• René Mérand....

     

     

    René Mérand, dit ''le balafré'' de la paroisse de Roussay, 

    - Mutilé à coups de sabres - 

    Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.

     

     

     

     

    René Mérand....René Mérand est né et a été baptisé le 3 juin 1769 à Montigné-sur-Moine. Il est le fils de Mathurin Mérand, laboureur et de Jacquette Barraud ; mariés le 19 mai 1761 à Torfou et domicilié à Montigné. Le parrain a été René Fonteneau et la marraine Mathurine Guittet.

    Il se marie le 29 septembre 1819 à Roussay avec Jeanne Drouet, née le 22 juillet 1795 à Vallet, fille de Michel Drouet et de  Perrine Bondu. De cette union sont issus :

     

    1° Henri Mérand, né le 25 juillet 1820 à Roussay.

    2° Jean, René Mérand, né le 26 septembre 1822 à Roussay.

    3° François, Auguste Mérand, né le 5 décembre 1827 à Roussay.

    4° Eugène Mérand, né le 20 juillet 1831 à Roussay.

    5° Jeanne, Henriette Mérand, née le 20 décembre 1833 † le 1er septembre 1837 à Roussay.

     

    Son père, Mathurin Mérand a été massacré à Montigné par les Républicains en 1793 ou 1794 ainsi qu'un de ses frères...

    Le 14 mai 1825 il exerce la profession de journalier et dépose une demande de pension à la Mairie de Roussay.

     

     

    A Roussay le 14 mai 1825.

     

    « René Mérand, journallier au bourg de Roussay, à Messieurs les Commissaires de la distribution des bienfaits de sa Majesté par son ordonnance du 29 décembre 1824 ;

     

    Messieurs,

    La position a laquelle je me trouve me force a vous la mettre devant vos yeux, ainsi que les évènemens pendant la durée de la guerre. Dès les premiers jours de la Révolution, je fus un des premiers à me montrez, toujours guidez par l'amour de mon Roy. Je ne craignais ny feux ny flamme; j'ai marché, je peut le dire a la connaissance de tous; en brave, fait marcher bien d'autres; toujours en tête de l'armée, rien ne m'épouvantoit, marchant à l'ennemy a pas de géant; je n'entre pas dans les détails des grands événements, ny des grandes affaires où je me suis trouvé; je craindrais d'être ennuyeux a vos yeux; Messieurs, je vais vous parlez de l'événement le plus dur qui m'a arrivé; au moment où cette armée de mayence arrivoit sur notre commune; je me décide comme à l'ordinaire à regroupez cet ennemy autant que possible avec plusieurs autres; nous pouvons nous flatter en avoir salué un grand nombre comme il faut à coup de fusil ; enfin je tombe malheureusement en leurs mains, c'est là qu'il a fallu payer bien cher ce que je leur avait avancé.

    Je reste sur la place, me croyant mort dans un désert inconnu; le corps couppé, la tête tranchée; je reste dans cette position pendant quatre jours, sans que personne n'en eût connaissance au bout des quatre jours ; je fus trouvé, nageant dans mon sang, sans mouvement ny connaissance. 

    Enfin me voilà après tous les soins, revenus, il faut vous déclarez que j'en ai bien tirez vengeance depuis, car au lieu de m'avoir ralenty  a la haine contre cet ennemy, cela n'a faît que redoubler mon courage ; car depuis je n'ai pas manquez une affaire ny une campagne.

    Dans le passage ce ne fut pas tour mon malheur, à la première connaissance, ce fut le massacre de mon pauvre père, un de mes frères, braves comme moi qu'on m'aprit; notre métairie que nous tenions à ferme toute incendiée, tout nos bestiaux et moutons emmenez et brûlez tout notre pauvre mobilier en cendre.

    Dans ma pauvre situation resté bien désolé de voir tout cela, mais enfin après tout me voilà encore en vie et debout, avec le corps et la tête bien marqué de coups de sabre, aussi on m'appelle souvent ''Goulle de sabre''.

    Pour tous ces sacrifices, je suis au droit d'une pension de 80frs ; d'un secours de 50frs, voilà toutes mes ressources sans autres revenus ny moyens, ayant tant reçu de coups sur mon pauvre corps.

    Vous devez bien vous pénétrez Messieurs que c'est bien pour m'empêchez de travaillez, n'ayant aucun état pour y gagner ma vie à la tête de deux enfants en bas âge ; je me trouve dans la plus grande indigence ; Soyez attentifs à mon humble demande, rendez moi participant des bienfaits de notre auguste monarque, vous obligerez votre tout dévoué serviteur».

     

     Signé : René Mérand.

    René Mérand....

     

    Donc René Mérand ''a été mutilé le 14 octobre 1793 par l'armée républicaine qui venait assiéger Cholet''.

    Voici un extrait du certificat des chirurgiens Houdet de Montfaucon-sur-Moine :

     

    ''Ces blessures ont été faites à coups d'armes à feu, d'armes blanches et coups de bayonnettes'' (vue n°5 – datée du 24 mai 1825)

    « Trois cicatrices à  la tête : Dont une à la figure, transversale, et une à la gorge.

    Au bras droit quatre cicatrices.

    La cuisse droite fracturée complètement; une cicatrice à la même partie antérieure, la balle se fait sentir à la partie postérieure.

    Au bras gauche deux fortes cicatrices, à l'abdomen deux cicatrices... »

     

    René Mérand a été nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur le 30 octobre 1829 et son brevet a été signé à Paris le 27 mars 1830. 

    René Mérand....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    René Mérand est dit closier, il s'est éteint le 25 avril 1855 au bourg de Roussay à l'âge de 85 ans, époux de Jeanne Drouet, fileuse.

     

     

    Sources:  Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: René Mérand n°2 dossier 1M9/262 - Registres d'Etat civil de la commune de Montigné-sur-Moine et Roussay – Archives Nationales base Leonor – Dossier de la Légion d'Honneur – Dossier LH/1829/55 -  Photo de l'auteur.

     

     

    Xavier. Paquereau pour Chemins Secrets. 


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :