• Révélations sur les généraux de colonnes infernales (1)....

                  

    Révélations sur les commandants des Colonnes Infernales...

                                          (Première partie)

     

     

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (1)....Nous connaissons tous les Colonnes Infernales et les criminels de guerre qui les commandaient. Mais ce que l’on connaît moins, c’est le regard que leur portaient le général en Chef Vimeux et le général Canclaux dans leurs observations…

    Il en ressort qu’en général (sans jeu de mots) c’étaient des types biens, mis à part un ou deux poivrots...

    Toute la chaîne de commandement était pourrie, du général en chef jusqu’au dernier des troufions, pas un mot sur les exactions.

    Le Général en Chef Vimeux, connu paraît-il pour « sa douceur et sa clair- voyance » établit à Niort, deux tableaux de notations des officiers généraux, l’un le 30 Prairial de l’an 2 (18 juin 1794) et l’autre le 29 Messidor de l’an 2 (17 juillet 1794).

    Il nous dit : « J’ai mis à chacun de ses officiers la note que ma conscience m’a dictée et d’après les renseignements que j’ai pris sur leur compte. »

    Un tableau supplémentaire est ajouté par le Général Canclaux. A priori, ces deux généraux ne sont pas au courant de ce qui s’est passé en Vendée Militaire du 21 janvier 1794 jusqu’à la fin de juillet 1794 ; avec encore des massacres aux Lucs le 19 juillet sous les ordres de Huché ou encore à Champtoceaux du 26 au 30 juillet sous les ordres des deux colonnes combinées de Huché et de Ferrand.

     

    Joseph Crouzat, Colonne n°5 de Cordellier, scindée en deux et commandant de la 2ème, ce vieil officier, Chevalier de Saint-Louis… elle vaut en horreurs celle de Grignon, ses exactions sont encore dans toutes les mémoires. A Gonnord, 200 vieillards, femmes, enfants sont massacrés et jetés dans un fossé. A Saint Lézin, les habitants sont passés au fil de la baïonnette, incendies, viols et pillages, la région de Chemillé est livrée aux flammes.

     

    Voici les renseignements apportés par le général Vimeux et ses appréciations :

     

    « Joseph Crouzat,  59 ans, Originaire de l’Héraut, il s’est engagé à Béziers et Montpelliers au 54ème d’infanterie, il a 59 ans en 1794. En garnison à Versailles -Longwy, actuellement en Vendée. Soldat le 8 janvier 1754, général le 22 septembre 1793, en passant par différents grades. Ancienne profession : tailleur.» 

    Appréciation : « Bon et brave officier, attaché à la république et ancien militaire. » signé Vimeux. 

    Appréciation du Général Canclaux : « Vieux, infirme, demande sa retraite qu’il a mérité par beaucoup de service. » signé Canclau.

     

    Jean-Baptiste Huché, à l’état major de Turreau, prend le commandement d’une Colonne Infernale en février 1794. Sa colonne dévaste, pille, viole incendie à la Verrie, la Gaubretière, il se vante de 500 victimes, Saint Malo du Bois est livré aux flammes etc...

       Le général Vimeux ne donne pas d’appréciations, il dit simplement : « Les observations ont été envoyées dans le dernier état que j’ay fait passer à la Commission. »

    « Jean-Baptiste Huché , général de division, 49 ans, originaire de Bernay, département de l’Eure.- 19ème et 72ème régiment – Bitche, fort Vauban – 20 ans de services – ancienne profession : écrivain de son père qui est huissier. » Il nous dit plus loin :

    « Huché bon républicain ayant les principes révolutionnaires et actif. On dit qu’il prend quelques fois plus de vin qu’il ne lui en faut, il est Divisionnaire.  »  - signé Vimeux. 

    En réalité, c’est un tel poivrot qu’il a du mal à monter à cheval et titube en permanence.

     

    Jean Louis Ferrand, général de brigade, commande une colonne combinée avec Huché et participe aux massacres de Champtoceaux du 26 au 30 juillet 1794.

    « Ferrand, général de brigade, 35 ans, né à Besançon département du Doubs – domicilié à Versailles et Morlaix en 1779 et 80, l’Amérique septentrionale de 80 à 84, Paris jusqu’à 86, Angers et Metz jusqu’à 1788 et Paris jusqu’à 1792. - Corsaire cy-devant la Duchesse de Chartres, Dragon cy-devant Dauphin Garde Nationale Parisienne 24e cy-devant 25e régiment de cavalerie Général de Brigade – Paris, Armée du Nord, des Côtes de Brest, Armée de l’Ouest. - Lieutenant de V sur la Duchesse de Chartres en 1779 a fait une croisière, a fait la campagne de l’Amérique dans l’armée de Rochambault en qualité d’inspecteur de magasin des effets du tyran Dragon dans cy-devant Dauphin en 86, a acheté son congé en 1788. Grenadier dans la garde Nationale Parisienne depuis 1789 jusqu’à 1792, enrôlé dans le 24e cy-devant 25e Rgt de cavalerie, chef d’Escadron. Ancien emploi, commis dans les bureaux de la Guerre en 1779. Avait servi dans la Gie s’étoit retiré avec le grade de Lt – vit du commerce de la bijouterie. 

    Appréciation : « Plein de zèle, avec du talent et de la bonne volonté, j’ay remarqué en luy les sentiments d’un bon républicain. » signé : Vimeux.

    Et Canclaux ? : « Militaire jouissant de la plus belle réputation à tous égards, mais d’une mauvaise santé. » signé Canclau.

     

    Joseph Cordellier, commandant de la 5ème Colonne, c’est la colonne des Lucs-sur-Boulogne, une des plus funeste, où s’illustra le capitaine-major Liger-Belair futur général d’Empire, Baron, et Grand Croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis… voici ce qu’en dit Vimeux :

    « Joseph Cordellier, 27 ans, originaire de Farmoutier district de Rosoy département de Seine et Marne – réside à Charly-sur-Marne, Bazocher près Provins,Maux, Montlhéry, Arpageon, Paris, Metz, Pont-à-Mousson – Régiment de dragons de Ségur, garde nationale de Farmoutier, garde du cy-devant Roy d’où il a déserté le 24 avril 1792, 2ème bataillon de Seine et Marne. - Farmoutier, Meudon, Thionville,Metz, camp de Forback, aide de camp du général Cordellier aux armées des Ardennes, Adjudant général le….. - Dragon depuis le 10 novembre 1787, jusqu’au 10 février 1789, de la Garde nationale depuis le 4 juillet 1789 jusqu’au 22 avril 1792, depuis caporal à capitaine le tout sans lacune si ce n’est six semaines qu’il est resté dans la garde du cy-devant Roy. Ancienne profession : Clerc de notaire. - 

    Observations : « Jeune militaire intelligent et actif, avec des connaissances militaires. » signé Vimeux. 

    Ce qu’en pense le général Canclaux ? : « Je ne le connais que sous le rapport militaire, mais d’une manière très satisfaisante. » signé Canclaux. »

     

    Révélations sur les généraux de colonnes infernales (1)....

    Jean-Alexandre Caffin, 43 ans, fait partie de la Colonne n°3, celle de Boucret, scindée en deux, il commande la 2ème colonne. Ses exactions valent celles de Boucret. Il est l’auteur de la célèbre formule : « Pour le bien de la république, les Echaubrognes ne sont plus... » Il devient maire de Doué-la-Fontaine. C’est une belle ordure ! Il met à feu et à sang Maulévrier et ses alentours, Yzernay, Toutlemonde, Les Echaubrognes en massacrant tous les habitants. Le 1er février à 5 heures, il est à Saint-Laurent-sur-Sévre, ville Sainte de la Vendée, des religieuses de la Sagesse sont violées, deux empalées et sabrées, trois frères coadjuteurs de la Compagnie de Marie, également empalés, il fusille quinze hommes et met le feu a tout le village.. Le bourg de la Verrie est livré aux flammes…

    Il en pense quoi le général en chef Vimeux ?

     

    « Bon officier, exact, attaché à ses devoirs et à la patrie. » 

     

    « Caffin, 44 ans, Doué, district de Saumur département de Maine et Loire – domicilié à Doué, Angers et Saumur – au régiment de Bourgogne cavalerie en 1769 jusqu’en 1773, restez 3 mois chez son père au cy-devant régiment du Roy en 73 jusqu’en 76, dont trois mois de lacune - Fils d’un marchand de toile, ancien emploi : toujours au collège. » 

    Appréciation : « Caffin m’est peu connu, je le crois bon républicain d’après les informations que j’en ai pris il a de l’activité dans son service il est divisionnaire. » signé Vimeux. 

    Et Canclaux ? : Là, c’est la cerise sur le gâteau pour l’homme qui a mis « deux jours à purger Saint-Laurent-sur-Sèvre » avec des exactions indicibles exercées sur les religieuses « 32 femmes trouvées dans le couvent, expédiées aux administrateurs du district, ils en feront ce qu’ils voudront... »

    Appréciation : « Militaire distingué, bon patriote et plein d’honneur et de moralité. » signé : le général de Division Canclau.

     

    Louis Bonnaire, général Divisionnaire, le deuxième ivrogne après Huché, commandant de la 4ème Colonne, ivrogne invétéré… il est rapidement remplacé par Duquesnoy.

     

    « Bonnaire, 45 ans, né à Marchais sur Laon, district du dit lieu, département de l’Aisne - domicilié à Compiègne – Général Dragon Mestre de Camp La Reine Dragons cy-devant – Garnisons de Compiègne, Beauvais et Valencienne, depuis le 5 juin 1789 jusqu’à cette époque – ancienne profession : écolier, fils d’un aubergiste. » 

    Appréciation : « Bon républicain, très actif, peu de moyen, et ayant reçu des plaintes contre lui portant qu’il se prend de vin. » signé Vimeux. 

    Et Canclaux ? : « Bon officier, je ne le connais que sous ce rapport. » signé Canclau.

     

      Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Etat Général et Nominatif des Officiers Généraux de l’Armée de l’Ouest Prairial-Messidor an II -Class AN AFII 293D3 – 1794 (Archives Nationales).  

     

    . Les 12 Colonnes Infernales de Turreau de Pierre-Marie Gaborit et Nicolas Delahaye – Collection découverte de l’histoire -Editions Pays et Terroirs 65 place de Rouget – Cholet. 1995.   

    . Les Colonnes Infernales de Daniel Guillou.  

    . Photo : Novopress Info Vendée, et Vendéens et Chouans. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


  • Commentaires

    1
    DAVIAUD Joël
    Lundi 27 Avril à 21:07
    Quelle horreur
    Elle était belle la jeune ripouxblique
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