de Waldner et de Ursule Collignon. C’est le spécialiste des fours, au village des Epesses, il brûle 52 femmes, 16 vieillards et 36 enfants. Il incendie les Herbiers et ses environs...

     

    Au sujet des 8 Colonnes du général Nicolas Haxo, le général Vimeux ne nous parle que d’un seul commandant de Colonne Infernale : Le général de Brigade Jacques Dutruy, le général Haxo étant mort au combat le 20 mars 1794 au Clouzeaux.

    Haxo commet des massacres aux environs de Challans et la marche de ses Colonnes, comme les autres, sont ponctuées d’incendies. Le 18 Ventôse de l’an 2, il écrit à Turreau :

     

    « J’ai tracé une route par l’incendie d’une trentaine de moulins, le lendemain même cérémonie, mais tout en brûlant et cheminant vers la forêt des Gars, mes tirailleurs y ont fait lever le gibier*... »  

     

    * Le Vendéen est considéré comme du gibier. 

     

    Jacques Dutruy (1762-1836) participe à la prise de la Bastille. Officier dans l’armée de la Moselle en 1792, il devient général dans celle des Côtes de la Rochelle. Comme Dufour, il participe à la conquête de Noirmoutier et commande une colonne. A l’été 1794, il est envoyé dans le sud, puis à Quiberon en 1800. Il est nommé baron d’Empire en 1809.

    Nous ne savons pas grand-chose sur les exactions de sa Colonne.

     

    Voici ce qu’en dit Vimeux :

     

    « Jacques Dutruy, général de brigade, 34 ans – originaire de Genève – a servi à Toulon, en Corse, Monsauphin, Cambray, Nantes, Metz et Paris – Régiment de Sonnenberg, Valek, Vigié, Garde Nationale Soldée, Compagnie Franche de Paris – Garnisons : Paris et L’électorat de Trèves. - de 74 en 1779 dans Sonnenberg, de 80 en 84 dans Valek, dans Vigier de 87 en 89 , dans la Garde Nationale à Paris depuis juillet 1789, fait commandant de la 1ère compagnie Franche de Paris, commandant le 19ème régiment d’infanterie légère, général de Brigade le 13 Juin. Ancienne profession : peintre géographe, fils d’un émailleur .  

    Observations : Obmis (omis), n’ayant pas été porté aux généraux de brigade.  signé Vimeux. » 

     

    Nous terminerons par Pierre-Marie Dusirat  (Pierre-Marie-Gabriel Vidalot du Sirat) :

     

    Pierre-Marie-Gabriel Dusirat est né le 25 mars 1764 au château du Sirat à Valence d’Agen dans le département du Lot et Garonne. Il est dans l’armée de Mayence lors du fameux siège de Juillet 1793 puis la suit en Vendée.

      En 1794 il seconde Vimeux à Nantes et se voit confier une colonne envoyée dans les Mauges : donc Vimeux est au courant de ce qui se passe en Vendée.

    Le 9 avril 1794 la Colonne de Dusirat est à Chanzeaux : «  Chanzeaux vit verser plus de sang dans cette journée que dans tous les combats qui avaient précédé… plus de 170 personnes, dont les trois quart étaient des femmes et des enfants, perdirent la vie dans ce massacre. »

    Le 11 avril la Colonne campe à Concourson. Le 14 avril elle établit un camp à Trémont, elle atteint le château du Coudray-Montbault près de Vihiers, le lendemain elle est à Gonnord, Chemillé, Trémentines. Le 16 avril elle est attaquée par Stofflet, le 18 avril elle est à Jallais qui est incendié.

    Le 24 avril un violent combat oppose Dusirat et les Vendéens au Nord de Chaudron. Il massacre des habitants à Saint-Laurent-de-La-Plaine, à la Jumellière et reconstitue sa colonne à Doué.

    Le 10 mai c’est le second passage à l’hôpital dans la forêt de Vezins, le village d’Yzernay est incendié et rasé… devons-nous poursuivre ?

    Encore une belle crapule ce général sorti du caniveau.

     

    C’est un proche du général Vimeux et celui-ci nous dit :

     

    « Dusirat, Bon Républicain, bon officier ayant du tallent, il est party pour l’ Armée du Rhin. 

     signé Vimeux » 

      

    « Pierre-Marie-Gabriel Vidalot-Dusirat – Général de brigade – 30 ans – né près de Valence département du Lot et Garonne – domicilié à Valence et Agen – 31ème régiment – garnisons de Béthune, camp de Cherbourg, camp de Wissembourg, Mayance et la Vendée. Cadet en 1781 et Lt en 1783, Lt en 89- capitaine en 92, Adjudant Général le 14 avril 1793, chef de brigade en pluviôse dernier – Dernière profession exercé : aucune – fils d’un avocat. »   

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (2)....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Etat Général et Nominatif des Officiers Généraux de l’Armée de l’Ouest Prairial-Messidor an II -Class AN AFII 293D3 – 1794.  

    . Les 12 Colonnes Infernales de Turreau de Pierre-Marie Gaborit et Nicolas Delahaye – Collection découverte de l’histoire -Editions Pays et Terroirs 65 place de Rouget – Cholet. 1995.   

    . Lettre de Nicolas Haxo à Turreau du 18 Ventôse de l’an 2 - class 1J2134 – archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. 

    . Illustrations : Novopress Info Vendée, et Vendéens et Chouans. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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