• Le château de Pugny…

     

    Communiqué de M. Eric Bonneau, propriétaire du château de Pugny :

     

     

    Créée il y a un peu plus d'un an l'association des Amis du château de Pugny a déjà à son actif un gros travail de recherche sur l'histoire du château et de ses habitants.

    Elle a permis grâce à ses adhérents et ses bénévoles de mettre en valeur le patrimoine architectural du château, en particulier le nettoyage des bâtiments existants, la mise au jour des anciens égouts, le dégagement de l'ancienne muraille et de la tour Est.

    Elle a permis également l'organisation de rencontres historiques et de visites.

    Les projets à venir cette année sont la rénovation de la toiture d'un des bâtiments pour l'accueil du spectacle fin août organisé par la commune de Pugny, l'accessibilité du second niveau des caves, la mise au jour du sommet de la tour Est, ainsi que la préparation des journées du patrimoine 2017.

     

    Pour rappel les statuts de l'association prévoient :

     

    L’association les Amis du Château de PUGNY (ACP) réunissant tous ses amoureux, protecteurs et défenseurs, a pour buts :
    • Faire découvrir au public le château et son histoire en y organisant des visites guidées
    • Faire œuvre «d’historien » en recherchant tous documents ayant trait à l’histoire du Château et à l’histoire des personnes y ayant vécu
    • Animer ces lieux et y organiser toutes sortes de manifestations culturelles, festives, touristiques et sportives
    • Contribuer et participer à la restauration des bâtiments existants
    • Reconstruire le bâtiment (habitation des propriétaires) tels qu’ils étaient au 18° siècle.
    • Contribuer et participer à la restauration et à l’aménagement du Bâtiment dit «les communs » pour en faire, notamment, une salle d’expositions temporaires
    • Reconstruire le donjon et le pigeonnier.
    • Participer à la découverte et à la mise à jour des caves et souterrains du Château
    • Et plus généralement agir pour la sauvegarde, la mise en valeur, la promotion et le rayonnement du château de Pugny et du patrimoine architectural qu’il représente.
     



     

     

    Adhérer ou faire un don à l’ A.C.P: 

    Adhésion simple : 10 euros/an 

    Adhésion étudiant ou – 25 ans : 5 euros/an 

    Donateur bienfaiteur : 20 euros ou plus 

     Contact de l’Association :                                                 

    A.C.P 

    Château de Pugny 

    79320 PUGNY 

    M BONNEAU Eric (Président) :  

    Tel : 05.17.31.62.14 / 06.35.36.83.33 

    Mail : ericniger@yahoo.fr                   

     

     

    Le château de Pugny....

     

     


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    Les Mémoires de l’abbé Remaud, 2° partie…

     

     

    La Vendée historique, N° 62-63, 5 août 1899.

     

    C’est le 13 mars 1793 que commença la guerre civile de la Vendée dans le pays que j’habitais. Ce n’est pas ici le lieu de parler de ces événements à jamais mémorables. Je me contenterai de dire que jamais ma sensibilité ne fut plus alarmée ; jamais je n’ai rien vu, ni entendu de pareil à ce qui se passa dans ce jour. Partout le son lugubre des cloches annonçait un grand événement. On entendait de loin le bruit des armes. Le feu commençait à consumer ma triste patrie ; dans les bourgs, dans les hameaux, on enfonçait les portes des maisons pour crier aux armes. Le cri général était : il nous faut des armes et des prêtres.

    Mon malheureux camarade et moi, nous n’osions nous montrer, tant le peuple était en courroux. Malgré toutes les précautions que nous avions pu prendre, notre solitude fut découverte ; le peuple s’empara de nous, et nous força de le suivre. M. Dolbec, curé de Sainte-Cécile, fut conduit à Palluau par un détachement d’hommes armés. Je le fus également, par une autre escorte, au bourg d’Apremont, où l’on exigea de moi que je bénisse l’église qui avait été occupée par un intrus.

    Mon premier soin fut d’aller visiter les prisons, où l’on avait entassé séparément tous les bourgeois et leurs épouses, sous prétexte qu’ils étaient la cause des malheurs qu’on éprouvait alors. A Apremont, comme à Machecoul, à Legé, au Poiré et dans bien d’autres endroits, on avait résolu le massacre de toutes les personnes. J’arrivai heureusement à temps, j’eus le bonheur de profiter de l’ascendant de mon ministère,  j’obtins la grâce de tous les prisonniers, et je n’éprouvai jamais une aussi douce jouissance que celle que je goûtai alors. Tous furent délivrés à ma prière : on les conduisit au château d’Avreau, paroisse de Commequiers, où Mme de Lespinay-la-Roche leur prodigua tous les soins. Quelques jours après, ils furent entièrement délivrés, par l’effet des circonstances et des combats.

    Là, commença pour moi une nouvelle carrière. Je ne fus le maître de mes démarches,  je me rendis au sein de ma famille, que je n’avais pas vue depuis plusieurs mois. J’y fus à peine arrivé qu’il fallut m’occuper d’affaires politiques. Il y eut une assemblée générale au hameau de l’Oie, pour délibérer sur les affaires du temps. Les royalistes sentirent le besoin d’un ordre quelconque. On nomma deux commissaires pour rédiger un plan d’administration provisoire dans la Vendée. Je fus chargé d’une partie de ce travail, qui fut suivi jusqu’à l’organisation plus complète qui fut faite au Conseil de Châtillon,  par M. Bernier. Comme presque tous les hommes en état de porter les armes étaient obligés de marcher journellement pour faire le service, les conseils d’administration se trouvèrent pour ainsi dire composés d’ecclésiastiques, de quelques vieillards ou gens infirmes. Je fus successivement appelé, et à différentes époques, à remplir diverses fonctions administratives. J’abrège les détails inutiles, et je me borne à parler ici des devoirs difficiles et laborieux que j’ai eu à remplir en qualité d’inspecteur divisionnaire des Sables d’Olonne, ensuite en qualité de commissaire général de l’armée aux ordres de Charette.

    On se persuadera sans peine que l’on n’envie pas ordinairement les places qui n’offrent que des fatigues, des dangers et qui surtout sont toujours mêlées de dégoût. Telles étaient, en général, les places de l’administration des royalistes pendant la guerre de la Vendée.

    Que l’on se fasse une idée, si on le peut, d’un pays où tous les moulins ont été incendiés à la fois ; qu’on se figure, au milieu de ce pays, une armée presque toujours mouvante, qui ne fut jamais également nombreuse deux jours de suite. Que l’on considère ce que peuvent faire des administrateurs qui comptent aujourd’hui sur leur tonneau de grain que l’ennemi leur enlève souvent une heure après. Enfin, que l’on considère ce que peuvent fournir de petits moulins à bras, que la nécessité avait fait construire à la hâte ; des fours épars ça et là, qu’on voyait le jour et qui étaient incendiés le lendemain. Que l’on réfléchisse sur tout ceci, et l’on aura une faible idée des difficultés qu’on éprouvait à administrer la Vendée insurgée.

    Il fallait donc être forcé à remplir de pareilles fonctions pour s’en occuper. Mais je le fis par l’autorité même du chef qui commandait au nom du roi.

    Plusieurs fois j’ai donné ma démission, pour me livrer aux focntions du ministère ; autant de fois j’ai été contraint de reprendre les rênes de l’administration, au milieu des dégoûts toujours croissants et des dangers toujours multipliés. Ma tête était à prix, j’en avais la certitude ; de là tous les jours de nouvelles précautions à prendre. Enfin, accablé de fatigue, je fis demander, par une assemblée du clergé réunie à Pont-de-Vie, paroisse du Poiré, ma démission, le général Charrette la refusant en déclarant qu’il était à tout faire pour l’Eglise, excepté d’accorder cette grâce.

    De nouveaux ordres me furent donnés pour me tenir habituellement auprès du général en chef. De ce moment, je fus destiné particulièrement à partager tous ses dangers. Il me donna une paire de pistolets, qu’il exigea que j’eusse porté ; obligé à voyager presque jour et nuit, je courais plus de dangers que personne. J’atteste le ciel que je ne me suis jamais servi des dites armes au-delà des bornes d’une juste défense. J’ai pourtant tombé au pouvoir de l’ennemi ; on m’a laissé pour mort sur le champ de bataille ( le 21 février, à la bataille de la Bégaudière, je fus laissé pour mort sur le champ de bataille. J’eus le corps couvert de blessures ; ma mort fut annoncée dans les papiers publics. Note de l’abbé Remaud). Dabs ces circonstances difficiles et cruelles, qui oserait me faire un crime de ce que la nature ordonne, d’une action que les lois positives ne défendent pas ?

    Je sais que des personnes mal intentionnées se sont beaucoup récriées sur l’usage que j’avais fait des armes qu’on m’avait ordonné de porter ; mais je laisse à ceux qui me liront, à apprécier les témoignages des ennemis que la révolution à suscités aux prêtres en général, et que la guerre civile avait encore exaspérés dans les lieux où elle exerçait ses ravages. D’ailleurs j’ai pour moi le témoignage de ma propre conscience, il me suffit. Je sais ce que j’ai fait ; je m’en suis souvent rendu compte à moi-même au milieu des orages qui ont partagé ma vie, comme au sein de la solitude où je suis maintenant. Je le répère, j’ai porté quelquefois les armes, je n’en suis jamais servi au-delà des bornes d’une juste défense. Je n’ai jamais tiré d’armes à feu dans les combats : je n’ai jamais voté ni consenti la mort de personne : je me suis souvent opposé, au contraire, aux mesures trop rigoureuses qu’on pouvait quelquefois employer dans les moments de précipitation. J’ai même eu le bonheur d’arracher des bras de la mort des malheureux condamnés au dernier supplice. La plus douce jouissance de ma vie est de savoir que les infortunés me bénissent dans leur retraite, tandis que je les cheris dans la mienne.

    Je reprends le cours des affaires militaires, dont j’ai été obligé de partager les dangers. Après la bataille de Saint-Denis, arrivée le 21 février, la défection se mit dans l’armée ; je m’en aperçus un des premiers, et j’en prévins Charrette, il rassembla son conseil, j’y fus invité. J’y assistai. Quatre chefs de division annoncèrent assez clairement leurs intentions perfides. Le général en chef sentit plus que jamais l’horreur de sa position ; il chercha les moyens de l’adoucir et de sauver son parti.

    Il avait alors en Angleterre, et auprès des princes, des envoyés ; il attendait leur retour depuis longtemps. Ne les voyant point arriver, et s’apercevant des nouveaux dangers qu’il courait depuis l’abandon de ses officiers principaux, il fut résolu que je partirais pour me rendre auprès du gouvernement anglais et des princes, pour savoir enfin ce que feraient les royalistes de la Vendée, qi avaient été lâchement trahis par plusieurs de leurs chefs de division.

    Je partis, après avoir reçu du général Charrette les marques du plus tendre attachement. Il me remit le portefeuille de sa correspondance avec les principaux chefs des royalistes des provinces insurgées ; il prévoyait ne plus pouvoir le conserver sûrement.

    Je passai la Loire, et successivement je traversai les armées de l’Anjou et de Bretagne. Partout, mon voyage se fut au milieu des dangers ; l’accueil distingué qu’on voulut bien me faire partout pouvait en adoucir les rigueurs. Je fus particulièrement reçu, avec beaucoup d’égards, par les généraux Scépeaux et de Puysaye ; ils me remirent, aves des lettres de recommandation pour moi, des dépêches pour les ministres du roi d’Angleterre. Après un mois de route, pendant lequel je plus de cent cinquante lieues à pied, souvent au milieu des forêts, et plus souvent la nuit que le jour, j’arrivai sur les côtes de la Normandie, après avoir longtemps et inutilement cherché à m’embarquer sur celles de la Bretagne.

    La correspondance que l’Angleterre avait avec les royalistes de France me reçut enfin à son  bord. Après avoir fait viser mes passe-ports,  je m’embarquai le premier mai, avec M. le Ch……. (de la Roche-Saint-André) que j’avais pris pour compagnon de voyage. Vu les dangers qui l’accompagnaient et l’importance de la mission, on m’avait promis que dans cinq ou six heures je serais exempt de crainte, et que j’arriverai dans l’île Jersey. Je ne peux encore me rappeler sans effroi tout ce que j’eus à souffrir dans cette traversée. A peine en mer, nous fûmes assaillis par une tempête affreuse, qui dura trois jours et trois nuits. J’avais couru bien des dangers dans ma patrie, mais rien ne m’avait paru si affreux que le naufrage qui nous paraissait inévitable. Démâtés de tout mât, on commençait à jeter les effets, quand la mer en courrous commença à se calmer un peu. Nous étions bien loin de l’île où je devais aborder : la tempête nous en avait éloignés de 60 lieues. Après avoir éprouvé tout ce dont on peut se faire une idée en pareille circonstance, j’aperçus, le 5 mai, le port de Saint-Hélier (île de Jerseu).

    Je fus à peine descendu dans cette île que Lord Gordon, commandant pour le roi, m’envoya chercher pour savoir qui j’étais. On prenait les plus grandes précautions alors, pour qu’il ne s’introduisit pas dans cette île des espions républicains. J’avais des paquets pour le prince de Bouillon, qui commandait également dans cette île, et qui était spécialement chargé de la correspondance des royalistes de France. Je me présentai chez lui avec mon compagnon de voyage ; il nous reçut avec autant de bonté que d’égards. Je lui remis une lettre de confiance ; il me témoigna de nouveau une affection toute particulière, quand il sut que j’étais l’ami, le compagnon du général Charette, dont il faisait le plus grand cas. Je ne pouvais passer près de lui que peu de jours, ma mission était pressée ; il me donna de l’argent pour me conduire à Londres, et il fit appareiller le lougre le Daphné pour me transporter jusqu’à Southampton.

    C’est dans cette ville maritime que je rencontrai les premiers officiers français de ma connaissance et de mon pays. Je vis là MM de V…, la S…, la V…, Mel. M… et plusieurs autres. Ils étaient avides de savoir au juste des nouvelles de leur patrie et de leurs familles. Je leur en donnai d’autant circonstanciées que possible. Je les quittai pour me rendre dans la capitale de l’Angleterr, où j’arrivai enfin le quinze mai.

    Dès le lendemain de mon arrivée, je me présentai chez le ministre de la guerre ; je lui remis mes lettres de confiance, avec les dépêches que j’avais pour lui des différents généraux des armées royalistes de France. Il me combla, à son tout, de beaucoup de bontés, je pourrai dire d’égards. Il me demanda pour le lendemain un mémoire sur l’état des royalistes de France, et particulièrement sur ceux de la Vendée et de l’Anjou. Il m’invita à dîner. Je me rendis, le jour fixé, à son honnête invitation, et je lui remis mon travail fait un peu à la hâte.

    Je passais quinze jours de suite, ayant, demis les jours, des conférences avec les ministres de Sa Majesté le roi d’Angleterre. Tout s’écrivait de part et d’autre, et jamais, dans le Gouvernement, on ne s’en rapporta à de simples discours de conversation. Je demandai au Gouvernement l’ordre de partir pour me rendre auprès de Son Alt. R. Monsieur le lieutenant-général du royaume. On me donna, avec des passe-ports en bonne et due forme, tout l’argent dont je pouvais avoir besoin pour voyager agréablement et sûrement. J’arrivai à Edimbourg, capitale de l’Ecosse, dans les premiers jours de juillet. C’est là surtout où j’étais impatient d’être rendu, pour faire à Monsieur le détail des tous les malheurs de la Vendée, et lui en mette sous les yeux le tableau fidèle.

    Abbé Remaud

     

    (A suivre)

     

    Les Mémoires de l'abbé Remaud, 2° partie....

     

     


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  • Françoise Durand, de la paroisse de Roussay, 

    veuve de Pierre Papin disparu après la bataille du Mans... 

        

        

     Françoise Durand.... Françoise Durand est née et a été baptisée le 28 octobre 1765 à Saint-André-de-la-Marche, elle est la fille de Thomas Durand, meunier au moulin de la Gouberte et de Renée Durand mariés le 17 janvier 1758 à Roussay. De cette union sont issus :

     

    1° Thomas Durand, né le 7 août 1759 à Saint-André.

    2° Joseph Durand, né le 13 octobre 1762 à Saint-André.

    Françoise Durand, née le 28 octobre 1765 à Saint-André.

    4° Jean Durand, né le 6 octobre 1768 à Saint-André.

    5° Marie Durand, née le 11 février 1772 à Saint-André.

    6° René Durand, né le 31 août 1773 à Saint-André.

     

      Elle se marie le 30 janvier 1787 à Roussay avec Pierre Papin, tisserand, demeurant à Roussay, originaire de Saint-Germain-sur-Moine, fils de François Papin, métayer, et de Laurence Bouyer. Cette union restera sans postérité.

     

      Le 14 mai 1825, elle dépose à la mairie de Roussay, une demande de pension comme veuve de soldat Vendéen.

     

      « Françoise Durand, demeurante à Roussay, veuve de Pierre Papin.

      A Messieurs les Commissaires de la distribution des fonds accordés par l'Ordonnance de sa Majesté du 29 décembre 1824.

     

      J'ai l'honneur de mettre devant vos yeux que feu mon mary a toujours servi en les armes royales de ce païs, en qualité d'Adjudant, qu'il a passé la Loire où il est mort à la suite de l'affaire du Mans.

      Resté avec trois enfants en bas âge, sans fortune, n'y revenus n'ayant jamais participée dans aucun secours, je suis dans la plus grande indigence.

      Messieurs, je vous supplie de jettez un coup d'oeil sur une pauvre malheureuse veuve, en ce moment votre assistance pour la rendre participante des bienfaits de sa Majesté.

      Vous obligeré votre très humble et obéissante servante.  Ne sait signer.

                               (J'ai aussi un enfant mort à l'armée).   »

    Françoise Durand....

     

     

      Au cours de l'année 1800, personne ne s'étonne au village de Roussay lorsque Thomas Fontenit, âgé de 18 ans remet en marche le métier à tisser abandonné par Pierre Papin. ''La Françoise'' est encore jolie malgré ses 35 ans, et Thomas est aussi tisserand, il vient donc en aide à cette veuve, son aînée de dix sept années...

      En raison de la différence d'âge et à cause de son travail, personne ne prête attention aux allées et venues de Thomas chez la veuve Papin. Ils sont du même village et honorablement connus. Jusqu'au jour où le ventre de Françoise commence à s'arrondir, l'âge ?  Le doute s'installe, le temps passe, les mauvaises langues commencent à se délier, le ventre s'arrondit encore... C'est le scandale, Françoise est enceinte ! Monsieur le curé n'est pas content, il va falloir les marier.

      Ce mariage reste un grand mystère, que s'est-il passé ? Habituellement, les amantes sont de jeunes servantes subordonnées à leur maîtres, cédant aux classiques promesses de mariage ou une aventure passagère entre une servante et un valet, cela ne semble pas être le cas ici. Dans le cas présent, Françoise Durand et Thomas Fontenit assument pleinement leur coupable relation et régularisent leur situation par un mariage, malgré leur grande différence d'âge.

      Donc le 12 Brumaire an dix, c'est le mariage : Thomas Fontenit, né à Roussay le 19 avril 1782 (vue n°86/177), âgé de 19 ans, fils de Michel Fontenit et de Marie Chupin, épouse Françoise Durand, veuve de Pierre Papin, née le 28 octobre 1765 à Saint-André-de-la-Marche, âgée de 36 ans, (âgée de 40 ans dans l'acte de mariage), il ne faudrait tout de même pas exagérer.... Un mariage bien assorti ma foi, puisque trois enfants naîtront de cette union :

     

    1° Jean-Baptiste Fontenit, né le 29 Pluviôse de l'an 10 (18 février 1802) à Roussay. Décédé le 2 fructidor de l'an 13 à Roussay.

    2° Françoise Fontenit, née le 5 Messidor an 12 (24 juin 1804) à Roussay.

    3° Joseph Fontenit, né le 28 juin 1807 à Roussay, mort aux Armées.

     

      Thomas Fontenit est décédé le le 5 avril 1821 à l'âge de 40 ans à Roussay.

      Françoise Durand est décédée le 14 avril 1826 à l'âge de 62 ans à Roussay

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Dossiers Vendéens n° 1M9/152 – copie de la vue n°4/6 - Registres d'état civil de la commune de Saint-André-de-la-Marche, Roussay – Archives familiales - Photo de l'auteur, le bocage à Roussay.. 

                                                              

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

     

     


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    Les Mémoires de l’abbé Remaud, 1ère partie…

     

     

     

    Nous publions ici les Mémoires de l’abbé Remaud, piochés dans la « Vendée historique » de l’excellent Henri Bourgeois. L’introduction ne manque pas de ce sel si cher au célèbre avocat, dans tous les sens du terme, de la Vendée. On y verra ressurgir avec délice, les querelles chères à l’auteur admonestant le travail de Benjamin Fillon quand il n’excellait pas dans les passes d’armes entre « légendaires et documentaires ».

     

    RL

    Avril 2017

     

    Extrait de La Vendée Historique, N° 61, 5 juillet 1899.

     

     

     

     

    Mémoires de l'abbé Remaud

    ancien commissaire-général de l'armé de Charette

     

     

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    Quelques mots d'introduction

     

     

     

    Né à Chavagnes-en-Paillers, le 8 octobre 1756, Pierre-François Remaud y fut pendant deux ans, de 1786 à 1788, vicaire de son frère, l'abbé Pierre-Marie Remaud, alors curé de la paroisse. Ayant encouru la disgrâce de Mgr de mercy, évêque de Luçon, il continua néanmoins à résider à Chavagnes, à titre de précepteur dans la famille de Guerry de Beauregard. la Révolution le surprit dans l'exercice de ces focntions.

    Comme son frère, il refusa courageusement de prêter serment à la Conctitution civile du Clergé, et fut réduit à se cacher dans le pays, jusqu'au jour où éclata l'insurrection du Bocage. S'il faut en croire son témoignage, ce fu en quelque sorte à son corps défendant que l'ancien vicaire de Chavagnes se vit contraint, dès le début, de prendre fait et cause pour l'insurrection. Mais la contrainte dura peu, et l'abbé Remaud, d'abord simple aumônier, accepta bien vite - et de bonne grâce - un rôle plus militant dans l'armée de Charette. Au titre d'aumônier,  il joignit bientôt celui de commissaire-général et, jusqu'au bout, demeura l'un des plus zélés partisans et le confident de prédilection du général en chef du Bas-Poitou.

     

    Lors de la pacification du Consulat, l'abbé Remaud, jusque-là réfractaire parce qu'on ne cessait de le persécuter, fut nommé curé de Maché et se rallia avec enthousiasme au nouveau gouvernement. Avec trop d'enthousiasme peut-être, au dire de Benjamin Fillon, qui, dans une note inédite, insinue que l'ancien commissaire-général de Charette "s'enrôla dans la police du Consulat, et ensuite dans celle de l'Empire."

    Que l'abbé Remaud se soit rallié - même avec enthousiasme - au gouvernement du Consulat et de l'Empire, rien de plus naturel : il n'était pas le seul. Mais qu'il soit allé jusqu'à s'enrôler dans la police secrète et à se paire payer pour dénoncer les royalistes réfractaires, voilà ce don il est permis de douter, malgré la parole que nous donne Benjamin Fillon.

    Il suffit, au contraire, après avoir lu les premiers Mémoires de l'abbé Remaud, de faire un rapprochement entre l'esprit qui les anime et la date à laquelle ils ont été écrits, pour être convaincu que si l'auteur, au mois d'avril 1803, tenait à proclamer sa reconnaissance envers "l'homme extraordinaire" qui avait relevé les autels, il entendait bien ne rien renier de sa participation à la glorieuse insurrection qui venait de prendre fin.

    Vainement Benjamin Fillon - toujours dans la même note inédite, et à l'appui de son insinuation - allègue-t-il la correspondance échangée, plus tard, entre le curé de Maché et le dernier Préfet de l'Empire. Cette correspondance ne prouve qu'une chose : c'est que l'abbé Remaud était devenu bonapartiste ardent, et, si l'on veut, qu'il faisait tous ses efforts pour s'opposer, autour de lui, au renouvellement d'une insurrection qui n'aurait pu se justifier par les raisons dont s'étaient autorisés les insurgés de 93. Mais, de là à nous représenter l'ancien compagnon de Charette comme un vulgaire salarié de la police secrète, il y a loin ce me semble !...

    Aussi loin que de la vérité à la parole souvent suspecte de Benjamin Fillon !

    Cela dit, je reconnaîtrai bien volontiers – parce que l’impartialité m’en fait un devoir – qu’il y aurait certaines réserves à faire sur le compte de l’abbé Remaud. Mgr de Beauregard ne semble point l’avoir eu en grande estime, et ses brusques changements d’opinions aux trois époques de la première Restauration, des Cent-Jours et de la rentrée définitive de Louis XVII, rendraient la tâche quelque peu difficile à qui voudrait entreprendre, en sa faveur, un pur et simple panégyrique. Mais pour n’avoir pas mérité les honneurs d’un panégyrique, il ne s’ensuit point nécessairement qu’on doive être cloué au pilori : les prisons seraient par trop encombrées si tous ceux qui ne peuvent prétendre au titre de héros devaient être considérés comme des criminels, et si j’admets qu’il serait imprudent de réclamer le procès de canonisation du prêtre trop politicien que fut l’abbé remaud, je me refus pourtant à croire, jusqu’à preuve du contraire, qu’il ait mérité d’être damné !

    L’abbé Remaud mourut à Maché, le 24 septembre 1830.

    Pendant son séjour en Angleterre, il avait écrit une sorte d’histoire à peu près complète de l’insurrection vendénne. Malheureusement, lors de son retour en France, il négligea d’emporter avec lui son manuscrit, et il lui fut impossible de le retrouver plus tard. Mais il a laissé de curieux Mémoires inédits, rédigés postérieuremet à la pacification, et ce sont ces Mémoires, dont une copie se trouve à la bibliothèque de Nantes, que la Vendée Historique entreprend de publier aujourd’hui.

     

    Les manuscrits de l’abbé Remaud sont au nombre de trois.

    Le premier a pour titre : Ma vie pendant la Révolution. Il fut rédigé en 1803, après que l’auteur eut été installé à Maché.

    Le second, rédigé au mois de décembre 1814, est intitulé : Manuscrit présenté à Messieurs les Commissaires du Roi, chargés de constater l’état des blessures et des services des Vendéens pendant la guerre civile de la Vendée, par M. l’abbé Remaud, ancien commisssaire général de l’armé catholique et royale de la Vendée sous les ordres du général Charette.

    Le troisième, daté du 16 août 1817, est un Rapport sur la pérsécution de la religion et de ses ministres dans la Vendée, pendant la Révolution, présenté à Monseigneur l’Evêque de La Rochelle, par l’abbé Remaud, desservant de Maché et Saint-Paul, Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien commissaire général de l’armée royale de la Vendée.

    Ces trois manuscrits offrent un ensemble de Mémoires des plus curieux, mais ils n’ont peut-être pas la même autorité historique.

    S’il me fallait, à ce point de vue, faire un choix entre eux, je n’hésiterais pas à placer le premier bien au-dessus des deux autres. En 1803, en effet, l’abbé Remaud paraît n’avoir écrit que pour un petit cercle d’amis et de confrères, et sans aucune arrière-pensée d’intrigue ou d’ambition. Plus tard, en 1814 notamment, préoccupé surtout de faire sa cour en vue d’une récompense à obtenir. Il faut savoir en convenir, et j’ai cru que l’impartialité me faisait un devoir d’en prévenir à l’avance le lecteur.

    Sous le bénéfice de cette observation, on lira avec intérêt, j’en suis convaincu, les curieux Mémoires de l’ancien commissaire-général de l’armée de Charrette. La forme en est littéraire et le style coulant. Benjamin Fillon, sans les avoir jamais lus, ne s’était pourtant point gêné pour en plaisanter, à priori, « le baragouinage à peine intelligible… ».

    Le lecteur va pouvoir apprécier du même coup : et le « baragouinage » de l’abbé Remaud, et la sûreté d’informations du farceur à froid qu’était Benjamin Fillon !

     

    H.B.

     

     

     

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    Ma vie pendant la Révolution

     

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    Je vivais paisible à Chavagnes, au sein de ma famille, quand la Révolution commença, en 1793, uniquement chargé alors de l’éducation du jeune Guerry de Beauregard. Il semblait que je devais être un des moins recherchés pour mes opinions religieuses et politiques. Le calme dont je jouissais ne fut pas long. On exigea de tous les prêtres le serment prescrit par la Constitution civile du Clergé. Je fus enveloppé dans la mesure générale de proscription, parce que je refusai de le faire. Cependant je demeurai dans le lieu de mon domicile ordinaire sans de trop grands dangers jusqu’au mois de juillet 1792. A cette époque, les mesures de rigueur devinrent générales, il fallut se cacher ou partir pour l’exil. Je préférai la mort au bannissement de la plupart de mes camarades. Je demeurai dans la Vendée au milieu des dangers.

    Je fus assez heureux alors de pouvoir offrir un asile à cinq de mes amis, MM. Allain, prieur de Saint-André-Goule-d’Oie ; Remaud, curé des Clouzeaux, massacré depuis : mon malheureux frère, mort curé de Chavagnes ; Dolbec, curé de Saint-Cécile, massacré depuis dans la paroisse du Poiré ; Brillaud, vicaire de Saint-Fulgent, furent mes compagnons d’infortune. Je les conservai avec moi tant que je pus leur procurer des subsistances ; ma maison fut découverte pour receler des prêtres réfractaires. Bientôt après nous fumes enveloppés par la force armée. Nous eûmes le bonheur de nous sauver par une espèce de prodige, mais il fallut nous séparer ; nous ne pûmes jamais nous revoir tous réunis.

    Quand on n’a point vu la France dans ces temps de calamités, on ne peut s’en former une véritable idée. Rien n’était plus difficile que de pouvoir se procurer une retraite tant soit peu sûre. La peine de mort était prononcée contres tous ceux qui recelaient des prêtres insoumis. Par un sentiment bien naturel, nous ne pouvions exposer personne à une mort certaine pour nous avoir donné l’hospitalité. Nous prîmes tous, d’un commun accord, la détermination d’aller loger dans les bois.

    Nous y fûmes à peine rendus, nos petites huttes pour passer la nuit étaient à peine finies, que des chasseurs républicains nous découvrirent. Il fallut partir et abandonner les bois ; quand même nous n’aurions pas éprouvé ce contre-temps, il eut été impossible de pouvoir occuper longtemps les lieux ; l’eau nous manquait absolument. Je me rappelle encore avec attendrissement combien il nous en coûta cher pour nous séparer. Nous étions tous malheureux et pour la même cause, ce sentiment avait encore ajouté à ceux qui nous unissaient déjà. Il fallut se dire adieu, et, pour deux d’entre nous, ces adieux furent éternels.

    Je pourvus, autant qu’il était en mon pouvoir, au placement de deux de mes amis, qui, étant étrangers au pays, devaient naturellement y trouver plus difficilement que nous des connaissances bien sûres. MM. Allain et Brillaud furent sauvés au château de l’Hulière, où j’étais particulièrement connu. Le curé des Clouzeaux, avec mon frère, se retira chez ma sœur, et je fus accueilli par Mlle M.. (Mlle Mainguet que l’auteur désignera plus tard en toutes lettres) avec M. Dolbec, curé de Sainte-Cécile ; nous nous rendîmes au milieu d’une nuit obscure à Maché, où elle résidait alors.

    Nous trouvâmes, mon malheureux camarade et moi, dans cette nouvelle demeure, tous les égards dus au malheur, j’ose dire tous les soins de l’amitié.

    Nos jours auraient été heureux, s’ils n’avaient pas été empoisonnés par la crainte de voir arriver du mal à ceux qui demeuraient avec nous. Cette idée affreuse ne laisse jamais de repos. Nous entendions souvent des menaces et des imprécations ; enfin, jour et nuit, on menaçait d’incendier la maison de notre retraite. Nous voulions la quitter, dans la crainte de quelques grands malheurs ; mais nous fûmes charitablement retenus par la maîtresse de la maison, qui nous répétait sans cesse qu’elle n’avait pas plus à redouter que nous, et qu’elle avait fait le sacrifice de sa vie en nous donnant l’hospitalité.

    Nous passâmes ainsi cinq mois pendant un hiver rigoureux ; mon camarade tomba malade ; il fut soigné avec toutes sortes d’égards. Il commençait à peine à se guérir, quand la guerre de Vendée vint changer nos tristes destinées.

     

     

    Abbé REMAUD.

     

     

    (A suivre)

     

     

    Les Mémoires de l'abbé Remaud, 1ère partie....

     

     


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    Les chroniques de Jacques Chauvet, N° 23…

     


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