• René Subileau et Joseph Vendangeon, 1815....

     

    René Subileau de Roussay (Maine et Loire) 1793-1815

    Joseph Vendangeon de la Renaudière (Maine et Loire) 1791-1815

     

    tués à la bataille de Rocheservière le 20 juin 1815.

     

     

     

     

    René Subileau et Joseph Vendangeon, 1815....Encore deux tués à la bataille de Rocheservière le 20 juin 1815. Il s'agit de René Subileau âgé de 22 ans de la commune de Roussay dans le Maine et Loire. Il est très certainement le fils de Jean Subileau, métayer aux Houlières (voir plan ci-dessous) et de Perrine Mabit.

     

    René Subileau et Joseph Vendangeon, 1815....

    Joseph Vendangeon est âgé de 24 ans, il est né le 18 janvier 1791 à la Renaudière, il est le fils de René Vendangeon, laboureur et de Marie Sechet. Les décès de ces deux soldats royalistes ont été enregistrés à Roussay entre le 14 et le 25 septembre 1815.

     

    En ce qui concerne le premier tué : René Subileau - Jean Subileau, métayer âgé de trente neuf ans, beau-frère du défunt est l'un des témoins venus déclarer le décès à la mairie de Roussay. L'autre témoin est Jean Subileau, menuisier, âgé de trente deux ans cousin du défunt. Le père de René Subileau, métayer-laboureur aux Houlières épouse en première noce Michelle Delaunay ou Launay décédée le 25 janvier 1780 à l'âge de 35 ans. Et de ce premier mariage, parmi d'autres enfants, est né le 15 novembre 1776 Jean Subileau. (le témoin au décès).

    Jean Subileau père se remarie le 24 novembre 1784 à Roussay avec Perrine Mabit née le 12 octobre 1758 à Saint Germain sur Moine et décédée à Roussay le 26 août 1818. De ce deuxième mariage naissent aux Houlières : Jeanne Subileau le 3 mars 1785, Perrine Subileau le 6 décembre 1786 et en 1793 René Subileau, (Lacunes 1790 – 1801)- tué à Rocheservière le 20 juin 1815.

     

    Acte de décès de René Subileau :

     

    «  Le vingtième jour du mois de juin mil huit cent quinze par devant-nous Jean-Mathurin Griffon, maire faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de la commune de Roussay, canton de Montfaucon département de Maine et Loire est comparu Jean Subileau métayer, âgé de trente neuf ans beau-frère du défunt et Jean Subileau*, menuisier âgé de trente deux ans cousin du défunt, lesquels nous ont déclaré que René Subileau, âgé de 22 ans est mort à la bataille de Rocheservière, les déclarants ont déclaré ne savoir signer après lecture faite ». signé Griffon. (Acte décès joint.)

    * Ce Jean Subileau, menuisier, correspond à celui très grièvement blessé à Rocheservière le 20 juin 1815.

     

    René Subileau et Joseph Vendangeon, 1815....

     

    La famille Subileau de Roussay est très connue pour son opposition à la République et à Bonaparte ; elle est de tous les combats en Vendée... Par un cousinage avec la famille Guillocheau dont je suis l'un des descendants, nous savions que Anne Guillocheau avait épousé Jacques Subileau, charpentier à Roussay et qu'un Subileau avait été ''haché'' à coups de sabre au combat de Rocheservière le 20 juin 1815.... mais ce n'est pas René...

     

    Jacques Subileau, charpentier, époux de Anne Guillocheau est né le 14 janvier 1775 à Roussay. Ancien combattant Vendéen, il touche une pension de 50 francs du Roi. Il fait partie du premier corps de la Division de Montfaucon. Nous n'avons pas retrouvé sa demande de pension.

    Pierre Subileau, son frère, époux de Marie Bondu, est né le 9 mai 1773 à Roussay, grièvement blessé de deux coups de feu au combat de Beaupréau puis de Nantes, également charpentier à Roussay.

    Jean Subileau, autre frère, époux de Laurence Brin, menuisier, est né le 1er février 1782 à Roussay. En 1794, âgé de 12 ans, il suit ses frères au combat, fait toute les campagnes et est très grièvement blessé à Rocheservière le 20 juin 1815. Il dira simplement : «  J'ai reçu treize blessures différentes sur mon corps » Nous mesurons toute la pudeur, toute l'humilité de ce personnage, pour lui, c'était normal, il n'avait fait que son devoir, terrible leçon pour nous...

     

    Ces trois combattants étaient les enfants de Pierre Subileau, bordier à la ''Petite Verrière''paroisse de Roussay et de Marie Guibert.

     

    Habituellement nous n'avons aucun détail sur les circonstances dans lesquelles les blessures ont été reçues ni sur le comportement du combattant. En ce qui concerne Jean Subileau, Monsieur l'Abbé Deniau dans son ''Histoire de la Guerre de la Vendée – tome VI'' nous raconte l'histoire extraordinaire de Jean Subileau.

     

    Le 20 juin 1815, Suzannet et l'Armée Royale rencontrent les Bonapartistes sur la lande de ''Grand-Collet'' au Sud-Ouest de Rocheservière et le combat se poursuit auprès du pont. Ne s'apercevant pas du mouvement tournant des Bonapartistes, les braves royalistes qui se trouvent au fond du ravin continuent à se battre et courent le danger d'être fait prisonniers. Pour les sauver de cette situation critique, le général d'Autichamps envoi des renforts et pour les protéger fait avancer le gros de la division du Fief-Sauvin. « Des brillants faits d'armes illustrent ces derniers instants de la lutte ».

     

    Les braves qui se battent au fond du ravin reçoivent l'ordre de rétrograder, s'établissent en arrière garde et tiennent en échec les Impériaux qui ont traversé le pont et envahi le bourg de Rocheservière. Dans cette action : «  Jean Subileau avait été entouré par une troupe de Bonapartistes ; au lieu de rendre, il continue à se battre. Les Bonapartistes lui crient : ''Tu es un brave, rends-toi, on ne te fera pas de mal''. Subileau épuisé de fatigue se rend, mais les bleus le voyant désarmé se jettent sur lui et le percent de coups de baïonnette et de coups de sabre, Un officier passe, il est lui aussi révolté de voir cinquante hommes s'acharner sur un blessé, il le fait conduire dans une maison où gisaient deux Bonapartistes blessés, L'un de ces Bonapartiste dévoré par une soif brûlante, demandait à boire et personne ne se trouvait près de lui pour lui en donner ; Subileau s'arrache péniblement de son lit de douleur et lui en approche. Mais après lui avoir rendu ce service, il lui est impossible de retourner dans son lit. Il reste toute la nuit couché par terre et baignant dans son sang sans qu'aucune personne ne vienne à son secours. Le lendemain une femme voyant du sang couler sous la porte, pénètre enfin dans la maison et le soigne. Il guérit lui aussi. Son chapeau était tout troué de balles ; il le garda comme une relique et l'accrocha au mur de sa chambre pour lui donner les invalides disait-il ».

     

    Maintenant examinons les différentes pièces de sa demande pension du 11 mars 1825, il faut savoir qu'en 1825 Jean Subileau est devenu un indigent :

     

    «  A Messieurs les membres composant le Conseil des secours en vertu de l'ordonnance de sa Majesté le 29 décembre 1824. J'ai l'honneur de vous exposer qu'à l'affaire de la Rocheservière, j'ai reçu treize blessures différentes sur mon corps ; lesquelles m'ont si tellement affaibli le tempérament, m'empêchent souvent de travailler à mon état de menuisier. A la tête de six enfants tous en bas âge, je me trouve dans la plus grande indigence hors d'état de pouvoir subsister à tous les besoins pour élever mes pauvres enfants.

     

    Sa Majesté Louis XVIII a daigné m'accorder deux petits secours, un de 100 francs, l'autre de 50 francs, voilà tout le soutient que je peux avoir pour faire face à ma femme et à moi et six enfants.

    Je n'ai aucun autre revenu, la moitié du temps sans pouvoir travailler aussi je suis dans la plus grande indigence et la plus grande misère. Messieurs, entrez s'il vous plaît dans mon exposé, rendez-moi participant des bienfaits de sa Majesté. Vous le ferez à un véritable royaliste qui n'a jamais eu que les sentiments de crier : ''Vive le Roy'', malgré les deux petits secours que je vous parle, je crois que vous ne devez pas vous arrêter à rendre justice à mon humble demande. Elle sera avec le plus juste droit ; vous obligerez celui qui est avec la grande reconnaissance. Votre très humble serviteur.

    Signé Subileau – Roussay le 11 mars 1825.

     

    Certificat de services de l'Armée Vendéenne d'Anjou.

     

    «  Nous soussigné François Griffon Capitaine de la commune de Roussay, Jacques Guittet de celle de la Renaudière, Hulin chef de bataillon demeurant à Saint Macaire Tous trois anciens officiers de l'Armée Vendéenne, certifions que le nommé Subileau Jean de la commune de Roussay a servy dans les armées Royales de ce païs en qualité de soldat depuis 1794. - Qu'il a montré la plus grande intrépiditté dans l'affaire de la Rocheservière en 1815 – Qu'il a reçu en cette ditte affaire beaucoup de blessures, en foi de quoi nous lui délivrons le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison. A Roussay le 18 mai 1825.

     

    signé Guittet – Pierre Hulin chef de bataillon, Griffon ancien capitaine, Brin Maire.

     

    Descriptif des blessures : «  Nous soussigné Charles Maurille, Pierre Houdet et Charles-Jean-René Houdet, Officiers de santé résidant à Montfaucon, chef-lieu de canton département de Maine et Loire. Certifions que le nommé Jean Subileau, menuisier, demeurant à Roussay porte :

     

    1 - Une cicatrice à la partie supérieure gauche de la tête de la longueur de quatre pouces et large de six lignes environ.

     

    2 - Une autre cicatrice oblique sur le carpe de la main gauche de la longueur de dix huit lignes et large de deux avec exostose de plusieurs os de cette partie.

     

    3 - Une cicatrice presque circulaire et oblique au petit doigt de la main gauche sur la seconde articulation de ce doigt.

     

        4 - Une autre cicatrice sur la seconde articulation du troisième doigt de la main gauche presque circulaire.

     

    5 - Une autre cicatrice s'étendant sur la partie postérieure de la seconde phalange du médius de la main gauche perpendiculaire de la largeur de deux lignes.

     

    6 - Deux autres cicatrices touchant le nombril et circulaires irrégulièrement de la largeur de six lignes environ.

     

    7 - Trois autres cicatrices dans la région hépatique de la même forme et dimension que les précédentes.

     

    8 - Trois autres cicatrices à la partie inférieure externe du bras droit, distantes de deux pouces environ et formant un triangle par leur situation et de mêmes dimension que les précédentes.

     

    Ces dittes blessures étant le fait de coups de sabre et de bayonnettes que le dit Subileau a reçu au combat de Rocheservière en mil huit cent quinze lorsqu'il servait dans les armées royales Vendéennes. Jugeons les dittes cicatrices nuire beaucoup à sa santé et par cela l'empêche souvent de se livrer à ses travaux.

    De plus certifions que l'un de nous l'a soigné de ses plaies dont il a eu beaucoup de peine à se guérir ; que depuis le temps l'un et l'autre avons été à même de le soigner pour suite de ces diverses blessures qui lui font éprouver de violents maux de tête, une hémoptysie presque continuelle ; des colliques très violentes qui le forcent à garder le lit et un repos plus ou moins prolongé joint aux autres lésions indiquées, les blessures de sa main tendent souvent à se rouvrir et le gonflement inflammatoire et la douleur le forcent au repos ; les mêmes accidents se font ressentir dans le bras droit.

     

    Délivré le présent certificat comme sincère et véritable à Montfaucon le quinze mai 1825 signé Houde, Officier de Santé ».

    Jean Subileau est décédé à Roussay le 25 janvier 1839.

     

    Au sujet du deuxième tué, voici son acte de décès en date du 20 juin 1815 : (Acte de décès joint)

     

    «  Le vingtième jour du mois de juin mil huit cent quinze, par devant nous Jean-Mathurin Griffon maire faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de la commune de Roussay canton de Montfaucon département de Maine et Loire et comparus témoins Joseph Séchet âgé de trente neuf ans demeurant dans cette commune et oncle du défunt et René Griffon fabricant âgé de quarante ans demeurant idem, lesquels nous ont déclaré que Joseph Vendangeon âgé de vingt quatre ans est mort à la bataille de Rocheservière. Les déclarant on déclaré ne savoir signés que lecture leur en a été faite ».

     

    Signé : Griffon Maire

     

    René Subileau et Joseph Vendangeon, 1815....

     

     

    Sources : Archives Départementales du Maine et Loire – '' Histoire de la Guerre de la Vendée'' Abbé Deniau Tome VI - Archives familiales pour la généalogie des Subileau. Photo : fusil et baïonnettes 1777.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

     

     

     

     

     


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