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    Le Tablier dans la tourmente…

     

    Poursuivons nos pérégrinations dans les villages oubliés, et parlons cette fois-ci du Tablier. Situé à la limite du pays bleu et entouré de villages favorables au nouveau régime d’anarchie qui s’est installé en France, le Tablier sera désigné comme chef lieu de canton pour un temps assez éphémère. En effet, les gens du village avaient choisi de se ranger sous la bannière de l’ordre établi et de monsieur Saignard de Saint-Pal. Cela ne fut pas sans heurts avec les villages voisins de ce Sud-Vendée qui préférait le grand foutoir révolutionnaire.

    Il est bon de savoir que le centre du village n’avait pas alors la même physionomie qu’aujourd’hui. L’église incendiée par la colonne infernale de Huché fut en effet désorientée comme on peut le voir ci-après. Justement, il subsiste encore un triste souvenir de cette colonne infernale de Huché sur la route de Rosnay : la croix Potier, érigée par la famille du même nom suite à un vœu exaucé et qui nous rappelle l’emplacement d’un massacre de gens du village.

     

    Une femme du Tablier, nommée Martineau fut enfermée avec treize autres personnes dans le moulin du Plessis de Rosnay auquel les républicains mirent le feu. Tout le monde périt brûlé vif.

     

    A l’extrémité Sud de la paroisse, une autre curiosité concernant cette triste époque, le village de la Combe aux Loups. C’est ici, que bon nombre de non-combattants, femmes, vieillards, enfants et blessés ont dressé un petit camp de fortune. L’endroit est très vallonné et cette population apeurée se cache dans des huttes construites dans l’urgence ou sous des charrettes renversées. Ils vivront là pendant plusieurs mois, en haillons, manquant de tout mais à l’abri des massacreurs tricolores. L’endroit sera  bénéfique à d’autres proscrits, plus tard au cours de l’histoire, puisqu’il abritera des résistants pendant la seconde guerre mondiale.

    Pour une documentation nettement plus complète voir le blog de "La Maraîchine normande" ici et .

     

     

     

    RL

    Décembre 2012, avant veille de Noël.

     

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    Le Tablier dans la tourmente....

     

     

    Le Tablier dans la tourmente....

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    L’église du Tablier aujourd’hui et sur le cadastre de 1811. On voit nettement la désorientation de l’église et la place actuelle qui n’était autre que l’ancien cimetière.

     

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    Le logis de monsieur de Saint-Pal.

     

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    La Croix Potier, lieu de massacre par la colonne infernale de Huché. Ci-dessous, la Combe aux loups...

     

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    Le Tablier dans la tourmente....

    Le Tablier dans la tourmente....

    Le Tablier dans la tourmente....

     

    La Combe aux Loups, lieu d’un campement de fortune pour les habitants du Tablier…

     

     

     

     

     


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  • Fin d’année…

     

    Un grand merci à mon épouse pour sa précieuse collaboration, à tous ceux qui lisent ces pages régulièrement et à ceux qui commentent quelquefois.

    Nous pensons organiser quelques promenades sur des lieux méconnus de la Vendée historique avec quelques amis de ce blog et de celui de la « Maraichine Normande » :

     http://shenandoahdavis.canalblog.com/

    Nulle cotisation ou engagement à quoi que ce soit ne sera demandé. Il suffit de me mettre un commentaire quelque part sur ce blog en renseignant votre adresse mail qui, bien entendu n’apparaitra pas sur le blog afin qu’à mon tour, je puisse vous contacter.

    Pour 2013, les petites études vont continuer, tranquillement, au rythme des chemins creux, sans polémique politicienne, juste avec des faits.

    Joyeux Noël dans la paix à tous.

     

    RL

    Décembre 2012

     

    Fin d'année....

     

     


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  • Les égorgés de Saint-Germain-sur-Moine…

     

    S’il est facile de résumer le génocide vendéen aux villages des Lucs, de Chanzeaux et de la Gaubretière, n’en oublions pas pour autant que c’est tout le territoire qui eu à subir les monstruosités révolutionnaires.

    On ne parle pas de Saint-Germain-sur-Moine, tout juste peut-être quelques mots sur Wikipedia où l’on parle de 4 femmes et 6 enfants tués. La vérité est toute autre. Voici le registre découvert par ma femme il y a quelques jours. Son article est ici.

     

     

    Les Egorgés de Saint-Germain-sur-Moine....

     

    Ce n’est pas seulement le 22 mars 1794 qu’il y eut des massacres comme nous allons le voir ci-dessous.

    Noms de ceux qui ont été surpris et égorgés par l'armée républicaine le Cinq février (sic) : 

    Jeanne MENEUX, âgée anviron dix huit ans, fille de défunt René MENEUX et de Jeanne BOISSINOT

    Joseph MANY, âgé de cinquante huit ans, charpentier, époux de Jeanne GOILOT

    André MERAND, closier, âgé de cinquante ans, époux de Jeanne BAUDRY

    René MARCIAL, marchand cabaretier, âgé de quarante quatre ans, époux de marie ARIAIL

    René BOIZI, voiturier à St Gille, âgé d'anviron quarante trois ans, époux de Marie RIPOCHE

    Pierre RACINEUX, laboureur à la Roulière, âgé d'anviron soixante sept ans, veuf de Renée BOISDRON

    Joseph BOPY, sabotier au Boshardy, âgé de quarante ans, époux de Renée DAVID

    Jean FLEURIE, closier, au Boshardy, âgé d'anviron cinquante huit ans, époux de Perrine BLANVILAIN

    Pierre BARRÉ, voiturier à St Gille, âgé d'anviron trente quatre ans, époux d'Anne POHEN

    Jean BRAUD, closier à la Mocatrie, âgé d'anviron quarante cinq ans, époux de Marie DURAND

    Pierre CHOLET, maréchal à St Gilles, âgé d'anviron soixante ans, époux de Marie CHAUVEAU

    Marie CHAUVEAU, âgée d'anviron soixante deux ans, épouse du dit CHOLET cydessu

    Marie CHOLET, fille de Pierre CHOLET et de Marie CHAUVEAU cydessu

    Témoins : Michel Merand et Julien Raffeneau - Signer : Denis, Maire

    Le 22 mars 1794 - Furent surpris et égorgé par les armées républicaines, les dénomés cy-après (sic) : 

    René GACHET, "Labn" à la Vannerie, âgé d'environ quatre vingt ans, veuf de Jeanne RIPOCHE

    Marie CHUPIN veuve de Julien Raffegeau, âgée d'anviron cinquante huit ans

    Jeanne RAFFEGEAU, fille de Julien Raffegeau et de Marie Chupin cydessu

    Agathe RAFFEGEAU, femme de Jean CHAUVEAU, meunier, âgée de trente trois ans

    Jean CHAUVEAU, fils de Jean Chauveau et Agathe Raffegeau, âgé de six ans

    Julien CHAUVEAU, fils de Jean Chauveau et Agathe Raffegeau, âgé de trois ans

    Louise BOISDRON, femme de François Chauveau, farinier au moulin de la Fois (Foye), âgé de soixante ans

    Michelle GABORIAU, femme de Julien Chauveau, farinier à la Fois (Foye), âgée de trente quatre ans

    Marie CHAUVEAU, fille de Julien Chauveau et de Michelle Gaboriau, âgée de sept ans

    François CHAUVEAU, fils de Julien Chauveau et de Michelle Gaboriau, âgé de cinq ans

    Jeanne CHAUVEAU, fille de Julien Chauveau et de Michelle Gaboriau, âgée de deux ans

    Marie GANGNEUX, originaire de la "chaufrère", fille de Joseph Gangneux et de Perrine Coiffard, domestique au moulin de la Fois (Foye), âgée de dix-huit ans

    Joseph CREUZÉ, époux de Françoise Pillet, métayer à la "Dergerie", âgé d'anviron cinquante ans

    Françoise PILLET, épouse de Joseph Creuzé de la "Dergerie", âgée de quarante huit ans

    Marie CREUZÉ, fille de Joseph Creuzé et de Françoise Pillet, âgée d'anviron seize ans

    Jeanne CHAUVIENE, fille de Pierre Chauviene et de Michelle Guitet, au Bourg, âgée de quarante ans

    Joseph DUNAND, au Bourg, époux de Marie Papin, âgé d'anviron soixante treize ans

    Marie PAPIN, au Bourg, épouse de Joseph Durand, âgée d'anviron soixante ans

    Joseph CHAUVIENE, Closier au Birrène, veuf en secondes noces de Julienne Ménard, âgé de soixante quatre ans

    Jeanne CHAUVIENE, des "Rivière", fille de Joseph Chauviène et de Marie Mabit, âgée d'anviron trente ans

    Etienne DURAND, à la Guinietrie, veuf de Magdelaine Douilland, âgé d'anviron soixante quinze ans

    Jeanne BONDU, épouse en secondes noces de René Morillon, au grand Logis, âgée d'anviron trente ans

    Jeanne GUITET, fille de défin Louis Guitet et de Jeanne Bondu, âgée d'environ cinq ans

    Rose MORILLON, fille de René Morillon et de Jeanne Bondu au Boishardy âgée de trois ans

    Jacques GABORIT, closier au Boishardy, époux de Perrine Braud, âgé d'anviron soixante huit ans

    Jean GABORIT, fils de Laurent Gaborit et d'Anne Contalleau, âgé de trois ans

    Françoise AVIAIL, épouse de Jean Morillon au Bohardy, âgé de trente un ans

    Jean BARRÉ, closier à St Gilles, époux de Jeanne Boisdron, âgé d'environ soixante deux ans

    Renée CLEMOT, femme de Gabriel Giron, tisseran au maison, âgée d'anviron quarante cinq ans

    Pierre CHENEAU, closier au Bohardy, époux de Michelle Fontaine, âgé d'anviron soixante quatre ans

    Julien BARON, fils de Julien Baron et d'Anne Boüet, âgé de deux ans

    suivant le témoignage de François Rouy et de Pierre Chevier (?)

    signé Denis, Maire

    Le cinq avril 1794 ; furent surpris et égorgés par les troupes républicaines les personnes suivantes (sic) :   

    Joseph BRETAUDEAU, métayer à Livoïs, époux de Marie Brejon, âgé d'anviron soixante neuf ans

    René SOUPIOT, closier au Boshardy, époux de Perrine Pellerin, âgé d'anviron quarante huit ans

    Pierre SOUPIOT, fils de René Soupiot et de Perrine Pellerin cy-dessu, âgé de huit ans

    Témoins Pierre Chéneau et Louis Ronet

    Signé : Denis, Maire

    Le huit juin 1794 - Furent surpris et égorgés par les armées républicaines les personnes suivantes (sic) : 

    Joseph MARY, métaiyer à Pomier, époux d'Angélique Mary, âgé de quarante six ans

    Angélique MARY, épouse de Joseph Mary, âgée de quarante ans

    Pierre MARY, fils de Joseph Mary et d'Angélique Mary, âgé de sept ans

    Joseph MARY, fils de Joseph Mary et d'Angélique Mary, âgé de quatre ans

    Marie MARY, fille de Joseph et d'Angélique Mary, âgée de huit ans

    Françoise MARY, fille de François Mary, métayer à Pomier et de Françoise David, âgée de dix ans

    Marie MARY, fille de François et de Françoise David, âgée d'anviron huit ans

    Jean MARTIN, métayer au Chatelier, époux de Jeanne Papin, âgé d'anviron trente sept ans

    Louise CREUZÉ, épouse de Jacques Ripoche du Puteau, âgée d'anviron trente huit ans

    Mathurine BOUYER, fille de défun Jean Bouyer et de Jeanne Mary, âgée de vingt quatre ans

    François BONDU, métayer à la Basse Blinière, époux de Jeanne Mary, âgé d'anviron cinquante cinq ans

    Joseph OUVRARD, cordonnier au Rivière, époux de Marie Brin, âgé de trente ans

    Témoins : Julien ....( illisible)

    Signé : Denis, Maire

    59 morts….

    Nous avons respecté l’orthographe du temps.

    RL et son épouse,

    Décembre 2012

     

    Les Egorgés de Saint-Germain-sur-Moine....

     

     

     


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  • Le martyre de l’abbé Nicolas…

     

    Né en 1761 à Saint-Martin-Lars-en-Tiffauges (devenu Saint-Martin-des-Tilleuls et sur lequel nous avons déjà fait un article : http://chemins-secrets.eklablog.com/saint-martin-des-tilleuls-a47323935), l’abbé François Nicolas était, depuis le 20 décembre 1786, vicaire de la paroisse de Chambretaud. Comme son curé, l’abbé Gabard, il refuse le serment schismatique et se réfugie chez ses parents dans une ferme près de Tiffauges. Dénoncé et pris par les bleus, à la fin de 1793,  il est amené à Mortagne-sur-Sèvre. Devant l’ancien logis Saint-Lazare, le long de ce qui est à l’époque, la route de Nantes, on creuse un trou et on y met l’abbé Nicolas debout. On rebouche le trou de manière à ce que seule la tête du malheureux puisse être visible. Les soldats s’amusent alors à viser au fusil cette tête qui dépasse, afin d’en déchiqueter le visage, sans le tuer toutefois. Au vingtième coup de feu (à mon avis, bien avant cela), le prêtre ne donne plus signe de vie. C’est à ce moment là, que l’un des soldats de la république tranche la tête sanguinolente et dépouillée d’un coup de sabre. Ce sera là, un fol amusement pour les soldats de la faire rouler dans les rues de Mortagne…

     

    RL

    Décembre 2012

     

     

    Le martyre de l'abbé Nicolas....

             Vitrail de l’église de Chambretaud.

     

    Le martyre de l'abbé Nicolas....

    Le martyre de l'abbé Nicolas....

    Le martyre de l'abbé Nicolas....

     

     

    Le lieu du supplice à Mortagne.


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  • La croix de Marie Papin…

     

    L’histoire de cette jeune fille de 17 ans nous est racontée par le comte de Chabot dans ses deux ouvrages « Paysans Vendéens » (1892) et « Vendéennes et Chouannes » (1902). Voici son récit :

     

    « MARIE PAPIN, MARTYRE DE DIX-SEPT ANS

     

    Livrée par Stofflet peu de temps avant la trahison qui amena sa prise, la bataille de Beaupréau se prolongea pendant dix heures jusqu'à Clisson, avec des alternatives de succès et de revers. Le général perdit, ce jour-là, plusieurs officiers de mérite ; parmi les morts on trouva cette vaillante comtesse de Bruc qui, à Cholet, avait vainement cherché à arrêter la fuite des Royalistes, et qui périt dans cette journée en renouvelant le même acte d'héroïsme. René Pouët, sous-aide-major de Stofflet, avait été grièvement blessé au genou ; il eut cependant le courage de se trainer derrière un gros chêne et de s'y blottir. Un officier de hussards l'aperçoit et lui crie : "Rends ton arme, brigand ! - Je la rendrai si je veux", répond Pouët, et aussitôt visant le républicain il le tue ; puis se traînant avec peine il va frapper à la porte d'une métairie de Saint-Germain (il s'agit de la ferme de Pied-Coutant, tout près de la croix, NDLR.), à quelques pas de la petite ville de Montfaucon. Reconnu pour un soldat vendéen, il est accueilli avec empressement par le métayer, et caché avec un autre blessé sous une hutte, dans un taillis à proximité de l'habitation. Une jeune fille de dix-sept ans, Marie Papin, leur portant un jour la soupe, est surprise par une troupe de Bleus qui lui demandent où se trouvent les brigands auxquels elle porte à manger : "Vous ne le saurez pas, répondit-elle sans hésiter. - Alors tu vas être fusillée ! - Je consens à mourir, s'écrie l'héroïque enfant. Ce sont des malheureux que je ne trahirai jamais". Furieux, les bourreaux se précipitent sur cette jeune fille, lui font subir mille outrages, la lient à un arbre, et à chaque coup de sabre lui promettent la vie sauve si elle veut trahir la retraite des brigands ! Marie Papin, les yeux fixés vers le ciel, récite tout haut sa prière : au dedans de ce corps fragile vit une âme chrétienne que la douleur n'abattra pas. Cette attitude céleste exaspère les bourreaux ; après l'avoir criblée de blessures, ils s'acharnent sur le cadavre de la martyre et le coupent en morceaux.

    Je ne sais si les actes des grandes martyres dont la liturgie catholique nous fait admirer, au temps d'Avent, les victorieux combats, sont plus héroïque. Marie Papin nous semble la digne soeur des Agnès et des Lucie. Elle a donné sa vie pour sauver celle de son prochain, sans hésitation comme sans faiblesse. »

     

     

    La croix de Marie Papin....

    La croix de Marie Papin....

     

     

     

    Il est un lieu bien méconnu à Montfaucon-sur-Moine, celui du « Passage de la Mancotte ». C’est là que suite à une tuerie sans nom, on parvint à retirer une petite fille mutilée, mais vivante d’un monceau de cadavres empilés par la colonne infernale de Cordelier.

     

    La croix de Marie Papin....

    La croix de Marie Papin....

     

    Pour plus de détails, voir le blog de "La Maraîchine normande".

     

    La « Mancotte » (manchotte en français) vécut plusieurs années après…

    Une certaine Victoire Rousseau, qui obtiendra une pension à la Restauration pourrait correspondre au profil de la "Mancotte".

     

    La croix de Marie Papin....

     

     

    RL

    Décembre 2012

     


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