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    Le trésor de Guerry du Cloudy...

     

     

    Ah les trésors ! Quoi de mieux pour rêver et faire rêver. Vous-mêmes en ce moment, alléchés par le titre de cet article, vous vous promettez sans doute de ne pas louper une miette de ce que vous allez lire ici. Et puis, si c’était vrai ? Et si on le trouvait ce fameux trésor, qu’en ferions-nous ? Eh bien vous, je ne sais pas, mais moi je n’en ferais probablement rien, au vu des ennuis qui ne manqueraient pas d’arriver de la part de notre très envahissante administration française. Je laisserais donc les belles monnaies patinées à la terre et me garderais bien d’en évoquer l’existence devant quiconque.

    Le trésor de Guerry du Cloudy....

    Pour mémoire, j’avais déjà évoqué les trésors de Charette et de Stofflet ici et  et il n’est pas interdit de rêver, du moins sur l’emplacement de ceux-ci à défaut de les trouver réellement. Celui du chef Vendéen Guerry du Cloudy (voir les informations le concernant ici et ici) n’est pas des plus connu sur le territoire mais une petite légende se retrouve à divers endroits sur les sites et blogs spécialisés sur la question. A chaque fois le même texte, qui mentionne un trésor caché par Guerry du Cloudy pendant les Guerres et de Vendée et parallèlement, la découverte en 1933 d’un trésor d’époque médiévale, non loin du vieux château de Commequiers aux formes si particulières que les Vendéens et quelques touristes connaissent bien.

    Commençons si vous le voulez bien par ce dernier trésor car une étude fut présentée justement en 1933 par Marcel Baudouin (1860-1941), alors président de la Société d’Emulation de la Vendée dans la Revue du Bas-Poitou (1). Ne voulant pas reproduire ici un travail déjà publié en ligne, je vous mets ici le lien vers les archives départementales de Vendée permettant de consulter l’étude de M. Baudouin. Et puis, comme je n’ai qu’une confiance très modérée dans le fonctionnement des AD85 ces derniers temps, j’y ajoute le lien vers le même document, sur Gallica, ici.

    Donc, maintenant que vous avez lu ce qui concerne la trouvaille de 1933, je me permets d’y ajouter sa localisation précise, d’après les indications de Marcel Baudouin, qui précisait en note N° 1 : « au dessous du chiffre 30 de la carte d’Etat-major ». Voici la carte en question d’après Géoportail :

    Le trésor de Guerry du Cloudy....

    En vue aérienne, marqué d’une croix rouge :

    Le trésor de Guerry du Cloudy....

    Il est donc inutile de se précipiter ici avec des pelles et des pioches, ce qu’il y avait à trouver, n’y est plus, forcément... Mais revenons à Guerry du Cloudy, qui avait fort peu de chances de posséder 5 000 pièces datant des XIII° et XIV° siècles. Qu’en aurait-il fait ? Sans doute pas grand chose. Mais alors, d’où vient la légende le concernant ?

    Je suis tombé par hasard il y a quelques jours, en cherchant tout autre chose, sur un document des archives de Vincennes qui m’a tout de suite sauté aux yeux (2) :

    Il s’agit d’une lettre du notaire Merland au général Boulard qui dit ceci :

    « A Soullans le 12 avril 1793 de la République

     

    « Citoyen Général,

    Je vous donne avis que je viens d’être instruit que le sieur Guerry du Cloudy commandant des rebelles a laissé chez lui à Commequiers des sommes considérables en numéraire qui probablement y sont encore  s’étant retiré hier du combat avec précipitation ; Le citoyen Guillet porteur de la présente m’a donné cet avis. C’est lui même qui a déposé ce numéraire dans une armoire ; il m’a dit que la dame La Roche D’avaux du même bourg avoit chez elle plus de six cent livres de suif provenant des boeufs que les révoltés avoient enlevés et volés chez les Patriotes ; voiez général s’il ne convient pas de donner un détachement a ce particulier pour se saisir de ces objets ; je suis général avec toute la considération et la fraternité possible

    Votre concitoyen

    MERLAND

    Homme de lois »

    Le trésor de Guerry du Cloudy....

    Le trésor de Guerry du Cloudy....

    En voyant cela, je me suis posé la question si Didier Audinot avait mentionné le possible trésor de Guerry du Cloudy dans son ouvrage «Trésors enfouis des Guerres de Vendée et de la Chouannerie » (3). En effet, le célèbre chasseur de trésor avait bien mentionné le fait, page 92 de son ouvrage, certes très édulcoré et destiné avant tout à faire rêver, mais parfaitement documenté. Petit clin d’oeil ici à l’ami Gérard, motard, et collectionneur de voitures autant que passionné d’histoire, membre des Amis du Pont-Paillat et qui a bien connu Didier Audinot. En l’occurrence, pour le trésor de Guerry du Cloudy, Didier Audinot, se réfère à Chassin qui avait déjà mentionné la pièce ci-dessus. Cependant, une première déception avec le document des archives de Vincennes... Vous ne devinez pas ? La date ! Le 12 avril 1793 correspond au début de la guerre. Il n’y a donc point à attendre de sommes astronomiques fournies par les Anglais ni de trésors en armes quelconques. Tout juste sans doute, les économies d’un petit gentilhomme paysan convoitées par un patriote local, avide de s’approprier les deniers de son adversaire au nom « de la république, de la loi » et de Dieu sait quoi d’autre comme tout bon républicain du moment. Nous sommes au début de la guerre, et il est fort possible, que devant l’appétit du gain, le détachement demandé ait été obtenu afin d’enrichir la petit bourgeoisie révolutionnaire locale. Reste cependant l’énigme principale à solutionner : où à Commequiers ?

    Pour chercher à Commequiers, encore aurait-il fallu que Alexandre-Joseph-Pierre Guerry du Cloudy y habitât ou du moins y possédât un bien, ce dont on ne trouve pas trace. Où donc chercher un possible trésor ?

    A suivre...

    RL

    Avril 2020

     

     

    Notes :

    (1) Revue du Bas-Poitou, 1933, 4ème livraison,  p. 252 à 262.

    (2) SHD B 5/3-54, v. 12/15, BA compris.

    (3) Editions de l’Etrave, 2002.

     

     

     

     


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    1804 : Pierre Perotteau, ancien du 14ème bataillon des 

    volontaires nationaux, maire des Lucs-sur-Boulogne... 

                

     

     

    Pierre Perotteau, un Bleu aux Lucs....Individu peu recommandable, il fera subir mille misères au curé des Lucs-sur-Boulogne, jusqu’à faire loger des gendarmes d’élite chez lui et le menacera de « foutre le feu chez lui ».

    Pierre Perotteau, libertin notoire, il aura au moins deux enfants naturels de Jeanne Bossis, fille de l’aubergiste des Lucs, est né le 22 avril 1759 à Dompierre. Il est le fils de Jean Perotteau, marié le 12 février 1748 à Renée Mercier, fille de Jacques Mercier, sieur de la Brételière, fermier général de Saint-Denis-la-Chevasse et de Marie Fort.

    Un petit tour d’horizon sur le personnage avant d’aborder la lettre que l’Abbé Gautier écrira au Préfet Merlet.

    Pierre Perroteau est le Bleu dans toute sa splendeur. Lorsque le soulèvement éclate en 93, il s’engage au 14ème bataillon des Volontaires Nationaux comme chirurgien-major. Il sert du côté du Bec d’Ambès (Gironde) puis exerce comme chirurgien dans l’Armée de l’Ouest en l’an quatre. En 1796 on le retrouve comme maître chirurgien au bourg des Lucs où il habite depuis 1786.

    Il devient maire des Lucs-sur-Boulogne le 20 juillet 1800 et cesse ses fonctions le 26 décembre 1805. Au moins deux enfants naturels sont issus de ses galops d’alcôve et parties fines avec Jeanne Bossis* et peut être un autre enfant avec sa sœur Rose, filles de Clément Bossis marchand-aubergiste aux Lucs et de Magdeleine Bériau.** Il décède au bourg des Lucs, le 27 octobre 1831.

    A son décès, il est qualifié de propriétaire et de maître en chirurgie, âgé de 72 ans, la déclaration du décès est actée par Victor Perotteau, docteur en médecine, âgé de 28 ans, domicilié au bourg des Lucs (Un de ses fils naturels).

     

    * Jeanne Bossis est née aux Lucs le 18 juin 1767, en 1816 elle est domestique chez Pierre Perotteau et y décède le 20 avril 1824, « célibataire », à 10 heures du matin, à l’âge de 56 ans. 

     

    ** Clément Bossis et Magdeleine Bériau ont été massacrés aux Lucs le 28 février 1794. 

     

    Un mot quand même sur les enfants naturels de Perotteau :

     

    1° Pierre Bossis-Perotteau, né le 19 pluviôse an 9 à Nantes, 9 et 10e section « fils naturel de Jeanne Boissi, journalière, non mariée, 30 ans » Reconnu le 21 juillet 1821 par Pierre Perotteau, chirurgien. Ce fils sera médecin et

       décédé aux Lucs le 22 mars 1828.

    2° Victor-Eliacin Bossis-Perotteau, enfant naturel, né le 1er pluviôse an 11 (21 janvier 1803) aux Lucs, qui sera également médecin. - reconnu le 11 octobre 1828.

    3° Victorine-Françoise Bossis, fille naturelle, née le 10 janvier 1809 aux Lucs « fille de Rose Bossis, (1) qui accouche dans la maison de Jeanne Bossis, sa sœur, d’un enfant de sexe féminin, de père inconnu.» : Pierre Perotteau ? (un fils Victor et une fille Victorine?)

     

    (1) Roze Bossis est née le 5 novembre 1779 aux Lucs. 

     

    La terreur qu’inspirait Perotteau à son entourage, les parents des deux jeunes femmes ayant été massacrés par ses copains républicains le 28 février 1794 , a-t-elle favorisé les entreprises débauchées de Monsieur le Maire ?

    A priori, NON, la famille Bossis est Bleue, les parents ayant été embarqués avec les autres habitants et massacrés, les Colonnes Infernales ne faisant aucune distinction entre Bleus et Blancs.

    Jeanne Bossis vivait en concubinage notoire avec Perotteau, sans aucune contrainte, en 1816 elle est domestique chez lui (recensement des Lucs-sur-Boulogne), et en 1809, Rose vivait dans la maison de sa sœur…

    Il faut savoir que les filles Bossis ont vécu à Fontenay en octobre 1794 et en 1795 comme réfugiées. (Magdeleine, Jeanne et Louise, et peut-être Roze, Clément et Marie). Que Louise, née le 28 janvier 1775 aux Lucs a épousé à Fontenay le 21 mai 1795, Augustin-Pierre-César Neyrod, un adjudant des charrois militaires de l’Armée de l’Ouest originaire de Paris. Qu’on la retrouve réfugiée à Nantes le 19 pluviôse de l’an 9, vivant avec Antoine Sabourdin, un menuisier de 24 ans. Que le premier fils de Perotteau et de Jeanne Bossis est aussi né à Nantes en l’an 9...

    Le 5 février 1804, l’abbé Gautier, desservant des Lucs depuis neuf mois se plaint du maire Perotteau, qui cherche par tout les moyens à le chasser, jusqu’à loger des gendarmes d’élite sous sa chambre. Voici ce qu’il nous dit :

     

    « Au Luc 15 pluviose an 12   (5 février 1804) 

     

    Citoyen,  

     

    J’ai eu l’honneur de vous écrire plusieurs fois, sans recevoir de réponse, ni la moindre satisfaction des justes plaintes que j’ai été obligé de vous communiquer. Le maire des Luc enhardi par l’impunité de ses procédés injustes et soutenu par le citoyen Clémenseau, n’a pas craint de répéter en pleine assemblée que s’il ne pouvait me faire sortir légalement de la maison que j’occupe il y metteroit le feu. Il a mis le corps de garde dans la maison que j’occupe et sous la chambre où je suis obligé de coucher ce qui ne peut être sans troubler mon repos et sans beaucoup d’incommodités ; procédé  d’autant plus injuste qu’il est contre l’esprit de la loi et qu’il y avoit une maison inhabitée plus commode que la mienne qu’il a fait habiter depuis pour couvrir son injustice ajoutez à cela le pillage de ma maison qu’il a ordonné antérieurement. Les comptes des auteurs marguilliers qu’il prolonge toujours. L’arrêté du Gouvernement touchant les réparations de l’église maison presbytérale et la desserte du culte dont il n’a pas encore donné connaissance au conseil municipal. La maison que j’occupe qu’il a deux fois afermée aux habitants et deux fois il s’est dédit ce qui n’est qu’un léger sacrifice pour lui, la terreur qu’il a imprimée à son conseil qui n’ose point le contredire. Les menaces injustes qu’il fait à ceux des membres du conseil qui ne suivent pas sa volonté, les discours injurieux tenus contre vous-même et contre le premier Consul . Un corps qu’il a fait mettre en terre en mon absence parceque j’étois à administrer des malades et que je ne pu me rendre chez moi qu’un heur aprais le tems marqué, des propos diffamatoires tenus contre moy et dont j’esper avoir justice. 

    Voilà citoyen les observations judicieuses que j’ai recueillies depuis a peu près neuf mois que je suis dans la commune des Luc et dont j’offre la preuve testimoniale pour le premier Consul je ne connois qu’un thémoin mais qui est en place puisqu’il est brigadier. 

      La maison que j’occupe appartient au citoyen Perrotteau deux fois il l’a afermée et deux fois il s’est dédit il me semble que le citoyen maire étant acquéreur de la cure et logé dedent il pourroit être obligé par vous à céder à la commune la maison que j’occupe moyennant la somme de…. pour loger le desservant vu qu’il n’y en a pas d’autre convenable dans le bourg ni de vacante. Je demande aussi de votre justice que le corps de garde ne soit plus chez moy, s’il y vient d’autres troupes au sortir de la gendarmerie d’élite qui est actuellement. 

      J’attends toute satisfaction de vous qui aimois la justice et vous prie de me croire avec respect, Citoyen, votre très humble et obéissant serviteur.  

     

    Gautier desservant des Luc. » 

     

    Comme vous pouvez le constater, ce maire, personnage méprisable, traîne dans son comportement comme une exhalaison de Colonne Infernale, un relent de vieux troupier vicelard. La supplique de l’abbé Gautier est datée du 5 février 1804… Je pense que le Préfet Merlet s’est occupé du cas Perotteau, puisque le 26 décembre 1805 il n’est plus maire.

    Quant à l’abbé Jacques Gautier, il est décédé le 19 avril 1815 aux Lucs-sur-Boulogne où il était desservant, à l’âge de 59 ans. Il était né à Lessay dans la Manche, fils de Michel Gautier, closier et de Catherine Guedon : prêtre réfractaire, insurgé Vendéen et considéré comme tel.

     

    Pierre Perotteau, un Bleu aux Lucs....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Vendée - tous droits réservés  – Correspondances du Préfet Merlet avec les ecclésiastiques – class 2NUM110/32-11 correspondances reçues de différents prêtres –  

    . Familles de Vendée de Christian Frappier – mise à jour le 17 avril 2017. - Famille Perotteau. 

    . Archives de la ville de Nantes tous droits réservés : vue n°66/149 – an 9 - 9ème et 10ème section. 

    . Registres d’état civil de Fontenay, mariages 1795 du 2 prairial an 3 - vue 129/334. 

    . Registres paroissiaux et d’état civil de la commune des Lucs-sur-Boulogne vue n°21/123 année 1767 – et décès le 20 avril 1824. - décès 27 octobre 1831- acte n°137 – vue 57/67. pour Perotteau-Bossis et famille Perotteau-Bossis. 

     vue 328/407 année 1809. Recensements de l’an V vue 26/28 des Lucs et de 1816 vue n°6/36. Acte de décès Abbé Gautier vue n°384/406 année 1815. 

                                              

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Signaux et feux entre les camps républicains...

     

    Nous continuons notre petite étude des camps républicains, avec cette fois-ci un focus sur un élément souvent ignoré dans l’histoire des Guerres de Vendée : la communication entre les troupes.

    Du côté des Vendéens, on a beaucoup colporté l’histoire des moulins qui auraient fonctionné comme des télégraphes, signalant ainsi les attitudes à adopter pour les combattants. Tout le monde connaît ces schémas, recopiés moult fois et qui ont fini par devenir une vérité historique :

    Signaux et feux entre les camps républicains....

    Vérité historique popularisée durant la moitié du XIX° siècle par, devinez qui ? Jacques Crétineau-Joly ! Inventeur de la fausse lettre de Westermann sur la bataille de Savenay, de celle Merlin de Thionville après la libération des prisonniers de Saint-Florent-le-Vieil et encore de bien d’autres forgeries, toutes reprises en chœur depuis des décennies par des historiens plus ou moins sérieux. Cette légende sera reprise par Pitre-Chevalier. Voir sur le blog de Nicolas ici.

     C’était beau, c’était mystérieux et ça impliquait une ingéniosité des Vendéens supérieure à celle des Républicains. Hélas, trois fois hélas ! La belle légende a du plomb dans l’aile (de moulin, je sais, elle est facile...) rien qu’en regardant le paysage du Bocage d’aujourd’hui et en s’imaginant celui de 1793, bien plus touffu encore à l'époque. Evidemment, le nombre de moulins, même en ruines, n’a plus rien à voir avec ce qu’il pouvait être il y a 227 ans mais regardez au moins une carte de Cassini, d’Etat-Major ou des plans cadastraux de votre région. Considérez le vallonnement et la végétation de l’époque.

    Maintenant que vous avez vu et réfléchi, pensez-vous vraiment que les moulins pouvaient transmettre des signaux ? Il eut fallu d’abord que les moulins puissent « se voir » les uns les autres depuis assez loin ce qui est rigoureusement impossible, le Bocage Vendéen n’étant pas un pays de montagne mais de collines de faible altitude. On notera d’ailleurs qu’on ne trouve aucune mention dans les rapports républicains du fait que les moulins vendéens auraient pu servir à envoyer des signaux. Si cela avait été le cas, il n’y a aucun doute sur le fait que les républicains auraient largement partagé l’information. Ceux qui racontent par exemple que Westermann a brûlé les moulins pour ce motif n’ont visiblement pas dépouillé la correspondance militaire. Non, les moulins n’ont pas été brûlés parce qu’ils envoyaient de quelconques signaux mais bien uniquement dans le but d’affamer la population. Ce fait est souligné par Haxo dans un courrier du 8 mars 1794 à Turreau où il écrit :

    « La guerre continuelle que je fais aux moulins va leur ôter toute ressource dans ce pays. »

    Vous retrouverez cette lettre ici.

    Donc, exit la belle légende des moulins vendéens. Gardons-cela pour les spectacles destinés aux touristes et occupons-nous d’histoire.

    Mais pourtant, allez-vous me dire, le télégraphe venait d’être inventé ?

    En effet, le télégraphe à sémaphore de Claude Chappe déjà expérimenté en 1791 est testé pour la première fois de manière sérieuse le 12 juillet 1793 sur une distance de 26 kilomètres entre Ménilmontant, Ecouen et Saint-Martin-du-Tertre au nord de Paris. L’essai est concluant et le 25 juillet Chappe est désigné ingénieur du télégraphe par décret. L’idée est sensationnelle et on se demandait comment personne n’y avait pensé plus tôt. Pourtant il y a un bémol à l’invention de Chappe. Voici ce qu’en dit un rapport présenté à  la Convention dans sa séance du 1er avril 1793 par Charles-Gilbert Romme et cité par le Moniteur (1) :

    « Romme, au nom des Comités réunis d’instruction publique et de la guerre. Dans tous les temps on a senti la nécessité d’un moyen rapide et sûr de correspondre à de grandes distances. C’est surtout dans les guerres de terre et de mer qu’il importe de faire connaître rapidement les événements nombreux qui se succèdent, de transmettre des ordres, d’annoncer des secours à une ville, à un corps de troupes qui serait investi, etc. L’histoire renferme le souvenir de plusieurs procédés conçus dans ces vues ; mais la plupart ont été abandonnés comme incomplets et d’une exécution trop difficile. Plusieurs mémoires ont été présentés sur cet objet à l’Assemblée législative, et renvoyés au Comité d’instruction publique. Un seul lui a paru mériter votre attention. Le citoyen Chappe offre un moyen ingénieux d’écrire en l’air, en y déployant des caractères très peu nombreux, simples comme la ligne droite dont ils se composent, très distincts entre eux, d’une exécution rapide et sensible à de grandes distances. A cette première partie de son procédé, il joint une sténographie usitée dans les correspondances diplomatiques. Nous lui avons faits des objections ; il les avait prévues, et y répond victorieusement ; il lève toutes les difficultés que pourrait présenter le terrain sur lequel se dirigerait la ligne de correspondance ; un seul cas résiste à ses moyens ; c’est celui d’une brume fort épaisse, comme il en survient dans le nord, dans les pays aqueux, et en hiver ; mais dans ce cas fort rare, et qui résisterait également à tous les procédés connus, on aurait recours momentanément aux moyens ordinaires... »

    Le procédé de Chappe est réellement révolutionnaire et c’est le cas de le dire. Sauf, qu’il ne fonctionne pas en cas de brouillard et encore moins la nuit...

    Un souci arrive bientôt pour Chappe : ses appareils sont régulièrement détruits. Les croyances du « bas peuple » voient dans ces engins des machines infernales mais peut-être aussi et surtout des moyens de communication pour un gouvernement qui est loin de faire l’unanimité... Cependant le 15 août 1794, le télégraphe permet d’annoncer la reprise du Quesnoy et le 30, de celle de Condé-sur-l’Escaut. En une demi-heure, la Convention est prévenue de la victoire contre les Autrichiens entre 15 h 20 et 15 h 50 par 27 signaux. Mais en Vendée, point de télégraphe. La Vendée est cernée par les camps républicains au cours de l’été 1794 mais les Vendéens occupent tout le centre du territoire. Même si l’invention de Chappe avait pu s’y porter, les tours n’auraient pas manqué d’être détruites par les royalistes. Pourtant, les camps devaient nécessairement avoir des moyens de communications. Ceux-ci sont assurés la plupart du temps par des estafettes à cheval mais si vous vous souvenez de cet article, vous avez pu noter l’inquiétude du général Valentin au camp de Saint-Ouen-des-Gâts, concernant la liaison avec le camp du Pont-Charron. Le 7 septembre 1794, il écrit à Marrot (2) :

    « Nous avons examiné, Barbier et moi tout le terrein et nous n’avons pu rencontrer un endroit propice à établir des signeaux. 

    Il n’y auroit qu’un moyen suivant moi, ce seroit d’avoir des boîtes à feu et ce seroit la le signal le plus prompt si ont peu les entendre du Pont Charon. Il faudroit en faire l’essay si tu le trouves à propos. Je suis convenu avec le citoyen Barbier que nos patrouilles feroient la jonction à St Vincent Fort du Lay aujourd’hui à dix heures du matin. Tu me donneras tes ordres afin que je change l’heure, ou je la confirme. »

     

    Puis le lendemain, au même :

     

    « J’ai mandé mon camarade, au chef de brigade Deviau, que tu serais bien aise d’établir un signal près St Vincent Fort du Lay, sur les hauteurs de l’Hopitau ou à la Touche, en conséquence je le pries de faire examiner cet endroit. Demain sans doute me repondra (t-il ?) a cet sujet, je n’ai pu encore voir si je pourrois faire passer des ordonnances par Ste Pexine la Réorthe mais demain je t’en rendrai compte. » 

    Valentin veut donc établir un communication par signaux lumineux en plus des militaires d’ordonnances habituellement employés à cet effet. Bien loin des progrès apportés par les machines de Chappe, les camps républicains utilisent donc le bon vieux procédé des signaux lumineux employé depuis le Moyen-Age et bien avant encore, puisqu’on en parlait déjà dans l’Antiquité. C’est Guillaume Amontons (1663-1705) qui développa ce système. Les signaux sont répercutés de point en point par des observateurs équipés de longues vues. C’est probablement le procédé qu’emploient les camps républicains pour communiquer. Il y a peu de possibilités dans les messages mais les signaux sont visibles de nuit, ce qui est évidemment d’une importance primordiale autour d’un pays hostile, dont on ne sait jamais ni quand, ni comment les combattants vont attaquer. Quels étaient les codes employés ? Il serait intéressant de se pencher sur la question, tout comme sur celle du matériel utilisé. Quelles sont ces « boîtes à feu » mentionnées par Valentin ? Des coffrets de métal suffisamment poli pour être réfléchissants ? Dotés d’un volet occultant la lumière par intermittence ?

    Le code Morse ne sera inventé qu’en 1832 mais je ne résiste pas à vous mettre cette petite image animée pour réveiller ceux qui s’étaient endormis devant cet article. « SOS » en Morse :

     

     

    Si vous me permettez une légère digression, nous allons voir à présent où Valentin voulait voir installer ces feux. Il s’agit de l’ancienne commanderie de La Touche et le l’Hôpiteau (ce dernier lieu tirant son nom de la commanderie), lieux-dits dépendant de la Réorthe, non loin des rives du Lay. De l’autre côté, le village de Puymaufrais (3), au Sud, le gué de Poële-Feu. La Touche et l’Hôpiteau placés sur une hauteur de 57 mètres, ce qui en fait une colline au vu du faible relief du paysage en cet endroit sont respectivement à 6 km à vol d’oiseau environ de Saint-Ouen et 5 km du Pont-Charron.

    Les lieux cités sur la carte IGN de Géoportail au nord-ouest de la Réorthe. On distingue La Touche et L'Hôpiteau en haut à gauche de la carte :

    Signaux et feux entre les camps républicains....

    Le camp du Pont-Charron devait nécessairement se situer lui aussi sur une hauteur. Deux possibilités s’offrent à nous. Soit au Sud du Lay, du côté du Lion et de « L’Auberge du Pont-Charron » que l’on voit sur le cadastre napoléonien à 97 m d’altitude, soit plus sûrement, près des anciens moulins des Roches, au Sud-Est de la Tabarière, à 95 m d’altitude, moulins aujourd’hui disparus. Le sud-ouest du Pont-Charron est occupé par un bois et on a par ailleurs du mal à imaginer un camp placé dans la vallée dont les signaux auraient été masqués par la butte du Lion et le bois. Il fallait nécessairement que les signaux fussent visibles depuis la Touche. Quel était l’emplacement exact du camp de Pont-Charron ? Cela reste à découvrir.

    La carte d'Etat-Major de Géoportail autour du Pont-Charron avec les moulins de la Roche. Le carré gris symbolise une vigne !

    Signaux et feux entre les camps républicains.... 

    Tel était donc le but de ma digression et nous reprenons notre étude des signaux lumineux entre les camps car en feuilletant le tome IV de Savary, je me suis rendu compte que Valentin était loin d’être le seul à s’en préoccuper.

    En effet, en épluchant la correspondance des généraux dans le tome IV de Savary, on peut trouver plusieurs mentions de ces signaux.

    Le 27 juillet 1794, Beaupuy, chef de l’état-major écrit à Bonnaire depuis Fontenay (4) :

    « L’intention du général en chef est qu’il soit établi des signaux par le feu, sur les hauteurs de Bourneau à l’arbre du Gué. Demain à six heures du matin on en fera l’essai.

    Tu voudras bien établir de semblables signaux entre la Châtaigneraie et le camp de Chiché. Ce moyen de correspondance peut-être d’une grande utilité au besoin. Tu concerteras les mesures à prendre à cet égard avec le général Legros qui commande le camp de Chiché. » (5)

    Le 5 août, le même écrit à Guillaume  (6) :

    « Tes forces ne sont pas considérables... ; établis des signaux ; dans peu de temps on se porte mutuellement des secours. Je t’envoie un officier d’artillerie pour raccorder les feux avec Fontenay, Pont-Charron et les Sables. »

    Le 14 août, c’est Vimeux lui-même qui ordonne aux « Généraux de première, deuxième, et troisième division de l’armée, d’établir des signaux par le feu, sur les lignes de correspondance des camps. Des officiers intelligens seront envoyés pour reconnaître les hauteurs et les sites destinés à établir des feux et des postes pour les garder. Chaque signal aura deux feux. » (7)

    Pour finir, c’est encore Vimeux qui, le 25 août, présente son rapport au Comité de Salut Public, en même temps que son plan de quatorze camps retranchés. Il se dit heureux d’être déchargé du fardeau du commandement de l’Armée de l’Ouest au profit de Dumas, qui comme on le sait ne restera pas, écœuré de ce qu’il apprendra sur la Guerre de Vendée. Vimeux, donc, cite en huitième point des résultats de ses opérations le point suivant (8):

    « Des signaux ordonnés et établis dans plusieurs endroits. »

    On comprend mieux ainsi l’empressement de Valentin avec ses « boîtes à feu » entre les camps de Saint-Ouen et du Pont-Charron. Ce type de correspondance, ordonné par Vimeux était nécessaire et sans doute ce dernier avait-il entendu parler du télégraphe. Ne pouvant utiliser ce procédé en Vendée, il avait néanmoins saisi tout l’intérêt de l’établissement de signaux visuels entre les camps.

    Reste à savoir à quoi ressemblait l’appareillage utilisé et à connaître les codes utilisés.

    RL

    Avril 2020

     

    Notes :

    (1) « Procès-verbaux du Comité d’Instruction Publique de la Convention Nationale publiés et annotés par M.J. Guillaume », tome premier, 15 octobre 1792 - 2 juillet 1793, Paris, Imprimerie Nationale, M DCCC XCI (1891), p. 397.

    (2) AD85, 187 J 14.

    (3) Puymaufrais a fusionné en 1833 avec Saint-Vincent-Fort-du-Lay pour former Saint-Vincent-Puymaufrais. Les habitués de ce blog connaissent bien l’histoire du célèbre curé Desplobeins mais aussi le château de la Roche-Louerie, fief des Béjarry.

    (4) Savary, tome IV, p. 45 et 46.

    (5) Le camp intermédiaire de Largeasse, entre Chiché et La Châtaigneraie n’est pas encore établi à cette date.

    (6) Savary, tome IV, p. 66 et 67.

    (7) Ibid., p. 75.

    (8) Ibid, p. 99.

     


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    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay... 

                

     

     

    Stanislas-François Arnaud est né le 16 avril 1735 à Aizenay, il est le fils de Jacques Arnaud et de Catherine Rigalleau. Il est curé de Chantonnay pendant 26 ans, prêtre réfractaire, il émigre en Espagne et revient en Vendée durant l’hiver 1800-1801.

    Il découvre son église dévastée, privée de sa charpente et à ciel ouvert*… Pour financer la restauration, le 12 mars 1801, il appuie une proposition de la commune tendant à vendre en terreau, la bonne terre d’un jardin adjacent à la cure… et s’adresse au Préfet Merlet (la république vendant des terres volées à l’Église...).

     

    * L’église fut incendiée, mais relativement épargnée car elle servait d’entrepôt aux Bleus. 

     

    « Monsieur,  

     

    Aussitost la permission qu’a bien voulu m’accorder Mr le ministre et dont vous avé connoissance je me suis empressé de sortir de l’espagne et de rentrer dans ma paroisse. J’ay cru devoir cet empressement au milieu de l’hiver à mon Saint ministère dont l’exercice grâces à Dieu est libre ; j’ay cru ce devoir aux désirs impatients biens prononcés de mes paroissiens. Mon absence de plus de huit ans, après avoir vécus ensemble pendant 26 ans en bonne amitié, j’ose m’en glorifier, n’a fait que resserrer nôtre attachement mutuel. Grâces à Dieu nous voilà réunis, je souhaitte planter et arroser, suivant les forces de mon âge avancé, et prie avec instance le Seigneur de donner l’accroissement,  je l’espère en toute confiance. 

    Je sçavois les désastres du paÿs, je n’ignorois pas le dévastement de mon église, mais je l’avoüe, je ne la croyois pas dans un dénüement de tout, aussi complet et dans un  état aussi scandaleux. 

    Notre église autrefois par ses revenus, étoit devenue décente, elle est respectable au dehors par son bâtiment vaste, ses murailles sont excellentes, sa position avantageuse, elle ne l’étoit pas moins par son ornement intérieur. Autant elle étoit jadis propre à édifier à consoler, autant aujourd’huy elle est propre à occasionner de la peine et la tristesse la plus amère. Elle est devenue, je ne dis pas une place publique, un lieu de passage, mais je le dis en gémissant elle est devenue un cloaque d’immondices, un repaire pour tous les crimes. Je vois avec plaisir qu’on s’empresse de la fermer, mais je vois avec douleur que l’argent manque pour la couvrir. Il ne reste pas une thuile, pas une latte, pas un chevron, la dépense est considérable, les facultés pécuniaires dans la commune sont épuisées néantmoins on à fait une souscription, mais il s’en faut bien qu’elle soit suffisante mesieurs de la commune et messieurs du conseil ont cru avec votre agrément trouver un moyen efficace pour suppléer à ce qui manque pour au moins la couvrir. Il y a disent-ils adjacent à l’église et à la cure mise à la disposition de la commune un jardin passable, mais non de la grandeur marquée par le loy de 90 ou 91, on peur rendre cette terre ou terreau excellente suivant l’expérience des jardins voisins, pour faire venir du grain et seconder les mauvaises terres et le produit de ce terreau superficie de ce jardin seroit employé pour suppléer aux offres faites et pourroit suffire pour faire au moins la couverture absolument indispensable et entièrement pressée. 

    Votre zèle pour le bien public m’est trop connu pour douter de votre consentement pour la vente de cette terre ou terreau au profit de notre église. J’ose dire que ce seroit un meurtre de la laisser périr, et je ne balance pas à prononcer que ce seroit manquer un moyen sûr, et le seul capable de prouver l’union, la fraternité, je dirais même la prospérité. Il est évident que c’est dans les temples, où le peuple rassemblé s’unit dans le Seigneur, de voix, d’esprit et de coeur, que c’est là où il entend la voix de son pasteur, que c’est là ou le zèle du ministre aidé et secondé par le gouvernement, prouve pour le spirituel et pour le temporel des avantages aussi grands qu’ils sont réels. Qui ne sçait que c’est ainsy que le père commun écouté par ses enfants, leur donne des conseils salutaires, explique à chacun ses obligations la société est rendue aimable, la paix s’établie et se consolide, le pauvre est assisté, le malade est visité, l’orphelin est serré, le malheureux est soulagé, la jeunesse est instruite, le bon ordre est établi, et tous sont consolés.  

    Sans un lieu de rassemblement, tout manque voir même la tranquilité publique.  

    Je crains Monsieur, de vous ennuyer, j’aurois bien des petites observations à faire pour le rétablissement de l’ordre moral et social si dérangé. 

    Je sçais que votre vigilance est des plus active pour connoître les moyens les plus propres pour la paix, pour l’union et le bonheur public. J’espère donc que j’auray été précédé dans ce que je pourrois vous dire, je me borne à vous supplier d’octroyer nôtre demande pour la vente de la terre ou terreau du jardin adjacent à la cure, au profit et pour le besoin de nôtre église. 

      J’ai reçu la surveillance que vous avé bien voulu me faire passer pour monsieur notre maire, je vous prie d’en recevoir mes remerciements et de m’accorder la satisfaction de me croire très respectueusement,  

    Monsieur, 

    Vôtre très humble et très respectueux serviteur Arnaud curé de Chantonnay.  

     

    Chantonnay le 12 mars 1801. » 

     

    D’après le cadastre Napoléonien de 1824, l’église semble avoir retrouvé sa toiture, nous remarquons le presbytère et le jardin adjacent où le terreau a été extrait.

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay....

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay est décédé en ce lieu le 21 mars 1809.

     

    Stanislas-François Arnaud, curé de Chantonnay....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Vendée - tous droits réservés  – Correspondances du Préfet Merlet avec les ecclésiastiques – class 2NUM110/0 correspondances reçues de différents prêtres – class 2NUM/110/32-8. Vue n°5/17. 

    . Registres paroissiaux et d’état civil de la commune de Chantonnay. (Décès de l’Abbé Arnaud - vue n°28/460 – AD2E051/6 NMD 1809-1814. 

    . Dictionnaire des noms de Vendée : Stanislas-François Arnaud. 

    . Cadastre Napoléonien de Chantonnay section C du bourg 1ère feuille (parcelle 1-315 – l’église et le presbytère). 

                                            

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le camp d’Apremont...

     

    Dans la liste des camps républicains voulus par Vimeux, figure Apremont. Pour mémoire vous pouvez en reprendre la liste non exhaustive et qui sera évolutive au cours du généralat de Vimeux dans cet article ou ci-dessous (1)

    Le camp d'Apremont....

    Bien entendu avant la décision de Vimeux, il existait déjà d’autres camps, cantonnements ou bivouacs dont la liste est longue mais qui sont quelquefois totalement méconnus, comme le camp de Pont-Chartan, entre les Sables-d’Olonne et Saint-Mathurin (2) ou celui de Beaulieu-sur-Mareuil (3) « fort de 1 200 hommes » au 5 août 1794 ou bien encore le Fenestreau en Château d’Olonne pour ne citer que ceux-ci.

    Si Apremont figure parmi les camps « officiels » voulus par le général en chef de l’Armée de l’Ouest afin de resserrer l’étau autour des « brigands », on ne trouve curieusement pas grand chose sur lui mis à part une simple mention dans le « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest » (4) qui lui dénombre 200 hommes au « château d’Apremont bien fortifié ». Le château d’Apremont étant juché sur une hauteur d’où le village tire son nom, faisait en effet une place forte idéale. Il est toutefois curieux de ne plus en voir mention nulle part dans la suite des opérations et je crois plutôt qu’il s’agissait d’une simple garnison plutôt que d’un camp au sens militaire du terme.

     

    RL

    Avril 2020

     

    Détail du château d’Apremont il y a une vingtaine d’années, avec votre serviteur au bas de la première tour :

     

    Le camp d'Apremont....

     

    Notes :

    (1) SHD B5/10-1, v. 15/26.

    (2) Ibid, cité dans le 1er tableau, v. 4/26.

    (3) Ibid.

    (4) Ibid.

     

     


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