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    Puihardy…

     

    Le minuscule village de Puihardy, 30 habitants en 2006 et 57 de nos jours possède une bien singulière histoire de cloche, comme nous allons le voir,  bien que non-situé sur le territoire de la Vendée Militaire.

    Lorsque le 17 mai 1700 Monseigneur Frézeau de la Frézelière, évêque de la Rochelle est en tournée épiscopale à Puihardy, c’est une église dans un état bien lamentable qu’il y trouve. C’est ainsi, que Claude-Louys de Raoul, seigneur des Châteliers de Fenioux propose de financer des travaux à condition qu’il puisse faire une chapelle attenante au mur nord de l’église pour lui et sa famille qui lui servirait également de lieu de sépulture. L’affaire fut vite décidée et les travaux étaient terminés un an plus tard comme en atteste la date de 1701 au-dessus de la porte de cette chapelle. Le sieur de Raoul devait, dans le lot de travaux prévus, faire fondre une nouvelle cloche à partir de l’ancienne. Des complications financières ayant sans doute survenues, la nouvelle cloche ne fut fondue qu’en 1739…

    Bien plus tard, au moment du Concordat de 1801, Puihardy se retrouve rattachée à la paroisse voisine et beaucoup plus importante de la Chapelle-Thireuil. En 1820, la fabrique de cette paroisse s’approprie les objets sacrés de Puihardy, au grand dam du maire qui les revendique. Le préfet intervient et déboute le maire de ses prétentions. Trente ans plus tard, la paroisse de la Chapelle-Thireuil, désireuse de remplacer une cloche de son église demande, par la voix de son curé par une lettre au maire datée du 19 décembre 1852,  à récupérer celle de Puihardy devenue inutile, tout en précisant qu’elle serait restituée dès que possible. Le curé de la Chapelle-Thireuil avait en parallèle prévenu l’évêque et le préfet de sa demande. Etant assuré de la légitimité de sa demande et face au silence du maire de Puihardy, il lui envoie une nouvelle lettre :

    « Nous vous prions, d’après l’avis de M. le Préfet de nous répondre le plus tôt possible ; êtes-vous décidé à remettre la cloche ou non ? C’est toute la question. Votre silence prolongé de quelques jours serait interprété par nous dans le sens de la négative ; et alors nous nous adresserions directement à M. le Préfet qui nous mettrait en mesure d’agir selon ses propres paroles. »

    La réponse du maire Chabiron fut la suivante au maire de la Chapelle-Thireuil :

     

    « Monsieur et cher collègue,

    Les habitants de Puihardy se sont souvenus et ils ont eu raison, de la parole de cet évangéliste qui  dit : assertite obeis qui venient ad vos in vestimentis ovium intrasecus autem lupi rapaces. Ils ne sont pas plus disposés à céder aux menaces, ce qu’ils ont refusé à la ruse, c’est à dire leur cloche.

    J’ai l’honneur, etc… »

     

    Dans le même temps le maire Chabiron envoie une copie de la première lettre « aimable » du curé de la Chapelle-Thireuil lui demandant la cloche comme un simple prêt au préfet tout en signalant qu’en 1820, il n’avait jamais été question de céder la cloche et qu’il était bien étonnant qu’il faille la donner 32 ans après. Il ajoute :

    "Cette cloche est fort utile aux habitants de Puyhardy. Bien des souvenirs s'y rattachent ; elle a sauvé bien des habitants de la commune de la mort la plus certaine : en 1793 surtout, où notre malheureuse commune a tant souffert des brigands de la Vendée ; à leur approche on sonnait la cloche, les habitants se réunissaient, on délibérait s'il fallait se défendre ou chercher son salut dans la fuite ; et encore aujourd'hui si le feu prend à une maison, on sonne la cloche, et les habitants se rassemblent et l'incendie est éteint ; si l'orage gronde ou paraît menacer la commune, on sonne la cloche et les habitants sont rassurés ; s'il survient une fête comme celle du 2 décembre dernier, on sonne la cloche, tous les habitants s'empressent d'accourir ; le Senatus-Consulte est lu et les habitants se réjouissent :

     

    Nous n'avons pas de clocher et la cloche n'y peut être suspendue ! Qu'importe, puisque malgré cela nous pouvons nous en servir ! Au surplus les habitants se proposent de rétablir leur église et, prochainement, un clocher sera édifié qui pourra recevoir la cloche."

    Le maire ayant tout essayé pour retenir la cloche au village dut se résigner à un jugement du 22 mars 1853. Il exigea tout de même un reçu spécifiant que la cloche devrait être restituée si Puihardy devait un jour être érigée en succursale. Après bien des années de lutte de la part des maires successifs, la cloche reviendra enfin à sa place, pour le plus grand bonheur du village.

    RL

    Mai 2012

     

    Sources : Bulletin de la société historique et scientifique des Deux-sèvres.


    Puihardy....

    La chapelle du sieur de Raoul, jouxtant le cimetière

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

     

     

     

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

    Elle est bien là !

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

    Puihardy....

    Eh oui, il en faut...

    Puihardy....

    L'église de la Chapelle-Thireuil qui avait "volé" la cloche...

     

     


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  • Veilleur de secret....


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  • Vieille campagne....


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  • Les Oulleries

     

    C’est ici que par deux fois, les troupes des colonnes infernales de Grignon ont subi un violent revers.

     

    Le 18 mars 1794 Grignon fait le rapport suivant aux représentants du peuple (Savary, tome III, p. 294 & 295) :

    "Je vous ai donné connaissance des succès que j'avais eus sur les brigands. Après les avoir battus trois fois de puis que je vous ai quittés, j'apprends qu'ils sont pour la quatrième à Saint-Aubin-de-Baubigné, je dispose ma troupe de manière à vouloir les attaquer une quatrième fois. j'ai donc marché sur Saint-Aubin-de-Baubigné, je les ai trouvés rangés en bataille sur les hauteurs, avec un renfort que sûrement ils avaient reçu dans la nuit. Ma troupe paraissait toute disposée à se battre, malgré qu'il y en eût quelques-uns qui se plaignaient de la fatigue. Le combat s'est donc engagé sur les onze heures, les troupes n'ont pas soutenu un feu qui n'aurait pas duré, elles se sont repliées l'espace d'une lieue et demie, sans pouvoir les rallier ; à la fin je suis parvenu à les réunir et j'ai fait retraite à la Bressonnière, sur les hauteurs d'Argenton. J'ai passé la revue ; la moitié de la troupe est pieds nus, je n'ai plus de munitions, la majeure partie se plaint d'être trop fatiguée.

    "Citoyens représentans, que l'on me donne des troupes qui veuillent se battre et je répondrai du succès. Il y a de la mésintelligence, surtout parmi les officiers. J'ai voulu retourner sur les brigands au pas de charge ; il n'y a que vingt soldats d'infanterie qui aient voulu me suivre. Comme je suis éloigné du général en chef, je vous prie de lui faire parvenir ces détails.

    "Depuis huit jours la troupe est harassée et hors d'état de marcher. La majeure partie demande des billets d'hôpitaux."

     

    Une semaine plus tard, en compagnie de Crouzat, la colonne infernale ravagera l’hôpital camp de Stofflet, en forêt de Vezins comme nous l’avons vu dans un précédent article sur le « Cimetière des Martyrs ». Les troupes de Stofflet, enragées par la découverte des cadavres des 1 200 innocents du camp vont rattraper les troupes de Grignon et Crouzat. 7 000 vendéens contre 8 000 républicains. C’est un autre carnage et la colonne de Grignon est décimée par la vengeance des vendéens.

    En 1894, un calvaire sera érigé à la mémoire des combattants vendéens. Il est tout de même étrange que la république n’ait jamais pensé à mettre de monument à la gloire de ses « vaillants  soldats » égorgeurs de femmes et rôtisseurs d’enfants…

    RL

    Mai 2012

     

     

    Les Oulleries....

    Les Oulleries....



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